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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 10 juillet 2025 8 min

Laurent Jacobelli : "Nous n'avons rien à nous reprocher"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Hier, le siège du Rassemblement national a été perquisitionné.

La justice cherche à savoir si le RN a contourné les règles de financement qui est en cadre les partis politiques pour les élections de 2022 et 2024. On va entrer dans le détail de ce que ce qu'on reproche, ce que la justice reproche à votre parti. Mais d'abord, comment ça s'est passé ?

Bon, écoutez, peu àant 9h, une vingtaine de policiers comme ça se fait toujours dans ces cas-là, armés et avec des gilets par balle sont arrivés au siège du Rassemblement national pour effectuer une perquisition. Évidemment, nous n'étions pas au courant et même nous n'étions pas au courant du motif que nous avons appris par la presse quelques heures après. Je ne vous cache pas que l'impression était particulière, surtout que nous n'avons rien à nous reprocher que donc l'étonnement était de mise lorsque la cavalerie a débarqué.

Qu'est-ce qui a été saisi concrètement ? À peu près tout. À peu près tout.

C'est-à-dire ce qu'il y avait dans les ordinateurs, un certain nombre de documents et vous savez on parle des prêts hein qu'un certain nombre de particuliers ont fait au Rassemblement national. Je crois qu'on va l'évoquer mais le problème c'est que tout a été pris. Nos listes de candidats pour les prochaines législatives, nos techniques et nos stratégies pour mener les futures campagnes, un certain nombre de secrets de fabrication, je dirais.

C'est-à-dire que aujourd'hui euh le Rassemblement national est à livre ouvert, un livre ouvert euh pour tout le monde et y compris pour un système qui semble être dans ces dernières convulsions et à peu près prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Hier, vous avez accusé les magistrats d'espionnage politique. Vous dites "Ils sont venus pour aspirer toutes nos données de stratégie politique." Ça veut dire que vous remettez aujourd'hui en cause l'indépendance de la justice.

Nous remettons en cause aujourd'hui les pratiques d'un système devenu fou. Imaginez que en Italie, en Pologne ou en Hongrie, le pouvoir assiste à la perquisition du principal d'opposition, promu d'ailleurs, promis à à prendre le pouvoir, si l'on en croit les sondages, que toutes les semaines, il y ait un harcèlement contre ce parti. Mais vous seriez les premiers notamment à dire "Mais qu'est-ce qui se passe dans ces pays ?

C'est la fin de la démocratie." Bah, c'est aujourd'hui en France. En France aujourd'hui, le premier parti d'opposition, le parti de l'alternance et bien a été fouillé et on a pris un certain nombre de documents qui dans de mauvaises mains pourrait être utilisé à notre encomes simplement par exemple.

Mais quel intérêt pour un juge d'instruction par exemple d'avoir votre stratégie de campagne ? Mais pour le juge d'instruction, je ne sais pas. Pour d'autres, c'est évident.

Vous savez, croire que les documents qui sont saisis seront euh pour toujours gardés sous scellé, c'est ne pas connaître l'histoire journalistique de notre pays que vous connaissez probablement mieux que moi. Qui vous dit que demain dans Media Part, tel ralliment ne sera pas dévoilé ou euh tel euh point de notre programme ne sera pas divulgué ? Une fois encore, il faut se poser la question de tous les documents qui étaient recherchés, c'estàd tous les documents relatifs à au fait que des gens nous aient prêté de l'argent. et bien ils étaient déjà euh à la disposition de la Commission nationale des comptes de campagne.

Tout est déjà public. Donc pourquoi venir rechercher des documents qu'on a déjà euh au sein d'un parti et prendre un peu plus que les documents dont on a besoin ? La question elle se pose.

Mais vous vous parlez de pouvoir en désérance, de pouvoir qui a peur. Vous dites mais soyons clair, vous dites aujourd'hui c'est Emmanuel Macron qui orchestre tout ça. Est-ce que c'est Emmanuel Macron ?

Est-ce que ce sont des juges ? Parce que vous savez, il y a aujourd'hui un vent de changement en France comme en Europe. Clairement, les idées que nous représentons, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont la faveur des Français.

Et il y a des gens depuis 40 ans qui s'agrippent au pouvoir, qui en ont fait leur gagne pain, qui parfois mais qui précis mais tous ceux qui dirigent notre pays. Écoutez, faites votre travail de journaliste et posez-vous une seule question. Je suis pas complotiste, mais pourquoi toutes les semaines on nous sort une pseudo affaire qui frappe cheit comme les autres ? parce que nous n'avons rien à nous reprocher.

Une fois encore dans une démocratie quand on perquisitionne sans raison sans raison le premier parti de France comprend l'ensemble de ces données. Et bien la question ne se pose est de savoir pourquoi. Jordan Bardella est allé très fort hier.

Il pointe une dérive antidémocratique, un prétexte pour fouiller son bureau. Il compare la France à la Russie. Donc on n'est plus en France dans une démocratie.

Vous savez, c'est fort hein de de comparer la Russie de Vladimir Pouttine à la France d'Emmanuel Macron. Un pays où on interdit à la leader de l'opposition d'être candidate à l'élection présidentielle. Un pays où on ferme des chaînes de télévision qui ne semblent pas penser comme le gouvernement. un pays où le premier parti politique est perquisitionné objectivement sans raison et où on prend tous ces documents.

Si cette définition là correspond pour vous à la définition de la démocratie, je pense qu'il faut changer la définition dans le dictionnaire ou alors changer les pratiques de ce système devenu en désérance et complètement convulsif à l'idée de perdre le pouvoir. Jordan Bardella, il dénonce aussi une opération spectaculaire et inédite, mais sauf que une perquisition dans le siège de d'un parti, c'est vieux comme le monde, hein. Ça touche tous les partis. le PS en 92, le MP en 2014, le Modem en 2017, LFI en 2018 et même le parti du président de la République Renaissance était en 2022.

Donc vous êtes pas un cas imnique. Vous savez pourquoi on nous on nous perquisitionne ? Parce que des militants, des adhérents ont voulu participer à des campagnes et qui nous ont prêté parfois 100 € 200 € et on les accuse d'être des banquiers non déclarés.

Mais objectif quand je vous dis ça, honnêtement, soit vous riez parce que vous trouvez que c'est ridicule, soit vous pleurez parce que vous vous dites "Notre démocratie est attaquer." Concrètement pour que les téléspectateurs comprennent, ces prêts effectivement ne sont pas euh une infraction en soi, mais c'est vrai que c'est le côté habituel, c'està-dire le côté récurrent au-delà de deux prêts effectués par la même personne, ça peut poser question. En l'occurrence, c'est ce que semble euh voilà enfin en tout cas, c'est ce quoi enquête la justice avec des prêts qui étaient par parfois fait par deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois par la même personne.

Oui. Oui, bien sûr. Une personne qui a payé, qui a prêté une fois 100 € pour les législatifs puis une deuxième fois 100 € pour les européennes et probablement quelqu'un qui se prend pour un un banquier de manière illicite.

Tout cela est complètement stupide. Et je vais vous dire euh aujourd'hui pourquoi est-ce que nous avons recours au prêts légal ? Je le répète de particulier parce que les banques refusent de nous prêter parce qu'elles ont une pression pour ne pas prêter au premier parti de France.

Or, il faut nous financer. Il faut financer les campagnes. Il y a que deux moyens légaux de se financer.

Soit les banques, soit les particuliers. On nous a interdit le premier, alors on utilise le second. Et on veut nous interdire aujourd'hui les prêts au particuliers.

C'est quoi l'idée de nous étouffer, de nous empêcher d'avoir de l'argent pour faire campagne ? Mais je le dis clairement et j'utilise le temps d'antenne que j'ai. Ceux qui croient que par les procès, par l'asséchement financier, par l'insulte et par la calomnie nous frontière, il se trompe.

Il nous renforce. Maintenant, on a deux buts. Sauver la France, ça ça a toujours été notre but.

Et on a un deuxième but, sauver la démocratie qui aujourd'hui est en danger. Mauvaise nouvelle encore pour Marine Le Pen puisque hier la Cour européenne des droits de l'homme a rejeté sa demande de suspendre sa peine d'inéligibilité provisoire. La Cour européne estime que l'atteinte à ses droits n'est pas imminente.

Euh c'est c'est alors le verre le le chemin vers la présidentielle s'obscurcit de plus en plus par le ver à moitié vide. C'est ce que vous venez de dire. Le verre à moitié plein c'est de dire que la cour européenne des droits de l'homme dans le cas où il y a une élection par exemple une législative demain matin et donc une urgence elle reverrait le statut de Marine Le Pen.

Ça veut dire vous allez censurer rapidement le gouvernement de François Bay. On a pas de rapport avec cela mais c'est plutôt en fonction du du budget qui nous sera présenté. Mais vous voyez Alix Bouyaget, je suis ravi de répondre à votre invitation et des sur France info télévision mais aujourd'hui on aura parlé d'une perquisition et de procès.

Vous voyez on détourne l'attention des Français, c'est la politique judiciaire spectacle. On crée un feuilleton. On apprendra dans quelques mois qu'évidemment il y a rien contre nous he c'est une évidence.

Mais pendant ce temps-là, on aura pas parlé de l'essentiel de la dette, de la sécurité, de l'immigration. Mais et si c'était ça l'objectif finalement ? Oui, mais ça veut dire qu'au bout d'un moment, on se dit tiens ça quand même à faire beaucoup.

Le Par européen a aussi annoncé avoir ouvert une enquête sur le groupe identité démocratie. C'est le groupe auquel appartenait le RN avant 2024 pour diverses irrégularités financières. Après avoir là aussi validé nos comptes.

Une fois encore, il faudra qu'on se demande pourquoi tous ces organismes lorsqu'ils ont nos comptes entre les mains disent "Bravo, il y a rien à redire." Et puis quand on monte dans les sondages, je dis tiens finalement on va aller jeter le propre sur ce parti. C'est toutes les semaines Alix Buyaig, je le répète, il y a aujourd'hui un vrai problème.

C'est vrai, c'est pas le financement du Rassemblement national, c'est le maintien de la démocratie en France. Merci beaucoup Laurent Jacobell.

Laurent Jacobelli : "Nous n'avons rien à nous reprocher" — Laurent Jacobelli · Pourquijevote