Explosions à Damas : Emmanuel Macron visé ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
mais ils sont maîtrisés. Et aussi sur la volonté de certains groupes d'empêcher le retour de la Syrie dans le concert des nations. Il ne faut pas nous laisser déstabiliser sur l'importance du chemin qui est le nôtre.
On avance. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, A.Bellanger.
Le président, E.Macron, a échappé à un attentat qui le visait. Ca en dit long sur la gravité de la menace.
Ca en dit aussi long sur l'efficacité des services de sécurité qui ont, a priori, évité le pire? - A.Bellanger: Ils ont bien fait leur boulot.
Ils ont à la fois protégé l'endroit où se trouvait le président de la République...
Ils ont repéré les 2 bombes. L'une se trouvait dans une poubelle. L'autre, sous un véhicule.
Ils ont évacué l'entourage. Ils étaient en train de déminer ces bombes au moment où elles ont explosé. Cela signifie qu'il y avait quelqu'un pas très loin pour les activer.
Je trouve que c'est plutôt de la belle ouvrage. Ca fait 18 blessés tout de même, mais ça montre bien qu'une visite historique correspond aussi à un périmètre de sécurité historique. On peut discuter de ce qu'il fallait faire avant et après, mais le pire a été évité.
Il y a 10 jours, il y avait eu un attentat... - A.-E.Lemoine: La menace reste très importante en Syrie, la menace terroriste. - A.Bellanger: Bien sûr.
Des dizaines d'attentats ont eu lieu. Le pays est en train de se reconstruire, surtout sécuritairement. - A.-E.Lemoine: E.Macron a poursuivi son programme tel qu'il était prévu.
Il n'était pas question de partir? - A.Bellanger: Non.
Un président français, ça ne s'empêche pas. Les présidents français vont au-delà du danger. Depuis de Gaulle, les présidents français, surtout depuis F.Mitterrand, vont au devant du danger.
F.Mitterrand, en 1983, se rend au Liban. En 1992, il va au-devant des tirs de snipers de Sarajevo. - P.Cohen: La visite la plus périlleuse, celle de Sarajevo. - A.Bellanger: Un peu comme E.Macron aujourd'hui.
On peut continuer...
N.Sarkozy se rend en Libye après la fin du régime de M.Kadhafi.
E.Macron, au lendemain de l'explosion du port de Beyrouth, qui va auprès des Libanais...
Il y a une vieille tradition de "ralliez-vous à mon panache blanc..." - A.-E.Lemoine: Cette visite est une première pour un chef d'Etat occidental depuis 17 ans.
E.Macron avait été le 1er à recevoir A.Al-Charaa à Paris.
Il a raison de parier sur le nouvel homme fort de Damas? C'est Un ancien membre d'Al Qaïda qui a depuis rompu avec le djihad. - A.Bellanger: Il a raison de faire ce pari.
Le pari d'A.Al-Charaa et des Français, c'est de dire que, pour la 1re fois, la majorité des Syriens obtiennent le contrôle du pays. Ce n'était pas arrivé en 50 ans.
Rien ne pouvait être résolu en Syrie, sinon par un régime autoritaire très violent qui maintenait une minorité au pouvoir. - P.Cohen: Régime avec lequel la France avait des liens très étroits.
J.Chirac a été le seul chef d'Etat occidental à être présent aux obsèques du père de B.Al-Assad. - A.Bellanger: Souvenez-vous de ce moment de 2017 où...
Oui, c'est ça. - A.-E.Lemoine: 2007 ou 2008? - A.Bellanger: Pardonnez-moi.
Je suis perdu dans les dates. On voyait B.Al-Assad sur les Champs-Elysées, un peu comme V.Poutine, accueilli au 14-Juillet.
Il a raison de faire ce pari. Il n'y a pas d'autre pari à faire. Si vous voulez stabiliser la Syrie, vous devez parier sur les sunnites.
Ils font les trois quarts de la population. Il faut parier sur un homme qui a autre chose à faire qu'à choisir entre les différents islamistes radicaux. - A.-E.Lemoine: Pourquoi c'est un enjeu direct pour la France? - A.Bellanger: Il suffit de regarder une carte.
Tous les ennuis de la région se situent autour de la Syrie. Israël occupe une partie du territoire syrien. Il a une politique qui est de diviser pour mieux régner.
L'Irak n'est pas loin, pas encore stabilisé. Le Liban n'est pas un danger militaire mais enfin si, le Hezbollah s'est battu en Syrie...
C'était ni sa terre ni sa guerre. Il a dû retourner à ses terrains de chasse habituels. Et il y a aussi l'Iran qui, pendant au moins 15 ans, a été le seigneur et maître de ce pays.
Aujourd'hui, il a dû battre en retraite. Si tous les ennuis sont autour de la Syrie, toutes les solutions s'y trouvent aussi. - A.Lambret: Vous dites que l'Iran a dû battre en retraite malgré le protocole d'accord signé à Versailles entre les Etats-Unis et l'Iran.
La guerre continue. Le régime iranien veut démontrer sa force. Illustration lors des obsèques d'A.Khamenei, qui ont réuni des millions de personnes dans les rues.
Ces funérailles ont vite pris des airs de rassemblement antiaméricain. ... - A.Lambret: Quand on voit cette démonstration de force, qu'on entend ce discours, on a du mal à concevoir que la guerre ait affaibli le régime iranien.
Pourtant, vous dites que c'est le cas. - A.Bellanger: Je vais vous demander de ne pas croire une image, un discours de ce qui sort en ce moment d'Iran.
Tout est faux. Il n'y a pas des millions de personnes qui ont assisté, éplorés, aux funérailles d'A.Khamenei.
Il y a probablement aux alentours de 300 000 à 500 000 affidés, des fonctionnaires qui ont été obligés de le faire. Des parents de martyrs qui reçoivent des pensions, à qui on a montré le chemin de Téhéran, des militaires aussi...
Environ 30 000 à 35 000 Gardiens de la révolution. Il y a aussi eu des gens de l'extérieur qui ont voulu montrer leur soutien à ceux qui les payent. Ca fait pas des millions de personnes. - A.Lambret: Ce sont les chiffres du régime. - A.Bellanger: Ils avaient annoncé 15 à 20 millions de personnes.
Il y a 90 millions d'Iraniens. Vous imaginez qu'un tiers de la population se seraient rendus, éplorés, aux funérailles de celui qui leur avait tiré dessus au moment où ils avaient tenté de se révolter? C'est le moment où le régime va sortir de lui-même, montrer que tout le monde est éploré...
Il y avait un journal iranien très conservateur qui titrait "Du sang pour du sang". Il appelait à tirer sur les Américains. Ca ne se passera pas.
L'Iran a besoin de bien autre chose. Le régime est très affaibli, beaucoup plus qu'on imagine. C'est surtout de passer de la guerre, qui est une séquence favorable pour le régime iranien...
Emmanuel Macron