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interviewLe Média (sur Podcast)· 17 juillet 2026 18 min

Macron espionné ? Les preuves accablantes contre le Maroc et Israël (scandale Pegasus)

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Normalement, quand un pays espionne votre président, vos ministres ou vos journalistes, ça finit généralement en crise diplomatique, non ? Eh ben pas en France. Ou plutôt, pas avec Macron. Alors je sais pas ce que le Maroc a découvert en écoutant les conversations de Manu sur son téléphone, mais en tout cas, ce qu'on sait, c'est que juste après, eh ben lui, il a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Je dis ça, je dis rien, mais c'est un peu louche. Bonjour et bienvenue dans le Récap.

Nous sommes le jeudi 16 juillet et aujourd'hui, on se replonge dans un dossier ancien, mais non moins explosif, un scandale d'espionnage mondial, comme on n'en avait pas vu depuis l'affaire Snowden. Je parle évidemment du dossier Pegasus. Alors on remonte un tout petit peu le temps. Nous sommes en 2021, lorsqu'un consortium international de journalistes fait des révélations fracassantes. Plus de 50 000 personnes auraient été ciblées par Pegasus, un nouveau logiciel espion conçu par une société israélienne.

Et alors il est tellement puissant ce Pegasus, qu'il est capable de prendre le contrôle d'un téléphone portable, sans laisser la moindre trace ou presque, et même sans avoir besoin d'un seul clic de la part de l'utilisateur. C'est absolument redoutable. Une fois infecté, le téléphone de la cible n'a plus aucun secret. Pour celui qui contrôle le logiciel espion, absolument tout lui est accessible. Les contacts, les photos, les messages, même ceux des messageries chiffrées comme WhatsApp ou Signal. Il peut aussi géolocaliser le propriétaire de l'appareil à tout moment, activer de la même façon les micros et les caméras, sans que personne ne s'en rende compte.

Bref, le téléphone devient un véritable mouchard, toujours dans votre poche. Alors imaginez les dégâts quand parmi les personnes ciblées, on retrouve des journalistes, des militants, des ministres, voire même des chefs d'État, et à commencer par le nôtre, Emmanuel Macron, ainsi que plusieurs membres du gouvernement français. A l'époque déjà, le Maroc se retrouve dans le viseur, accusé par les journalistes d'avoir utilisé Pegasus pour espionner les responsables français. Alors Rabat dément avec force, attaque même plusieurs médias en justice, et dénonce ce qui serait une campagne de diffamation. De son côté, l'Élysée est assez laconique.

Je cite, « Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves, » rétorque-t-on, sans plus. Sauf que les journalistes n'ont jamais lâché l'affaire. Et voilà que, des années après, de nouvelles révélations viennent d'être publiées. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles mettent à mal la défense marocaine. Un agent des services de renseignement marocain raconte de l'intérieur comment Pegasus a bien été utilisé par son pays, contre des cibles de haut rang à l'étranger, mais aussi en interne, de façon assez massive, contre les journalistes, évidemment, on l'a dit, mais aussi les opposants politiques. Le roi traquerait même jusqu'à son propre entourage grâce à ce logiciel.

Alors, les révélations s'accumulent, mais en France, un fait interroge. Entre Paris et Rabat, l'affaire n'a pas provoqué de rupture ou de crise diplomatique. Bien au contraire, les relations se sont même carrément réchauffées, au point que Macron offre un cadeau diplomatique de grande valeur. Un cadeau que le Maroc espérait depuis près d'un demi-siècle. La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Une coïncidence pour le moins troublante. Et juste avant de continuer avec l'affaire Pegasus, j'ai un message important à vous faire passer. Le média est en difficulté et pourrait disparaître dans les semaines à venir sans votre soutien massif.

Alors, pour sauver notre chaîne et pouvoir être au rendez-vous dignement pour 2027, nous voulons réunir 10 000 donateurs mensuels. Alors, on est presque à la moitié de notre objectif. Il nous manque un peu moins de 300 donateurs pour y arriver. Si vous voulez, vous aussi, apporter une pierre à ce bel édifice collectif, c'est à partir de 5 euros par mois et c'est défiscalisable. Pour cela, rendez-vous sur capsurdika.lemédiatv.fr. Et on revient à l'actu du jour, les révélations dans la colossale affaire Pegasus qui éclabousse le Maroc et la France. Pegasus, c'est l'arme du monstre.

Voilà comment s'affire un ancien agent marocain des services de renseignement décrit le logiciel espion israélien. Et pourtant, il en connaît un rayon sur la surveillance de masse qui s'opère de longue date dans son pays. D'ailleurs, il en a été un des rouages pendant plus de 10 ans. Micro, caméras discrètes, filatures, autant de méthodes qui paraissent subitement très archaïques quand on a un Pegasus sous la main. Alors, sa chère, il a justement vu le changement s'opérer. C'était en 2017.

D'après lui, ce logiciel espion a principalement été utilisé au départ pour monter des dossiers compromettants contre des journalistes et des militants des droits humains au Maroc quand les techniques un peu plus classiques échouaient. Et d'ailleurs, très vite, il constate que ses collègues deviennent complètement accros à ce logiciel tellement c'est facile. On n'a rien de temps et sans quasiment bouger de sa chaise. On se retrouve à avoir accès à toute la vie personnelle et professionnelle de quelqu'un, d'une cible. Et puis, il faut dire que le royaume est plutôt du genre gourmand de renseignements.

Alors, la surveillance va bon train, comme ça, à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur du pays. Dès 2021, le collectif de journalistes établit, expertise à l'appui, que les téléphones d'au moins 7 ministres ou anciens ministres français présentent des traces du logiciel malveillant. Il s'agit de Florence Parly, Jean-Michel Blanquer, Jacqueline Gouraud, François de Rugy, Julien Normandie, Emmanuel Wargon et Sébastien Lecornu, qui est alors ministre des Outre-mer et désormais, comme chacun sait, propulsé à Matignon, Premier ministre.

Alors, le Maroc, de son côté, a toujours nié l'utilisation de Pegasus, qu'il aurait acheté par l'intermédiaire d'une société émiratie, toujours selon les investigations de Forbidden Story. Pour autant, les renseignements français, eux, ils doutent un peu de cette affirmation. Et ce, au moins depuis 2022. Dans une note confidentielle, la DGSE écrit à l'époque que les Émirats Arabes Unis et le Maroc ont utilisé, au moins depuis 2017, des produits NSO, du nom de la société israélienne éditrice du fameux logiciel espion.

En plein dans le mille, on peut le dire, si en tout cas on s'en remet, au témoignage de l'ancien agent marocain, désormais lanceur d'alerte, exilé pour d'évidentes raisons de sécurité. Et pourtant, rien, aucune réaction, encore moins de scandales diplomatiques. Bien au contraire, on l'a dit, Paris et Rabat ont vraisemblablement choisi une autre voie, celle du retour de l'amitié. Une amitié qui, il faut bien le dire, avait pourtant pris quelques coups de froid. Pendant plusieurs années, les relations entre Emmanuel Macron et Mohamed VI ont été particulièrement tendues. Réduction des visas accordés aux Marocains, crise de confiance autour des positions françaises, brouille diplomatique.

Le couple franco-marocain traversait une période glaciaire. Mais en 2024, changement complet de décor, Emmanuel Macron décide quasiment soudainement de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Un territoire disputé depuis des décennies avec le front polisario soutenu, lui, par l'Algérie, le grand rival. Un dossier donc extrêmement sensible au cœur même de l'équilibre des pouvoirs au Maghreb. Autant dire que la décision française est absolument majeure pour Rabat. C'est un cadeau comme on ose à peine en espérer. Et par extension, un sacré coup porté à la relation franco-algérienne. Mais ça, c'est encore un autre sujet.

Bizarre, bizarre quand même ce timing, vous en conviendrez. Macron se fait espionner par le Maroc et paf, tout d'un coup, on redevient les meilleurs amis du monde. Il n'y a pas de preuves, mais disons quand même qu'il y a de quoi se poser quelques questions. Encore une petite info. Au passage, la France aurait elle-même envisagé d'acheter ce fameux logiciel Pegasus. Au moment où certains responsables français étaient donc ciblés par l'espionnage, certains autres services de l'État réfléchissaient, eux, à utiliser exactement le même outil. Le montant évoqué pour l'acquisition, entre 60 et 80 millions d'euros.

Une coquette scène qui n'a visiblement pas été rédhibitoire pour le pouvoir, qu'il a quand même franchement envisagé, absolument fasciné par la puissance de cette technologie. Bon, évidemment, si vous êtes l'hôpital public ou les canadaires, c'est non, 80 millions, c'est trop cher. Bon, au final, Pegasus aussi, ça l'a été, non pas pour l'argent, mais le risque réputationnel aurait été pointé par Macron en personne, ainsi que la perte de souveraineté. Bah oui, après tout, il serait quand même temps de se demander qui les récupère, toutes ces données capturées au fil du temps par les uns et par les autres. Mais au bout de la chaîne, il y a qui ?

Eh bien, cette fameuse société israélienne éditrice du logiciel. On ne sait pas si les données sont protégées, allez savoir. Et au fond, Pegasus raconte quelque chose de beaucoup plus large qu'une affaire d'espionnage aussi massive soit-elle. Il raconte le pouvoir que nous avons tous laissé entrer dans notre poche. Bah oui, parce qu'un téléphone, aujourd'hui, c'est plus qu'un simple outil pour passer des appels. C'est notre mémoire, notre carnet d'adresses, nos conversations, nos déplacements, une partie intégrante de notre intimité.

Et Pegasus montre qu'il suffit d'un outil comme celui-là pour que cette intimité devienne une véritable salle d'écoute permanente, un mouchard directement dans notre poche. Le plus inquiétant, ce n'est pas seulement que des États, et développer ce genre d'armes pour nous écouter, c'est qu'une fois qu'elles existent, la tentation de s'en servir devient presque irrépressible, impossible à contenir. La surveillance crée une forme d'addiction, on l'a vu avec cette affaire. Quand on possède la capacité de tout savoir, pourquoi alors se limiter ? Alors au début, forcément, à nous autres citoyens, on nous promet toujours une surveillance qui sera contenue à des situations exceptionnelles.

Le terrorisme, la criminalité organisée, les menaces majeures qui pèsent sur notre pays. Et puis on arrousse tout ça du fameux « vous n'avez rien à craindre si vous n'avez rien à cacher » ou de son remix « la sécurité est la première de nos libertés ». Et puis quoi encore ? Et puis au fil du temps, gentiment, sans qu'on s'en rende vraiment compte, l'exception devient la règle, avec plein de bonnes excuses évidemment. C'est toujours pour notre bien que les libertés reculent. Une fois que ces outils existent, ils ne servent jamais et uniquement contre les menaces qu'on a évoquées, les plus graves au départ.

Ils finissent aussi par viser ceux qui dérangent, ceux qui contestent, ceux qui enquêtent, ceux qui refusent de rentrer dans le rang. Et là, je pense évidemment à tous mes fichiers S de manif, à tous mes écoterroristes de Sainte-Soline, pour ne citer qu'eux, bien entendu. Alors c'est peut-être là la grande leçon de Pegasus. Le danger n'est pas seulement la technologie. Le danger, c'est le pouvoir qu'on donne à tous ceux qui la contrôlent. Et surtout, l'absence de garde-fous qu'on met dans tout ça. Bienvenue dans un épisode de Black Mirror. Et avant de continuer avec le reste de l'actualité, on vous rappelle notre objectif de 10 000 donateurs mensuels pour sauver Le Média.

Aidez-nous à continuer à vous informer. C'est à partir de 5 euros par mois. C'est défiscalisable. Pour cela, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr. Notre survie ne dépend que de vous. Et puis, si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de proposer et de choisir des sujets, eh bien, je vous attends sur le canal Instagram. Le lien pour le rejoindre est dans la barre d'infos YouTube. Je vous en parlais hier de la polémique autour du manque de Canadair. C'était le sujet du récap. Les incendies, eh bien, ils ravachent toujours la forêt de Fontainebleau. Et ils relancent le débat sur les moyens de lutte contre ces méga-feux.

La flotte aérienne de la France et ses politiques écologistes ne sont évidemment pas à la hauteur. Emmanuel Macron tente de faire oublier tout ça. Alors, il était ce matin à Noisy-sur-École. Le chef de l'État est venu saluer les quelques 800 pompiers mobilisés depuis plusieurs jours. Plus de 2000 hectares ont été actuellement dévorés par les flammes en forêt de Fontainebleau. Mais la bonne nouvelle, c'est que ces feux, ils seraient fixés. Ce qui signifie que leur progression est désormais maîtrisée. Mais ils sont loin, en revanche, d'être éteints. Les secours doivent désormais surveiller en permanence les potentielles reprises de feux, notamment à cause de feux dits zombies.

Des foyers qui continuent de couver sous terre avant de réapparaître plusieurs jours, voire parfois plusieurs semaines après. Quant au volet judiciaire, les deux hommes de 18 ans, soupçonnés d'être à l'origine des départs de feu, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. L'un d'eux est un pompier volontaire. Après avoir reconnu les faits en garde à vue, il était revenu sur ses aveux devant le juge. Et sachez qu'une canicule exceptionnelle touche également l'Algérie depuis une dizaine de jours. Conséquence, en une semaine, près d'un millier d'incendies ont été recensés dans tout le pays.

Et cette nuit, les flammes ont ravagé un orphelinat de la banlieue d'Alger, faisant au moins 11 morts. Les causes du drame restent pour l'instant encore inconnues. Quatre années de débat, plus de 8000 amendements au terme d'un très long parcours législatif. La loi instaurant un droit à l'aide à mourir a été définitivement adoptée par l'Assemblée nationale. C'était hier, par 291 voix, pour, 241 contre. Elle ouvre l'accès au suicide assisté et dans certains cas même à l'euthanasie. Lorsque la personne n'est plus physiquement en mesure d'effectuer le geste elle-même. Ce nouveau droit, il sera strictement encadré, on le rappelle ici.

Il concernera les personnes majeures atteintes d'une maladie grave ou incurable, en phase avancée ou terminale, souffrant de manière insupportable et capable d'exprimer leur volonté de façon libre et éclairée. Le rapporteur du texte, Olivier Falorni, a salué de son côté l'adoption d'un droit fondamental nouveau. Pour les opposants, c'est une façon, au contraire, d'abandonner les plus vulnérables. C'est un sujet très clivant qui a fait l'objet d'un reportage aux médias que je vous invite à voir ou à revoir. Il est à retrouver sur notre chaîne YouTube ainsi que sur notre site Internet. Et on précise que l'entrée en vigueur de cette loi n'est toutefois pas immédiate.

Sébastien Lecornu, entre autres, a saisi le Conseil constitutionnel pour avis. Et on continue avec l'international. Le ministère de la Santé de Gaza a publié ce jeudi ses derniers chiffres depuis le début des affrontements après octobre 2023. Au total, 73 250 personnes sont mortes. 173 751 ont été blessées. Ce sont des chiffres malheureusement évidemment sous-évalués et qui ne font que grossir au fil du temps. Les frappes aériennes sont quotidiennes à Gaza. Rien que ces deux derniers jours, au moins une douzaine de personnes sont décédées dans l'enclave. Mardi, c'est un commissariat dans un camp de réfugiés qui a été bombardé par Israël.

L'hôpital Al-Shifa, situé au nord de l'enclave, a confirmé à l'AFP avoir reçu quant à lui 8 dépouilles. Parallèlement, hier soir, le ministre israélien de la Défense a fait savoir à son homologue américain la détermination d'Israël à maintenir, je cite, ses forces déployées dans la bande de Gaza, mais aussi en Syrie et au Liban. Une déclaration qui intervient alors que le rythme des frappes entre l'Iran et les Etats-Unis ne faiblit pas, et ce, malgré un protocole signé mi-juin. Ces dernières 24 heures, les Etats-Unis ont mené une salve de bombardements sur l'Iran, dont l'une à proximité d'un hôpital pour enfants.

Téhéran a riposté en frappant des bases militaires américaines installées dans les pays de la région. Un scénario qui se répète donc depuis plusieurs jours. Le Pakistan, médiateur dans ce conflit, appelle de son côté à la reprise des pourparlers. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap. N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Et puis souvenez-vous, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr pour devenir un de nos 10 000 donateurs mensuels et sauver notre chaîne. Un immense merci et une très bonne soirée sur le média. Sous-titrage Société Radio-Canada

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