Jérôme Durain : « Le narcotrafic est une menace majeure de corruption de nos institutions »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
- 1:50OuverteRéponse partielle
Vous demandez le retour d'un impôt sur la fortune. Ça peut être autre chose que la taxe Jukman ?
- 2:15RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce qu'il sortira de cette réunion va découler la ligne du PS sur une censure ou pas ?
- 2:50RelanceRéponse partielle
Ça serait quoi de l'état d'horreur ? Qu'est-ce que vous lui demandez ?
- 3:30RelanceRéponse directe
Mais est-ce que vous dites qu'il faut qu'on trouve un accord ou on va vers une censure ?
- 3:55RelanceRéponse directe
Mais sur la méthode, est-ce qu'il n'a pas raison de s'assurer sur le fond d'un accord avant de former son gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:58Invité politiqueChiffre
« La taxe Jukman, elle est plébiscitée. 96% des socialistes sympathisants, 89% des sympathisants républicains. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Il y a la question des retraites, il y a la question de l'assurance chômage. »
- 4:39Invité politiqueFait
« Oui, il a eu raison. Il a eu raison. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Il y a peut-être des discours insupportables à gauche sur l'antisémitisme, sans doute. »
- 9:07Invité politiqueFait
« La dernière loi structurante qui a été votée dans ce pays, c'est quand même celle sur le narcotrafic. »
- 9:20Invité politiqueFait
« C'est un travail transpartisan. C'est vote à l'unanimité. »
- 12:50Invité politiqueFait
« Il n'y a plus de zones blanches, il n'y a plus de zones blanches. »
- 12:58Invité politiqueChiffre
« 2021, 144 villes touchées, par des faits d'homicides ou tentatives d'homicides, en 2024, c'est 170, ou 74, ça n'arrête de progresser. »
- 18:46Invité politiqueFait
« La sécurité, c'est une valeur de gauche. Je le redis. »
- 19:19Invité politiqueFait
« Moi, j'ai poussé mon groupe ici au Sénat à voter la loi d'orientation de programmation du ministère de l'Intérieur présentée par Gérald Darmanin parce que la sécurité, c'est un service public. »
- 21:20Invité politiqueFait
« Le loup, c'est une espèce protégée par la Convention de Berne, 79. »
- 21:45Invité politiqueFait
« Il faut protéger le loup, c'est une obligation. »
- 24:00Invité politiqueFait
« Il semble qu'on ait perdu la bataille et ça paraît invraisemblable. »
- 28:50Invité politiqueFait
« Il y a une étude qui a été faite par la Banque Postalière qui montre que l'investissement des régions déraille parce qu'économie après économie, on tape dans nos dépenses. »
- 29:13Invité politiqueChiffre
« Dans une région, comme la nôtre, on a moins de 10% d'autonomie fiscale. »
Temps de parole
- Locuteur 755 %
- Présentateur17 %
- Invité politique13 %
- Locuteur 410 %
- Locuteur 23 %
≈ 2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Homme Durin, merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes pour quelques jours encore sénateur socialiste de Saône-et-Loire et vous avez été élu président de la région Bourgogne-Franche-Comté. On va revenir sur vos dix ans de mandat au Sénat et on va parler de ses actualités. D'abord, on regarde ensemble les une de la presse régionale. D'abord, la une des dernières nouvelles d'Alsace. Trump met les Européens face à leur responsabilité. Dans un discours d'une rare virulence à la tribune de l'ONU, il s'en est notamment pris aux Européens jugés trop laxistes vis-à-vis de la Russie.
La deuxième une, c'est celle de la dépêche du midi. Sébastien Lecornu face à la Taxukman, soutenue par la gauche et une majorité de Français. Elle relance le débat sur la taxation des plus grandes fortunes. Le Premier ministre a promis des ruptures. Il va devoir trancher sur le retour d'un impôt sur la fortune. Et puis la dernière une, c'est celle de Ouest-France. La gratuité des transports urbains gagne du terrain. De nombreuses communes proposent des bus et tramways en libre accès et elles ne comptent pas revenir en arrière. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Taxukman, celle de la dépêche. Il y a une immense attente de plus de justice fiscale et sociale dans le pays. Moi je suis assez inquiet parce que je pense qu'on est une partie de la population qui est en colère, qui a le sentiment d'être maltraitée et que certains ont profité, on l'a vu pendant la crise Covid, de la période alors que d'autres se serrent la ceinture. Une des autres, une, concerne la gratuité des transports urbains. Donc il y a un besoin de redistribution. C'est ce que l'intersyndicale dira aujourd'hui à Sébastien Lecornu. C'est ce que le mouvement social a exprimé. On a eu beaucoup en tout. Voilà, donc c'est un sujet qui est central dans la période.
Il est central dans la vie des Français. Il doit être central dans le débat politique.
Vous demandez le retour d'un impôt sur la fortune. Ça peut être autre chose que la taxe Jukman, cette taxation des plus riches ?
La taxe Jukman, elle est plébiscitée. 96% des socialistes sympathisants, 89% des sympathisants républicains. Tout le corps social ne demande plus de justice. Si on nous propose autre chose que la taxe Jukman, pourquoi pas ? En tout cas, il faut que ceux qui ont profité de la période puissent contribuer à la dynamique sociale dans le pays.
Vous l'avez dit, le Premier ministre qui reçoit ce matin les syndicats. Est-ce que ce qu'il sortira de cette réunion, va découler la ligne du PS sur une censure ou pas ?
C'est essentiel, ce rendez-vous avec l'intersyndical et la dimension sociale des propositions de Sébastien Lecornu est évidemment attendue. Mais il n'y a pas que ça. On voit revenir par la bande l'aide médicale d'État. Il y a évidemment la question du budget, des efforts qui sont demandés aux Français, de la justice qu'on demande dans ces efforts à chacun. Et puis, par ailleurs, il y a aussi quelques mesures politiques. Il ne faut pas que ce soit un budget plus juste avec des tas d'horreur à côté. Donc, c'est un ensemble.
Ça serait quoi de l'état d'horreur ? Qu'est-ce que vous lui demandez ? De renoncer à la hausse des franchises médicales ?
Oui, il y a des…
À la réforme de l'assurance chômage plus dure ?
Il y a la question des retraites, il y a la question de l'assurance chômage. Il y a aussi quelques mesures quand même portées par la droite, dans le bloc de droite, qui sont un peu climato-sceptiques ou qui concernent l'immigration et qui ne sont pas extraordinaires. Donc, c'est un tout. Et je sais bien que Sébastien Lecornu doit composer avec tout le monde. Mais il nous semble qu'il y a une offre centrale dans le pays qui fait de justice sociale, de respect de ceux qui sont ici en France et qu'on ne peut pas tout sacrifier pour obtenir un vote de confiance à l'Assemblée.
Mais est-ce que vous dites qu'il faut qu'on trouve un accord ou on va vers une censure ?
Écoutez, il faut. Sébastien Lecornu a choisi d'être Premier ministre. C'est lui qui a le calendrier en main. D'ailleurs, on commence un peu à s'impatienter. Donc, on verra ce qu'il propose. Ça tartre trop ?
Le gouvernement, sa feuille de route, qu'est-ce qui tartre trop ?
Curieusement, dans le pays, on vit sans, ce qui n'est pas bon signe. Mais les responsables politiques que nous sommes savent bien qu'il faut quand même que ça arrive.
Mais sur la méthode, est-ce qu'il n'a pas raison de s'assurer sur le fond d'un accord avant de former son gouvernement ?
Si, mais il est temps que ça arrive.
Avant de quoi ? La semaine prochaine ? Avant la semaine prochaine. Le début de la reprise. Vous nous avez parlé de la réforme des retraites. Est-ce que pour vous, la réforme des retraites, ça doit être dans l'accord ou est-ce que c'est un sujet de 2027 ?
Il y a une impatience sur ce sujet-là. Ça fait partie des exigences de l'intersyndical. C'est porté par le mouvement social. Donc, je pense que ça doit être dans l'accord.
Autre sujet d'actualité, et c'était d'ailleurs l'une des unes. On l'a entendu dans le journal. Ce sont ses propos de Donald Trump hier. À la tribune de l'ONU sur la reconnaissance de la Palestine, notamment par Emmanuel Macron, reconnaître la Palestine, c'est une récompense des atrocités du Hamas, a dit le président américain. Est-ce que pour vous, Emmanuel Macron, il a eu raison de le faire maintenant ?
Oui, il a eu raison. Il a eu raison. C'est mûr dans le pays, dans l'opinion publique. C'est un sujet de débat, on l'a bien vu, y compris avec certains de ses ministres. Mais je crois qu'il faut avancer. Il faut qu'on fasse des propositions avant que l'opération à Gaza ne soit complètement terminée, qu'on en ait finalement fini avec l'hypothèse même d'une autonomie palestinienne, avec une colonisation d'un côté, avec ces opérations militaires qui continuent de tuer des civils. C'est notre responsabilité, c'est un acte que je salue et je pense qu'on s'honore à avoir formulé cette demande à la tribune de l'ONU.
Le président américain qui a également eu des mots très durs, on l'a dit, à l'encontre des pays européens, qui, je le cite, vont en enfer à cause de leur politique migratoire.
– Oui, c'est la délicatesse de Donald Trump. Je ne miserai pas tout sur son analyse politique de la situation des pays européens. Et d'ailleurs, quand on regarde ce qui se passe un peu au sud, par exemple en Italie, on voit que finalement, même une Georgia Mélanie, elle a eu besoin d'une immigration pour faire tourner le pays. Quand vous rencontrez des acteurs économiques, ils vous disent comment on fait alors qu'on n'a plus de main-d'œuvre. Donc ce sujet-là, il mérite mieux que les sarcasmes ou les pics du président des États-Unis.
– Hier soir, Emmanuel Macron a donné une interview à nos confrères de BFM TV. Il a dénoncé des discours de l'extrême-gauche intolérable, je le cite, en termes d'antisémitisme. Il a raison ?
– Il y a peut-être des discours insupportables à gauche sur l'antisémitisme, sans doute. La réalité, c'est qu'on est quand même dans une période où je trouve qu'on prend un peu la marée. C'est un tsunami de contre-vérité. Et le discours porté sur le wokisme, sur l'extrême-gauche, à toutes les sauces, appelle quand même un réveil de la gauche sur un certain nombre de valeurs qui sont au cœur de la République. Et ce qui est dit de la gauche, de l'extrême-gauche, me paraît très très excessif.
– On l'a dit, Jérôme Durin, vous allez quitter le Sénat dans quelques jours pour vous consacrer à la présidence de la région Bourgogne-Franche-Comté. Alors avec Siv, on a voulu revenir sur les temps forts de vos dix ans de mandat ici au Sénat. Car Siv, Jérôme Durin, c'est donc plus d'une décennie au Sénat.
– Oui, et tout n'a pas forcément beaucoup changé. En disant, à l'époque où vous arrivez au Sénat en 2014, le président était déjà un certain Gérard Larcher, mais la gauche était au gouvernement. François Hollande à l'Élysée, Val Samatignon, pour vos premières questions au gouvernement à l'automne 2014, vous vous adressez à François Rebsamen, ministre du Travail. Vous avez occupé plusieurs fonctions. Ici, membre de la délégation sénatoriale aux entreprises, membre de la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale, vice-président de la prestigieuse commission des lois que vous avez intégrée en 2017.
Vous avez aussi été désigné par le Sénat, membre de la CNIL où vous siégez depuis avril 2024.
– Et Jérôme Durin, c'est un sénateur qui a souvent eu un temps d'avance ?
– Oui, sauf peut-être dans votre soutien à Arnaud Montebourg à la présidentielle de 2022. Ça s'est terminé piteusement pour votre candidat. Mais enfin, Montebourg était votre mentor en politique. C'est lui qui a poussé votre candidature au Sénat. Tout est donc pardonné, Jérôme Durin. Un temps d'avance, oui, Jérôme Durin, par exemple, pour vos premiers travaux de sénateur. Le Premier ministre vous demande de bosser sur l'e-sport, la pratique du jeu vidéo en compétition. À l'époque, ça passe un peu sous les radars, mais aujourd'hui, c'est une industrie qui brasse des millions d'euros et emploie des milliers de personnes.
Une loi sera même adoptée pour encadrer la pratique dans la foulée de vos travaux. Un temps d'avance aussi, évidemment, sur le narcotrafic. Votre travail, pendant plusieurs mois, aux côtés du sénateur LR Étienne Blanc, a débouché sur une proposition de loi transpartisane adoptée à l'unanimité au Sénat. Le texte a été soutenu par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleux, avant d'être définitivement adopté. Ce travail va vous permettre de décrocher le titre de sénateur de l'année 2024. Et de remporter ainsi au moins un prix. L'année dernière, vous, l'éternel supporter de l'Olympique de Marseille, ça n'arrive pas tous les jours. On peut se contenter un peu de ce qu'on a.
Vous avez une question sur le narcotrafic. Oui, le narcotrafic, c'est le moment fort de votre carrière au Sénat. C'est ça ? C'est le moment qu'il faut retenir, peut-être ?
Oui, puis mon inscription aussi à OM-Sénat, le club des supporters de l'OM, puisque je vois que vous êtes sur quelques sarcasmes footballistiques. Oui, bien sûr, évidemment, le travail sur le narcotrafic a été très important, très intéressant. Il m'a marqué personnellement, mais je crois qu'il a aussi marqué la période. La dernière loi structurante qui a été votée dans ce pays, c'est quand même celle sur le narcotrafic. Et c'est un moment où, ici, on montre que le contrôle parlementaire est important. C'est une commission d'enquête, d'abord. C'est un travail transpartisan. C'est vote à l'unanimité. C'est un travail conjoint avec l'exécutif.
Donc, c'est quand même un modèle de ce qu'on peut faire pour essayer d'apporter des réponses concrètes aux Français en dépassant un peu soi-même ses propres limites. C'est un texte de compromis, mais c'est quelque chose d'important. Par ailleurs, la réalité du terrain nous indique que ce travail n'est pas fini. Et qu'il va falloir continuer.
– Vous écriviez que la France était submergée par le narcotrafic. Il y a encore du travail à faire.
– Ça ne s'arrête pas, oui. Et ça continue dans tous nos territoires. C'est un sujet qui reste préoccupant. Mais en termes de méthode, je pense que ça peut…
– Ça a été difficile à construire, cette loi ?
– Il a fallu peser au trébuchet ce qu'on a voté. Je fais un dernier déplacement la semaine prochaine sur le sujet pour essayer de vérifier jusqu'au bout ce qu'on a voté sur des aspects carcéraux. Mais on a vraiment essayé de coller à la fois la demande du terrain et puis de coller à nos valeurs, parce que c'était un sujet aussi d'équilibre personnel entre ce qu'on est capable d'accepter pour endiguer ce fléau et puis le caractère trop répressif, les défenses de la liberté publique.
Donc c'est un vrai dilemme. – Et justement, on va voir si cette loi a des répercussions concrètes dans nos territoires. Et pour ça, on va aller dans le Doubs, où on retrouve Patrick Genre. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire de Pontarlier. D'abord, monsieur le maire, expliquez-nous, vous êtes confronté, vous, au narcotrafic dans votre commune ?
– Alors je dirais que ce fléau, comme l'a dit monsieur le sénateur, monsieur le président, touche l'ensemble des collectivités. Et je dirais qu'on a senti un mouvement, on va dire, d'expansion, d'expansion de cette problématique. On sent que les mesures de contrôle, de surveillance, les actions fortes qui ont été menées en zone urbaine poussent finalement les narcotrafiquants, enfin tous, poussent, pardon, les dealers à occuper de plus en plus des zones un peu plus suburbaines, des zones quasiment rurales. Et à Pontarlier, ville de 19 000 habitants, à la frontière suisse, on a également connu, et on connaît aujourd'hui, une augmentation de ces trafics en pied d'immeubles.
Nous avons des actions en cours avec les forces de l'ordre, les forces de sécurité publique, pour essayer de reprendre la main. Parce que ce qui est préoccupant, c'est que ce que nous connaissions à Paris, à Lyon, Marseille, enfin dans les grandes cités, dans les grandes banlieues, aujourd'hui commence à venir gangréner l'ensemble du territoire. Et donc il est absolument nécessaire de fédérer les forces, les actions, de faire bien sûr de la présence sur le terrain, de faire de la prévention, ça c'est le rôle parfois des collectivités locales, avec les maisons de quartier, avec les travailleurs sociaux qui peuvent être sur le terrain, mais aussi de faire, bien entendu, de la répression.
Et là, ça ressort des pouvoirs régaliens de l'État, avec des interventions, des services de police, en particulier police nationale, mais là aussi en relation, lorsqu'on en a, avec les polices municipales. Donc oui, on connaît ce développement, et on connaît surtout, mais malheureusement, depuis des années, on voit que l'âge, je dirais, moyen de consommation baisse, et touche de plus en plus des ados, des pré-ados même, et donc il faut que nous soyons vigilants sur ce fléau.
– Et c'est ce que vous avez constaté lors de vos travaux, Jérôme Durin, c'est que désormais, le narcotrafic, il n'est plus cantonné aux grandes villes, aux cités, il s'étend sur tout le territoire, y compris dans des zones rurales.
– Je vais saluer le maire de Pontarlier, Patrick Jean, mon ancien collègue conseiller régional, que j'ai plaisir à retrouver, et malheureusement, ce que dit Patrick, c'est la réalité du territoire, il n'y a plus de zones blanches, il n'y a plus de zones blanches. Donc on est parti de Marseille dans la commission d'enquête, en se disant, oh là là, qu'est-ce qui se passe à Marseille ? Bon, ça se passe partout dans le pays. 2021, 144 villes touchées, par des faits d'homicides ou tentatives d'homicides, en 2024, c'est 170, ou 74, ça n'arrête de progresser, et on a des phénomènes criminels de plus en plus vivants, des codes criminels qui évoluent.
Et ce qui est particulièrement inquiétant, c'est la dissémination, l'avalanche du produit, la submersion par le produit, la cocaïne notamment, des jeunes qui entrent de plus en plus tôt dans les actes criminels, avec une espèce d'absence de conscience qui nous interroge quand même, c'est pas toute la jeunesse qui est congrénée, mais des gamins sont capables quand même de perpétrer des actes extrêmement graves, et puis les menaces sur les institutions. On a parlé, je crois qu'un des éléments qui avait retenu l'attention au moment de la commission d'enquête, c'est la dimension corruptive. Quand il y a tellement d'argent, évidemment, que les institutions sont menacées.
Et donc, on l'a vu, soit elles sont menacées…
– C'est la corruption, y compris des pouvoirs publics.
– Ah ben c'est la corruption des pouvoirs publics, évidemment, par le bas, mais c'est toujours, il ne faut pas l'oublier, soit la tentative d'achat, l'appât du gain, soit les menaces. Et les criminels sont dans une forme d'impunité, donc il faut qu'on continue à porter l'effort, puisque la loi n'a pas encore porté tous ses effets, mais il faut qu'on durcisse.
– Et justement, Patrick Jean, est-ce que vous avez constaté déjà, vous, les effets de la loi sur votre territoire ? Est-ce que ça a changé les choses ?
– Alors, concrètement, je dirais que, heureusement, et je remercie le travail qui a été fait, comme on l'a dit, d'une manière transpartisane par Jérôme, par le sénateur Durin et son collègue, mais je dirais qu'on avait pris conscience sur le terrain, sur le territoire de Pont-Arlé comme ailleurs, de cette difficulté, on a mis en œuvre des mesures depuis quelques années, en collaboration avec la police nationale, on a réussi, enfin la police a réussi à démanteler un réseau complet il y a quelques mois, sur Pont-Arlé, on est très proche de la frontière suisse, donc avec une réglementation un peu plus, pas laxiste, mais enfin différente de celle de la France, donc on sait que la frontière peut être poreuse, donc on est aussi confronté à ces mouvements, je dirais internationaux, de trafic de stupéfiants de tout type, donc la loi, elle permet de renforcer les moyens, les véhicules législatifs, les véhicules réglementaires, les moyens mis à disposition des services pour lutter au plus proche du terrain, parce que c'est là que se joue en fait le combat, il faut que nous réoccupions, il y a des images à l'écran, les pieds d'immeubles, même dans une ville comme Pont-Arlé, on constate cette propension à s'approprier des territoires, et alors ce n'est pas, bien entendu, je ne veux pas noircir le tableau, attention, mais je vous dis que ce que nous connaissons aujourd'hui, nous ne l'avions pas, j'ai 30 ans de mandats locaux, nous ne le connaissions pas il y a 5 ou 10 ans, donc il faut que nous soyons vigilants, et il faut vraiment que là, sur des sujets comme celui-ci, que nous unissions nos forces, nos moyens, nos réflexions pour vraiment gagner ce combat, pour surtout défendre la santé de nos populations, de nos jeunes, et puis leur faire prendre conscience que c'est totalement illicite, et que voilà, il faut, alors après, il y a tout le travail qu'on peut faire aussi sur l'aspect consommateur, parce que ce qui est à l'origine aussi du trafic, c'est qu'il y a de plus en plus potentiellement consommateurs, donc il y a tout un travail de prévention, et là ça peut se situer surtout en milieu scolaire, bien entendu, mais pas que, dans les maisons de quartier, j'y reviens parce que c'est très important, tout un travail, je dirais, d'acculturation, de prévention, de sensibilisation à ce que peut provoquer comme méfait, au niveau de la santé personnelle, la consommation de différentes drogues illicites.
– On va laisser Jérôme Durin vous répondre sur ce que dit M. le maire.
– Il manque une deuxième jambe. On a travaillé sur la jambe répressive, de manière transpartisane, il faut être inflexible avec les réseaux criminels, il faut maintenant que la société française et sa représentation nationale travaillent sur une loi prévention, soins, accompagnement. Pourquoi il y a la consommation de drogue ? Parce qu'il y a du produit, donc il y a une logique d'offre, on est submergé, et puis parce que la société, par certains égards, malade. Et d'ailleurs, là où on consomme, c'est dans des secteurs professionnels qui sont très exposés.
La restauration, on voit que la cocaïne est très utilisée, donc il faut aussi s'occuper de ça, et autrement sans doute que par la criminalisation, parce qu'il y a des gens qui sont aussi malades dans l'addiction, donc si on fait cet effort de prévention en face de la répression, on aura je pense bouclé à boucle.
– Merci Patrick Jean, merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Pontarlier, dans le Doubs. On va continuer le bilan de vos 10 ans de mandat. Steve, au cœur de l'engagement de Jérôme Durin, il y a la sécurité.
– Sécurité, oui, mais pas n'importe laquelle. Écoutez cette passe d'armes avec Marlène Schiappa, c'était en 2020.
– Nous aimons les policiers de la République. Nous aimons les policiers de la République quand ils sont au milieu de la population. On a bien compris une chose en tout cas, c'est qu'en matière de sécurité publique et de liberté publique, le macronisme n'a qu'une main, c'est une main droite.
– Les policiers Jérôme Durin, à tel point qu'en 2023, vous mettez un casque, des jambières et des gants pour suivre le 1er mai des agents de la Brave, la brigade de répression de l'action violente. Brigade accusée d'avoir la main un peu lourde contre les manifestants. Écoutez.
– Ils s'en prennent à des commerces et ça a tapé fort. Ils ont utilisé son gaz, donc tout le monde est un peu… – Vous avez pris du gaz d'éclat. – Un peu, là, oui. Ils m'ont donné un décontaminant, juste pour les yeux.
– Extrait d'un doc signé Fabien Recker. Après cette expérience, vous vous êtes dit choqué, choqué par la violence des manifestants à l'écart des policiers. Vous considérez, Jérôme Durin, de manière générale, que la sécurité est une valeur de gauche. Sur ce sujet, vous avez un temps d'avance ou un temps de retard par rapport à une certaine gauche qui considère, par exemple, que la police tue ?
– Un temps d'avance. Un temps d'avance. La sécurité, c'est une valeur de gauche. Je le redis. Je pense que ce sont souvent les plus faibles qui sont victimes des trafics. Quand Patrick Genre, le maire de Pontarlier, nous dit que c'est dans les pieds d'immeubles, les pieds d'immeubles, c'est plutôt de l'habitat social et c'est là que se passent les trafics. Les règlements de gauche…
– Et la gauche, elle a mis du temps ? – La gauche, elle a… – Oui, parce qu'il ne faut pas
être dans le matamorisme et il ne faut pas donner le sentiment qu'on va faire comme la droite. Il faut avoir une vision équilibrée mais il faut assumer une dimension répressive. Moi, j'ai poussé mon groupe ici au Sénat à voter la loi d'orientation de programmation du ministère de l'Intérieur présentée par Gérald Darmanin parce que la sécurité, c'est un service public. La gauche, elle est pour le service public. Elle est pour les enseignants, les personnels de santé et les policiers, les gendarmes. On a besoin de sécurité au cœur du pays. C'est ce qui fait vivre la République.
Donc moi, je suis intransisant sur ces questions-là, pas par aveuglement, pas par imitation de la droite mais je pense qu'on a une ligne particulière, on a quelque chose à faire entendre sur une vision de gauche de la sécurité et d'ailleurs, c'est ce que j'essaye de faire au sein du Parti Socialiste où je suis secrétaire national de la sécurité.
On va aller voir l'actualité dans votre région. Grâce à nos partenaires, on va aller retrouver Colin Cote. Bonjour Colin. Merci beaucoup d'être avec nous. Journaliste à Radio Scoop. Et vous vouliez interroger Jérôme Durin sur un sujet qui inquiète, c'est la prolifération des loups.
Oui, ma question porte sur ce sujet sensible, de plus en plus sensible dans le département de la Saône-et-Loire, celui de la prédation, vous le disiez, Oriane. La première attaque sur un troupeau dans le département date de 2019. Depuis chaque année, entre 50 et 150 attaques attribuées aux loups sont enregistrées, selon les chiffres de la préfecture, avec comme souvent un débat parfois vif entre pros et anti-loups. À la mi-août, la Ligue de protection des oiseaux de Bourgogne s'est fendue d'un communiqué dénonçant des tirs trop nombreux contre l'animal, avec quatre loups tués en Saône-et-Loire depuis l'année 2020.
Autre actualité aussi cet été, le rejet par le tribunal administratif du recours déposé par quatre collectifs de défense du loup. Il réclamait la suspension d'un arrêté pris par le préfet qui autorisait un tir de défense contre le loup près du Creuseau. Dans ce dossier, justement, hier, l'État annonçait qu'il allait permettre, dès l'année prochaine, aux éleveurs de tuer des loups, sans autorisation préalable, mais toujours uniquement en cas d'attaque de troupeaux. Alors, M. Durin, est-ce que c'est une bonne mesure, selon vous ?
Je ne sais pas. Je n'en ai pas les contours précis. En tout cas, ce que je sais, c'est que dans notre département de Saône-et-Loire, la cohabitation est très difficile. Le loup, c'est une espèce protégée par la Convention de Berne, 79. C'est bien ainsi. En revanche, quand vous allez chez un éleveur qui a eu une attaque que vous voyez des bêtes tuer, d'autres agonisantes, qu'une famille est complètement déstabilisée, ébranlée par les attaques de loups, on ne peut pas ne pas réagir. Donc, il faut protéger le loup, c'est une obligation. Il faut prévoir des mesures de protection et, le cas échéant, faire des prélèvements. Alors, est-ce qu'on peut soi-même, quand on est éleveur, tirer le loup ?
Bon, il ne faut pas que ça devienne le Far West. Je ne suis pas certain, d'ailleurs, que les défenseurs de l'environnement comme les responsables agricoles soient favorables à ça. Moi, j'irais bien voir avec les louvetiers comment ça se passe parce qu'on sait que c'est très compliqué. C'est un animal qui est particulièrement intelligent, que ce n'est pas si facile que ça de tuer le loup. Donc, si ce n'est pas facile pour des professionnels que sont les louvetiers, je ne suis pas certain que ce soit davantage pour des éleveurs. En tout cas, le prélèvement, pour moi, n'est pas un gros mot et quand la cohabitation n'est pas possible, c'est normal quand tu les loues.
– Merci Colin Cote. Merci d'avoir été avec nous, journaliste à Radioscoupé. Justement, on va parler de votre région Bourgogne-Franche-Comté. Jérôme Durin, donc vous avez désormais la présidence. Votre premier déplacement de président de région était consacré à l'agriculture. D'abord, pourquoi ce choix ?
– Parce que la région Bourgogne-Franche-Comté, c'est une grande région industrielle et agricole. C'est Peugeot, c'est le Charolais, c'est le Comté, c'est la viticulture et donc dans un territoire rural où les agriculteurs façonnent les paysages, aller les rencontrer pour un premier déplacement, c'est un hommage qui est fait à leur travail et puis une reconnaissance aussi des difficultés qui sont les leurs parce que c'est difficile d'être agriculteur aujourd'hui. Il y a quand même une pression sociale qui est violente quand on produit de la viande avec un essor de certaines consommations ou de certaines non-consommations. on passe pour quelqu'un de pas fréquentable.
Quand on produit du vin, on se dit est-ce que le vin c'est bon pour la santé ? Voilà, donc c'est vraiment des productions d'excellence et qui rencontrent des difficultés économiques. On a eu en plus des difficultés quand même avec des fonds Féadère qui nous ont laissé vraiment en difficulté sur la capacité qu'on a eue à distribuer cet argent européen. Donc je voulais solder tout ça et montrer qu'une nouvelle ère s'ouvrait avec les agriculteurs.
Et on est en pleine colère agricole. Il y a une grande mobilisation qui est prévue vendredi. Il y en a une autre qui est d'ores et déjà annoncée le 14 octobre notamment pour protester contre le Mercosur. Est-ce que sur ce sujet la France a perdu la bataille ?
Il semble qu'on ait perdu la bataille et ça paraît invraisemblable. La question de ce qu'on mange de la façon dont sont produits nos aliments elle est au cœur du débat. On l'a vu avec la loi du plomb. Et dire aux agriculteurs ici vous ne pouvez pas produire n'importe comment certaines substances sont interdites mais permettre que des productions utilisant les mêmes substances viennent dans notre pays grâce à des accords internationaux c'est insupportable. Et pour les agriculteurs c'est une concurrence complètement déloyale. Donc moi je comprends parfaitement leur colère.
– Et comment on y répond à cette colère agricole ?
– Sur un peu de fermeté dans les débats internationaux et sur aussi une forme de réindustrialisation de notre côté. Parce que c'est parce qu'on est un acteur économique fort qu'on peut faire valoir nos droits. Donc plus on est solide sur notre économie, sur notre industrie, plus on peut peser dans les échanges internationaux et dans les négociations. On voit que ce qui a été fait par Van der Leyen en début d'été est quand même compliqué. Avec les droits de douane américains, nos viticulteurs, nos exportateurs de vins et spiritueux vont souffrir particulièrement. Donc il faut les défendre et je comprends qu'ils soient en colère.
– Mais ça fait plus d'un an que cette colère agricole s'exprime quasiment d'eux, qu'elle s'exprime de manière aussi virulente. Est-ce que le gouvernement qui a fait des propositions, qui a pris certaines mesures, a du mal à l'endiguer ?
– Mais forcément parce que c'est très profond. C'est très profond, cette crise agricole. Elle rebondit chaque fois. Je vous ai parlé des fonds européens. Il y a d'ailleurs une inquiétude sur la PAC et sur la possibilité que ce ne soient plus les régions qui gèrent les fonds européens, la PAC, mais l'État. C'est une inquiétude de plus. Il y a la question d'accueil par la société de la façon dont on produit les aliments. Il y a les questions internationales. Et c'est un modèle qui cherche un nouvel équilibre. C'est des métiers qui sont souvent pas rémunérateurs, où on travaille beaucoup, où on est toujours incertain avec le changement climatique qui produit des effets très concrets.
La dernière récolte de céréales a été très mauvaise chez nous. Moi, j'ai des viticulteurs qui me disent qu'on va avoir un super vin, mais le problème, c'est qu'il n'y en a pas assez parce qu'on n'a pas assez de raisins. Voilà. Donc, forcément, on est au bout d'un système. C'est un travail de fond. Problème après problème, accord après accord, crise après crise, les agriculteurs manifestent une inquiétude qui est légitime.
Vous avez donc pris la tête de la région Bourgogne-Franche-Comté. Vous avez, pour cela, quitté le Sénat. Pourquoi ce choix ?
C'est un choix qui n'a pas été facile, déjà. C'est un choix qui n'a pas été facile parce que le travail sénatorial m'a passionné. On a parlé de la narcotrafic. J'avais trouvé ma place au sein du groupe socialiste. C'est un climat de travail qui est intéressant. C'est là. On est quand même un peu à distance des batailles politiciennes les plus brutales. Et il y a quand même cette culture du compromis. Mais malgré tout, un grand exécutif régional travaillait concrètement pour son territoire. C'est passionnant. C'est difficile de résister. Et puis, moi, j'ai été élevé par une mère-veuve avec un grand-père qui était maire de sa commune. Je le voyais faire.
Je crois qu'il faut mettre les mains dans le moteur. Et quand on est président de région, on a des leviers pour se sentir utile au quotidien. Ce n'est pas le même niveau que quand on est parlementaire. On est 1 sur 1 000. Bon, finalement, on peut passer entre les gouttes. Quand on est président de région, on est exposé. Mais au moins, on fait. Et moi, j'ai envie de faire.
– Au moment de faire le choix, vous dites qu'il a été difficile. Est-ce que vous avez regretté la loi sur le non-cumul des mandats ?
– Non, absolument pas. Non, il faut faire bien ce qu'on fait. On ne peut pas se disperser. J'ai des journées comme président de région qui sont bien pleines. On ne peut pas tout faire. Il faut se consacrer pleinement à ce qu'on fait. Faute de quoi, on contribue aussi au discrédit de la fonction politique. On ne peut pas être le matin à Paris, le soir à Dijon. Non, ça ne marche pas.
– Sébastien Lecornu, il s'est adressé aux élus. Alors, il s'est adressé au maire. Il promet une grande loi de décentralisation. Il demande aux élus locaux de faire des propositions d'ici la fin octobre. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire sur ce sujet ?
– Que la question des compétences, elle est centrale. Mais c'est peut-être moins un défi entre collectivités, départements, régions, blocs locales qu'entre ce que l'État veut et peut faire et ce qui est confié aux collectivités locales. Et le sujet central, c'est quand même les finances locales. Et on peut bien nous demander tout ce qu'on veut. Si on n'a pas d'argent pour faire tourner la machine, ça ne fonctionnera pas. Il y a une étude qui a été faite par la Banque Postalière qui montre que l'investissement des régions déraille parce qu'économie après économie, on tape dans nos dépenses. Et la dépense publique, c'est de l'activité locale. C'est des projets qui ne se font pas.
C'est des entreprises qui n'ont pas de carnet de commande rempli. Donc, on a vraiment besoin de recettes qui soient plus stables. Dans une région, comme la nôtre, on a moins de 10% d'autonomie fiscale. Donc, tout le reste, c'est des dotations sur lesquelles l'État peut jouer. Donc, on a un vrai sujet de finances locales et de pérennité, de stabilité, de visibilité sur nos ressources. Faute de quoi, on peut bien nous dire faites plus, faites moins, on n'y arrivera pas.
– On vous sent, excusez-moi, un peu ému depuis tout à l'heure, au moment de ma chronique, mais pas seulement. – L'Oeil. – Oui, c'est peut-être l'Oeil, mais vous avez des regrets sur ces dix dernières années. Vous avez tout bien fait. Il y a des choses que vous auriez aimé mieux faire, des choses que vous aimeriez faire et que vous n'avez pas pu faire ?
– Mes convictions politiques, elles sont assises sur quelques éléments. Je pense que les grands défis de notre période, c'est le changement climatique et l'adaptation. C'est les inégalités et c'est les déplacements de population. Il y a aussi le vieillissement, l'intelligence artificielle. Mais sur ces trois sujets, j'ai essayé d'apporter ma pierre. Je pense qu'en travaillant sur la sécurité, je suis sur le pacte républicain, je suis sur les valeurs derrière la République et je suis très aligné. J'avais déposé une proposition de loi que j'avais appelée Ravaclay, c'est cette boulanger byzantin qui avait fait une guerre de la faim pour défendre son apprenti.
Comment dans la société française aujourd'hui, on peut accepter, parce que j'ai vu qu'il y avait un autre cas d'ailleurs dans une autre région, on peut accepter que des gamins qui sont venus chez nous, que notre société a formé, qui ont trouvé du boulot, qui donnent satisfaction, soient renvoyés chez eux. Est-ce que c'est encore chez eux ? Voilà. Donc ça, c'est un regret parce que je pense qu'on est là dans un débat qui est complètement démagogique, complètement populiste et qu'on gagnerait quand même à être un petit peu plus intelligents dans une forme d'intégration.
Et donc, le racisme ambiant, ce thème de l'immigration qui est au cœur du débat public, de manière très biaisée, parfois sale, me choque. Et là, c'est un regret.
Quel est votre sentiment en quittant le Sénat ?
Une petite pointe de nostalgie, mais je suis très heureux quand j'arrive en Bourgogne-Franche-Comté parce qu'il y a tellement à faire que j'ai envie de mettre toute mon énergie au bénéfice de cette grande région.
Merci Jérôme Durin. Merci. On ne vous retrouvera plus dans cette première demi-heure, mais on vous retrouvera
évidemment dans cette émission
en tant que président de la région Bourgogne-Franche-Comté. Merci beaucoup d'être venu nous voir pour vos derniers jours au Sénat. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.