Mercosur, dermatose nodulaire, budget... Arnaud Rousseau (FNSEA) après sa réunion à l'Assemblée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va écouter justement le patron de la FNSE à la sortie de sa rencontre. La question n'était plus euh tenable depuis maintenant bien des semaines. J'avais eu l'occasion déjà de de la voir et puis nous avons passer un petit peu de temps à discuter des solutions qui peuvent être trouvées parce que c'est aussi ça qui nous intéresse, c'est qu'est-ce qu'on propose aux agriculteurs ?
Il y a des sujets européens, il y a des sujets de gouvernement mais nous étions à l'Assemblée nationale et vous savez que nous on porte l'ambition d'un texte. Nous avons discuté de ce texte et du créneau qui pourrait être offert pour pour que ce texte soit discuté par les les parlementaires. C'est ce que nous avons fait.
Nous avions il y a auparavant avec le le président du Sénat avec lequel nous avons la même conversation. Les agriculteurs ne croient plus dans la parole publique. Les agriculteurs veulent voir des résultats tangibles et concrets.
C'est ce que j'ai dit à la présidente de l'Assemblée nationale. Nous sommes évidemment conscients que tout ça ne peut pas se faire. Un texte ne peut pas se faire en une poignée de jour.
Mais en tous les cas, nous avons besoin que rapidement euh on puisse savoir si oui ou non c'est possible qu'il y ait un texte agricole avec des mesures qui sont très attendues. On parle de la prédation, on parle de la question de l'eau, on parle de la transformation. Euh voilà, on lui a donné des exemples très concrets de choses qui ne fonctionnent pas.
Ce texte reste à construire. Évidemment, il appartiendra au parlementaires de de s'en saisir. Mais la question c'est oui ou non est-on prêt à travailler à des solutions pour l'agriculture ?
C'est ce que nous lui avons demandé. Est-ce que vous avez des perspectives ? Est-ce qu'elle vous en a donné ?
Écoutez, d'abord, c'est la responsabilité du gouvernement de le faire. Elle a elle-même un pouvoir d'initiative, donc je ne sais pas si elle en usera. Je pense qu'elle a la volonté de discuter avec le gouvernement.
Voilà, nous avons vu nous hier soir le ministre des relations avec le Parlement. Nous continuons à faire le travail. Moi je le redis, vous voyez la colère qui s'exprime en agriculture.
Et cette colère, je l'ai redit, elle est parfaitement légitime, mais cette colère, elle nécessite que les gens qui exercent le pouvoir apportent des réponses. Donc, il y a les réponses de court terme, ce seront celles que le premier ministre s'est engagé à nous apporter demain matin. Il y a des réponses européennes et vous savez que dès ce weekend sur le Mercur, on va être au cœur des enjeux parce que c'est aussi une crise de la vision euh que nous subissons. crise économique qui nécessite que des réponses rapides soient apportées, mais on a aussi besoin de donner un peu de vision ce que nous n'avons pas en agriculture depuis trop longtemps et il suffit de regarder les chiffres de l'agriculture que ce soit les chiffres de nos fermes et les résultats de nos fermes, que ce soit les chiffres de la balance commerciale, de la valeur créée.
Or vous le savez, nous nos fermes, elles sont pas délocalisables et donc pour le monde agricole, il n'y a pas d'alternative que de se battre pour conserver une vision de ce métier et pour conserver tout simplement la possibilité de vivre de son métier. Voilà. Donc nous l'avons dit au gouvernement, nous l'avons dit évidemment au premier ministre lundi, nous avons vu un certain nombre de de personnalités politiques de premier plan.
Le président du Sénat nous a reçu, la présidente de l'Assemblée nationale nous a reçu. Maintenant, écoutez, c'est à eux qu'il appartient de dire comment nous allons faire. Ça, c'est pour le sujet national, mais je n'oublie pas que le sujet européen est un sujet de premier plan aussi.
Et on va pouvoir mesurer quel est le poids de la France dès ce weekend. Ma crainte, c'est que la France ne pèse plus en Europe ou en tous les cas pas suffisamment pour défendre ses intérêts agricoles. Je rappelle que en tous les cas pour nous ce qui compte c'est que la France défende ses intérêts.
L'agriculture française est la première agriculture sur ce continent et nous nous attendons qu'elle soit défendue. Et ce qu'on constate, c'est qu'on va nous expliquer courtoisement mais poliment que finalement on va importer du reste de la planète des produits qui ne correspondent pas à nos standards. Donc je crois que l'opinion publique l'a maintenant compris et on les remercie du soutien qu'il nous qu'il nous apporte.
Mais je le redis, ce qui compte c'est le court terme parce que nombre de nos collègues ne savent pas comment ils vont passer l'année. Mais il y a aussi cette question de la vision et puis je le dis cette défiance vis-à-vis de la parole publique. Et pour restaurer la confiance, il faut donner il faut délivrer des actes très concrets dans les cours de ferme.
Voilà ce qu'on dit, ce qu'on répète, à qui veulent entendre. Merci de vous en faire le relais. Mais maintenant, c'est la c'est la période des réponses qui va commencer demain et pour lequel on va continuer à se mobiliser.
Puis vous avez compris que sur le plan européen, parce qu'on a déjà anticipé la suite et qu'il est pas question pour nous de baisser les bras, on veut se battre auprès des parlementaires puisque vous savez que cet accord du Mercossur nécessitera une validation du colégislateur, c'est-à-dire des parlementaires européens. Et donc on s on entend se se mobiliser dès le 20 janvier à Strasbourg avec nos homologues européens agricoles pour convaincre les eurodéputés qu'il faut saisir qu'il faut une saisine de la commission de la de la Cour de justice européenne pour qu'elle rende un avis sur cet accord du Mercossur parce qu'il nous semble qu'à bien des égards, il n'est pas conforme au cadre européen mais ça sera encore une fois à la juridiction compétente de le dire et que si nous avions une majorité pour pour cette saisine et bien le temps que la juridiction rende son avis, l'accord serait suspendu. Donc nous continuons le combat pour ce qui nous concerne parce que jamais nous n'accepterons qu'arrivent en France des produits qui sont faits avec des méthodes ou ou des produits qui sont parfois interdits sur le continent européen depuis plus de 25 ans.
Ça protège le consommateur, ça protège la santé publique et je le redis, nous nos nos fermes ne sont pas les délocalisables. Donc ce combat pour nous, c'est un combat existentiel et on continue à le mener. Ça va être quoi la suite de la mobilisation pour les prochains jours ?
Est-ce que vous vous appelez à des blocages comme la coordination ? Non mais les blocages, ils existent déjà, vous savez, il y a pas que Paris, nous on a 40 départements qui sont en action. Je vous invite à regarder ce qui se passe partout en France.
Partout, c'est bloqué. Et le sujet, c'est pas de la coordination rurale ou ou la FNSEA ou les jeunes agriculteurs ou la confédération paysane. Le sujet, c'est qu'est-ce qu'on est capable d'avoir comme vision et comme mesure.
Vous savez, beaucoup d'agriculteurs ne sont pas syndiqués en France. Voilà. et ils attendent pour autant des mesures très claires et rapides.
Parce que quand vous parlez par exemple à un viticulteur qui souhaite arracher ses vignes parce qu'il a pas de solution, la question qu'il pose ce matin très concrètement c'est est-ce que je taille mes vignes ou est-ce que je les taille pas ? Et si je peux les arracher, je ne taille pas mes vignes. Mais pour autant, il faut qu'on me le dise tout de suite.
Voilà, vous voyez, ça c'est très concret. Quand vous devez acheter de l'azote pour faire pousser vos céréales ou pour nourrir vos vos pour ou pour faire pousser vos l'herbe de vos prairies, et bien c'est cette réponse c'est maintenant parce que on a compris depuis hier qu'il y aurait peut-être une suspension sur les engrais du mécanisme d'ajustement carbonau frontière mais cette mesure serait rétroactive. Le sujet c'est que soit on nous dit tout de suite c'est bon et les prix baissent soit on aura peut-être une décision dans 3 ou 4 mois mais ce sera trop tard parce qu'il y a des réalité concrète de la vie d'agriculteur sur le terrain.
Donc on a besoin de ça. Donc les actions elles continuent partout et si le Mercossur devait être amené à signer tout de suite que on continuera évidemment à contrôler que ce qui rentre dans ce pays est conforme à son qu'on nous demande. une question de bon sens et donc je le dis tout de suite, si on on tombe sur des œufs ukrainiens qui sont pas conformes, si on tombe sur des produits brésiliens qui sont pas conforme, on ne laissera passer et puis ensuite on aura évidemment le sujet de la réaction à moyen terme.
Donc tout le monde a intérêt aujourd'hui à ce que on fasse en sorte d'apporter des réponses. Personne n'est naïf. Nous ne le sommes pas depuis bien longtemps.
Vous savez qu'aujourd'hui il y a un gros doute sur les déclarations. Donc les réulteurs veulent voir. Voilà, ils veulent voir et c'est bien normal.
Maintenant, c'est plus le temps de la crédulité, c'est le temps des actions. Monsieur Rousseau, concernant une éventuelle nouvelle loi agricole d'exception euh que vous appelez de vos vœux, la question que vous soulevez, c'est celle du calendrier. Est-ce que vous avez eu une réponse ?
Est-ce qu'il y aura un créneau parlementaire ? C'était la question que vous vouliez aussi poser. C'est évidemment la question que nous avons posé à la présidente de de l'Assemblée nationale qui évidemment j'ai du mal à loucher, pardonnez-moi.
C'est aussi la question que nous avons posée à la présidente de l'Assemblée nationale. Vous savez, on sort d'un projet de loi d'orientation agricole dans lequel on nous a baladé pendant 2 ans et demi avant de trouver un créneau. Donc vous voyez bien que là on peut pas attendre et puis on sait que ensuite va venir la période de l'élection présidentielle et que le débat que nous appelons de nos vœux autour de la question agricole et de son ambition pour ce pays soit tranché.
Mais il nous semble que il faut absolument qu'on trouve un créneau d'ici le mois de mars avril. Elle nous a évidemment pas donné de réponse précise mais nous en tous les cas une fois de plus à la FNS, on a fait une demande très précise. Oui ou non peut-on avoir un texte ?
Et peut-on l'avoir dans un délai qui permet d'apporter concrètement des réponses aux agriculteurs ? Et puis ça c'est pour l'avenir. Mais on lui a aussi parlé des décrets d'application d'un certain nombre de lois.
Je pense notamment à la loi sur les entraves à l'agriculture qui a été promulgué par le président de la République le 13 août et pour lequel nous attons toujours des décrets. Et ça aussi ça met des doutes parce que quand vous avez nous ditons, le Conseil d'État une consultation publique, ce qu'on comprend très bien, il y a pas besoin non plus de 6 mois pour le faire. Voilà, donc on a besoin maintenant que les choses débouchent.
C'est ce que nous avons dit à toutes les personnalités politiques. Nous avons rencontré depuis des semaines maintenant. Les choses sont paroxistiques parce que les agriculteurs sont excédés partout en France.
Et bien, il faut ces réponses. Est-ce que vous appelez aussi les responsables parlementaires à voter un budget, un certain nombre de mesures ? Nous avons besoin d'un budget.
Je je l'ai dit publiquement, je le redis devant vous, nous avons besoin d'un budget pour que les promesses qui ont été faites au monde agricole puissent s'exécuter en viticulture. Notamment, la crise viticole pour pouvoir trouver des réponses à court terme a besoin que le budget soit adopté. Et ensuite, il appartient aux parlementaires de savoir dans quel cadre, encore une fois, on est très respectueux des débats parlementaires, mais enfin on a besoin d'un budget pour faire fonctionner ce pays et l'agriculture pour avoir des réponses aux promesses qui ont été faites a besoin d'un budget.
Je vous prends l'exemple viticol parce que c'est celui qui est le plus frappant en ce moment. Et encore une fois, le viticulteur où il taille sa vigne où il la taille pas, mais il peut pas attendre 6 mois qu'on veuille lui dire "On verra." Donc euh vous voyez, à chaque fois derrière des décisions publiques, il y a des vies, il y a des choses très concrètes qui se passent dans nos cours de ferme et les agriculteurs ne peuvent plus attendre.
Yaël Braun-Pivet