12/03/2024 QAG - Ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Transports) - Aurélien Pradié
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On est à M. Aurélien Pradier. Merci Madame la Présidente, Madame la Ministre.
Je veux vous interroger sur la situation actuelle de la ligne ferroviaire Polt-Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. Vous le savez sûrement, c'est une ligne parmi les plus stratégiques de France en matière de desserte ferroviaire. D'abord parce que c'est une des plus historiques, ensuite parce que son champ de desserte est très important.
Elle dessert 17 villes, 4 régions, 12 départements et près de 5 millions d'habitants. Pourtant, cette ligne-là, tout le monde s'accorde à le dire, depuis des décennies, est une ligne délaissée et donc aujourd'hui profondément dégradée. Un plan de régénération a été conclu et engagé, annoncé depuis quelques semaines désormais.
Et nous y portons, notamment dans le département du Lot, beaucoup d'espoir. Je veux dire à ce stade-là qu'il ne faut pas mettre en concurrence l'avenir de la ligne à grande vitesse qui desservira une partie de la région Occitanie et le nécessaire réinvestissement dans la ligne Polt qui ne peut pas être abandonnée au profit de quelque autre dessert qu'il soit. Sauf que, en attendant cette régénération, la ligne est considérablement dégradée.
Aujourd'hui, son état est absolument lamentable. Sous prétexte de travaux, les annulations sont constantes. Les retards sont absolument ou quasi-quotidiens.
Le prétexte du givre, des végétaux, des traversées d'animaux est souvent l'occasion d'annulations de trains. Je n'arrive pas à concevoir qu'en 2024, nous ne soyons pas capables de faire circuler des trains et nous soyons obligés de les annuler pour des raisons de givre ou de végétaux. Les locomotives sont hors d'âge et nous voyons bien que, petit à petit, cette desserte-là est en train d'être délaissée par les pouvoirs publics.
Il ne peut pas être question, en attendant une régénération, d'abandonner la qualité de cette ligne-là et c'est un combat sur lequel nous ne cèderons pas. Pour deux raisons. D'abord parce que toutes celles et ceux qui en ont besoin immédiatement parmi nos concitoyens n'y ont pas accès et c'est une empreinte carbone que nous devons réduire au maximum.
Ensuite, parce que toutes les habitudes que nous prenons en n'utilisant plus cette ligne sont des habitudes que nous ne retrouverons pas lorsque la ligne serait de meilleure qualité. Je veux donc vous alerter sur ce sujet, vous et le ministre compétent, et attendre de vous des réponses précises sur les mesures qui seront prises immédiatement pour faire en sorte que cette ligne-là soit à nouveau une ligne de qualité. Merci.
Monsieur le député, la parole est à madame la ministre. Merci madame la présidente. Monsieur le député Pradier, donc la réponse de mon collègue Patrice Vergritte, qui à mon avis satisfera une partie de vos remarques, mais qui sont très justes et un constat implacable.
L'État a donc investi massivement pour la ligne de train d'équilibre du territoire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, vous venez de le dire. Entre 2018 et 2026, ce sont 2,3 milliards investis pour la régénération des voies, la modernisation de l'infrastructure, l'achat des rames neuves. Ces programmes avancent aujourd'hui comme prévu, les travaux entraînent toutefois nécessairement des perturbations et des interruptions sur la ligne.
SNCF Réseau vise à minimiser les conséquences pour les circulations intercitées de jour, de nuit, trafic fret aussi. Par exemple, en testant des solutions innovantes, comme la cohabitation des travaux d'infrastructure et des circulations à partir de 2026. Concernant les collisions avec animaux et les aléas météorologiques, tempêtes, chutes d'arbres, vous venez de le dire, et des incidents de passage à niveau, l'ensemble du réseau ferroviaire national est concerné.
SNCF Réseau engage des actions pour chacun de ces sujets, entretient des abords des voies par exemple. Concernant les locomotives vieillissantes dont vous parliez, L'Etat a demandé à SNCF intercité, en attendant l'arrivée des nouvelles rames, une amélioration rapide de la fiabilité du parc, ainsi que des locomotives supplémentaires, à travers la location d'engins fret ou TER disponibles, concernant l'impact du givre. La circulation avant le premier train commercial matinal de trains dégivreurs a permis de réduire de moitié les incidents sur la ligne.
Ce n'est pas négligeable. Plein engagement de l'Etat pour la réhabilitation de cette ligne et amélioration au plus vite de sa qualité de service aux bénéfices des usagers. L'Etat et la SNCF rendent compte tous les trimestres de l'ensemble des engagements dans un groupe de travail auxquels sont invités tous les élus, et je dis bien tous les élus.
Je vous remercie. Merci, Monsieur le député. Merci Madame la Ministre pour ces éléments de réponse.
Je veux vous donner deux exemples complémentaires. Le train aujourd'hui, une partie des trains, notamment les trains de nuit, s'arrêtent à Brive et ne vont pas au-delà. Les travaux sont devenus des prétextes.
Je le dis comme je le pense, pas de la responsabilité de l'Etat, mais de celle de la SNCF. Il y a une pression constante à mettre sur la SNCF. Il n'est pas possible aujourd'hui que l'on ne soit pas capable de gérer dans notre pays des traversées de gibier, du givre et des arbres qui tomberaient sur le bord des voies.
Pendant des décennies, on a su gérer ce problème-là. Si la SNCF n'est pas capable de le faire aujourd'hui, c'est à se désespérer du niveau d'investissement et de capacité. Je n'y crois pas une seule seconde.
Et donc absolument essentiel que la pression, vous la mainteniez côté gouvernement, que nous la maintenions côté élu. Parce que tout ce que nous perdons comme qualité de service aujourd'hui, nous ne le rattraperons pas demain. Ces sujets-là sont des sujets du quotidien.
On ne peut pas amener la bataille contre le réchauffement climatique quand nous sommes ici à l'Assemblée nationale, si nos concitoyens n'ont pas accès à ces services-là au quotidien. Et puis il y a un enjeu d'aménagement du territoire qui a fait la force de notre nation durant de longues décennies et que nous avons oublié. Les bassins d'emploi ne sont pas à proximité du lieu de vie.
Il faut pouvoir circuler, pouvoir voyager, pouvoir aller faire ses études, notamment à l'extérieur du bassin lotois que je connais bien. Bref, tout cela est essentiel. Et je compte sur votre mobilisation et celle des élus pour ne pas céder et continuer à maintenir la pression, ce qui est sûrement la meilleure manière de faire.
Merci, monsieur le député. La parole est à monsieur Yannick.