🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Louis Boyard, député LFI/NUPES du Val-de-Marne, sur RMC
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
des tentes et de mener un blocus, vous vous êtes d'ailleurs interposé entre les forces de l'ordre et les étudiants. Vous croyez en la démocratie représentative, Louis Boyard ? Tout à fait.
Tout à fait, vous êtes vous-même d'ailleurs un représentant de la France. Tout à fait. Qu'est-ce que vous pensez du fait qu'ils étaient 50 ?
Alors, pour avoir été sur place, ils n'étaient pas à 50, ils étaient beaucoup plus nombreux. Combien ? Mais, écoutez, je dirais qu'il y avait bien 600 personnes, avec tous les rassemblements de soutien qu'il y avait autour.
Alors, parce qu'il faut distinguer deux choses, les étudiants qui étaient à l'intérieur de la Sorbonne et les manifestations autour. Les étudiants eux-mêmes, d'après à la fois des observateurs issus de la Sorbonne, mais aussi les forces de l'ordre, ils disent qu'ils étaient 50. À ce sujet, je suis comme vous, j'aimerais qu'il y ait beaucoup plus d'étudiants qui soient dans la rue et dans les blocages pour soutenir ces revendications.
C'est par rapport au nombre d'étudiants à la Sorbonne, vous savez combien il y en a ? Je dirais 20 000 en moyenne. 55 000. 55 000 étudiants à la Sorbonne, une cinquantaine, peut-être plus, 12 tentes, 20 tentes même peut-être.
Tous les amphithéâtres et les salles de cours qui ont dû être évacués, l'ensemble des cours de l'université et les examens qui ont dû être annulés. Est-ce que vraiment c'est l'image que vous vous faites de la question de la majorité et du rapport de la majorité avec la minorité ? Est-ce que vous pensez très sincèrement qu'il y a une majorité du peuple français qui soutient ce qui se passe actuellement à Gaza ?
Non. Donc est-ce que si jamais vous aussi vous avez une idée de la démocratie représentative, vous n'avez pas honte comme une majorité du peuple français de l'inaction de la part du gouvernement français et de l'inaction de la plupart des gouvernements par ailleurs ? Vous avez des étudiants qui ont décidé de se mobiliser pour un cessez-le-feu.
Moi je ne vous parle pas de la question de la mobilisation, je vous parle de la question du blocage. C'est-à-dire se mobiliser, manifester, bloquer une université, interdire la tenue des cours, fermer les amphithéâtres. Je vais répondre à cette question.
Ils font quoi si jamais ils n'utilisent pas les méthodes de blocage ? Ils manifestent. Vous les écoutez quand ils manifestent ?
Bah oui. Non, ils ne sont pas écoutés, on ne les regarde même pas. Quand ils font des pétitions, on ne les regarde même pas.
Mais alors dès lors qu'il commence à y avoir des manifestations et des blocages, alors là on commence à s'intéresser à ces étudiants. Vous voulez dire qui quand on dit on ? Ah mais je veux parler à la fois de la classe médiatique et de la classe politique.
Attendez, le sujet là, il n'est pas de savoir si jamais ils étaient assez à la Sorbonne ou pas, de savoir si jamais le blocage est une bonne méthode pour pouvoir se mobiliser ou pas. Au fond, moi ce que je peux faire en question, c'est la question du rapport entre la majorité et la minorité et de la capacité de blocage. Mais attendez, je vous ai dit que la majorité du peuple français, et je pense que je peux l'affirmer très sereinement, la majorité du peuple français s'oppose à ce qui est en train de se passer à Gaza.
La majorité des jeunes trouvent que le gouvernement français est autéralement...
Personne n'est favorable à une guerre, personne, je crois. Alors dans ce cas, pourquoi est-ce qu'on n'a pas encore obtenu le cessez-le-feu ? L'Organisation des Nations Unies a appelé à un cessez-le-feu.
Pourquoi le gouvernement israélien n'applique pas ce cessez-le-feu ? L'ultra-majorité des peuples du monde demande à ce qu'elle sera le massacre à Gaza. Et là par contre, ce qui commence à choquer, c'est que quand il y a des blocages, alors là tout de suite ça commence à choquer, pardon, moi ce qui me choque, c'est ce qui se passe à Gaza.
Et ces étudiants sont en train de donner une grande leçon à ce pays. Et qu'on a sous nos yeux un génocide. On se mobilise, on utilise tous les moyens qu'on a en notre pouvoir pour obtenir la paix.
Ces étudiants sont une fierté, ils honorent la France et je continuerai d'être à leur côté. Quand vous dites je continuerai à être à leur côté, est-ce que ça veut dire, Louis Boyard, que vous appelez les autres universités de France à suivre le mouvement, à entraîner le début de plus ? Pour le coup, c'est les étudiants qui doivent eux-mêmes organiser leur combat.
On sait qu'à Lyon ? Oui, pour le coup, bien sûr, mais par contre, plus il y aura d'étudiants qui rentreront dans le mouvement pour essayer de faire en sorte que le gouvernement français se bouge, mieux ce sera. Parce qu'aujourd'hui, il y a une pression internationale qui est en train de s'exercer, qui fonctionne.
Regardez, on ne parle que de ça. Aujourd'hui, on ne parle que de ces jeunes qui ont décidé de se lever pour enfin obtenir la paix. Vous avez vu qui en parle ?
On en parle même dans le monde entier. Et notamment l'Ayatollah Khomeini, qui vous montre un exemple. Il a lui-même posté des vidéos d'occupation des universités.
Il cite la France. Il dit, vous voyez ce qui se passe dans le monde, dans les pays occidentaux, en Angleterre et en France, ainsi que dans les États américains. Les gens sortent en grand nombre pour scanner des slogans contre Israël et l'Amérique.
La réputation des États-Unis et d'Israël a été ruinée. Ils n'ont vraiment aucune solution. L'Ayatollah Khomeini qui vous prend en modèle.
Comment vous le vivez ? Alors, Victor Orban, par exemple. Comment vous le vivez ?
Non, mais attendez, je vais vous répondre. Victor Orban, le Premier ministre hongrois, lui, il soutient le gouvernement israélien. Est-ce que vous allez attraper la veste de Gabriel Attal pour lui dire, alors, M.
Attal, vous êtes sur la même ligne que M. Orban ? Vous mettez l'Ayatollah Khomeini sur le même plan ?
Je n'ai ni de la sympathie pour l'Ayatollah, ni de la sympathie pour M. Orban. Mais je veux dire, pour vous, l'Ayatollah Khomeini et Victor Orban ?
Non, mais attendez. En octobre...
Si, c'est ma question. C'est ma question, à Louis Boyard. Je vais vous donner ma réponse.
En octobre, on était en train de dire, non, ce n'est pas le moment de parler de ce qui se passe à Gaza. D'abord, on doit critiquer le communiqué de la France Insoumise. Dans les mois qui suivent, on disait, non, ce n'est pas le moment de parler de ce qui se passe à Gaza.
D'abord, on doit savoir s'il y a le droit de faire des manifestations ou pas. Là, aujourd'hui, on dit, non, attendez, ce n'est pas le moment de parler de ce qui se passe à Gaza. Il y a des mains rouges.
Ah non, attendez, il y a eu un tweet. Quand est-ce qu'on aura le droit de parler de ce qui se passe à Gaza ? Quand est-ce qu'on arrêtera de sauter de diversion en diversion pour faire en sorte qu'on ne parle pas de ce dont une majorité des Français veulent parler ?
J'aimerais juste terminer en disant quelque chose. L'ultra-majorité des Français a honte de l'inaction gouvernementale et je pense même à honte de la qualité du débat médiatique aujourd'hui sur ce qui se passe à Gaza. Je n'ai pas de chiffres là-dessus et je trouve que le rapport sur la question de la majorité, de la minorité est assez obscur.
Seulement 30% des Français qui font confiance aux médias, ça paraît quand même être un chiffre qui en dit long. Et qu'est-ce que vous pensez des sondages, par exemple, sur les européennes qui donnent à 6% la France insoumise dans ces cas-là ? Alors, on est à 9%, on est en dynamique.
Et j'ai même envie de vous dire autre chose. J'appelle, parce que là, aujourd'hui, il y a le sujet quand même de Mathilde Panot, la présidente du groupe, et Rima Hassan, une candidate aux élections européennes, qui sont convoquées à la police pour apologie du terrorisme sans aucun fondement. Je pense que si jamais il y a 10 ans, on avait dit aux Français que la présidente d'un des principaux groupes d'opposition allait être convoquée par la police pour apologie du terrorisme, que des conférences de candidats allaient être annulées, que Sciences Po allait voir une subvention perdue parce qu'une manifestation n'a pas plu à une présidente de région.
Je pense que les Français ne reconnaissent pas leur pays. Quand on a une haute estime...
Je vous repose ma question, Louis Boyard, parce que vous n'y avez pas répondu. Le fait que l'Ayatollah Khomeini, c'est-à-dire le juge suprême religieux de l'Iran, vous prenne en modèle, comment vous le vivez ? Mais ça n'a...
Vraiment, je ne vais pas répondre à votre question, en fait, tout simplement. Pourquoi ? Parce qu'en fait, je vous ai donné l'exemple.
Victor Orban, lui, qui soutient la police. Je ne vous parle pas de Victor Orban, je parle de l'Ayatollah Khomeini. Je vous montre que votre raisonnement...
Le juge suprême religieux de la République islamique d'Iran. Je vous montre que votre raisonnement est totalement absurde. Parce qu'il y a un type de l'autre côté du monde qui a fait un tweet, alors dans ce cas, ça disqualifie tout le mouvement français.
Ce n'est pas un type. Ah oui, c'est un dirigeant pour lequel je n'ai aucune sympathie, je vous rassure. J'imagine bien, c'est pourquoi moi, en tout cas, si j'étais soutenue par l'Ayatollah Khomeini, je vais vous dire, aujourd'hui, on se retrouve à avoir, parce qu'il y a quand même la France... 834 personnes ont été exécutées en Iran l'an dernier.
Et je le condamne. Ce qui se passe actuellement en Iran, particulièrement le combat pour les droits des femmes en Iran, c'est un grand combat. Mais aujourd'hui, la France et plus généralement l'Europe, les États-Unis, se retrouvent dans une telle contradiction, quand on se prétend être des pays démocratiques, des pays des droits de l'homme, et qu'on soutient ce qu'est en train de faire le gouvernement israélien.
Ça permet à des gens comme ceux-là, des gens qui sont dégoûtants dans ce qu'ils font de leur pays, de jeter l'opprobre sur nous. Et quand je vous disais que nos gouvernements nous mettent la honte...
Vous ne voyez pas une contradiction dans le fait que le combat pour la liberté que vous voulez soutenir soit soutenu par un homme comme l'Ayatollah Khomeini ? Non mais écoutez, moi je ne suis pas en garde à vue, d'accord ? C'est la quatrième fois que vous me posez la question.
Victor Orban soutient le gouvernement israélien. Vous ne faites pas le parallèle. En fait, qu'est-ce que vous cherchez à me faire dire ?
Et d'ailleurs, je suis venu ici pour parler de ma présidente de groupe qui se retrouve convoquée pour quelque chose qu'elle n'a pas commis. Vous êtes venu ici pour répondre à mes questions. Et moi, on ne va pas en poser de questions.
Je poserai les questions que j'ai envie. Et moi, j'ai envie de vous parler de ce qui se passe à Gaza aussi. Mais vous en parlerez sans aucun problème.
Je vous parle aussi de ce qui s'est passé hier. Je ne sais pas, on doit être à 10 minutes d'interview. Pour le moment, je n'ai pas eu l'occasion de m'exprimer sur le sujet.
Vous n'avez pas décidé d'aller soutenir les étudiants ? Et je suis heureux d'aller soutenir ces étudiants. Mais attendez, on a sous nos yeux, et j'utilise les mots de l'avocate devant la Cour internationale de justice, le premier génocide filmé en direct sur le téléphone.
Non, non. Alors, on va dire les choses très précisément. Non, ça n'existe pas.
Puisque vous citez la présidente de la Cour internationale de justice, j'imagine que vous faites référence à Madame Joanne Donogu qui vient de donner une interview à la BBC. C'est elle qui a présidé le tribunal suprême des Nations Unies, notamment le 26 janvier, lorsque la question du génocide a été posée. La question du génocide, le mot de génocide n'a d'ailleurs pas été retenu pour définir l'action d'Israël à Gaza.
En revanche, et elle le précise, vous pouvez regarder, elle l'a dit à la BBC hier, elle dit « Je voudrais corriger ce qui souvent a été mal compris dans les médias, l'accusation de génocide aurait été plausible. » Non, elle dit « Il a été jugé plausible le risque pour le droit des Palestiniens d'être protégés du génocide. » Alors, comment est-ce que vous appelez un État qui tue 40 000 personnes, qui empêche l'entrée de médicaments sur une zone de guerre dans laquelle on ampute des enfants sans anesthésie, dans lequel il n'y a pas d'eau, dans lequel il n'y a pas de nourriture, dans lequel il y a actuellement une famine, dans lequel le gouvernement israélien a annoncé qu'il allait attaquer Rafa, où se trouvent des millions de réfugiés ?
Vous appelez ça comment ? Vous vous appelez ça génocide. La Cour internationale de justice a expliqué, il y a besoin d'un certain nombre de mesures conservatoires pour éviter le risque de génocide.
Exactement. Qu'a fait le gouvernement israélien depuis ? Exactement.
Qu'a fait le gouvernement israélien depuis ? Et qu'a fait le gouvernement israélien depuis ? Du génocide.
Le gouvernement israélien n'a effectivement pas du tout répondu à ces accusations. Il n'a pas répondu aux mesures conservatoires. Il n'a absolument pas répondu à ces accusations.
Donc le risque de génocide est caractérisé. Et il est d'ailleurs possible, et c'est Nicolas Pancaré qui nous l'expliquait ce matin sur RMC, que Benjamin Netanyahou soit lui-même condamné par un mandat d'arrêt de cette Cour internationale de justice, peut-être même aujourd'hui. Alors dans ce cas, pourquoi est-ce que notre gouvernement continue de livrer des armes à ce gouvernement-là ?
Vous demandez au gouvernement de cesser toute livraison d'armes, effectivement, toute vente. Alors ce n'est pas une livraison d'armes, il ne faut pas...
Alors selon ce qu'il y a des munitions qui ont été livrées. Mais écoutez, l'ultra, et je le redis, l'ultra majorité du peuple français observe ces images et est dégoûtée par ce qui se passe. J'ai du mal avec vos expressions d'ultra majorité, d'ultra minorité, de majorité.
Encore une fois, moi quand je vous dis, ils sont 50, ils sont 55 000, on peut discuter des chiffres. Oui, mais moi dans ce cas, je vous l'affirme et je suis heureux que l'ultra majorité du peuple français soit aujourd'hui profondément indignée par ce qui est en train de se passer. Et pourquoi vous n'appelez pas une manifestation alors, plutôt qu'un blocage ?
Parce qu'on est appelé à des manifestations, mais comme je vous le dis, quand on ne bloque pas, vous ne le couvrez pas. La preuve, votre question. C'est totalement faux.
Non mais Louis Boyard, à un moment, vous ne pouvez pas toujours vous mettre dans cette position-là. Il y a eu des manifestations, de nombreux samedis d'ailleurs, des manifestations de soutenir aux Palestiniens. Vous en avez vu les images sur toutes les télévisions de France, dans tous les journaux.
Et c'est parfaitement normal de couvrir toutes les manifestations. Le problème, c'est qu'on ne fait pas des manifestations pour parader. On ne fait pas de manifestations pour notre bonheur.
On fait des manifestations pour que les choses changent. Aujourd'hui, les manifestations ne permettent pas de faire entendre au gouvernement français qu'il y a besoin de clamer avec plus de force le cessez-le-feu et qu'il y a besoin aujourd'hui de prendre des sanctions contre Israël. Donc, les étudiants passent au blocage.
C'est un honneur, c'est une fierté, parce que c'est le seul mode d'action qu'ils ont pour faire respecter la fierté de la citoyenneté française, à savoir ne pas laisser faire un massacre et un génocide. Valérie Pécresse annonce en effet la suspension de tous les financements de la région Île-de-France à Sciences Po. Ça représentait 1 million d'euros et peut-être même 100 000 euros qui devaient être donnés dans quelques semaines.
Comment vous réagissez à cela ? Encore une fois, qu'on soit d'accord ou pas avec la manifestation de ces étudiants, ce n'est pas possible qu'une responsable politique décide de suspendre les subventions d'une école et pas n'importe quelle école, si on se pot parie, parce qu'elle n'est pas d'accord avec une manifestation. Et ce n'est pas parce qu'elle n'est pas d'accord.
Elle dit que la question, c'est d'appeler à la sérénité et à la sécurité des étudiants. Non mais vous savez, ça a toujours fonctionné comme ça. Pour vous, c'est un mensonge.
Ah oui, mais bien sûr que c'est un mensonge et ça ne justifie pas de retirer les subventions à un établissement parce qu'en réalité, regardez, si jamais il y avait eu la même manifestation, mais en soutien au gouvernement israélien, est-ce que Valérie Pécresse, elle aurait supprimé la subvention ? Non ! Parce que ce qui les gêne, c'est la revendication de ces étudiants.
Et ce n'est pas normal quand vous êtes un responsable politique de retirer une subvention à une école parce que vous n'êtes pas d'accord avec la manifestation. Vraiment, je lance l'alerte à tous les démocrates qui m'écoutent. La France est en train de franchir des paliers en termes de recul de la démocratie et des libertés publiques.
Une présidente de groupe et une candidate...
En ce moment même, d'ailleurs. En ce moment même, qui sont auditionnées par la police. Mathilde Panot et Rima Hassan qui sont convoquées.
Des écoles qui se voient perdre leur subvention. Mais ce n'est pas la France, ça. Si il y a 10 ans, on avait dit aux Français que la France ressemblerait à ce qu'elle est aujourd'hui, avec la répression qu'on a vue sur le mouvement des Gilets jaunes, avec le 49.3 sur la réforme des retraites, quand on a une haute estime de la démocratie, on ne laisse pas faire.
Et je veux vraiment que le message passe. Le pire qui puisse arriver, c'est que les gens restent silencieux. Il faut continuer de s'indigner.
Si jamais on rend ça normal, alors on a déjà perdu. Est-ce que votre place à vous, Louis Boyard, était de vous mettre entre la police et les étudiants ? L'objectif, c'est de faire en sorte que les manifestations se passent le plus calmement possible.
Et quand on se met entre...
Vous pensez vraiment que l'objectif, c'est que ce soit calme ? Ah bah bien sûr. C'est votre objectif que ce soit calme ?
Bien sûr, c'est mon objectif que ce soit calme. Personne ne souhaite que les étudiants se mettent à taper les policiers ou que les policiers se mettent à taper les étudiants. J'ai eu plusieurs auditeurs ce matin qui appelaient sur RMC pour réagir à la question des blocus.
Et ce qui m'a frappée, c'est notamment le témoignage de deux d'entre eux. Il y a Christian qui a téléphoné, qui est porteur de presse, qui se lève à 2h du matin pour aller travailler. Et il a dit « j'ai toujours été de gauche jusqu'à Jean-Luc Mélenchon ».
Et ensuite, il y a Ali qui a téléphoné, qui lui est chauffeur, livreur, livreur de Lidl dans la Loire. Et il a dit « finalement, s'il y avait une guerre entre les choux de Bruxelles et les choux fleurs, alors là, je suis sûre que je trouverais LFI. Ils sont toujours partout où il y a des conflits ».
Ah, parce qu'aujourd'hui, vous avez une France qui est bouillonnante, mais sur beaucoup de sujets. On parle beaucoup de la Sorbonne, de Sciences Po, mais chaque fois qu'il y a une grève d'une usine qui va se faire délocaliser, vous trouvez les députés insoumis. Chaque fois qu'il y a un combat à mener pour la justice, pour l'égalité, pour la liberté, l'égalité et la fraternité, vous trouvez les députés insoumis.
Le peuple français est profondément indigné de la situation. Alors, on a besoin de députés de combat qui viennent soutenir le peuple. Et ça, c'est la fierté de notre mouvement.
Même entre les choux de Bruxelles et les choux-fleurs ? Alors, moi, j'aime les deux, personnellement. Donc, vous ne vous mêleriez pas de ce conflit-là.
Louis Boyard, il y a d'autres points sur lesquels je voudrais vous interroger, et notamment ce drame, la mort de Matisse, qui a été poignardée à mort. Et ça lance ce débat sur la question de la justice des mineurs. Je suis frappée de voir que vous avez toujours été pour le droit de vote à 16 ans.
Et l'un de vos arguments, c'est d'ailleurs de dire, parce que j'ai écouté les interviews de vous, qu'à 16 ans, on est capable de réfléchir, je vous cite, de comprendre et de s'engager. Alors, faut-il qu'à 16 ans, on soit jugé comme un adulte ? Je suis pour le droit de vote à 16 ans.
C'est sur le volontariat. S'il y a des jeunes qui ne veulent pas voter à 16 ans, ils n'en font pas la demande. Je pense qu'on pose le problème d'une mauvaise manière.
Aujourd'hui, par exemple, dans la plupart des enseignements, on n'enseigne pas le droit. Ce n'est pas vrai de dire que si jamais vous augmentez la répression pénale, vous allez avoir des jeunes qui vont ouvrir le code pénal et qui vont se dire « bon, je ne vais pas faire ça parce que le code pénal prévoit cela ». Ça n'a absolument aucun sens.
C'est toujours pareil. C'est à chacun de s'informer, de connaître la loi, de connaître le droit. Là, le problème, c'est qu'on parle d'enfants.
Je ne vais pas nier qu'aujourd'hui, il y a un grand sujet sur la question des jeunes. Quand ça vous arrange, vous dites que c'est des enfants ? Non, parce que j'ai écouté vos interviews et honnêtement, quand vous développiez votre idée du droit de vote à 16 ans, vous ne parliez pas du tout d'enfants, justement.
Ah ben, je peux vous parler… Enfin, vous disiez au contraire qu'ils étaient très mûrs et suffisamment mûrs pour prendre leurs décisions et pour agir en citoyen. On peut être un adolescent et être très mûr. Regardez par exemple ce qu'ont pu faire les lycéens pendant la réforme des retraites.
Ce que je veux vous dire… Il n'y a pas une contradiction là, Louis Boyard ? Non, il n'y a aucune contradiction. On peut être un adolescent et… À 16 ans, on peut être suffisamment mûr pour voter, mais pas suffisamment mûr pour être responsable de ces actes comme un adulte.
Si jamais vous en faites la demande, oui. Mais par contre, si jamais vous pensez qu'on va régler les soucis en augmentant la répression dans le cop-médale, vous mettez le doigt dans l'œil. Parce que l'objectif aujourd'hui, c'est de répondre à un véritable… Je ne parle pas de la question de l'augmentation de la répression.
Je parle de la proposition de Gabriel Attal, reprise par le ministre de la Justice, de pouvoir réfléchir à lever l'excuse de minorité. L'excuse de minorité, c'est quoi ? C'est le fait de ne pas juger de la même manière ceux qui ont moins de 18 ans et ceux qui ont plus de 18 ans.
Très bien. Peut-être que ça donne bonne conscience à Gabriel Attal. Le problème, c'est que concrètement, sur le terrain, ça se revient.
Écoutez, je vais vous raconter… Mais Louis Boyard, vous n'êtes pas favorable, donc ? Vous n'êtes pas favorable à la levée de l'excuse de minorité ? Je ne suis absolument pas favorable, parce que, un, premièrement, j'estime qu'il faut protéger les adolescents et leur donner un statut particulier.
Et deuxièmement, parce que ce n'est pas la bonne solution. Vous savez, il y a six mois, dans ma circonscription, il y a un jeune qui a été tué. Et j'ai été dans un centre social.
Et il y avait un mur. Sur ce mur, il y avait des jeunes qui le connaissaient ou qui le voyaient juste comme une connaissance de quartier qui écrivaient des choses sur ce mur. Ils écrivaient « Mais pourquoi tant de violence ?
Que se passe-t-il à l'école ? » Les jeunes, aujourd'hui, se posent énormément de questions par rapport à une problématique dont on saisit tous. La question de la violence ?
La question de la violence, la question des réseaux sociaux, la question de la santé mentale. Aujourd'hui, Gabriel Attal mène une politique qui est faite pour les gens qui ne vont pas à l'école. Parce qu'aujourd'hui, quand on va à l'école, on sait que la politique de Gabriel Attal ne change absolument rien.
Premièrement, sur la question de tout ce qui se passe dans la jeunesse, consultez les jeunes, allez voir les jeunes, demandez-leur. Ils n'ont pas une seule fois, ils ont eu la voix au chapitre. Et ensuite, deuxièmement, je ne sais pas dans quel pays vit Gabriel Attal, dans la République de Stanislas ou dans le Stanislasistan, dans des écoles… Vous faites référence à l'école privée Stanislas ?
Bien sûr, dans des écoles où il y a tous les moyens, où dès qu'il y a une consigne qui est donnée, les professeurs ont le moyen de le faire, où peut-être tous les élèves sont millionnaires ou majoritairement millionnaires comme dans son gouvernement. Ça va être un peu dans la carcadine. Si, je vais être provocateur parce qu'aujourd'hui, vous avez une école à deux vitesses.
J'ai vu un article du Parisien qui explique la liste des endroits où il faut habiter pour savoir où est-ce que vous allez avoir l'école qui permettra à votre enfant de réussir. Mais ça, c'est totalement inacceptable. Toutes les écoles doivent permettre aux enfants de réussir.
Aujourd'hui, Gabriel Attal mène une politique qui n'a aucun effet concret parce que l'école n'a pas les moyens aujourd'hui de mener sa mission. Donc, le véritable sujet, c'est d'encadrer les enfants. Et aujourd'hui, il n'y a pas suffisamment… Encadrer les enfants, j'ai bien compris.
Mais Louis Boyard, vous n'êtes donc plus favorable au droit de vote à 16 ans. Je suis toujours favorable au droit de vote à 16 ans. Je ne suis pas favorable pour autant à ce qu'on leur donne le même statut que des majeurs parce que ça reste des adolescents.
Sur la question de la GPA, la gestation pour autrui, est-ce que pour vous, avoir recours à une mère porteuse, c'est de l'ultralibéralisme ou est-ce que c'est un progrès social, sociétal ? Quelle est votre position ? Il y a un sujet sur le fait que la marchandisation du corps des femmes n'est pas quelque chose qui me paraît acceptable.
Et aujourd'hui, on se retrouve dans une situation où beaucoup de femmes se retrouvent dans des situations de précarité. On parle énormément de la situation des mères isolées. Et donc, si jamais on commençait à mettre le doigt dans tout ça, dans la marchandisation du corps des femmes, alors on rentrerait, pour moi, dans un système pour lequel je ne suis pas favorable.
Vous n'êtes donc pas favorable à l'autorisation de la GPA en France ? Non. Louis Boyard, sur les écrans, vous l'avez entendu ce matin, pas d'écran avant 3 ans, pas de téléphone portable avant 11 ans.
On parlait de la jeunesse. Est-ce que vous êtes d'accord avec les conclusions de ce rapport ? Est-ce que vous pouvez interdire ?
Encore une fois, je veux bien distinguer deux choses. Entre les annonces politiciennes de Gabriel Attal et ce que disent les experts. Ce que disent les experts, c'est que ce n'est pas une bonne chose d'exposer ses enfants à des écrans dès le plus jeune âge.
En revanche, je veux quand même dire quelque chose. Les écrans font partie de la vie des jeunes. Et dire qu'on va enlever les écrans de la vie des jeunes, c'est totalement irréaliste.
Cette opposition entre lire des livres et regarder TikTok, ça fait Gabriel Attal ? C'est du grand n'importe quoi. Ça, c'est du grand Gabriel Attal.
Parce qu'en fait, vous pouvez très bien regarder TikTok et lire des livres. Je fais les deux. Et par ailleurs, vous avez même sur les réseaux sociaux des personnes qui font des vidéos culturelles où ils vous apprennent des choses.
Il faut arrêter de regarder Internet comme un monde négatif. Internet, c'est incroyable. Ça forme énormément de jeunes.
Ça les intéresse au monde entier. C'est une culture populaire. Pas question d'interdire TikTok.
Pas question d'interdire les réseaux sociaux. Le véritable sujet, c'est comment est-ce qu'on fait pour apprendre aux jeunes à se servir des réseaux sociaux. Il y a un véritable sujet sur le harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux, sur le temps passé devant les réseaux sociaux, sur le contenu qu'on peut visionner sur les réseaux sociaux.
Aujourd'hui, l'école n'est absolument pas adaptée à ce que vit ma génération. Donc, pour moi, c'est l'école...
Et vous me rappelez votre âge, Louis Boyard ? Pardon, j'ai 23 ans. Non, non, mais c'est très bien de le dire.
Et vous êtes l'un des deux, Benjamin, je crois, de l'Assemblée nationale. Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin.
Louis Boyard