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interviewBLAST (sur YouTube)· 24 avril 2025 11 min

MACRON / TRUMP : 50 NUANCES D’OBSCURANTISME

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Notre pays est sur le point de connaître un retour en force comme le monde n'en a jamais connu. L'Amérique en a fini avec le wisme. Des dizaines de chercheurs, ça y est, veulent quitter les États-Unis.

Emmanuel Macron souhaite-lui les accueillir et veut faire de la France un Eldorado pour les chercheurs américains. L'islam gauchisme c'est des ravages. Ce que je constate moi, c'est que cette gauche radicale n'en finit pas de dériver euh du wisme à l'islamisme, mais aussi en passant par l'antisionisme qui est souvent en réalité un antisémitisme déguisé. on observe dans les universités euh c'est qu'effectivement il y a des gens qui peuvent utiliser leur titres et et l'ura qu'ils ont pour porter des idées radicales euh ou pour porter des idées militantes. le monde universitaire de de l'islam gauchisme [Musique] [Musique] vraiment Trump, président d'extrême droite des États-Unis d'Amérique, est parti en guerre contre les universités de son pays qui viennent donc s'ajouter à l'interminable liste. de ses ennemis désignés.

Il les accuse principalement d'être antisémite parce qu'elles n'auraient pas réprimé assez brutalement la dénonciation des massacres en cours à Gaza par certains enseignants et certains étudiants plutôt de gauche qui sont également assimilés à des islamistes. Les campus américains seraient selon Trump et son administration des foyers de wisme, c'est-à-dire pour le dire un peu rapidement de sensibilité aux discriminations. Notre pays est sur le point de connaître un retour en force comme le monde n'en a jamais connu.

L'Amérique en a fini avec le walkisme. Ces attaques qui se traduisent principalement par la persécution policière de certains étudiants étrangers considérés comme trop contestataires, ont aussi pour effet, comme l'a relevé le journal Le Monde dans un article publié le 18 avril dernier, que beaucoup de chercheurs ou d'aspirants chercheurs travaillants aux États-Unis ont peur pour leur avenir et songent aujourd'hui à quitter le pays. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Et vendredi dernier, profitant de leur détresse, Emmanuel Macron a posté sur le réseau social d'un milliardaire d'extrême droite un message expliquant très sérieusement qu'en France, la recherche est une priorité, l'innovation une culture, la science un horizon sans limite et appelant les chercheurs et chercheuses du monde entier à choisir la France. Fin de citation. Et pour faire bonne mesure, le chef de l'État français en a profité pour annoncer le lancement d'une nouvelle plateforme informatique gouvernementale spécialement dédié à ce magnifique projet.

La page d'accueil de ce nouveau site explique toujours très sérieusement que la France entend recevoir ce qui souhaiteraient poursuivre leurs travaux en Europe et elle proclame, je cite toujours, qu'elle s'engage ainsi pour faire rempart aux attaques que subissent les libertés académiques dans le monde. Fin de citation. Il faut le répéter un peu lentement parce que c'est quand même assez stupéfiant.

Emmanuel Macron profitant des malheurs des chercheurs et aspirants chercheurs américains contre lesquels Trump lance d'ahurissantes accusations d'antisémitisme ou de wisme pour mieux les harceler, leur offre son soutien et leur propose de leur donner refuge en France en leur expliquant qu'il les protégera contre les attaques que subissent les libertés académiques aux États-Unis. On parle de Donald Trump qui multiplie les attaques contre la science à tel point que des dizaines de chercheurs, ça y est, veulent quitter les États-Unis. Emmanuel Macron souhaite-lui les accueillir et veut faire de la France un Eldorado pour les chercheurs américains.

Le problème est qu'on peut pas complètement exclure que certains des universitaires auquels ce bouleversant message est adressé croit le chef de l'État français sur parole exactement comme certains électeurs l'ont cru lorsqu'il promettait qu'il ferait rempart à l'extrême droite devant laquelle il a finalement creusé un large boulevard planté d'arbres. Et c'est alarmant car s'ils le prennent au mot, ces pauvres gens s'exposent à damer déconvenus et à de très cruelles désillusions. Dans le monde réel, en effet, et sans même parler du fait que l'enseignement supérieur souffre sous son règne d'un sous-financement catastrophique, en matière d'attaque contre les libertés académiques, Macron fait partie du problème et pas du tout de la solution.

Il semble croire ou espérer que tout le monde l'a oublié. Mais immédiatement après son élection à la présidence de la République française en 2017, il s'était en effet empressé de confier le ministère de l'éducation nationale au très réactionnaire Jean-Michel Blanquer et celui de l'enseignement supérieur à l'inénarable Frédéric Vidal. Ces deux ministres s'étaient-ils immédiatement investis dans la défense et la protection des libertés académiques dont le chef de l'État français se fait aujourd'hui le champion. pas exactement puisque l'un des moments les plus marquants du règne de Frédéric Vidal a été celui où elle avait profité d'une invitation d'une chaîne de télévision d'extrême droite pour annoncer au mois de février 2021 qu'elle allait demander une enquête sur ce qu'elle appelait l'islamogo gauchisme qui d'après elle gangrenait l'université française.

Moi je pense que l'islamogo gauchisme gangrine la société dans son ensemble et que l'université n'est pas imperméable. L'université fait partie de la société. Cette annonce avait provoqué la stupeur de la conférence des présidents d'université qui avait sèchement suggéré à la ministre de cesser, je cite, de raconter n'importe quoi et celle du Centre National de la Recherche Scientifique, le CNRS, qui avait accusé Frédéric Vidal de se livrer à une regrettable instrumentalisation de la science quelques mois plus tard, en octobre 2021, l'intéressé avait piteusement reconnu que l'enquête promise n'avait jamais été effectuée et qu'elle avait donc proféré un mensonge.

Jean-Michel Blanquaire, personnalité centrale de l'histoire du macronisme, s'est quant à lui montré beaucoup plus constant dans ses vitupération contre l'enseignement supérieur et il s'est illustré tout au long de ses 5 années au ministère de l'éducation nationale qu'il a quitté au mois de mai 2022 par des déclarations toutes plus édifiantes les unes que les autres. En octobre 2020, il proclamait par exemple notre société a été beaucoup trop perméable à des courants de pensée, ce qu'on appelle communément l'islam gauchisme fait des ravages. Il fait des ravages à l'université, il fait des ravages quand euh euh une organisation comme l'UNEF c'è à ce à ce type de choses.

Il fait des ravages quand dans les rangs de la France insoumise, vous avez des gens qui sont tout simplement de ce courant là et s'affichent comme tel. Et quelques jours plus tard, il expliquait dans un hebdomadaire d'extrême droite vouloir mener un combat contre ce qu'il appelait une matrice intellectuelle venue des universités américaines et qui avait selon lui gangrené une partie non négligeable des sciences sociales françaises. Notons au passage que la mobilisation régulière de l'image de la gangraine était tout à fait révélatrice d'un certain état d'esprit puisqu'en médecine, ce mot décrit une putréfaction des tissus qui peut éventuellement nécessiter une amputation, soit un traitement assez draconien que les ministres macronistes étaient donc tout à fait disposés à administrer à l'université française.

En 2021, Jean-Michel Blancard a d'ailleurs fondé ce qu'il a présenté comme un cercle de réflexion destiné, avait-il alors expliqué dans le journal Le Monde, à aider la France et sa jeunesse à échapper à l'idéologie W qu'il présentait comme une dangereuse doctrine, ayant notamment conquis certains milieux académiques. Fin de citation. Plusieurs années avant que Donald Trump n'en fasse le cœur de sa propagande, c'est donc l'un des plus emblématiques ministres d'Emmanuel Macron qui fustig la prétendue matrice intellectuelle walkiste contre laquelle l'administration américaine partte aujourd'hui en croisade.

Il est vrai que les encouragements venaient de haut puisqu'en 2022, Emmanuel Macron lui-même se déclarait, je cite contre la W culture. Plus récemment, c'était au mois de mars dernier, le chef de l'État et ses ministres, poursuivant ce que le journal Libération a très justement appelé leur offensive antiwok, ont dénoncé les mobilisations proalestiniennes qui avaient lieu à Sciencep Paris en les présentant comme antisémite et séparatistes et ont appelé la direction de l'établissement à faire preuve de la plus grande sévérité contre les étudiants mobilisés, exactement comme le fait aujourd'hui Donald Trump lorsqu'il sanctionne les universités américaines, coupable à ses yeux de ne pas rép imprimer avec assez de férocité les manifestations de soutien au Palestiniens de Gaza. announcing today we will take and billions ofs that we will collect by taxing and large quand il se présente aujourd'hui comme le garant et le protecteur des libertés académiques et invite les universitaires malmenés par Trump à venir se réfugier en France, Macron fait donc ce qu'il sait le mieux faire.

Il fausse la réalité qui ex ministre et lui-même ont de longues dates lancé contre les facultés françaises les mêmes attaques exactement que celles contre lesquelles ils prétendent aujourd'hui faire barrage. Mais il est vrai aussi que cette audacieuse gymnastique n'est pas complètement surprenante de la part d'un personnage qui avait aussi promis de faire barrage à l'extrême droite et qui a finalement installé au ministère de l'intérieur le très très réactionnaire Bruno Rota qui n'aime pas beaucoup l'état de droit et pas du tout le wisme exactement comme Donald Trump. Merci d'avoir suivi cette chronique à la semaine prochaine.

Ce que je constate moi, c'est que cette gauche radicale n'en finit pas de dériver. Du wisme à l'islamisme, mais aussi en passant par l'antisionisme qui est souvent en réalité un antisémitisme déguisé. On a un vrai problème.

Cette gauche radicale épouse en réalité une à une tous les combats antirépublicains. [Musique] [Musique]