Pascal Canfin : "Je rends hommage aux écologistes politiques d’avoir eu raison avant les autres"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Votre présence à cette place et sur cette liste peut étonner.
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Qu'est-ce qui vous a conduit à prendre cette décision ?
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Pourquoi ce virage sur l'aile ? Dites-nous, expliquez-nous.
- 4:28OuverteRéponse directe
Quelles assurances avez-vous sur des dossiers français ou européens ?
- 8:11RelanceRéponse directe
Est-ce que vous n'auriez pas été plus en phase avec vous-même en rejoignant les Verts ?
- 13:35OuverteRéponse directe
C'est ça que vous rejoignez donc aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25Invité politiqueFait
« j'ai été le seul parlementaire européen à avoir réussi à faire interdire un produit financier toxique qui servait à spéculer contre les dettes publiques au moment de la crise de la zone euro, qui s'appelait techniquement les CDSAU »
- 2:40Invité politiquePromesse
« il y a une profonde modification du projet et je vais dérouler un certain nombre de propositions qui seront portées, qui sont dorénavant portées par cette liste »
- 5:17Invité politiqueFait
« le premier élément, c'est que la politique agricole soit comportée par le ministère de l'Agriculture, en l'occurrence au Parlement européen, la Commission agriculture du Parlement européen, qui négocie la politique agricole commune »
- 6:56Invité politiquePromesse
« placer au même niveau la dette financière et la dette climatique »
- 22:57Invité politiqueFait
« le fait de préserver, protéger, transformer, raffermir l'Europe est un élément fondamental de mon engagement »
Temps de parole
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Et avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons ce matin le numéro 2 de la liste LREM aux élections européennes. Il fut, il vient d'en démissionner, directeur général du WWF France. Avant cela, 2012-2014, il était ministre délégué au développement dans un gouvernement Jean-Marc Ayrault sous la présidence de François Hollande. Vos questions 0145 24 7000, les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Pascal Canfin. Bonjour Nicolas Demand. Votre présence à cette place et sur cette liste peut étonner. En novembre dernier sur Inter, vous disiez, je vous cite, je ne souhaite pas être sur la liste En Marche aux européennes car je veux garder ma liberté.
Alors dites-nous, pour commencer, ce qui vous a conduit à prendre cette décision, à aliéner votre liberté, parce que ça n'est pas évident, c'est même surprenant. Pourquoi ce virage sur l'aile ? Dites-nous, expliquez-nous.
Vous pouvez même faire référence à d'autres propos que j'ai tenus chez vous aussi.
Oui, il y en a un certain nombre.
Exactement, sur le fait qu'on ne pouvait pas s'engager s'il n'y avait pas un bing-bang de la façon dont on menait les politiques publiques. Et j'ai déjà dit non deux fois à Emmanuel Macron par le passé. Et pourquoi nous avons discuté cette fois-ci ? Pourquoi j'ai dit oui ? D'abord parce que je ne suis pas candidat à une fonction nationale, je suis candidat à une fonction européenne. Et dans mon parcours, vous ne l'avez pas rappelé, mais j'ai été pendant trois ans parlementaire européen.
Et lorsque j'étais parlementaire européen du groupe Vert, j'ai été le seul parlementaire européen à avoir réussi à faire interdire un produit financier toxique qui servait à spéculer contre les dettes publiques au moment de la crise de la zone euro, qui s'appelait techniquement les CDSAU, à nu, peu importe. Et j'ai donc une vraie connaissance du Parlement européen, je le rappelle parce que c'est important dans mon engagement, dans ma légitimité aujourd'hui. Je vais venir, laissez-moi dire 30 secondes sur mon parcours. Donc je suis candidat à une fonction européenne.
Si vous voulez que je vous dise que le gouvernement actuel français n'en fait pas assez, ne va pas assez vite, ne va pas assez loin sur l'écologie, ce n'est même pas la peine que vous me posiez la question, je vous le dis. Mais pourtant on va vous les poser tout à l'heure sur un certain nombre de dossiers. Exactement, mais je ne suis pas candidat pour être ministre de ce gouvernement, je suis candidat sur une fonction européenne.
Donc attention, ça n'est pas LREM, Pascal Canfin n'est pas LREM, c'est ça ?
Je ne suis pas en marche, je ne suis pas en marche, je n'ai pas rejoint en marche, on ne me l'a pas demandé d'ailleurs. Vous marchez du même pas. Par contre, ce que j'ai, maintenant je vais venir à pourquoi je l'ai fait, je clarifie les choses puisque vous mélangez un petit peu les deux niveaux. Or, je pense que s'il y a une chaîne où on peut se permettre de parler noblement d'Europe, c'est bien sur France Inter. Je suis en deuxième de liste, pourquoi j'ai dit oui ? Parce que, un, il y a une profonde modification du projet et je vais dérouler un certain nombre de propositions qui seront portées, qui sont dorénavant portées par cette liste.
Et puis, si j'avais été seul, si j'avais été seul, évidemment, c'eût été une caution, c'eût été un coup d'épée dans l'eau, aucun intérêt et j'aurais dit non. La réalité, c'est que sur la partie éligible de la liste, c'est celle qui est la plus intéressante bien évidemment, il y a de nombreuses personnes, et si vous me laissez le temps, je vais égrener tout ça. Il y a de nombreuses personnes qui ont des compétences, des engagements, des convictions écologistes très fortes. Vous avez par exemple une ancienne navigatrice qui a cofondé la plateforme Océan Climat, qui est la plateforme qui réunit l'ensemble des ONG sur ce sujet. Vous avez quelqu'un qui fait du vin sans glyphosate.
On va y revenir, j'imagine, sans glyphosate.
Il y a aussi Jérémy Dessert, et il y a Fabienne Keller.
Il y a aussi un agriculteur qui est pro-glyphosate. Non, non, alors justement, je finis. C'est une aventure collective. Ça, c'est le premier élément. C'est une garantie que j'avais demandé, une assurance, une condition, après ça comme vous voulez, qui était de dire, si c'est une aventure individuelle, ça n'a absolument aucun sens. Et si je fais référence à Nicolas Hulot, Nicolas Hulot a souffert de quoi quand il était au gouvernement ? Il a souffert de deux choses. La première chose, c'est que le programme initial d'Emmanuel Macron, 2017, était très très peu écologique. Aucun doute là-dessus. Donc, sa base de départ était très flamme.
La mienne, et je vais vous le dire sur la politique commerciale, sur la BCE, sur la PAC, je vais vous rentrer dans les détails. Laissez-nous poser des questions aussi. J'ai tellement de choses à vous dire que j'ai envie de vous les dire maintenant. Excusez-moi. Vous avez envie de vous justifier. Vous aurez des meetings pour faire ça. Vous avez envie de vous justifier. Non, j'explique. Quand on fait un choix, on l'explique. C'est la moindre des choses.
Alors très bien, expliquez-nous. Vous dites Emmanuel Macron, cet homme qui pour l'instant a fait une politique écologique des petits pas, m'a donné, dites-vous, des assurances. Parce qu'enfin, quelles assurances ? Est-ce que par exemple, il vous donne des assurances sur des dossiers français, le glyphosate, un nouvel EPR ? Ou est-ce que vous avez des assurances sur des dossiers européens ? Lesquels ?
L'essentiel, et on va continuer sur l'Europe encore une fois, c'est 80% des règles européennes, des règles en matière environnementale proviennent de l'Europe. 80%, c'est donc la mère des batailles. Alors, les assurances et le projet. Première assurance, je ne suis pas tout seul, nous sommes au moins un quart, voire un tiers de la liste à avoir des convictions très fortes sur ce sujet. Donc c'est important parce que ça veut dire que derrière, nous aurons les bonnes personnes pour peser au Parlement européen. Deuxième élément, l'impact. Quand j'étais venu chez vous, j'avais dit, il y a deux éléments d'un bing-bang.
Le premier élément, c'est que la politique agricole soit comportée par le ministère de l'Agriculture, en l'occurrence au Parlement européen, la Commission agriculture du Parlement européen, qui négocie la politique agricole commune, qui est le cœur du réacteur de notre politique agricole, et la Commission environnement. Dans le projet, il y aura, nous proposerons que le Parlement européen comporte la politique agricole commune avec ses deux commissions, au même niveau, l'agriculture et l'environnement. Mais vous savez bien, Pascal Canfray, que c'est en même temps la France et l'Europe,
et que c'est important et intéressant aussi que la PAC soit co-gérée en France par le ministère de l'Agriculture et celui de l'écologie, point que vous n'aviez pas pu obtenir et que vous avez conduit à refuser de succéder à Nicolas Hulot.
Et donc, je l'ai obtenu au niveau européen.
Vous n'allez pas pouvoir faire des séparations dans votre dette comme ça constamment ?
Il y a des choses que je n'ai pas obtenues, parce que la transition écologique, ce n'est pas une conversion religieuse, ce n'est pas Paul sur le chemin de Damas où tout d'un coup, ça change, non. Prenons, il y a 30 secondes, enfin il y a un quart d'heure, il y avait quelqu'un qui parlait des plastiques de Super U. On discutait là entre nous juste avant le studio. Aujourd'hui, j'ai un gobelet en carton. Pourquoi ? Parce que c'est la journée du plastique. Si j'étais venu hier, il y avait un gobelet comment ici ? En plastique. Les assurances, Pascal Canfray. Pourtant, vous avez des convictions. On va explorer nos contradictions aussi, on est les nôtres. Mais tout le monde a ces contradictions.
C'est normal. Et c'est la société qui a ces contradictions. Donc, je continue.
Des assurances sur la politique agricole commune.
Politique agricole commune, numéro un. Deuxième élément, le fait que, quand j'étais venu chez vous, j'avais dit un deuxième élément du Big Bang fondamental, c'est placer au même niveau la dette financière et la dette climatique. C'est exactement ce que la liste dans laquelle je suis en numéro 2 va faire et va porter. Reprenez la tribune, la lettre du président de la République, il y a quelques semaines, aux Européens. Il y a un paragraphe qui dit exactement ça. Toutes les institutions européennes, y compris la Banque Centrale Européenne, y compris la Banque Centrale Européenne, ont dans leur mandat le fait de lutter contre le dérèglement climatique.
Et nous travaillons, je ne vais pas vous faire une proposition finalisée aujourd'hui, parce que c'est évidemment un sujet complexe, mais nous travaillons avec Nathalie Loiseau pour, dans le prochain jour, prochaine semaine, faire une proposition sur la gouvernance de la réduction de l'empreinte écologique, la réduction des émissions de CO2, donc la réduction de la dette climatique au niveau européen, comme il y a au niveau européen, tout le monde le sait, les fameux 60% d'aide publique, les fameux 3%. Aujourd'hui, la gouvernance européenne de ces sujets, elle est totalement déséquilibrée. Nous allons proposer de l'équilibrer. Et ça, c'est fondamental.
S'il vous plaît, Pascal Canfin, vous n'êtes pas en meeting, vous n'êtes pas à la tribune, laissez-nous juste dialoguer avec vous. Essayez de me répondre rapidement, est-ce que vous n'auriez pas été à l'aise, vu ce qu'est votre histoire politique, est-ce que vous n'auriez pas été plus en phase avec vous-même, en rejoignant les Verts, ou en rejoignant les socialistes, ce sont vos compagnons de route historiques. Donc pourquoi ne pas avoir fait ce choix-là ?
C'est un choix, d'abord, je suis parfaitement à l'aise avec ce que je viens de vous dire, et le fait que l'écologie soit l'axe numéro un transversal du projet de la liste en marche...
C'est la même chose avec les Verts !
Bien sûr, mais c'est vrai, sauf que... Et là, on en vient au deuxième élément. Pourquoi pas eux ? Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ? Ça veut dire que vous dites, c'est vrai, aujourd'hui, la liste, appelons-la Renaissance, a un projet... Non, mais bien sûr, mais ce n'est pas encore très connu des Français, mais bon, la liste Renaissance, je ne suis pas le président de la République, a un projet environnemental crédible. Et donc, vous me dites, mais finalement, pour porter ça, vous ne seriez pas aussi bien chez les Verts ? Vous voyez bien l'inversion, le moment historique dans lequel on est ? Non, mais je ne sais pas, je vous pose une question, Nicolas Demorand.
Revenez à 2017, mais bien sûr, Pascal Canfin. Et donc, là, vous actez quelque chose qui est fondamental, c'est un changement culturel et politique majeur. Et aujourd'hui, très clairement, plusieurs listes, et tant mieux, tant mieux, portent des vrais projets écologistes. Parce que personne ne peut avoir le monopole de l'écologie, et je réponds à votre question. Si on veut être à la hauteur des enjeux, c'est un changement systémique. Ce n'est pas un changement cosmétique, c'est un changement systémique. Tout le monde le sait.
Et donc, si on veut ce changement systémique, est-ce que vous croyez qu'une seule liste composée de 6-7 personnes qui seront élues dans un parlement de centaines de parlementaires suffiront tout seuls à imposer ce changement systémique ? Si la réponse est oui, alors, effectivement, personne d'autre n'a besoin de faire le job. Pour voter écologistes, il faut voter LREM plus de ELV. Non, il y a la bonne nouvelle, la très bonne nouvelle, c'est que si le climat, c'est important pour vous, et les jeunes, c'est important pour vous, les opinions publiques sont en train de bouger massivement, eh bien, vous avez plusieurs options.
Et tant mieux, parce que c'est ça, la démocratie, et ça garantit que quel que soit... Quel que soit, je ne vais pas dire quel que soit, parce que ce que je viens de dire est vrai jusqu'à une certaine limite. J'exclus LR, j'ai regardé le programme de LR, enfin, oui, des Républicains, une seule proposition à la 31e place totalement marginale. Et comment est-ce que vous allez gérer ? Entre ceux qui disent, l'écologie, c'est central, et ceux qui disent, en fait, on continue comme avant, elle passe là. Elle passe entre, à droite d'En Marche, et, en gros, à gauche des Républicains. Et à partir de là, le jeu s'est ouvert, et c'est formidable.
Comment est-ce que vous allez gérer la contradiction éventuelle de, en 2021, on aura un gouvernement qui peut-être donnera un feu vert à un nouvel OPR que vous allez toujours combattu, ça, ça sera en France, et vous serez dans la liste Renaissance, vous serez avec eux, au Parlement européen.
J'ai une relation extrêmement saine avec le Président de la République. J'applique le théorème de ma grand-mère, c'est-à-dire, quand je suis d'accord, je le dis, quand je ne suis pas d'accord, je le dis. Vous dites, mais vous restez... D'abord, ce n'est absolument pas une décision qui est prise, etc. Vous faites une hypothèse. Mais si cette hypothèse se réalisait, je dirais, je dirais, c'est une mauvaise décision. Comme toute autre décision dont je penserais qu'elle serait incohérente avec l'ambition que je viens d'évoquer. Maintenant, encore une fois, mon mandat, le mandat qui m'est confié, là, par le Président de la République, c'est de porter ce projet au niveau européen.
C'est de faire bouger les lignes sur la Banque centrale européenne. C'est de faire Emmanuel Macron, pro-mine, pro-nucléaire, pro-gaz de schiste, pro-GM.
Voilà le portrait que vous faisiez de lui.
En 2017, je l'ai dit récemment dans une émission télé.
Oui, mais enfin, ça, vous l'avez dit en septembre dernier, Pascal Canfin. Alors, il a changé...
Non, non, non, là, vous faites une caricature. Nicolas Demont, j'ai dit en septembre dernier, c'était dont on n'est pas couché. A-t-il changé ou avez-vous changé, vous ? Qui a changé dans l'histoire ? Alors, moi, je n'ai pas changé. Je pense que ceux qui me connaissent, je suis un peu têtu. D'ailleurs, je suis tellement têtu que je suis quand même une des rares personnes à lui avoir dit non deux fois. Donc, si je lui dis oui aujourd'hui, c'est parce qu'il a changé. Il est en train de changer. Est-ce qu'il est parfait ? Est-ce qu'il est cachère, halal et tout ce que vous voulez ? Non. Qui l'est ? Vous l'êtes Nicolas Demont ? Non. Vous l'êtes Alexandre Amédsaï ? Non.
Je ne suis pas chef de l'État, excusez-moi. Donc, on n'est pas dans une logique de sectarisme. On est dans une logique d'accélération de la transition. Et quand je vous dis, axe numéro un du projet, la PAC co-gérée avec l'environnement, un grand plan d'investissement avec une banque européenne pour le climat et inciter fortement la BCE à prendre cet enjeu à bras-le-corps, ce qui n'implique pas de changer les traités. Je le précise d'un point de vue technique, c'est déjà prévu. Et je pourrais continuer à déployer tout ça. C'est en train de devenir la matrice fondamentale du projet qui sera portée par cette liste. Donc, il a changé. Il a changé. Est-ce qu'il a changé sur tout ?
Une information ? Est-ce que je suis d'accord sur tout avec lui ? Non. Et vous me poserez dans 15 jours la réponse et je vous dirai non. Et je pense que dans 15 jours, il y aura des gens qui vont dire, oulala, peut-être que ça va un peu trop vite, peut-être que ça va un peu trop loin cette affaire. Je vais prendre les traités commerciaux, parce que c'est toujours dans l'actualité. Qu'est-ce qu'il a dit au dernier Conseil européen, Emmanuel Macron, qui était historiquement quelqu'un qui était favorable aux traités commerciaux, il a dit, je ne signerai pas de traités commerciaux si les questions climatiques ne sont pas intégrées.
Je ne signerai pas de traités commerciaux avec des pays qui n'ont pas les mêmes exigences environnementales que nous et notamment qui n'ont pas ratifié l'accord de Paris et notamment les Etats-Unis. C'est nouveau Nicolas Demorand. Il faut prendre en compte le fait que le monde change, la société change et les politiques aussi.
Et que la France reste en Europe. Il y a 10 jours, l'Assemblée nationale vote le recul sur la fabrication de pesticides en France. Avant cela, la proposition de Mathieu Orphelin sur une interdiction du glyphosate avait été retoquée par l'Assemblée nationale. Mathieu Orphelin qui a quitté le groupe La République En Marche depuis. Les ONG traînent le gouvernement devant les tribunaux. C'est ça que vous rejoignez donc aujourd'hui ?
Non, encore une fois. Mais en fin, je n'ai pas tordu la réalité en disant ça. Je suis bien placé pour le savoir. J'étais directeur général d'une ONG qui soutient cette initiative. Donc je ne vais pas aujourd'hui dire le contraire. Donc je la soutiens. Pourquoi je la soutiens ? Parce qu'ils n'attaquent pas le gouvernement, ils n'attaquent pas l'Édouard Philippe ou l'État. Ils attaquent des dizaines d'années d'inaction sous Sarkozy, sous Hollande et encore aujourd'hui sous Macron puisque je vous l'ai dit, nous ne faisons pas assez. C'est une évidence scientifique, c'est une évidence partagée par tout le monde. Je ne vais pas vous dire le contraire. Donc c'est bien. Pourquoi c'est bien ?
Parce que si on veut changer les choses Nicolas Demorand, si la cause est fondamentale, si on ne se trompe pas de combat, si on ne fait pas de la petite politique politicienne et des petites phrases, alors il faut additionner les énergies. Il faut faire feu de tout bois. Il faut que la société civile se mobilise et qu'elle attaque les entreprises et qu'elle attaque les États qui n'agissent pas. C'est vrai en France, c'est vrai partout. C'est vrai aux États-Unis, c'est vrai aux Pays-Bas. C'est en train de se passer et je dis bravo.
Mais sur les pesticides, Pascal Canfin, c'est par exemple une autre histoire. Nicolas Demorand vient de le rappeler. Il y a dix jours, l'Assemblée nationale vote le recul sur la fabrication de pesticides en France.
Et d'ailleurs, la ministre, ça fait un grand débat. Les lobbies avantent, le gouvernement recule. Bien sûr, bien sûr. Bien sûr, et je soutiens cette critique. Si j'avais été au WWF là maintenant, je vous dirais que je soutiens cette critique. Encore une fois, jamais je ne vous dirais que tout va bien. Jamais, parce que c'est juste faux. Et quand je suis en désaccord, je le dirais. Je l'ai dit au président de la République, je dis je ne peux pas m'engager sur cette liste si je n'ai pas la liberté de dire quand je suis en désaccord que je suis en désaccord. Donc là, je suis en désaccord. Très bien.
En revanche, ce que je vous ai dit il y a quelques secondes sur les accords commerciaux, c'est structurant, c'est fondamental. Bon, ça, ça va dans le bon sens et c'est nouveau. Donc oui, il y a des choses qui ne vont pas encore dans le bon sens. Mais si j'attends, sincèrement, quand je me regarde dans la glace le matin, ce qui me fait lever, c'est d'essayer de changer le monde pour mes enfants. Et je pense que vous aussi. Et si j'attends que tout soit parfait pour commencer à dire peut-être que je peux me poser la question d'y aller, je ne ferai jamais rien.
Et qu'est-ce qui vous fera démissionner ?
Rien. Parce que je pense que cette bataille, elle est gagnée culturellement, Nicolas Demorand. Elle est gagnée. Et donc maintenant, le politique suit. Et je rends hommage, je rends hommage, j'en ai été des écologistes politiques, je rends hommage aux écologistes politiques, aux Verts, à ELV, d'avoir eu raison avant les autres.
Mais vous leur faites un mauvais coup.
Je ne leur fais pas un mauvais coup. Parce que justement, c'est en additionnant les énergies, Alexandre Amensaïd, qui peut croire qu'une seule personne, 5 députés européens, 6, réussiront à changer tout seul la donne ? C'est impossible. Donc si on y croit vraiment à cette cause, si on y croit vraiment, alors il faut nécessairement multiplier, additionner les énergies. C'est en train de se passer.
C'est une bonne nouvelle, Nicolas Demorand. Et j'aimerais savoir comment vous l'analysez. Daniel Cohn-Bendit, Pascal Durand, vous-même, le trio de la liste Europe Écologie Les Verts de 2009, qui avait fait un score stratosphérique. Tout le monde soutient désormais Emmanuel Macron. Comment vous analysez cette évolution de l'histoire ? Comment, en disant ?
Parce que je pense que la société a profondément changé. Que ce sujet... Non, au contraire, justement. La vague est en train d'emporter tout le monde. Pas tout le monde, encore une fois. La frontière de ceux qui ont envie de jouer le jeu. Et ceux qui disent que c'est un non-sujet, elles s'arrêtent aux Républicains. Le Républicain et le Rassemblement National sont totalement à l'ouest sur ce sujet. Totalement ringards, totalement passéistes, conservateurs, climato-sceptiques. Tout le reste, c'est parti. Ensuite, on a des différences. On peut être plus ou moins à gauche, plus ou moins, etc. Mais c'est parti. Et tant mieux, tant mieux.
Parce que c'est encore une fois, en additionnant les énergies...
Quelle évolution politique, en tout cas.
Non, c'est la société... Mais justement, c'est la société qui évolue et qui fait que maintenant, on veut peser de l'intérieur. C'est-à-dire, le groupe... Est-ce que j'ai le droit encore de 30 secondes ? J'aimerais bien donner la parole aux auditeurs de France Inter. Je me réfraîne. Catherine nous attend depuis un quart d'heure. Et je laisse la parole à Catherine.
Excusez-moi. Soyez la bienvenue, Catherine. Bonjour.
Oui, bonjour.
On vous écoute.
Bonjour. Alors, je suis attirée par ce que vous dites, pour changer de l'intérieur. Moi, je suis une militante écologiste. Et je tiens à vous dire à quel point je suis attristée de votre aliment à La République en marche. Alors, ma première question, elle est simple. Elle est dans quel groupe allez-vous siéger ? Puisque vous dites que c'est en additionnant les... Enfin, voilà. Or, pour moi, c'est en étant le plus nombreux sur un groupe des Verts qu'on pourra faire changer les choses. Et si jamais vous n'êtes pas dans le groupe des Verts assiégés, est-ce que vous garderez votre liberté de vote pour voter comme vous votiez lorsque vous étiez Verts ?
C'est-à-dire contre les pesticides et contre les traités de libre-échange. Et à ce sujet-là, si M. Macron a changé, c'est bien parce qu'il va pouvoir ne pas donner le mandat pour négocier le nouveau traité qui se profile entre l'Union européenne et les États-Unis. Et puis le Parlement, tous les députés en marche vont pouvoir voter contre le CETA lorsque ça passerait au Parlement national.
Vous avez un autre appel, Catherine. On va transmettre votre question à Pascal Canfin.
Dans quel groupe allez-vous siéger au Parlement européen ? Alors, évidemment, l'ensemble de la liste siégera dans le même groupe. On fait campagne ensemble, on défend le même projet. On ne va pas ensuite siéger dans des groupes différents au Parlement européen. Ce serait complètement incompréhensible. Ce qu'on va faire, c'est qu'on va essayer de transformer, justement, on va essayer de transformer le Parlement européen de l'intérieur. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, et les Français ne savent pas nécessairement, ça fait trentaine d'années que le Parlement est co-géré par deux groupes.
Les socialistes, les sociodémocrates, et le PPE, les républicains, les conservateurs français et allemands et la CDU, etc. Et ça, c'est fini. Plus personne n'en veut. C'est à bout de sous. C'est épuisé. On verra. On verra le résultat. On verra le résultat. Mais honnêtement, quand on voit l'effondrement de ces forces politiques, soit côté droit, soit côté gauche dans certains pays... Et donc vous, alors ? Donc du coup, on va arriver à une nouvelle configuration. Donc on est dans une nouvelle donne historique. Et là aussi, Nicolas Demorand, la question c'est, est-ce qu'on la regarde de l'extérieur ou est-ce qu'on essaie d'en faire une opportunité ?
Non mais attendez, qu'on soit clair, il risque d'y avoir un nouveau groupe. C'est ça ce que vous dites ? Je vais... Nous allons tous siéger dans le même groupe. Ce groupe sera un groupe qui sera au centre de toute coalition possible. Puisque si j'en crois tous les sondages agrégés au niveau européen, après ça peut changer, mais au moment où on parle, il n'y a aucune majorité possible sans le groupe dans lequel nous siégerons. Si ça, ça ne marche pas, vous siégez où ? Il n'y a aucune majorité possible. Donc ça devra marcher, sinon il n'y a pas de majorité et donc ça marchera.
Et nous prônerons un contrat de coalition et nous proposerons bien évidemment au vert européen de rejoindre ce contrat de coalition. Ensuite, c'est à eux de décider s'ils le rejoignent ou pas. Mais nous voulons absolument sortir, et ça c'est un projet fondamental, de la cogestion européenne pépère qui a atteint ses limites entre la droite et la gauche. Donc ça, jamais, ni l'un, ni l'autre, ni le groupe de droite, ni le groupe de gauche, c'est exclu. Non, vous voulez dire quoi, en termes de siège ou en termes de coalition ? Non, non, là où vous mettrez vos bagages. Non, bien sûr, on siégera dans un groupe qui sera central, qui sera renommé. Il y a qui dans ce groupe ?
On va le voir, Alexandra Mensei.
Vous avez déjà une stratégie, donc qui voulez-vous aspirer dans votre groupe ?
C'est le 26 mai, je ne peux pas vous dire avant qui va gagner les élections, qui va les perdre. Donc ce qui est certain, c'est qu'on siégera dans un groupe qui s'appelle aujourd'hui ALDE, qui sera transformé, qui sera nécessairement transformé. Donc quel sera le périmètre de ce groupe ? Par construction, je ne sais pas, ça je pourrais répondre à votre question au tour du mois de juin. Ensuite, une fois qu'on aura fait ça, on va se dire, quelle est la majorité qui sort des urnes ? Et quelle est la coalition politique qui peut piloter l'Europe ? Et c'est évident que le groupe dans lequel on sera sera central.
Et c'est évident aussi, si j'en crois les sondages, et c'est pour ça que j'incite les Français à nous soutenir bien évidemment, c'est que cette délégation française, Renaissance, dans ce groupe, sera la première. Ça veut dire qu'on aura un impact majeur. Et j'en reviens à votre question. Aujourd'hui, on n'a pas le temps d'attendre. On n'a pas le temps d'être en minorité. On n'a pas le temps de se contenter, de regarder les trucs et de donner les bons points. Il faut agir au cœur du système. C'est ce que je fais.
Sylvain est en ligne. Bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour. Je vous appelle parce que je réagis aux propos de votre invité. Je voulais lui poser la question, à quel moment on va reparler dans ce débat qui prépare aux élections européennes des vrais fondements de l'Europe, à savoir de sortir un petit peu des clivages franco-français où on entend parler de coalition, on entend parler de ralliement, on entend parler de premier de liste, de second. Jamais on n'entend parler des vrais fondements de l'Europe. Alors qu'il y a un vrai péril, il me semble, aujourd'hui, au sein de l'Europe. Les gens se désintéressent complètement de l'idée européenne.
Et je reviens, j'aimerais moi pouvoir entendre à un moment donné des phrases comme l'idée géniale de Victor Hugo sur les Etats-Unis d'Europe. Je vous remercie pour votre réponse.
Merci Sylvain pour cette question. La campagne commence. On a maintenant toutes les têtes de liste et les listes qui sont constituées. Donc j'espère qu'on pourra nourrir votre propre réflexion dans les semaines qui viennent. Pascal Canfin ?
Un mot parce que je pense que je parle trop, excusez-moi. Évidemment, le fait de préserver, protéger, transformer, raffermir l'Europe est un élément fondamental de mon engagement. Et aujourd'hui, on voit bien qu'elle est menacée, l'Europe, de l'intérieur et de l'extérieur. De l'intérieur, par la montée des nationalismes, qui donnerait, s'il se multipliait, des Brexit partout. Et je pense que ceux qui ont voté pour le Brexit aujourd'hui s'en mordent largement les doigts. On le voit, on est en train de vivre ce moment-là aussi.
Donc ne croyez pas, tous ceux qui vous disent, comme l'ont dit ceux qui poussaient le Brexit, que c'est possible si facilement de sortir de l'Union Européenne, qu'il n'y a aucun problème, etc. D'ailleurs, je constate... Emmanuel Macron est le dernier rempart dans ce contexte-là ? Je constate que tous ceux qui l'ont dit quand ils étaient en campagne, quand ils arrivent au pouvoir, évidemment, ils ne le font pas.
Le dernier rempart, Emmanuel Macron...
Je pense qu'aujourd'hui, on peut dire, et je pense que c'est assez objectif et partagé, qu'Emmanuel Macron est un des leaders, je ne dis pas le seul, évidemment, heureusement qu'il n'est pas le seul, un des leaders qui porte le plus en Europe, un projet européen intégré, un projet européen qui va de l'avant et qui veut une Europe plus forte. C'est vrai sur le commerce, c'est vrai. Regardez ce qu'il a fait il y a deux jours, je crois, ou hier, sur la Chine. C'était très intéressant. L'habitude, c'est pour les États européens, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, encore pendant quelques jours, de voir les Chinois séparément. Résultat, les Chinois, ils jouent.
Ils jouent avec les Italiens, ils jouent avec les Grecs, ils jouent avec nous, etc. Là, pour la première fois, on les a vus ensemble. Et on a dit, mais non, c'est à Paris, mais Angela Merkel vient, le président Juncker de la Commission vient, et on va tenir le même discours face à Xi Jinping. C'est ça l'Europe qu'on veut, et objectivement, c'est factuel, c'est Emmanuel Macron qui l'a initié.
Il n'y a pas un petit quelque chose en vous, Pascal Canfin ? Dernière question. Pas totalement en accord avec ce que vous avez toujours été. Je n'entends pas exactement le même Pascal Canfin que les dernières fois. Encore plus motivé, vous voulez dire. Vous êtes venu en studio ici. Vraiment pas. Vraiment pas. Je vous regarde droit dans... Un peu moins de liberté. Obligé d'endosser des...
Je vous regarde dans les yeux, et je regarde dans les yeux les auditeurs. Je vous dis sincèrement que je suis exactement le même. Je n'ai pas changé. Je suis extrêmement fier du choix que j'ai fait, parce que c'est le choix de ma génération. Et on n'a pas le droit de se planter.
Allez, on en reste là. Merci beaucoup, Pascal Canfin, d'être venu au micro de France Inter ce matin. J'imagine que vous y reviendrez. Si vous m'invitez, avec grand plaisir. Avec grand plaisir, dans le cadre de cette campagne.
Pascal Canfin