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interviewBACKSEAT· 5 avril 2024 68 min

Élections européennes : l’autre débat - Manon Aubry & Marie-Pierre Vedrenne

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Cette émission a été rendue possible grâce à notre partenaire, le Parlement européen. Pour cette semaine, les amis, je vous le disais, nous sommes partenaires cette année du Parlement européen avec qui nous avons concocté plusieurs émissions Backseat pour vous, pour vous parler des enjeux européens et surtout faire parler les personnes qui agissent au niveau européen. Je vous demande donc d'accueillir sur ce plateau deux candidates à l'élection du 9 juin prochain. La première s'appelle Marie-Pierre Védrenne, elle est députée européenne et candidate pour le groupe Renaissance. C'est la deuxième et députée européenne depuis 2019 également.

Elle s'appelle Manon Aubry, elle est candidate pour le groupe de la gauche. Bonsoir mesdames les députés, merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. Très heureux de vous accueillir pour cet échange. Avant de commencer, pour vous présenter rapidement, j'ai rien compris, mais on m'a dit qu'il y avait entre vous deux une histoire de carton bleu. Laquelle des deux m'explique ?

0:58
Marie-pierre Vedrenne

Alors, c'est une relation effectivement entre Manon et moi. En fait, au Parlement européen, quand on a nos débats, vous avez la possibilité de poser un carton bleu, c'est-à-dire d'interpeller un collègue à la fin de son intervention. Et à chaque fois que je fais des interventions sur les accords de commerce, parce que je suis en commission commerce intermédial, de libre-échange Marie-Pierre.

1:16
Présentateur

On va en parler, on va en parler.

1:18
Marie-pierre Vedrenne

Manon arrive et carton bleu. Et en fait, à chaque fois, je ne pars même pas du pupitre, parce que je sais que Manon va me poser un carton bleu. Et donc, tous les collègues nous regardent d'un air de dire, allez, c'est parti pour dix minutes entre Manon et Manon.

1:31
Locuteur non identifié

Est-ce que le carton bleu, du coup, c'est une prise de parole ? En fait, au Parlement européen, pour ceux qui ont l'habitude des débats à l'Assemblée nationale, à l'Assemblée nationale, chacun prend la parole et se répond au Parlement européen.

1:40
Présentateur

Ça ne marche pas comme ça.

1:41
Locuteur non identifié

Ça ne marche absolument pas comme ça. L'hémicycle est quasiment vide. Vous venez faire une intervention d'une minute. Moi, je suis présidente de groupe. En général, j'ai un tout petit peu plus. Et vous intervenez devant personne. Et ce n'est pas là que ça se passe. Ça se passe dans des salles obscures, tout opaques, là où les journalistes, la société civile, les ONG n'ont pas accès, ce qui est, à mon sens, le cœur du déficit démocratique. Et le seul tout petit truc qu'on nous autorise, qui a été changé sous ce mandat, c'est une interpellation d'un député qui vient de prendre la parole.

Donc, quand Marie-Pierre Védrenne vient défendre, avec difficulté, les accords de libre-échange, je me permets de poser la question sur l'impact climatique, l'impact pour les agriculteurs. C'est ça, cette histoire de carton bleu. Et vous êtes des habitudes. Et c'est vrai qu'on l'a fait souvent. Et Marie-Pierre, à chaque fois, je dois le reconnaître, joue le jeu. Et c'est le tout petit truc démocratique que l'on a dans le programme.

2:28
Présentateur

Bon, ce qui est cool dans Backseat, c'est que vous allez pouvoir avoir du temps pour parler. Vous n'aurez pas qu'une minute pour prendre la parole. Nous, on veut vous entendre.

2:35
Locuteur non identifié

On est formaté, on ne sait répondre qu'en une minute.

2:37
Présentateur

Vous pouvez faire des réponses courtes, ça nous ira. On a plein de questions à vous poser. De toute façon, on en aura largement suffisamment. On a beaucoup de questions à vous poser, notamment sur la vision que vous avez pour l'Europe. Et je vais laisser Latifa poser la première question.

2:47
Manon Aubry

Oui, bonsoir à toutes les deux. Donc, vous êtes toutes les deux députées sortantes, députées européennes sortantes. Comment vous vous êtes retrouvées sur une liste pour une élection européenne il y a quelques années et surtout à une place éligible ? Parce qu'on sait que les places sont chères pour ce scrutin-là.

3:02
Locuteur non identifié

Moi, c'est une histoire un peu particulière parce que je n'avais pas vocation à faire de la politique avant d'être élue au Parlement européen. Je travaillais pour l'ONG Oxfam sur les questions de lutte contre l'évasion fiscale et les inégalités, d'où mon petit tropisme sur le libre-échange notamment. Et avant ça, j'avais travaillé pendant des années d'abord dans l'humanitaire au Liberia, puis sur les violations des droits humains par les entreprises dans le secteur extractif, les entreprises minières en République démocratique du Congo. Et a priori, je n'avais pas forcément vocation ni envie de faire de la politique.

Et la France Insoumise est venue me chercher en 2019 pour me proposer d'être tête de liste. Et ce, alors que je n'étais ni militante ni quoi que ce soit à la France Insoumise. Et j'avoue que mon premier réflexe, ça a été de dire, mais quelle folie. Ils sont fous. Mais même eux, ils étaient fous de venir chercher quelqu'un qu'ils ne connaissaient pas si bien que ça pour être tête de liste. Et en réalité, mon premier réflexe quand Jean-Luc Mélenchon est venu m'en parler, ça a été de me dire, jamais de la vie. Jamais de la vie pour plein de raisons. Un, parce que le milieu politique ne fait pas envie. Cinq ans plus tard, je n'ai pas changé d'avis. C'est violent, c'est misogyne.

Enfin, il y aurait 20 milliards de trucs à dire. On pourrait consacrer rien qu'une émission là-dessus. Et je pense que c'est intéressant d'ailleurs d'avoir le regard de jeunes élus dessus. Et la deuxième chose que je me suis demandé, c'est, attends, où est-ce que tu es le plus utile ? Dans le milieu associatif ou en politique ? Et c'est vrai que c'est cette question que j'ai retournée mille fois dans ma tête. Et finalement, les amis avec qui j'en ai discuté ont fini par me convaincre. Ils m'ont dit, mais repense à toutes ces fois où tu as gagné la bataille culturelle.

Genre, tu vas dans la rue, je suis sûr, on fait un sondage ici dans le public, qui trouve normal que Bernard Arnault ou Total ne payent pas leur juste part d'impôt et fassent de l'évasion fiscale. Tout le monde va dire, mais non, ce n'est pas normal. Pardon, je réponds pour vous, public. Mais dites-moi si vous êtes d'accord avec moi. Ou dans le chat, tout le monde va nous dire, non, ce n'est pas normal. Mais la vérité, c'est qu'on ne gagnait pas les batailles politiques. Et le nombre de fois où, au dernier moment, on s'est fait retourner le vote d'un amendement par des lobbies, etc. Et je me suis dit, cette fois-ci, c'est toi qui vas pouvoir appuyer sur le bouton.

Et s'agissant de la violence en politique, clairement, ce n'est pas moi toute seule qui vais la changer. Mais si tous les dégoûtés s'en vont de la politique, il ne reste plus que les dégoûtants. Donc, aux dégoûtés de s'emparer de la politique. Voilà comment je me suis retrouvée, malgré moi, quelque part, candidate en 2019, tête de liste.

5:20
Présentateur

Et vous, Marie-Pierre Vudrenne ?

5:22
Marie-pierre Vedrenne

Je ne pensais pas avoir, au final, autant de points communs que ça avec Manon, parce qu'il y a... Jean-Luc Mélenchon est venu vous voir. Non, mais pas sur la vision politique, mais sur le côté parcours, en fait. Parce que moi non plus, rien ne me prédestinait à devenir députée européenne.

5:36
Locuteur non identifié

Vous faisiez quoi ?

5:36
Marie-pierre Vedrenne

J'étais directrice de la Maison de l'Europe de Rennes et aussi dans le monde associatif. Par contre, clairement engagée sur le projet européen, j'ai été dans des associations, les jeunes européens, je suis arrivée en politique par l'Europe. Moi, c'est François Bayrou qui m'a appelée un dimanche matin. Aussi, je faisais un petit tour avec ma famille et la présidente de l'association dans laquelle j'étais m'appelle quelques minutes avant. Elle me dit, François veut vous appeler. Et je lui dis, pourquoi il ne m'appelle pas ? Et là, elle me dit, non, mais Marie-Pierre, François Bayrou va vous appeler.

Et donc, les choses, effectivement, se déclenchent parce que parcours de juriste à la base en droit européen, donc directrice de la Maison de l'Europe, une femme, disons-le aussi, plutôt jeune, dans l'Ouest, en Bretagne, un cumul de choses qui fait que j'avais été repérée. Et donc, je me retrouve sur la liste en numéro 3, donc derrière Nathalie Loiseau à l'époque et Pascal Canfin. Et donc, oui, moi, j'avais déjà été candidate. Il y a des gens qui demandent qui est François Bayrou dans le chat.

6:34
Présentateur

C'est parce que c'est des jeunes.

6:36
Marie-pierre Vedrenne

Voilà.

6:38
Présentateur

François Bayrou, c'est le créateur du Modem. C'est un grand centriste, grand européen.

6:43
Marie-pierre Vedrenne

Exactement. Et c'est notamment pour ça que je vais dans cette famille politique-là parce que, clairement, le Modem a toujours eu un discours très clair vis-à-vis de l'Europe. Je ne me suis pas engagée dans d'autres parties avant parce que j'estimais qu'à gauche ou à droite, le discours n'était pas clair sur l'Europe. La vision, justement, qui a été défendue.

6:58
Manon Aubry

Merci. Justement, sur cette vision de l'Europe, on a reçu un candidat écolo il y a deux semaines, je crois, qui parlait beaucoup de « il faut que l'Europe fasse un saut fédéral ». Et là-dessus, qu'est-ce que vous en pensez ? Et est-ce qu'un jour on aura, je ne sais pas, des États-Unis d'Europe, comme on entend parfois ? Parce qu'on a l'impression parfois que l'Europe est un peu bloquée sur ce point de vue institutionnel et d'évolution institutionnelle. Donc, je ne sais pas quelle est votre position là-dessus.

7:24
Marie-pierre Vedrenne

Moi, je ne crois pas aux États-Unis d'Europe. J'ai commencé mon engagement sur l'Europe au sein des jeunes européens, jeunes européens fédéralistes, pour le coup. Et je crois que j'étais peut-être la moins fédéraliste de cette association. Parce que moi, mon sujet, c'était justement comment... Déjà, on parle plus d'Europe. Comment on fait comprendre que l'échelon européen, il est super important pour répondre à des enjeux où seulement l'échelon national ne peut pas y répondre ? La question climatique, la question migratoire, la question géopolitique. Moi, j'estimais... Voilà, il y avait un problème d'information, de communication, de visibilité vis-à-vis de l'Union européenne.

Mais je ne crois pas au système calqué, les États-Unis d'Europe, etc. Non, pas forcément au système fédéral. Mais en tout cas, je pense qu'il faut effectivement plus d'intégration politique. Parce que là, on est dans un système un peu à mi-chemin d'intergouvernemental qui fait qu'il n'y a pas d'efficacité. Donc, par contre, on doit avoir un vrai débat avec tous les citoyens sur justement qu'est-ce qu'on veut concéder comme part de souveraineté à l'échelle de l'Union européenne. On l'a vu, notamment au moment du choc du Covid, sur les enjeux de santé. Par exemple, il y a besoin d'agir à l'échelle de l'Union européenne.

Mais par contre, il y a d'autres sujets où ce n'est pas à l'Union européenne d'agir. Il faut répartir un petit peu les choses. En gros, un langage juridique, technique bruxellois s'appelle le principe de subsidiarité. C'est hyper techno. Mais c'est pour ça que je ne crois pas totalement à un sceau fédéral-fédéral. Mais je ne crois pas aux États-Unis d'Europe parce qu'on n'a pas la seule l'Union européenne. On n'a pas la même histoire. On n'a pas la même langue. On n'a pas les mêmes géographies. Parfois pas les mêmes intérêts entre États membres. Donc, il y a une autre organisation à inventer. Mais ça doit être inventé avec les citoyens.

8:57
Locuteur non identifié

Moi, je pense que le fédéralisme, c'est une forme de chimère théorique. La question ne se pose pas véritablement. Et la question qui est posée, c'est faire l'Union européenne. Pourquoi ? Et qu'est-ce qui nécessite davantage d'intégration ? Je vais vous prendre des exemples concrets. Si c'est pour enlever le droit de veto comme il existe à l'heure actuelle aux paradis fiscaux européens. L'Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, Malte, qui sont des véritables paradis fiscaux, aujourd'hui font la pluie et le beau temps puisqu'il faut l'unanimité des États membres.

Donc, ils peuvent bloquer n'importe quelle réforme en matière fiscale qui fait qu'aujourd'hui, plus de la moitié des 1 000 milliards de dollars qui sont délocalisés par les multinationales dans les paradis fiscaux se font au sein même des États européens et de ces 4 paradis fiscaux-là. Donc, si c'est pour enlever le droit de veto à ces paradis fiscaux, je suis pour. Mais si c'est pour imposer des accords de libre-échange, pour prendre l'exemple de ce sujet, je suis contre. Et je ne suis pas d'accord pour que la France se voie imposer des accords de libre-échange par d'autres États européens.

Je prends l'exemple de l'Allemagne qui veut absolument de l'accord de libre-échange avec le Mercosur pour pouvoir vendre ses voitures au Brésil. Mais moi, je n'ai pas envie qu'on fasse venir du Brésil du poulet ou je ne sais quoi d'autre qu'on peut produire ici et qui est produit là-bas avec des pesticides qui sont interdits ici dans l'Union européenne. Donc, la vraie question qu'il faut qu'on se pose, c'est à quoi ça sert et pourquoi faire ? Alors, parfois, on peut arracher des victoires. On a réussi à le faire notamment avec ma collègue Laëlla Chebi sur les travailleurs ubérisés, les travailleurs des plateformes.

Et je dois le dire, pardon Marie-Pierre, puisque ton groupe l'a voté au Parlement européen mais celui qui l'a bloqué au niveau européen, il s'appelle Emmanuel Macron. Mais on s'est battus et on a réussi malgré l'opposition d'Emmanuel Macron à obtenir cette victoire qui est quoi concrètement pour ceux qui nous regardent et qui nous écoutent ? C'est un statut, une protection sociale pour les travailleurs ubérisés, ceux qui travaillent pour Uber ou Deliveroo. S'ils ont un accident du travail, ils n'ont pas de protection, ils ne cotisent pas pour la retraite, ils ne cotisent pas pour le chômage. Ça, c'est quelque chose qu'on a réussi à arracher contre la volonté d'Emmanuel Macron.

Donc la question à la fin, c'est qu'est-ce qu'on veut en faire et comment on a l'approbation des peuples européens et on ne passe pas outre comme ça a été fait par exemple sur le traité constitutionnel européen de 2005 où la France a voté contre et finalement, on nous l'a quand même imposé.

11:04
Manon Aubry

Oui, parce que cette question de la structure et de la forme et de la manière dont on décide ensemble, elle est extrêmement importante parce que, notamment sur la question par exemple des droits humains, on a cité les travailleurs, mais on a eu la définition du viol en début d'année où effectivement, tous les députés, hormis le Rassemblement national européen, étaient pour une définition communautaire du viol comme une absence de consentement alors qu'en France, c'est caractérisé par forcément une pénétration avec violence, surprise, etc.

En fait, c'est là où, quand j'ai vu ça, je me suis dit à quoi ça sert finalement l'Europe où on se dit ça peut garantir des droits humains, ça peut protéger, ça peut faire évoluer la législation quand c'est nécessaire si quand même tous les députés sont d'accord et qu'au niveau national ou même en Allemagne, la France n'était pas le seul pays à s'opposer à ça. Il y a eu plusieurs pays qui se sont opposés à cette définition du viol comme une absence de consentement. Comment on se sent en tant que député européen à ce moment-là ? Et à toutes les deux, je pose la question pour le coup.

12:03
Marie-pierre Vedrenne

Manon sait très bien quelle est notre position de la délégation, en tout cas de la majorité présidentielle sur ce texte.

12:09
Présentateur

C'est quoi votre position ?

12:10
Marie-pierre Vedrenne

Notre position, et on a fait une tribune justement qui dit qu'on n'était pas en adéquation avec la position du gouvernement dont on a porté ce texte au Parlement européen parce qu'on estime que c'était le premier texte législatif à l'échelle de l'Union européenne pour faire avancer le droit des femmes. Pour autant, on votera l'accord final, même s'il n'y a pas eu cette avancée sur la question du consentement parce que derrière, il y a des vraies avancées sur la question du mariage forcé, notamment. Donc on se dit bon, on veut le voter parce qu'il y a des vrais progrès et c'est le premier texte et on n'est pas au bout du sujet, on n'est pas au bout des engagements.

La position française, ça a été effectivement de dire par contre que finalement, ce qui allait être inscrit dans cette directive était moins disante que juste l'échelon national. Donc bon, il y a eu beaucoup de débats. Nous, on a essayé de faire changer effectivement la position du gouvernement, notamment la position du garde des Sceaux. Il n'y est pas arrivé, mais c'est là où dans l'organisation du fonctionnement européen, vous avez plusieurs rapports de force politique. Vous avez la Commission européenne qui justement va proposer les textes et puis après, vous avez le Parlement européen et qui est effectivement en négociation avec les États membres, ce qu'on appelle le Conseil.

Donc c'est ça aussi où c'est intéressant d'être au Parlement européen. Vous avez une liberté d'action, à la fois moi qui suis membre de la majorité, vis-à-vis de Paris, en quelque sorte, pour porter des positionnements. Et notre sujet, c'est aussi comment nous, dans notre propre majorité, on essaye de faire évoluer sur certains sujets. Manon a cité l'exemple des travailleurs des plateformes. Ça a été pareil, ça a été une bataille pour nous parce que le rapport d'initiative, le rapport d'initiative, c'est-à-dire le premier texte, c'est une collègue.

13:43
Locuteur non identifié

Macron a essayé de vider le texte.

13:44
Marie-pierre Vedrenne

Oui, mais nous, notre sujet, et c'est là où notre travail, parce qu'on ne va pas voter une nouvelle fois pour Emmanuel Macron, le 9 juin. On va voter pour toi, pour moi. Oui, non, mais la réalité, c'est qu'on va voter pour... Oui, mais la réalité, c'est que le 9 juin, les gens qui sont dans cette salle, qui sont dans notre chat, ils vont aller voter pour des députés européens, donc pour des gens qui vont avoir un rapport de force aussi avec le Conseil. Donc, des fois, oui, moi, j'assume de dire que sur certains sujets, je ne suis pas totalement, totalement alignée avec ma majorité. Et donc, on essaye de pousser certaines choses, aussi même dans nos propres partis.

14:18
Invité

Et quelle est votre marge d'action, justement ? Parce qu'on voit beaucoup, on commente énormément les relations entre l'exécutif et le parlement en France. On a assez peu de vues, de visions sur ce qui se passe entre l'exécutif français et les eurodéputés. C'est quoi votre... De la majorité ? De la majorité, parce que je pense que les relations sont forcément les mêmes. Parce que vous parlez d'une certaine marge d'action, d'une certaine liberté d'action. Elle est réelle ?

14:40
Marie-pierre Vedrenne

Oui, parce que pour le coup, on a fait une tribune publique, par exemple, sur cette question. Il y a des positionnements. Oui, mais il y a des positionnements où on vote, on n'est pas liés à Paris. C'est ça que je veux dire. On a notre indépendance.

14:51
Locuteur non identifié

À la fin, qu'est-ce qui se passe ? C'est Emmanuel Macron qui a le dernier mot. À la fin... Mais parce que... Au conseil, mais maintenant, au Parlement européen, on est quand même libre. Parlez pas en même temps parce qu'on vous entend pas. C'est ça le problème. Manon Ouvry. À la fin, la définition du viol, elle a été bloquée par Emmanuel Macron. Merci d'avoir posé la question parce que moi, personnellement, je décolère pas de cette histoire.

15:09
Manon Aubry

Je décolère pas. Est-ce que le problème, c'est pas juste finalement qu'un président de la République, quel qu'il soit, est le mot de la fin quand à peu près tout le monde est d'accord

15:16
Locuteur non identifié

au niveau européen ? Mais ça, complètement d'accord. Il y a un problème démocratique du pouvoir considérable, disproportionné qui est donné au sein du fonctionnement de l'Union européenne. Évidemment qu'il faut l'approbation des États membres qui représentent la démocratie à leur niveau dans chacun des pays. Mais qu'est-ce qui s'est passé sur l'histoire du viol ? Pourquoi c'est si important ? Pour qu'on comprenne bien. Il y a moins de 1% des viols en France dont les auteurs sont sanctionnés, sont condamnés en justice. Moins de 1%. C'est toute la chaîne pénale qui est responsable.

Du moment où on va porter plainte dans un commissariat où ça s'est passé, il y a eu pas mal d'expériences qui ont été racontées, des officiers de police qui demandent à une jeune femme qui vient porter plainte pour viol « Est-ce que t'as joui ? » Jusqu'au niveau judiciaire et le résultat, c'est l'impunité totale des agresseurs. Et notamment parce que la définition juridique implique de prouver, vous l'avez dit, la violence, etc. Les 4 critères qui sont dans le droit français. Donc la notion de consentement, pour moi, était aussi derrière, au-delà de l'aspect juridique, une révolution culturelle. Ça veut dire qu'on allait éduquer nos gamins à la question du consentement.

16:29
Manon Aubry

Oui, c'est ça où je dis, finalement, la structure européenne empêche parfois le progrès, en fait, parce que là, ce que je disais, tout le monde était...

16:35
Locuteur non identifié

Là, elle aurait dû le permettre. Et la réalité, c'est qu'Emmanuel Macron s'est allié à Viktor Orban, le premier ministre de la Hongrie, un autocrate réactionnaire d'extrême droite pour bloquer ce texte. Olaf Scholz aussi, n'est pas forcément d'accord, par exemple. Non, mais Olaf Scholz, par ailleurs, il bloque aussi pas mal des progrès en Europe parce qu'on peut parler de la directive sur les travailleurs des plateformes, mais on peut aussi parler de la directive sur le devoir de vigilance qui est la responsabilité des multinationales. Là aussi, l'Allemagne est bloquée.

17:04
Présentateur

On vous a un petit peu moins entendu, vous pouvez répondre vous aussi.

17:06
Marie-pierre Vedrenne

Non, mais effectivement, il y a un rapport entre les États membres et le Parlement européen. Et c'est sûr que parfois, il y a le Parlement européen alors qu'on est sur des bancs politiques différents qui a une vision assez commune et qui va aller pousser les États membres à avancer sur des questions de progrès social, sur différentes choses, sur différents points. Oui, mais c'est là où je reviens sur votre question et nous sur le fait, par contre, sur précisément la question du viol. Oui, on a eu et on a porté des positions différentes. on a voté ce texte au Parlement européen pour dire qu'il fallait avancer.

Pour autant, Manon, pardon, je ne te laisserai pas dire aussi qu'il n'y avait pas un problème dans certains points sur la notion vis-à-vis de consentement et vis-à-vis du droit français. C'est-à-dire que l'argumentation aussi et les points qui sont dits, c'est sur la question de l'inversion de la charge de la preuve. Sur justement, cette directive, elle ne va pas aussi et les négociations qu'on avait n'allaient pas assez loin pour être moins disantes que le droit national français. Donc ça, c'était aussi un sujet et un enjeu de nous donner pas. Le droit national français protégeait plus. C'est en plus des éléments du droit français. Évidemment, par rapport... Oui, mais un moment...

18:13
Présentateur

Ça aurait pu être

18:16
Marie-pierre Vedrenne

un moins disant. Donc ça, oui, mais nous, c'est les débats qu'on avait aussi. Mais le droit européen

18:21
Locuteur non identifié

vient s'ajouter au droit français. Il ne le remplace pas. Les critères actuels n'auraient pas été modifiés. Ils auraient continué à exister dans le droit français. Mais on est d'accord que ces critères sont insuffisants quand on a moins d'un pour cent des viols qui sont condamnés en justice.

18:35
Présentateur

On ne vous mettra pas d'accord sur le sujet même si on comprend que vous avez voté toutes les deux. Vous, en désaccord avec Emmanuel Macron, vous aussi, mais parce que...

18:42
Manon Aubry

En fait, vous êtes complètement d'accord, mais ça montre la complexité de l'Union européenne.

18:47
Présentateur

Sur la question des compétences, mais continuons sur la complexité de l'Union européenne, sur la question des compétences avec le sujet climatique et les enjeux environnementaux. Ça aussi, c'est un sujet dont vous voulez parler parce que ça relève des pouvoirs pour le coup du Parlement européen. On a souvent l'impression que c'est des enjeux qui se jouent au niveau européen. Le Green Deal européen, le règlement sur la biodiversité, le règlement sur la restauration de la nature aussi. Et pourtant, sur des trucs comme le glyphosate, on a l'impression que c'est les États qui bloquent. Alors, à quel niveau ça se joue ? Encore Emmanuel Macron, désolé à dire ! Mais c'est encore

19:13
Invité

Emmanuel Macron !

19:14
Présentateur

Du coup, je pose la question à quelle échelle est-ce que ça se joue ? Les enjeux environnementaux quand ça nous tient à cœur ?

19:19
Invité

On a l'impression que c'est typiquement français, il n'y a que Emmanuel Macron qui bloque. Non, mais là, il n'y a pas que Emmanuel Macron. Non, parce que c'est facile pour dire. On a l'impression qu'il n'y a que Emmanuel Macron qui bloque. Soyez en sérieux, on y a une campagne électronique. Attendez, parlez de l'État. Il y a d'autres États membres où les premiers ministres ou les États membres bloquent aussi, on est d'accord. Mais la majorité était ténue

19:38
Locuteur non identifié

sur le glyphosate et l'abstention de la France. En réalité, quand on vote, les États membres votent, c'est assez compliqué pour faire des majorités qualifiées. Il faut qu'il y ait 55% des États qui représentent 65% de la population européenne.

19:52
Présentateur

Parlez bien dans le micro.

19:52
Locuteur non identifié

Donc, c'est là où la position de la France est particulière puisque forcément, vu qu'on a la deuxième population européenne, on a un poids plus important que l'Estonie avec tout le respect que j'ai pour les Estoniens évidemment. Mais c'est le fonctionnement des institutions. Donc, le vote de la France est souvent déterminant. Il est d'autant plus déterminant que les pays historiques dans l'Union européenne souvent entraînent d'autres États avec eux. Et en l'occurrence, ce qui s'est passé sur le glyphosate, il y a deux problèmes démocratiques à mon sens sur le glyphosate. La première, c'est que nous n'avons pas voté au Parlement européen dessus sur le renouvellement.

Et ça, il faut l'avoir en tête. Parce que, pour aller dans les détails techniques, c'était un acte exécutif. Donc, c'était un prolongement d'un acte. Et ce n'était pas une nouvelle autorisation. Mais pour moi, c'est un scandale démocratique que les représentants des États membres, pardon, des peuples européens n'aient pas pu se renoncer. Et le deuxième enjeu, c'est ensuite sur le vote. La France s'est abstenue, mais si elle avait voté contre, eh bien en réalité, c'était en capacité de bloquer ce vote sur le glyphosate.

C'est là où le vote de la France était déterminant et le glyphosate, je rappelle qu'Emmanuel Macron lui-même s'était engagé, si ma mémoire est bonne, en 2017, à en sortir dans les 5 ans. Et nous sommes tout juste dans les 5 ans et ça vient d'être renouvelé. Et depuis, on a énormément de preuves de sa toxicité. Le glyphosate qui a été classé par l'Organisation mondiale de la santé comme un cancérigène probable. Il y a des risques avérés qui ont été démontrés. Il y avait un jeune notamment qui a témoigné, ça a fait pas mal de bruit il y a quelques mois, d'un cancer assez fulgurant parce qu'il avait été exposé au glyphosate quand il était enfant sur un champ agricole.

Bref, le principe de précaution, au moins, vaudrait qu'on prenne des précautions et qu'on suspende son autorisation. Mais à la fin, pardon, mais c'est Monsanto, ce sont les lobbies qui l'ont emporté. Et c'est pour ça que je reviens à mon premier point de départ. Pour moi, le plus gros déficit au niveau européen, c'est une question de la transparence dans les prises de décisions et du pouvoir démesuré des lobbies sur la prise de décisions. Et c'est pour ça que moi, je me bats et un de mes plus gros combats au Parlement européen, ça a été de ramener la transparence et avoir des encadrements sur les lobbies puisque Monsanto, c'est un des plus gros budgets sur la scène européenne.

22:06
Présentateur

Marie-Pierre Védrenne, qu'est-ce que vous répondez à des personnes, notamment certains agriculteurs qui observent les décisions prises au niveau européen et qui les accusent d'être hors sol, notamment en matière de climat ?

22:15
Marie-pierre Vedrenne

Non, moi, je pense qu'il y a peut-être certains parlementaires qui sont complètement hors sol, mais je ne pense pas que ce soit le cas de la majorité. En tout cas, moi, je sais que je vais très souvent au contact des agriculteurs bretons, je vis en Bretagne, pour être connecté justement à l'entièreté des acteurs. Mais je crois que, par contre, pour rebondir un peu sur le fil et votre question et sur ce qui a été dit, les enjeux vraiment sur les questions écologiques, elles doivent effectivement se traiter à l'échelle européenne. C'est le bon niveau pour pouvoir agir. Mais si je reviens sur la question du glyphosate... Oui, mais notre enjeu, ça doit être...

Pour le coup, la France, c'est un des États membres qui a fait le plus sur la diminution de l'utilisation du glyphosate. OK, on n'est pas au bout du chemin, c'est sûr, mais c'est pour ça qu'il faut d'ailleurs travailler sur des alternatives, sur des innovations. C'est pour ça qu'on a aussi voté certains textes pour trouver des alternatives pendant ce mandat et ça, c'est absolument fondamental parce qu'un agriculteur, son objectif... Moi, je n'ai jamais rencontré un agriculteur qui m'a dit « Chouette, j'adore polluer et en plus, comme ça, je vais flinguer finalement mon revenu. » Jamais un agriculteur ne voit les choses comme ça. Mais c'est comment on lui offre des alternatives. Comment...

Et puis, il ne faut pas croire, il y a des choses qui sont contrôlées justement, notamment s'ils veulent bénéficier de les fonds de la politique agricole commune. Mais en tout cas, vraiment, je pense qu'il y a des pas qui sont faits et nous, notre sujet, c'est plutôt d'embarquer les autres États membres de l'Union européenne. Parce que justement, il y a eu des diminutions et la tension française, elle a envoyé ce signal-là aussi. C'est-à-dire que nous, ce qu'on veut, c'est en quelque sorte européaniser la contrainte.

Parce que derrière, en fait, quand nous, on va toujours, toujours, toujours, toujours plus loin sur beaucoup de choses, en fait, on contribue nous-mêmes à l'augmentation de la concurrence déloyale au sein de notre marché intérieur. Alors que le sujet, c'est comment, par notre influence, que ce soit au Conseil, que ce soit au Parlement européen, on arrive à contribuer à des règles qui soient beaucoup plus harmonisées. Ça doit être ça, notre sujet.

24:05
Présentateur

Manon Aubry, le Green Deal européen, le pacte vert européen, c'est une forme de planification. Comment est-ce que vous l'accueillez, vous, cette politique ?

24:11
Locuteur non identifié

On aurait aimé. Mais le problème du Green Deal, c'est que le vert était dans le fruit à plusieurs niveaux. Déjà, vous avez noté que c'était le Green Deal et pas le Green New Deal. Donc, on voulait sauver la planète avec les anciennes méthodes qui ont précipité précisément la planète dans le chaos climatique.

24:26
Présentateur

C'est-à-dire lesquelles ?

24:27
Locuteur non identifié

Je vous donne des exemples. Pensez qu'on va sauver la planète en maintenant la multiplication d'accords de libre-échange. Il y en a 43 en vigueur, une dizaine en cours de négociation. Le principe des accords de libre-échange, désolé Marie-Pierre.

24:39
Présentateur

On en parlera tout à l'heure dans l'émission.

24:40
Locuteur non identifié

C'est de faire venir des produits des quatre coins du monde alors qu'on les produit ici. Je prends l'exemple à Nouvelle-Zélande, c'est à 20 000 km d'ici. Premier exportateur de lait, ça n'a pas de sens et ça a évidemment un impact sur le climat. Deuxième chose, pensez qu'on va continuer à sauver la planète avec la même politique agricole commune qui favorise une agro-industrie extrêmement polluante. De la même manière, on va droit à la catastrophe. Et je vous donne un dernier exemple. Dans ce Green Deal aussi, on ne remet pas en question les règles du marché qui veulent remettre en compétition nos biens communs. Je vous donne un exemple concret.

Fret SNCF qui, au nom du droit à la concurrence, doit être libéralisé, ce qui veut dire que ça va être moins de marchandises qui vont être transportées sur des trains. Et ce, alors que la France est en retard au niveau européen, on a moins de 10% des marchandises qui sont transportées sur des trains contre 20% en Europe. Trois exemples sur... En fait, le verre était dans le fruit. On n'a pas questionné ces politiques structurelles au niveau européen. Quelques avancées, quelques petits pas ont été faits sur l'usage plastique, l'usage unique ou ce genre de choses. Mais c'est assez marginal si on ne change pas en profondeur les règles structurelles européennes. Et le résultat est là.

C'est que l'objectif initial qui était donné est de réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre. D'ici à 2050 ? Non seulement, ce n'est pas dans les clous des accords de Paris puisqu'il aurait fallu 65% pour être dans le clou des accords de Paris, mais en plus, on est probablement maintenant plus sur cette trajectoire, notamment parce qu'en cette fin de mandat, sous l'effet de la droite et l'extrême droite, il y a un immense recul, mais aussi, pardon, Emmanuel Macron lui-même qui a théorisé la pause sur les règles européennes environnementales. Ce sont ces termes exacts et qui ont été repris.

Ces termes-là, on les a entendus ensuite dans l'hémicycle au Parlement, dans la bouche de la droite et de l'extrême droite. Donc, non seulement, à la base, il n'y avait pas de remise en cause des politiques structurelles et on allait faire quelques petits ajustements, mais pas changer notre modèle économique pour faire face à la catastrophe écologique, mais en plus, à la fin, il y a même un recul par rapport à ce qui était prévu initialement, d'où mon inquiétude et d'où la nécessité d'en faire un enjeu important pour cette élection

26:51
Invité

face à la colère des agriculteurs qui a émaillé un peu dans toute l'Europe, face aux réponses de la droite et de l'extrême droite en Europe sur l'écologie, comment vous allez continuer à faire exister ce combat au niveau de l'Europe ces cinq prochaines années ? Face pareil à la guerre en Ukraine, il y a plein d'autres préoccupations, l'inflation, tout ça, comment vous allez continuer à le faire exister ?

27:13
Marie-pierre Vedrenne

On voit bien qu'on est dans un moment politique qui est justement plein d'injonctions contradictoires et c'est ce que nous disent les agriculteurs. Il y a une scène internationale qui est très compliquée, vous évoquez l'Ukraine, il y a aussi d'autres zones dans le monde où c'est très compliqué, donc on est dans un contexte de grand basculement et puis ils nous disent vous nous mettez en place le Green Deal, vous nous mettez donc en place de plus en plus de contraintes, de plus en plus de normes sans nous accompagner pour y arriver. Donc c'est ça que nous disent les agriculteurs mais pour le coup pas que, ce que nous disent aussi les citoyens.

Je pense qu'un des textes sur lequel je suis le plus interpellée quand je rencontre des jeunes ou des citoyens, c'est le texte qu'on a voté sur la fin des voitures thermiques à horizon 2035 où les gens nous disent mais ok mais nous on fait comment ? On peut partager l'ambition mais dans notre réalité à nous comment ça on permet de transformer ça ?

Donc moi je reste très fière du travail qu'on a fait sur justement nos objectifs de neutralité carbone et de dire qu'on est les artisans du pacte vert et qu'on doit continuer dans cette trajectoire parce que c'est fondamental mais il ne faut pas aussi qu'on instrumentalise le débat fin du mois versus fin du monde parce que c'est effectivement ce qui est fait en ce moment par la droite et l'extrême droite. Donc ça nous on est très très clair sur le cap.

Par contre ce qu'on dit c'est que l'Union Européenne elle n'a pas suffisamment accompagné sur le volet financier et sur le volet de l'investissement parce qu'en fait l'Union Européenne elle régule elle régule elle sait faire elle sait faire de la régulation mais à un moment pendant ce temps-là les Etats-Unis ils investissent avec ce qu'on appelle l'Inflation Reduction Act et puis la Chine elle subventionne elle subventionne et notamment par exemple on va avoir besoin de matières premières critiques pour nos fameuses batteries.

28:53
Présentateur

Plus d'investissement public et plus de subvention ?

28:55
Marie-pierre Vedrenne

Plus d'investissement mais avec du mélange de public et de privé parce qu'il faut aussi que le privé investisse aussi il faut qu'on arrive à avancer sur beaucoup beaucoup de choses donc oui quand on a eu le choc du Covid on a su mettre en place le plan de relance on l'a fait oui oui c'est spectaculaire à ce moment-là sur le moment c'est spectaculaire mais complètement alors qu'il pouvait y avoir des blocages de certains Etats-membres et pour le coup le plan de relance à mon tour de dire que là on le doit à Emmanuel Macron quand même donc quand on est au pied du mur on y arrive mais l'objectif c'est pas d'attendre d'être au pied du mur on peut pas attendre un nouveau choc du Covid ou de nouvelle crise pour pouvoir réagir

29:31
Locuteur non identifié

Manon Ouvry ?

Pardon je réagissais parce que la question de l'investissement je suis d'accord elle est centrale c'est pas vrai qu'on va adapter notre économie sans un investissement et un pilotage public mais que fait à la fois le gouvernement et les nouvelles règles budgétaires européennes c'est des coupes drastiques on en a l'illustration Bruno Le Maire le ministre de l'économie et des finances a annoncé 10 milliards d'euros de coupes budgétaires pour cette année 20 milliards d'euros pour l'an prochain et devinez ce qu'il y a dans ces coupes budgétaires tiens tiens moins 1 milliard d'euros pour ma prime rénov' pour faire la rénovation thermique des logements pour être très concrète la conséquence c'est 150 000 logements en moins qui seront rénovés financés par ma prime rénov' et pourquoi Bruno Le Maire fait ça ?

c'est en réalité pour avoir la prime du meilleur élève à Bruxelles en vertu des nouvelles règles budgétaires qui sont en train d'être adoptées et que moi j'ai combattu qui prévoit la pire cure d'austérité qu'on ait jamais connue sur notre continent singulièrement pour la France avec le retour sous la barre des 3% de déficit mais derrière il faut bien avoir à l'esprit que c'est un sacrifice total de nos services publics de notre capacité à investir dans la transition écologique et pour moi les élections du 9 juin seront aussi un référendum sur le grand retour de l'austérité en Europe comme si on n'avait tiré aucune leçon des coupes budgétaires qui ont été faites en Grèce à la demande de l'Union Européenne quelle a été la conséquence le déficit a même augmenté derrière parce que c'était un cercle vicieux en termes économiques donc pour moi si on veut être cohérent sur la question de l'investissement non seulement il faut refuser ces nouvelles règles budgétaires mais il faut aussi chercher l'argent là où il est d'où le débat qu'on essaie d'animer depuis des mois et je vois qu'on gagne un peu la bataille culturelle mais pas encore politique sur la taxation des super profits sur la taxation des très riches et des milliardaires pour dire c'est eux qu'il faut mettre la contribution

31:18
Présentateur

pour le coup Renaissance à voter des taxations de certains super profits

31:22
Locuteur non identifié

ils ont systématiquement voté contre nos amendements pour la taxation

31:25
Présentateur

des leurs non mais

31:26
Locuteur non identifié

bah Jean est-ce qu'il y a une taxation sur les super profits qui existe aujourd'hui

31:30
Présentateur

non il y en a eu exceptionnellement sur certains super profits à certains moments sur le secteur énergétique et la santé

31:34
Locuteur non identifié

non secteur énergétique seulement et ça a rapporté moins de 300 millions d'euros en France et le gouvernement et Bruno Le Maire dans le gouvernement s'est refusé à prolonger cette toute petite taxe exceptionnelle qui est une brèche qu'on a ouverte au niveau européen c'est vrai on a réussi à l'obtenir

31:48
Présentateur

la ministre a dit hier qu'il allait la proroger

31:50
Locuteur non identifié

si j'ai bien écouté

31:51
Présentateur

Gabriel Attal

31:52
Locuteur non identifié

pour le moment la position de Bruno Le Maire était plutôt de ne pas la prolonger et de nouveau elle est très marginale c'est 300 millions sur 30 milliards d'euros de super profits qui ont été faits par les énergéticiens et l'enjeu c'est quoi c'est de taxer tous les super profits toutes les entreprises qui se sont engraissées sur la crise je donne juste un exemple les entreprises de l'agroalimentaire les prix des denrées alimentaires augmentent de plus de 20% à l'autre bout de la chaîne les agriculteurs n'arrivent pas à vivre de leur travail parce qu'au milieu les marges des entreprises de l'agroalimentaire ont augmenté de 70% c'est là qu'est l'argent plutôt qu'aller demander aux gens qui sont les plus pauvres de payer pour la transition écologique et je reviens à la question de s'achat initial et à la fin les gens ils se rebiffent contre la transition écologique parce qu'ils disent pourquoi c'est à moi de payer faisons payer ceux qui en ont le plus les moyens et par ailleurs qui polluent le plus je pense à l'entreprise comme Total

32:40
Présentateur

on est toujours avec Manon Aubry candidate pour la gauche c'est le nom de votre groupe au Parlement européen pour les élections européennes et avec Marie-Pierre Védraine candidate Renaissance on continue nos échanges on voulait aussi avoir une discussion avec vous entre vous sur la place de l'Europe dans le monde Sacha

32:57
Invité

oui disons que l'actualité internationale a été marquée ces cinq dernières années par deux guerres le retour du trumpisme le Covid vous concrètement au Parlement européen c'est quoi votre pouvoir sur toutes ces questions de politique un peu extérieure beaucoup extérieure

33:16
Marie-pierre Vedrenne

il n'y a pas de politique étrangère et de sécurité commune donc ça

33:20
Invité

c'est une grosse faiblesse et on parlait de fédéralisme tout à l'heure justement est-ce que c'est pas le moment d'insuffler une dose de fédéralisme sur ces sujets-là

33:27
Marie-pierre Vedrenne

il va falloir quand même absolument avancer parce qu'en fait vous avez autant de positions internationales que vous avez d'États membres donc c'est pour ça que notamment sur certains sujets vous n'avez pas de voix forte de l'Union européenne alors que l'Union européenne elle est attendue et ce qu'on voit bien c'est que justement pour autant sur d'autres sujets on cherche véritablement à nous diviser d'autres puissances cherchent à faire en sorte que l'Union européenne ne porte pas cette voix unie donc c'est à nous d'avancer sur la construction d'une politique étrangère pour porter une voix une voix claire et ferme après pour le coup s'il y a une politique internationale qui est de la compétence européenne et qui nous permet d'avancer c'est la politique commerciale alors on va pas être d'accord mais c'est véritablement là bienvenue dans nos cartons bleus on aurait dû vous en amener j'aurais fait 30 secondes pour le coup là c'est un vrai pouvoir qu'a l'Union européenne de faire en sorte qu'elle utilise son marché pour façonner de nouvelles règles moi je veux bien en gros c'est pénaliser la Russie sur toutes les importations de gaz c'est pas que ça c'est pas que ça mais je reviens sur le sujet des accords de commerce en fait oui Manon l'a dit l'Union européenne elle a 42 accords de commerce couvrant 72 états membres 72 états dans le monde quand vous n'avez pas d'accord de commerce vous avez quoi ?

en fait vous avez les règles de l'organisation mondiale de commerce en gros vous n'avez pas de terrain de jeu vous avez comme si vous aviez un terrain de foot qui a no limit avec plein de joueurs sans règles etc un accord de commerce ça doit justement refixer un cadre où vous avez deux équipes qui vont fixer des règles du jeu donc moi c'est ça que je préfère construire alors je sais qu'on n'est pas du tout d'accord et je sais qu'il y a des enjeux et des sujets sur lesquels

35:05
Invité

il faut avancer mais est-ce que c'est pas un aveu de faiblesse de dire on a besoin d'accords de commerce pour que l'Europe pèse l'Union européenne pèse sur la scène

35:14
Marie-pierre Vedrenne

non mais c'est à dire que c'est à l'heure actuelle c'est un des piliers qui nous permet d'agir dans le monde ou aussi avec la politique d'aide au développement c'était pour illustrer la réponse à votre question donc oui par contre ça veut bien dire que la construction européenne elle évolue elle a évolué depuis son début depuis 1957 et c'est pas au bout du chemin c'est une construction qu'on doit pour le coup complètement bâtir ensemble et avec les citoyens et cette politique internationale elle est capitale parce que c'est ce qui doit fonder justement notre Union européenne c'est faire en sorte qu'on soit plus fort sur la scène internationale qu'on défende ce qui fonde pour le coup l'Union européenne à savoir à la base quand même l'Union européenne pour moi c'est avant tout notamment un espace de paix et de liberté et c'est tout ça qu'elle doit véritablement défendre en son sein alors qu'on a des problèmes au sein même de l'Union européenne que ça soit avec Orban ou que ça soit dans d'autres Etats membres et puis sur la scène internationale et en fait à l'heure actuelle elle le fait peut-être pas suffisamment mais elle le fait via l'attrait de son marché intérieur quand on a travaillé pendant ce mandat sur justement aussi Manon elle a travaillé sur le devoir de vigilance on a travaillé avec d'autres collègues aussi sur le bannissement de produits issus du travail forcé sur notre marché intérieur c'est comme ça que vous façonnez de nouvelles règles c'est comme ça que vous faites bouger aussi certaines choses mais cet outil il est complémentaire parce que par exemple avec la Chine ou les Etats-Unis on n'a pas d'accord de commerce on n'a pas d'accord de commerce avec la Chine ou les Etats-Unis les Etats-Unis

36:42
Locuteur non identifié

il y a eu un essai oui il y a eu un essai si je peux me permettre

36:45
Marie-pierre Vedrenne

oui pour le coup comme le Mercosur je n'y aurais pas été favorable je n'y aurais pas été favorable oui non mais alors pardon mais quoi on n'était pas au Parlement européen à ce moment-là mais le Parlement européen l'a voté le SEDA et l'Assemblée nationale aussi mais pas le Sénat oui mais ok mais tu ne peux pas dire qu'il y a eu deux votes qui sont pour le coup démocratiques et donc le processus

37:07
Locuteur non identifié

doit suivre son cours cet accord pour qu'il soit en vigueur en théorie et c'est ce qu'on appelle des accords mixtes il faut l'adoption du Parlement européen et des parlements nationaux pour la partie commerce et en l'occurrence la partie le Parlement national français qui est composé du Sénat et de l'Assemblée nationale ne l'a pas adopté de manière définitive et le gouvernement après le refus du Sénat refuse de le mettre à l'agenda de l'Assemblée nationale d'ici les élections du 9 juin craignant certainement que la question c'est pas l'instrumentalisation c'est la démocratie et le libre-échange en l'occurrence et c'est là où je vais apporter une nuance les 42 accords en vigueur ce ne sont pas des accords commerciaux ce sont des accords de libre-échange dont l'objectif pour bien comprendre c'est d'abaisser les barrières douanières donc au lieu qu'il y ait une barrière douanière à l'entrée et bien on les abaisse donc voire on met zéro euro et ça entre sur le marché européen et en échange

37:58
Présentateur

les européens font la même chose exactement

38:00
Locuteur non identifié

mais quand vous avez par exemple du poulet qui vient du Brésil ou du Canada qui a été produit avec des pesticides qui sont interdits sur le sol européen qui ont été produits avec des agriculteurs dont le salaire est beaucoup plus faible qu'en Europe évidemment si ça arrive en France et en Europe ce sera vendu moins cher c'est donc non seulement de la concurrence déloyale pour nos agriculteurs mais en plus ça a évidemment un coût climatique puisque ça a traversé là en l'occurrence l'Atlantique au sens large et ça a un coût sanitaire puisque si ces pesticides sont interdits sur le sol européen a priori c'est qu'il y a des raisons qui sont dangereuses je prends l'exemple de la Nouvelle-Zélande il y a un pesticide qui est autorisé là-bas et qui est interdit ici qui s'appelle l'atrazine qui est interdit depuis 20 ans à raison parce qu'il est dangereux donc vous voyez les accords de libre-échange nous ce qu'on dit c'est pas la fin du commerce nous ne pouvons pas produire alors oui nous commerçons selon des règles bien définies mais non à la concurrence des loyales qui tue notre industrie qui tue notre agriculture et qui est en plus mauvaise pour notre santé la planète

39:02
Invité

Sacha je passe direct à l'Ukraine et à la guerre en Ukraine Marie-Pierre la question elle est surtout pour vous là sur l'envoi de troupes enfin il y a deux questions sur l'envoi de troupes comment vous vous positionnez et quand Emmanuel Macron il y a quelques semaines suggère l'envoi de troupes ça vous met pas dans la sauce avec les collègues de Renew au Parlement européen c'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron les met dans la sauce depuis le début de cette émission comment ça se passe

39:26
Marie-pierre Vedrenne

dans ces cas là je pense qu'il y a eu beaucoup d'interprétations sur les propos du président de la République il n'a pas dit demain il est capable qu'à la fin de cette émission

39:35
Invité

vous vous leviez et personne n'a compris il y a l'état-major français en plus qui commence à évoquer aussi cette idée là d'envoyer des troupes

39:46
Marie-pierre Vedrenne

ce qu'il a dit c'est qu'effectivement l'objectif n'était pas de se fixer des limites à nous-mêmes et de ne rien exclure parce qu'on est aussi dans un moment ça fait deux ans qu'il y a le déclassement de l'agression de l'Ukraine par la Russie de Poutine deux ans quoi moi j'ai accompagné Marc Fénaud quatre jours en Ukraine et je suis restée qu'à Kiev et aux alentours de Kiev je peux vous dire que quand vous revenez vous voyez pas les choses de la même façon vraiment pas

40:16
Présentateur

c'est à dire

40:16
Marie-pierre Vedrenne

parce que vous vous êtes là juste quatre jours vous avez cinq colosses du GIGN qui sont là pour vous protéger vous êtes avec les officiers de sécurité aussi du ministre vous savez qu'il va rien vous arriver vous avez toutes les alertes vous avez à ce moment là les missiles russes qui traversent Kiev donc vous allez dans des bunkers etc eux c'est leur quotidien depuis deux ans pour le coup et même ils vous le disent quand vous les rencontrez ils vous disent mais vous vous trompez c'est pas seulement notre quotidien depuis deux ans c'est bien plus profond exactement c'est ça donc c'est là où les propos du président de la république c'est de dire on se met pas de limite à nous même et on doit être très clair sur le soutien qu'on doit avoir à l'Ukraine

40:58
Présentateur

Manon Aubry Vladimir Poutine s'attaque à l'Europe quand il s'attaque à l'Ukraine pourquoi est-ce qu'il faudrait pas que l'Ukraine devienne européenne

41:06
Locuteur non identifié

alors la question porte sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne d'abord parce qu'on peut aider l'Ukraine sans qu'elle soit dans l'Union Européenne on a voté un certain nombre de textes au Parlement Européen et on a voté surtout des aides financières je pense à la dernière aide financière qu'on a votée toutes les deux 50 milliards d'euros d'aide à l'Ukraine et c'est finalement quelque part presque plus efficace de faire de cette manière là parce que l'entrée dans l'Union Européenne par ailleurs c'est tout un cycle de réformes qu'un état en guerre est absolument incapable de faire c'est la première raison pour laquelle j'y suis opposée la deuxième raison c'est qu'en réalité puisque je parlais de concurrence déloyale tout à l'heure si on intègre de nouveaux états membres peu importe j'ai la même position sur l'Ukraine comme sur les autres sans harmonisation sociale fiscale et environnementale préalable on va étendre encore plus la concurrence en Ukraine le salaire minimum est à moins de 200 euros par mois en Ukraine le volume la taille moyenne des exploitations agricoles est de 1000 hectares quand elle est de 70 hectares ici en France et le prix de production d'un kilo de poulet désolé je ne mangeais pas spécialement du poulet mais il faut prendre des exemples concrets pour que ce soit compréhensible c'est de 3 euros le coût de production contre 7 euros aujourd'hui en France donc oui ce sera de la concurrence déloyale on l'a vu déjà avec la libérisation progressive des échanges avec l'Ukraine et pour moi on n'a pas tiré les leçons du dernier élargissement je ne suis pas défavorable en principe mais en pratique la manière dont ça s'est déroulé c'est que la moitié des usines en France qui ont fermé qui ont délocalisé à la suite du dernier élargissement ont en réalité déplacé leur usine au sein même de l'Union Européenne donc une fois qu'on comprend ça on comprend les échecs de l'Union Européenne ça devait être un espace d'harmonisation par le haut et ça a été un espace d'harmonisation par le bas le salaire minimum en Bulgarie il est autour de 300 et quelques euros donc c'est un échec total donc pour moi il faut faire les choses dans le bon ordre d'abord l'harmonisation sociale fiscale et environnementale avant d'envisager tout nouvel élargissement et ça ne veut pas dire qu'entre temps on n'aide pas l'Ukraine financièrement logistiquement humanitairement militairement aussi dans la mesure où on n'envoie pas des missiles qui vont frapper dans son cœur le territoire russe parce que là ça veut dire deux puissances nucléaires qui sont en guerre l'une contre l'autre même pendant la guerre froide on a réussi à éviter ça on évite de dire des choses qui décrédibilisent la parole de la France comme un envoi potentiel de troupes puisqu'on a été tout de suite désavoué par l'ensemble de nos alliés européens mais on fait les choses avec sérieux on aide l'Ukraine autant qu'on le peut au niveau où on le peut et on essaie de chercher une issue diplomatique au conflit parce que malheureusement je crois qu'il n'y en a pas d'autre

43:37
Invité

Manon vous avez dit que l'Europe envoyait un tas d'aides à l'Ukraine que c'est l'aide logistique médicale là je reviens sur le plan français quand la France insoumise refuse de voter l'aide à l'Ukraine il y a quelques semaines ça ne décrédibilise pas un peu ce que vous portez comme discours sur le plan de l'Europe c'est un vote symbolique

43:54
Locuteur non identifié

c'est pour ça que je me permets de corriger mais chacun peut se faire un avis le vote il portait d'abord pas sur l'accord en tant que tel entre l'Ukraine et la France puisque c'était sur un discours de politique de Gabriel Attal mais même sur l'accord mon désaccord que j'ai il est double sur la stratégie française d'escalade militaire qu'on évoquait à l'instant et sur l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne pour les raisons que j'évoquais mais notre soutien il est plein et entier à l'Ukraine vous savez combien de textes j'ai voté au Parlement européen en soutien à l'Ukraine plus de 30 32 ou 34 je crois et j'observe d'ailleurs au Parlement européen un deux poids deux mesures parce que quand il s'agit de parler de la situation à Gaza on a eu genre trois résolutions on a eu genre trois résolutions il a fallu se battre et que je dépose à peu près 50 fois l'amendement en faveur d'un cessez-le-feu pour finalement réussir à l'obtenir par contre il n'y a plus personne quand il s'agit de décider les sanctions moi les sanctions contre Vladimir Poutine je les ai votées pourquoi aujourd'hui on ne décide pas de sanctions à l'égard d'Israël pourquoi on ne décide pas d'un embargo vers d'un embargo sur l'envoi d'armes vers Israël alors qu'il a été révélé cette semaine que la France envoie plus de 100 000 pièces qui servent à des fusils en Israël pourquoi on ne suspend pas l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël moi c'est ce deux poids deux mesures qui m'insupporte et qui quelque part décrédibilise la voie de l'Union Européenne sur la scène internationale

45:15
Invité

et ma prochaine question c'est pourquoi le deux poids deux mesures justement quels accords on a avec Israël qui fait qu'on est incapable de les pénaliser et l'autre question c'est est-ce que ça décrédibilise pas aussi l'Union Européenne sur la scène internationale et notamment vis-à-vis de la Russie c'est-à-dire que la Russie voit que l'Union Européenne est ultra faible par rapport à Israël et se dit tranquille Israël peut continuer ce qui se passe à Gaza nous on peut continuer ce qui se passe en Ukraine malgré toutes les aides que l'Union Européenne apporte au pays

45:43
Présentateur

Marie-Pierre Védraine

45:44
Invité

sur Israël

45:46
Marie-pierre Vedrenne

et sur Gaza on a été très clair et on est très clair sur le fait de dire que déjà on exige la libération de l'entièreté des otages et que le Hamas est une organisation terroriste islamiste et qu'il faut condamner les actes du 7 octobre et les qualifier comme tels non on n'en est plus là mais quoi c'est comme quand on parle aussi de l'Ukraine où on nous dit certains faut pas y aller trop fort avec Vladimir Poutine faut toujours remettre les choses aussi en perspective moi je pense que c'est important de remettre les choses en perspective mais effectivement ça être très clair c'est 3 000 morts dans la bande de Gaza mais évidemment évidemment je veux dire évidemment et justement c'est pour ça qu'on est très clair aussi de dire à Israël que stop c'est plus possible est-ce que c'est une agression

46:36
Invité

la Russie qui agresse l'Ukraine

46:37
Présentateur

attendez

46:38
Invité

parce que vous vous qualifiez d'agression vous avez parlé de la Russie qui a agressé l'Ukraine est-ce qu'aujourd'hui Israël agresse Gaza ?

46:44
Marie-pierre Vedrenne

oui clairement là et on doit clairement avoir un cessez-le-feu et c'est la position qu'a la France aussi aux Nations Unies c'est nous effectivement la position qu'on a au Parlement européen donc on ne parle plus de guerre

46:55
Invité

Gaza on est d'accord Israël enfin Israël Hamas on parle d'agression là mais oui clairement

47:02
Marie-pierre Vedrenne

mais clairement et il faut avoir un cessez-le-feu et là aussi je veux dire il faut dire les choses des deux façons à la fois la qualification du Hamas mais à la fois là la réponse

47:10
Manon Aubry

de Benjamin Netanyahou c'est pas acceptable mais sur cette qualification-là oui Benjamin Netanyahou gouvernement d'extrême droite colonial etc dont on sait les politiques bien avant le 7 octobre par ailleurs la qualification est importante mais est-ce qu'aujourd'hui au vu des plus de 30 000 morts la situation humanitaire des morts qui vont venir encore après même s'il y a un cessez-le-feu demain est-ce que c'est suffisant juste de dire on se positionne pour un cessez-le-feu ?

47:34
Marie-pierre Vedrenne

non mais déjà je pense que c'est extrêmement important d'avoir cette position commune au sein du Parlement européen

47:39
Manon Aubry

oui mais là est-ce qu'il ne faut pas plus ? est-ce que l'Europe ne doit pas faire plus ? mais oui

47:42
Marie-pierre Vedrenne

nous le Parlement européen vous savez et on revient sur votre question initiale le Parlement européen sur l'absence de politique étrangère c'est-à-dire que à un moment on va le dire et il faut le dire et il faut le faire mais il faut derrière que tous les états membres de l'Union européenne aillent dans cette logique-là je pense qu'il y a certains collègues qui ont une relation avec ce sujet qui est extrêmement compliquée et non pas qu'ils ne dénoncent pas la situation c'est aujourd'hui

48:10
Présentateur

député allemand ?

48:11
Marie-pierre Vedrenne

notamment notamment et je peux comprendre certaines choses et je peux comprendre le poids de l'histoire pour certains parce que quand vous en échangez en bilatéral avec eux il y a vraiment ça et chez des très très jeunes donc moi quand j'échange avec eux je leur dis je peux comprendre ce que tu me racontes mais par contre la situation elle n'est pas acceptable et je rejoins aussi sur ce que vous dites sur la perte de crédibilité et d'influence aussi sur d'autres continents parce que quand vous allez en Afrique moi au-delà d'être dans la commission commerce internationale vous savez au-delà des commissions on a des délégations et je suis dans la délégation Afrique-Caraïbe-Pacifique et donc j'ai été à plusieurs reprises en déplacement en Afrique nos partenaires africains qu'est-ce qu'ils nous disent ils nous disent bon alors la guerre en Ukraine c'est votre guerre ce n'est pas notre guerre et puis par contre voilà c'est ça mais par contre ce qu'on leur explique c'est que ce n'est pas aussi que notre guerre c'est-à-dire que quand il y a eu une instrumentalisation et quand il y a une instrumentalisation des enjeux alimentaires de par Poutine pour faire en sorte que l'Ukraine n'exporte plus notamment ce qu'elle exportait vers l'Afrique ce n'est pas que la guerre de l'Union Européenne comme effectivement la situation à Israël et Gaza n'est pas que leur problématique à eux et que l'Union Européenne doit être très claire aussi donc oui c'est important qu'on soit très clair après c'est de la politique diplomatique sur laquelle il faut avancer sur les questions des sanctions je pense qu'il y aura sûrement de nouvelles résolutions qui seront votées au Parlement européen avec sûrement

49:34
Locuteur non identifié

quand on les demande non

49:35
Marie-pierre Vedrenne

on est seul à chaque session de plénière

49:38
Présentateur

concluer Marie-Pierre Védraine et ensuite on donnera la parole à Manon Aubry

49:40
Marie-pierre Vedrenne

donc je pense que sur la question des sanctions effectivement il va falloir aller plus loin sur certaines propositions mais c'est la question de la voie diplomatique qui doit être utilisée parce que c'est là où il y aura le plus d'efficacité ça ne va pas marcher avec la Russie pourquoi ça ne marche pas avec Israël mais je pense qu'à un moment c'est pas que ça n'a pas marché non plus avec la Russie pas ouf pas ouf effectivement parce qu'on aimerait qu'au bout de deux ans on n'ait plus effectivement cette situation mais parce que derrière aussi qu'est-ce qu'on voit c'est que les sanctions si vous voulez que ça marche ça doit être des sanctions sur la base internationale quand vous avez des sanctions en fait comme là des sanctions à l'échelle de l'Union Européenne vous avez des états ou des organisations qui vont les contourner donc il faut qu'on arrive effectivement à embarquer l'entièreté des acteurs internationaux

50:29
Invité

c'est un aveu de faiblesse sans les Etats-Unis ou la Chine l'Union Européenne ne pourra jamais sanctionner Israël en fait

50:34
Présentateur

on va donner la parole à Manon Aubry aussi qui ne s'est pas exprimé sur ce sujet encore oui

50:38
Locuteur non identifié

j'avoue que je boue un peu sur ma chaise pour être honnête on pourrait revenir sur la question des sanctions en Russie elles ont aussi été mal appliquées je pense à la France qui a augmenté ses importations de gaz liquéphérus de 40% ces deux dernières années donc il y a aussi une hypocrisie totale mais je boue un peu pardon Marie-Pierre et avec tout le respect que j'ai pour toi parce que tu dis il faut absolument un cessez-le-feu mais il ne faut pas juste dire il faut agir et quant au Parlement européen depuis le mois d'octobre à chaque session parlementaire je reviens demander une résolution à chaque fois j'ai l'opposition de ton groupe Rignoux de la droite et de l'extrême droite qui ensemble non seulement refusent des résolutions mais les rares fois on a réussi à en obtenir on en a eu que trois en tout dont une qui était juste une résolution d'urgence à chaque fois j'ai déposé des amendements pour avoir des choses concrètes embargo sur l'envoi d'armes ton groupe a voté contre aux côtés de la droite et de l'extrême droite suspension de l'accord d'association entre l'Union Européenne et Israël qui a des clauses en matière de droits humains ton groupe avec la droite et de l'extrême droite ont voté contre et c'est pas juste un débat théorique là ce dont on parle il faut mettre des mots c'est un carnage sans précédent il est mort à Gaza autant d'enfants en quatre mois que dans l'ensemble des conflits internationaux en quatre ans il est mort à Gaza davantage de travailleurs humanitaires que le gouvernement israélien appelle quand même des frappes involontaires que dans les dernières dizaines d'années dans l'ensemble du monde entier et la cour internationale de justice a été très claire le risque de génocide est imminent et ça c'était il y a plusieurs semaines et depuis il y a encore eu des milliers de morts et moi je ne veux pas faire partie de cette génération qui s'est dit il y a un massacre sous nos yeux et on reste les bras croisés et il faut qu'on utilise notre pouvoir au Parlement européen et c'est pas vrai de dire qu'on n'a pas de pouvoir si demain le Parlement européen votait comme nous l'avons proposé et on a été bien seuls à le proposer un embargo sur les armes la suspension de l'accord d'association la reconnaissance de l'état de Palestine que je rappelle que la France ne reconnaît toujours pas alors que plus de 130 états le reconnaissent dans le monde alors oui on aurait un pouvoir dissuasif sur le gouvernement d'extrême droite de Benjamin Netanyahou c'est ça l'enjeu et on ne peut plus rester les bras croisés en se disant on ne fait rien et on a un peuple qui se fait exterminer et moi j'avoue que je ne supporte pas cette forme d'indifférence généralisée qui consiste à justifier l'injustifiable et oui on appelle vaguement un cessez-le-feu ça ne suffit pas en fait on a mis 4 mois à l'obtenir et combien de dizaines de milliers de morts en plus d'enfants en plus qu'est-ce qu'on veut que en fait les palestiniens n'aient plus un lopin de terre à eux en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza donc pour moi on ne peut plus attendre et on a une session parlementaire la semaine prochaine on a une autre à la fin du mois d'avril ce sera l'occasion de tester

53:37
Présentateur

c'est exactement ça c'est ces deux sessions parlementaires qui seront l'occasion à mon avis d'aborder ces deux sujets on voulait parler avec vous figurez-vous des accords de libre-échange vous en avez déjà un petit peu parlé mais on va revenir dessus avec Claire c'est à toi

53:47
Invité

je voulais juste faire une petite digression très popole parce que quand même c'est intéressant pour savoir comment ça se passe les listes on parlait de François Béroud nous on a notre liste alors oui vous vous avez votre liste mais j'ai aussi une question pour vous Manon vous inquiétez pas je commence par vous Marie-Slaire s'il vous plaît comment ça se passe avec François Béroud et puis la petite annonce d'Edouard Philippe là se doit mettre un peu la pagaille dans cette organisation parce que les parties ont jusqu'au 17 mai quand même pour déposer les listes autant vous dire qu'on est pas au bout de nos peines et de nos surprises ça se passe comment en ce moment

54:23
Marie-pierre Vedrenne

ça se passe bien en tout cas vous l'avez dit on a deux sessions encore à venir donc nous j'estime que mon sujet ça doit pas être la constitution de la liste on peut faire les deux oui mais évidemment mais mon sujet ça doit être ces deux sessions évidemment mais évidemment qu'on mène campagne pour autant parce qu'on est sortant et on a quelque chose de la défendre là vous êtes en train d'essayer d'esquiver un peu la question je vous vois venir non vraiment

54:49
Invité

comment ça se passe parce que moi j'ai envie de savoir quand est-ce qu'elle va sortir cette liste est-ce qu'il va y avoir des gens du modèle non mais pas la lune ça se passe avec l'horizon

54:57
Marie-pierre Vedrenne

voilà il y a des choses

54:58
Locuteur non identifié

la patience

55:00
Marie-pierre Vedrenne

c'est pas une vertu facile à avoir surtout dans ces moments là c'est évident mais je pense que quoi moi je vois oui forcément les gens qui suivent la politique ou qui suivent les questions européennes ils sont toujours en train de nous interroger alors la liste alors ta place mais les trois quarts des autres personnes que je rencontre c'est pas du tout la question c'est pas ça le sujet de savoir est-ce que Marie-Pierre Védraine ou d'autres vont être élues moi j'ai bien sûr qu'elle soit en bonne place pour continuer nos cartons bleus mais du coup je pense que en plus on n'a pas la même configuration pour le coup ben voilà Manon l'a dit eux ils ont fait leur liste bon ben c'est un parti ben c'est la récompense des uns et des autres mais par contre nous on a effectivement c'est plus inspirant de vous entendre parler comme ça une majorité et plusieurs parties aussi donc effectivement il y a des négociations entre les chefs de parti donc oui c'est intéressant est-ce que vous êtes donné

55:57
Invité

une date butoir ? la date de défecture de dépôt des listes non ? très bien donc on va attendre encore un peu autre question du coup pour vous Manon disons que l'union est encore possible finalement à gauche dans l'absolu puisque on pourrait imaginer qu'avant le 17 mai émerge une liste d'union et je vais aller un peu dans la provocation quand même étant donné que finalement Raphaël Glucksmann est le mieux positionné dans les sondages est-ce que ce serait pas derrière lui que la France insoumise

56:26
Locuteur non identifié

devrait se changer ? la question c'était c'est pour quoi faire et moi j'ai toujours dit depuis le début que j'étais en faveur d'une liste commune de l'NPS j'ai toujours dit que je ne faisais pas de la tête de liste impréalable et je pense qu'il y a assez peu de responsables politiques qui viennent à un micro et dire non non moi ce qui compte c'est le programme plutôt que d'avoir ma gueule en énorme sur une affiche micro je ne faisais pas de la tête de liste impréalable et si on doit et s'ils reviennent vers moi avec cette proposition si on doit faire une campagne commune ce serait sur le programme de la NUPES parce que c'est ça qui nous a unis il y a deux ans c'est ça qui nous a

57:02
Invité

au niveau des questions

57:03
Locuteur non identifié

européennes il y a un chapitre

57:05
Invité

entier

57:05
Locuteur non identifié

alors j'ai oublié mon programme de la NUPES complet mais là j'ai le programme des jeunes de la NUPES donc des jeunes socialistes

57:12
Présentateur

ça c'était ceux qui ont voulu faire le forcing pour l'union de la gauche le forcing pardon mais il y a

57:16
Locuteur non identifié

des jeunes militants qui disent non mais c'est très bien ils ne veulent pas l'extrême droite au pouvoir donc les jeunes socialistes les jeunes générations les jeunes écolos et les jeunes insoumis qui ont travaillé ensemble sur la base du programme de la NUPES et dans le programme de la NUPES moi j'avais participé à le négocier il y a un chapitre entier qui porte sur les questions européennes et leur idée c'était à la base de le développer je crois qu'à la base ils étaient partis sur un objectif de 50 propositions ils en sont arrivés à plus de 160 et ils ont fait la démonstration qu'on était capable de s'entendre si on met de côté la question des écuries la question de 2027 et surtout si on se fixe un objectif parce que c'est quoi l'enjeu derrière ?

on a l'extrême droite qui est à plus de 30% dans notre pays on a l'extrême droite qui est aux portes du pouvoir et la NUPES ensemble oui elle aurait pu l'emporter oui elle aurait pu finir en tête oui elle aurait pu finir loin devant oui elle aurait pu ouvrir un chemin d'espoir moi c'est pour ça que je fais de la politique franchement travailler dans le milieu associatif c'est beaucoup plus confortable dans notre quotidien dans notre quotidien c'est beaucoup plus confortable oui ça dépend ce que vous faites mais oui bah moi en fait je me battais je racontais les mêmes choses je parlais d'accords libre-échange d'évasion fiscale d'inégalité etc

58:27
Invité

mais vous étiez moins bien payé

58:28
Locuteur non identifié

oui alors sauf que nous on reverse une partie de nos indemnités d'élus et je pense que non mais je voulais juste souligner

58:35
Invité

la précarité des gens qui travaillent dans le milieu associatif mais bien sûr

58:38
Locuteur non identifié

mais je pense qu'aujourd'hui on doit avoir un électrochoc collectif moi j'en peux plus donc vous êtes toujours favorable à une union et vous devrez pour les gens j'y suis toujours favorable après je suis réaliste la vérité c'est que les appareils politiques n'en veulent pas parce qu'ils préfèrent la bataille de petits chevaux pour savoir quel petit cheval va être devant l'autre petit cheval et moi je dis à tous ceux je suis sûre il y a des millions de gens qui nous regardent il y a des millions de gens qui regardent le vaccin les appareils politiques mais vous reposez un appareil politique il y a des millions de gens qui nous regardent et qui sont orphelins de la NUPES qui se disent putain les mecs vous déconnez pourquoi vous êtes unis et là vous vous divisez et vous prétendez vouloir une candidature commune en 2027 sachant que le président de la république a plus de pouvoir sur la scène européenne donc c'est une hypocrisie la plus totale et je veux leur dire venez nous aider parce que bah oui moi je me barre pour l'union je me suis battue pour pas avoir ma tête sur l'affiche ce qui est la démonstration de la sincérité de ce combat et je leur dis ne laissez pas le jeu politique au macronisme même si j'ai beaucoup de respect pour Marie-Pierre Védren vous l'avez compris et pour l'extrême droite on a besoin que la gauche se relève

59:40
Présentateur

je précise que Marie-Pierre Védren a beaucoup moins de temps de parole que Manon Aubry très bien

59:45
Invité

et bah on va se consacrer sur le libre-échange dans ce cas puisque j'ai cru comprendre que c'était plutôt votre affaire à l'heure où on est sur des replis nationalistes un très fort quand même dans l'union européenne à l'heure aussi où le président de la république ne cesse de convoquer le terme souveraineté à toutes les sauces et son premier ministre aussi par ailleurs est-ce que la question du libre-échange qui est le fondement même de l'union européenne à sa création quand on revient sur l'histoire c'était un peu l'idée sous-jacente et principale même pas sous-jacente complètement principale est-ce que finalement ça a encore du sens le libre-échange aujourd'hui dans l'union européenne telle qu'elle est telle qu'elle est

1:00:22
Marie-pierre Vedrenne

on a cette bataille sémantique avec Manon à chaque fois que je dis accord de commerce elle dit accord de libre-échange pour ramener justement aussi justement à cette idéologie-là moi je suis pas pour fondamentalement du libre-échange je pense qu'effectivement il faut changer la logique et que le président de la république il a raison de parler de souveraineté et qu'un accord de commerce façonné d'une nouvelle façon il doit permettre de trouver un juste équilibre et on ne doit pas être sur l'ouverture comme elle a été faite par le passé l'ouverture complètement délétère sur lequel a fonctionné l'union européenne parce qu'effectivement ça nous a mis dans des situations de dépendance et de vulnérabilité on le voit sur beaucoup de sujets on l'a vu au moment du choc du Covid on le voit là sur les questions énergétiques on le voit sur énormément de choses et spécifiquement notamment vis-à-vis de la Chine et aussi des Etats-Unis parce qu'ils ont un mode de fonctionnement qui leur permet soit d'investir beaucoup plus vite mais aussi ils n'ont aucun scrupule à contourner les règles notamment les Chinois donc il faut changer de logiciel mais pour autant c'est là où je ne suis pas d'accord et que j'ai ratifié certains accords de commerce parce que j'estime que justement ce n'est pas cette ouverture complètement délétère mais je ne crois pas non plus à une fermeture qui soit aussi complètement mortifère parce qu'on a besoin de certains approvisionnements notamment vis-à-vis de l'extérieur on a parlé tout à l'heure de la question

1:01:47
Invité

mais envers et contre tout même envers l'avis des parlements nationaux par exemple

1:01:50
Marie-pierre Vedrenne

non mais moi souvent je suis très opposée au commissaire en charge du commerce Valdis Dombrovski je lui écris des lettres où je lui déclare tout mon amour pour lui dire que vous voyez je défends certains accords de commerce mais arrêtez avec votre mode de fonctionnement parce qu'effectivement je pense que certains notamment par exemple sur le Mercosur ou parce qu'il y a une opposition française la commission européenne se veut très imaginative pour supprimer le droit de blocage français pour se dire parce que pour le coup on a réussi Manon a voté un de mes amendements à faire passer un amendement qui dit pas de Mercosur je ne suis pas sectaire tout à fait donc on y est arrivé au parlement européen à bâtir une majorité pour dire pas de Mercosur en l'état c'était en octobre 2020 parce qu'en même temps il y avait Bolsonaro donc on avait convaincu des collègues pour aller dans cette logique c'est là où

1:02:41
Invité

Macron avait sujeté

1:02:43
Marie-pierre Vedrenne

et c'est là où il y a par contre la commission européenne est très imaginative pour contourner les règles et pour dire on va se passer des états membres et on va se passer des parlements nationaux je suis la première avec Adam Rowski à dire mais en fait là Valdis ce que vous faites c'est nourrir les populistes et c'est donner trois points de plus au Rassemblement National parce que si j'ai fait le choix notamment du mouvement démocrate c'est pour l'Europe mais c'est parce que aussi je crois en la démocratie et parce que je suis une démocrate et je pense qu'effectivement la logique qui est parfois portée par l'Union Européenne elle est dévastatrice

1:03:16
Présentateur

Dernière question pour chacune d'entre vous on arrive déjà à la fin de notre échange pourquoi il faut voter pour vous le 9 juin prochain ? Elle est facile Marie-Pierre Vedren

1:03:26
Marie-pierre Vedrenne

pour Renaissance

1:03:27
Présentateur

je rappelle

1:03:28
Marie-pierre Vedrenne

Déjà je vais rebondir sur la question qui a été dite tout à l'heure notre tête de liste c'est Valérie Haillet donc on est en train de bâtir effectivement notre liste mais c'est pas ça le sujet le sujet c'est qu'est-ce qu'on va vouloir porter pendant justement ce futur mandat on a parlé de beaucoup de choses et beaucoup d'enjeux ce soir notre sujet à nous c'est effectivement de dire qu'on est des pro-européens on l'affirme on en est fiers de dire qu'on est des pro-européens mais c'est pas parce que vous dites que vous êtes des pro-européens que vous vous gargarisez de la situation telle qu'elle est quand vous affirmez que vous êtes un pro-européen c'est que vous vous engagez pour l'Europe pour continuer à la réformer justement pour bâtir une Europe qui soit souveraine c'est-à-dire qu'on concrétise complètement la fin de la naïveté telle qu'on a commencé à le dessiner une Europe qui soit plus juste quand on a parlé quand on a construit pendant ce mandat aussi un salaire minimum adapté à chaque état membre de l'Union Européenne c'est créer des conditions de convergence c'est créer des conditions d'harmonisation donc c'est ça moi ce que j'estime c'est que en votant pour la liste de la majorité présidentielle c'est d'avoir des parlementaires qui soient déterminés qui soient influents à continuer à avancer à bâtir une Europe qui soit souveraine qui soit plus juste et qui soit plus verte et ça je pense que ça sera par notre crédibilité par notre influence par le fait qu'on ait un groupe pour le coup qui est présidé par une Française qui est aussi ou le rôle du président de la République alors quoi qu'en dise Manon dans les différents sujets joue un rôle déterminant et joue un rôle de locomotive aussi pour embarquer les autres états parce que le sujet c'est pas seulement nous c'est comment justement on va être crédible et on va embarquer tous les autres états membres et les autres parlementaires à avancer dans cette logique là et je pense qu'effectivement parce qu'on a besoin d'Europe il faudra voter la liste Besoins d'Europe le 9 juin prochain

1:05:13
Présentateur

Merci beaucoup Marie-Pierre Védraine d'être venue vous exprimer sur le plateau de Baxit Manon Aubry pourquoi faut-il voter pour vous le 9 juin prochain ?

1:05:18
Locuteur non identifié

Je pense qu'il faut voter pour nous pour se donner le pouvoir de tout changer tout changer pour trois raisons principales la première pour continuer à obtenir des victoires je parlais tout à l'heure du statut qu'on a réussi à obtenir pour les travailleurs des plateformes les travailleurs ubérisés je pourrais parler du devoir de vigilance des multinationales sur lequel j'ai bataillé pour que les entreprises multinationales soient rendues responsables de leur violation des droits humains ou dommages à l'environnement dans leur chaîne d'approvisionnement qui sont des victoires concrètes deuxième raison finalement la France qui tient bon au Parlement européen c'est nous quand il faut batailler contre les accords de libre-échange je m'en déplace à Marie-Pierre Védraine je préside au Parlement européen le seul groupe qui n'a jamais donné aucune voix aux accords de libre-échange contrairement y compris aux autres groupes de gauche pour résister aussi il y en a eu un avec le Chili avec le Kenya on a voté contre vous avez voté contre les deux on est cohérents on a voté contre tous les accords de libre-échange on a tenu bon contre les accords de libre-échange on tient bon contre l'austérité budgétaire les coupes dans les budgets notamment dans nos services publics dont je parlais tout à l'heure qui va affecter nos écoles nos hôpitaux nos facs etc on tient bon sur la définition du viol qu'on évoquait tout à l'heure bref on représente la France qui tient bon et la troisième raison de voter pour nous c'est finalement de construire l'après construire demain moi je vous l'ai dit mon objectif c'est de continuer à rassembler sur le programme de la NUPES je pense que ce qui s'est levé il y a deux ans ne doit pas disparaître ne doit pas partir et je veux que la force qui va nous être donnée le 9 juin doit nous permettre de construire l'après et l'après Macron parce que on le sait très bien ce qui va se jouer dans le paysage politique des prochains mois et des prochaines années c'est est-ce que l'extrême droite va succéder à Emmanuel Macron au pouvoir et bien pour ça on va tous commencer maintenant à se retrousser les manches on va se donner de la force dans les élections du 9 juin pour aller gagner d'autres victoires notamment sur les sujets sociaux et pour tenir le bon au Parlement européen contre les accords de libre-échange et l'austérité notamment et puis surtout on va construire l'après parce que pour moi l'après Macron ne s'appelle ni Jordan Bardella ni Marine Le Pen et à nous collectivement de le construire sur la base du programme de la NUPES

1:07:25
Présentateur

Merci beaucoup Manon Aubry et Marie-Pierre Vedren d'être venus sur le plateau de BAC6 Merci Je vais vous déchirer tout le plateau