Face-à-Face : Philippe Martinez - 13/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteÉludée
Quand est-ce qu'on va pouvoir faire le plein sans avoir à attendre 3, 4, 5 heures ?
- 0:51RelanceRéponse partielle
Il n'y a pas de date, il n'y a pas de perspective, il n'y a pas d'horizon à donner ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron dit qu'un retour à la normale pourrait se faire dans le courant de la semaine qui vient. Qu'en pensez-vous ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Ces réquisitions remettent-elles le feu aux poudres ?
- 2:29RelanceÉludée
Que les Français ne puissent pas aller travailler, que les soignants ne puissent pas aller soigner ?
- 4:21OuverteRéponse partielle
Imaginons que Total propose une augmentation de 6% pour 2023. Est-ce que ça vous suffit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32InvitéFait
« Dès que la direction, notamment de Total, acceptera des négociations. »
- 1:11InvitéFait
« Je ne sais pas pourquoi il dit ça. »
- 1:41InvitéFait
« Le fait qu'en même temps, le gouvernement ait fait des réquisitions de salariés chez Exxon n'a pas contribué à apaiser le climat social. »
- 2:16InvitéFait
« j'ai dit à Mme Borne hier et à son cabinet, quand ils m'ont annoncé qu'ils allaient réquisitionner, j'ai dit, vous faites une connerie, texto. »
- 3:23InvitéFait
« depuis le début de ce conflit, donc le 27 chez Total, 27 septembre »
- 4:07InvitéFait
« Premièrement, ce n'est pas un mois, c'est aux salariés. »
- 4:37InvitéFait
« Je ne connais pas ces informations. »
- 5:10InvitéFait
« aujourd'hui, la revendication qui est sur la table, c'est 10%. »
- 5:54InvitéFait
« Premièrement, il n'y a pas que la CGT qui est dans le conflit, vous le savez. »
- 6:09InvitéFait
« On a dit qu'il n'y aurait jamais de problème d'approvisionnement. »
- 6:28InvitéFait
« Dire que, chez Total, un ouvrier gagne 5000 euros, c'est un mensonge. »
- 7:08InvitéChiffre
« Pour les opérateurs, il est autour de 2600 euros net. »
- 9:25InvitéFait
« Cette entreprise a aujourd'hui des bénéfices qui sont importants. »
- 10:15InvitéChiffre
« Le PDG Total, lui, s'est augmenté de 52%. »
- 11:51InvitéFait
« Elle dit, c'est une atteinte au droit de grève. »
- 13:25PrésentateurChiffre
« 42% des Français approuvent votre mobilisation, pas majoritaire. »
- 15:20InvitéFait
« nous allons proposer que dès la semaine prochaine, il y ait un nouvel appel à grève et manifestation dans toutes les entreprises, publiques comme privées. »
- 16:57InvitéFait
« Si elles sont à l'arrêt pour maintenance aujourd'hui, c'est par manque de moyens, par manque de personnel, par manque de formation. »
- 19:03InvitéFait
« C'est possible. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur32 %
- Présentateur 22 %
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Vous écoutez RMC, face à face, à Pauline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Philippe Martinez. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes bien sûr le secrétaire général de la CGT avec ses grèves qui sont donc reconduites dans les raffineries totales. Esso, ExxonMobil, on va évidemment parler également de la suite du mouvement avec une question que tous les Français se posent. Quand est-ce qu'on va pouvoir faire le plein, le plein sans avoir à attendre 3, 4, 5 heures ?
Dès que la direction, notamment de Total, acceptera des négociations. Ça fait maintenant plus de 15 jours que la demande d'ouverture de négociation est faite, que la grève a été déclenchée. Et il n'y a pas de réponse ou des réponses sous condition de la direction de Total. Donc pour vous, il n'y a pas de date, il n'y a pas de perspective, il n'y a pas d'horizon à donner ? Ça peut se faire dès ce matin, si les négociations s'ouvrent. Voilà ce que je peux vous dire.
Emmanuel Macron, lui, hier, il s'avance sur une date puisqu'il dit qu'un retour à la normale pourrait se faire dans le courant de la semaine qui vient.
Je ne sais pas pourquoi il dit ça. Moi, je vous dis que ça peut se faire plus tôt si, premièrement, la direction de Total accepte d'ouvrir des négociations, ce que nous demandons depuis maintenant plus de 10 jours. et si le gouvernement, je ne sais pas si c'est le président de la République, le gouvernement appuie plus fort pour faire en sorte que ces négociations s'ouvrent. Par contre, le fait qu'en même temps, le gouvernement ait fait des réquisitions de salariés chez Exxon n'a pas contribué à apaiser le climat social.
On ne peut pas, d'un côté, dire qu'on ne sait pas, nous, de négocier et, en même temps, faire en sorte que la négociation ne puisse pas aboutir avec ces réquisitions de salariés.
Vous êtes en train de dire que, pour vous, ces réquisitions qui sont donc entrées en pratique aujourd'hui, pour vous, qui ont été activées hier avec la réquisition de 4 salariés, est-ce que, pour vous, c'est ce qui remet, en quelque sorte, le flot au poudre ?
Bien sûr, bien sûr. Et j'ai dit à Mme Borne hier et à son cabinet, quand ils m'ont annoncé qu'ils allaient réquisitionner, j'ai dit, vous faites une connerie, texto. Parce que la situation aurait pu se détendre dès hier soir, mais le fait d'annoncer des réquisitions a beaucoup...
Mais vous auriez préféré quoi, Philippe Martinez ? Que les Français ne puissent pas aller travailler, que les soignants ne puissent pas aller soigner ?
Les Français, on en fait partie, on sait ce qui se passe aux pompes, mais il ne faut pas inverser les rôles et inverser les responsabilités. Je vous dis qu'on aurait pu avoir, rapidement, avec une négociation, des choses qui évoluent dans le bon sens. Le fait de réquisitionner, eh bien, ça a jeté le feu, ça a mis le feu au poudre.
On va revenir précisément, justement, sur les lieux qui sont encore en grève et même ceux qui rejoignent le mouvement. Mais vous disiez, tout cela dépendra aussi des négociations proposées par Total. On l'apprend à l'instant. Total Energy annonce l'attribution d'un bonus exceptionnel. représentant un mois de salaire pour l'ensemble de ces salariés dans le monde.
Écoutez, depuis le début de ce conflit, donc le 27 chez Total, 27 septembre, mais ce n'est pas que chez Total. Vous le savez, partout en France, les salariés demandent des augmentations générales de salaire. Ce qu'il y a tous les mois sur la feuille de paye, j'ai eu l'occasion de vous en parler il y a peu de temps sur ce même plateau. C'est ça qui est posé comme question. Et une négociation, ce n'est pas une annonce du PDG ou du directeur des relations humaines à la télé ou à la radio.
Là, c'est un communiqué, en l'occurrence, Total Energy, qui annonce par communiqué un bonus exceptionnel.
Une négociation, on se met autour de la table parce qu'il y a un problème, on discute et on trouve une solution. Ça, ça s'appelle de la communication.
Ce n'est pas que de la communication, il y aura du saut dans les trébuches en un mois de salaire à l'ensemble de ces salariés dans le monde. Ça ne vous suffit pas ?
Premièrement, ce n'est pas un mois, c'est aux salariés. Et je vous répète, le conflit porte sur des augmentations générales de salaire.
Alors imaginons, et selon les informations de BFM TV, ça pourrait être dans les tuyaux. Imaginons qu'en Total, propose une augmentation de 6% pour 2023. Est-ce que ça, vous considérez que les comptes y sont ?
On ne va pas en discuter tous les deux.
Si on a les informations, tant qu'à faire, autant que vous nous disiez votre réaction.
Je ne connais pas ces informations. Je vous dis qu'une négociation dans toutes les entreprises en France, ça se passe avec la direction et les syndicats autour d'une table. Et c'est là qu'on négocie, ce n'est pas à travers des communiqués. Non mais vous ne pouvez pas dire... Attendez, ils ont prévu que... etc. etc. Vous le savez très bien, ça se passe partout comme ça. Je vous demande simplement si, pour vous, une augmentation de 6% pour 2023,
pour tous les salariés de Total, vous paraîtrait une augmentation satisfaisante.
Aujourd'hui, la revendication qui est sur la table, c'est 10%.
Vous m'avez parlé de négociation. Les négociations, vous savez bien comment c'est. On négocie quand même le bout de gras.
Vous me posez une question, je vous dis, aujourd'hui, la revendication, c'est 10%. Négociation. Négocions. Négocions. Il y a un problème. Quand il y a un problème, au lieu d'envoyer les gendarmes à domicile des salariés pour leur dire, vous allez au boulot, on se met autour d'une table et on discute. Ça, ça pourrait apaiser la situation. Mais ce n'est pas par la force qu'on apaise la situation.
Avec Emmanuel Macron qui vous a visé directement hier, enfin vous, la CGT, il vous tient responsable du blocage du pays. Il l'a dit, que la CGT permette au pays de fonctionner.
Oui, oui, j'ai entendu une attaque directe. Premièrement, plusieurs choses. Premièrement, il n'y a pas que la CGT qui est dans le conflit, vous le savez. D'autres syndicats, notamment Force Ouvrière, est dans le conflit. La deuxième chose, c'est qu'il faut reprendre la communication du gouvernement depuis le début. On a dit qu'il n'y aurait jamais de problème d'approvisionnement. Vous l'avez entendu comme moi. Plusieurs ministres ont dit, ils peuvent faire grève, il n'y aura pas de problème. Ensuite, on a accusé de façon mensongère les salariés de toucher 5000 euros par mois. C'est encore une provocation. Je vous ai ramené les grilles de salaire de la branche chimie.
Il y a trois coefficients de la grille qui démarrent en dessous du SMIC. Vous voyez ? Et les six premiers qui démarrent. Mais Total, pour le coup, vous mélangez un peu les... Non, je ne mélange pas.
Total dit moyenne de la rémunération. Il ne parle pas de la première grille de salaire.
Je vous répète qu'on parle de salaire. Total fait l'amalgame entre le salaire, les primes, les diverses primes. Et les salariés disent... Quel est le salaire moyen d'un salarié qui travaille à la raffinerie ? Pour les opérateurs, il est autour de 2600 euros net.
2600 euros net, ça veut dire quoi ? 3300 à peu près brut, presque 4000 brut ?
2600 euros net.
Oui, enfin, si vous parlez net, qu'eux, ils parlent brut, qu'eux, ils parlent moyenne. Non, non, non.
Si on fait...
Un moment, il faut prendre les mêmes critères.
Il faut prendre les critères qui sont ceux qui sont la référence pour tout le monde. Vous le savez, il y a des grilles de salaire dans les branches. Je vous dis que dans la branche pétrochimie, les deux, trois premiers coefficients démarrent en dessous du SMIC. Ça, c'est la réalité, qu'il y a six coefficients en dessous de 2000 euros. Donc, dire... Et ça, ça a été relayé par le gouvernement. Dire que, chez Total, un ouvrier gagne 5000 euros, c'est un mensonge. Et c'est encore pour diviser les Français entre eux. Donc, tout ce qui a été dit et fait par le gouvernement n'a pas non plus arrangé la situation.
Aujourd'hui, et le président Macron, c'est ce qu'il a dit hier, après nous avoir dit qu'il n'y aurait pas de problème, que la grève était marginale, aujourd'hui, dit la CGT, etc. Pourquoi on n'a pas discuté avant ? Pourquoi on n'a pas fait de négociations avant ? Pourquoi on n'a pas... Non, mais là, on va parler du futur, Philippe Martez. On peut parler de ce qui s'est passé, mais on va parler du futur. Et en l'occurrence, aujourd'hui même et hier... Vous faites référence à ce qu'a dit le président de la République hier. Moi, je fais référence à tout ce qu'il a fait avant pour aujourd'hui montrer du doigt. Pas la CGT, parce que c'est les salariés qui font grève.
Ou qu'il n'a pas fait, si je vous comprends bien, si je vous suis bien. Ou qu'il n'a pas fait, voire les mensonges qui ont pu être dits sur « ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas de problème ». Ils l'ont dit et plusieurs...
Ils ont minimisé, ils n'ont pas pu venir.
Mais évidemment, ils ont sous-estimé la colère du monde du travail, mais pas que chez Total.
Mais justement, on va y venir à l'élargissement, mais je voudrais quand même revenir aussi sur les mots de Bruno Le Maire ce matin et d'Agnès Pannier-Runacher sur mon antenne sur RMC, qui demande à ce que Total augmente les salaires. Écoutez.
Évident que Total a la capacité de verser des salaires et de faire des augmentations de salaires. Ils ont commencé à le faire. Je pense que ça ne leur pose absolument aucune difficulté. Donc Total doit montrer l'exemple, c'est ce que vous dites ? Évidemment que Total doit augmenter ses salaires. Elle a commencé à le faire. Cette entreprise a aujourd'hui des bénéfices qui sont importants. Total a versé des dividendes. Il faut que le partage de la valeur en France soit équitable.
Et donc, cette information BFMTV selon laquelle Total décide d'augmenter de 6% en 2023 ?
Cette petite musique-là, je l'entends depuis très longtemps, depuis le début de l'année. Oui, ce n'est pas bien, il devrait augmenter les salaires. Pour l'instant, il n'y a pas d'augmentation de salaire, ou en tout cas pas à la hauteur de l'inflation. Et c'est partout dans toutes les entreprises.
Donc le gouvernement aurait dû contraindre Total à augmenter les salaires ?
Il y a des moyens de contraindre une entreprise. Le fait de dire que c'est une entreprise privée, on n'a pas à se mêler de ça. Quand ils donnent des aides aux entreprises, ils agissent bien sur la politique d'une entreprise privée. Et vous savez que les aides publiques, c'est-à-dire nos impôts, il y en a beaucoup qui vont dans les entreprises, et notamment Total. Le PDG Total, lui, s'est augmenté de 52%. On peut dire aux autres, vous êtes bien payé, lui, 52%. Et puis, ce n'est pas 5 000 euros son salaire mensuel. D'accord ?
Philippe Martinez, vous avez dit que ça avait mis le feu aux poudres de lancer ces réquisitions. Est-ce que vous avez déposé un référé ?
Oui, oui, il est déposé. Il est déposé ? Il est déposé.
Sur quelle base est-ce que vous allez attaquer ces réquisitions ? Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, elle disait ce matin que ces dépôts qui allaient être ouverts, y compris celui des Flandres qui pourraient être ouverts dans la journée, allaient déverser de l'essence dans toutes les pompes, et pas uniquement pour le service minimum. Et elle se base là-dessus sur l'idée que l'intérêt général de la nation soit mis en cause par vos blocages.
En 2010, vous le savez, la France a été condamnée par l'Organisation internationale du travail, l'OIT. L'OIT, ce n'est pas n'importe quoi, c'est directement...
Ce n'est pas condamné, c'était une recommandation de l'OIT.
Évidemment, il n'y a pas de justice internationale en matière sociale. Mais nous, nous considérons que les recommandations de l'OIT, c'est comme une décision de justice...
Moi, je m'en tiens au mot, c'est une recommandation.
Donc je vous explique, il n'y a pas de justice internationale en matière sociale. Ce n'est pas comme en cas de conflit, sur les conflits, et on en parle beaucoup de justice internationale en ce moment, à propos de l'Ukraine et de la Russie. Donc l'OIT ne peut faire que des recommandations, qui sont l'équivalente d'une décision de justice. Elles ne sont pas contraignantes, c'est un problème d'ailleurs. Qu'a dit l'OIT en 2010, quand M. Sarkozy a réquisitionné des grévistes ? Elle dit, c'est une atteinte au droit de grève.
On peut réquisitionner des salariés, et les agents hospitaliers le savent bien, parce que quand il y a grève en France, les agents hospitaliers sont réquisitionnés pour des services d'urgence. Voilà la situation. Et donc c'est sur cette base-là que nous avons déposé un référé dans la suite de ce qui s'était fait en 2010.
Philippe Martinet, vous avez vu les tensions, les violences dans les stations. Je voudrais que vous regardiez par exemple cet extrait diffusé sur BFM TV ce matin. Monsieur, il vient de la rue là. Nous, ça fait une heure et demie qu'on attend là-bas. Et monsieur, il arrive comme une fleur, quatre voitures devant. On le fait tous, ça. Quelqu'un me dit d'aller là-bas. Je vais là-bas. Vous le dites. On vous le dit. Quelqu'un vous le dit, on vous le dit, d'accord ? Il y a la police ? C'est un jeune branleur. Ouais, jeune branleur. Il y a un jeune branleur. Dégage. On est dans la queue depuis une heure et demie, deux heures. Et monsieur nous coupe. Tension et parfois même violence.
Qu'est-ce que vous dites à ces Français exaspérés ?
Je comprends leur exaspération. Je comprends leur exaspération, oui. Quand on ne peut pas aller au boulot, mais on a ce même genre de débat et on l'a eu. Quand il y a des grèves dans les transports, etc. Ce qu'il faut, c'est... Mais je n'entends pas de violence vis-à-vis de ceux qui réclament des augmentations de salaire. Oui, il y a un problème d'approvisionnement d'essence. Mais les citoyens ne se retournent pas contre les grévistes. Ils ont même plutôt tendance à pointer la responsabilité...
Ils sont partagés. Ils sont partagés. Pour l'instant, et c'est d'ailleurs un sondage Elab, 42% des Français approuvent votre mobilisation, pas majoritaire.
Ils ont même tendance à pointer la responsabilité du gouvernement sur ces questions-là parce que beaucoup de Français sont concernés par les problèmes de fin de mois. Vous le savez très bien.
Et qu'est-ce que vous dites justement aux autres salariés qui vous écoutent et qui, pour certains, sont en train de se demander s'il y a le début d'une sorte de mobilisation générale ? Est-ce que vous appelez à une généralisation du mouvement ?
Premièrement, il y a beaucoup... On parle beaucoup de Total et Exxon, mais il y a beaucoup de grèves dans ce pays sur les salaires. Je ne vais pas toutes vous les citer. Ça prendrait trop de temps.
On va revenir sur celle d'EDF en particulier, qui a évidemment potentiellement des conséquences très importantes.
Je vais vous parler de safran, de Dassault, de Stellantis, dans l'agroalimentaire. Je ne vais pas toutes vous les citer. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que oui, il faut que sur la question des salaires, puisqu'il n'y a pas de réponse, ni des employeurs, parce que le MEDEF a une responsabilité, ni du gouvernement, à travers sa loi sur le pouvoir d'achat, qui devait tout régler. Et oui, nous appelons à amplifier ces mouvements de grève qui n'existaient jamais, mais nous appelons à les amplifier.
Est-ce que vous appelez à une grève générale ?
Je vous ai déjà répondu.
Vous avez toujours du mal avec ce mot.
Mais parce que ça veut dire quoi ?
Certains leaders syndicaux disent, on appelle à une généralisation de la grève.
C'est ce que je dis à chaque fois.
Pourquoi vous ne dites pas le mot grève générale ?
Ce que je préfère, je ne sais pas. J'ai le droit d'utiliser le mot que je le veux.
Il vous fait peur, le mot de grève générale ?
Ça veut dire quoi, grève générale ? Ça veut dire quoi ? Il faut que dans toutes les entreprises, on discute d'action et généraliser les grèves. Généraliser les grèves, ça veut dire qu'il faut y avoir des grèves partout. Grève générale, c'est un mot qui a été rarement utilisé.
Est-ce que vous voulez des grèves partout, au même moment ? Est-ce que vous appelez la semaine prochaine à une journée de grève
dans tout le pays et dans tous les secteurs ? Nous allons prendre la décision aujourd'hui d'un appel dans la suite de ce que nous avons fait le 29 septembre. Et je l'avais évoqué à l'époque, il fallait des suites au 29, qui a été un succès. Oui, nous allons proposer que dès la semaine prochaine, il y ait un nouvel appel à grève et manifestation dans toutes les entreprises, publiques comme privées.
La semaine prochaine, vous l'appelez comme vous voulez, mais enfin moi je comprends grève générale, vous appelez à une journée de grève dans tout le pays et dans tous les secteurs.
Nous allons prendre la décision aujourd'hui, chez nous c'est démocratique, on décide collectivement.
Ça pourrait être mardi ?
On décidera collectivement.
La journée de mardi est sur la table ?
La journée de mardi, par exemple, est sur la table. Il y avait déjà, par exemple, et je les salue, tous les syndicats des lycées professionnels dans l'éducation qui appellent déjà mardi à une grève. Raison de plus pour choisir cette journée, si je comprends bien. Je finis juste, ça ne s'est pas vu depuis 40 ans que tous les syndicats des lycées professionnels appellent à la grève en même temps.
Philippe Martinez, EDF, les centrales nucléaires, un appel à la grève dans la plus grande centrale nucléaire de France, la centrale de Gravelines, sachant qu'il y a déjà, depuis hier, huit réacteurs dans les centrales qui sont à l'arrêt en maintenance, c'est-à-dire que ce sont des réacteurs qui déjà étaient à l'arrêt, mais ces grèves qui ont lieu en ce moment même chez EDF pourraient ralentir encore le calendrier de retour à la normale, de retour en activité de ces fameux réacteurs. Là, franchement, vous n'avez pas l'impression que vous allez tout paralyser dans un moment où on est déjà tous en train de s'inquiéter de l'électricité cet hiver.
Premièrement, ça fait des mois qu'il y a des grèves à EDF, ça fait des mois, ça fait des mois que les salariés et les agents d'EDF alertent sur la situation des centrales nucléaires. Si elles sont à l'arrêt pour maintenance aujourd'hui, c'est par manque de moyens, par manque de personnel, par manque de formation.
Ce n'est pas en faisant la grève qu'ils vont repartir en action.
Ça, c'est eux qui décident, ce n'est pas vous. C'est eux qui décident, ce n'est pas vous. Quand il y a un problème dans une entreprise, on discute, il y a des revendications. La grève, elle ne démarre pas tout de suite. Il y a des discussions préalables. On alerte. Attention, il va y avoir des problèmes. Quand il n'y a pas d'écoute, et vous ne pouvez pas dire que sur EDF, il n'y a pas eu d'alerte, je vous rappelle le projet Hercule, les mobilisations, ce n'est pas nouveau.
Est-ce que ces grèves chez EDF vont se prolonger et vont même s'élargir à d'autres centrales ?
En tout cas, comme dans toutes les entreprises, il y a des discussions sur l'amplification du mouvement chez EDF, comme dans toutes les entreprises. Donc les raffineries, l'électricité, l'automobile, les transports, les cheminots, les syndicats Sudrail. L'agroalimentaire, la fonction publique. Vous voulez que je vous les cite tous ?
Je vois que là, ça va être vraiment absolument tout l'éventail. Mais il y a des choses très précises, comme par exemple le syndicat Sudrail, qui appelle à la grève lundi sur un site stratégique de la SNCF. Est-ce que la CGT se joindra à ce mouvement-là ?
Vous m'apprenez ça. Je n'ai pas l'information. Je ne veux pas vous raconter de bêtises. On verra.
Mais la CGT, en tout cas les transports, les travailleurs dans les transports, vous les appelez eux aussi à rejoindre le mouvement ?
Je vous ai dit que pour la CGT, il y a mise en débat d'une journée interprofessionnelle de grève et de manifestation la semaine prochaine. Nous décidons aujourd'hui.
Grève ponctuelle, une journée ou reconductible ?
C'est pareil. Ce n'est pas Philippe Martinez qui décide. Ce n'est pas la CGT toute seule qui décide. Contrairement à ce qu'a dit M. Macron hier soir, ce n'est pas la CGT. La CGT, elle peut toujours dire des choses. Si les salariés décident autre chose, eh bien, c'est les salariés qui commandent. Vous voyez ?
Il reste une raffinerie en France qui n'est pas touchée pour l'instant, dans les bouches du Rhône. Et la CGT de cette raffinerie-là a dit hier soir qu'elle appelait à la mobilisation générale, à la première réquisition. Est-ce que ça veut dire que toutes les raffinies de France, potentiellement, à la fin de la journée ou demain, seront touchées ?
C'est possible. C'est possible. Par exemple, je salue ce qu'ont fait les salariés de Donge, une autre raffinerie en Loire-Atlantique. Qui ont rejoint le mouvement. Qui ont rejoint le mouvement. Soit on discute, soit on joue les gros bras, si vous me permettez l'expression, comme l'a fait le président de la République, en jouant du bâton. Et ça, quand on joue du bâton face à un conflit social, ce n'est pas bon pour améliorer les relations. Il faut d'abord discuter. Et c'est ce qu'on propose depuis maintenant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, chez Total, chez Exxon et dans beaucoup d'entreprises.
J'ai bien compris, mais pardon, je reviens quand même à cette annonce juste avant cette interview. Total Energy qui annonce quand même un mois de salaire de prime à l'ensemble de ses salariés et une augmentation de 6% des salaires en 2023. Et là, vous dites non, mais ce n'est pas ce que j'ai dit.
J'ai dit ce genre de choses, ça se discute d'abord en négociation. D'accord ? C'est ce que nous demandons. C'est ce que nous demandons. Monsieur Pouyanné n'a qu'à... Mes camarades et les autres syndicats sont prêts. On rentre dans une salle et on discute de ce que vous dites.
Et peut-être même dès aujourd'hui.
Mais on l'a demandé dès vendredi, dès dernier, vous savez. Dès vendredi dernier. Et c'est la direction Total qui refusait de discuter. Il faut en arriver, il faut attendre une semaine, une semaine de grève pour qu'on commence à dire « Oui, on veut bien, mais il faut voir dès hier soir ». Mais j'insiste sur la responsabilité du gouvernement. Le fait d'avoir lancé des réquisitions hier, malgré les avertissements qu'on a pu faire à tous les niveaux, et moi au plus haut niveau, eh bien, on a quand même lancé des réquisitions. Ça ne contribue pas à améliorer une des phrases préférées du président de la République. Il faut du dialogue social, il faut de l'écoute, de la concertation.
Ce n'est pas en jouant du bâton qu'on améliore le dialogue social.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Merci d'avoir répondu à mes questions et à toutes les inquiétudes des Français ce matin. Il est 8h53 sur AMC BFM TV. Sous-titrage ST' 501