Entretien exceptionnel : Nicolas Dupont-Aignan, Gilbert Collard : La justice est-elle indépendante ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, un entretien exceptionnel avec Gilbert Collard Et Théodore, mon chien
Théodore, qui a besoin de rester près de toi Je suis désolé de vous l'imposer, mais il m'a accompagné Adieu la France, on aime les amis
Donc il n'y a pas de soucis Un entretien qui était prévu bien avant l'affaire, la grande affaire judiciaire d'aujourd'hui Et vraiment ça tombe à pic si je puis dire Parce que vous le savez, si vous êtes les abonnés de cette chaîne Youtube Je vous invite d'ailleurs à vous abonner toujours plus Je vous invite à liker, à commenter, à partager Gilbert Collard, très sincèrement, quelle est votre vision objective ? J'allais dire sans émotion Comme l'a dit Napoléon Exactement, la célèbre phrase de Napoléon Sans émotion, quelle est votre analyse de verdict qui a condamné Marine Le Pen Et de cette fameuse exécution ? Provisoire de l'inigibilité
Alors, j'ai discuté de cette décision, vous en doutez avec beaucoup de monde Et la plupart des personnes avec lesquelles j'ai eu l'occasion d'en parler N'avaient pas lu le jugement Comme de bien entendu J'ai pris la peine, une fois passé Le choc émotionnel De la décision d'exécution immédiate Qui pour moi ne s'impose pas J'ai pris la peine d'étudier de près les arguments Alors, première observation Ce sont quand même les parlementaires qui ont voté cette loi à la con Et j'ai voté contre Et nous avons voté contre Tu avais voté contre aussi J'avais voté contre, tu avais voté contre Marion aussi avait voté contre, je crois Donc on avait vu venir quand même Le danger de ce qu'on appelle aujourd'hui le pouvoir des juges Mais d'évidence, ce sont les parlementaires On est bien d'accord Qui ont donné ce pouvoir On pourrait même dire que certains Dont on ne citera pas les noms Parce qu'on n'est pas des balances Qui aujourd'hui veulent la suppression de ce texte Ont voté pour ce texte Bon Donc on donne Les parlementaires Donnent des fouets au juge Et après ils s'étonnent de prendre la fessée Bon Mais rien n'obligeait pour autant le tribunal On est bien d'accord A prononcer cette exécution provisoire Pour le faire Il fallait deux conditions Je peux les développer Oui, oui, prends le temps Deux conditions Et je crois qu'on va demander à nos amis Et à nos ennemis, surtout à nos ennemis S'ils sont là, il faut espérer qu'ils sont là D'écouter Il faut tout d'abord Pour que la décision soit exécutoire A savoir que Marine Le Pen soit inéligible Tout de suite Que un trouble à l'ordre public Puisse exécuter Du fait qu'elle soit candidate Le trouble à l'ordre public Pour les magistrats C'est un trouble à l'ordre public Tenez-vous bien Unique dans les annales A l'ordre démocratique On n'avait jamais vu ça On n'avait jamais entendu parler De ce trouble à l'ordre public
D'ailleurs on pourrait dire Que le trouble à l'ordre public démocratique C'est le fait d'empêcher un candidat Qui il faut le reconnaître Et dans la tête des sondages A l'élection Le trouble est plutôt de l'empêcher Que de le maintenir
C'est du reste que le conseil constitutionnel Dans sa fameuse décision Qui a été si commentée Laisse entendre Il faut qu'il y ait une proportion Entre la décision de l'exécution immédiate Et l'exercice du mandat Et dit le conseil constitutionnel La liberté de l'électeur La liberté de l'électeur Bon, bon Et les magistrats se sont complètement assis Sur la décision du conseil constitutionnel Bon, donc Trouble à l'ordre public, il n'y en a pas Alors les juges disent Qu'il y aurait un trouble à l'ordre public Si Marine Le Pen étant condamnée en première instance Pouvait être candidate Et était élue Mais il y a l'appel Il y a l'appel Alors pour eux Même si l'appel l'a relaxé Ça continue à se faire
Et ça continue à se faire
La candidature serait un trouble à l'ordre public Bon, il y a une volonté Qu'elle ne soit pas candidate Il faut être clair Et après, c'est le deuxième critère C'est la réitération de l'infraction Elle n'est plus parlementaire européenne Elle n'est plus présidente du parti Et je crois qu'elle a compris Où est le danger de réitération Non, vraiment La réalité de l'infraction C'est autre chose, on peut en discuter Il y a le pour, il y a le contre Il y a l'étude du dossier Chacun peut avoir une idée de la réalité de l'infraction Chacun peut avoir une idée de la réalité de l'infraction Chacun peut avoir une idée de la réalité de l'infraction Chacun peut avoir son opinion là-dessus Mais là où il devrait y avoir consensus démocratique C'est que cette exécution provisoire Est sur le plan juridique Inacceptable Intolérable
Et surtout, elle ne respecte pas le droit Ah non, elle viole le droit complètement Mais ça me paraît important parce que De bien dissocier En tout cas, moi, c'est ce que j'ai dit Pour moi, il faut quand même bien rappeler Que les élus ne sont pas au-dessus des lois Et on n'a pas, pour le coup De bien dissocier A jeter tous les juges Avec l'eau du bain Mais, en revanche, ils ne sont pas en-dessous des lois Et c'est là où la décision est choquante Et moi, je veux bien le dire La décision est choquante Pas dans sa condamnation Qui ne nous regarde pas Entre guillemets, dans la mesure où il y a appel Et donc, il va y avoir appel Et trois autres juges vont pouvoir déterminer Si l'infraction mérite 4 ans de prison C'est quand même une peine très lourde Deux ans de breveté électronique Etc.
Donc, ça, il y a l'appel On est bien d'accord Mais ce qui est inacceptable C'est d'avoir instrumentalisé une disposition de loi De l'avoir déformée Pour, en fait, sortir Une candidate Et je dirais exactement la même chose Si c'était Mélenchon, il y aurait moins d'autres Oui, on est tous d'accord Mais, est-ce que tu as remarqué Non, est-ce que tu as remarqué Que c'est très intéressant C'est que j'ai les socialistes Certains macronistes Instrumentalisent la réaction de ceux J'allais dire rigoureux comme nous Qui ne remettons pas en cause la justice Mais qui remettons en cause L'aspect scandaleux de l'inigibilité Ils instrumentalisent ça Comme à leur habitude Pour dire, vous voyez, tous ces gens-là remettent en cause L'état de droit, la démocratie C'est-à-dire que c'est une inversion accusatoire Dont on a l'habitude Et ça, c'est inacceptable Non, non, parce que c'est le danger C'est-à-dire qu'en fait Ils attendent une réaction De protestation excessive Pour dire, vous voyez, vous ne respectez pas les juges On les respecte Mais les juges ne sont pas au-dessus non plus des lois Et les juges doivent appliquer la loi Donc voilà pourquoi Alors la décision importante A mon avis, c'est la décision Qui a été prise d'accélérer De ne pas attendre deux ans Alors ce n'est même pas une décision C'est un principe d'organisation Oui, mais il y a bien quelqu'un qui décide Parce que pourquoi Par exemple, l'affaire Bayrou, j'ai vu En appel Sera jugée après, en fait, l'affaire Le Pen
Comme par hasard Mais on parle de l'indépendance de la justice Bien sûr, on va faire comme tout le monde On va se mettre à genoux devant tous les grands principes Soyez rassurés On respecte tous les grands principes Les juges sont indépendants Les juges sont irréprochables Les juges sont libres Les juges sont intègres Les juges ont vraiment Toutes les qualités du monde
Mais alors pourquoi, pourquoi Gilbert Pourquoi Pénicaud McKinsey Coller Ferrand Dupond-Moretti Benalla Si on analyse toutes les grandes affaires Comme par hasard C'est quand même curieux Est-ce que c'est moi qui vois de travers Qui est trop bu Fillon, Sarkozy, Le Pen Assassinés Et de l'autre côté, les autres toujours relaxés
Mais l'ensemble 2017 Ah, j'ai oublié celle-là Mélenchon, l'affaire est à l'instruction depuis 2017 Toujours pas jugée Mais ça sortira juste avant la présidentielle
Peut-être A la Fillon Mais alors pour répondre à Non mais est-ce que le deux poids deux mesures Est une vision fausse que j'ai Et que des millions de gens ont Ou est-ce que c'est vraiment la réalité Il y a une politisation structurelle de la magistrature
On aurait pu ajouter Ferrand Oui, mais je l'ai dit Ferrand Ah oui, qui se retrouve au Conseil constitutionnel maintenant Avec le procureur général qui a Qui a cassé l'affaire
Qui a été aussi nommé au Conseil constitutionnel
Absolument, oui Donc il y a bien un problème de déséquilibre Voilà, il y a quelque chose Étant donné bien sûr que La justice est indépendante Voilà
Alors en fait, ça voudrait dire quoi ? Ça voudrait dire Attends, je finis ma phrase Elle est tellement indépendante Qu'en fait, sa politisation intrinsèque L'a fait pencher d'un côté Oui, c'est-à-dire qu'en fait c'est ça Le problème, non ? Comment on corrige ça ?
C'est ce que j'allais dire Si on va un peu plus loin J'allais dire qu'on peut se croire indépendant En étant complètement prisonnier d'une idéologie Donc c'est ce qui se passe On peut avoir le sentiment d'une parfaite honnêteté Dès l'instant où on est prisonnier d'une idéologie Tout à fait Je veux dire, un individu qui est convaincu Religieusement par exemple Et qui applique Intégralement sa religion Il n'a pas le sentiment d'être malhonnête D'accord ? C'est un peu pareil avec l'idéologie Alors, il faut vraiment On l'a demandé depuis longtemps Les propositions de loi ont été rejetées chaque fois Il faut complètement dépolitiser la magistrature
Je propose l'interdiction des syndicats Dans leur aspect politique Oui, mais bien sûr, c'est évident Le syndicat de la magistrature Qui a écrit un texte hallucinant En 2022 Sans interdiction Sans être traduit devant le conseil supérieur de la magistrature C'est ça qui est incroyable Donc en fait, si je reprends Pour corriger le tir Concrètement, qu'est-ce qu'on peut proposer ? Interdiction des syndicats Non, pas interdiction des syndicats Interdiction du syndicat dans son aspect politique Garder un syndicat Pour les magistrats, c'est normal Pour défendre les intérêts de la profession Mais pas d'action politique Comment se fait-il ?
Car depuis des années, le syndicat de la magistrature Qui a 30% des voix des magistrats syndiqués Se permet ainsi de contester les lois du peuple français Au culot Au culot ? Donc, sanctions du conseil supérieur de la magistrature Au culot
Il faudrait des sanctions du conseil supérieur de la magistrature Oui, il faudrait trois choses La première, il faut... C'est pas ça qui fait marcher le syndicat de la magistrature Mais, d'une manière générale, ce serait utile Ne plus décorer les magistrats en exercice Oui Nous autres, on ne peut plus faire ça député, on n'est pas décoré. On ne peut pas l'être. Ça devrait être pareil pour les magistrats. Parce que, les hochets de la vanité, bon, même si les magistrats, évidemment, sont...
T'as peur d'une diffamation ? Non, il n'y aura pas.
Non, non, non, non, je veux dire... Non, mais je veux reconnaître chaque fois... Deuxièmement, plus aucun poste dans les ministères pour des magistrats. Parce que c'est là que commence la contagion politique. A partir du moment où un magistrat va servir dans un ministère avec un ministre ayant une couleur politique, il est d'abord il est d'abord taché. Entaché. Entaché et séduit. Les ordres de la République, bon. Et puis le pouvoir, quoi. Et ça, c'est pas bon, quoi. Le juge, dans cette fonction... Donc, une incompatibilité renforcée. Ah oui, oui. Dans sa fonction magnifique de juger. Et la troisième, qu'on vient de l'indiquer, le syndicalisme doit être limité à l'action professionnelle.
Dès l'instant où un syndicat exprime une opinion politique, il doit être sanctionné. Je viens...
Il ne nous reste pas tant de temps que ça. Je viens aux conséquences politiques. Moi, j'estime que face à telle tâche sur notre fonctionnement démocratique, il doit y avoir aussi passablement une réponse protestataire, des pétitions, c'est très bien, des manifestations, c'est très bien. Mais comment peut-on accepter le double jeu d'Emmanuel Macron ? Je pense que si le gouvernement Bayrou, comme je le demande depuis des mois, avait été censuré dès le départ, puisque Bayrou égale Barnier. Barnier a été censuré. Bayrou doit être censuré. Si la procédure de destitution de Macron avait été signée, je pense que le pouvoir aurait été plus sur la défensive.
Moi, j'ai le sentiment, que l'opposition, les oppositions, à force de vouloir obéir au canon du politiquement correct, finalement ont laissé Macron et son gouvernement, pourtant désavoué par les urnes et par les français, leur ont laissé une quelque sorte de main libre. Et que maintenant, il est beaucoup plus difficile de le faire entrer dans sa boîte. Est-ce qu'il faut une réponse, selon toi, comme je le pense, politique ? C'est-à-dire censure du gouvernement Bayrou, signature de la procédure de destitution, pour que la parole revienne au peuple, en matière d'arbitrage. Il y a eu deux élections européennes législatives. Il y a eu ensuite une censure.
Aucune leçon n'est tirée depuis un an maintenant, presque, du désaveu populaire. Ils continuent les mêmes politiques depuis 30 ans, et là, on a l'impression qu'en fait, le vote ne sert plus à rien. Comme réponse politique, tu dirais quoi à Marine Le Pen, je ne sais pas si tu es encore en contact ? Non, je ne suis plus en contact avec Marine. D'ailleurs, tu n'appartiens, qu'on le précise, parce que Gilbert Collard gentiment répond à mon invitation,
mais il n'est pas membre de Debout la France. Je tiens à le préciser. Tu as retrouvé ta liberté, ta virginité. Ma virginité, je ne la retrouverai jamais, mais ma liberté, je suis heureux de l'avoir retrouvée, de pouvoir parler sans avoir quand même des comptes à rendre à la doctrine d'un parti, parce qu'on est quand même un peu obligé. Moi, je crois qu'il ne faut plus faire de... Je vais résumer ma réponse. Plus on fera de cadeaux, plus on sera cocu. C'est clair. C'est ce que je répète éternellement. Je suis d'accord. C'est clair. Je trimpiserai à la française, il ne faut pas faire de cadeaux, ils nous prennent pour des truffes, ils manipulent les forces politiques.
Ils manipulent dès qu'une chaîne de télé les dérange, ils essayent de la fermer. Dès qu'un homme politique les dérange, ils essayent de le déquiller. Tous les moyens sont bons. On est dans une démocratie dictatoriale. Et il faut lutter contre cette démocratie dictatoriale comme on lutte contre une dictature. Exactement.
C'est tout le sens de notre combat. D'ailleurs, on le voit et c'est curieux d'ailleurs que les forces politiques françaises du moins certaines n'aient pas compris ce qui s'était passé aux Etats-Unis. Parce que si Trump a gagné, c'est parce qu'il a eu le courage de ne pas fléchir, de ne pas faire de compromis et d'être toujours dans la ligne. Ça ne veut pas dire que j'adhère à tout ce que fait Trump, mais ça veut dire qu'on aurait dû en tirer une leçon en France. Et la destitution sont les deux lames du rasoir sur lesquelles on doit appuyer si on veut être respecté.
Parce que le grand danger, tu l'as vu en Roumanie, c'est l'annulation du second tour, c'est l'interdiction de se présenter d'un candidat. À partir du moment où, comme Napoléon III, on choisit ses adversaires, ce n'est plus une élection. Tellement facile. Parce qu'à ce moment-là, tu choisis ce... D'ailleurs, le système des sondages est un moyen, j'en suis une certaine victime, de cadenasser les élections. On voit bien qu'à chaque élection, c'est le système qui choisit son opposant. Et qui choisit l'opposant qui peut le mieux lui permettre de gagner.
Et qui choisit ses journalistes aussi. On pourrait faire un livre là-dessus. C'est ce que je suis en train de préparer, tu verras. Vraiment, je m'excuse de revenir sur cette expression. On est dans une... Elle est de Tocqueville, qui parlait de démocratie autoritaire. Moi, j'ai transformé ça par dictatorial. On est dans une démocratie dictatoriale. Démocratie d'opérettes, si on est plus gentil. Tu vois, ils font ce qu'ils veulent avec les contrôles fiscaux, avec les enquêtes fiscales, avec les surveillances téléphoniques, avec les ennuis permanents, les procès en diffamation... Parce qu'on a beau dire, mais un, deux, trois procès en diffamation, ça fatigue...
Je peux annoncer, d'ailleurs, je peux vous le dire, chers téléspectateurs, moi, j'ai deux procès qui sont tout à fait symboliques de ce qui se passe dans notre pays. J'ai un premier procès des frères musulmans, enfin de l'association de formation de Château-Chinon, parce que sur le site internet de Debout la France, j'ai publié il y a longtemps, j'étais directeur de la publication, grosse connerie d'ailleurs, j'ai laissé publier un texte... Fais attention de ne pas répéter
le texte qui te vaut le procès. Oui, oui, mais...
Non, mais je maintiens, j'ai laissé publier un texte de notre responsable local sur le centre de formation de Château-Chinon, et d'ailleurs, Bruno Retailleau, Marion Maréchal et tous les autres ont dit la même chose. Eh bien, nous sommes traduits tous les deux devant le tribunal de Lyon pour diffamation. Donc il n'y a plus de capacité d'expression, d'analyser un phénomène sur ce que font certains islamistes dans notre pays. On n'a même plus le droit de le dire.
Et puis le deuxième procès que j'ai, qui est quand même très intéressant, traduit une époque, c'est qu'à une émission de CNews au moment de l'explosion des tarifs de l'électricité j'ai à nouveau rappelé que nous pouvions revenir au prix national comme l'ont fait l'Espagne et le Portugal. J'ai expliqué pourquoi l'alignement sur le marché européen était le plus grand cadeau fait aux allemands, ce qui est une vérité. J'ai parlé de haute trahison, c'est un langage politique, et je suis traduit par monsieur le maire qui a quand même ruiné la France, qui a étouffé les entreprises avec ce prix exorbitant d'électricité. Je suis traduit en diffamation. Mais ça veut bien dire quoi ?
Ça veut bien dire qu'en fait, comme par hasard, c'est les personnalités de l'opposition qui sont ciblées. Jamais dans l'autre sens. Ça coûte de l'argent, tout est fait pour réduire la liberté d'expression
dans notre pays. J'ai calculé que si j'avais dû payer mes avocats, ce n'est pas une blague ce que je vais dire, vraiment en prenant le tarif le plus raisonnable des avocats, avec les procès en diffamation, les procès qui ont été faits pour le fameux tweet contre Daech, j'en serais à 150 000 euros d'honoraires. Heureusement, ce sont des confrères qui, comme je suis un avocat, le font par amitié. Mais j'imagine les... Non mais c'est un vrai problème. Voilà, on l'oublie ça.
Tout est fait pour faire taire. Voilà pourquoi il est si important d'avoir des chaînes d'information différentes. Pour te dire, c'est quand même impressionnant, et je vous le dis parce que je vous le dois, la semaine de ma déclaration de candidature, le 8 mars, on a eu à peu près 6 millions de vues entre X Facebook, Instagram, TikTok, Youtube. Mais la vraie liberté est là. Oui, elle est extrêmement fragile. Mais elle est vitale. Parce que quand on voit qu'on donne 4 milliards 200 millions d'euros aux chaînes publiques et à la presse qui censurent les uns et les autres, et que là, ça nous coûte notre présence, un téléphone, deux caméras,
ça veut dire qu'on est des résistants. On est les gazettes de la révolution. Oui. On est les gazetiers de la révolte. Avec nos petits moyens. Mais c'est extraordinaire, c'est très beau. C'est très beau face à des géants qui veulent absolument imposer leurs paroles. On est dans un petit studio, avec un technicien que je salue, qui sent très bien du reste. Du petit matériel, mais c'est magnifique. Mais ça prouve que la France
restera toujours la France par sa liberté. On va peut-être se conclure là. Peut-être, quand même, avant, Gilbert a élu, a écrit, pardonnez-moi, a écrit un livre absolument étonnant, indéfendable mémoire, que j'ai lu. Quand je l'ai lu, je vais dire franchement, Gilbert, j'ai dit, oh là, bon. Et j'ai été absolument captivé. Je vous invite à le lire, indéfendable mémoire. C'est pas du tout sur la politique. Mais, j'ai ressenti en lisant ce livre combien la justice était humaine avec ce que ça comporte de grand et de petit. Et c'est un livre extraordinaire. Est-ce que tu peux le résumer parce que tu as voulu. D'abord, plusieurs grandes affaires auxquelles il a été participé.
Il montre comment tu as commencé dans ton petit bureau à Marseille. Et il est fascinant ce livre. Alors, je vous invite à le lire, pas pour te faire plaisir, je le dis sincèrement. Ma fille me l'a emprunté, elle a été captivée. Comment tu as voulu écrire ce livre ? Est-ce que tu en as un autre en préparation ?
Oui, j'en ai deux en préparation. Maintenant, j'en ai deux en préparation. J'ai tenté de raconter l'arrière-pays difficile d'accès du crime. Ce qu'on voit du crime n'est jamais ce que cache le crime. Et j'ai essayé parce que le crime, je l'ai côtoyé
pendant des années et des années. En tant qu'avocat pénaliste. Je rappelle que Gilbert Collard, avant d'être un homme politique,
a été un grand avocat pénaliste. Non, mais les jeunes ont peut-être oublié les feux d'armes. Je vais même dire que le crime est déprécié aujourd'hui. Le crime d'aujourd'hui n'est plus le crime d'hier. On a connu des affaires criminelles gigantesques. Je cherche, pour être rapide, à travers l'expérience que j'ai pu avoir, je cherche à faire comprendre ce que j'ai pu saisir d'inavouable chez le criminel. L'âme. Aller derrière l'horreur. Aller derrière l'horreur.
C'est impressionnant l'affaire Ranucci qui est impressionnante.
L'affaire du Grand Bornand qui est monstrueuse. L'affaire d'Auriol qui est effrayante, de folie. L'affaire des bébés échangés
qui est peut-être la plus à la fin du livre la plus effrayante sur la machine judiciaire et la manière dont elle
écrase tout. Et la manière dont elle peut mépriser la douleur. Dans cette affaire qu'on va pas remonter, ce serait trop long, il a vraiment fallu que j'arrive et que je foute le bordel pour que cette affaire qui était étouffée depuis huit ans sous l'effet d'une publicité que j'ai provoquée
rejaillisse et soit jugée. D'ailleurs, je pense que ça nous remet à la conversation qu'on a eu avant. Comment un pouvoir peut être contrôlé ? Parce qu'en fait, le pouvoir judiciaire n'est plus sous contrôle. Il faut y arriver. Il faut trouver les voies et les moyens sans porter atteinte au pouvoir judiciaire de le contrôler. Est-ce qu'il y a d'autres pays qui sont plus matures dans ce domaine ?
Oui, bien sûr. Parce que c'est ça qui serait intéressant. Le projet de loi, moi je peux le donner, il est prêt, je l'ai rédigé. Quand j'étais parlementaire, je me suis posé qu'on le déposa. Mais bon, il ne fallait pas le faire. Ce n'était pas le bon moment. Mais je sais exactement ce qu'il faut faire. Exactement. Sans essuyer le moindre reproche de la part des magistrats. Mais d'ailleurs, c'est l'intérêt des magistrats. L'idée est simple, c'est de transposer aux magistrats le principe de la responsabilité des avocats. C'est eux qui ont créé la jurisprudence pour les avocats. Donc ils ne vont pas dire qu'elle est déplacée. Donc ils ne vont pas dire qu'elle est mal faite.
C'est eux qui l'ont créée. On les assure. Et s'ils font une faute, ils paient comme l'avocat une part de 1000 euros, 3000 euros. Mais le principe est acté. Le principe est acquis. Alors qu'aujourd'hui, c'est l'Etat qui s'interpose. Et qui doit se retourner, ce qui ne se fait jamais, contre le juge. On leur applique la jurisprudence de l'avocat. Un avocat qui oublie de signer un document, il est responsable. Très juste. Ils ne pourront pas dire qu'elle est totalitaire. C'est eux qui ont créé la matière.
Ça c'est vraiment l'enjeu. Et la formation. Est-ce qu'on peut accepter que dans un pays, une profession, quelle qu'elle soit, soit formée sur le même moule, les mêmes antécédents, les mêmes professeurs, est-ce que ça prend un côté extrêmement effrayant ? Et on le voit. Le problème de notre pays, c'est tous ces canaux. Les gens sont enfermés dans des citadelles, dans des forteresses. Les journalistes parisiens d'un côté, les juges, les politiques.
La France meurt
de ces couloirs. J'en suis absolument certain. Comment pourrait-on desserrer la formation et éviter cette espèce d'emprise de l'Ecole nationale de la magistrature ?
Le système anglais est bon de ce point de vue-là. On prend comme juge, pas seulement, mais en grande partie, les avocats qui ont le mieux réussi. Un avocat qui a une très belle clientèle, qui... Qui abandonne alors son métier. Il abandonne son métier et devient juge. C'est un honneur. Il va gagner beaucoup moins d'argent, c'est clair, mais il devient juge. Et ça donne une magistrature qui est de bonne qualité. Très bon niveau. Il y a d'autres circuits aussi.
Il ne faut pas en regarder qu'un seul. Est-ce qu'on pourrait imaginer un système où la magistrature aurait plusieurs rivières
qui alimentent... Ça avait déjà été tenté de même. Ça a été tenté. Normalement, on peut, par des passerelles, quand on a été vétérinaire, devenir magistrat... Il y a des passerelles incroyables, inconcevables. Ou agent du fisc, devenir avocat... Magistrat... Avocat, c'est une évidence. Je crois qu'il faudrait complètement, si tu veux, briser l'idéologie religieuse qui règne dans l'école de la magistrature. Et puis avec cette détestation aussi de l'avocat. On est dans une société malade. Et il faut trouver à cette maladie des remèdes. Mais c'est très compliqué. Il faudrait vraiment un pouvoir qui soit capable de... Un référendum. Oui, le référendum est un moyen excellent.
Je pense que c'est la seule solution aujourd'hui pour débloquer la France.
On n'y arrivera pas sans référendum. Ce sera le mot de la fin. Merci Gilbert. Tu ne m'en voudras pas de faire un peu notre pub, mais je vous invite à vous abonner à cette chaîne YouTube. C'est un moyen d'information libre. Je vous invite aussi à rejoindre Debout la France. Vous militez, vous pouvez contacter sur le site tous nos responsables départementaux. Et puis financièrement aussi, ne pas nous oublier, les dons sont défiscalisés. Et vous le savez, ils ont des milliards. Ils ont des raisons incroyables. Et nous, nous n'avons que votre soutien. Et c'est comme ça que nous pouvons porter une voie différente, une voie libre, une offre politique alternative.
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Nicolas Dupont-Aignan