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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 13 min

Interview Laurent Wauquiez par Chasse Passion

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Monsieur Le Wauquiez, bonjour. Bonjour. Merci de nous recevoir aujourd'hui au congrès de la Fédération nationale des chasseurs ici à Lyon. C'est la première fois, je crois, que la Fédération des chasseurs se déplace, quitte son siège d'ici Moulineau pour venir au centre de la France. Donc merci de nous accueillir. Merci de répondre à nos questions. Pour moi, c'est un point de fierté. Parce que c'est vrai, jusque-là, la Fédération des chasseurs était toujours restée à son siège pour faire l'Assemblée générale.

Et comme on est une région qui a énormément travaillé pour la chasse, le Président a voulu dire, ça suffit de rester enfermé un peu à Paris et le pourtour, on va directement dans les territoires. Et donc, voilà, il y a une fierté. Ici, c'est une région où on aime les chasseurs. Et le fait que l'Assemblée générale se tienne en dehors de Paris pour la première fois chez nous, c'est une reconnaissance. On a bien compris que les chasseurs étaient les bienvenus ici. Oui, les chasseurs sont les bienvenus en Auvergne-Rhône-Alpes. Vous avez écouté parler avec attention pendant une demi-heure tout à l'heure. Vous êtes chasseur vous-même. Parce que vous avez tellement de connaissances au final.

Vous parlez d'ACCA, d'Écailles, de tout ça. Vous êtes chasseur ? Moi, j'adore ça. Mais je ne suis pas chasseur. Mon grand-père était chasseur. C'était un chasseur à la Bécasse. Très grand fusil. Moi, j'ai toujours été élevé là-dedans. Je viens de Haute-Loire. C'est un département de chasse. Chasse aux sangliers, chevreuil. J'aime ça. D'accord. Et puis, surtout, j'en ai assez de ces politiques qui ont la chasse honteuse. Je suis fier de mes chasseurs. Je suis fier de ce qu'ils font. J'ai travaillé ici avec mes ACC1. On a fait du super boulot ensemble.

Et je veux tout simplement qu'on arrête de capituler et de laisser quelques ayatollahs dicter leur volonté à la France et que de l'autre côté, le million de chasseurs qu'on a, on les enferme dans un placard. Donc ici, c'est les chasseurs qu'on a mis devant. C'est avec eux qu'on a travaillé. Puis moi, j'aime ça. Je vais en parler peut-être un petit peu plus tard. Je voulais parler de la convention que vous avez mise en place il y a deux ans. C'est la première fois en France. C'est la première convention avec les chasseurs. Vous avez alloué un budget de 3 millions d'euros pour les chasseurs, pour la ruralité, pour développer les projets. En fait, ça n'a jamais été fait avant.

On est la première région de France à avoir fait un partenariat de cette ampleur pour les chasseurs avec 3 millions d'euros sur la table pour travailler ensemble. C'est important pour moi parce que du coup, quand on discute, les gens qui nous écoutent, ils peuvent se dire « Ok, lui, ce n'est pas juste des discours, il y a des actes. » Il l'a déjà fait. En fait, quand je suis arrivé à la région, mais on finit par même plus voir les choses, il n'y avait pas de discussion avec les chasseurs. J'ai 140 000 chasseurs dans ma région. Ils représentent à peu près 10 000 emplois. Ils créent aux alentours de 260 à 300 millions d'euros d'activités économiques.

Quand j'ai une association de foot, j'ai 4 ACC1. Et bien, personne ne discute avec eux. Jamais ils n'avaient été reçus à l'intérieur du siège de la région, pas de travail ensemble. C'est quoi ce pays ? À quoi ça règle ? Et donc, ce qu'on a voulu, c'est secouer et dire « Alors nous, on va travailler avec les chasseurs. On a du respect pour eux. On va mettre en place un travail en commun. » « J'ai jamais été autant critiqué que pour ce que j'ai fait sur la chasse. » Les gens n'ont rien lâché, mais rien de rien.

Et les quelques associations qui représentent qu'elles-mêmes et qui prétendent dicter leurs lois dans nos territoires, on a arrêté de les écouter et on a remis les chasseurs au cœur du jeu. 3 millions d'euros, du travail très concret. On peut nous dire un peu, comment ça s'est traduit ? Très simple. On a financé par exemple des salles de découpe. D'accord. Chambre froide. Des postes de tir avec des miradors. 500 territoires de chasse qui ont été équipés avec des miradors. On est en train de travailler en Ardèche et dans le Puy-de-Dôme avec des réflecteurs au bord des routes pour faire en sorte que le gibier, le gros gibier, sanglier notamment, ne traverse pas la route.

Moi, je me souviens, dans ma 3008, il y a 3 ans, je me suis pris un sanglier dans le radiateur. Ça fait bizarre. Donc, voilà, des réflecteurs autour. Mais aussi un travail, et c'était important, sur la nature et la préservation des espèces. Par exemple, ma fédération départementale dans l'Isère, dans le Beaufortin, a travaillé pour réimplanter un milieu pour remettre le tétralier à l'intérieur. Génial. C'est plutôt que d'avoir une étude qui coûte 10 millions d'euros et vous faites inquiéter pour avoir un rapport de 500 pages de gens qui n'y connaissent rien. On a mis de l'argent, on a fait confiance à la fédération de chasseurs. Super boulot. On a refait des haies dans l'Allier.

On a travaillé sur des terrains en GHAR pour mettre de l'engrainage pendant les intercultures pour qu'on remette du petit gibier. La fédée de Haute-Savoie, grâce à leur travail, ils ont repéré des lieux où on avait du chacal doré, ce que personne ne savait. Oui, tout à fait. On a parlé. Et donc, ça, c'est génial. Et au fond, ce que je voulais, c'est qu'on casse les caricatures. J'en ai assez qu'on casse du chasseur matin, midi et soir. Et qu'on arrive à montrer, on travaille avec eux. Partenariat extraordinaire. Tout le monde est fier. Et les résultats, ils sont à la règle. Vous avez nommé des chasseurs, une commission, pour justement un peu chapoter, gérer tout ça, voir les actions ?

Bien sûr. On travaille en commun de façon constante. On est avec la fédération régionale des chasseurs. On a des points réguliers sur toutes les actions qui sont menées. Encore récemment, on a fait passer 43 dossiers sur les maisons de chasse. On a vraiment rédigé une convention qui est extrêmement précise. Parce que ce que je voulais, c'est que précisément, pour casser les caricatures, on arrive à montrer que tout ça, c'était du sérieux. Les chasseurs, tout le monde les attend autour. Si on peut les critiquer, les attaquer, ils y vont à fond. Donc on a voulu montrer que le travail avec les chasseurs, c'était du sérieux. Ça, c'est notre convention. D'accord. On a défini chaque action.

On est sur des choses qui sont extrêmement précises. Par exemple, on va prendre un exemple, poste de tir. Nos postes de tir, on a défini qu'on avait 126 000 euros sur la ligne en 2016, 252 000 euros en 2017, 252 000 euros en 2018. On suit tout. La seule chose que je demande, c'est que ce soit fait avec du matériel de la région et des entreprises de la région. le reste, je leur fais confiance. On a mis en place un dispositif, Bécasse des Bois. On a chaque année, 25 000 euros en 2017. C'est du bagage, peut-être ? Non, l'objectif, c'est surtout d'avoir un suivi, connaissances, matériel photographique. Pourquoi ?

Parce qu'aujourd'hui, quand vous asseyez autour d'une table, on laisse uniquement quelques ayatollahs parler des espèces animales. Et les chasseurs interdits. Nous, ce qu'on a voulu montrer, c'est qu'en faisant confiance aux chasseurs, on avait des résultats aussi qui étaient tout aussi remarquables. Là, du coup, on a un rapport qui est clair. On voit les actions que vous avez menées avec les chasseurs, de concert avec les FRC et toutes les fédérations départementales. Du coup, ce pas que vous avez fait auprès des chasseurs, il y a forcément une contrepartie. J'imagine peut-être une contrepartie dans le sens des associations écologistes qui n'ont peut-être pas entendu du bon oeil.

Est-ce que vous avez été embêté par rapport à ça ? Vous savez, le problème, c'est que en politique... Robert de la Médaille, est-ce que vous préférez plus une contrepartie ? Oui, bien sûr. Mais en politique, il y en a certains, ils veulent tout faire en même temps. Vous voyez ce que je veux dire ? J'imagine. En même temps. On cherche à ménager la chèvre et le chou. On dit un petit truc ici, un petit truc là. On envoie une carte postale pour Chambord, mais en même temps, dernière, on reçoit les associations d'écolos. Moi, j'aime que les choses soient claires. Et les gens me connaissent un peu. J'ai l'habitude d'avoir un langage qui est direct et je n'ai pas peur de ce que je dis.

Non, il n'y a pas eu de contrepartie. On a travaillé avec les chasseurs parce que jusque-là, personne ne travaille avec les chasseurs. Ce n'est pas pour autant que j'ai mis les autres dehors, mais je veux que les chasseurs soient considérés. Les chasseurs sont les premiers écologistes. C'est très préjoratif. Ce que je viens de dire, c'est qu'on ne dit pas les écologistes. Nous-mêmes, on est écologistes. Le problème, c'est les gens qui sont fondamentalement anti-chastes. C'est ça le souci. Les premiers défenseurs de l'environnement, c'est qui ? Moi, le matin, quand je me lève à 6h du matin, qu'est-ce qui est dehors ?

Dans la brume, sur mon plateau du Vivarin, entre l'Ardèche et la Haute-Loire. C'est le chasseur. C'est d'accord. Et eux, ils n'arrivent pas à 10h du matin, la tête enfarinée. Ils y sont. Ils aiment ça. Ils ont la passion. Et puis la chasse, on parle de nature et de développement durable. S'il n'y a pas la chasse, comment on équilibre ? Comment on gère entre les différentes espèces ? C'est dans notre tradition, non ? Oui, d'accord. C'est dans notre histoire, c'est dans notre identité. J'aime ça. Je ne vois pas en quoi est-ce que la chasse serait un gros mot. Donc non, je ne vais pas parce que d'un côté, j'aide les chasseurs, donner des contreparties aux autres. J'aide les chasseurs.

Moi, je suis me délégué. Je vais remplacer les chasseurs au sein de la réalité et de la gestion de la faune et de la ford, de votre région. Exactement. Tout à votre honneur. Et avec un discours simple, c'est... Et les moyens. Ils font du bon boulot. Et quand on leur donne des moyens, j'ai des résultats que j'obtiendrai difficilement ailleurs. Tout ce que j'aime. Et puis, vous savez, ce que je n'aime pas bien non plus, c'est que je pense petit à petit, dans notre pays, on a laissé des gens qui ne connaissent rien à la ruralité, qui n'y habitent pas et qui ne l'aiment pas, finir par dicter leur volonté. Je pense qu'il y a un moment, il faut dire stop. Ça suffit. C'est la ruralité.

Ce n'est pas un territoire d'indigènes où les normes, pondues d'ailleurs, viennent s'imposer. Faites confiance aux chasseurs. que vous avez les meilleurs résultats. Ok, M. Wauquiez, je voudrais juste m'entendre parler à des oies. Je vais vous faire répéter parce qu'au final, vous en avez déjà parlé. Vous avez un discours clair. Vous avez une position qui est claire. Vous connaissez le sujet. C'est dingue, cette histoire. Et c'est très représentatif de la façon dont se font les débats dans notre pays. On dit, il faut protéger les oies. Très bien. Du coup, à partir de début février, c'est plus rien. Parfait. Ensuite, les oies, elles traversent la frontière.

Elles arrivent aux Pays-Bas, elles arrivent au Danemark. Elles changent de nationalité. Elles changent de nationalité, les lois. Elles sont fortes. Et là, par contre, là-bas, de l'autre côté de la frontière, on a le droit de les gazer. J'ai bien dit gazer. C'est-à-dire que vous êtes sur un champ, boum, on balance les grenades à gaz ou au contraire, on attend qu'on soit sur la période où les oies ne peuvent pas voler. On les pousse pour les stocker en les poussant vers des camions et là, on balance les grenades. C'est ça, la nature et l'environnement ?

C'est-à-dire que chez nous, on n'a pas le droit de faire ce qui est une activité traditionnelle, respectueuse, intégrée dans ce qui est la règle de la nature et de l'environnement et on attend qu'ils soient de l'autre côté de la frontière pour en abattre combien ? 100 000 à peu près ? Sur l'abattage des oies, je pense que sur le gazage, on doit être à peu près là-dedans. On est dingue. Est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Est-ce que vous pensez que ça doit se régler au niveau européen ? On doit discuter avec la Hollande ? Est-ce que ça peut se régler en fait ? Vous savez ce que je pense ? Moi, ce que je pense, c'est qu'on a besoin de l'Europe pour s'occuper de Schengen.

On a besoin de l'Europe pour s'occuper pour que nos enfants puissent aller faire leurs études dans d'autres pays. Honnêtement, je ne suis pas sûr que le principal terrain d'investissement de l'Europe ce soit pour prendre des normes de la chasse qui sont complètement coupées des réalités. Complètement coupées des réalités. Vous prenez l'exemple, on prend l'exemple des oies. On pourrait en prendre d'autres parce que dans les absurdités qu'on a... On pourrait parler de l'eau aussi mais ce n'est pas l'Europe. Non, c'est la convention de Berne.

On pourrait parler du canard col vert, on pourrait parler des canards siffleurs sur lesquels on applique les mêmes règles à des espèces qui sont complètement différentes, qui n'ont pas les mêmes périodes, pas les mêmes moments, pas les mêmes migrations, pas les mêmes habitants. On applique les mêmes règles à tout le monde. Tout ça n'a pas de sens. Donc, comme moi je l'ai fait et avec le même discours, simple, clair, je pense que ça suffit. Sur le loup, on marche sur la tête. J'allais venir, vous avez pris un engagement en ferme, fort, auprès des chasseurs ce soir d'ailleurs.

On a équipé, d'abord, c'est-à-dire que chez nous, dire qu'il faut qu'on puisse abattre des loups, ce n'est pas un gros mot. Parce qu'il faut quoi ? Il faut qu'on attende qu'il y ait un drame ? Il faut que le drame, il arrive au cœur de Paris pour que les gens réagissent ? Il faut qu'on ait un homme, une femme, un enfant qui se fasse attaquer par un loup pour que tout le monde prenne conscience ? On nous dit, il y a 300 loups en France. Mais 300 loups, je ne vous les trouve rien qu'en Savoie et en Haute-Savoie. Et tout est fait pour empêcher les chasseurs de jouer leur rôle de régulation. Ça suffit.

Quand on nous explique que vous avez le droit d'abattre le loup entre 2000 mètres et 2100 mètres, ça n'a pas de sens. Mais à quoi on joue là ? Donc, retrouver du bon sens, retrouver un tout petit peu de lucidité et surtout reprendre de la maîtrise.

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