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interviewFrance 24 — Politique (sur Podcast)· 21 mai 2026 40 min

La santé des présidents en France : du secret... à la surexposition

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:14
Présentateur

C'est l'heure du magazine Politique sur France 24. Aujourd'hui, un président qui tousse ou un œil rouge déclenche des hashtags et des éditions spéciales et des experts autoproclamés. Une fatigue visible et s'ouvre aussitôt la chasse aux rumeurs. Sous les années Pompidou, c'était l'inverse. Le pouvoir contrôlait le silence. On voyait un président gonflé par les traitements, épuisé, absent parfois. Les journalistes savaient souvent, mais se taisaient, à l'instar de Patrice Duhamel. Une jeune journaliste sous l'ORTF qui le confesse dans son livre. On va l'écouter.

Bonsoir Patrice, vous venez de publier Le crépuscule des dieux, les maladies des présidents, dernier mystère aux éditions de l'Observatoire. Ce livre révèle le journal du grand médecin Jean Bernard qui suivait le patient Pompidou, avec donc bien sûr des révélations. Ce qui frappe aujourd'hui, c'est qu'un tel secret ait été possible dans une démocratie. Entre cette époque et la nôtre, tout a basculé. Nous sommes passés d'une république du secret à une république de la surexposition. Autrefois, le pouvoir cachait tout. Aujourd'hui, chaque image est disséquée, interprétée. Mais croire que le secret a disparu serait naïf. Le pouvoir moderne ne cache plus de la même façon.

Il communique, il met en scène, il rassure ou inquiète à dessein. On organise la transparence. Au fond, qu'est-ce qui est le plus dangereux pour une démocratie ? Un pouvoir qui cache la vérité ou une époque qui ne croit plus jamais en la parole officielle ? Donc Patrice est sur ce plateau et on va évidemment parler de votre livre. Mais avec d'autres, c'est mignon, journalistes qui vous entourent. Laurent Joffrin.

1:52
Invité

C'est mignon, c'est le mot.

1:53
Présentateur

C'est directeur du livre-journal. Vous me déstabilisez. Et Henri Vernet, éditorialiste à France Info TV. D'ailleurs, je cite les titres de votre livre aussi, Les Enfonçables chez Grasset, qui est sorti il y a quelques semaines déjà. Très bon livre. Très bon livre. On avait fait une émission avec vous. Et puis, vous, Henri, une fiction Big Machiavel chez Boucher-Chastel. Voilà. Alors, Patrice, votre livre est passionnant car il raconte par un document exceptionnel, par le médecin de Pompidou, le supplice du président. Et moi, ce qui m'a d'abord scié, il faut le dire, dans votre livre, c'est cette anecdote.

Vous êtes jeune reporter à l'époque, en voyage officiel, avec le président Pompidou qui va...

2:47
Invité

Je ne suis pas dans la délégation.

2:48
Présentateur

Non. Enfin, vous... Voilà. Pompidou rencontre à Reykjavik, en Finlande, le président Nixon. Et j'aimerais que vous nous racontiez cette scénette. C'est en 1973. Parce que c'est édifiant.

3:01
Invité

Je suis au pied de la passerelle de l'avion présidentiel. Georges Pompidou arrive à Reykjavik en fin d'après-midi. Il est totalement méconnaissable. On ne l'a pas vu à la télévision, ce qui est une des particularités de l'époque. On ne voit pas du tout à cette époque-là, De Gaulle ou Pompidou, on ne les voit pas du tout tous les jours. On les voit deux, trois fois par mois. Mais quand il y a des voyages officiels en France ou ailleurs, sinon on ne les voit pas. Et tout le monde est stupéfait. J'ai un voisin journaliste américain que je connaissais, c'est un type très sérieux, qui me dit « Votre président est mourant ».

Je lui réponds la parole officielle, ce qu'on nous disait, c'est-à-dire « Non, c'est des grippes à répétition ». Très bien. Et puis j'apprends, je vais vite, une demi-heure après, ou une heure après, qu'on me demande de monter le lendemain matin, après la première rencontre entre Nixon et Pompidou, par un avion militaire, parce qu'un des patrons de l'information veut me voir d'urgence. Alors je rentre à Paris par un avion militaire. J'étais tout seul dans l'avion, c'est la seule fois. J'arrive dans le bureau de ce directeur, qui ferme la porte de l'intérieur, ça m'a beaucoup impressionné, ça, et qui m'a dit « Est-ce que vous savez garder un secret d'État ?

» Bon, c'est la seule fois de ma vie où on m'a demandé ça, j'ai dit oui. Et il m'a dit « Voilà, j'ai un ordre de l'Élysée, aucun gros plan, et si possible pas de plan américain jusque-là du président de la République, donc on compte sur votre discrétion, vous faites ça, et puis voilà. » Il s'est passé d'autres choses, mais c'est moins intéressantes. Et donc j'ai respecté ça. On est quand même, Henri et Laurent sont trop jeunes, mais on est dans un autre monde, à cette époque-là.

4:42
Présentateur

Oui, mais c'est un ordre de l'Élysée, c'est pas de l'autocensure de la part de patrons qui veulent faire du zèle.

4:49
Invité

Je me souviens, il y avait deux photos sur son bureau, il y avait trois photos. Il y avait une photo du général de Gaulle, c'était un grand gaulliste, il y avait une photo de Pompidou, et une photo du conseiller de l'ombre de Pompidou, et de Gaulle avant, qui s'appelait Pierre Jubillet, qui était un peu l'homme qui faisait toute la politique politicienne. Il m'a montré les photos en me disant « J'ai un ordre, voilà. » Mais c'est une époque tout à fait incroyable. Alors j'ai su que c'était grave, je ne savais pas ce que c'était. Mon père était médecin, et j'avais un frère médecin, donc je leur ai demandé.

Ils ont regardé un peu, plusieurs fois, ils m'ont dit que ça doit être l'effet de la cortisone, parce que le visage avait beaucoup gonflé, mais ils ne savaient pas exactement que la cortisone, ça peut soigner beaucoup de maladies.

5:33
Présentateur

Alors oui, et puis évidemment, ça peut créer des trucs bizarres, on va en reparler dans un instant, mais peut-être votre réaction à tous les deux. C'est 1973, c'est pas si loin.

5:41
Alain Pompidou

C'est le plus incroyable, c'est un des scoops du livre, c'est que Georges Fompidou s'est présenté en 1969. Il avait appris qu'il avait une maladie grave, la maladie qu'il allait lutter. Et il y va quand même. Et il décide de se présenter quand même.

5:54
Invité

Si, il l'a su, sept mois plus tôt, il l'a su en octobre 1968. Il ne savait pas comment ça s'appelait. Il savait que ça s'appelle leucémie, l'infoïde chronique. Un cancer du sang. Un cancer du sang, voilà. Il savait que c'était des troubles sanguins graves. Il faisait des hémorragies. Il avait un traitement cortisone à haute dose qui l'épuisait et qui le faisait froncir progressivement. Il fait quelques malaises. Et il y va quand même. Et il y a une... C'est plus qu'une anecdote.

Il y a un épisode extraordinaire qui est, pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire politique, en janvier 1969, donc trois mois avant le référendum, qui sera perdu par De Gaulle et qui démissionnera, Pompidou va à Rome voir le pape. Oui, c'est l'appel de Rome. Voilà. Et dit à quelques journalistes, le jour où le général De Gaulle s'en va, je serai candidat. Alors De Gaulle a tout de suite répondu, j'ai été élu pour sept ans, j'irai, etc. Et dans son journal, Jean Bernard, c'est plus qu'un médecin, c'est le grand médecin de l'époque, écrit que cette déclaration est sans doute l'effet de la cortisone et du traitement.

Donc ça pesait, non seulement, comme le disait Laurent, il est candidat en sachant qu'il est malade, il ne sait pas combien de temps ça peut... En réalité, le professeur, à ce moment-là, dit, ne peut pas le dire à Pompidou, parce qu'il n'a pas le droit de le voir, en plus. Oui, c'est parfait extraordinaire. Il dit, c'est un an, si c'est une leucémie très grave, et dix ans, si c'est une leucémie moins grave. Et ça sera la moitié, ça sera cinq ans.

7:29
Présentateur

Pompidou ne sait pas la gravité. Si c'est la gravité, il ne sait pas l'extrême gravité.

7:35
Invité

Il ne sait pas que c'est létal quasiment à tout moment.

7:38
Présentateur

Mais on peut se demander, je fais un petit trait d'humour, si chaque candidat aujourd'hui est sous cortisone.

7:45
Invité

Ou sous un autre produit, c'est vrai que c'est quelque chose qu'on peut se demander, en effet, de manière assez rigoureuse.

7:50
Présentateur

Puisque visiblement, il y a des contrôles qui libèrent des contrôles habituels.

7:55
Invité

Mais Mitterrand, quand il se représente en 1988, il sait aussi, depuis plusieurs années, parce qu'il a pris son concert juste après la première élection, il sait également, quand il se représente, il est en rémission. Il peut dire que cette rémission va continuer. Et vraiment, ce qui est quand même surprenant, déjà, c'est peut-être un détail, mais vous me direz, 73, on est quand même après mai 68. J'avais cru comprendre qu'il y avait quand même eu, après 68, déjà une libéralisation et une distanciation de l'ORTF entre les médias par rapport à... Il y a eu une tentative. On puisse garder à ce point-là. — Pompidou avait dit, c'est la voix de la France. — La voix de la France.

Les journalistes de l'ORTF ne sont pas des journalistes comme les autres. C'est ce qu'a déclaré Pompidou. Il y a eu une tentative qui est allée au bout, provisoirement. Ça, c'est un peu contradictoire, mais c'est comme ça que s'est passé, de Jacques Chaband-Helmas, qui a libéralisé en créant deux unités d'informations concurrentes. C'est à ce moment-là que je suis arrivé à l'ORTF. Avec Pierre Desgros, notamment, qui n'était pas du tout un pompidolien, mais qui était un très grand journaliste. Il n'était pas du tout un militant, voilà. Mais c'est une des réformes de Chaband, voulue par Chaband contre la vie de Pompidou, et qui a provoqué son départ.

L'une des questions, d'ailleurs, à ce propos, c'est un sujet historique, je ne peux pas répondre parce que je n'ai pas la réponse, je pose la question dans le livre, mais le moment où la maladie a rendu le président Georges Pompidou lucide par moment et non lucide à d'autres moments, c'est 72, l'été 72. Et c'est le moment où il remplace Jacques Chaband-Elmas, avec lequel les relations n'étaient pas très bonnes, mais qui était quand même un Premier ministre qui existait, qui avait fait un formidable discours, une nouvelle société, etc., par un fidèle grognard gaulliste, Pierre Messmer, mais qui n'avait pas l'autorité politique.

Et en réalité, à partir de là, c'est ce qu'on appelait le cabinet noir de Pompidou, Julien et Garot, qui dirigeaient les affaires politiques. C'est ça la réalité.

9:54
Alain Pompidou

On va supposer que Pompidou était affaibli. Très affaibli. Et donc sous une influence excessive. Très affaibli.

9:58
Invité

Quand il nomme Messmer, il le reçoit, et il lui dit, c'est Messmer qui a raconté ça. Je n'invente rien. Et il lui dit, c'est un secret, je veux que vous le sachiez. Messmer le dira 30 ans après, je crois. Je veux que vous le sachiez. J'ai une grave maladie. Je veux que vous le sachiez. Voilà.

10:19
Présentateur

Mais à aucun moment, Georges Pompidou se dit, parce qu'il a des malaises, des absences...

10:26
Invité

Mais c'est plus que ça.

10:27
Présentateur

Non, mais est-ce que la maladie maintient, un peu comme Mineran, dans le fond, la maladie et... Enfin, le pouvoir est plus fort, en quelque sorte, que la maladie.

10:38
Invité

L'organisme, oui.

10:40
Présentateur

C'est-à-dire que c'est un moteur pour ne pas pencher, ne pas mourir.

10:45
Invité

Alors, je veux dire, c'est d'une certaine manière... C'est tout ça. Il y a de la politique, de la philosophie, de l'intime, de la psychanalyse. Enfin, bon. Les deux mènent un combat extraordinaire, au sens hors de l'ordinaire, contre la maladie. C'est ça qui est assez saisissant. Et il y en a un qui gagne cette bataille, c'est François Mitterrand, qui tient 14 ans, alors que quand il est diagnostiqué cancer avec des métastases très graves, il sait qu'on lui donne entre 3 mois et 2 ans. Il l'écrit à sa compagne, à Anne Pinjot. Il l'écrit. C'est dans le livre Lettre à Anne, la correspondance entre les deux, un livre magnifique, d'ailleurs. Et elle le révèle maintenant.

Donc, il n'y a aucun doute là-dessus. Mais en revanche, Pompidou ne la gagne pas, cette bataille.

11:33
Alain Pompidou

Ce qui est françois, c'est pas ça. Ils sont malades. Mais ils ont des symptômes terribles. Oui. Mais oui. Ils souffrent.

11:38
Invité

Et ils sont soignés tous les jours. Ils sont soignés. Même Mitterrand. Laurent a raison. Il a une rémission, mais avec des hauts et des bas. Et Claude Gubler, son médecin, le soigne absolument tous les jours. Il le suit partout. Les voyages officiels. Mais c'est ça. On parlait de dialyse, carrément, dans les avions en délégation. Puis d'ailleurs, très tôt, il fait un malaise en arrivant jusqu'à Ciccet à Cancun. Donc, il fait carrément un malaise.

11:59
Présentateur

Au Japon, non. Il n'a pas un malaise au Mitterrand. Oui, en Corée du Sud,

12:02
Invité

au Venezuela et au Mexique. Dans quelle mesure, quand même, ça a affecté leur façon de gouverner ? Parce que Pompidou, malgré tout, l'image qu'on a, c'était quelqu'un qui était un maître du verbe. Il parlait extrêmement bien. Mitterrand aussi, évidemment. Donc, en quoi est-ce que ça a diminué, en quelque sorte, leur capacité à appréhender les choses, à prendre des décisions ? Il y a des moments, je ne peux que redire, il y a des moments de lucidité. Là, on est dans un choc pétrolier. En 1973, quand il va à Reykjavik, il y a un choc pétrolier, une crise monétaire internationale.

La décision qu'il prend de lancer, avec des moyens énormes, de l'État, des investissements nucléaires civils, ça a encore des effets positifs aujourd'hui. C'est une décision stratégique très forte. Mais il y a des moments où, Jean-Bernard en parle, Balladur, qui était son secrétaire général de l'Élysée, à ce moment-là, en parle, il y a des moments où il dit « Je souffre trop, je ne peux pas ». Il dit à Balladur « Je souffre trop, je ne peux pas prendre cette décision ». Vous me posez une question, je ne peux pas. Prenez-la. décidez. Moi, je crois que l'explication,

13:07
Alain Pompidou

c'est que, on essaie de reconstituer, évidemment, ce sont des hommes qui ont passé des décennies à travailler pour être ce qu'ils sont devenus.

13:16
Présentateur

Oui, donc une fois qu'ils ont le pouvoir...

13:18
Alain Pompidou

Ils arrivent finalement à bon port, ils sont élus, ils se disent « Je ne vais quand même pas arrêter au bout de six mois, après tout ce travail, toutes ces épreuves, ces combats que j'ai menés, etc. » Donc j'en reste, tant pis. « La maladie, on verra bien ». Et puis ils ont toujours un optimisme, ces gens-là, c'est des gens qui sont très énergiques. Et donc ils disent « On va surmonter, je vais y arriver, je vais me faire aider, etc. » Donc je reste.

13:44
Invité

Pompidou, l'été 72, je reviens à ça, dit à son fils « Je suis foutu ». Oui. Son fils lui dit « Mais non, ça va s'arranger ». Son fils qui le protège beaucoup. Qui est médecin. Qui est un des trois médecins qui soignent. Et qui fait le lien

13:57
Présentateur

avec Jean-Bernard aussi beaucoup.

13:58
Invité

Voilà, qui le soignent au quotidien. Il lui dit « Je suis foutu ». Son fils lui dit « Mais non, on va intensifier le traitement, etc. » Bon, il lui dit ce que son père voulait entendre. Mais à partir de ce moment-là, il y a des moments où il ne peut absolument pas exercer ses fonctions normalement. Jean-Bernard révèle un délire où il a une période de plusieurs heures de délire. Il y a un moment où il fait de la confusion mentale. Il se couche tout habillé. Enfin, c'est des trucs absolument incroyables quand on est président de la République. Mais vous avez toutes les raisons. Il y a cette force qui fait qu'il espérait aller au bout. Mais le bout, c'était 76. Donc, c'était 3 ans après.

Mais qu'à l'étranger, on trouve également chez Kennedy, le président américain Kennedy. Oui, mais lui, il avait mal au dos. Il m'a mal au dos. Il souffrait. Oui, oui, non, mais il était presque un homme bionique tellement il était opéré avec des plaques métalliques dans le dos. C'était assez extraordinaire. Et notamment, quand il est à Berlin, le fameux Jbinein Berliner, il souffre le martyr. Et c'est ça, cette espèce de... En effet, le côté presque galvanisé par sa fonction. C'est vrai que la ténacité d'un François Mitterrand, c'est quelque chose qui est quand même assez extraordinaire. Il le dit d'ailleurs quand il est réélu et que pour la première fois, ça devient public.

De mémoire, c'était juste après la guerre du Golfe en 1991. Et quand il dit il se fait opérer, alors là, il y a des images, pour le coup, la télévision est là et ça rompt totalement avec les années. C'est septembre 1992, juste avant le référendum Maastricht. Il dit, c'est une épreuve. Il dit, je mène un combat honorable.

15:30
Présentateur

Oui, mais Laurent, il falsifie ses bulletins de santé. Oui, ça,

15:33
Alain Pompidou

c'est la chose qui est gênante.

15:35
Présentateur

C'est gênant.

15:36
Alain Pompidou

C'est vrai qu'on est partagé entre l'admiration pour le courage et puis le scepticisme sur ses capacités ou sur leur capacité à gouverner. 20 ans de mensonges. Mais ils mentent tout le temps. De manière organisée. Mitterrand rédige les bulletins. En Pompidou,

15:51
Invité

il n'y a pas de bulletin de santé à proprement parler, mais il y a des... Parce que les soins des français, ça revoit. Il donne des informations en disant, le président annule un dîner diplomatique, il a la grippe, il repousse un voyage de trois mois, c'est parce qu'il a des hémorroïdes. Enfin, ce ne sont pas des bulletins de santé à proprement parler, mais c'est aussi du mensonge. Il a fait en marquerie. Donc, 5 ans de mensonges avec Pompidou, 12 ans jusqu'à la première opération. Et encore, ça va jusqu'au bout parce qu'on ne dit pas à ce moment-là qu'il a des métastases. Le problème de... Ah, du croissance de la prostate. C'est des métastases osseuses.

Et ensuite, 2 ans avec Chirac, quand même. Oui. Après son AVC, il est beaucoup plus fatigué. Ça n'a pas la même gravité pour Pompidou et Mitterrand, mais quand même.

16:32
Présentateur

Alors, il y a cette question quand même de Jean-Bernard qui... Donc, vous avez... Ce qui est extraordinaire dans votre livre, c'est que vous avez les notes, le journal de ce grand médecin Jean-Bernard et qui dit, d'ailleurs, voilà, ce sera... Vous pourrez lire tout ça dans des décennies.

16:48
Invité

Des dizaines d'années après ma mort. Des dizaines d'années après ma mort.

16:51
Présentateur

Alors, il y a quand même... Est-ce que c'est très glorieux pour un médecin de comprendre déjà pourquoi il a fait ça ? Parce qu'à un moment, vous écrivez, parce que vous dites les choses telles qu'elles sont, qu'il a des douleurs rectales. Enfin, c'est le médecin qui dit combien de temps encore des douleurs rectales vont-elles durer ? Sa maladie est accompagnée et s'accompagne d'incontinence sphinctérienne, au moins par le sang. Donc, c'est un peu... C'est pas... C'est pas glorieux pour le président de savoir qu'il a des problèmes de sphincter.

17:27
Invité

Non, mais la réponse, elle est simple. C'est un homme, Jean-Bernard, il est... C'est un immense médecin. C'est aussi un philosophe, un poète. Il est à l'Académie française. Oui. Il sera le premier président du comité d'éthique, nommé par Mitterrand. C'est un homme qui a une... Il exerce une forme de magistrature morale en même temps que la médecine. Et lui, il considère... Il l'a écrit dans un livre qui s'appelle Le sang des hommes. Oui. Et il considère dès le début que Georges Pompidou n'aurait pas dû se présenter et qu'il aurait dû démissionner à partir du moment où il ne donne pas de date ou vraiment...

18:03
Présentateur

Donc, il a mauvaise conscience, en fait,

18:04
Invité

en présentant ce journal. Donc, il veut... Je pense que ce journal... Ça, il ne l'écrit pas. Donc, c'est ma déduction. Il veut dire que ce journal pourrait raconter ce qui s'est passé et qu'on puisse, quand ça sera révélé, en tirer des leçons. Des leçons. Alors, justement,

18:17
Présentateur

ces leçons, quelles peuvent être ces leçons ?

18:18
Alain Pompidou

Il y a une leçon récente. C'est ça qui me frappe, d'ailleurs. C'est que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Aux États-Unis, le deuxième mandat...

18:27
Présentateur

De Biden ?

18:27
Alain Pompidou

...projeté de Biden. Biden est élu. Oui. Il est déjà très âgé. On voit bien qu'il n'est pas vraiment en forme. Oui. Enfin bon, on peut dire qu'il gouverne normalement pendant 4 ans. Et puis, il décide de se représenter. Et là, on sait maintenant que tout l'entourage considérait que c'était une folie. Et alors, ils l'ont aidé quand même. D'ailleurs,

18:46
Présentateur

Trump... C'est ça. Et cette obstination

18:48
Alain Pompidou

a duré. Il tombe plusieurs fois et il est dans un débat public. Je ne sais plus si c'était avec Trump ou avec un autre. Oui. Le premier face-à-face avec Trump. Et il ne sait plus ce qu'il dit.

18:58
Présentateur

Oui.

18:59
Alain Pompidou

On lui pose une question.

19:01
Présentateur

Il fait une bourde aussi. Il y a des bourdes par ailleurs.

19:04
Invité

Il y a un jour pendant sa campagne, au début de la campagne, où il fait deux fois le même discours dans la foulée. Il s'arrête, il est applaudi et il recommence. C'est extraordinaire quand même. Et le jour de son élection, il divague. Il est dans le Delaware. Il est encore chez lui. Il apprend les résultats. Il est interrogé, évidemment, par les journalistes américains. Et là, alors qu'il n'est pas encore en fonction, il vient d'être élu. Et déjà là, il a une espèce de divagation. Il parle de gens qui ne sont plus là. Il évoque son fils décédé. Comme s'il était présent. Très tôt, en réalité, les signes sont apparus. Mais c'est vrai qu'il y a cette espèce d'omerta.

Et le fait est qu'elle continue. Alors aujourd'hui, d'ailleurs, il y a des interrogations suffisamment sérieuses autour de Trump pour que certains soient déjà en train de s'armer pour une possible demande en destitution. Mais finalement, est-ce qu'on a réellement progressé ? Parce que ce qui est quand même assez fascinant, vous citez vous-même Chirac. C'est vrai. Moi, je me souviens, par exemple, que Roselyne Bachelot avait un petit peu vendu la mèche. Alors c'était d'abord... Pendant la campagne de 2002. Exactement. Pour le fait qu'il était sourd. C'était vraiment très rabroué. Elle l'avait trouvé déjà un peu fatigué, regardant le plafond. Alors quelle leçon n'a-t-on vraiment tiré ?

C'est ce qu'avait dit Jospin. Oui. Les vieillus, les fatigués.

20:08
Présentateur

Oui, alors il y a quoi ? Il y a l'article 7, c'est ça ? Oui, mais qui est inapplicable.

20:12
Invité

Il faut que le gouvernement saisisse l'alerte et saisisse le Conseil constitutionnel. Oui, personne ne l'a fait.

20:17
Alain Pompidou

Non, mais il y a une réforme possible, c'est d'exiger que les bulletins soient honnêtes. Oui. Une fois qu'on connaît le bulletin de santé,

20:25
Présentateur

après on peut discuter... Oui, mais par quel médecin ? Parce que là, vous voyez bien que les médecins...

20:29
Alain Pompidou

Il faut des médecins indépendants ou un petit comité qui disent oui, c'est un vrai bulletin.

20:34
Présentateur

Il faut que les candidats, avant, je ne sais pas moi, tous ceux qui sont Édouard Philippe, dont on sait qu'il n'y a pas une maladie dangereuse... Moi, j'ai fait un peu

20:42
Invité

le tour des médecins pour la conclusion du livre, de très grands médecins. La chose qui en ressort de faisable, parce que Laurent a raison, on pourrait obliger, etc. Mais il faut changer la constitution pour ça. L'article 7, c'est quand même compliqué. Non, mais simplement sur la sincérité des bulletins. Voilà. Mais on peut leur suggérer fortement, publiquement, de faire un check-up pour les candidats qui ont leur signature, donc qui auront leur bulletin de vote le jour du premier tour. Après, ils acceptent ou ils refusent. S'ils refusent, on saura qu'ils refusent.

Mais il y a une voie médiane qui avait été proposée qui était de faire cet examen-là, y compris régulièrement, du coin de l'Élysée, et de le garder secret sauf problème. Secret, tout simplement pour le secret médical, pas pour d'autres raisons. Mais même ça, visiblement, ça n'a pas tellement avancé parce que ça garantirait au moins le fait que celui ou celle qui est en commande est en bonne santé. Parce qu'après tout, c'est un peu stupide de rappeler ça comme ça, mais quand même, c'est le bouton nucléaire aussi. Ce sont quand même des décisions qui peuvent être extrêmement vitales.

21:41
Alain Pompidou

parce qu'il y a la maladie... On envoie des cosmodones dans l'espace quand on recrute des footballeurs de haut niveau, même quand on faisait le service militaire, tous les Français passaient la visite médicale, c'était obligatoire. Pourquoi le Président serait soustrait à cette obligation ? On ne voit pas très bien l'argument. Pourquoi pas lui ? D'autant plus que ça serait quand même rare, les gens très malades qui se présentent.

22:04
Présentateur

Alors, il y a les maladies physiques et les maladies mentales. Parce qu'on a eu quoi ? Paul Deschanel ? Je ne sais pas s'il grimpait aux armes. Oui, il y avait vraiment

22:11
Invité

un problème mental puisqu'il faisait un peu d'importe quoi.

22:14
Présentateur

Je ne sais même plus comment ça s'est terminé.

22:16
Invité

Non, ça s'est terminé. Il a démissionné au bout de six mois. C'est sa femme qui l'a convaincu. Il est allé dans une maison de santé à Rueil-Malmaison où il a retrouvé un de ses vieux amis, Georges Fedot. Ils étaient un peu dérongés tous les deux. Et il est resté six mois. Georges Fedot, sorti, il a été réélu après. Mais c'était un type brillantissime d'ailleurs. Un polytechnicien. Ah ouais. Voilà, mais il avait des maladies. Il montait dans les arbres. Mais oui, il les faisait.

22:44
Présentateur

Il n'y a pas une histoire de train. Et il descendait. Oui, il descendait du train. Oui. Le diamant, non ?

22:49
Alain Pompidou

Et le garde-barrière l'avait trouvé. Le garde-barrière avait dit mais vous êtes qui ? Qu'est-ce que vous faites sur le... Et alors, il avait répondu je suis le président de la République. Donc, le garde-barrière avait répondu et moi, je suis Napoléon. Non, mais il y a des moments

22:59
Invité

y compris dans le livre. Ce n'est pas un livre très agréable. Voilà, c'est un peu pénible. Moi, quand je suis tombé sur le journal...

23:07
Présentateur

Non, mais c'est passionnant. Ça se lit vraiment comme...

23:09
Invité

Il y a des moments comiques. Moi, je connais depuis longtemps le majordome qui a été le majordome de De Gaulle, de Pompidou et de Giscard. C'est un type formidable. Et un jour, à Pitsunda, deux mois avant la mort de Pompidou, il est tout seul dans la chambre. Pompidou se repose et il a un malaise. Il tombe par terre et il est inconscient. Il n'y a pas de médecin. Et il se met à lui donner des claques. Il ne sait pas quoi faire. C'est un militaire. Il sait... Et Pompidou, au bout d'une minute, se réveille en disant qu'il s'appelle Walter. Mais Walter, qu'est-ce que vous faites ? Je suis quand même le président de la République. Ça fait très Butler.

23:42
Présentateur

Ça me fait penser aussi à une anecdote. Ça n'a rien à voir. Mais Giscard et sa deux chevaux qui rentrent au petit matin... Ah, ce n'est pas une deux chevaux. C'est une Ferrari. C'est une Ferrari. C'est pour ça que c'était... Ah oui, non. C'est la deux chevaux du laitier. La deux chevaux du laitier. C'était pas une maladie. Non, je sais bien. C'est pour ça que je dis que ça n'a rien à voir. Une pathologie peut-être. En fait, le laitier, il était dans... Je ne sais pas, il est allé voir sa maîtresse peut-être, Giscard.

24:10
Invité

On pense qu'il allait voir une jeune femme. Voilà. Sa voiture tombe en panne. Moi, il m'a dit que ce n'était pas un camion de laitier ou une camionnette ou une deux chevaux, mais que c'était à l'heure du laitier.

24:19
Présentateur

Ah oui, donc... 5h du matin... Donc, il n'est pas monté dans la voiture du laitier.

24:24
Alain Pompidou

Ah, je vous... Non, non, non. Mais par contre, il avait une marque sur le pran. On le voyait. Certaines photos...

24:30
Présentateur

Il raconte ça. Il me semble, il y a cette histoire où il remonte la... Vous savez, à l'époque, les fenêtres qui se rabattaient comme ça. Enfin bon, bref. Ça doit être dans le monde. Bon. Je m'égare. Si on revient à Georges Pompidou, le rôle de sa femme, Claude, qui était déjà... Enfin, qui, elle, était déjà marquée par cette affaire. D'ailleurs, Jean-Bernard dit l'affaire Markovic...

24:53
Invité

Non, lui, il n'en parle pas. Mais moi, je fais un chapitre dessus parce que ça a aussi joué dans le... Dans le stress. Le Pompidou de avant l'affaire Markovic de déstabilisation. Là, on peut rappeler.

25:04
Présentateur

Rappelez-nous en deux mots l'affaire Markovic.

25:05
Invité

Il faut... Je vais essayer de faire un synthèse d'une phrase. C'est pas facile. À partir d'un fait divers, crapuleux, il y a une machination qui est organisée par des gaullistes dont le successeur de Pompidou, Maurice Couvre de Murville, pour le déstabiliser et il met en cause sa femme en disant qu'elle participe à des parties fines, etc.

25:27
Alain Pompidou

Avec une photo montée.

25:29
Invité

Avec des photos montées complètement bidons. Truquées. Et ça va durcir les relations entre Pompidou et De Gaulle parce que... De Gaulle l'a pas prévenu. Voilà. Et De Gaulle ne veut pas commenter. Pompidou voudrait qu'il le défende et De Gaulle en privé dit je ne vais quand même pas je suis le général De Gaulle je ne vais pas dire la femme de mon ancien premier ministre ne va pas dans les partous. Mais c'est justement après le fameux appel que vous avez cité. Non c'est juste avant la ferme Covid. C'est deux mois avant. Il faut empêcher sa candidature les vieux gaullistes un peu barbouzards. Et ça coïncide avec cette période-là où ça s'est déclaré un peu prématurément aux yeux de De Gaulle.

26:09
Présentateur

Mais là pour reparler de la présidentielle et de cette... Mais il y a juste une petite chose

26:14
Alain Pompidou

qui est dans le bouquin aussi qui est frappante c'est que... Alors corrigez-moi c'est 55 je crois les médecins du général De Gaulle constatent qu'il est susceptible d'avoir une rupture d'anévrisse. Et qu'il a un anévrisse de l'or c'est-à-dire qu'il peut mourir brutalement à tout moment. Et alors ils se concertent et ils disent on lui en parle pas. On lui dit pas. Pourquoi ? Parce que si on lui dit il va décider de renoncer. Et donc la France va perdre son sauveur. Donc on lui dit rien.

26:45
Invité

C'est... Ça c'est incroyable. C'est extraordinaire c'est une décision c'est une décision médicale mais politique. Oui mais avec Pompidou

26:53
Présentateur

c'est la même chose dans le sens où il savait qu'il était malade mais que c'était pas les salles. Mais de Gaulle il n'a jamais su. Il lui dise rien. Mais de Gaulle il ne lui dise rien.

26:59
Alain Pompidou

De Gaulle pensait qu'il était en forme. Voilà.

27:02
Présentateur

Ouais. Donc ça c'est... Là maintenant alors si aujourd'hui qu'est-ce qui a changé ? Parce que je parlais tout à l'heure de la surexposition. On se souvient de la... Macron qui avait des yeux rouges et de ses lunettes d'Aviator qui ont fait tant parler et qui a joué un rôle politique d'ailleurs.

27:21
Invité

Sarkozy aussi avec son flègue mot il y a eu des... Mais oui. Oui mais c'est des...

27:24
Présentateur

Oui. Oui tout ça est bénard bien sûr. Mais aujourd'hui c'est plus... Ça serait absolument impossible de quelque chose que ce soit.

27:30
Invité

Parce qu'ils sont traqués. Ils sont absolument traqués. Regardez par exemple tout finit par sortir y compris ce qui ne concerne pas la maladie mais la vie prétendument sentimentale. Et la gifle. C'est vrai qu'avoir la gifle et puis qu'est-ce qui pouvait éventuellement y avoir de sous. Donc c'est quand même vrai qu'aujourd'hui vous êtes quand même beaucoup plus... Vous êtes 24 heures sur 24 sous les caméras. Néanmoins c'est quand même vrai qu'il y a des zones qui restent comme ça un peu troubles.

On vient de parler des présidents américains où pourtant Dieu sait si les médias américains sont aussi plutôt pugnaces sur ce terrain-là mais Biden il y a quand même beaucoup de choses qui ont été en effet découvertes presque à postière du riz même si l'état du bonhomme était quand même problématique de visu. En France là je parlais à l'instant je citais l'exemple de la petite opération au flaguement de Nicolas Sarkozy mais il me semble qu'on l'avait apprise à posteriori. Et sans parler évidemment de Jacques Chirac c'était quoi ?

C'était deux ans ou trois ans auparavant où là par exemple d'ailleurs le même Nicolas Sarkozy qui était quand même ministre s'était plaint de ne même pas avoir été averti de quand il y a eu l'AVC de Jacques Chirac de ne même pas avoir été averti. Non mais le premier ministre ne l'a pas su alors qu'il était à l'hôpital et le conseil constitutionnel non plus. Ça a été annoncé le lendemain matin en fin de matinée et ils ont dit le communiqué c'était accident vasculaire mais pas cérébral alors que le sujet c'était cérébral.

28:49
Présentateur

Parce que dans le sujet sur Charles de Gaulle ça joue sur son sur son est-ce qu'il y a un état dépressif qui s'installe avec la maladie ? Mais ça c'est autre chose. Oui il y avait la fille sa fille

28:59
Invité

sa fille qui est décédée

29:01
Alain Pompidou

ça il l'a raconté lui-même sur tout à fait

29:06
Présentateur

mais à un moment

29:07
Alain Pompidou

après l'affaire de Dakar il avait des tentations suicidaires en 46 aussi et il a failli abandonner mais il y a des coups de mou en 46 aussi il est parti

29:15
Présentateur

Pompidou aussi il y a des coups de est-ce que ça joue aussi ? Non mais ils ont tous

29:19
Invité

des coups de mou Pompidou là c'est dans le journal de Jean-Bernard dont je parle c'est à partir de 72 à plusieurs reprises il dit je pense que je vais devoir démissionner si je ne peux pas faire ce voyage autant que je démissionne parce que Jean-Bernard lui il théorise d'une autre manière il parle d'abdication parce qu'il a toujours de ça il voit la vision historique mais c'est le sujet moi je pense que Mitterrand les deux dernières années 93-95 et Pompidou les 18 derniers mois ou deux dernières années franchement ils sont loin d'être en état à 100% ça c'est une réalité donc c'est quand même un problème il y a un précédent

29:59
Alain Pompidou

historique célèbre dans l'histoire de France c'est Napoléon III qui avait des coliques néphritiques épouvantables à la fin de son règne et il a tenu néanmoins à diriger lui-même les armées françaises en 1870 et donc le jour de la bataille de Sedan il n'était pas comme un linge il ne pouvait pas marcher il ne pouvait pas bouger et il ne pouvait pas parler tellement il avait mal il était obligé d'arrêter le convoi pour le laisser prendre un peu de force et ça explique probablement une partie des erreurs militaires qui ont été causées qui ont été commises pendant cette campagne qui ont conduit quand même à des choses importantes les grands malades de l'histoire la commune ça ça vient de nous

30:41
Présentateur

il y a bon on monte un peu plus loin Louis XIV et la fistule pardon de Louis XIV qui est connu de Louis XIV

30:52
Alain Pompidou

mais lui c'était un dur de dur c'était incroyable il avait un mal de dents comme tous les gens de l'époque beaucoup de gens en tout cas et on lui avait arraché une dent mais à l'époque on l'arrachait sans anesthésie donc c'était épouvantable et deuxièmement c'était brutal parce qu'on lui avait arraché la dent et le palais la moitié du palais ce qui fait qu'après quand le roi buvait l'eau ressortait par le nez ça c'était Louis XIV

31:18
Invité

et il a continué

31:20
Alain Pompidou

comme ça à régner je ne sais pas combien de temps mais on pense que la fin du règne et la puissance de sa concubine Madame de Maintenon s'explique aussi par son affaiblissement

31:30
Invité

mais quand on regarde en dehors de la France alors on va citer les Etats-Unis mais enfin il y a quand même beaucoup de pays où de toute façon la santé est forcément un sujet et surtout les interrogations autour de la santé et notamment dans les régimes dictatoriaux, autoritaires rappelons-nous par exemple Tito alors Staline bien évidemment Tito qu'on suppose qu'il était mort depuis longtemps quand il a été enfin déclaré et pourtant il était officiellement toujours en commande de son pays regardez aujourd'hui Poutine c'est démenti systématiquement bien évidemment et puis il est toujours là Franco en Afrique aujourd'hui il y a le roi du Maroc

32:05
Présentateur

mais on ne peut pas le comparer à un pays dictatorial mais il y a quand même une omerta sur le roi du Maroc sur sa santé donc effectivement les sujets enfin les cas sont nombreux que ce soit des dictatures ou des démocraties ou autres le sujet reste

32:24
Alain Pompidou

il était entendu que le roi restait en place de toute façon il y a l'exemple le plus célèbre c'est le roi du Royaume-Uni il s'appelait Georges III je crois

32:34
Invité

il était fou

32:35
Alain Pompidou

tout le monde savait qu'il était complètement fou il a régné pendant des années et pendant les guerres de la révolution c'est à dire il se passait des choses et on considérait qu'il devait rester en place en France on a eu ce roi qui s'appelait Charles VI pendant la guerre de Cent Ans qui était devenu complètement fou et qui tuait ses domestiques et il a été maintenu en place jusqu'à sa mort

32:56
Présentateur

il tuait ses domestiques

32:57
Alain Pompidou

oui il y avait un épisode célèbre où il était à cheval et d'un coup il prend un coup de folie on nous attaque on nous attaque il prend son épée et il tue son son falet de chambre

33:09
Présentateur

et à l'époque il n'y avait pas mais je voudrais juste revenir sur quand même le sujet des médecins parce que c'est important quand on voit effectivement là dans le cas de Pompidou il y a Jean-Bernard effectivement mais il y a aussi il est beaucoup cornaqué par son fils Alain qui est médecin lui-même j'ai pas totalement compris ce que vous vous proposeriez aujourd'hui ou les idées pour qu'il y ait une forme de neutralité dans le choix des médecins qui s'occupent des présidents

33:40
Invité

oui mais vous avez toujours à l'Elysée un médecin enfin plusieurs médecins notamment toujours souvent des médecins militaires puis en général les présidents ils ont un certain âge c'est pas le cas de Macron mais ils ont leur médecin de famille ou leur médecin personnel ce qui était le cas pour Georges Pompidou là en plus il y a son fils mais choisir des médecins entre guillemets officiels qui donneraient la parole transparente je suis pas sûr soit aussi simple que ça parce que vous prenez le médecin de Mitterrand qui a écrit un livre qui est sorti alors la date de sortie n'était pas l'idéal une semaine après la mort de Mitterrand le livre a été interdit mais dix ans après il a gagné devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a condamné l'état français quand même mais lui a été condamné à la prison avec sursis et il a été exclu de l'ordre des médecins pour avoir fait des faux bulletins alors qu'il les faisait sur ordre du président donc voilà ce qu'il faut quand même c'est qu'il y ait une forme de contrôle démocratique parce que tout ça j'en parle dans le livre on peut dire que c'est une anomalie démocratique quand même ce qui se passe dans ces circonstances et qui a un peu changé pour ça l'ère Mitterrand entre la maladie de Mitterrand moi je me souviens j'ai commencé dans ce média dans le journalisme en 86 c'est au Cotien de Paris et dès 86 j'ai entendu parler du cancer de Mitterrand et accessoirement de la fille cachée de Mitterrand et donc on a l'impression entre ces différentes durpitudes pour résumer que malgré tout il y a un avant et un après c'est à dire que François Mitterrand tous ces secrets d'état tout cet omerta y compris d'ailleurs on l'a ainsi dit oui mais Chirac déjà moins parce que Chirac justement il a été davantage traqué et il y a eu quand même des informations parce que c'était sorti quand même son affaiblissement intellectuel sur les deux dernières années donc tout ça et quand je dis un avant et un après c'est parce que nous journalistes enfin nous médias on a aussi un rôle et une responsabilité dans ce que vous décriviez en début d'émission sur le séjour à Reykjavik c'est quand même c'est assez saisissant et surtout les conséquences votre convocation dans le bureau bref tout cela on a quand même l'impression que l'exemple Mitterrand la manière dont c'est finalement réglé ça a quand même fait un petit peu basculer au moins progressivement ce rapport au secret de manière générale qui entoure le pouvoir il me semble qu'il est moins absolu aujourd'hui

36:02
Présentateur

qu'est-ce que vous vous dites d'ailleurs comme il y a un Macron in petto à l'intérieur de vous-même quand vous êtes convoqué par votre directeur et qui vous dit bon faut rien dire là-dessus est-ce que vous

36:13
Invité

j'étais un junior j'avais 26 ans

36:15
Présentateur

oui mais ça vous m'avez demandé

36:16
Invité

si je savais garder un secret d'état j'ai dit oui je suis allé faire le montage

36:19
Présentateur

oui donc vous étiez presque flatté en quelque sorte

36:22
Invité

non non j'étais très impressionné j'étais surtout très impressionné la séquence même pour un très jeune journaliste était très impressionnante

36:30
Présentateur

mais vous ne dites pas il y a un truc qui cloche quand même si j'ai compris que c'était grave oui non mais qui cloche dans le côté dans le maniement de la faune

36:37
Invité

oui enfin à ce moment là

36:39
Présentateur

c'était l'époque je suis d'accord à l'époque

36:40
Invité

il n'y avait absolument rien à voir il y avait 90% de journalistes qui étaient des militants gaullistes à cette époque là donc un jour je suis monté du plateau j'avais fait un papier dans le journal il y a un journaliste sous Giscard qui est politique qui était un vieux gaulliste qui n'était pas content de mon papier et qui m'a montré sa carte du sac il n'a rien dit il m'a juste montré sa carte du sac du genre fais quand même attention c'est même pas de dire c'est une autre période c'est rien à voir absolument rien à voir

37:09
Présentateur

et puis après il y a eu

37:11
Alain Pompidou

il y avait quand même une obérité à Libération dans les années début des années 80

37:15
Présentateur

oui parce que vous étiez patron de Libé enfin pas à cette époque pas encore

37:18
Alain Pompidou

la rumeur de la maladie courait mais on s'interdisait d'enquêter là dessus oui parce que il y a de l'auto c'est pas de l'auto censure les journalistes politiques en général considéraient qu'ils n'avaient pas à rentrer dans la vie privée c'était quelque chose qui aurait été même réprouvée par les lecteurs probablement

37:37
Invité

il y avait aussi un facteur parce que je le souviens donc vraiment c'était pour moi c'est précisément ça cette entrée dans le métier il y avait un autre facteur aussi c'est qu'en réalité les premiers qui en avaient parlé c'était Minute le journal Minute pour Mitterrand et l'idiot international de Jean-Bierre pour les histoires de vie cachée ce qui faisait aussi que quand c'était Minute ça donnait du coup oui exactement quand on brisait un secret on se retrouvait

38:01
Présentateur

mais rappelez-vous on était tous les deux enfin tous les deux on était nombreux mais vous vous aviez posé une question à Nicolas Sarkozy sur la lors de sa conférence de presse en 2008 sur la monarchie présidentielle et moi je pose une question pardon sur Carla Bruni s'il va l'épouser et je me prends des tombeaux d'insultes de la part des oui de la part des journalistes politiques comment elle peut poser

38:27
Invité

Sarkozy vous a répondu tout à fait naturellement d'ailleurs c'est là où il a dit car il s'est étalé pendant 10 minutes

38:32
Alain Pompidou

il s'est étalé

38:35
Présentateur

pendant 10 minutes

38:36
Alain Pompidou

mais cette conférence de presse c'est incroyable parce qu'il a démoli il a quand même démoli son quinquennat en deux heures parce qu'il a annoncé qu'il avait changé de femme de manière un peu désinvole comme ça en faisant le fier c'était ridicule à moi il me répond qu'il n'est pas le fils de Jacques Chirac alors c'était pas le sens de ma question et ce qui était désagréable d'ailleurs c'est que tous les journalistes qui étaient autour ont ri aux blagues que Sarkozy oui tout le monde ricanait ça a duré 7 minutes M. Geoffrin M. Geoffrin ça a continué comme ça et après il y a Christine Clerc qui dit M.

le Président vous aviez promis de faire telle chose et Sarkozy répond Madame les caisses sont vides et alors après on a vu les sondages

39:19
Présentateur

et il a pur refait de conférences de presse il me semble après ou longtemps

39:25
Alain Pompidou

je ne sais pas

39:26
Présentateur

il me semble que non bon c'était passionnant merci beaucoup donc Patrice Duhamel le crépuscule des dieux les maladies des présidents dernier mystère c'est aux éditions de l'Observatoire votre brillant livre aussi mon cher Laurent les enfants savent sur l'histoire de votre famille avec votre fille

39:45
Alain Pompidou

la grande histoire française

39:46
Présentateur

la grande histoire française avec votre

39:48
Alain Pompidou

avec ses contradictions voilà les secrets

39:51
Présentateur

tiens vous avez vu au fait des rayons et des ombres

39:54
Alain Pompidou

pas encore c'est formidable formidable exceptionnel livre formidable et courageux

39:58
Invité

utile absolument

40:00
Présentateur

et pourtant critiqué et donc votre livre aussi Henri Vernet Big Machiavel c'est une fiction merci à tous j'ai cité tout le monde merci à Flore Simon d'avoir préparé cette émission et à Sacha Bamba et merci évidemment à toute l'équipe technique sans qui rien ne serait possible merci à tous à très vite

40:19
Invité

retrouvez l'intégralité de nos émissions sur l'application France 24 merci à tous

40:33
Locuteur

merci à tous merci à tous à tous merci à tous