Affiche visant Cyril Hanouna : "C'est grave, c'est irresponsable", dénonce Clémentine Autain, députée "Ecologiste et Social", ex-LFI
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France Info Bonjour Clémentine Autain. Bonjour. Plus d'une centaine de marches aujourd'hui partout en France contre le racisme, l'antisémitisme à l'appel d'associations, de syndicats. Et dans ce contexte, la France Insoumise a été condamnée pour une affiche, non pas sur le fond, mais pour atteinte à l'image de Cyril Hanouna. Une affiche qui appelait justement à cette manifestation. Est-ce que ça veut dire que la France Insoumise a encore sa place à vos yeux dans cette manifestation ? Ou est-ce qu'elle vient polluer cette journée ?
La polémique autour de cette affiche a évidemment pollué l'appel à cette journée. Et je veux rappeler qu'il y a 500 associations, partis, qui appellent partout en France aujourd'hui à se mobiliser contre le racisme et le fascisme. Nous sommes dans une période qui est une période très trouble de notre histoire, avec une vague brune qui souffle très fort, notamment trumpiste. Et en France, la menace de l'extrême droite, qui a maintenant quasiment un pied dans la porte et il va falloir l'en déloger, est là, sous nos yeux. Donc ce qu'il faut aujourd'hui, c'est rassembler toutes celles et ceux qui sont attachés à l'égalité et qui vont dans la rue défendre l'égalité.
Mais Clémentine Autin, ces affiches qui caricaturent Cyril Hanouna, clairement avec des codes graphiques anti-juifs, je reprends la question d'Adrien, est-ce que les insoumis ont leur place dans ces manifestations, dans ce cadre-là ?
Mais les insoumis, là c'est une erreur de Jean-Luc Mélenchon de communication et de la direction de la France Insoumise qui a manqué de clarté. Ils ont retiré cette affiche. On ne peut pas dire que les militants insoumis, excusez-moi, mais on ne peut pas dire que les militants insoumis n'ont pas leur place dans une manifestation contre le racisme et l'antisémitisme. Il y a une inversion de l'histoire. Ce que je veux dire, notre histoire à gauche et les militants insoumis sont des gens de gauche. Notre histoire, normalement, elle est claire. Nous avons été, nous sommes même rassemblés et fondés sur l'histoire de l'affaire Dreyfus. Et donc c'est notre combat.
Mais comment vous expliquez qu'elles aient pu être conçues, ces affiches, chez les insoumis que vous décrivez telles que vous les décrivez ? C'est un dérapage ou c'est plus que ça ?
C'est grave, c'est profond, c'est grave, c'est irresponsable.
Ce n'est pas un dérapage à vos yeux ?
C'est un dérapage, c'est une erreur manifeste.
Pardonnez-moi, juste pour préciser, erreur, ça veut dire qu'il n'y a pas forcément de volonté de la comète. Ça peut être une erreur, on peut faire une erreur sans faire attention. La question de Bérangère était, est-ce que ça a pu être volontaire ?
Le problème, c'est que, comme on dit, errare humano est perseverare diabolicum. Ça veut dire qu'on a le droit de faire des erreurs, mais quand on persiste, c'est diabolique. Donc c'est Jean-Luc Mélenchon qui est diabolique, avec cette colère. Laissez-moi terminer, je vous assure, je vais vous répondre, il n'y a pas de souci. Jean-Luc Mélenchon ne me paraît pas à la hauteur du moment, de ce point de vue-là, parce qu'il ne reconnaît pas que c'était une erreur, qu'il met cela uniquement sur le dos d'une campagne de l'extrême droite qui, en effet, en profite, évidemment, pour le faire.
Mais aujourd'hui, ce qu'on demande à la France insoumise, c'est de la clarté dans le combat contre l'antisémitisme et de la formation aussi. Vous savez, quand vous êtes un grand leader, comme c'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, cultivé, comment pouvez-vous dire, on ne sait pas, on n'a pas ses affiches ? Bien sûr qu'il sait. Comment peut-on ne pas connaître cette histoire, ne pas savoir que cette iconographie, elle est évidemment empruntée à celle de l'antisémitisme des années 30 ? Donc je pense que dans le moment que nous traversons, qui est un moment difficile face à l'extrême droite, nous n'avons pas droit à ce type d'erreur.
Et quand on l'a fait, cela suppose ensuite de bien poser les mots, comme à chaque étape où il y a eu des polémiques sur des formulations qui n'allaient pas, sur des formes de dérapage, je pense que dans ce cas, il faut clarifier de manière extrêmement nette les choses et former les jeunes générations. Et moi, c'est ce que je reproche le plus aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il a une responsabilité en tant qu'émetteur, en tant que leader vis-à-vis des jeunes générations. Et on ne peut pas, si vous voulez, le combat contre le racisme, contre la haine des musulmans, il doit être accompagné toujours du combat contre l'antisémitisme.
Votre constat est très clair, mais quelle conclusion vous en tirez ? Quand il dit ça suffit sur un plateau de France 3, c'est lui, ça suffit Jean-Luc Mélenchon ?
Je pense que ça suffit, ces histoires. Oui, je pense que là, ça a pollué l'appel à la manifestation. De quoi on parle ce matin ? Franchement, on a autre chose à faire, je vous assure. Donc ce matin, moi, ce que je dis, c'est que nous devons être mobilisés contre les actes racistes et antisémitistes qui sont en explosion. Ils ont été multipliés par trois depuis le 7 octobre. Donc on est dans un moment aussi où on sent qu'il y a des blessures, les gens ne se parlent plus, on est dans une concurrence victimaire qui est épouvantable, absolument épouvantable. Donc il faut arrêter ça. Et la responsabilité de la gauche, c'est d'être irréprochable sur tous les sujets qui touchent à l'égalité.
Pas l'identité. Ne rentrons jamais dans ça. Vous savez, vous mettez le doigt dans l'identité. Ça, vous dites ça à Olivier Faure, par exemple. Tout le monde.
Olivier Faure, il dit que voilà, c'est un débat qui peut exister.
Non, la guerre, je vous assure, l'identité, c'est un sujet amené par l'extrême droite et qui est favorable à l'extrême droite. Ce n'est pas une question. Après tout, notre combat à nous, c'est celui de l'égalité.
Mais la gauche pourrait proposer une identité, c'est ce que dit Olivier Faure, je ne suis pas son porte-parole, mais il dit voilà, la gauche peut proposer aussi une identité avec des valeurs de gauche, une identité française avec des valeurs de gauche, c'est possible.
Je vous le redis, je pense que notre bataille à nous, c'est l'égalité. Voilà, parlons d'égalité. Ça, ça fait partie en effet de notre histoire française.
Il parle de quoi alors Jean-Luc Mélenchon à vos yeux en ce moment ? Comment ça il parle de toi ? Il faut qu'on parle d'égalité. Il parle de quoi Jean-Luc Mélenchon, les insoumis ? Vous dites voilà, ils ne sont pas dans le mouvement qui est...
Non, je parle uniquement de l'affaire de l'affiche à Nuna et d'autres termes qui ont été, voilà, des formes de dérapage. Mais on ne va pas faire toute l'émission sur ça ce matin. Excusez-moi, je vous ai dit les choses très clairement. Maintenant, on a beaucoup de sujets à aborder et je trouve que ce n'est pas possible. Oui, mais ce n'est pas possible que la gauche... Ce n'est pas de votre faute, je dis juste que ce n'est pas possible. C'est aussi un peu la responsabilité des journalistes qui sont en boucle. Ah bah tiens !
Mais si, aussi ! Ces affiches-là, la réaction de Jean-Luc Mélenchon, là pour le coup, si vous en mettez, on va aussi répondre. C'est important d'en parler.
Oui, mais vous voyez bien qu'on ne peut pas faire toute l'émission sur ce sujet-là. Donc il y a une responsabilité. Et je vous ai répondu très clairement. Je pense que les insoumis, en tant que militants, beaucoup sont heurtés par ce qui se passe et sont malheureux. Et d'imaginer que des insoumis n'aient pas leur place dans une manifestation contre le racisme et l'antisme...
Jean-Luc Mélenchon lui-même, ça pour le coup, dans la manif ?
Écoutez, c'est son problème. Je ne sais pas quel accueil lui serait réservé. Et je pense qu'il faut vraiment qu'on passe à autre chose et qu'il balaye devant leur porte et qu'il soit capable de poser des mots justes et de former les nouvelles générations autrement.
Je ne peux pas être plus claire. Et ce matin, Clémentine Autain, députée NFP de Seine-Saint-Denis, ex-insoumise, qui vous siégez désormais avec les écologistes. Vous êtes aussi l'auteur de L'Avenir, c'est l'esprit public aux éditions du Seuil. On va y venir peut-être via cette information qui nous arrive ce matin. Les services de François Bayrou indiquent qu'ils ont écrit une longue lettre, un roman fleuve, à tous les présidents de groupes parlementaires pour annoncer ces quatre grands chantiers dont on parlait à l'instant dans le fil info. Avec des mesures, par exemple, annoncées dès la semaine prochaine sur le sujet de l'éducation, des mesures sur la formation des profs.
Est-ce qu'il y a... Alors, le reproche était fait à François Bayrou d'une forme d'immobilisme ces dernières semaines. Est-ce que vous dites quoi ? Dont acte, l'éducation, l'accès aux soins, la bureaucratie, ça va avancer ?
Je n'ai pas lu la lettre de François Bayrou encore, donc j'entends ce que vous en présentez. Mais immédiatement, je pense aux annonces qui ont été faites il y a quelques jours à peine, de gel de plus de 9 milliards d'euros dans le budget de l'État et de la Sécurité sociale. Donc, qu'est-ce qu'il va faire ? Qu'est-ce qu'il va faire pour les centres de santé ? Qu'est-ce qu'il va faire pour améliorer notre système éducatif ?
Par exemple, est cité le fait de soutenir des propositions de loi parlementaires. On pense à la proposition de loi Garot, enfin, sur les déserts médicaux.
Oui, mais tant mieux. Mais si vous voulez combattre les déserts médicaux, c'est-à-dire conforter des politiques pour des centres de santé, vous avez besoin de moyens financiers. Et l'une des difficultés...
De médecins aussi, mais...
L'une des difficultés dans laquelle se trouvent aujourd'hui les services publics, c'est que nous avons des budgets qui sont sans arrêt au rabais, alors que les besoins augmentent. Donc, ça ne suit pas. Et que, par ailleurs, vous avez une espèce d'idée, en permanence, que le marché sait mieux faire. Toutes les vagues de privatisation, toute l'importation aussi de normes de management issues du privé, où on veut que les services publics soient rentables, ce qu'ils ne peuvent pas être, et qui donnent des situations à l'absurde. Vous savez, par exemple, qu'à l'hôpital, quand on meurt à minuit 5, il arrive très régulièrement que des agents notent minuit moins...
Quand on meurt à minuit moins 5, que, pardon, les agents mettent minuit 5 pour gagner une journée. Pourquoi ils veulent gagner une journée ? Parce qu'une journée, c'est 4000 euros. On est dans ce moment...
J'entends, c'est la tarification à l'acte, effectivement. Mais sur la philosophie de François Bayrou, qui, quand même, présente, semble-t-il, on n'a pas le détail, mais des mesures qui se veulent consensuelles, vous vous dites, on peut regarder un certain nombre de choses, ou, parce que le budget qui a été voté, on n'est pas d'accord avec, on ne votera rien,
on s'opposera et on essaiera de censurer le plus tôt possible ? Moi, il m'arrive de regarder. Quand une loi me paraît juste, je la vote. On n'est pas sectaire. On regarde concrètement. Mais on sait aussi quel est le choix budgétaire de ce gouvernement et on sait aussi quel est le choix idéologique de ce gouvernement. Vous avez parlé de la bureaucratie à la bonne heure. J'ai hâte d'avoir ce débat. D'ailleurs, je l'ai eu avec Valérie Pécresse dans l'Obs la semaine dernière. Quelle est leur idée, eux, sur la bureaucratie ? Ils pensent que la bureaucratie, elle vient du fait qu'il y aurait trop de rigidité chez des fonctionnaires qui sont un peu des feignants.
Il évoque une loi de simplification économique.
Voilà, toujours les mêmes mots, modernisation, simplification. En réalité, ça, c'est très exactement la politique du chiffre en permanence, où tout est chiffré. Et concrètement, quand tout est normé, tout est fait à partir de reporting, ça donne des choses aussi dingues qu'à Pôle emploi, France travaille maintenant, il vaut mieux, pour faire du chiffre, pour avoir sa prime, pour avoir de l'argent pour le service, il vaut mieux s'occuper de gens qui sont plus près de l'emploi que des gens très éloignés de l'emploi,
parce que ça va vous prendre plus de temps. Il y a zéro sujet de bureaucratie, Clémentine Autain, quand on voit, par exemple, la solidarité à la source, par exemple. Alors, c'est un sujet qui revient souvent, mais on sait que certaines personnes ne prétendent pas aux aides parce que c'est trop compliqué, etc. Donc, il y a quand même des sujets, y compris à gauche, sur lesquels vous pouvez être sensible.
J'invite à lire mon livre sur l'esprit public parce que je suis la première à défendre précisément le fait qu'il faut en finir avec la bureaucratie. Là où nous avons un désaccord, c'est quelle est l'origine de cette bureaucratie. Quand vous diminuez le nombre de postes alors que les besoins augmentent, les gens sont sursassurés. Quand vous éloignez du rapport de proximité avec les usagers, parce qu'en permanence, vous êtes là à devoir compter ce que vous êtes en train de faire, de reporter l'activité que vous êtes en train de faire. Quand votre prime, elle est liée à la politique du chiffre qui, dans certains secteurs, n'a aucun sens.
Dans la police, par exemple, il vaut mieux s'occuper du vol parce que là, vous arrivez à résoudre les choses et donc à faire du chiffre que de lutter contre le proxénétisme parce que ça, c'est très long et très compliqué. Donc oui, il y a de la bureaucratie. Maintenant, il faut savoir comment on lutte contre la bureaucratie et c'est là où vous verrez que nous aurons des débats sans doute très intéressants et beaucoup de désaccords avec François Bayrou.
Votre livre, Clémentine Autain, sur l'esprit public, c'est un plaidoyer pour les services publics ? Pas seulement. Il y a aussi ça et dans un contexte et ça nous ramène sans doute à l'actualité ukrainienne notamment, dans un contexte budgétaire contraint, vous voyez bien le débat de ces dernières semaines, vous parlez des besoins en matière de santé mais comment on évite finalement, comment on va éviter de devoir choisir entre la santé et les armées ? Il faut penser aux recettes
et c'est l'impensé depuis des décennies maintenant où on nous explique sans arrêt qu'il n'est pas possible d'aller chercher des recettes nouvelles. Donc c'est la taxe Zuckman ? La taxe Zuckman que nous avons fait adopter avec ma collègue Eva Sass à l'Assemblée nationale et qui va être reprise au Sénat probablement en juin, elle vise précisément à taxer ceux qui gagnent, qui ont un patrimoine de plus de 100 millions d'euros et de les taxer à hauteur de 2%. C'est un implopo plancher et avec uniquement cela, on dégage entre 15 et 25 milliards pour les recettes publiques. Des mesures de cette nature... Ça concerne à peu près
200 foyers, on est d'accord ? Non, 1800. Pardon ? A peu près 1800 foyers en France. Je dois confondre les chiffres, mais en tout cas, c'est pas... Je veux dire, vous dites 100 millions de patrimoine, finalement, pourquoi on n'élargit pas l'assiette ? On peut.
On peut l'élargir, l'assiette,
on peut discuter. Et là, ça fait fuir sans doute quelques investisseurs.
Non, je suis désolée, mais cet argument n'est pas un bon argument. Et nous le vérifions parce qu'il y a des études qui sont menées. C'est-à-dire, quand vous faites des politiques qui taxent les ultra-riches, il n'y a pas de mécanisme immédiat qui fait que les gens déménagent tout et changent toute leur vie sociale. Mais par exemple, Clémentine Autain... Aujourd'hui, je vais être très concrète. Aujourd'hui, quand vous prenez l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales, les taxes de type TVA, vous mettez tout. Et que vous regardez ce que paie la moyenne des Français, c'est 50% par rapport à ce qu'ils gagnent. Les ultra-riches, c'est 27%.
Donc aujourd'hui, si vous voulez réhabiliter l'impôt et trouver des marges de manœuvre pour satisfaire les besoins de la population, alors il faut tout simplement que les riches payent leur dû. C'est-à-dire au moins
autant d'impôts que la majorité des Français. Vous avez entendu le débat, Clémentine Autain, sur ceux qui disent, par exemple, les créateurs de Mistral, IA, dont l'entreprise aujourd'hui est valorisée à plusieurs dizaines, si ce n'est plusieurs centaines de millions d'euros, mais qui n'ont pas forcément, qui ne gagnent pas forcément beaucoup d'argent grâce à cette entreprise, pourraient être taxés. Or, ils n'ont pas forcément les moyens financiers de payer aujourd'hui, même s'ils sont propriétaires de leur entreprise.
Non, mais là, il y a quelques cas, en fait, vous parlez de la taxe Zuckman, il y a quelques cas, c'est tout petit, c'est ce qu'on appelle les licornes, c'est tout petit. Ça, il faut les exclure. On peut avoir une discussion pour savoir comment les exclure ou comment postposer, si vous voulez. C'est toujours la question de la création, etc., de l'innovation. Je connais la fable néolibérale par cœur, tous ces arguments qu'on nous resserre à noséames depuis 40 ans. Je n'en peux plus. Donc, ça suffit. Tout ça est toujours pour légitimer que ce n'est pas possible d'aller chercher l'argent là où il est. Vous savez que les riches se sont enrichis ces dernières années.
Crise du Covid, crise en tout genre, de partout. Les gens qui n'arrivent plus, non pas seulement à finir les mois, mais en début de mois, qui ont des problèmes pour se nourrir sainement, qui ne trouvent plus de logement, avec un système de santé qui est aux abois, une éducation nationale qui est en lambeaux avec des profs qui sont très mal payés aujourd'hui. Quand vous avez cette situation-là, je suis désolée, il faut prendre des mesures et ce sont des mesures de justice fiscale et sociale qui s'imposent aujourd'hui.
Merci à vous, Clémentine Autain, députée Nouveau Front Populaire de Seine-Saint-Denis, ex-insoumise, et vous siégez désormais avec les écologistes, je le précise. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci Bérangère Bond. Sous-titrage Société Radio-Canada
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Clémentine Autain