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interviewPS - Parti socialiste· 13 décembre 2024 4 min

Gouvernement Bayrou : il n’y a pas d’acquis à la non-censure - L'interview d'O. Faure au 20h de TF1.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonsoir Olivier Faure.

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Olivier Faure

Bonsoir Anne-Claude Caudray.

0:02
Présentateur

Merci beaucoup de nous réserver votre première réaction. Première question, est-ce qu'elle vous convient cette nomination ?

0:08
Olivier Faure

Moi je crois qu'il fallait en finir avec le mépris démocratique. Il fallait enfin respecter le vote des Françaises et des Français du 7 juillet. Au lieu de quoi, le Président a fait un choix, celui de la continuité, en prenant en nommant à Matignon un compagnon de route parmi les plus fidèles, François Bayrou. Ce faisant, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il a pris un risque, celui de l'instabilité.

0:31
Présentateur

Donc elle ne vous convient pas, vous ne participeriez pas à ce gouvernement ? Aucun socialiste ?

0:34
Olivier Faure

Nous ne participerons pas à ce gouvernement. Et je le dis aussi, il n'y a pas d'acquis à la non-censure. C'est maintenant au Premier ministre de nous donner les raisons pour lesquelles il est prêt à ne pas être censuré. C'est à lui de nous dire pour quelles raisons nous n'aurions pas à le censurer.

0:51
Présentateur

Je vais me faire l'avocat du diable, mais quoi de mieux qu'un centriste pour réconcilier la droite et la gauche, puisque c'était le grand projet ces derniers jours.

0:57
Olivier Faure

Je viens de vous le dire. François Bayrou, c'est d'abord la continuité. Et moi, ce que je veux, c'est le changement. Je veux que les Françaises et les Français aient le sentiment que quelque chose se passe. Enfin, ils ont voté à trois reprises. À trois reprises, ils ont manifesté leur intention. Ce n'est pas de prolonger indéfiniment le bail qui est celui des macronistes dans la politique qu'ils conduisent depuis sept ans. Et donc, il y a plusieurs conditions aujourd'hui à cette non-censure. La première, c'est d'abord de respecter les attentes des Françaises et des Français.

Moi, je veux que sur les retraites, je veux que sur les services publics, je veux que sur la question de l'éducation, de la sécurité, sur la question de la justice, sur la question de l'accès aux soins, eh bien, ils soient entendus. La deuxième condition, c'est évidemment de faire en sorte que la méthode change, qu'il n'y ait plus de passage en force. Il faut mettre aux oubliettes le 49.3. Fini.

1:52
Présentateur

Donc, vous lui demandez de renoncer au 49.3.

1:54
Olivier Faure

Renoncer au 49.3. Permettre d'aller chercher des compromis texte par texte et faire en sorte que le Parlement retrouve tous ses droits. Enfin, troisième condition, c'est de faire en sorte que le Front National, le Rassemblement National, ne soit plus l'arbitre des élégances. Il faut tirer les leçons de l'échec de Michel Barnier. On ne peut plus se retrouver avec un Premier ministre qui cherche à chaque fois son salut en allant chercher les voix du Rassemblement National, qui est prêt à faire une loi immigration, pour leur faire plaisir, prêt à mettre en péril l'aide médicale d'État dont tous les soignants disent aujourd'hui que ce serait une folie.

2:27
Présentateur

Olivier Faure, on va tout de même être objectif. Regardez l'Assemblée Nationale telle qu'elle existe aujourd'hui. Si Michel Barnier était si dépendant du Rassemblement National, c'est peut-être parce que vous ne l'avez pas soutenu. Aussi, à un moment donné, il faut être pragmatique. Il s'est tourné vers le parti qui lui laissait encore une possibilité de rester. Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité ?

2:49
Olivier Faure

Ce soir, je viens de faire le geste d'ouverture qui permettrait effectivement de ne pas le censurer. Et la réalité, c'est que depuis la censure, qui n'était pas une fin en soi, nous n'avons cessé de chercher à ouvrir des portes, à faire en sorte que quelque chose puisse enfin changer, que le cap soit modifié. Donc maintenant, c'est au Premier ministre de faire la démonstration qu'il a entendu le message et qu'il est prêt évidemment à évoluer.

3:12
Présentateur

Une dernière question. Ces derniers jours, vous avez pris vos distances avec les insoumis. Vous avez parlé de compromis, de responsabilité, mais on a l'impression à vous entendre que vous êtes toujours dans cette logique de chantage avec le nouveau Premier ministre. Est-ce que vous pensez que c'est vraiment ce que les Français veulent, de changer de Premier ministre tous les trois mois ?

3:27
Olivier Faure

Il n'y a pas de chantage. Et moi, je ne souhaite pas changer de Premier ministre tous les trois mois. Je ne veux pas le chaos. Je ne veux pas précipiter les échéances. Je veux au contraire qu'on puisse arriver à la stabilité, mais il n'y a pas de stabilité sans justice. Et ce que chacun doit comprendre, c'est que maintenant, il faut le changement.

3:43
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Faure d'être venu réagir à cette nomination de François Bayrou. Merci beaucoup. Merci.

3:51
Locuteur

Merci. Merci. Merci.