Le 5 sur 5 avec Nicolas Sarkozy ! - C à Vous - 04/09/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:26FerméeÉludée
Éric Zemmour a-t-il raison Nicolas Sarkozy ? La droite, les républicains, c'est mort ?
- 3:24OuverteRéponse partielle
D'où peut venir le salut de la droite ?
- 6:36OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a raison de dire Boris Johnson ? Quoi qu'il arrive, les Anglais ont décidé, ils veulent le Brexit, on s'en va.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38PrésentateurFait
« La droite toujours en sommeil, ça c'est ce qu'on lisait ce week-end sur LCI. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Quand je suis élu, je prends des tas de personnalités, j'ai les socialistes, ils sont morts. »
- 7:18Invité politiqueFait
« Je suis totalement opposé au Brexit. »
- 7:35Invité politiqueChiffre
« En France, et M. Raffarin, j'espère qu'il n'a pas oublié que le référendum qu'il avait organisé avec Jacques Chirac, il y a eu 55% pour le non. »
- 7:49Invité politiqueFait
« L'idée européenne a 70 ans, il faut la refonder. »
Temps de parole
- Nicolas Sarkozy51 %
- Présentateur30 %
- Invité8 %
- Locuteur non identifié4 %
- Locuteur non identifié 23 %
- Locuteur non identifié 33 %
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Bonsoir Nicolas Sarkozy. Bonsoir Elisabeth. Et bonsoir tout le monde. Salut Max. Au sommaire ce soir. Au sommaire ce soir, une question existentielle. La droite peut-elle ressusciter le Brexit ? Boris Johnson dans les cordes. Et puis si on a le temps, on parlera aussi d'une de vos passions cachées, laquelle, je laisse encore un peu de suspense, on verra ça tout à l'heure, mais c'est dans le livre. Mais d'abord donc, votre famille Nicolas Sarkozy, votre famille politique. La droite, les républicains, toute petite université d'été ce week-end à la boule, quelques centaines de militants à peine, une ambiance plombée évidemment par la déroute des européennes en juin, 8,48% on le rappelle.
La droite toujours en sommeil, ça c'est ce qu'on lisait ce week-end sur LCI. La droite inaudible sur BFM, divisée et affaiblie pour ces news. Difficile pour les militants de se remonter le moral en regardant les chaînes d'info.
Pour l'instant, la droite, encore une fois, n'existe plus. C'est une petite rentrée pour un petit parti. Autrefois c'était les écolos, le parti radical ou autre. Il n'y a pas une personnalité qui a l'énergie, le souffle, la nouveauté qu'avait Macron en 2015. Au fond, les gens de droite n'ont pas réussi à trouver la martingale pour trouver le moyen de sélectionner le meilleur présidentiel pour 2022 et de faire surgir déjà les idées qui feront la différence avec Macron. Pour l'instant, ça reste une terre aride.
Une terre aride, diagnostique inquiétant pour la droite, inquiétant mais partagé par une ancienne figure de votre camp. Vous connaissez bien, il a pris ses distances lui aussi avec la droite, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
La droite ne propose plus, la droite ne rassemble plus, la droite ne parle plus aux Français. Elle parle simplement à sa clientèle électorale de la droite du Nord.
Les Républicains en grande difficulté, on sait qu'ils se cherchent un président. Ces trois-là sont candidats, on voit leurs photos, les députés Jacob, Larrivé et Aubert. D'où peut venir le salut de la droite ? Il y en a une qui a sa petite idée sur la question. C'est elle, Marion Maréchal-Le Pen, officiellement retirée de l'avis politique. Régulièrement, elle se rappelle aux souvenirs des électeurs. Là, on a appris ce matin qu'elle participerait à un colloque à la fin du mois. Colloque intitulé « Convention de la droite ». Elle pense qu'il faut rassembler une partie de l'extrême droite, même si elle n'emploie pas le terme, une partie de la droite.
À ce colloque, à ses côtés, il devrait y avoir quelques élus républicains. Il y aura des élus proches du Rassemblement national. Et Éric Zemmour, souvenez-vous de ce qu'il disait en juin sur BFM.
Aujourd'hui, le PS et ce qu'on appelait l'air, c'était l'UMP avant, c'est voilà. Appelez-le comme vous voulez, ils ont changé de nom tous les trois ans. Et mort. Et mort comme le PS est mort. Vous comprenez ? C'est ça qui est arrivé.
Éric Zemmour a-t-il raison Nicolas Sarkozy ? La droite, les républicains, c'est mort ?
Quand on te voit ce visage ouvert et tellement sympathique, je me dis qu'en matière de prévision de cimetière, c'est un grand spécialiste. Je savais, il ne faut avoir aucune expérience. En 1993, c'est l'acte d'essai de la gauche. OK ? Et quelques années après, c'est la résurrection de la gauche avec le gouvernement Jospin et la Dream Team. Quand je suis élu, je prends des tas de personnalités, j'ai les socialistes, ils sont morts. À la fin du quinquennat, ils sont élus. La vie politique est faite de morts et de renaissances. Donc il ne faut avoir aucune perspective historique pour se permettre des jugements aussi caricaturalement brutaux.
Mais est-ce que le salut peut venir de l'union des droites comme le propose par exemple Marie-Marie Salle ?
C'est vraiment intéressant. Comme vous le savez, j'ai toujours été contre toute forme d'alliance avec le Front National. Mais regardez ce qui se passe en Italie. M. Renzi, qu'est-ce qu'il fait M. Renzi ?
L'ancien Premier ministre social-démocrate.
Oui, socialiste. Socialiste. Centre-gauche. Disons, si vous voulez. Lui se dit socialiste. Pour revenir au pouvoir, ils ne trouvent rien de mieux que de s'allier avec le mouvement 5 étoiles, qui est entre autres stupidité, et contre les vaccins. Enfin, vous imaginez tout ça. Ils ont eu tort ? Pour empêcher. Plutôt que de laisser Salvini prendre les pleins de pouvoir. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas faire une alliance contre nature uniquement pour empêcher les gens. C'est ridicule. Et des petits bouts additionnés, ça fait moins qu'un grand bout cohérent. Donc, ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe.
Ce n'est pas la mission de famille malade qui vous fera une grande famille en pleine forme.
C'est autre chose. De nouvelles idées. Une nouvelle énergie. Quelqu'un pour incarner cette énergie. Qui ? Parce que je suis désolé. Attends. Je suis désolé. La politique, ça s'incarne. De quoi parle-t-on ? Tout s'incarne. C'est pour ça que je dis que je crois au Vertical. Une émission de télévision s'incarne. Et Dieu sait que vous l'avez incarnée. Ce n'était pas si évident. C'est évident. Dans une famille, on s'incarne. Que voulez-vous que la politique ne s'incarne pas ? Donc, d'abord, je veux dire à tous ces militants républicains qui sont déçus et peut-être qui ont perdu parce qu'il y a eu tant de défaites. C'est normal. Mais vous savez, le soleil se relève toujours. Je vous le dis.
Vous avez toujours votre carte ?
Toujours. Et même je paie ma cotisation. C'était juste pour vérifier.
À la une également se sort le Brexit et les malheurs de Boris.
Oui, je vous ai montré cette image hier soir. Je ne sais pas si vous l'avez vu, Nicolas Sarkozy. Ce moment, Boris Johnson comprend qu'il n'a plus de majorité à la Chambre des communes. Sous ses yeux, l'un des élus de son camp conservateur traverse la Chambre et change de parti. Cette image, ça n'était que le début d'une sale soirée pour le Premier ministre. Parce que dans la foulée, il a perdu assez nettement d'ailleurs un vote crucial. Vous entendez d'ailleurs derrière moi le président de la Chambre hurler les résultats comme d'habitude. Hier soir, les députés ont en fait repris le contrôle de l'agenda du Parlement. Johnson loses control. Johnson perd le contrôle.
C'est ce qu'on lisait ce matin à l'une de plusieurs journaux britanniques. Son plan, qui était d'aller vers un Brexit, même sans accord avec l'Union Européenne au 31 octobre. Ce plan a plus que du plomb dans l'aile. Une bonne partie des députés veulent forcer à renégocier avec Bruxelles, quitte à repousser encore le Brexit au mois de janvier. Hors de question de repousser pour le Premier ministre. Voilà, le pays aura à choisir, il pourrait y avoir de nouvelles élections. Est-ce qu'il a raison de dire Boris Johnson ? Quoi qu'il arrive, les Anglais ont décidé, ils veulent le Brexit, on s'en va.
Bon, c'est vraiment une question assez dramatique. D'abord, premièrement, Boris Johnson a expliqué pendant des mois que c'était un déni de démocratie que de ne pas tenir compte du référendum. Et ça s'entend. Et le même, qui hurle au déni de démocratie, trouve intelligent de repousser artificiellement la rentrée parlementaire pour que le Parlement, et c'est quelque chose le Parlement britannique, n'ait pas en discuté. Alors, il donnait des leçons de démocratie, il se met en situation d'en recevoir. Deuxièmement, c'est une affaire complexe. Je suis totalement opposé au Brexit. Nous perdons la deuxième économie d'Europe, c'est un drame pour nous, c'est un drame pour eux.
Mais le problème du Brexit n'est pas un problème britannique. Si on posait la même question, dans la quasi-totalité des autres pays, on aurait la même réponse. Et nous, en France, et M. Raffarin, j'espère qu'il n'a pas oublié que le référendum qu'il avait organisé avec Jacques Chirac, il y a eu 55% pour le non. Donc ne donnons pas trop de leçons. Et pour moi, la seule solution, elle est très simple. L'idée européenne a 70 ans, il faut la refonder. Il faut parler des 70 ans qui viennent. L'idée européenne telle que nous l'avons connue, elle ne peut plus fonctionner. Car il n'y aura plus jamais une Europe. Il y aura l'Europe au pluriel.
L'Europe de l'euro, l'Europe de l'Union, l'Europe de Schengen, l'Europe de la défense. Et je rêve d'une initiative qui serait prise pour dire aux Britanniques, voilà, on a compris le message. Il y a beaucoup de gens qui croient en Europe et qui ont été déçus par l'Europe. Donc on met sur la table un nouveau traité, une nouvelle organisation, une nouvelle architecture de l'Europe. Est-ce que vous êtes d'accord pour la construire avec nous pour les 70 ans qui viennent ? On n'est pas obligé de décliner de la même façon des idées qui ne peuvent plus fonctionner dans le monde d'aujourd'hui, comme elles fonctionnaient il y a 70 ans. C'est ça la question.
Une dernière image dans le 5 sur 5 ce soir.
Oui, beaucoup plus légère. Vous avez beaucoup parlé du livre pendant l'émission, beaucoup parlé de vos passions. Je m'étonne que mes petits camarades n'aient pas mentionné la révélation la plus importante de ce livre. On doit être page 21. Nicolas Sarkozy, vous avez été vendeur chez Truffaut. Jardinier fleuriste, c'est important de le préciser. On est au milieu des années 70 et vous expliquez que c'est de là que vient, je cite, votre grande appétence pour les jardins, fleurs, plantes et surtout les arbres. Ne me remerciez pas. Voici pour vous 15 secondes de silence à pousse spécial. Roto d'Indron.
Roto d'Indron, évidemment, ça veut dire sol acide et sol plutôt léger. C'est important de laisser tremper les rhododendrons une dizaine de minutes dans un seau d'eau avant de les planter. Parce que leurs mottes et leurs racines sont vraiment très particulières. Bon, ben j'arrose. On arrose, mais le sol est quand même humide. Non, il faut compacter la terre autour de la motte.
Eh ben voilà, vous aimez les rhododendrons, je le sais. Et vous regardez qu'il en s'appousse. Non, mais vous savez, j'étais pendant deux ans chez Truffaut, je les salue. Et il y avait un garçon qui s'appelait Germain, qui était beaucoup plus compétent que moi. Avec la blouse. Oui, lui, il avait la blouse des chefs, la blouse blanche. Et on montait dans le camion et il me faisait faire tout le boulot qu'il ne voulait pas faire. Et un jour, on monte dans le camion et il me dit, je n'ai jamais oublié ça. Il me dit, aujourd'hui, tu as de la chance. Je dis, mais pourquoi j'ai de la chance ? Tu as de la chance parce qu'on met des rhododendrons. Je dis, en quoi ça me donne de la chance ?
Et il me dit, ça, on voit que tu n'y comprends rien et que tu n'y connais rien. Je dis, c'est sûr, mais explique-moi. Il me dit, parce que mon petit malin, les rhododendrons, ça aime la terre légère. Et je lui ai dit, tu crois donc que 50 kilos de terre légère, c'est moins lourd que 50 kilos de terre lourde ?
Vous racontez cette anecdote parmi d'autres.
Je vous dis, je vous jure qu'elle est vraie, je ne sais pas ce qui est devenu Germain. J'espère qu'il est toujours en vie. Et il s'en est sorti en me disant, ça se voit que tu as fait des études.
Passion, c'est aux éditions de l'Observatoire. Il y a ces passions, il y a vos engagements également, Nicolas Sarkozy. Et le mois de septembre est un mois d'engagement et de mobilisation contre les cancers psychiatriques. C'est une cause qui vous est chère, notamment auprès de Frédéric Lemos pour la Fondation Gustave Froussi. Une adresse s'affiche en bas de votre écran pour faire un don pour guérir le cancer de l'enfant au 21e siècle. Merci Nicolas Sarkozy d'être venu sur le plateau.
Cette image que vous avez montrée, c'est Noé. Noé n'est plus parce que Noé a un cancer. Et franchement, Noé a un cancer à 7 ans, il est mort à 10 ans. Et le moins qu'on puisse faire, c'est qu'on donne de l'argent aux chercheurs pour que ce qui est arrivé à Noé n'arrive pas.
Merci beaucoup Nicolas Sarkozy d'avoir choisi, c'est à vous. Dans un instant, à notre table du dîner, Grand Corps Malade, Mehdi Edir et Liam Perrault. Ils sont formidables. La vie scolaire, c'est le film de cette rentrée. Ils dînent tous les trois avec nous. A tout de suite. Merci. Merci.
Nicolas Sarkozy