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interviewRMC — Face à Face· 26 mars 2021 20 min

L'invité de Bourdin Direct : Jordan Bardella - 26/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Mon gras, salé, sucré. RMC, le jour d'indirect. Jean-Jacques Bourbain. Notre invité Jordan Bardella, député européen, vice-président du Rassemblement National et candidat du Rassemblement National aux élections régionales en Ile-de-France. Je parlerai un petit peu de l'Ile-de-France tout à l'heure. Qu'a dit Emmanuel Macron hier soir ? Je n'ai pas reconfiné la France, je n'ai aucun regret, je prends toutes les mesures utiles en temps et en heure, c'est ce qu'il a ajouté. Est-ce que vous demandez ce matin un reconfinement strict devant l'urgence de la situation, notamment dans votre région, l'Ile-de-France ?

0:46
Jordan Bardella

J'ai toujours été extrêmement réticent à l'idée d'un nouveau reconfinement. Le premier confinement au printemps dernier, je veux dire, tout le monde l'a accepté. On n'avait pas de masque, on n'avait pas de test. On ne connaissait pas une épidémie, un virus qui était nouveau, qui était arrivé en Chine quelques semaines avant et les informations dont disposaient les médecins étaient extrêmement légères. Maintenant, moi je crois que le confinement aujourd'hui est la solution qu'on met en oeuvre lorsqu'on a raté tout le reste et que le confinement a aussi des dégâts économiques, sociaux, psychologiques qui sont considérables.

J'entendais il y a quelques jours, Angèle Consoli, l'une des professeurs du conseil scientifique, interpeller l'opinion sur le fait qu'en un an, les admissions à l'hôpital pour des motifs psychologiques, des enfants de moins de 15 ans avaient augmenté de 80%. Et puis je vois des commerçants, des restaurateurs, des chefs d'entreprise qui aujourd'hui sont au bout du bout de ce qu'ils peuvent mettre, de leur trésorerie. Et donc pour ces raisons, je crois que le reconfinement aurait des conséquences psychologiques, économiques considérables. Donc il va falloir réfléchir à une manière de vivre ensemble avec et surtout d'accélérer sur la vaccination. Parce que je veux dire qu'on débatte...

1:59
Présentateur

Je vais y revenir, si vous voulez, pendant...

2:01
Jordan Bardella

Je vais y revenir. Des mois et des mois de la reconfinement, la vérité c'est que ça fait un an que cette épidémie a été gérée de manière totalement chaotique. On a assisté à une décrédibilisation de la parole des experts, des sachants. Vous n'avez pas deux médecins qui vous disent la même chose. et surtout au discrédit de la parole publique.

2:20
Présentateur

Même si le Conseil scientifique ne s'est pas trompé, puisque dès le mois de janvier, le Conseil scientifique nous disait il y aura une flambée épidémique au mois de mars, mi-mars, 20 mars.

2:29
Jordan Bardella

Oui, mais souvenez-vous qu'en novembre, on nous indiquait qu'on passerait les 9000 admissions en réa en décembre. Ça n'a pas été le cas, heureusement. Qu'après les fêtes de fin d'année, on nous annonçait un pic épidémique majeur à la mi-janvier, un reconfinement imminent. Ça n'a pas été le cas. Donc je dis juste attention avec cette démocratie des experts. Avant de revenir au vaccin, je dis juste M. Bourdain, quelque chose qui me semble important. Tout depuis un an a été fait de manière lunaire et en dépit du bon sens. On est passé en quelques mois d'une stratégie qui était testée, tracée, isolée, ça a été un fiasco. Ensuite, on est passé à tester, alerter, protéger, ça a été un fiasco.

On est passé à tester, protéger, accompagner, ça a été un fiasco. Ensuite, ils nous ont dit on va faire tester, tracer, vacciner, ça a été un fiasco, il n'y avait pas de vaccin. On est passé il y a quelques semaines accélérer, simplifier, amplifier, ça a été un fiasco. Et on nous dit maintenant, le Premier ministre nous présente sa nouvelle communication, dedans avec les miens, dehors en citoyen. Et il y a ce côté, si vous voulez, infantilisant, humiliant dans les politiques du gouvernement, dans la communication du gouvernement qui devient insupportable.

Parce qu'être pris pour des enfants de 5 ans en permanence, par des incapables et des gens qui ont tout raté depuis le début de cette crise, je crois que c'est profondément humiliant et infantilisant pour des gens qui n'en peuvent plus de ces communications qui visent à prendre les gens pour des enfants de 5 ans, en leur expliquant qu'il faut porter le masque à l'extérieur, en leur expliquant qu'il faut se confiner dehors et puis se confiner à l'intérieur, en leur expliquant qu'ils ne sont pas assez responsables pour pouvoir fêter Pâques avec un respect des gestes barrières.

Et franchement, je trouve ça profondément insupportable et ça exaspère beaucoup nos compatriotes et je crois que ça participe au discrédit entre l'opinion et les dirigeants du pays. Jordan Bardella, est-ce qu'il faut fermer les écoles ?

4:03
Présentateur

Je ne le crois pas. Non, on garde des écoles. La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, demande d'avancer de 15 jours les vacances scolaires. Je crois que c'est une bonne solution.

4:13
Jordan Bardella

Je crois que c'est une bonne solution, mais nous avons toujours été extrêmement réticents à la fermeture des écoles, au niveau national en tout cas. Il peut y avoir par l'analyse des eaux usées, qui est une méthode d'analyse de progression de l'épidémie que nous défendons depuis le début, des mesures qui soient prises au niveau local, à l'échelle d'un EHPAD, à l'échelle d'une école, à l'échelle d'un quartier. C'est ce qu'il y a pu se faire dans un certain nombre d'autres pays. Mais je vois que nous avons eu l'un des confinements qui a été les plus drastiques en Europe, avec cette attestation qui n'a ni queue ni tête, où plus personne n'y comprend rien.

Et aujourd'hui, on est dans un entre-deux, si vous voulez, où les pesanteurs sont maximales pour les Français. Et probablement que ça ne change pas strictement rien.

4:49
Présentateur

Vous ne voulez pas de reconfinement ? Alors, quelles décisions prendriez-vous ?

4:53
Jordan Bardella

Nous sommes dans une crise de capacité hospitalière. Ça fait un an que nous avons, et d'ailleurs, l'un des rapports de la Cour des comptes qui vient de sortir, du moins déplore la gestion calamiteuse du gouvernement et l'état d'impréparation du pays, et rappelle que nous avons aujourd'hui les mêmes capacités hospitalières qu'il y a un an. Où sont les 12 000 lits qui ont été promis par M. Véran au mois de juillet dernier ? Est-ce que, s'agissant du privé, est-ce que, s'agissant du lien entre l'hôpital public et les cliniques privées, on est allé au bout de ce qu'on pouvait faire

5:23
Présentateur

et de ce qu'on pouvait déployer ? Est-ce que vous savez que les cliniques privées, le privé aujourd'hui en Ile-de-France, prend une très large part dans l'hospitalisation des patients Covid ?

5:33
Jordan Bardella

Bien sûr, mais il reste encore une marge de manœuvre. Et surtout, je vais vous dire, lorsque mon département de la Seine-Saint-Denis, qui compte 1 600 000 habitants à 100 lits de réanimation, vous ne croyez pas qu'on paye la faiblesse de l'investissement dans l'hôpital, les politiques d'austérité qui ont été menées et notamment les dizaines de milliers de lits qui ont été supprimés, les 100 000 lits qui ont été supprimés ces 20 dernières années dans l'hôpital ? On en paye aujourd'hui le prix. Et puis, nous payons surtout le Waterloo vaccinal et l'échec de l'Union européenne dans les temps de vaccins.

6:02
Présentateur

Justement, on va parler des vaccins. 71% des Français sont favorables à un nouveau report des élections régionales pour des raisons sanitaires. Vous aussi ? Les Français, ils sont favorables. Vous aussi ?

6:14
Jordan Bardella

Si on avait la conviction qu'au mois d'octobre, la situation sanitaire serait meilleure et si j'avais totale confiance dans le gouvernement, dans leur capacité à accélérer sur la vaccination, je vous dirais oui sans hésiter. Maintenant, je crois que la démocratie et que le débat politique ne doivent pas être non plus paralysés par cette épidémie parce que se posent dans cette crise de véritables questions politiques, de véritables choix politiques. En matière vaccinale, on paye par exemple l'abandon de notre souveraineté. On paye les transferts de compétences toujours plus délirants vers l'Union Européenne et vers la Commission Européenne.

Donc, on est dans une période qui est aussi très politique. On paye le sous-investissement à la fois dans la recherche, on a eu l'occasion d'en parler ensemble il y a quelques semaines, et à la fois dans l'hôpital public. Donc, je dis qu'il y a des débats politiques aussi sur la sécurité. Donc, on garde les régionales ? En l'État, je crois qu'il faut maintenir les élections régionales, à moins que le gouvernement nous fournisse. Parce qu'encore une fois, dans l'opposition, nous n'avons pas les données scientifiques dont dispose le gouvernement qui pourraient évidemment laisser à penser que ces élections doivent être reportées.

7:07
Présentateur

Bien, les vaccins, parlons de l'Europe justement. Faut-il maintenant un protectionnisme vaccinal européen ? Je veux dire par là, les doses fabriquées en Europe

7:16
Jordan Bardella

doivent-elles rester en Europe ? Mais c'est marrant parce que moi, j'ai le sentiment que cette crise, elle a validé à peu près toutes les analyses que faisait le Rassemblement national depuis plusieurs années. Le Royaume-Uni, les États-Unis d'Amérique, qui ont aujourd'hui vacciné très largement, beaucoup plus massivement, ont exporté à l'extérieur de leur territoire zéro dose de vaccin. L'Union Européenne, c'est 77 millions de doses de vaccin qui ont été exportées alors même que nous souffrons d'une pénurie dans l'intégralité des pays européens et que nous avons vacciné aujourd'hui à peine 10% de la population européenne.

Vous ne croyez pas que les Français qui nous regardent se posent des questions lorsqu'ils entendent par exemple qu'on a exporté plusieurs dizaines de milliers de doses de vaccins vers l'Arabie Saoudite alors même qu'on peine à avoir des vaccins sur le sol français. Donc évidemment, pour répondre à nos questions, évidemment qu'il faut bloquer les exportations, évidemment que nous devons arrêter maintenant cette espèce de russophobie qui n'a aucun sens et qui vise à exclure totalement le vaccin Spoutnik, alors même que l'Allemagne a indiqué que compte tenu des bons résultats scientifiques dont elle disposait sur ce vaccin, elle allait se tourner vers Spoutnik. Les autorisations sont en cours.

8:22
Présentateur

Et vous savez très bien que le vaccin Spoutnik, vous le savez aussi bien que moi, a eu des problèmes de production comme tous les autres vaccins. Comme tous les autres vaccins. Oui, mais il faut trouver des solutions.

8:33
Jordan Bardella

De Gaulle disait, les grands pays le sont pour l'avoir voulu. Et lorsqu'effectivement on est totalement amorphe, qu'on est l'homme du passif comme l'était Emmanuel Macron, et bien effectivement qu'on paye, les résultats sont inactions. L'Italie par exemple, l'Italie a d'ores et déjà indiqué qu'elle allait mettre en place sur son territoire des usines de vaccins. Spoutnik, moi je suis content. La France aussi. Mais pas avec le vaccin russe. Pas avec le vaccin russe. Il y a une usine de production. C'est ce qu'a dit Sanofi, a indiqué qu'elle allait essayer de s'adapter aux nouveaux vaccins, à la nouvelle génération de vaccins. Mais en tout cas, M.

Breton, qui est le commissaire européen qui représente les intérêts français qui sont plutôt les intérêts européens d'ailleurs à la Commission européenne, indiquait qu'avec une certaine forme de condescendance, d'arrogance et d'autosuffisance que nous n'aurions pas besoin de ce vaccin russe. Donc on voit bien qu'on paye aujourd'hui ce Waterloo vaccinal qu'en réalité, chaque vaccin qui n'est pas livré dans notre pays, c'est une entreprise de plus qui probablement va mettre la clé sous la porte.

Israël, qui elle non plus n'avait pas produit de vaccin, a pu s'en fournir dans des doses qui étaient respectables et qui a pu, ces derniers jours, revrir massivement ses restaurants, ses lieux publics, ses hypermarchés, ses grandes surfaces et organiser de grands rassemblements sportifs. Jordan Bardella, la dette maintenant,

9:41
Présentateur

remboursement, cantonnement, annulation de la dette ?

9:45
Jordan Bardella

La dette, c'est d'abord avant tout de la confiance. C'est un rapport de confiance qu'on a avec les grands acteurs de la vie économique, avec les entreprises. On n'annule pas une dette. On n'annule pas la dette. On peut annuler la dette d'un pays du tiers-monde mais on n'annule pas la dette de l'État français parce qu'annuler la dette de la France, c'est ouvrir la porte à l'annulation de toute une série d'obligations qui pourraient demain conduire le système bancaire pour se renflouer à venir se servir directement sur les comptes des épargnants comme ça a été le cas en Grèce ou à Chypre.

10:18
Présentateur

Il faut dire qu'aujourd'hui la France emprunte sur les marchés à des taux très bas. Oui. À des taux très bas grâce à qui ? Grâce à quoi ? Je vous écoute. Grâce à la banque. Vous me donnez le son d'économie. Grâce à la banque centrale européenne. Grâce à la banque centrale européenne.

10:35
Jordan Bardella

Et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons nous voir appliquer en France ce principe de dette perpétuelle qui est le principe pour expliquer très clairement les choses de dette de guerre qu'on met en place après la guerre et qui consiste à étaler sur 50, 60, 80, 100 ans la dette sans que cela pèse sur la relance et sur les finances publiques. Mais il faut rompre aussi avec ce modèle économique qui nous a conduit à manquer de tout. Moi, je suis content de voir que le président de la République nous parle enfin de souveraineté en matière économique.

Il faut faire le patriotisme économique et il faut créer en France les conditions de la relocalisation de nos entreprises par l'abaissement des charges sur les TPE, PME et par évidemment un soutien direct avec des fonds propres aux entreprises. Donc, nous rembourserons

11:11
Présentateur

grâce à la création de richesses. Bien sûr. C'est un potentiel. Bien sûr. Et nous nous croissons... C'est peut-être utopique. Je ne sais pas. Bien sûr, mais je suis content de voir le... Est-ce que vous êtes favorable à la fin du marché libéral actuel ? Je pense que... Vous êtes libéral ou pas ? Je ne sais plus où vous situez.

11:27
Jordan Bardella

Je suis libéral à l'intérieur protectionniste à l'extérieur. Nous nous défendons la liberté pour les TPE, PME de pouvoir créer, de pouvoir embaucher avec un minimum de contraintes.

11:37
Présentateur

On peut être libéral

11:38
Jordan Bardella

juste en France et pas libéral dans le monde. Moi, je vois que toutes les grandes puissances qui réussissent dans la mondialisation, elles protègent leur économie, elles font du protectionnisme sur des filières stratégiques. Voyez, on parle beaucoup de la santé en ce moment. Les médicaments, 95% de nos filières de médicaments ont été délocalisés et sont aujourd'hui fabriquées en Chine. Donc, pour ça, il faut évidemment rompre avec les accords de libre-échange qui sont négociés tous azimuts avec l'Union Européenne et qui mettent nos TPE, PME en concurrence avec des marchés du monde entier.

Donc, il faut évidemment être capable de protéger notre économie par du patriotisme économique, de donner par exemple dans la commande publique un avantage direct dans la loi aux entreprises françaises, mais de pouvoir permettre à l'intérieur du marché commun aux entreprises françaises de produire, d'embaucher et de créer avec le moins de normes, le moins de taxes possibles et ça passera aussi probablement dans le cadre de la préhentielle par un débat sur les droits de succession qu'il faut aujourd'hui, je crois, réformer et significativement succession, puisque vous parlez

12:31
Présentateur

de la présidentielle, retraite à 60 ans toujours avec 40 années d'annuité. À 40 annuités plein. Bon, pas d'augmentation d'impôts, on est bien d'accord. Pas d'augmentation d'impôts. Il va falloir trouver des solutions pour rembourser avec tout ça. Il y en a des économies à faire. Quelle est la réforme fiscale ? Alors, parce que Marine Le Pen parle beaucoup de réforme fiscale. Quelle est la réforme fiscale que Marine Le Pen mettrait en place si elle était élue présidente de la République ? Ce serait l'une de mes premières mesures, dit-elle.

12:56
Jordan Bardella

Bien sûr, mais Marine Le Pen aura l'occasion de présenter son programme. Ce sera un programme, évidemment, de paix fiscale et de baisse de la fiscalité. Mais viendra le temps du programme où elle parlera, je ne vais pas faire le présidentiel avant la présidentielle. En tout cas, je vais vous dire, il y a une chose est sûre, c'est que nous allons faire des économies dans les mauvaises dépenses de l'État. Voilà, des économies sur la fraude sociale, des économies sur la fraude fiscale, des économies sur le coût considérable de l'immigration dans notre pays.

Parce que, vous voyez, pendant qu'on demande des économies toujours aux mêmes, il y a encore, par exemple, les soins gratuits qui sont donnés à des gens qui viennent dans notre pays sans condition de nationalité, sans condition de ressources et sans condition de travail, d'assimilation. Donc, nous instaurons notamment un délai de carence pour qu'en réalité, les fruits de la solidarité nationale aillent d'abord à nos aînés, à nos retraités, à la petite enfance et en somme à nos compatriotes d'abord.

13:43
Présentateur

Bien, parlons de Marine Le Pen. Marine Le Pen sera donc candidate à la présidence de la République. Est-ce que Marine Le Pen va abandonner la présidence du Rassemblement National ?

13:53
Jordan Bardella

La Ve République veut que, lorsqu'on est candidat à l'élection présidentielle, on n'est pas le chef d'un parti, on est la candidate, le ou la candidate du Rassemblement. Donc, elle a eu l'occasion de s'exprimer sur ce sujet. Elle sera probablement amenée à quitter la présidence du Rassemblement National. Probablement après l'été, à l'aube de la campagne présidentielle qui démarra probablement en septembre prochain. Et vous serez président. Et c'est elle qui le décidera. En tout cas, je serai à ses côtés pour mener cette bataille. Nous avons des sondages aujourd'hui qui nous placent très très haut, à près de 48% au second tour de l'élection présidentielle face à Emmanuel Macron.

Ce qui veut dire que la victoire est possible, que la victoire est crédible, qu'on est probablement dans le contexte que l'était le général de Gaulle en 1958 ou après 15 ans de gouvernance des partis. C'est marrant ces allusions

14:31
Présentateur

permanentes à de Gaulle aujourd'hui,

14:33
Jordan Bardella

de votre part. Parce que pour construire l'avenir, il faut bien connaître son histoire. Oui,

14:38
Présentateur

il faut bien connaître son histoire. Il faut bien connaître aussi ceux qui ont voulu assassiner de Gaulle. Et ? Et qui ont côtoyé politiquement certains fondateurs du Front National.

14:53
Jordan Bardella

Oui, il y avait aussi à la création du Front National M. Bidot qui était le successeur de M. Moulin à la tête de la résistance. On oublie souvent de le dire. Il y a eu aussi un président, M. Mitterrand qui a reçu la francisque des mains du maréchal Pétain qui était la plus haute distinction du régime de vigile. On voyait bien M. Bourdin que l'histoire est complexe et que moi je ne fais pas de la politique dans le rétroviseur. Je préfère penser à 2050 plutôt qu'à 1940. Et une chose est sûre c'est que nous mettrons en place une union nationale. Nous dépasserons le clivage gauche-roi et que nous tendons la main aujourd'hui

15:23
Présentateur

à tous les électeurs de gauche comme de droite qui veulent construire l'alternance. Une partie de la gauche préfère Marine Le Pen à Emmanuel Macron ?

15:33
Jordan Bardella

Je pense qu'il y a toute une partie de la gauche qui est attachée aux principes républicains et à la laïcité. Quelle gauche ? Pas la gauche de M. Mélenchon, pas la gauche de M. Jadot, mais probablement un électorat, probablement des électeurs de gauche qui ne se reconnaissent plus dans les partis aujourd'hui actuels qui ne comprennent pas que toute une partie de la gauche soit aujourd'hui atteinte par le syndrome de Stockholm.

Par une certaine forme d'islamo-gauchisme et qui préfère défendre les intérêts parfois de puissances étrangères ou d'idéologies qui nous ont déclaré une guerre à la fois politique et idéologique comme ça a été le cas par exemple d'Europe Ecologie Les Verts à Strasbourg qui a accordé une subvention à une mosquée qui est aux mains des islamistes radicaux d'Emilie Gorrie c'est-à-dire aux mains de la Turquie d'Erdogan et qui sera la plus grande mosquée d'Europe. Donc nos concitoyens sont heureux et ont été heureux et je dis ça avec ironie d'apprendre qu'avec leurs impôts ils allaient financer la plus grande mosquée d'Europe à Strasbourg.

16:26
Présentateur

Vous croyez à la volonté

16:27
Jordan Bardella

de l'ingérence de la Turquie dans la présidentielle de 2022 comme le dit Emmanuel Macron ? Je pense que Recep Tayyip Erdogan est une menace pour l'Europe et un danger pour la France. Donc vous rejoignez le président de la République ? Oui je le rejoins. Je vous rappelle ce qu'avait déclaré M. Erdogan il y a quelques années. Il a dit les minarets seront nos baïonnettes les mosquées nos casernes et les croyants seront nos soldats. Et qu'au-delà du débat administratif juridique qu'on peut avoir sur la mosquée de Strasbourg j'ai vu que M.

Darmanin allait attaquer le délibéré devant les instances judiciaires et il a raison de le faire mais au-delà de ça il y a un débat historique civilisationnel derrière et M.

Erdogan est en tout cas aujourd'hui dans une stratégie d'agression d'agressivité d'abord à l'égard des frontières européennes je vous rappelle qu'il a fait du chantage migratoire en Grèce qu'il a soumis la Grèce à un chantage migratoire insupportable et insoutenable il y a quelques mois qu'il a menacé d'ouvrir le feu sur des frégates et sur des navires de l'armée française en mer Égée il y a quelques mois puisque c'était cet été qu'il finance un peu partout en France par l'intermédiaire des Milligorus une stratégie d'influence à l'égard d'un islam politique radicaux des Milligorus qui est une des fédérations qui a refusé par exemple de signer la charte de la laïcité donc voilà une association aujourd'hui dont le patron je prends à témoin un article qui avait été fait dans le JDD qui était parfaitement sourcé qui nous dit que le chef des Milligorus l'outil d'influence de la Turquie en France une fédération qui a refusé de signer la charte des principes républicains est une association dont le président est suivi pour radicalisation moi je pose la question au ministre de l'intérieur lorsqu'on a une association qui se revendique de l'islam politique qui refuse de signer une charte dans laquelle il est dit clairement que les principes républicains sont supérieurs aux lois islamiques pourquoi cette association n'est pas dissoute pourquoi est-ce qu'on n'engage pas la fermeture des 70 mosquées radicales qui sont aujourd'hui aux mains des Milligorus enfin je veux dire on est plus faible à l'égard de l'islam politique que ne le sont certains pays musulmans eux-mêmes je vous rappelle par exemple que les Milligorus sont considérés en Allemagne comme une organisation islamiste radicale donc il faut aujourd'hui des sanctions extrêmement fermes à l'égard de la Turquie il faut mettre fin au jeu de dupe d'Erdogan qui est devenu un véritable danger pour les intérêts français pour la culture française pour la laïcité et pour l'indépendance de notre pays

18:38
Présentateur

une dernière question sur la coupe du monde 2022 au Qatar 6500 morts sur les chantiers de la coupe du monde de foot au Qatar vous avez vu les protestations des Norvégiens les protestations des Allemands des footballeurs norvégiens des footballeurs allemands est-ce qu'il faut bricoter cette coupe du monde ?

18:57
Jordan Bardella

moi je suis extrêmement mal à l'aise avec une coupe du monde au Qatar qui est un pays islamiste qui prône une lecture extrêmement radicale de l'islam politique et qui a à l'égard de l'islamisme radical dans le monde une lecture particulièrement trouble et ambiguë qui traite ses travailleurs

19:17
Présentateur

le rassemblement national demande à l'équipe de France demande à l'équipe de France de boycotter cette coupe du monde

19:23
Jordan Bardella

comme des esclaves moi je m'interroge j'entends pas les belles âmes qui nous donnent des leçons sur le vivre ensemble et la laïcité en France notamment à gauche on parlait de cette fracture à gauche sur la tenue de la coupe du monde au Qatar donc moi je vous donne mon sentiment je suis extrêmement mal à l'aise avec cette coupe du monde et je ne comprends pas la mensuétude qu'a eu la diplomatie française pendant un certain nombre de temps et notamment les organisations internationales y compris sportives à l'égard d'une pétro-monarchie qui a fait de la charia son code ses lois et ses normes

19:56
Présentateur

merci Jordan Bardella d'être venu nous voir

19:59
Jordan Bardella

ce matin sur RMC

20:00
Présentateur

et BFM TV il est 8h53 merci