Jean-Marc Borello, président-fondateur du Groupe SOS, délégué adjoint d'En Marche – 11/01
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
On me dit un certain nombre de choses, mais c'est un citoyen ordinaire qui vient vous voir.
- 1:09FerméeÉludée
D'abord, est-ce que c'est vrai ou pas vrai ?
- 1:30OuverteRéponse partielle
Quel casting pour ce nouveau gouvernement ?
- 2:16RelanceRéponse partielle
Mais là, elle est où l'audace ?
- 3:19RelanceÉludée
Est-ce que vous n'attendiez pas quand même un casting plus audacieux ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de ce Président ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueChiffre
« le chiffre d'affaires de votre entreprise c'est quand même plus d'un milliard d'euros. »
- 0:47Invité politiqueChiffre
« Un milliard et demi même, 750 établissements. »
- 0:54Invité politiqueFait
« vous lancez aussi une très grande campagne de recrutement parce que les métiers en tension, vous avez du mal à recruter. »
- 1:50Invité politiqueFait
« Mais tout ça pour ça, ce sont les mêmes, on recommence ? »
- 4:43PrésentateurFait
« Il n'y a rien de nouveau. »
- 4:45PrésentateurChiffre
« le chômage n'a jamais été aussi bas »
- 4:49PrésentateurChiffre
« les résultats en matière d'émissions de carbone sont au-dessus de ce qu'étaient les engagements de la France »
- 13:01PrésentateurChiffre
« il y a en permanence 500 ou 600 postes qui sont offerts dans les différents établissements du groupe SOS. »
- 14:06PrésentateurFait
« il faut réformer le financement des hôpitaux. »
- 15:01Invité politiqueFait
« Vous avez signé une tribune justement avec différentes personnalités qui étaient contre, et vous disiez surtout, il ne faut pas voter cette loi sur l'immigration telle qu'elle est sortie du Sénat. »
- 15:44PrésentateurFait
« nous avons un vrai sujet qui est intégré un certain nombre de migrants dans des conditions convenables, y compris du point de vue économique »
- 16:54PrésentateurFait
« Réforme de l'AME est une espèce de serpent de mer imbécile depuis 30 ans. »
- 17:18PrésentateurFait
« l'AME ne doit pas bouger, si ce n'est à la marge pour améliorer des sujets techniques. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Invité politique42 %
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BFM Business présente Edwige Chevriot. La grande interview.
Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview. Ce soir, je reçois quelqu'un qu'on présente comme l'un des plus proches d'Emmanuel Macron. On dit qu'il a été un des architectes de ce remaniement depuis la mi-décembre. Jean-Marc Morello, bonsoir.
On me dit un certain nombre de choses, mais c'est un citoyen ordinaire qui vient vous voir.
Absolument, vous êtes un citoyen comme nous tous. Vous êtes accessoirement aussi président du directoire des SOS que vous avez créé il y a 40 ans puisque vous fêtez vos 40 ans la plus grande entreprise sociale d'Europe qui fait quand même, même si vous parlez aux plus démunis, même si vous êtes un citoyen, le chiffre d'affaires de votre entreprise c'est quand même plus d'un milliard d'euros.
Un milliard et demi.
Un milliard et demi même, 750 établissements. On y reviendra parce que vous lancez aussi une très grande campagne de recrutement parce que les métiers en tension, vous avez du mal à recruter. On va revenir sur tous ces sujets, mais comme tout de même, on dit, je ne sais pas si la lettre, nos confrères de la lettre ont raison et ils ont dit que vous étiez dans ce quintet secret pour préparer cette opération à TAL. D'abord, est-ce que c'est vrai ou pas vrai ?
Ça prouve simplement qu'il y a des journalistes qui ont de l'imagination.
Et qui sont bien informés ?
Visiblement, non.
Non ? D'accord. Donc vous n'étiez pas dans les coulisses de la nomination de ce remaniement ?
Absolument pas.
C'est drôle, je ne vous crois pas vraiment. Tout ce que je sais, c'est qu'en tous les cas, merci d'être là parce que je crois que vous n'avez pas donné d'interview depuis longtemps. Six mois. Vous parlez peu. Quel casting pour ce nouveau gouvernement ? Qu'est-ce que vous attendez de Gabriel Attal ? Et surtout lorsqu'on voit que c'est en train de tomber, le gouvernement est en train de se faire, de sortir. On voit Bruno Le Maire est maintenu à Bercy, on voit Gérald Darmanin est maintenu au ministère de l'Intérieur, Éric Dupont-Moretti garde des Sceaux, etc. Il n'y a que les femmes qui sont hautes en fait, mais ça on va revenir sur ce point-là.
Mais tout ça pour ça, ce sont les mêmes, on recommence ?
D'abord, je ne verrai pas l'intérêt à ce que ceux qui ont réussi soient changés pour le plaisir d'un nouveau casting. Et puis objectivement, ce qui est important, c'est ce qu'ils vont faire les uns et les autres et la ligne de route qui sera donnée par le Président et le Premier ministre dans les jours qui viennent.
Oui, mais on a dit, c'est la jeunesse, il y a 34 ans, c'est l'audace, effectivement, et c'est ce que peut apporter Gabriel Attal. Mais là, elle est où l'audace ? Alors peut-être acheter d'un datier de la culture ? Bon, d'accord. Je ne suis pas sûre que ça va changer le visage de la France.
L'audace, elle a toujours été dans le projet, pas dans les femmes et les hommes qui sont là pour le mener. Donc objectivement, évidemment, c'est un choix audacieux, mais d'un Premier ministre qui est jeune, efficace, audacieux et qui fera avancer les choses, qui succède d'ailleurs à une Première ministre qui a été absolument remarquable.
Enfin, elle a échoué, si j'en juge ce que vous venez de dire.
Je ne sais pas si elle a échoué.
Ben non, vous venez de dire, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, etc., on ne va pas changer des gens qui ont réussi. Donc ça veut dire, si on change Elisabeth Borne, c'est donc qu'elle n'a pas réussi.
Je crois que les uns et les autres ont réussi dans leur secteur. Il y a un nouveau projet que le Président de la République et le Premier ministre vont très vraisemblablement détailler dans les jours qui viennent. Et il faut un nouveau chef du gouvernement pour un nouveau projet. C'est une tradition républicaine.
Est-ce que vous n'attendiez pas quand même, vous êtes en rupture, vous avez toujours un peu en marge, Marc Borrello, un casting peut-être plus audacieux ?
Encore une fois, le casting m'importe moins que le scénario. Et ce qui est important, ce que j'attends, c'est les projets que le Président de la République va annoncer la semaine prochaine. Ce qui est important, c'est encore une fois, pas qui ils sont, d'où ils viennent, mais plutôt quelle est la politique qui sera mise en œuvre. Et là-dessus, j'ai effectivement, comme tous les Français, un certain nombre d'attentes fortes.
Et alors vos attentes, c'est quoi ? Les attentes fortes ? Qu'est-ce que va dire Emmanuel Macron ? Qu'est-ce qu'il va dire le Président ? Parce que vous, donc, vous êtes très proche, vous êtes délégué aussi, évidemment, général adjoint de Renaissance, vous êtes donc très proche du Président. Et en même temps, vous dirigez une entreprise qui s'occupe vraiment de ceux qui sont les plus démunis, qui sont les plus touchés par cette crise sociale. Qu'est-ce que vous attendez de ce Président ? Et qu'est-ce que vous attendez, encore une fois, de Gabriel Attal ? Qu'est-ce qui va être dit la semaine prochaine ?
Je n'ai absolument aucune idée de ce qui va être dit la semaine prochaine. Et je crois qu'on le découvrira tous ensemble sur les chaînes d'information.
Là non plus, je ne vous crois pas.
Mais ce que tout le monde attend, c'est les grands enjeux. C'est-à-dire, comment fait-on pour arriver au plein emploi ? Comment fait-on pour accélérer la transition écologique ? Comment fait-on... Enfin, ça, c'est pas...
Oui, bien sûr, mais si on entend ça, puis... Il n'y a rien de nouveau.
Ce qui est de nouveau, c'est que le chômage n'a jamais été aussi bas, que les résultats en matière d'émissions de carbone sont au-dessus de ce qu'étaient les engagements de la France, et qu'un certain nombre de sujets majeurs vont arriver. La réforme du financement de la santé, la réforme des EHPAD, la réforme des crèches, et je pense qu'un certain nombre de sujets, des sujets de société comme la fin de vie, donc il reste trois ans, il faut continuer et accélérer les réformes du point de vue du citoyen. Lambda que je reste.
Oui, mais je ne vois pas où est le nouveau souffle. Tout ça, on le savait, on aurait pu continuer avec Elisabeth Borne. Tout ça, on le savait. Enfin, voilà, c'est la même chose qu'il y a avant les vacances.
On aurait pu continuer avec les premiers ministres. La tradition, c'est que les inflexions du gouvernement sur le démarrage de nouveaux projets se traduisent par un nouveau chef du gouvernement, et encore une fois, je pense que le premier ministre est parfaitement capable de mener cette évolution du projet.
Le nouveau projet, parce que ce que vous me dites, c'est essentiel, on est d'accord, transition écologique, c'est le plus grand défi qu'on ait devant nous, mais ce n'est pas un nouveau projet. Oui, alors c'est la méthode, qu'est-ce qui va changer ?
Je crois qu'à la fois, rien ne change sur le fond, c'est-à-dire les problèmes qui n'ont pas été réglés depuis un certain nombre d'années et sur lesquels on doit avancer. Encore une fois, on ne peut pas dire que rien n'a changé sur le monde du travail. Le niveau de chômage, les réformes qui ont été faites sur le droit du travail, il faut continuer, amplifier les réformes, sans doute faire face à des enjeux nouveaux, mais il faut que cette équipe puisse être à nouveau embarquée par un nouveau Premier ministre pour aller jusqu'au bout et réformer jusqu'à la dernière heure.
Pourquoi c'est si dur d'être une femme dans la Macronie avec Emmanuel Macron ? Il n'est pas les femmes. Qu'est-ce qu'il nous reproche ? Qu'est-ce qu'il reproche à ses ministres ? Parce qu'on voit que tous les piliers masculins restent, ça valse, y compris la Première ministre. Elle-même, dans son discours d'adieu sur les perrons de Matignon, a dit « Attention, mener le combat, c'est difficile d'être une femme. » Elle n'a pas dit en Macronie, mais presque. Qu'est-ce qu'il reproche aux femmes ?
Alors, d'abord, il faudrait là aussi analyser le nombre de femmes qui ont été ministres depuis les gouvernements d'Emmanuel Macron. Et je pense que si on totalise, il y en a plus que dans le passé. Il y a eu des ministres de la Défense, il y a eu une Première ministre, il y a une présidente de l'Assemblée Nationale, il y a une présidente du groupe.
Contre l'avis d'Emmanuel Macron.
Je ne sais pas, en tout cas, il faut savoir s'il décide de tout ou si ça se fait sans lui. Mais en l'occurrence, il y avait pour la première fois une femme à Matignon, une femme à l'Assemblée Nationale, une femme à la tête du groupe.
Regardez, tous les hommes restent.
Oui, et sans doute qu'il y aura une parité à la fin de l'histoire.
Oui, mais sur des postes, pas forcément clés. La Défense, Bercy...
Sauf qu'il y a des femmes, et il y a eu des femmes à des postes clés depuis le début.
Mais regardez l'entourage d'Emmanuel Macron. Il n'y a que des hommes, vous regardez...
Vous voyez à savoir que deux secrétaires générales adjointes, eux, étaient arrivées à l'Elysée il y a quelque temps ?
Oui.
Pour remplacer un homme ?
Voilà, c'est ça. Il faut au moins deux femmes pour remplacer un homme.
Non, il faut deux femmes pour un périmètre largement plus étendu, et sur les dossiers majoritaires du président de la République, c'est-à-dire l'éducation, etc.
C'est l'exemple qui fait tiquer, quand même. Le message que veut délivrer Gabriel Attal, c'est sur les classes moyennes. Est-ce que pour vous, je rappelle le groupe SOS, c'est la première entreprise dite sociale d'Europe, la première entreprise d'insertion, avec 750 établissements, EHPAD, crèches, hôpitaux. Est-ce que c'est vers les classes moyennes, ou alors c'est les gens qui sont encore plus touchés par cette crise sociale, à laquelle le président devrait s'adresser ?
Le groupe SOS accueille, offre des services de qualité à l'ensemble de la population. Lorsque nous gérons un hôpital, nous accueillons aux urgences les classes moyennes, les classes supérieures, et les gens en situation de grande précarité.
Oui, mais le point de départ, votre philosophie...
La particularité, et sans doute la philosophie de la maison depuis 40 ans cette année, c'est effectivement d'offrir des services de qualité à tous. Moi, je rêve que nos populations deviennent des classes moyennes, et toute l'action de ceux qui travaillent autour de la précarité, c'est de permettre à nos usagers d'intégrer les classes moyennes, et donc que les classes moyennes soient bien traitées, que le travail rapporte plus, que l'accès aux soins soit facilité, que l'accès au logement devienne plus facile. Donc évidemment, tout cet effort, il va dans le même sens, on ne tient pas à conserver nos gens en précarité pour avoir une population de précaires.
Mais le discours, enfin, je veux dire, la priorité, elle doit se situer où, j'ai envie de dire presque socialement, à votre avis, la priorité du président Macron et du Premier ministre Gabriel Attal ?
Lorsqu'on est président au Premier ministre, la priorité, c'est l'ensemble des citoyens.
C'est pas Gabriel Attal, il dit, c'est les classes moyennes.
Qu'ils soient des classes moyennes, des classes inférieures, etc. Il faut que la possibilité à tous et toutes d'accéder à l'ensemble des services du pays soit garantie. Notre travail, c'est de faire en sorte que des services de qualité soient offerts à tous, y compris aux classes moyennes qui aussi sont celles qui ont dû, dans certains cas, renoncer aux soins, avoir des difficultés de logement, etc.
Est-ce que cette gronde sociale que vous entendez mieux que nous, est-ce qu'il faut la traiter avec les gens que vous vous rencontrez, que vous aidez, que vous essayez de sortir de cette précarité ? Vous essayez d'avoir votre analyse, là.
Paradoxalement, les gens en situation de grande précarité ne sont pas ceux qui ont grogné le plus fort. C'est-à-dire que malheureusement, la grande précarité, quelquefois, ça ôte aussi la parole et on ne les a pas beaucoup entendus. Et c'est le travail du secteur avec Emmaüs, avec la Croix-Rouge, avec les banques alimentaires, etc. Nous devons tous et toutes permettre à l'ensemble de la population d'accéder aux soins, aux logements, à l'éducation.
Mais vous l'avez dit quoi ? Est-ce qu'il faut attendre à des mesures phares là-dessus ? Ou pas ? On ne sait toujours pas qui est le ministre de la Santé. On attend le septième ministre de la Santé.
Tous les efforts, les plaidoyers du groupe SOS qui restent indépendants des politiques gouvernementales depuis 40 ans iront dans le sens d'un effort particulier pour les gens en situation de grande précarité, évidemment. Comme nous le faisons depuis 40 ans.
Mais si vous aviez une mesure à préconiser, ça serait quoi ? À souffler à votre...
Nous avons des mesures sur l'ensemble de nos secteurs. La santé, l'éducation, la culture, etc. Il y a des plaidoyers qui sont fournis. L'idée, c'est général, c'est d'accéder aux droits communs. C'est-à-dire permettre à toutes et tous d'arriver à tout ça.
Oui, mais ça, ça ne fait pas une mesure.
Si, ça fait une mesure. Ça fait le squelette d'une politique qu'on doit mener pour l'ensemble des Français.
D'accord. Vous lancez une très grande campagne, là, aujourd'hui, du reste. Absolument. C'est sur les difficultés de recrutement que vous avez sur les métiers en tension. Parce que vous avez besoin de gens pour travailler dans vos crèves, dans vos hôpitaux, dans vos EHPAD. Et vous n'arrivez pas à en recruter. La difficulté, c'est quoi ? C'est un métier qui n'est pas suffisamment considéré, qui n'est pas suffisamment payé ?
Alors, c'est un métier qu'il fallait mieux payer les Ségur de la santé. Les Ségur social ont permis d'améliorer, mais il faut aller plus loin de manière évidente. C'est un métier qui, sans doute, est insuffisamment considéré. Il y a près de 100 métiers dans les propositions du groupe SOS, qui sont aujourd'hui dans les stations de métro et demain dans les abrébus. Et c'est un métier qui est peu connu. C'est-à-dire que, paradoxalement, nous avons des gens qui sont sans activité du tout et qui n'ont jamais vu de leur vie un hôpital, un EHPAD, et donc, notre ambition, c'est d'aller chercher des gens, de leur permettre de rencontrer ces établissements, de les former.
Le groupe SOS a repris des écoles d'infirmières, des écoles d'aides-soignantes, de les former, et objectivement, ça fonctionne. C'est-à-dire qu'on réussit à amener des gens qui étaient sans emploi, sans formation, à des formations et à un emploi dans les métiers du social et de la santé.
Il vous en manque combien dans ces métiers, attention ?
Oui, il y a en permanence 500 ou 600 postes qui sont offerts dans les différents établissements du groupe SOS.
Et qui sont ouverts et que vous n'arrivez pas à remplir.
Absolument, absolument. Tout à fait, avec en plus quelques épiphénomènes du type des infirmières qui sont plutôt en intérim qu'à temps complet. Il faut les former, il faut former plus de gens, améliorer leurs conditions de vie et leur expliquer qu'il s'agit d'une entreprise dans laquelle on prend des risques, dans lesquels on s'engage, dans lesquels on peut transformer le monde et on transfère le monde en faisant, et pas simplement en faisant des discours.
Votre avis, justement, j'ai essayé tout à l'heure de vous soutirer une mesure, j'ai essayé de vous en soutirer une deuxième, Jean-Marc Borrello, sur les hôpitaux, vous gérez les hôpitaux, combien d'hôpitaux déjà ?
Nous avons 14 hôpitaux aujourd'hui.
On voit bien que l'hôpitaux public, c'est une catastrophe. Les soins, ils sont excellents, mais le parcours de soins pour y accéder est absolument une galère qu'on a tous partagé. Qu'est-ce qu'il faudrait faire, à votre avis ? C'est parce qu'il faut revenir sur les 35 heures, il faut supprimer cette espèce de bureaucratisation de l'hôpital. Qu'est-ce qu'il faudrait faire, vous qui avez peut-être des recettes ?
Alors, il faut réformer le financement des hôpitaux. Le premier sujet qui a été réfléchi par quelques ministres, y compris Aurélien Rousseau, pendant le temps où il était là, c'était l'idée qu'on ne peut pas continuer à financer les hôpitaux à l'acte. C'est extrêmement simple, vous gérez des urgences, elles doivent être ouvertes toutes les nuits avec une grande équipe. Tant mieux s'il n'y a pas d'urgence ce soir-là, et donc vous n'avez fait aucun acte, et donc vous n'êtes pas payé. Donc il faut absolument réformer ce système qui a privilégié une espèce de consumérisme de la santé. Donc réformer le financement des hôpitaux, c'est absolument majeur.
Et aussitôt qu'on connaîtra sur vos antennes le nom de la ou du nouveau ministre de la Santé, j'irai reporter ce plaidoyer au ministre de la Santé pour qu'on avance sur ce sujet.
Mais tiens justement, Aurélien Rousseau, en fait, il a démissionné suite au vote, si on peut dire, de la loi sur l'immigration. Vous, Jean-Marc Morello, vous avez signé une tribune justement avec différentes personnalités qui étaient contre, et vous disiez surtout, il ne faut pas voter cette loi sur l'immigration telle qu'elle est sortie du Sénat. Le résultat est quand même très très proche de ce qui est sorti du Sénat. Vous, vous restez, mais Clément Beaune, a priori, il serait remercié. Aurélien Rousseau, il est parti. Il y a un peu deux poids, deux mesures.
Pour que je sois remercié, il faudrait que j'ai été embauché.
Vous n'êtes pas délégué général adjoint de Renaissance ?
Je suis au bureau exécutif de Renaissance. Il me semble, il me semble.
Mais Renaissance, c'est le parti d'Emmanuel Macron.
Dans un mouvement, il y a une liberté de parole, et le groupe SOS a des positions extrêmement claires sur l'aspect intégration. Je pense que nous avons un vrai sujet qui est intégré un certain nombre de migrants. Dans des conditions convenables, y compris du point de vue économique, puisque nous sommes sur BFM Business, ce pays ne fonctionnera pas si nous n'arrivons pas à avoir une main d'œuvre qui sera arrivant d'ailleurs, parce que la démographie ne permettra pas de continuer à ouvrir des usines pour parler d'un programme qui fonctionne bien depuis quelques années.
Donc, dans le projet, enfin pas le projet, dans ce qui a été adopté, la loi sur l'immigration, qu'est-ce qui vous a gêné, vous qui venez de la gauche ?
Quoi qu'il arrive, nous continuerons à faire de l'accueil inconditionnel et nous ne laisserons personne dans la rue. C'est évidemment ce que fait SOS depuis toujours, ce que feront l'ensemble des associations du secteur. Il faut qu'on puisse favoriser l'intégration avec de la formation, l'accession à des documents d'état civil, parce que les gens qui sont venus travailler, il faut qu'on les intègre. Nous avons besoin d'eux. Les hôpitaux publics dont vous parlez ne fonctionneraient pas sans les médecins étrangers qui les font fonctionner.
C'est très clair. Réforme de l'AME, vous allez faire entendre votre voix ?
Réforme de l'AME est une espèce de serpent de mer imbécile depuis 30 ans. S'il faut attendre qu'un rhume se transforme en bronchite ou qu'un rhume se transforme en maladie plus grave et qu'on contamine l'ensemble des wagons d'une station de métro pour soigner les gens, c'est une imbécilité en plus d'être infaisable. Donc l'AME ne doit pas bouger, si ce n'est à la marge pour améliorer des sujets techniques.
Allez, en conclusion, c'est un virage à droite quand même de la Macronie ?
Les virages, c'est la route qu'on prend. Ce n'est pas la chemin d'où on vient. Donc chacun vient d'où il veut. L'objectif, c'est de continuer à aller de l'avant. Ça reste un mouvement qui est ouvert et qui intègre celles et ceux qui veulent y rentrer.
C'est au moins du là-haut de ceux, Jean-Marc Morello. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Jean-Marc Morello, le président du groupe SOS qui fait ses 40 ans. Mais vous viendrez nous voir.
Le groupe SOS, malheureusement, moi, ça fait un peu plus.
Oui, évidemment. Oh, mais non. 40 ans. Merci beaucoup. Tout de suite, justement, le casting du gouvernement. Quel est-il ? On voit ça avec Thomas Asportas. Merci.
Merci.