Congrès de l’AMF : qui sont les maires de demain ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 4 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:05OuverteRéponse directe
Qui sont les jeunes maires et où sont-ils ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un problème de légitimité pour un jeune maire ?
- 3:24RelanceRéponse partielle
C'est juste l'autocensure des jeunes ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est de la politique ou de l'engagement ?
- 5:12OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un tremplin pour vous ?
- 7:15OuverteRéponse directe
Est-ce que vous reconnaissez dans Hugo Biolet des critères de votre étude ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34PrésentateurChiffre
« 84% ont plus de 50 ans, ce sont des hommes »
- 0:40PrésentateurChiffre
« La représentativité des femmes est très basse, pas tout à fait 20% »
- 2:11InvitéFait
« Exactement, 20 ans maintenant. »
- 2:58InvitéFait
« Les urnes ont parlé. »
- 3:19InvitéFait
« au moment de la campagne, au moment de vouloir s'engager, là, il y a énormément de freins »
- 3:24PrésentateurFait
« C'est vraiment juste ça ? »
- 3:46InvitéFait
« C'est aussi la chance que j'ai eue d'avoir des gens qui m'ont fait confiance »
- 6:17InvitéFait
« Tout ce que j'ai à gagner, c'est du temps à perdre »
- 9:59InvitéFait
« la population »
- 10:09InvitéFait
« On connaît un développement vraiment important de notre population »
- 10:23InvitéFait
« quand on dit temps plein en tant que maire, ce n'est pas 35 heures »
- 11:39InvitéFait
« c'est également aussi, à mon avis, le principal problème pour les femmes »
- 12:35InvitéFait
« Moi, j'ai 40 ans »
- 13:22InvitéFait
« Je pense que les femmes mères aujourd'hui qui sont plutôt jeunes ou en tout cas qui ont des enfants d'âge comme moi, on est dans un modèle qui est différent »
- 22:52InvitéChiffre
« l'indemnité elle est autour de 1800 euros comme maire »
- 30:46PrésentateurFait
« une petite musique abstentionniste qui dit mais de toute façon on n'est pas représenté »
- 31:06PrésentateurFait
« j'ai envie de m'investir je sais que les gens ont envie d'une autre représentativité »
- 31:29InvitéFait
« c'est vraiment la nécessité de devoir d'abord s'investir pour une autre personne qui ne va pas forcément correspondre à nos idéaux »
- 32:31InvitéFait
« c'est un engagement qui finalement on n'a pas d'assurance d'être écouté ni d'assurance de finalement servir à quelque chose »
- 35:55InvitéChiffre
« il y a 300 000 élus bénévoles pour la plupart donc ça représente tous les français »
- 37:16InvitéFait
« c'est une fonction très intéressante je vois ça comme une période dans ma vie »
Temps de parole
- Présentateur32 %
- Présentateur 218 %
- Invité13 %
- Invité 29 %
- Invité 37 %
- Invité 46 %
- Invité 56 %
- Invité 64 %
- Invité 73 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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France Inter, 18-20 Fabienne Sintès Or donc, comme vous le savez, les maires de France sont réunis depuis ces deux derniers jours C'est le dernier jour aujourd'hui, ils ont écouté Emmanuel Macron cet après-midi, hier ils ont élu leur nouveau représentant, le patron désormais, le nouveau président de l'association des maires de France s'appelle David Nyslard et c'est le maire de Cannes Mais on n'a pas pu s'empêcher au téléphone sonne de regarder dans la salle, c'est-à-dire regarder la couleur de l'assemblée des maires Vous ne serez pas surpris de voir des crinières blanches Ce sont des hommes de 60 ans à 39%, 84% ont plus de 50 ans, ce sont des hommes ils sont retraités pour beaucoup La représentativité des femmes est très basse pas tout à fait 20%, même si ce chiffre progresse, les femmes dans les villes moyennes et les grandes villes, donc de 30 à 100 000 habitants les maires sont presque inexistantes Alors, la voici, la question qui sont les jeunes maires où sont-ils et où sont-elles est-ce que cette fonction est réellement ouverte aux jeunes politiques qu'est-ce qu'on attend d'eux ?
La question est importante parce que nous savons, pour l'avoir évoqué ici même que la charge des maires est de plus en plus lourde leur responsabilité aussi la violence, les épreuves le maire, malgré tout, reste le seul à sauver sa peau quand on demande aux gens ce qu'ils pensent de leurs élus sa fonction très locale est la seule qui n'a pas perdu intégralement la confiance des électeurs mais pour ça, apparemment, il faut encore être un vieux de la vieille, avoir une expérience qui rassure, alors que le plus souvent les jeunes qui se présentent sont plus diplômés donc plus capés pour gérer théoriquement que les plus vieux. Qui sont les maires de demain ?
Comment rajeunir cette fonction de proximité qui n'est pas forcément une fonction politique à moins de diriger une très grosse agglomération ? Comment faire entrer toutes les diversités ? Est-ce que c'est une porte d'entrée vers la politique ? Être un jeune et un maire ? Est-ce que c'est tout simplement de l'engagement ? C'est le téléphone sonne ce soir. Soyez les bienvenus. Et les maires nous écoutent, on en est vraiment ravis on en a plein qui nous attendent au standard le premier d'entre eux est aussi le plus jeune Hugo, bonsoir. Bonsoir. Hugo Biolet, vous êtes maire de Vingt-Yeux Hugo, c'est vous le plus jeune maire de France ? Réellement, vous avez 19 ans, 20 ans, c'est ça ?
Exactement, 20 ans maintenant.
Et vous êtes en Ardèche. Racontez-nous pourquoi vous avez eu envie de nous appeler spontanément ?
J'ai eu envie de vous appeler parce que quand j'ai vu le sujet, finalement, j'en entends beaucoup parler et faire en sorte que d'autres jeunes aient envie demain de s'investir, de s'engager c'est un des combats que je me suis décidé à mener et donc naturellement, ça m'a donné envie de vous appeler.
Mais alors, est-ce qu'il y a un problème de légitimité, Hugo ? Est-ce que c'est quelque chose que vous entendez depuis que vous êtes élu tout le temps ? Est-ce qu'il faut se battre pour ça avant qu'on vous prenne au sérieux quand on est tout jeune et qu'on a déjà cette fonction ?
Il y a un problème de légitimité, oui, c'est sûr. Et c'est surtout avant et pour accéder à la fonction. Une fois qu'on a accédé à la fonction, on devient légitime. Les urnes ont parlé. Et en tout cas, pour ma part, j'arrive totalement à me faire ma place et je me sens totalement intégré. Et au contraire, les élus sont très contents de voir qu'il y a des jeunes qui s'engagent et qu'il y a une relève qui arrive et de voir cette jeunesse-là qu'ils attendent aussi. Mais par contre, ce que j'ai aussi vu beaucoup, c'est avant, au moment de la campagne, au moment de vouloir s'engager, là, il y a énormément de freins, dont le premier frein est l'autocensure des jeunes.
C'est vraiment juste ça ? Ou est-ce que c'est les vieux de la VL, je le disais tout à l'heure ? Parce que vous étiez... Votre commune a combien d'habitants, Hugo ? 500 habitants. Voilà. Est-ce que vous étiez nombreux ? Je dis ça vraiment. Est-ce qu'il y avait un sortant, par exemple ? Ou est-ce qu'on vous a amené, vous, à cette fonctionnelle en disant « Toi, tu t'engages, t'es jeune, vas-y ».
Moi, ça s'est passé dans le deuxième cas de figure. C'est aussi la chance que j'ai eue d'avoir des gens qui m'ont fait confiance, d'avoir des élus qui m'ont fait confiance et qui ont vu en moi quelqu'un qui était capable d'administrer une commune. Et c'est peut-être le plus important, parce que quand on a des gens qui nous font confiance autour de nous, derrière, on se fait confiance. Et donc, faire confiance aux jeunes, mais c'est exactement le même combat pour les femmes aussi, pourrait permettre, en tout cas j'en ai la conviction, d'élargir un petit peu et d'avoir une classe de maire un petit peu plus hétérogène.
Est-ce que c'est de la politique ou est-ce que c'est de l'engagement ? Donc, quelque chose, pardon, je ne veux surtout pas dénigrer la fonction, j'allais dire, qui est plus proche de l'associatif, en fait. Alors, évidemment, avec beaucoup plus de responsabilité, mais où est-ce qu'on fait de la politique, en fait, quand on est maire et quand on est maire d'une commune comme la vôtre, une petite commune ?
On fait différentes choses. Alors, de la politique, tout dépend de ce qu'on met dedans. On peut dire que tout est politique, que rien n'est politique. Mais, en tout cas, ce que l'on fait concrètement, on administre une commune, donc c'est gérer des équipes, c'est gérer des services, on est responsable aussi. Et puis, on représente la commune, notamment dans tout un tas d'instances intercommunales. Et là, c'est sûr que les enjeux politiques, moi, par exemple, je ne retrouve absolument pas dans ma commune de 500 habitants, on commence à les retrouver au fur et à mesure dans les différents échelons, notamment l'échelon intercommunal, et ils commencent à devenir un petit peu plus saillants.
C'est d'abord de l'engagement.
Mais, est-ce que c'est un... Donc, ce n'est pas un tremplin, Hugo, pour vous ? J'imagine que vous faites toujours, évidemment, vos études, vous ne les avez pas interrompues. Est-ce que ça se poursuit après ? Ou est-ce que la petite musique que vous entendez aussi, c'est bien d'être maire, c'est bien d'entrer dans ce genre de fonction civile, mais il va falloir aussi avoir un métier. Il ne faudra pas devenir non plus maire professionnel, si je puis dire. Cela dit, avec une commune de 500 habitants, ça ne vous rapporterait pas beaucoup d'argent.
Exactement. C'est tout un tas de choses qu'on entend. Après, c'est sûr que quand on est jeune, et moi particulièrement, on me demande tous, qu'est-ce que tu vas faire plus tard ? Et c'est vrai que je n'ai pas encore cette réponse-là, et justement, j'essaye de m'éloigner de ces questions-là, pour garder cette liberté-là de choisir, quand j'aurai terminé mes études.
Mais ça veut dire que ce n'est pas forcément un tremplin vers quelque chose de politique, dans votre démarche en ce moment, en tout cas ?
Dans ma démarche en ce moment, non. C'est la découverte, voir ce qui me plaît, ce qui me plaît moins, essayer de tirer le meilleur de cette passion-là, parce que c'est vraiment une passion, la vie publique, d'autant plus dans les petites communes. J'avais un conseiller qui m'avait sorti une phrase que je trouvais très belle, « Tout ce que j'ai à gagner, c'est du temps à perdre ». Il y a beaucoup de ça dans l'administration des petites communes et dans cette passion-là. Et pour le moment, moi, ça me plaît. Je verrai bien ce que j'en ferai plus tard. Mais en tout cas, c'est une superbe expérience. Et c'est passionnant.
Eh bien, tant mieux. Vous pouvez rester avec nous, si vous le souhaitez, Hugo. C'est avec grand plaisir. Merci beaucoup de nous avoir appelés pour poursuivre cette discussion ensemble et échanger jusqu'à 20h, justement. Tiens, dans un instant, on ira rejoindre Rémy Dick, qui est le maire de Florens. Je vous l'avais détrôné, Hugo Biolet, figurez-vous, parce que c'était lui, juste avant, le plus jeune maire de France. Nous avons aussi avec nous, et depuis sa commune de Creusail, c'est en Haute-Savoie, Sylvie Mermillot. Bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous. Et Laurent Lardeux, il a également... Bonsoir, M. Lardeux. Bonsoir.
Vous êtes sociologue, vous êtes chargé de recherche à l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire. Et vous avez mené une étude, dont on parlera tout au long de cette émission, justement sur les jeunes maires. D'ailleurs, je vais commencer avec vous, Laurent Lardeux. Est-ce que vous avez reconnu, dans Hugo Biolet, un certain nombre des critères, si je puis dire, que vous avez retrouvés aussi dans votre étude sur l'engagement très jeune dans ce genre de fonctions électives ?
Oui, tout à fait. Alors, il y avait beaucoup d'éléments dans son intervention, mais beaucoup d'éléments qui se recoupent, effectivement, avec les résultats de nos travaux. Déjà, effectivement, il y a la question de l'exercice de la fonction, qui est très chronophage, qui dévore véritablement les agendas, les emplois du temps. Et plus encore, en fait, dans les petites communes. C'est important de le signaler, parce qu'il y a quand même des distinctions à faire d'un point de vue territorial. Et des petites communes, dans un monde rural, où les services publics, notamment, s'avèrent parfois défaillants.
Et donc, on va voir les maires qui viennent parfois combler, en fait, ce manque auprès des administrés, voire qu'ils vont jouer aussi parfois la courroie de transmission entre l'administré et puis les services publics, en plus de l'ensemble des tâches administratives, financières, de représentation, qu'ils auront notamment à remplir au quotidien.
Est-ce que ça veut dire que... Parce que, dans l'introduction que je faisais tout à l'heure, je disais que la plupart étaient retraités. Et au fond, quand je vous entends, je ne veux surtout pas caricaturer. Et d'ailleurs, on me posera la question à Sylvie Mermillot dans un instant, mais on se dit, effectivement, que retraités, on a du temps. Et c'est pour ça qu'on y va, souvent, parce qu'on peut, effectivement, consacrer ce temps-là. Étudiants, on n'est pas, comme c'est le cas d'Hugo, il y en a évidemment très peu, mais on n'a pas encore été submergés par une carrière professionnelle. Parce que, vous l'avez dit, la clé, c'est peut-être ça aussi.
Et la clé du non-engagement, c'est peut-être celle-là, le temps.
Oui, tout à fait. Le temps, c'est un élément vraiment central. Pour des jeunes qui sont pris dans des tensions multiples, c'est l'entrée, déjà, dans la vie professionnelle, souvent, ou parfois même, ils sont encore en études. Donc, il y a des tensions aussi par rapport à ça. C'est aussi l'univers familial, soit l'entrée dans la conjugalité, la parentalité, l'arrivée des enfants. Voilà, donc il y a beaucoup de tensions liées, en fait, au fait qui sont jeunes. Et quand on est jeune, en fait, on démarre aussi dans la vie professionnelle, parfois. Et donc, il y a une exigence aussi à tenir aussi ce parcours professionnel.
Et parfois, ça peut être incompatible avec l'exigence qui est demandée d'un mandat qui demande effectivement beaucoup de temps.
On reviendra à ce que vous dites et sur non seulement le profil de ces très jeunes mères, mais sur ce qu'ils deviennent après, dans un tout petit instant. Sylvie Vermillot, on parlait de temps à l'instant. Vous, dans votre mairie, vous étiez agricultrice et vous avez quasiment cessé votre activité d'agricultrice, en fait, pour arriver, pour sa marche, en fait.
Oui, tout à fait. Moi, je l'ai complètement mise entre parenthèses, en tout cas, pour la semaine. Donc, je continue mon activité, mais le week-end, sur la ferme. Voilà, parce qu'au moment des élections, je m'étais engagée à me consacrer à plein temps à ma commune. Et c'était aussi une attente de la population. Donc, nous, on a environ 5200 habitants actuellement. On est en Haute-Savoie, donc très proche de la frontière suisse. Donc, on connaît un développement vraiment important de notre population, un développement au niveau de l'urbanisme. Et donc, ça nécessite vraiment, on va dire, un temps plein.
Alors, quand on dit temps plein en tant que maire, ce n'est pas 35 heures, puisque c'est 8h30 le matin et souvent jusqu'à très tard le soir. Donc, évidemment, ça demande un engagement au niveau de la journée. Mais vous le soulignez tout à l'heure, au niveau de la vie personnelle aussi, puisqu'on ne peut pas s'embarquer dans une telle aventure si on n'a pas sa famille derrière soi qui accepte tous ses sacrifices le week-end et en soirée et sur les vacances. Voilà, ça, c'est quelque chose de, à mon avis, essentiel.
Est-ce que vous diriez que c'est la raison pour laquelle il y a finalement, Sylvie Mermillot, un portrait du maire qui change peu, qu'on retrouve effectivement ces cranières blanches de 50 ans, 60 ans et plus qui sont le plus souvent retraitées. Est-ce que c'est ça la raison ? Est-ce que c'est le manque d'engagement ? Ou est-ce que c'est tout simplement beaucoup trop chronophage pour que des gens en plein travail, comme vous, qui avez renoncé ou qui ont une famille, se lancent dans ce genre de fonctions-là ?
Oui, oui, j'en suis persuadée. Voilà, parce que tout le monde n'a pas la possibilité, comme moi, de mettre sa vie professionnelle entre parenthèses. Et puis, c'est également aussi, à mon avis, le principal problème pour les femmes. Enfin, moi, je suis un nouveau maire, mais c'est mon troisième mandat en tant qu'élu. et j'ai connu les deux mandats précédents avec... J'ai trois enfants, avec des enfants plus jeunes. Et voilà, et j'ai connu les sacrifices que ça représente et les difficultés en termes d'organisation. Et je pense que s'il y a si peu de...
Enfin, même si le nombre augmente, mais si peu de femmes mères, c'est bien parce qu'il y a des contraintes au niveau de la famille qui sont importantes.
Parce qu'effectivement, la famille, le travail et la mairie, ça fait beaucoup de choses à la fois, je pense que Fanny Chappé, qui est maire de Pimpol et qui nous appelle au Standard, sera d'accord avec vous. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes jeune élue. Vous aussi, on ne va pas dire votre âge, mais je confirme que vous êtes jeune élue. Je suis assez curieuse de savoir si vous allez dans le sens de ce que dit votre consœur Sylvie Mermillot qui, elle, est en haut de sa voie.
Je me retrouve complètement dans le témoignage de Sylvie. Moi, j'ai 40 ans, mais j'ai deux petites filles de 5 ans et 3 ans et demi. Donc, quand elle évoque son expérience avec des enfants en bas âge et l'engagement du matin jusqu'au soir, très tard et 7 jours sur 7 et les problèmes organisationnels, je m'y retrouve complètement.
Mais est-ce que votre engagement, Fanny Chappé, qu'est-ce qu'il dit votre engagement en fait ? Est-ce qu'il parle de politique ? Est-ce qu'il parle d'engagement, d'engagement citoyen ? Est-ce qu'il parle de donner une autre voie et une autre forme de politique ? Qu'est-ce qu'on a dit autour de vous quand vous vous êtes présenté ? Est-ce que vous avez le sentiment que votre génération à vous arrive avec un autre bagage ?
En fait, moi, j'ai le sentiment que je participe à un changement de paradigme, à une autre façon d'être élue. Je pense que les femmes mères aujourd'hui qui sont plutôt jeunes ou en tout cas qui ont des enfants d'âge comme moi, on est dans un modèle qui est différent puisque, en fait, ce n'est pas un scénario inversé de ce que nos collègues mères ont pu connaître il y a quelques années où très souvent, leur épouse était plus à la maison, à s'occuper des enfants, etc. Aujourd'hui, on est sur une société plus égalitaire et c'est tant mieux. C'est aussi ce qui nous permet d'être mères.
Mais on a aussi des conjoints qui sont aussi engagés, qui ne vont pas mettre leur carrière entre parenthèses ou qui, on voit bien que le nombre de congés parentales ou paternités n'explose pas. Donc, c'est aussi des hommes qui demandent à ne pas se sacrifier parce que leurs femmes s'engagent en politique. Donc, il faut faire de la politique autrement. Et là où je vois que j'assiste des fois à des résistances ou à des incompréhensions, c'est par exemple de moins cumuler, de moins cumuler les mandats, de faire de la politique différemment, c'est aussi déléguer davantage. Moi, sur une commune comme celle de Pimpol, on attend beaucoup quand même que la mère soit présente.
Donc, si on délègue à ses adjoints qui eux-mêmes sont actifs parce qu'on a le même état d'esprit, moi, j'ai des adjoints que je salue d'ailleurs pour leur engagement qui sont aussi actifs et qui ont aussi des familles, on essaie de déléguer le plus possible pour qu'on voit bien que des fois, ce n'est pas toujours compris. Ben non, ce soir, je ne viens pas parce que j'ai envie d'avoir une soirée avec mes enfants. On voit bien qu'il faut changer les choses.
Merci beaucoup. Merci vraiment pour ce témoignage, Fanny Chappé, qui est maire de Pimpol. Laurent Lardeux, moi, j'aimerais vous entendre là-dessus et votre étude justement sur les jeunes maires. Fanny Chappé nous dit qu'elle participe à une autre façon d'être élue et de faire de la politique. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez senti dans l'autre génération, la génération à venir ?
Alors, pas tant que ça, je vais peut-être vous décevoir. Non, mais je vous en prie. C'est vrai que c'était intéressant de questionner justement est-ce que les jeunes élus renouvellent finalement la pratique politique ? Alors déjà, il y a une spécificité effectivement. C'est plutôt du point de vue de la sélection et des conditions d'accès en fait à la fonction municipale. Et là, dans notre enquête, on voit bien que le fait d'être jeune ou le fait d'être femme ou les deux en même temps d'ailleurs accroît fortement les principes de sélection. Donc ça, c'est vraiment très spécifique aux jeunes et aux femmes.
Et donc, pour déjouer ces mécanismes, en fait, ils devront faire davantage preuve de compétences, des compétences techniques, administratives, parfois d'une certaine notabilité locale aussi, d'un bon réseau associatif et politique, des qualités plus personnelles aussi pour mener une campagne ou exercer un mandat très exigeant. Après, par contre, ce qu'on a pu voir, c'est qu'il n'y a pas non plus une spécificité tant que ça du point de vue de la façon d'exercer le mandat.
C'est-à-dire que ce n'est pas parce que le maire est jeune qu'il sera nécessairement même s'il y a une formation qui est nécessairement plus récente, en fait, et souvent plus en adéquation, vous l'avez dit, avec les compétences attendues. Exactement.
Ils sont diplômés, souvent, ces jeunes mères-là, en fait.
Voilà, ils sont diplômés, ils ne sont plus diplômés. Ils ont des diplômes qui sont plus en phase, effectivement, avec ce qui est attendu. Donc, on a des jeunes mères, effectivement, qui connaissent parfois mieux les rouages de la politique. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils vont avoir une pratique politique différente. Donc, ça, c'est important de le signaler.
Après, aussi, s'agissant des femmes, aussi, c'est important de rappeler aussi que ce n'est pas parce qu'une femme est mère qu'elle va fondamentalement être dans des stéréotypes de genre comme l'empathie, la docilité, ou dans une relation plus apaisée, parce que c'est souvent des choses qu'on entend, en fait, et qu'on renvoie aux femmes. Et ces qualités-là, ces stéréotypes, en fait, sont plus souvent mis en avant par les concurrents, en fait, pour tenter, justement, de les placer au second plan ou pour considérer qu'elles ne sont pas suffisamment armées ou solides pour affronter le pouvoir. Donc, ça aussi, c'est important de le signaler.
Rémi Dic vient de nous rejoindre autour de la table du téléphone sonne, j'allais dire, plus ou moins, puisque vous êtes dans votre mairie à Florens. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes, vous avez été, vous, le plus jeune maire de France. Vous n'étiez pas encore arrivé, je sais que vous étiez à une réunion, mais figurez-vous qu'on a eu le plus jeune qui nous a appelé spontanément et qui est dans l'Ardèche. Moi, vous avez peut-être entendu ce que disait notre sociologue à l'instant, Roland Lardeux. Est-ce que, plus jeune, c'est aussi plus moderne dans sa manière de faire de la politique, surtout dans une fonction aussi, une telle fonction de proximité qu'est une fonction de maire ?
Plus jeune, c'est certainement être plus jeune plutôt dans la forme que dans le fond. Je pense qu'on ne réinvente pas forcément le métier de politique.
Par contre, ce qui est clair, c'est qu'on est peut-être plus en éducation avec les enjeux d'un territoire, quel qu'il soit, parce que, parce que peut-être, j'entendais parler tout à l'heure d'ouverture d'esprit, et je pense que l'avantage de la jeunesse, c'est d'être au moins un peu plus ouvert d'esprit sur les enjeux en cours contemporain des territoires et peut-être d'écouter forcément un peu plus facilement quand on vient d'arriver dans un contexte politique toujours difficile, quand on arrive, c'est toujours compliqué au départ, mais on est forcément un peu plus ouvert que quelqu'un qui a déjà 45 ans de mandat ou qui a déjà 15 ans de mandat et à qui on n'apprend plus le territoire et qui a peut-être forcément des biais dans sa conception du territoire qui a certainement évolué.
Sylvie Mermillot tout à l'heure parlait d'une autre façon d'être élu en fait. Vous avez le sentiment que c'est une autre façon d'être élu quand on arrive si jeune et qu'on arrive avec cet autre bagage en fait, celui que vous décrivez Rémi Dick.
Il est évident à mon sens que quand on arrive qu'on est jeune on doit faire des preuves on doit montrer pourquoi on a été élu et pourquoi c'était le choix du conseil ou de la population d'être élu notamment pas simplement auprès de la population parce que bien évidemment nos électeurs s'ils nous choisissent c'est qu'ils nous font confiance mais auprès de tout le milieu parce qu'il y a tout un milieu local il y a d'autres maires d'autres collègues des chefs d'entreprise des chefs des présidents d'associations avec lesquels on travaille et qui vont regarder notre crédibilité au quotidien dans notre action et je parle même pas des conseillers départementaux ou des conseillers régionaux qui vont aussi travailler avec nous oui, là il faut il faut essayer de prouver sa crédibilité au quotidien et c'est là où il y a peut-être des attentes et beaucoup plus d'attentes de faire ses preuves devant ce milieu là On y reviendra dans un tout petit instant je voudrais qu'on retourne au stand à retrouver Laurent qui est à Metz Bonsoir Laurent Bonsoir On vous écoute
Alors en ce qui concerne le contexte par rapport à la nouvelle génération c'est vrai que par rapport aux nouvelles technologies ils ont des outils de communication que n'avaient pas les anciens maintenant au contexte politique il faut aussi voir que les lois sur la transparence de la démocratie ne permettent plus je dirais de se contenter comme après-guerre de se positionner exclusivement ou de gauche ou de droite c'est-à-dire de la période où on se positionnait principalement de manière idéologique voilà ça c'est déjà des éléments de contexte on n'est plus du tout dans les éléments un petit peu mais si on écoute un peu ce que Guillaume Meurisse a relevé au Salon des Mers c'est un peu caricatural son métier
son métier c'est humoriste à Guillaume Meurisse mais ce que les gens
ont dit à son micro ils l'ont dit ils l'ont pas inventé le truc c'est que la façon de diriger maintenant dans le fond c'est pas compliqué il y a une génération d'élus qui ont été qui ont un esprit qui ont eu un esprit bénévole qui ont eu une expérience de direction ou de fonctionnement de la démocratie dans la vie associative et ils ont eu une démarche on va dire plutôt de servir à l'intérêt général et puis il y a ceux qui sont un peu dans la filiation j'allais dire un petit peu de l'héritage les gens qui font la politique depuis longtemps et qui pour qui peut-être l'intérêt général c'est ce qu'on annonce pendant la campagne et finalement ça s'avère être un véritable tremplin il faut voir que dans les petites villes enfin les villes à partir de 20, 25, 30 000 habitants quelqu'un qui a plutôt une culture affairiste qui devient maire il faut savoir qu'il va multiplier en étant maire président d'agglomération déjà il atteint le seuil de pratiquement 4 500 5 000 euros si en plus il fait jouer les relations des anciens il va se faire pistonner comme conseiller régional et c'est des gens qui donc il y a des gens qui ont tout à fait surtout dans les petites communes un esprit d'intérêt public je ne veux pas dire de bénévolat parce que ça n'existe pas ce ne sont plus des bénévoles ni juridiquement et puis il y a ceux qui sont clairement opportunistes pour qui c'est une façon d'assouvrir une certaine forme de pouvoir économique et politique
merci Laurent merci beaucoup pour ces remarques la différenciation si je puis dire elle nous intéresse elle dépend peut-être aussi de la taille des communes en fait Sylvie Mermillot est-ce que vous vous sentez vous par exemple sur un tremplin de quelque chose est-ce que vous y prenez goût au point de vous dire moi je vais entrer en politique y compris comme je suis d'ailleurs peut-être à l'échelle départementale et plus haut ou est-ce que ça ne vous effleure absolument pas l'esprit ?
non pas du tout enfin moi c'est vraiment l'idée c'est de s'être mis au service de ma commune je suis née dans ma commune j'ai 48 ans et je suis vraiment là pour ces habitants pour faire le maximum voilà donc absolument aucune ambition autre c'est vraiment pour moi un sacerdoce et alors tout à l'heure le monsieur parlait du bénévolat alors oui on a une indemnité voilà mais après il y a combien d'habitants vous m'avez dit
vous m'avez dit 5200 habitants c'est quoi l'indemnité pour 5200 habitants chez vous ?
alors l'indemnité elle est autour de 1800 euros comme maire et puis une indemnité de 400 euros parce que je suis également vice-présidente de ma communauté de communes
et bien voilà comme ça c'est clair Rémy dit qu'est-ce que vous y allez différemment ? vous vous êtes apparentée Rémy dit que vous êtes apparentée LR une ville comme Florange c'est différent c'est une ville très politique cette ville de Florange il y a des enjeux qui sont de véritables enjeux qui peuvent aussi on l'a vu à certaines occasions devenir des enjeux nationaux est-ce que vous vous dites c'est un tremplin pour moi je vise évidemment plus haut est-ce que vous y pensez déjà sincèrement ?
alors un tremplin non en fait il y a des opportunités qui se créent par contre ça c'est une évidence à partir du moment où on a des enjeux des buts pour le territoire il faut pouvoir avoir l'opportunité aussi de vendre auprès des différentes instances et le poids politique pour vendre auprès des différentes instances les enjeux de mon territoire aujourd'hui il ne faut pas tourner autour du pot je pense qu'il y a peut-être un discours aussi caricatural à évoquer d'un côté les affairistes et de l'autre côté les ultra bénévoles je me permets de le dire et de battre en brèche cette idée qui voudrait que parce que on s'engage à temps plein pour la vie publique on est forcément des affairistes donc il y a 36 000 communes on va forcément être dans une vision comment on va dire ça très opportuniste et oui moi je le dis je suis aujourd'hui conseiller départemental j'ai fait partie des élus qui après ma réélection en 2020 qui n'avaient rien d'acquis puisque j'ai été élu en 2016 en cours de mandat je suis arrivé en 2020 j'ai été réélu à 64% avec mon équipe municipale parce qu'on a fait un travail on s'engage à plein temps quelle que soit la taille de la mairie je pense que tous les maires peuvent le dire on s'engage à plein temps on est tous les soirs dans les assemblées générales on est à l'écoute mais vous savez ce que vous allez entendre de la population on essaye de faire corps et âme dans notre action personnelle on sacrifie beaucoup de choses pour essayer d'être présent alors oui après il faut un poids politique et pour avoir un poids politique il faut des relais et ces relais ils sont au département ils sont à la région ils sont dans les parties ils sont dans les entreprises et c'est ces relais qui nous permettent de répondre à notre projet municipal je vous parlais je vous parlais de Florange enjeux symboliques enjeux industriels oui il faut un certain poids politique pour parler aujourd'hui aussi bien d'un projet d'autoroute qui doit traverser ma ville depuis plus de 40 ans la 31 bis mais également quand on parle avec le PDG d'ArcelorMittal qui doit dérouler une stratégie industrielle donc voilà Rémi dit que vous savez ce que vous allez entendre et ce que je crois entendre même de l'autre côté du poste de la part des gens qui nous écoutent vous avez interrompu vos études vous pouviez passer l'ENA puis vous avez mis entre parenthèses on va le dire pour l'instant vous êtes en train de devenir un homme politique professionnel en fait si vous n'y prenez garde ça veut dire que au fond vous avez un parcours à 24 ans qui est exactement celui qui a été celui pardonnez-moi des vieux politiques donc là-dessus il n'y a pas de renouvellement il n'y a pas de nouvelle manière de faire de la politique il y a suivre un chemin qui a été celui qui est suivi par les politiques depuis depuis toujours mais il faut arrêter de croire au renouveau excusez-moi je pense qu'il faut arrêter d'être caricatural dans la pensée il faut arrêter de croire qu'il va y avoir un renouveau des enjeux publics les enjeux publics et la façon de faire de la politique ne va pas se réinventer parce que les gens ont 20 ans ou 25 ans 40 ans j'ai 27 ans j'ai été élu à 22 ans en tant que maire oui je me suis représenté après mon premier mandat parce que vous savez qu'en France pour réaliser un projet j'ai réalisé un projet de périscolaire qui a coûté 2,5 millions d'euros à la ville de Florence il m'a fallu 5 ans 5 années pour faire un projet de périscolaire je suis en train d'engager ma ville pour 30 millions d'euros d'investissement actuellement je sais que les projets en question ne vont pas être réalisés avant 8 à 10 ans dans la totalité des projets que je vends donc voilà il faut je pense avoir bien conscience que quand on veut faire des choses à un moment donné ça ne se fait pas en claquant des doigts et je sais qu'on est dans un monde de l'immédiateté à ce niveau là mais pour les anciens comme pour les nouveaux les temps administratifs sont là les temps de travaux sont là et effectivement si on veut installer quelque chose il faut le faire dans la durée après moi je le dis très clairement mais ça c'est des choix très personnels qui peuvent avoir lieu je le dis je ne veux pas être le maire qui fait 40 ans de mandat j'ai des exemples dans mon territoire de maires qui ont fait 40 ans de mandat je pense que je fais partie des gens qui considèrent qu'un cadre au bout de 10 ans a apporté ce qu'il fallait à son entreprise donc vous voulez je pense que dans cette idée là j'ai d'autres choses à faire dans ma vie et je n'apporterai plus rien en tant que maire au bout de 10 années peut-être 12 et je le dis assez ouvertement et donc j'aurai d'autres challenges dans ma vie ça c'est évident méfiez-vous des choses qu'on dit en disant vous pouvez prendre des notes Laurent Lardeux vous découpez ces jeunes élus ces jeunes maires en différentes catégories et notamment en trois catégories vous appelez ça les hyper-socialisés les néophytes les socialisés politiques on arrive de toute façon dans cette fonction quand on est un jeune maire de manière extrêmement diverse ou en tout cas dans ces trois diversités et nos deux invités d'ailleurs à la fois en Haute-Savoie et à Florent j'en sens bien la preuve
oui tout à fait alors c'est vrai qu'il y a des inégalités de départ de toute façon quel que soit l'âge des élus mais ces inégalités en fait sont accentuées du point de vue des jeunes c'est-à-dire entre des élus que effectivement nous avons qualifiés d'hyper-socialisés politiquement en amont du mandat c'est-à-dire très insérés déjà avant le mandat dans des réseaux politiques associatifs avec un important capital politique et militant et puis les autres qu'on appelle des néophytes des nouveaux entrants qui vont découvrir en fait progressivement les rouages de la gestion municipale effectivement on va voir ces inégalités-là de départ s'accentuer en fait c'est-à-dire que ceux qui vont rapidement progresser en cumulant avec un autre mandat au sein de l'échelon intercommunautaire par exemple éventuellement départemental ou régional voire national sont ceux qui ont déjà grandi en fait dans cet environnement et qui ont déjà des réseaux politiques ou militants pour le faire donc ce sont les plus armés les plus formés ce sont d'ailleurs eux l'enquête statistique d'ailleurs le prouve que nous avons mené à l'INGEP qui vont plus souvent accéder en fait à des formations ensuite ça c'est très important les formations c'est-à-dire que les formations qui sont normalement qui ont vocation en tout cas à justement former des personnes qui ne le sont pas forcément initialement en fait ces formations c'est d'abord et avant tout des personnes qui sont déjà des professionnels de la politique qui vont y avoir accès en fait au cours du mandat donc ça va accentuer encore les inégalités
Bonsoir Alain Oui bonsoir On vous écoute Alain peut-être pardonnez-moi Oui Alain Je vous en prie allez-y Alain pardon
Alors du coup moi je suis investi depuis très enfin depuis très jeune dans la vie de la commune où j'habite ça a été d'abord dans le conseil municipal des jeunes d'une ville et ensuite récemment dans des comités participatifs qui étaient créés par la mairie locale et du coup j'ai pu côtoyer justement des politiques et en fait j'ai vu à quel point finalement ces personnes étaient un peu forcées de sacrifier ces idéaux pour on va dire développer son réseau et espérer finalement via un parti pouvoir se placer dans la liste des prochaines élections que en fait moi ça m'a vraiment dégoûté et j'ai préféré m'investir plutôt dans l'associatif que dans la politique
je vous pose la question Alain à vous et je la poserai à nos invités dans un instant il y a une petite musique qu'on entend beaucoup en ce moment et surtout d'ailleurs au moment des approches d'élection une petite musique abstentionniste qui dit mais de toute façon on n'est pas représenté on ne se reconnaît pas dans les élus mais au fond j'ai envie de répondre j'ai envie de vous répondre Alain si vous n'y allez pas justement vous qui êtes différent et notamment dans ces instances locales alors on tournera toujours en rond moi j'aimerais savoir pourquoi à un moment vous refusez l'obstacle en fait en vous disant j'ai envie de m'investir je sais que les gens ont envie d'une autre représentativité mais moi je ne vais pas y aller
ben en fait comme je vous l'ai dit
pardon que ça tombe sur vous Alain mais
pas de soucis ben en fait le souci c'est que c'est vraiment la nécessité de devoir d'abord s'investir pour une autre personne qui ne va pas forcément correspondre à nos idéaux en fait dans un parti politique qui finalement ne va pas forcément correspondre à nos idéaux et ne va pas nous écouter et espérer finalement ou pas être sur une liste et en fait c'est un engagement qui finalement on n'a pas d'assurance d'être écouté ni d'assurance de finalement servir à quelque chose et en fait c'est ça qui aujourd'hui m'a dégoûté et m'a préféré et m'investir dans l'associatif où là clairement on peut créer des choses on peut monter des choses on peut faire bouger les choses différemment que hypothétiquement en s'investissant dans un parti politique et en devant développer un réseau avec des gens qui ne partagent pas forcément nos idéaux mais qui sont où on est obligé de travailler avec eux parce que sinon on n'avancera pas c'est tout ça qui font que en fait j'ai clairement arrêté de vouloir m'investir dans la commune
Merci beaucoup Alain Laurent Lardeux est-ce que vous vous reconnaissez certaines personnes que vous croisez vous dans votre travail de sociologue en écoutant Alain parce qu'on dit toujours qu'il y a beaucoup de de fonctions électives qui manquent terriblement de renouvellement et c'est aussi le cas des mères mais l'une des raisons pour lesquelles ce renouvellement manque c'est précisément parce qu'il y a des gens comme Alain qui au bout du compte se disent je serai finalement plus utile ailleurs
Oui c'est la question du coût en fait de tout ça le coût personnel notamment en termes de l'après qu'est-ce qu'on fait déjà au moment du mandat c'est compliqué de tenir le rôle à un moment en fait où les jeunes ont peut-être d'autres choses en tête que de se plier à ce genre d'exercice qui est effectivement encore une fois très chronophage et puis la question de l'après c'est-à-dire que c'est une mise en arrêt quand même de la vie professionnelle voire des études et donc ça implique aussi de savoir ce qu'ils vont faire après donc c'est une situation qui implique aussi pour un certain nombre d'entre eux aussi éventuellement après le mandat c'est une question qui se pose sur la VAE notamment une démarche de valorisation éventuellement des acquis de l'expérience professionnelle où il faut prendre en compte aussi ce qu'apporte ce mandat et que ça puisse être reconnu ensuite comme une période d'acquisition de compétences de connaissances nouvelles potentiellement transposables vers d'autres secteurs d'activité
Remedy qu'est-ce que vous avez le sentiment vous que votre jeunesse et votre arrivée donc en politique peut amener un certain nombre de gens à s'y réintéresser à revenir aux urnes à à nouveau être plus impliqué dans la vie parce qu'en face d'eux ils avaient quelqu'un qui peut-être leur ressemblait un peu plus ou pas du tout Alors à revenir aux urnes on est touché comme le mouvement national là-dessus je pense qu'il ne faut pas là encore il n'y a pas d'illusion à avoir on est touché à Florange par les mêmes mouvements d'opinion en matière d'abstention que partout ailleurs par contre par contre oui sur la liste municipale que j'ai tenue pour les élections de 2020 sur 33 élus qui sur la liste de 33 élus que j'ai proposé il y avait une quinzaine de moins de 35 ans il y a plusieurs personnes de moins de 25 ans il doit être 6 de moins de 25 ans alors que les élus historiquement à Florange avaient une moyenne d'âge de allez on va dire entre 50 et 60 ans moyenne donc effectivement oui il y a eu un véritable renouvellement des cadres j'allais dire en tout cas dans la politique locale florangeoise dans la politique aussi locale de manière générale et après on est aussi dans un territoire jeune on parle des jeunes en politique ça permet de dire qu'en Moselle vous prenez d'autres de mes collègues comme Armel Chaban qui a 29 ans vous prenez monsieur Taconi maire de Guénange qui a 29 ans également on voit en Moselle un vrai renouvellement des cadres politiques donc effectivement je pense qu'il y a une vraie nouvelle génération qui est quand même présente en politique et j'espère que des jeunes qui s'engagent en politique permettent à un certain nombre de jeunes qui s'autocensurent plutôt de considérer que la politique est une opportunité également ben voilà peut-être qu'Alan qui lui a renoncé vous entend il nous reste une petite minute et demie à peine le temps de vous écouter Hervé très très rapidement pardon Hervé mais on vous écoute
merci très rapidement je voulais venir intervenir sur deux choses d'une part rappeler que le conseil municipal c'est le niveau le plus démocratique peut-être de notre construction républicaine parce qu'il y a 300 000 élus bénévoles pour la plupart donc ça représente tous les français c'est l'instance la plus représentative deuxième chose il faudrait d'une part dépénaliser au sens juridique la fonction de maire qui ont les charges de plus en plus de responsabilité et rendre le pouvoir au maire qui est souvent écartelé entre la communauté de communes le préfet la gendarmerie la DDE et il est dépouillé de plus en plus de pouvoir peut-être que s'il y avait un retour de tout ça les jeunes les jeunes s'intéresseraient plus et surtout se mettraient plus dans les conseils municipaux et en tant que maire
et impliqués dans les fonctions électives de la ville merci beaucoup Hervé merci aussi d'avoir fait court il nous reste une petite minute même pas c'est à vous que je voudrais donner le mot de la fin Sylvie Mermillot notamment sur ce que vient de dire notre ami Hervé l'une des raisons pour lesquelles c'est compliqué on hésite à se lancer quand on en est jeune il l'a prononcé c'est aussi la dépénalisation c'est aussi la responsabilité énorme qui est la vôtre aujourd'hui
oui en effet c'est une responsabilité assez importante mais voilà en tout cas personnellement je l'assume voilà moi je trouve que c'est une fonction très intéressante je vois ça comme une période dans ma vie alors ce sera un mandat ce sera peut-être deux voilà on verra mais vraiment c'est vraiment quelque chose de très épanouissant et bien sûr la tâche est rude mais voilà je dirais que ça en vaut la chandelle et puis le retour aussi des habitants parce que tout à l'heure vous en parliez il y a aussi maintenant un peu plus d'agressivité de la part des administrés de temps en temps mais on a aussi beaucoup de retours positifs et on fait des rencontres formidables voilà merci pour cette moi je trouve que c'est une expérience vraiment enrichissante que j'invite plein de personnes à vivre
merci beaucoup pour cette conclusion qui nous fait plaisir merci mille fois je ne partirai pas sans remercier pour cette semaine Tristan Grattalon qui est à la réalisation Nathalie Poitvin Mélista Delman Emma Ferry à la programmation Clémentine Ducasse à la doc et au site et Antoine Queveilly à la rédaction en chef la technique ce soir a été assurée par Arnaud Caillet et Ludovic Asselot merci à tous Merci à tous
Merci à tous Merci à tous Merci à tous