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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 17 juin 2025 24 min

Amel Gacquerre : « Il y a eu un désengagement progressif de l’Etat dans le secteur »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Amel Gquer, on va revenir sur ces sujets. Vous êtes sénatrice centrice du Pas de Calé, mais d'abord on va regarder les unes de la presse régionale et on en a sélectionné trois. La une de la dépêche du Midi, guerre Israël, Iran, l'effrayant, engrenage.

Les deux pays qui semblent déterminés à poursuivre leurs attaques ignorant les appels à la désescalade. Donald Trump reste pour leur attentiste. La deuxième une, celle de l'Alsace Bacilo pensé sans chat GPT. les élèves de terminal qui ont passé hier l'épreuve de philo du bac et ils ont dû plancher 4 heur à l'ancienne avec stylo et papier sans l'aide des intelligences artificiel qu'ils ont souvent abondamment utilisé pour préparer l'épreuve et puis la dernière une c'est celle de nordécler métropole lilloise vigilance sécheresse.

Une histoire d'eau. C'est dans votre région depuis le 16 mai. Le département du nord est placé en vigilance sécheresse.

Si chacun est appelé à réduire sa consommation d'eau. L'agglomération lesoisees la plus peuplée de la région est obligée de l'importer pour préserver ses nappes fréatiques. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ?

Alors, j'hésite en fait entre l'Alsace et Nor éclair, mais euh voilà, le le le thème de chat GPTI est un thème qui m'interpelle. J'ai il y a pas longtemps commis un rapport avec un de mes collègues sur l'IA, l'intelligence artificielle et je trouve que c'est un sujet vraiment d'actualité dans tous les sens du terme, dans tous les domaines et comme on est en plein bac, en pleine période de bac, je pense que ça peut être intéressant. Et cette question que posent les journaux régionaux, les élèves qui ont pris le pli maintenant de travailler avec l'intelligence artificielle et qui durant les épreuves du bac se retrouve comme le dit l'Alsace à l'ancienne complètement et pas que les élèves d'ailleurs he parce que on le voit d'ailleurs dans tous les domaines.

Je le vois également hein de par chez nous l'usage en tout cas des de l'intelligence artificielle est devenu un un un réel outil auquel on a tous accès et qui est une vraie aide. Je pense vraiment qu'on a un vrai travail à faire aussi auprès de nos jeunes d'information, de sensibilisation et d'usage en fait de cet outil qui est un outil intelligent mais qui en terme d'usage peut l'être moins si on ne sait pas s'en passer et si on sait pas raisonner même s'il y a voilà une vraie évolution dans le calcul dans les calculs utilisés dans le cadre de de l'intelligence artificielle. Il n'en reste pas moins qu'on voit aujourd'hui que nos jeunes ont tendance à l'utiliser peut-être un peu à l'excès.

On va parler du conflit entre Israël et l'Iran. On a entendu he Emmanuel Macron dans le journal au G7. Qu'est-ce que vous attendez du chef de l'État ?

Alors sur ce sujet que bien sûr je je vis aussi avec beaucoup de craintte, on a on l'a vu un consensus. Le consensus c'est de se dire que aujourd'hui on ne souhaite pas que l'Iran dispose de l'arme nucléaire. On le voit aussi dans le cadre notamment du G7, les positions sont quand même assez différentes.

Les États-Unis qui applaudissent des deux mains, Washington en tout cas qui applaudit des deux mains mais qui aujourd'hui recule et ne veut pas forcément s'engager. La France comme la Grande-Bretagne qui aujourd'hui souhaite plutôt faire appel à la diplomatie politique sur ce sujet et puis le Japon par exemple qui dit bah on y va. Moi ce que j'attends de notre président, c'est d'éviter en fait l'escalade dans laquelle nous sommes déjà un peu aujourd'hui.

On le voit encore au travers des événements qui se sont déroulés hier. Pourquoi ? parce que les conséquences sont terribles, elles le sont déjà aujourd'hui, elles peuvent l'être encore plus demain.

Des conséquences, une crise humanitaire avec ces mouvements de population qui devront quitter le pays, qui le font déjà dans les pays limitrophes. Une vraie des vraies conséquences économiques, hein. Moi aujourd'hui, lorsque je vais dans mon département à la rencontre des habitants, on me parle déjà des incidences sur les prix à la pompe et puis et puis une escalade militaire qu'on ne pourra plus contrôler, hein.

Il y a l'arme nucléaire mais on a l'arme chimique, l'arme biologique qui qu'il sera aussi très difficile de maîtriser. Est-ce que la France peut peser ou la solution aujourd'hui, elle est dans les mains des États-Unis ? Est-ce que la France peut peut peser ?

On peut se poser la question. Je la France a un rôle à jouer, a une voix en tout cas à porter et elle n'est pas seule au sein du G7 comme je l'ai rappelé mais on sait aujourd'hui que je ne sais pas si c'est le faiseur de roi, mais c'est celui qui capte toutes les attentions et en effet c'est Washington, c'est Trump qui peut-être capable de donner le là en tout cas sur la suite de ce de ce conflit. On l'a vu dans le journal hier, c'est ouvert le salon du bourger, un très grand salon de l'aéronautique et il a été marqué par une polémique.

C stand cinq stands d'industriel euh et israélien exposant des armes offensives ont été fermées par le gouvernement. Est-ce que pour vous c'est une décision justifiée ? Alors c'est une décision enfin l'ouverture en tout cas où ces stands sur place peuvent être aujourd'hui vécus comme une comme une oui comme comme un affront he je peux le dire comme cela.

Et je suis pas choquée en tout cas par ces décisions de fermer ses stands au travers de ce que nous sommes en train de vivre pour les raisons que j'ai évoqué. On va parler d'un autre sujet et c'est peut-être aujourd'hui le dernier jour du conclave sur les retraites. A priori même si François Bairou envisage de donner encore quelques jours.

Est-ce que vous pensez que ce conclave il va aboutir à quelque chose ? Alors au travers de ce que je lis, de ce que j'ai entendu encore ce matin et hier soir, on a compris que c'était un un vrai débat social politique qui est loin qui aujourd'hui est loin d'être clos. Euh est-ce qu'il peut aboutir ?

Moi, je vais vous le dire hein, je l'espère. Est-ce qu'il faut revenir ? En fait, la question plus large qui est posée, c'est est-ce qu'il faut revenir sur cette réforme des retraites ?

Oui, il faut revenir sur cette réforme des retraites mais pas forcément sur tous les points. Je rappelle quand même une chose, c'est la Cour des comptes qui il y a quelques mois en février de cette année a quand même dit a évoqué le déficit immédiat de cette réforme des retraites de 6 milliards d'euros de dans les 20 prochaines années d'un déficit si on même avec la réforme qui a été votée en 2003 de près de 30 milliards d'euros. Donc revenir sur l'âge légal de départ pour la retraite, ça me paraît aujourd'hui compliqué pour ces raisons-là. si on veut maintenir notre système par répartition auquel nous en tout cas en France on tient.

Par contre, il y a des points sur lesquels il faut agir urgemment. Ça a été dit sur la pénibilité notamment et je crois que les sujets de débat aujourd'hui portent vont porter sur ça. C'est la situation aussi des femmes qui ont tendance à qui travaillent aujourd'hui en majorité par rapport en tout cas aux hommes à temps partiel.

Les femmes qui ont des enfants. Il y a le sujet du vieillissement de la population. Le premier ministre a évoqué, a fait une proposition hein sur cette prime pour les seigneurs qui souhaiteraient davantage travailler et pourquoi pas.

Je pense que tout est mis sur la table là-dessus. On peut parler aussi des conditions de travail pour lesor vous savez je fais partie de ceux qui pensent que il faut laisser la possibilité de mais il faut aussi avoir conscience de la situation et évoquer ce sujet plutôt avec pragmatisme plutôt qu'avec idéologie. Qui l'évoque avec idéologie ?

On a aujourd'hui euh certaines franches de la population très à gauche, pas de la population des partis pardon euh très à gauche qui euh ne veulent pas, qui font un totem notamment de ce départ de l'âge légal de la de de ce de l'âge de départ pardon euh à la retraite. Et pour ma part, je pense que c'est une erreur aujourd'hui si on veut sauvegarder justement notre système de retraite. Mais le MF aussi en fait un thème dans l'autre sens en disant on touchera pas aux 64 ans il y a pas de débat à voir.

Ça aussi c'est de l'idéologie. C'est pas de l'idéologie, c'est pour moi c'est du pragmatisme. Quand je parlais de pragmatisme, c'est comment on sauvegarde.

On sait qu'on a un sujet sur le temps de travail et sur la durée du travail en France. On fait partie d'un des pays au sein de l'Union européenne qui travaillent le moins longtemps. Donc je pense qu'on peut se questionner et et au-delà de ça, sur le sujet je trouve de de cette réforme, je trouve que c'est le sujet du travail dont on parle pas bien dans notre pays.

On a le on oppose travailler plus et travailler mieux. On oppose le travail au loisirs et je trouve qu'on a une façon de d'envisager le travail. Pour moi, le travail c'est quelque chose de structurant.

Oui, il faut retravailler sur les conditions de travail. Oui, il y a une évolution don de la façon dont les jeunes envisagent le travail. Et pour cette raison-là, on a un sujet aussi au-delà de ça, sur la valeur travail et sur la façon dont on doit poser le sujet dans les débats publics.

Si les partenaires sociaux trouvent un accord, est-ce que vous le voterez au Parlement ? Tout dépend de l'accord. Vous ne voterez pas c'est pas un blanc sein.

C'est pas un blanc sein. Tout dépend de l'accord. Je le dis.

Oui, revenir sur la réforme la durée en tout cas surtout l'âge de départ à la retraite, c'est pour ma part un totem sur lequel il est compliqué de façon pragmatique de toucher. Par contre, il y a de vrais sujets de justice sociale dans cette réforme des retraites. On va passer à l'actualité du Sénat et on va parler du logement. sujet que vous suivez de près, c'est un secteur en crise.

Alors pour tenter d'apporter une réponse, les sénateurs se penchent aujourd'hui sur un texte de simplification. On va voir les détails avec Alex Poussard. [Musique] Bonjour Alex.

Bonjour Ryan. Bonjour Amel Geker. Bonjour Alex.

Le Sénat examine aujourd'hui une proposition lo pour simplifier les règles d'urbanisme et résoudre la crise du logement. Oui, le secteur du logement est à l'arrêt depuis euh des années. Les chiffres sont inquiétants. 2024, les ventes de logement neuf ont baissé de 50 % par rapport à l'année précédente.

Euh cette année, on estime à 4 millions euh le nombre de personnes mal logées et à 2,8 millions le nombre de personnes en attente d'un logement social. Alors cette proposition de loi qui est examinée aujourd'hui au Sénat, elle a été adoptée le mois dernier par l'Assemblée nationale et elle est portée à l'Assemblée par le groupe Liot liberté indépendant autre mer et territoire pour simplifier les règles d'urbanisme qui sont jugées trop complexes et qui ralentiraient la construction de logement dans notre pays. 20 ans sépare ces deux versions du code de l'urbanisme avec 1200 pages dans le prer cas et 3600 pages dans le second cas. 20 ans pendant lesquels le législateur a multiplié pour chaque projet les précautions, les consultation obligatoires, les autorisations obligatoires, les études obligatoires avec un résultat prévisible et un inconvénient majeur, c'est que aujourd'hui en France les délais n'ont jamais été aussi longs.

Voilà, donc on a entendu à Rolart, l'auteur de cette proposition de loi, c'était le mois dernier à l'Assemblée. Ce texte précisément, il facilite la modification des documents d'urbanisme et il élargit les dérogations possibles aux règles d'urbanisme. Un exemple de dérogation avec ce texte concernant les hôtels à vocation sociale.

Et bien cette proposition de loi permet de déroger à l'obligation de loger dans ces résidences hôolières 30 % de public vulnérable et et bien on pourra ainsi loger par exemple des salariés des ouvriers quand il y a des projets de développement économique sur certains territoires. Et puis concernant les obligations de transition écologique qui sont comprises dans certaines règles d'urbanisme, et bien cette prohibition de loi assoupli l'obligation de construire des panneaux solaires sur les grands parkings des centres commerciaux ou encore de végétaliser les toits bâtiments publics rénovés. Amel Gaker, est-ce que vous pensez que ce texte apporte une véritable réponse à la crise actuelle du logement ?

Alors, c'est un texte très technique, assez peu politique, qui répond en fait à une grande attente aussi bien comme vous l'avez très bien à préciser he des acteurs du logement qui aujourd'hui subissent cette cette crise du logement, une baisse forte de la construction parmi tous les chouffres. Je vais pas revenir dessus, vous avez vraiment je trouve abordé en tout cas fait un panorama assez complet. Peut-être un chiffre supplémentaire, c'est - 14 % de permis de construire par rapport à 2024 en tout cas en un an.

Et donc oui, ça y répond. Pourquoi ? parce que aujourd'hui on a du mal à construire.

Pourquoi ? Parce que c'est trop long, c'est trop complexe et donc ça coûte trop cher. Et l'objectif, enfin il y en a deux, vous l'avez dit, c'est d'aller plus vite, c'est de réduire donc les délais, c'est de simplifier et puis c'est de donner aussi davantage de pouvoir de possibilités de dérogation aux élus locaux qui aujourd'hui n'en peuvent plus de ces contraintes, de cette inflation normative.

Le député Hart l'a dit, ce code de l'urbanisme qui a explosé de 55 % en 20 ans en terme de volume, c'est juste aujourd'hui un castetê pour nos élus, notamment dans les communes rurales. Parce que quand on est dans une interco, on a une ingénieurie, il y a pas de souci. Par contre, quand on est maire d'une petite commune avec une secrétaire de mairie qui est là une journée par semaine, ça c'est la réalité du terrain, c'est la réalité de mon territoire, de mon département, et bien c'est plus complexe.

Alors pourquoi certaines dérogations notamment sur le plan écologique ? Pourquoi déroger à des règles qui prévoyaient de construire des panneaux solaires sur les parkings des centres commerciaux ou de faire des toits végétalisés sur les bâtiments publics ? C'est c'est la transition écologique ce Alors ce oui bien sûr ce sont des dérogations.

Là où moi je je vais quand même mettre un peu de nuance et qu'il s'agit pas de s'asseoir sur toutes ces sur toutes ces obligations, mais peut-être plutôt de les assouplir. Pourquoi ? parce que toutes ces normes environnementales qui aujourd'hui s'entassent coûtent cher et vous parlez notamment de ces toiture sur lesquelles on peut végétaliser ou mettre en place des installations en fait de développement de d'énergie par oui de développement d'énergie renouvelable.

Aujourd'hui il faut savoir que ce sont des centaines de milliers d'euros supplémentaires sur certains projets qui font que certains projets ne sortent pas de terre justement. Mais au final, ça permet de peut-être faire des économies d'énergie et de s'y retrouver au niveau financier. Alors nous, la tendance qu'on a quand même en en France he ça me permet de pouvoir le dire, c'est c'est de laver plus blanc que blanc.

Et pourquoi je dis ça ? paré voilà et et c'est l'exemple type merci de l'avoir évoqué qui démontre encore une fois qu'on va toujours beaucoup plus loin que nos voisins européens et ensuite on se pose la question de savoir pourquoi on avance moins vite. Donc le sujet c'est pas de reculer, c'est plutôt d'assouplir.

Moi j'aime bien ce sujet-là parce que j'aime bien le terme pragmatisme mais c'est encore une fois ça. Donc, il s'agit pas de reculer mais plutôt de se mettre au même niveau que nos voisins européens pour répondre, je le rappelle, à ce besoin de logement des Français qui est un sujet aujourd'hui crispant véritablement. Alors, parmi les sujets d'actualité sur le logement, il y a la question de ma prime Rennove.

Il y a quelques jours, le gouvernement a annoncé la suspension de ma prime Renove. Finalement, hier, petite machine arrière, ma prime Renove ne sera suspendue que pour les travaux d'ampleur et ne sera pas suspendue pour les travaux monogestes, les petits travaux de rénovation, on va dire. Est-ce que c'est une bonne chose finalement ce retour en arrière ?

Alors, ça démontre bien que le gouvernement et particulièrement la ministre de logement Valérie, Valérie Lettard, a été euh très à l'écoute euh de ce que nous ont dit euh nos acteurs du terrain, vous l'avez dit, crise du logement, pénurie de logement aujourd'hui pour les Français et donc euh nécessité également de les accompagner dans leur projet de rénovation énergétique. Oui, c'est une bonne chose. Vous savez, pas plus tard qu'hier, j'étais en visite auprès au sein d'une entreprise de construction de menuseries de porte dans mon département à Douverrin qui me disait "Vous savez, c'est stop and go, c'est règles qui bougent sans arrêt notamment en matière d'accompagnement, d'aide pour la rénovation énergétique.

C'est juste catastrophique pour Mais il faut quand même revoir ma prime Rénov parce que la ministre elle elle a suspendé elle suspendait le dispositif en disant il y a des fraudes notamment, c'était l'une des raisons. Est-ce que pour vous il y a des fraudes et est-ce qu'il faut le revoir ? Alors oui, il y a des fraudes.

Les chiffres ont été donnés hein. Aujourd'hui, c'est un dossier sur 10 qui euh fait l'objet de fraude. Donc il y a bien un sujet là-dessus.

Est-ce qu'il faut revoir le dispositif ? Il y a une réalité hein, et je pense que c'est le premier enseignement qu'il faut tirer de ce qui vient de se passer, c'est que les Français aujourd'hui sont convaincus de ma prime rénove. Ils veulent rénover leur bâtiment pour des questions de pouvoir d'achat, pour des questions environnementales, pour des questions de confort.

Ça a eu comme conséquence une explosion du nombre de dossiers de demandes de ma prime rénove. Et donc nécessairement lorsqu'on reste sur du monogeste, lorsqu'on reste sur la rénovation globale et lorsqu'on voit le budget euh aujourd'hui qui est un budget qui a été quand même euh qui a un budget assez conséquent encore aujourd'hui qui risque de devoir augmenter mais on ne peut pas faire quand même des contraintes budgétaires dans lesquelles on est. Donc se poser la question de savoir est-ce qu'il faut redimensionner cette prime rénov pour moi n'est pas mal ça.

Je crois je crois que surtout et c'est ce que j'ai entendu hier et que je vais rappeler, on a une réunion tout à l'heure à à 10h30 avec la ministre du logement avec tous les acteurs qui sont impactés par cette par cette prime, c'est la stabilité, la stabilité et la stabilité. Alors voyez pas de malice dans mon clin d'œil mais la réalité c'est ça, c'est que tous les acteurs nous le disent. On peut on peut s'adapter mais pour ça il faut nous fixer un cadre et nous laisser agir dans ce cadre.

Alors besoin de stabilité mais pour résoudre cette crise du logement qui dure depuis des années, quelles mesures concrètes vous attendez de la part euh du gouvernement s'il fallait en en retenir quelques-unes ? Alors euh on a c'est une crise euh qui prend différentes formes multidimensionnelles et cetera. Moi, je crois que la première des choses, c'est de construire plus de logements.

Il y a un vrai sujet de Pinvie, vous l'avez dit sur le logement social. Aujourd'hui, on est à moins 85000 un peu moins de 85000 agréments de logement social sur 2024. Euh en 2010, on était à 120000 constructions de logements sociaux.

Donc construire davantage de logement, ça veut dire quoi ? Remettre redonner des fonds propres au logement social pour pouvoir construire davantage. Donc ça c'est un élément.

La PPAU dont vous avez parlé en simplifiant va permettre aussi également de pouvoir construire plus. Et puis après, il y a une mixité dans l'offre de logement qu'il peut être intéressant de travailler. Aujourd'hui, on a par exemple un bail, le bail réel solidaire dont on parle pas assez et qui est porté par les OFS, les organismes fonciers solitaires qui permettent de dissocier le bâti euh du terrain et qui permettent aussi aux Français de pouvoir acheter moins cher en tout cas leur logement.

Donc il y a des leviers aujourd'hui qui existent et puis l'autre levier c'est le levier fiscal. On a mis fin au Pinel contact, ça coûtait 7 milliards d'euros. On s'est posé des question, c'est l'incitation à l'investissement locatif.

Tout à fait. Merci. En effet de de le préciser, on a mis fin parce qu'on estimait voilà que c'était 7 milliards d'euros et que terme d'efficience, on pouvait se poser la question.

Pourquoi pas ? Mais on a rien pensé après. On a fait des économies aussi sur le secteur du logement.

Peut-être on a fait de grosses économies sur l'erreur à la base. Trop d'économie. Exactement.

Je parlais des je parlais des des bailleurs sociaux. Je parle de des ponctions sur action logement, ce qui a entravé très fortement leur capacité d'investissement. euh l'aide à la pierre qui a baissé euh l'augmentation des aides au logement, mais tout ça traduit quand même un recul de l'investissement.

En fait, il y a eu un désengagement de l'État sur cette question du logement pour progressif. Voilà, qui vient que je viens de traduire au travers des des éléments que je viens d'évoquer, je disais, un recul des aides à la pierre et surtout un investissement public qui a véritablement reculé. Est-ce qu'il y a aussi un un rôle des banques parce que les gens qui veulent acheter souvent ils ont du mal à se faire prêter de l'argent.

Est-ce que le l'une des clés, elle vient aussi de là ? Alors, c'est ce qui a surtout aggravé à la crise du logement au moment où on a eu une explosion des taux d'intérêt, multiplication quasi par 4 en en 18 mois. Donc ça, en effet, euh ça a gravé euh cette crise du logement et ça a empêché beaucoup de pouvoir reconcrétiser leur projet.

Les banques ont bien sûr un rôle à jouer là-dessus. Aujourd'hui, on assiste quand même à une stabilité des taux d'intérêt, ce qui est plutôt un bon signe. C'est le cas et les banques ont d'ailleurs d'autres rôles à jouer aussi bien sur l'acquisition de logement que sur la rénovation énergétique.

D'ailleurs, vous le savez, on présentera très bientôt. Je fais partie en fait d'une mission ministérielle qui travaille sur un projet de banque de rénovation du logement dont les conclusions seront présentées la semaine prochaine. Donc oui, les banques ont un rôle à jouer et nous avons déjà des échanges et des discussions avec les banques pour pouvoir nous accompagner sur cette crise du logement.

Il y a aussi la question du logement social, vous en avez un petit peu parlé. Est-ce qu'aujourd'hui il y a encore des problèmes avec certains élus, certains maires qui ont du mal à construire le nombre nécessaire de logements sociaux ? Vous dire que ça n'existe pas, ce serait mentir.

Ça, ça existe mais c'est loin d'être la majorité des élus. On a même des élus. Hier, toujours dans mon département hein, je suis arrivé hier soir à Paris, je participais à un comité local de cohésion territoriale qui rassemble des représentants de l'État qui qui qui rassemblent pardon des élus.

Et certains élus de communes rurales nous disaient "Bah nous c'est dommage, on aimerait bien proposer construire des béguinages par exemple pour personnes âgées, garder nos personnes âgées dans nos communes rurales. Mais aujourd'hui, on n' pas de bailleurs sociaux présents pour pouvoir le faire." Donc je ne suis pas en train de dire que les bailleurs sociaux n'investissent pas tous les territoires.

C'est le cas pour certains, mais c'est le cas aussi pour certains maires qui aujourd'hui ne veulent pas forcément y aller. Mais c'est pas la majorité loin de là des maires. Il faut revoir la loi SRU qui impose notamment des quotas de logement.

Je crois surtout qu'il faut tenter de l'appliquer. On a déjà mis en place aujourd'hui, vous savez, des contrats qui permettent de négocier avec les PRF, la mise en place ou l'atteinte des objectif, qu'on aille à faux, qu'on évalue ces l'impact de ces contrats à aujourd'hui. En fait, encore une fois, c'est aussi c'est un défaut que nous avons, c'est de vouloir refaire des lois alors queon n on on ne les applique pas déjà ces lois.

Et donc, il y a peut-être déjà un sujet là-dessus. Merci Alex. On se retrouve dans une demiheure.

Tout à l'heure, on parlera du conclave sur la réforme des retraites. On attend la fumée blanche. Ce sera à suivre dans le club.

On va voir l'actualité dans votre région. Amel Gak pour terminer, on va à Lille dans le nord. On retrouve Pierre- Jérôme Montenau.

Bonjour Pierre Jérôme, merci d'être avec nous. Rédacteur en chef à Wo TV, la télévision locale. Et Pierre Jérôme, vous vouliez revenir vous sur l'audition du président d'Arcelor Mital France.

C'était le 28 mai dernier au Sénat. Oui, bonjour madame. Bonjour à tous.

Bonjour madame la sénatrice. Donc vous avez reçu le président d'Arscelor Mital France Alain Legrix de la salle le groupe mondial de de sidérurgie a annoncé récemment deux choses des licenciements sur les sites français dont 295 à Dunkerk et puis aussi des investissements pour un four électrique toujours à Dunkerc mais à confirmer. Après cette audition, est-ce que vous pouvez nous dire que bien Arcelor va rester à Dunker ?

Et sinon, quels sont les clés pour qu'il reste ? Alors, écoutez, euh j'étais présente, hein, pendant cette audition qui euh qui bien sûr m'intéressait au plus haut point euh bien sûr dans mon département, mais au-delà de ça, et on a un vrai sujet aujourd'hui sur l'acier de souveraineté industrielle, euh on sait que aujourd'hui Arcelor Mital est un acteur clé pour certains de nos secteurs en matière de transport, en matière d'industrie d'armement notamment, mais entre autres. Euh pour ce qui est des garanties, euh pour ma part, j'en vois plusieurs dans ce que j'ai entendu hein de ce que disait euh le président et et tant mieux hein, c'est une volonté de rester aujourd'hui en France mais euh on doit poser plusieurs conditions.

L'État euh s'est engagé à mettre 850 millions d'euros pour la décarbonation du site euh notamment de Derkque. Moi je pense que c'est 850 millions d'euros, il faut les mettre sur la table si et seulement si Arcelor Mital s'engage vraiment et aller au bout de son investissement parce qu'il a été annoncé mais à aujourd'hui il n'y a pas d'engagement concret. En tout cas, moi je le vois pas et je ne crois que ce que je vois.

Euh ça c'est la première chose. Autre engagement, c'est aussi au sein de l'Union européenne sur le protectionnisme, la protection en fait de notre acier euh face euh à l'acier aujourd'hui qui est subventionné, hein, et je euh je pense à l'acier chinois, l'acier euh indien que nous importons massivement, que nous importons beaucoup plus maintenant depuis depuis notamment 2020 puisque c'est près de 14 % d'aciers subventionnés que nous importons davantage. Et puis euh et puis autre garantie que nous attendons, c'est sur le prix de l'électricité.

On se doit aujourd'hui de permettre à Arcelor Mital une certaine viabilité économique si bien sûr il s'engage à rester chez nous et ça passera par une négociation aussi du coup du prix d'électricité. Donc voilà les garanties que nous devons euh avec Arcelorbital au côté ou face à Arcelor Mital euh essayer d'avoir pour faire en sorte que ce site reste aujourd'hui en France parce qu'il y a aussi derrière un enjeu d'emploi, un emploi industriel, vous le savez, c'est trois emplois indirects et au sein de notre région comme partout dans notre pays, ça reste un sujet essentiel. Merci.

Merci Pierre Jérôme Montenu, merci beaucoup d'avoir été avec nous rédacteur en chef à Wo TV et merci beaucoup à Amel Gaker d'avoir été avec nous pendant cette première demi-heure. On suivra l'examen du texte sur le logement. Ce sera tout à l'heure au Sénat.

On aura évidemment l'occasion d'en reparler avec vous. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pendant cette première demi-heure dans 20 minutes dans le club des territoires. On reviendra sur le conclap sur les retraites ainsi que sur la situation entre Israël et l'Iran.

Et on va d'ailleurs en parler tout de suite avec notre invité. C'est Jean-Louis Bourlange qui nous rejoint. [Musique]