Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC dans l'air (sur YouTube)· 29 novembre 2025 12 min

Face à Trump et Poutine, l'Europe impuissante ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Conçu pour durer. ... - A.Casse: Bonsoir à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". B.Guetta, bonsoir.

Vous êtes député européen du groupe Renew. On va commencer avec cette image qui choque les Européens. Le Premier ministre hongrois, V.Orban, au Kremlin, a rencontré V.Poutine et promet de continuer à importer les hydrocarbures russes. - V.Orban: Je tiens à réaffirmer que les livraisons énergétiques russes sont actuellement la base de l'approvisionnement de la Hongrie et le resteront à l'avenir. - A.Casse: Au moment où les Européens se réarment face à la Russie, V.Orban tope dans la main de V.Poutine.

C'est une façon de défier les Européens? - B.Guetta: Orban ne fait que cela depuis le début.

Il se distancie des Européens et se rapproche de Poutine. Il n'y a rien de neuf. Et surtout, ça ne changera absolument rien à la situation. - A.Casse: Qu'est-ce que ça montre?

Un axe entre Moscou, Budapest et Belgrade, avec l'accord de D.Trump, non? - B.Guetta: Un axe Budapest-Moscou, certainement.

Si vous ajoutez Belgrade, je dirais: "Soyons prudents." Belgrade reste à mi-distance des Européens et de Moscou. Oui, il y a un feu vert à tout cela de Trump, mais ce n'est pas véritablement une source fondamentale. - A.Casse: Ca tombe à quelques jours de la venue à Moscou de l'émissaire de D.Trump, S.Witkoff.

Son extrême connivence avec le Kremlin a été révélée dans des conversations audio... - B.Guetta: Invraisemblable.

C'est de la haute trahison, si vous me le permettez. C'est vraiment de la haute trahison de la part de S.Witkoff.

Il conseille une puissance étrangère sur la manière de mieux circonvenir son propre président. Si ce n'est pas de la haute trahison, je ne sais pas ce que c'est. - A.Casse: Il donne des conseils pour amadouer D.Trump. - B.Guetta: "Voilà comment faire pour l'avoir." On peut dire "pour le convaincre", mais c'est pour l'avoir. - A.Casse: Le fait qu'il ne soit pas désavoué par D.Trump, qu'est-ce que ça nous dit? - B.Guetta: Que Trump n'aime pas désavouer ses amis et qu'il aimerait à tout prix arriver à un accord avec Poutine, comme monsieur S.Witkoff, son envoyé spécial.

Est-ce qu'il y arrivera? Ce n'est pas forcément évident. Il a voulu y arriver avec son plan en 28 points.

Il a été repoussé par les Ukrainiens avec l'aide indispensable, fondamentale, des Européens. Les Européens ont sauvé la situation par leur soutien aux Ukrainiens. Maintenant, il y a un nouveau plan.

On sait, on l'entend, mais pas de la bouche de Poutine, que les Russes n'en veulent pas. Mais Poutine dit: "Attendez, on va voir." Personne ne veut contrarier D.Trump.

Tout le monde, les Ukrainiens, les Européens, les Russes disent: "Formidable! Trump, sa volonté de paix, on applaudit, on soutient, mais..." Et il y a 18 "mais" qui suivent. - A.Casse: Je reste sur cette conversation audio que l'on a pu entendre.

Ca veut dire que quelqu'un les écoute. Qui a intérêt à faire fuiter ces écoutes et à griller un joker? - B.Guetta: C'est un grand mystère.

Ca peut être des gens de l'administration américaine révoltés par ce qu'ils entendaient dans les écoutes. - A.Casse: Ce serait des proches de D.Trump? - B.Guetta: Ca peut être des Ukrainiens.

Ils avaient tout intérêt à révéler cette connivence incroyable, invraisemblable. Ca peut être des services européens, beaucoup de monde. Personne ne sait aujourd'hui qui c'était. - A.Casse: Qu'est-ce que ça change de le savoir? - B.Guetta: On savait que le cercle rapproché de Trump et Trump lui-même n'avaient qu'admiration, affection, amitié pour V.Poutine.

Mais là, on le sait de la bouche du cheval, comme on le dit. - A.Casse: Zelensky sera à Paris ce lundi pour rencontrer E.Macron.

C'est en train de bouger. Il y a une délégation ukrainienne en route vers les Etats-Unis pour continuer à négocier ce plan de paix. En même temps, V.Zelensky sera à Paris ce lundi.

Est-ce que l'Europe peut se réveiller? - B.Guetta: Elle ne dort pas. - A.Casse: On la dit humiliée.

Ce plan américano-russe s'est fait dans le dos des Européens. - B.Guetta: Oui, mais ce sont les Européens qui l'ont arrêté en 48 heures.

Quand on dit que les Européens sont faibles, marginalisés...

On a tenté de les marginaliser, mais ils ne se sont pas du tout laissés marginaliser. Ils ont renversé la vapeur. - A.Casse: Vous dites qu'il n'est pas trop tard.

Vous prônez "un G5 de l'Europe" face à l'impérialisme américain et russe. "Il revient aux dirigeants allemands, britanniques, polonais de constituer une véritable direction politique." Vous pensez qu'il pourrait y avoir une sorte de mini-gouvernement européen? - B.Guetta: Ce serait plutôt un conseil de sécurité européen.

Non seulement il faudrait cette direction politique à 5, ce G5, mais au sein de ce G5, il existe déjà un groupe de 3: Paris, Londres et Berlin. - A.Casse: Vous ajoutez: "Pour D.Trump, nous sommes des adversaires à diviser.

Face à l'impérialisme de V.Poutine, nous ne pouvons pas compter sur V.Poutine.

Il faut cesser de nous sous-estimer." D.Trump est notre adversaire? - B.Guetta: Il a décidé d'être notre adversaire.

Nous le déplorons. C'est tragique pour les Etats-Unis, pour l'ordre et la stabilité du monde, pour l'Europe. Mais s'il l'a décidé, il l'a décidé.

Ce n'est pas nous qui l'avons décidé. - A.Casse: Quand vous dites que les Européens sont là, qu'ils ne se réveillent pas car ils ont toujours été là, ils n'arrivent pas à s'entendre sur l'utilisation des avoirs russes gelés.

Le Premier ministre belge dit ceci. Les Européens ne s'entendent pas sur ce point? - B.Guetta: Les Européens ne s'entendent pas, ou plutôt les Belges ne s'entendent pas avec le reste des Européens.

Malheureusement, c'est vrai qu'il y a une énorme difficulté juridique à utiliser ces avoirs russes. Les Belges n'arrêtent pas de dire: "On peut se retrouver devant les tribunaux et être condamnés, nous, la Belgique, par les tribunaux." On trouvera d'autres moyens.

On commence à parler d'un emprunt commun à Bruxelles. Ce n'est pas du tout une certitude, mais s'il n'y a pas un déblocage sur les avoirs russes, peut-être un emprunt commun...

En tout cas, on étudie cette possibilité. - A.Casse: On a l'impression que les planètes s'alignent pour V.Poutine.

Dernière révélation importante, c'est ce scandale de corruption qui touche l'Ukraine. Hier, c'est le bras droit de V.Zelensky, son alter ego, qui a démissionné.

On réécoute le président ukrainien. - V.Zelensky: Le cabinet du président de l'Ukraine sera réorganisé.

Le chef de cabinet, A.Yermak, a présenté sa démission. Je suis reconnaissant à Andriy d'avoir toujours représenté la position de l'Ukraine dans la voie de la négociation, exactement comme il le fallait.

Il a toujours adopté une position patriotique. Je veux qu'il n'y ait aucune rumeur ou spéculation. - A.Casse: C'était aussi le négociateur pour la paix, l'éminence grise de V.Zelensky.

Quelles conséquences ça va avoir? - B.Guetta: C'est certainement une passe difficile et compliquée pour Zelensky.

Est-ce que ça change fondamentalement la situation? Je ne le pense pas. Personne n'est indispensable.

On pense, avant la chute d'un homme, qu'il est totalement indispensable. Le surlendemain, on s'aperçoit qu'il n'était pas si indispensable que ça. Il y a d'autres personnes dans la haute administration ukrainienne qui peuvent prendre la relève.

Mais oui, c'est une tempête politique. - A.Casse: A.Yermak parle au "New York Post". ...

Comment vous regardez le fait que sa démission a mis du temps avant d'arriver? On savait que le cyclone se rapprochait de lui. Etait-ce une erreur? - B.Guetta: Personne n'accuse Yermak, pour l'instant, d'être directement impliqué dans cette énorme affaire de corruption. - A.Casse: Il y a des enregistrements où on entend la bande corrompue discuter d'un certain "Ali Baba", qui les laisserait faire.

Peut-être que c'est lui, on n'en sait rien. - B.Guetta: C'est une possibilité.

Je n'en sais rien. Pour l'instant, il n'était pas directement accusé. Il s'est retiré pour faciliter la tâche à Zelensky, ou plutôt pour ne pas trop la compliquer.

C'est vraiment une mauvaise passe pour Zelensky. Est-ce que ça va affaiblir sa position vis-à-vis de la Russie? Je ne le pense pas. - A.Casse: Pensez-vous qu'il y a un lien entre cet agenda et le fait que le plan de paix lui soit proposé maintenant? - B.Guetta: Non.

Peut-être que des services étrangers ont facilité la révélation de cette affaire de corruption, soit les Américains, soit les Russes. Je n'en sais rien. Mais peut-être que, tout simplement, les services de lutte anticorruption ukrainiens sont absolument remarquables.

Ils ont déjà sorti beaucoup d'affaires qui touchaient des ministres. - A.Casse: Merci beaucoup d'être venu nous voir.