Cancer du sein trop peu dépisté : "La peur du résultat" explique le président de la Ligue contre le cancer à Montbéliard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
On ne se dépiste toujours pas assez.
- 0:33OuverteRéponse directe
Parce que ce que vous dites, la mortalité résiduelle, c'est-à-dire les 10% de malades qui ne guérissent pas, on pourrait encore améliorer d'au moins 3 à 4% ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Dans le traitement. Pourquoi on ne se dépiste pas assez ?
- 1:13OuverteRéponse directe
Et pour les plus jeunes aussi, est-ce qu'il faut descendre l'âge de dépistage ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Parce qu'aujourd'hui, est-ce qu'on peut rappeler quel est l'âge auquel on se fait dépister d'un cancer du sein ?
- 1:44FerméeRéponse directe
Tous les combien de temps ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16InvitéChiffre
« on est autour de 51 et quelques pourcents »
- 0:24InvitéPromesse
« il faudrait qu'on obtenait 70% de femmes qui fassent ce dépistage »
- 0:28InvitéChiffre
« pour encore réduire de 30% la mortalité résiduelle dans le cancer du sein »
- 0:42InvitéChiffre
« on pourrait encore améliorer d'au moins 3 à 4% »
- 0:52InvitéChiffre
« un tiers des cas de cancer sont diagnostiqués par le dépistage »
- 1:04InvitéChiffre
« 10% de plus que les femmes, je dirais standard, qui se diagnostiquent elles-mêmes par des masses »
- 1:38InvitéChiffre
« Il y a 3000 femmes... »
- 1:59InvitéChiffre
« Il y a plus de 3000 femmes de moins de 40 ans qui ont un cancer du sein »
- 3:22InvitéChiffre
« 1% des cancers du sein en fréquence chez les hommes par rapport aux femmes »
- 4:28InvitéFait
« Des facteurs extérieurs que n'avaient pas nos grands-mères, etc. qui sont l'alcool, le tabac et le manque d'activité physique »
- 4:40InvitéFait
« Et ces trois facteurs sont vraiment très importants pour augmenter le taux de cancer du sein chez les femmes jeunes »
- 5:00PrésentateurChiffre
« 61 000 cancers du sein détectés chaque année »
Temps de parole
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Femmes sur 7-1, cancer du sein au cours de sa vie, pendant Octobre Rose, ce mois de la lutte contre la maladie, on sensibilise au dépistage l'invité de la rédaction, Lisa Guigny, qui est un ancien oncologue, président de la Ligue contre le cancer du comité Doux-Montbéliard.
Bonjour Alain Meunier.
Bonjour.
On ne se dépiste toujours pas assez.
Eh oui, malheureusement, on ne se dépiste pas assez, on est autour de 51 et quelques pourcents, et on est à un taux plus faible qu'avant la Covid. Donc, il faudrait qu'on obtenait 70% de femmes qui fassent ce dépistage pour encore réduire de 30% la mortalité résiduelle dans le cancer du sein.
Parce que ce que vous dites,
la
mortalité
résiduelle,
c'est-à
-dire
les 10% de malades qui ne guérissent pas,
on
pourrait encore améliorer d'au moins 3 à 4%. Ça veut
dire que
si on se dépiste plus vite, on a plus la maladie détectée tôt, plus on a de chances de guérir, c'est ça
? Tout à fait. Actuellement, un tiers des cas de cancer sont diagnostiqués par le dépistage, donc c'est important, mais c'est encore insuffisant. Et on a des maladies diagnostiquées très tôt, donc un taux de guérison bien sûr meilleur, 10% de plus que les femmes, je dirais standard, qui se diagnostiquent elles-mêmes par des masses. Et puis surtout, on a des traitements moins lourds, donc une pénibilité et un vécu moins difficile.
Dans le traitement. Pourquoi on ne se dépiste pas assez ?
Alors,
il y a beaucoup de raisons.
Il
y a beaucoup de fake news, il y a la peur surtout. La première question, c'est la peur. J'ai peur du résultat. Mais la peur est mauvaise conseillère, comme vous le savez. Deuxièmement, on disait que le fait de renouveler les mammographies pouvait favoriser les radiocancers, ce qui est absolument
faux,
d'autant plus qu'aux Etats-Unis, ils ont mis l'âge maintenant à 40 ans, et qu'au niveau de l'Europe, on est en train de discuter de leur amener à 45 ans. Il y a 3000 femmes...
Parce qu'aujourd'hui, est-ce qu'on peut rappeler quel est l'âge auquel on se fait dépister d'un cancer du sang
?
Alors, 50-74 ans, c'est l'âge du diagnostic, du dépistage, organisé, gratuit, etc.
Tous les combien de temps ?
Tous les deux ans. Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'actuellement, on a un problème à deux niveaux. Le problème, c'est le problème des femmes jeunes. Il y a plus de 3000 femmes de moins de 40 ans qui ont un cancer du sein, et souvent des formes assez agressives, d'origine génétique ou pas. Et puis, à partir de 65 ans, on s'aperçoit qu'au niveau du dépistage, les femmes décrochent. Et elles seront récemment diagnostiquées plus tard. Et plus on avance en âge, plus il est difficile de supporter certains traitements.
Et de lutter contre la maladie. Et
de lutter contre la maladie. On est forcément moins
fort. Donc, c'est ce que l'on est en train d'essayer de faire, de raviver ces femmes de plus de 65 ans qui ne viennent pas.
Et pour les plus jeunes aussi, est-ce qu'il faut descendre l'âge de dépistage ?
Alors, le descendre, oui. On en parle, je vous
l'ai
dit, les Etats-Unis n
'en
franchit le pas. L'Europe est en train de le faire. Le problème, c'est qu'il faut essayer de cibler au mieux les risques de chacun, ou de chacune plutôt. Et donc, maintenant, rechercher les formes génétiques. Donc, ce que beaucoup de personnes oublient, c'est qu'à 25 ans, il y
a
une consultation prise en charge en totalité par la Sécurité sociale pour les jeunes, garçons, filles, et qui prévoit de regarder les éventuels facteurs de risque familiaux. Et de définir un suivi particulier. Et puis, il faut savoir aussi que toute femme, après 25 ans, doit avoir un examen mammaire annuel par un médecin, une sage-femme, et en plus, elle, s'auto-examiner. C'est ce que l'on fait dans le cadre de la prévention actuelle. On apprend aux femmes à s'auto-examiner. Faire
des
autopalpations. Voilà, l'autopalpation, tout à fait.
Vous parliez de jeunes garçons. Est-ce qu'on peut aussi avoir un cancer du sein quand on est un homme
?
Alors, il est rare chez les jeunes garçons. C'est la différence des jeunes femmes. Oui, 1% des cancers du sein en fréquence chez les hommes par rapport aux femmes. Voilà, même traitement que les femmes. Pas de facteur connu à titre, je dirais, de prévention possible.
Du coup, comment on se fait dépister si on est un homme ? Parce qu'il n
'y
a pas ce dépistage organisé. C
'est facile, l'homme ayant un sein 100 fois moins gros que celui des femmes. Donc, on palpe immédiatement une petite tumefaction. Donc là, le diagnostic n'est pas tardif. C'est donc aux hommes de regarder et de voir s'il y a quelque chose qui se modifie dans leur sein.
Vous disiez de plus en plus de jeunes femmes concernées par le cancer du sein et des formes agressives. Pourquoi le cancer du sein est toujours là en France ? Pourquoi on est toujours atteint par la maladie ?
Alors, le problème, c'est que c'est comme pour l'homme pour le cancer de la prostate. Les organismes sont stimulés en permanence par des hormones. Les hormones oestrogènes, progestérone chez la femme et testostérone chez l'homme. Et qui vont stimuler ces cellules qui, au bout d'un moment, d'une stimulation, associent à d'autres facteurs génétiques ou autres. Parce qu'il ne
faut
pas oublier que s'il
y
a plus de cancer du sein chez les femmes jeunes maintenant, il n
'y a
pas que les formes génétiques.
Il
y a des facteurs à risque,
c'est ça ? Il y a des facteurs à risque. On a une
moins bonne hygiène de vie qu
'avant.
Tout
à fait. Tout
à fait. Des facteurs extérieurs que n'avaient pas nos grands-mères, etc. qui sont l'alcool, le tabac et le manque d'activité physique. Et ces trois facteurs sont vraiment très importants pour augmenter le taux de cancer du sein chez les femmes jeunes.
Et très rapidement, plus on se dépiste tôt, plus on guérit tôt. Et aujourd'hui, on traite mieux le cancer du sein. Tout
à fait.
Les traitements sont personnalisés et adaptés à chaque cas. Et donc, petites tumeurs, dans la majorité des cas, traitements courts et traitements curatifs.
61 000 cancers du sein détectés chaque année. Merci beaucoup Alain Monnier, ancien oncologue et président de la Ligue contre le cancer à Maupélière, d'avoir été ce matin avec nous. Bonne journée.
Merci et je vous remercie pour votre invitation. Il est 7h53.