Taïwan : nouvelle montée de tension
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le président français, en visite officielle de 3 jours, va tenter d'influer sur l'opinion de la Chine. La partie est loin d'être jouée, car Pékin n'a jamais condamné l'offensive russe en Ukraine. - Son avion a atterri il y a quelques heures sur le sol chinois. 2 jours de visite d'Etat pour le président français.
Au programme, accords commerciaux et guerre en Ukraine. Accueil sur le tarmac par le ministre chinois des Affaires étrangères. - E.Macron: Merci pour le travail qu'on va faire ensemble. - E.Macron veut tenter d'infléchir la position de Pékin sur l'Ukraine comme il l'avait déjà fait en avril 2023, lors de son dernier déplacement à Pékin. - E.Macron: L'agression russe en Ukraine a porté un coup à cette stabilité.
Elle a mis fin à des décennies de paix en Europe. Je sais pouvoir compter sur vous au titre des principes que je viens d'évoquer pour ramener la Russie à la raison et tout le monde à la table des négociations. - La Chine, un soutien de poids pour la Russie dans sa guerre lancée en Ukraine.
Pékin n'a jamais condamné l'invasion et, depuis, Poutine et Xi Jinping ne cessent de s'inviter à leurs défilés militaires. Dernier exemple il y a 3 mois à< Pékin. - V.Poutine: Notre communication étroite reflète la nature stratégique des relations russes ou chinoises qui sont à un niveau sans précédent. - Xi Jinping: La Chine est disposée à collaborer avec la Russie pour soutenir notre développement et défendre sans relâche la justice et l'équité internationale. - Surtout, Pékin permet à Moscou de financer sa guerre en lui achetant des hydrocarbures malgré les sanctions américaines.
Dernier projet économique commun en date, celui d'un gazoduc de 7000 km de long reliant la Russie à la Chine. - V.Poutine: L'économie chinoise en pleine croissance a besoin de cette matière première et nous avons la capacité de la fournir.
C'est simplement le fruit de nombreuses années de travail des acteurs économiques des 2 parties. - Moscou peut aussi compter sur un soutien militaire. Même si la Chine s'en est toujours défendue, elle fournirait du matériel de guerre à la Russie.
L'accusation vient des Etats-Unis et de l'Ukraine en avril dernier. - V.Zelensky: Nous avons enfin reçu des informations selon lesquelles la Chine fournit des armes à la Fédération de Russie.
En particulier, nous pensons que des représentants chinois sont impliqués dans la production de certaines armes sur le territoire de la Russie. - Et si, en échange de ce soutien, la Chine attendait l'aide de la Russie pour envahir Taïwan? Dans près de 800 pages de documents obtenus par des cyberactivistes, on apprend qu'en 2023, Pékin aurait demandé à Moscou de lui fournir des véhicules d'assaut, des canons antichars et de former un bataillon de parachutistes chinois.
Les chercheurs d'un think tank britannique en ont tiré un rapport. ...
Fin novembre, lors d'un appel téléphonique, Xi Jinping aurait même tenté de rallier à sa cause D.Trump au sujet de Taïwan. - Le président Xi Jinping aurait fait pression sur le président Trump au sujet du statut de Taïwan, l'incitant à maintenir avec Pékin une bonne relation. - Plusieurs facteurs ont pu influencer ce calendrier.
Cela pourrait signaler l'urgence pour Pékin de régler la question du statut de Taïwan. - Chine-Russie, une alliance très stratégique et d'intérêts, ponctuée d'exercices militaires conjoints chaque année depuis 2021. Le dernier a eu lieu en mer du Japon il y a 4 mois. - C.Roux: Après ce reportage très bien fait, on se dit qu'il est difficile qu'E.Macron obtienne quoi que ce soit de Xi Jinping pendant cette rencontre de 3 jours sur le sujet de l'Ukraine. - M.Van Renterghem: Je suis d'accord avec vous.
On a beaucoup à faire sur le plan commercial pour éviter d'être submergés par le 2e choc chinois qui peut créer des destructions d'emplois. En plus, on a supplié la Chine, nous, Européens, d'intervenir dans cette guerre en Ukraine. La seule chose que Xi Jinping a faite, c'était de montrer son hostilité à l'utilisation de l'arme nucléaire.
Ils ont signé en 2022, juste avant la guerre en Ukraine, ce pacte d'amitié sans limite, Xi Jinping et V.Poutine. On revient sur ce partage de cette vision du monde, un nouvel ordre mondial.
C'est une amitié forte. Il y a des contacts permanents. Poutine n'aurait jamais pu en être là, avoir résisté à ce point sans l'aide des Chinois.
Pour briser ce front extrêmement uni, je ne vois pas ce que l'après-visite du président Macron peut changer. - S.de Bendern: Sans le soutien de la Chine, c'est très difficile pour la Russie de continuer très longtemps cette guerre.
La Chine achète le pétrole russe. Aujourd'hui, le "Financial Times" a écrit que le gouvernement russe vient d'émettre des obligations d'Etat dans la devise chinoise, ce qui permettrait à la Russie de se financer à 6 %, et non à 16 %, le taux d'intérêt du rouble. Les entreprises russes utilisent ce moyen depuis plusieurs années déjà.
Un grand investisseur chinois vient d'acheter des actions dans une usine de drones en Russie. C'est un investisseur chinois qui produit des composants pour drones. On voit que dire que la Chine n'aide pas l'effort de guerre russe est faux.
On n'est pas en train d'envoyer des hommes se former sur le terrain ouvertement comme le fait la Corée du Nord, mais c'est très problématique. - P.Gélie: Il y a eu quelques militaires chinois capturés sur le front en Ukraine. - C.Roux: Question. - P.Gélie: Certes.
On est revenus à l'ère des zones d'influence. Il faut comprendre que c'est un concept accepté par D.Trump.
Il n'accepterait jamais que le Mexique rejoigne une alliance militaire avec les Chinois ou les Russes. Il trouve parfaitement légitime qu'il y ait des souverainetés subalternes et des souverainetés dominantes, pour les puissances dominantes dans leur environnement. - C.Roux: Ca ne lui poserait aucun problème si la Chine débarquait à Taïwan? - P.Gélie: Ce n'est pas si simple, comme toujours avec Trump.
Il vient d'accorder 2 contrats d'armement coup sur coup à Taïwan. C'est 1 milliard de dollars. Il ne laisse pas tomber Taïwan, mais s'engagerait-t-il dans une guerre aussi lointaine, si, demain, les Chinois cherchaient à envahir militairement Taïwan?
Beaucoup de sinologues le mettent en doute. Ils pensent que la Chine utiliserait la coercition sous toutes ses formes, plutôt que la guerre frontale si elle peut l'éviter. Le président Macron se rend en Chine avec de hautes ambitions, notamment celle cartésienne de mettre les gens devant leurs contradictions.
La Chine affiche publiquement une façade de neutralité. On a expliqué que ce n'était pas le cas. En réalité, on ne mesure pas que la Chine a intérêt à ce que la guerre en Ukraine se poursuive. - C.Roux: Pourquoi? - P.Gélie: C'est un retour d'expérience très important pour la Chine, avec Taïwan en ligne de mire.
Comment mène-t-on une guerre? Quelles erreurs à ne pas commettre? Quelles forces à préparer?
Comment on contourne des sanctions? Comment manoeuvrer sur la scène internationale? Ensuite, ça affaiblit l'Europe.
L'Europe est affaiblie par D.Trump qui lui impose des droits de douane et la fait se coucher devant lui, et par la guerre en Ukraine. C'est un gain un peu mou, mais ouvert.
Le seul point sur lequel la Chine n'aurait pas intérêt à ce que la guerre se prolonge trop longtemps, c'est la croissance. Ca ralentit la croissance de tout le monde et la Chine a un problème de croissance. - S.de Bendern: Ca vassalise la Russie aussi.
La Russie dépend de plus en plus de la Chine. - Gal D.Trinquand: On arrive à la résurgence des empires.
Avec les Etats-Unis et les Russes, la Chine constitue son outil militaire. Elle a des problèmes à l'intérieur... - P.Gélie: Il y a des purges. - Gal D.Trinquand: On a éliminé un certain nombre de chefs en Chine.
C'est le Parti communiste. Sur Taïwan, la Chine essayera plus l'étouffement qu'un
Emmanuel Macron