Yaël Braun-Pivet "ne ferme pas la porte" à une suspension de la réforme des retraites
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France Inter, vous retrouvez pour une nouvelle saison de questions politiques, votre émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée comme toujours sur France Info, la télé, Canal 27 et en partenariat bien sûr avec le journal Le Monde. Comment analyser notre nouvelle situation politique ? Huit semaines après les élections législatives, tout est bloqué, la nouvelle Assemblée n'a toujours pas commencé à travailler, le précédent gouvernement officiellement démissionné n'a toujours pas été changé, comme si le résultat de ce scrutin était pour l'instant ignoré et mis de côté.
On aimerait pourtant savoir à quoi va ressembler cette nouvelle cohabitation et avec qui Bernard Cazeneuve sera reçu demain matin à l'Elysée. Bref, comment la vie politique dans notre pays va-t-elle s'organiser et fonctionner cette année ? On en parle avec la présidente de l'Assemblée, là où tout risque de se passer, Yael Broun-Pivet et notre invitée ce dimanche dans Questions Politiques, en direct et jusqu'à 13h.
Questions Politiques, Karine Beccar sur France Inter.
Bonjour Yael Broun-Pivet. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre toute première invitation de la saison et merci surtout de faire votre rentrée sur le plateau de Questions Politiques. À mes côtés, j'ai le plaisir, le grand plaisir de retrouver les copines, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à toutes et tous et à tout le monde. Oui, quand même. Bon entrée. Et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour ma chère Françoise. Bonjour, je bisse Nathalie.
Bissez-moi Frère-Françoise.
Alors on va découvrir, pour commencer l'émission comme toujours, vos images de la semaine, ce qui vous a marqué en particulier dans l'actualité. Mais j'aimerais d'abord vous soumettre ce portrait, celui d'un homme, Henri Leclerc, avocat, défenseur inlassable des droits de l'homme. Une légende du barreau après 65 ans de carrière. Il est mort hier à l'âge de 90 ans. Tout simplement, votre réaction, Yael Broun-Pivet, je rappelle que vous aussi, vous êtes avocate. Vous l'avez peut-être d'ailleurs, je ne sais pas, rencontrée, croisée, discutée avec lui.
Alors j'ai fait plus que cela, j'ai travaillé avec lui parce que nous étions membres tous les deux des états généraux de la justice. Et donc nous avons passé de longues heures à délibérer et à échanger. Et j'ai pu voir, effectivement, comme vous l'avez dit, un inlassable défenseur des droits, des droits humains, des droits de l'homme. Un amoureux de la défense, de la défense pénale, des libertés, des principes de l'état de droit qu'il rappelait inlassablement. Et donc nous perdons une grande figure. Malheureusement, nous en avons perdu beaucoup dans le monde du droit et dans le monde des avocats, après Hervé Thémime, après Pierre Haïck.
Il va manquer et nous avons besoin de ces hommes et de ces femmes qui défendent ce que nous avons de plus précieux, nos valeurs et l'état de droit. Et il était de cela. Vous lui voyez un successeur ? Il y en a beaucoup dans le monde du droit et c'est important, nous avons besoin de chacun.
Alors ce n'est pas votre image de la semaine, en tout cas à vous, Yael Brown-Pivet. Qu'est-ce que vous avez choisi ? Qu'est-ce que vous avez eu envie de mettre en lumière ?
Alors moi, j'ai eu envie de mettre en lumière un événement auquel j'ai participé vendredi, qui est la foire de Chalon. La foire agricole. C'est une foire agricole mais qui va bien au-delà de l'agriculture parce qu'il y a le monde politique, le monde associatif qui s'y rencontrent, beaucoup de familles. Et c'est un événement majeur et j'ai été très heureuse de pouvoir l'inaugurer parce que c'est important d'être au contact des Français, d'être sur le terrain. Et surtout aussi d'être au contact de ceux qui font notre agriculture. C'est un des sujets dont on a beaucoup parlé pendant les six premiers mois de l'année. L'été a été rude pour nos agriculteurs.
Nous avons besoin de continuer à être à leur côté. Nous avons notamment une loi d'orientation agricole qui était en cours d'examen à l'Assemblée nationale avant la dissolution. Vous voulez la reprendre ? Elle est maintenant au Sénat. Nous pouvons la reprendre. Et moi, je pense que c'est un des premiers textes qu'il faudra remettre sur le métier parce que nos agriculteurs ont besoin de ce texte et besoin que le Parlement soit à leur côté. Donc cette foire de Chalon était un événement incroyable. Beaucoup de chaleur, beaucoup d'énergie. Beaucoup de chaleur, c'est-à-dire que les Français, vous les avez trouvés comment ? Optimistes ? Ils avaient des choses à vous dire ?
Alors, ils ont toujours des choses à nous dire. Moi, j'ai vu des Français et des élus aussi qui nous ont tous dit la même chose. Retroussez-vous les manches. Travaillez ensemble. Maintenant, ça suffit. Allez-y. Et donc, c'est ce qu'on va en parler longuement. C'est un premier ministre. Mais c'était important de les rencontrer et de les entendre.
Françoise, quelle est votre image à vous ? On pourrait la présenter peut-être comme la figure politique de l'été.
Oui. Alors, moi, j'ai retenu Lucie Castel, qu'aucun Français pratiquement ne connaissait avant l'été et qui, au fond, finalement, s'est imposé comme l'une des figures politiques de l'été. Elle a été conduite à Matignon en début de semaine par Emmanuel Macron qui a estimé que le nouveau Front populaire n'aurait pas la majorité et serait très vite renversée. Mais au fond, on l'a vu aux universités d'été du Parti Socialiste ce week-end et on voit que non seulement elle s'accroche, mais qu'elle est populaire. Et ce qui me fascine, au fond, l'émergence de cette personnalité, c'est qu'elle n'appartient pas aux sérailles politiques, qu'elle a un profil de haut fonctionnaire, d'énarque.
Et on se dit, mais c'est curieux, ça ne correspond pas tellement avec ce qu'on aurait pu imaginer à gauche. Et je me dis, est-ce que c'est, au fond, la démonstration de cette crise de la représentation politique où, pour être entendu ou avoir l'espoir d'être entendu par les Français, il ne faut plus appartenir au Parti, mais être plutôt dans la société civile, avec qui plus est un haut degré de connaissance des dossiers, parce que dans son examen de passage face à Emmanuel Macron, la gauche reconnaît qu'elle a été extrêmement compétente. Et à l'Élysée, on dit qu'effectivement, elle tenait très bien ses dossiers.
Donc je me demande, est-ce que c'est un feu de paille ou est-ce que c'est un profil politique qui est en train de s'imposer aussi, parce qu'on a une crise assez majeure de la représentation politique.
Allez, je termine avec vous, Nathalie. Images paralympiques, je crois, qui s'imposent également, évidemment.
Surtout sur le droit des femmes. Celle de Zahia Koudadadi, qui a été médaillée en taekwondo. C'est surtout parce qu'elle est afghan d'origine et que c'est la première médaille pour les réfugiés. Alors là, on la voit dans les bras de son entraîneuse. On peut imaginer tout ce qu'elle a vécu. Elle est partie en 2021, elle a été exfiltrée grâce à la France. 2021, c'est le moment où il y a l'évacuation par les Américains des derniers personnes qui pouvaient projeter les femmes. Alors, c'est facile, là, dans un fauteuil, sur un siège, de dire, oh là là, quelle horreur pour les femmes. Ça peut être de l'indignation qui donne bonne conscience pour la journée, voire pour l'année.
Ce n'est pas ça que je voulais dire. Je voulais dire simplement que quand on a eu un pays, c'est presque grotesque. Un pays qui interdit aux femmes d'aller à l'école, qui leur interdit d'avoir un visage, qui leur interdit d'avoir un corps ou qui le cachent. Qui leur interdit de chanter, désormais. Non, interdit que sur le chanter, mais même de parler. C'est-à-dire l'invisibilisation totale de tout ce qui peut s'approcher. Déjà, dans un pays où on n'aimait pas les cerfs-volants ni les canaries, et on considérait que tout ce qui était joyeux, le jeu, le foot, était quelque chose d'interdit, avait à s'inquiéter.
Et surtout s'étonner sur une chose, c'est qu'il n'y ait pas eu un mouvement mondial. C'est-à-dire que, honnêtement, alors je ne vais pas vous faire l'éternel coup du... Les féministes, quand ce n'est pas plus politique, se bougent plus. Mais quand même, il aurait dû y avoir des rassemblements dans le monde entier. Avec les réseaux sociaux, tout le monde sait, tout le monde a vu, tout le monde peut savoir. Voilà, ça me semble être un combat qui est le premier à avoir et qu'il ne faut pas mollir là-dessus. Et pour l'instant, on n'entend pas grand-chose.
Croyez bien que je fais tous mes efforts, et les jours et les nuits, et que je le fais depuis des semaines, même si vous ne l'avez pas forcément vu, pour aboutir à la meilleure solution pour le pays. En tout cas, la France a un gouvernement qui gère les affaires courantes, qui a permis d'avoir des Jeux olympiques qui ont émerveillé le monde, qui en même temps fait face aux défis, aux crises du moment. Donc, je ne voudrais pas qu'on laisse s'installer l'idée que, voilà, les affaires ne sont pas suivies. Après, je ferai mes meilleurs efforts et je parlerai au français en temps voulu et dans le bon cadre.
Alors, le président Macron qui s'exprimait jeudi soir à son arrivée en Serbie. Alors, depuis, ça s'est un petit peu accéléré. Depuis ce matin, depuis quelques minutes exactement, Bernard Cazeneuve doit être reçu demain matin à l'Elysée. C'est l'entourage de Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre de François Hollande, qui le dit. C'est confirmé par le service politique, par Simon le Baron, qu'on connaît bien sur l'antenne de France Inter. Pierre, il y a le bon de pivet, ça fait avancer les choses, c'est la bonne personne, Bernard Cazeneuve ou pas ?
Alors, permettez-moi, je vais répondre évidemment à votre question, mais je voudrais juste rebondir sur les femmes afghanes, parce que vous avez raison. Elles ont besoin de nous, elles ont besoin que l'on soit leur voix. Moi, il y a quelques mois de cela, j'avais organisé le premier sommet des présidentes d'assemblée du monde entier pour justement que nous adressions une parole commune autour du droit des femmes. Et cela ne sert pas à rien, nous avons, et elles en ont besoin, que l'on parle d'elles, que l'on les défende, qu'on soit à leur côté. Et donc, il faut, et chacun a un rôle à jouer, vous en tant que journaliste, moi en tant que responsable politique.
Donc, faisons-le, et donc merci d'avoir choisi cette image.
Et les Etats-Unis, qui continuent à financer les talibans sans condition, notamment ce qui avait été dit au moment du retrait.
Non mais voilà, donc fondamental, et soyons-là à leur côté, et pour elles, inlassablement, et ça, de l'importance.
On l'a dit, mais il y a beaucoup de dossiers politiques maintenant. Bien sûr. Bernard Cazeneuve, elle n'en peut plus, je la vois bouillir, Françoise Fressouze.
En fait, les Français, comme vous, et comme nous, responsables politiques, nous attendons effectivement qu'un gouvernement soit formé, qu'un Premier ministre soit nommé. Le Président de la République a été parfaitement dans son rôle, en organisant un certain nombre de consultations des forces politiques. Mais pas un peu long quand même, il y a un risque d'exaspération assez fort. Et bien justement, je pense qu'il est temps, en cette rentrée, nos enfants vont faire leur rentrée scolaire demain pour la plupart d'entre eux. Il est temps, effectivement, que nous ayons un gouvernement nommé. Et donc, je me réjouis que cela avance.
Donc, que ce soit Bernard Cazeneuve ou un autre Premier ministre, il ne m'appartient pas de me prononcer sur le choix que fait le Président de la République. C'est son choix souverain, dont déplaisent à certains dans cette classe politique qui auraient souhaité choisir le Premier ministre à sa place. En tout cas, évidemment, Bernard Cazeneuve fait partie, on dirait, de la short list de profils qui, me semble, être à même de rassembler au-delà de son camp, puisque c'est de cela dont il s'agit, puisque personne ne détient la majorité à lui tout seul. C'est quoi ces atouts, précisément ?
Moi, en tant que Présidente de l'Assemblée nationale, je me réjouis que cela avance, que nous puissions avoir un Premier ministre qui soit nommé, je l'espère, dans les jours qui viennent, pour qu'il puisse ensuite consulter à nouveau, probablement, l'ensemble des forces politiques pour composer un gouvernement qui soit à même d'agir dans l'intérêt des Français. Là, maintenant, ça peut aller très vite ? Eh bien, écoutez, ça doit, je pense, aller assez vite, puisque les consultations ont duré, vous l'avez rappelé, pendant des semaines, et c'était important de prendre le temps. Maintenant, il faut aussi prendre le temps de construire un programme d'action.
Il ne s'agit pas simplement de nommer un tel ou un tel, il faut un programme d'action qui permette de rassembler les différentes forces politiques à l'Assemblée nationale, et qui puisse permettre de trouver aussi un chemin avec le Sénat, puisque le Parlement est composé de deux chambres, avec des tonalités politiques extrêmement différentes, et il faut trouver quelque chose qui nous permette de converger, et donc, je l'espère, en tout cas, que ça puisse commencer ce travail-là dans les jours qui viennent.
Justement, Françoise, demander quels sont ses avantages, enfin, en quoi, quelles sont ses qualités, alors, vous allez sûrement répondre homme d'État, mais je ne vais pas faire les réponses à votre place. Nicolas Sarkozy a dit que le centre de gravité de la France, aujourd'hui, était à droite, enfin, que la France était à droite. Est-ce que le centre de gravité de Bernard Cazeneuve, ou vous, ce que vous sentez, vous avez parlé de la foire de Chalons-Champagne, ce que vous sentez du centre de gravité des Français, avec les élections, vous les sentez plutôt comment ?
Voilà, moi, je peux vous répondre probablement mieux sur les Français que sur Bernard Cazeneuve. Je ne suis pas... On va voir que vous connaissez. Non, mais je le connais, mais ce n'est pas, aujourd'hui, mon rôle, en tant que président de l'Assemblée nationale, de participer aux commentaires... Non, non, mais je comprends très bien. Je vous ai demandé comment vous sentez la France. Non, non, ça, ça n'est pas possible.
Non, mais la question est intéressante, juste, pardonnez-moi, Yelbron-Bivet, c'est, effectivement, est-ce que le centre de gravité, est-ce que l'ancien président Sarkozy a raison, est-ce que le centre de gravité de la politique française, aujourd'hui, est à droite, après les résultats qu'on a eus en juillet dernier ?
Justement, moi, lorsque je regarde cette Assemblée, que je connais bien, je vois que c'est une Assemblée qui est extrêmement éclatée, composée de trois blocs, et vous l'avez suffisamment rappelé, et que les Français, et moi, c'est ce qu'ils me disent, surtout, c'est qu'ils en ont vraiment marre des querelles de partis, ils en ont vraiment marre des étiquettes et des gens qui se disent de tel ou tel côté de l'échiquier, et qui ne veulent pas, surtout, parler et construire avec l'autre côté. Vous savez, moi, je me suis engagée parce que, justement, j'avais une autre vision politique. En 2017, vous parliez de Lucie Casté en tant que membre de la société civile.
Moi, je fais partie de cette fameuse société civile qui s'est engagée en 2017, qui n'avait jamais fait de politique de sa vie. Et je me suis engagée pour, justement, que nous dépassions ces antagonismes qui avaient fondé notre vie politique pendant des décennies, et pour que nous soyons en capacité de travailler ensemble. Eh bien, aujourd'hui, c'est ce que nous devons faire, c'est ce que les Français nous demandent de faire.
Alors, non pas de dépasser les clivages et d'être dans un parti unique, celui du Président de la République, mais au contraire, de rassembler, de nous rassembler, de rassembler des forces politiques et de considérer que le problème, ce n'est pas tant je suis de droite, je suis de gauche, et ce n'est pas la question d'un baril-centre éventuel, c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait pour l'école, la santé, le pouvoir d'achat, et que ces réponses-là n'ont pas de...
À gauche sur le social et à droite sur le régalien, si vous deviez résumer ce qu'on vous dit.
Ce qui est important, et vous savez, les valeurs de notre République et les valeurs du régalien, elles ne sont pas de droite, elles ne sont pas de gauche. Et les Français... Vous avez été abandonnés par la gauche pendant un certain temps. Eh bien, justement, les Français, ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils ont besoin, ils ont besoin de colonnes vertébrales, ils ont besoin de valeurs, ils ont besoin de savoir où on habite, et ça, ça n'est pas ni de droite ni de gauche. Mais malgré tout... Simplement, c'est juste notre pays et ils attendent de nous cela. Donc, maintenant, en fait, avançons autour d'un...
Avec un gouvernement qui sera justement préoccupé uniquement par l'intérêt de notre pays et l'intérêt des Français, et non pas par l'intérêt de leur parti ou l'intérêt d'une éventuelle prochaine élection. J'en vois trop qui, aujourd'hui, jouent le coup d'après. C'est, pour moi, en tant que femme, en tant que mère de famille, en tant que citoyenne, en tant qu'aujourd'hui, femme politique, je trouve que c'est absolument scandaleux. Les Français... Qui jouent le coup d'après, s'il vous plaît ? Je ne jouerai pas à cela, à vous donner de nom. Non, mais justement, la situation est trop importante, trop grave, et les Français nous attendent.
Regardez les résultats des derniers sondages, le regard qu'ils portent sur la classe politique, mais ça devrait tous nous effrayer.
Non, mais il y a la classe politique, pardonnez-moi, il y a la classe politique, il y a quand même un président qui donne le sentiment, et d'autres l'ont dit, qui procrastinaient un peu. Mais pas du tout. Ça fait dix jours. Il avait promis un Premier ministre, là, avant la fin de cette semaine. On est dimanche, il est midi-20.
Le président, il a pris le temps de rencontrer toutes les forces politiques, de rencontrer la présidente de l'Assemblée nationale que je suis, de rencontrer le président du Sénat. Il a consulté, il a avancé, et c'est comme ça qu'il a pu... Mais tout ça pour arriver à Bernard Cazeneuve, dont on entend parler depuis des semaines. D'abord, écarter l'hypothèse de Lucie Casté, puisque elle était, si elle était nommée, susceptible de rencontrer une majorité contre elle. Et ça, il fallait bien que les forces politiques le disent au président de la République. Il ne fallait pas l'écarter plus tôt, on n'a pas attendu trop longtemps.
Il ne fallait pas l'écarter simplement parce que c'était elle ou parce qu'elle venait du nouveau Front populaire. Il fallait l'écarter pour une raison qui est imparable, qui est que les forces politiques qui sont présentes à l'Assemblée nationale et qui ont chacune un certain nombre de députés ont dit qu'elles voteraient une motion de censure. Et le président, garante la stabilité, devait, en entendant ça, essayer d'explorer d'autres pistes. C'est ce qu'il a fait. Et moi, à nouveau, je pense que s'il arrive à nommer un Premier ministre qui... Vous savez, ce n'est pas un jeu de qui, je crois que c'est quelqu'un qui a utilisé cette expression.
L'objectif, ce n'est pas de nommer pour avoir un gouvernement qui est renversé, pour renommer dans un mois, pour... Il ne faut pas qu'on participe, et le président, plus que tout autre, a de l'instabilité institutionnelle.
Mais vous entendez quand même ce que dit la gauche, c'est qu'au fond de dire Emmanuel Macron se comporte comme s'il n'avait pas perdu, tout continue comme avant, il y a de l'entourloupe et il y a de la colère qui va monter contre lui parce qu'il ne tire pas les leçons de ses élections. Est-ce que vous entendez cet argument-là ?
Mais je l'entends, et je vous avoue que je ne le comprends pas complètement, parce que le nouveau Front populaire ne détient pas, et loin s'en faut, de majorité à l'Assemblée nationale. Autrement, vous savez que je ne serai pas devant vous aujourd'hui, puisque, lorsqu'il s'est s'agit de procéder à l'élection du président de l'Assemblée nationale, le nouveau Front populaire avait un candidat unique qui n'a pas gagné cette élection à la présidence de l'Assemblée nationale. Donc, le nouveau Front populaire seul ne détient pas de majorité à l'Assemblée nationale.
Mais en même temps, personne ne détient vraiment de majorité.
Mais justement, personne ne détient de majorité à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas de coalition contraire qui dise qu'il y a garantie de stabilité. Pour mon élection, il y a eu une coalition contraire, puisqu'il ne vous aura pas échappé que j'ai été élue avec les voix de ma famille politique, Renaissance, le Modem et le groupe Horizon, mais aussi des voix d'un certain nombre de membres de l'UDI et du groupe Lyot, un certain nombre de voix ultramarines et les voix des Républicains. Donc, il y a d'autres majorités qui étaient possibles.
Il était important pour le président de la République de pouvoir lever et examiner toutes les hypothèses avec, comme seul objectif, l'intérêt du pays, l'intérêt des Français, donc la stabilité et surtout la capacité à agir. Et donc, c'est cela qui a pris du temps. C'est normal, moi je ne le déplore pas, bien au contraire, parce que l'objectif c'est cela, stabilité, capacité à agir.
Mais Elbrun Pivet, quand on perd une élection, ce qui s'est passé pour le camp macroniste aux élections européennes et ensuite aux élections législatives, vous appartenez à ce camp présidentiel. Est-ce que ce n'est pas choquant pour une partie des Français que vous soyez la présidente de l'Assemblée nationale ? Vous appartenez au camp qui a perdu, qu'on a voulu démettre, que les Français, les électeurs ont voulu.
J'entends certains qui disent cela. Je vous avoue que je n'ai pas rencontré un Français cet été qui me l'a dit, en face. Moi j'ai plutôt rencontré des Français qui m'ont dit qu'ils se satisfaisaient de mon élection parce que justement, elle était un signe de stabilité de l'Assemblée nationale. Et comme ils savent que moi je suis quelqu'un qui dirige cette Assemblée en écoutant les uns et les autres, en essayant de rapprocher les points de vue et en essayant de faire converger des forces politiques qui d'habitude ne convergent pas, moi, les Français que j'ai rencontrés m'ont plutôt rassurée.
Après, évidemment que le camp présidentiel a perdu l'élection, mais on peut le dire cent fois, c'est une réalité. Mais nous avons à l'Assemblée nationale 166 parlementaires. On ne peut pas faire comme si ces 166 parlementaires n'existaient pas. Ils sont là, ils portent des idées, ils portent des valeurs. Et toute coalition, tout gouvernement qui devra avancer et proposer des actions pour les Français devra évidemment tenir compte de ces 166 parlementaires. De même qu'il devra tenir compte des différentes forces politiques. C'est pour ça que je vous indique que nous n'avons pas le choix, vous savez.
Ce que j'ai aussi expliqué aux Français que j'ai rencontré cet été, c'est que cette Assemblée qu'ils ont élue, c'est la leur, c'est la nôtre, c'est la vôtre. Et c'est notre Assemblée. Pendant un an. Nous n'avons pas le choix. Nous ne pouvons pas être comme des enfants gâtés et dire « Ah ben j'en veux pas, cet équilibre politique ne me convient pas, je veux que ça soit différent. »
Vous allez nous dire comment on va réussir à fonctionner. Nous ne sommes pas des enfants gâtés, bien sûr. Mais c'est que le Président n'en soit pas un. C'est-à-dire, est-ce qu'il n'y a pas une logique qui serait de désigner un Premier ministre qui serait compatible et de lui dire « A toi de jouer avec tes majorités » parce qu'en fonction des personnalités, ça peut se passer correctement avec certains socialistes, pas avec d'autres personnes. Est-ce que finalement c'est lui qui doit faire le gouvernement, faire le Premier ministre, faire le programme ? Ça, c'était la question. Et deuxièmement, est-ce que vous croyez à une hypothèse d'un Premier ministre technique ?
Ce qu'on a dit il y a quelques temps, on a parlé de Didier Migo, bien qu'il était politique dans le temps, qui était à la Cour des comptes, puis à la Haute Autorité pour la Transparence. On a parlé d'Éric Lombard, qui est actuellement président de la Caisse des dépôts et consignations. On a parlé de Pierre Moscovici, Cour des comptes. Bon, est-ce que ça tient la route, l'idée du Premier ministre technique ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Donc, est-ce que ce n'est pas un peu une marge de manoeuvre du Premier ministre ?
Je fais juste une petite parenthèse. Nathalie, arrêtez de vous battre avec votre micro. Avez-vous touché ? Oui, vous n'arrêtez pas. Ce n'est pas grave. On vous écoute, Yael Brune-Pivet.
Alors, le Président, lui, doit nommer le Premier ministre, et la Constitution a dit qu'après, le Premier ministre doit déterminer et conduire la politique de la nation et composer le gouvernement, qui sera nommé par le Président de la République, mais sur proposition du Premier ministre. Donc, chacun est dans son rôle. Le Président de la République, lui, il devait et il doit s'assurer que le Premier ministre qu'il nomme ne soit pas renversé, quoi qu'il arrive. Et c'était le cas de Lucie Casté.
Quoi qu'il arrive, à partir du moment où elle avait indiqué qu'elle appliquerait le programme du Nouveau Front Populaire et qu'il y aurait, au départ, des ministres, la France Insoumise, dans son gouvernement, tous les partis avaient indiqué qu'ils censuraient. Et donc, quoi qu'il arrive, cette nomination et ce gouvernement auraient été censurés. Donc, le Président de la République a raison, au nom de la stabilité des institutions, d'écarter cette hypothèse.
À partir du moment où il réussit à trouver une personne qui, justement, n'emporte pas de majorité contre elle de façon immédiate, que ce soit Bernard Cazeneuve ou un Premier ministre plus technique, Didier Migaud, vous en avez cité quelques-uns. Eh bien, dans ces cas-là, il reviendra, évidemment, à ce Premier ministre nommé, de déterminer ce fameux pacte d'action en rencontrant à nouveau, je ne veux pas lui dire ce qu'il a à faire, mais à mon sens, en rencontrant à nouveau l'ensemble des forces politiques présentes à l'Assemblée nationale pour savoir sur quelle feuille de route il peut s'engager à horizon un an, par exemple.
Donc, c'est au Premier ministre d'organiser ses consultations et de composer un gouvernement qui puisse mettre...
C'est un technicien qui ne connaît rien à la politique, on fait comment ?
Mais vous savez, quand vous citez, notamment, Pierre Moscovici ou Didier Migaud... Oui, Pierre Moscovici, il connaît. Ils connaissent les règles à l'Assemblée, oui. Et Didier Migaud, il a été élu à un certain nombre de reprises députées, il était rapporteur général du budget, il a été président de la Commission des finances. Si quelqu'un connaît bien le fonctionnement de l'Assemblée nationale, c'est lui. Donc, moi, je ne suis pas inquiète. Ce que je pense profondément, c'est qu'il faut que ce Premier ministre, ensuite, dès qu'il sera nommé, puisse à nouveau entamer des consultations pour déterminer ce pacte d'action.
Moi, j'ai vu aussi beaucoup, et ça m'a intéressée, j'ai reçu beaucoup de courriers en ce sens, des gens de la société civile, des think tanks, des citoyens m'écrire en me disant « Mais Madame la Présidente, si on regarde un petit peu tous les programmes des uns et des autres, eh bien, il y a quelques sujets sur lesquels on peut s'entendre. » Et certains me disent « Voilà, regardez l'éducation, la santé, la stabilité budgétaire. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous pouvons voir des convergences. Donc, ce sera au Premier ministre de regarder cela pour voir quelles peuvent être les grandes réformes.
Parce que moi, je ne me résous pas à ce qu'il y ait simplement une gestion qui soit à minima. Nous devons, nous pouvons, je le crois, continuer à porter des grandes réformes pour notre pays.
Alors, il y a un sujet, c'est que le Premier ministre va être probablement nommé la semaine prochaine. Mais l'Assemblée n'est pas réunie pour le moment. Est-ce que vous, vous entendez ceux qui disent « Il faut la tenue d'une session extraordinaire. On ne peut pas faire des consultations dans le dos des parlementaires. Est-ce que vous allez demander, vous, la tenue d'une session extraordinaire ? »
Sur ce point, j'entendais au début de l'émission que l'Assemblée nationale était à l'arrêt aujourd'hui. Pas à l'arrêt, l'Assemblée nationale, elle travaille. Elle a réuni ses instances au mois de juillet. Les caisseurs ont travaillé tout l'été sur le budget de l'Assemblée nationale que nous devrons voter au mois de septembre, qui avait été travaillé par les précédents caisseurs. Les commissions sont au travail.
Oui, sauf qu'habituellement, on a des sessions parlementaires extraordinaires et que là, en ce moment, on n'en a pas.
Donc, c'est la question de Françoise. Est-ce qu'il en faut une ? Mais oui et non. La session ordinaire de l'Assemblée nationale recommence en octobre de façon très classique. L'Assemblée nationale ne se réunit pas au mois d'août. Donc, il faut quand même remettre un peu l'église au milieu du village. Nous ne sommes pas dans un fonctionnement complètement inhabituel de nos institutions. Même sur le budget ? Pour autant, pour une éventuelle session extraordinaire, qui, je le rappelle à vos auditeurs, est une décision du Président de la République.
Moi, je considère qu'en tant que Présidente de l'Assemblée nationale, s'il devait y avoir, là, dans les jours qui viennent, un Premier ministre qui soit nommé, s'il devait y avoir un gouvernement qui puisse être nommé dans la foulée, moi, je considère que ce gouvernement et ce Premier ministre devraient venir se présenter devant l'Assemblée nationale. Donc, je demanderais une session extraordinaire. Parce que, dans mon esprit, en tant que Présidente de l'Assemblée nationale, dans les circonstances politiques actuelles, nous ne pouvons pas ne pas entendre et questionner le Premier ministre qui serait nommé et son gouvernement. Avec vote de confiance.
Parce que session extraordinaire veut dire possibilité de faire ce qu'on appelle une déclaration de politique générale, d'exposer aux parlementaires et donc par là même aux citoyens quel serait ce fameux pacte d'action, quel serait le programme que ce gouvernement et ce Premier ministre auraient l'intention de mettre en œuvre. Et puis, session extraordinaire veut dire aussi question gouvernement et donc capacité pour tous les parlementaires d'interpeller le Premier ministre et les ministres sur la politique qu'ils souhaitent mener. Il faut se dépêcher d'avoir un gouvernement.
Parce que, pour l'instant, on a quand même des ministres démissionnaires qui sont donc ministres et députés. Donc, on imagine mal un député qui pose une question à son propre ministre, enfin, je veux dire, à ce qu'il est lui-même.
Alors, c'est sûr que de toute façon, et c'est le propre d'un gouvernement démissionnaire, un gouvernement démissionnaire ne peut pas être renversé, ne peut pas répondre à des questions au gouvernement. Opposé par lui-même. C'est l'évidence.
Il n'y a pas de vote de confiance, je ne vais pas avoir posé la question 18 fois, est-ce qu'il est nécessaire, vu que vous avez vous-même dit qu'il fallait valider le fait qu'il y avait, non pas une majorité forcément pour, mais en tout cas pas une majorité contre, qu'il y ait un test qui soit fait à l'occasion. Il n'y a aucune obligation.
Justement, mais là, vous venez... En fait, la réponse est contenue dans votre question, puisque vous venez de dire, on n'a pas forcément une majorité pour, mais il ne faut pas de majorité contre. Ce qui est important de savoir, c'est que lorsque nous sommes en session, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire, les parlementaires peuvent déposer ce qu'on appelle une motion. Quand ils veulent. Oui, mais il faut être en session pour cela.
Et c'est une des raisons pour lesquelles je pense que s'il y a un gouvernement nommé, il faut qu'il y ait une session extraordinaire pour que les parlementaires puissent, le cas échéant, déposer, s'ils le souhaitent, une motion de censure et qu'elle puisse être discutée et votée par le Parlement.
Donc, vous êtes d'accord avec Jordan Bardelin, avec Fabien Roussel, le Rassemblement National, le Parti Communiste, qui demande effectivement cette session parlementaire extraordinaire ?
Non, mais vous savez, moi, j'essaye, en tant que présidente de l'Assemblée Nationale, d'être la plus rationnelle possible, d'avoir du bon sens. Et il me semble, compte tenu de la situation politique que nous vivons et de ce que je viens d'exposer, que le bon sens et l'esprit de responsabilité conduiraient le gouvernement à devoir être devant l'Assemblée. Et donc, évidemment, je demande cette session extraordinaire. Je n'ai pas à être d'accord avec un tel ou un tel. Je sais et je suis en capacité de mener mes propres raisonnants et de prendre mes décisions comme une grande.
Juste avant de rester, on va rester sur ce qui va se passer à l'Assemblée pour comprendre comment les choses vont s'organiser. Juste une question sur ce qui se passe à l'extérieur en ce moment. On est dans la perspective, le week-end prochain, d'une manifestation contre le président de la République pour une destitution. Est-ce que vous craignez, malgré tout, un embrasement de la rue, des gens en colère, pas satisfaits de ce qui se passe en ce moment ?
Qu'il y ait des gens pas satisfaits, je les comprends. Maintenant, moi, je leur dis qu'il faut être patient, il faut surtout être respectueux des institutions et que parfois, malheureusement, certains les manipulent par le discours qu'ils tiennent. Il n'y a pas plus de déni de démocratie dans mon élection à la présidence de l'Assemblée nationale que dans le choix du président de la République de ne pas nommer Lucie Casté. Je crois que c'est important. Vous savez, il faut se référer toujours, et on parlait d'Henri Leclerc, dans une démocratie, il faut se référer au texte, il faut se référer à la règle et à notre règle commune.
Et la Constitution, et je l'ai dit très souvent, elle n'est pas à la carte. Et lorsque l'on invoque la violation de la Constitution pour entamer une procédure de destitution du président de la République qui n'a absolument aucun sens, mais regardons la Constitution, et la Constitution indique bien que le président de la République nomme le Premier ministre, c'est assez clair. Donc, ne manipulons pas les gens. Vous savez, lorsqu'on les respecte, les citoyens, lorsqu'on respecte le peuple comme je peux le faire, on ne leur ment pas.
Pour autant, la Ve République, ça a toujours été au fond un rapport de force entre le président de la République, le Parlement. Là, on a un président de la République plus affaibli qu'il y a quelques mois, et une Assemblée nationale dont vous avez vu la difficulté de faire vivre en majorité relative. Là, quel rôle vous assignez-vous, en tant que président de l'Assemblée nationale, pour tenter de redorer le blason de l'Assemblée nationale, qui est assez discrédité aussi, et, au fond, pesait peut-être aussi par rapport à l'exécutif ? Est-ce que vous dites qu'il y a une méthode de travail ou qu'il y a des choses à faire à l'Assemblée que je n'ai pas encore faites ?
Alors, vous l'avez rappelé, pendant deux ans, l'Assemblée nationale ne disposait pas de majorité absolue. Il y avait une majorité relative. Et nous avons, collectivement, souvent sur ma proposition, créé de nouvelles façons de travailler. Moi, quand je suis arrivée à la présidence, j'ai créé ce qu'on appelait les semaines transpartisanes. Au début, beaucoup se sont un peu moqués en se disant que cela ne marcherait pas. Semaine transpartisane, c'était quoi ? C'était un partage de l'ordre du jour, de l'Assemblée. Donc, on inscrit des propositions de loi qui émanent des parlementaires.
Et on inscrivait des propositions de loi qui venaient d'un parlementaire de la majorité et d'un parlementaire de l'opposition. Donc, qui, dès le début, travaillaient ensemble un texte de loi, le déposaient sur le bureau de l'Assemblée nationale et nous le discutions. Et ces semaines transpartisanes, elles ont été créées à l'unanimité des groupes politiques. Tous les groupes politiques ont accepté de jouer le jeu. Nous ne les avons pas inscrits dans le règlement de l'Assemblée nationale. C'était une simple décision collective en disant, voilà, il faut trouver une nouvelle façon de fonctionner. Et ça a marché. Nous avons adopté de très nombreux textes dans ces semaines transpartisanes.
Je pense, par exemple, à un texte qui venait du Sénat de Valérie Létard sur l'aide d'urgence, vous savez, pour les femmes victimes de violences, qui leur permet une aide, qui leur permet de quitter leur domicile très rapidement. On a adopté un texte, alors qu'il est en cours de navette en ce moment, mais à l'Assemblée nationale de façon très large, à l'initiative d'un député de la majorité, d'un député PS, sur les Airbnbs, vous savez, ces locations, etc. Donc, nous avons appris à travailler comme cela. Nous avons adopté, mais on ne le sait pas, 40 textes à l'unanimité de l'hémicycle. Unanimité. Donc, 90% de ces 40 textes étaient des textes qui étaient portés par des parlementaires.
Donc, tout ça pour dire que tout n'a pas bien marché pendant ces deux années à l'Assemblée nationale. Mais nous avons montré que nous étions capables aussi de fonctionner ensemble. Donc, il va falloir aller beaucoup plus loin sur ces méthodes de travail. Et par rapport au gouvernement. Et justement, et par rapport au gouvernement, travailler beaucoup plus en amont. On a, et moi, je l'ai toujours déploré, même lorsque j'étais présidente de la commission des lois, je l'ai écrit, parce que moi, j'avais écrit un plaidoyer pour un parlement renforcé. Je crois en l'Assemblée nationale.
Et j'ai toujours pensé qu'il fallait que le parlement soit associé dès l'origine, lorsque le gouvernement veut procéder au vote d'un texte. Aujourd'hui, on est associé beaucoup trop tardivement. Il faudrait que les parlementaires soient consultés et quittent à organiser des débats à l'Assemblée nationale. Typiquement, nous voulons travailler sur la question de la santé, des déserts médicaux. Les Français nous en parlent, quel que soit leur bord politique. J'ai plein de propositions de loi qui ont été déposées à l'Assemblée nationale sur les déserts médicaux. J'ai Guillaume Garraud, PS, qui travaille avec un groupe transpartisan sur les déserts médicaux depuis deux ans. Je l'avais reçu.
Je le reçois la semaine prochaine. Eh bien, nous avons ensemble des capacités d'avancer, de trouver des modalités. Moi, je serai l'animatrice de cela. Mais vous êtes l'animatrice ? C'est pas idéologique, ce marque.
Est-ce que vous aurez véritablement le même poids pour faire avancer l'Assemblée comme vous l'avez fait ces deux dernières années ? Dans la mesure où il faut le rappeler aussi, vous n'êtes plus majoritaire au sein de votre propre bureau. Est-ce que ça risque de vous poser des problèmes et comment vous allez gérer en fait tout ça ? Vous savez, tout ce dont je viens
de vous parler sont des décisions qui se prennent en conférence des présidents avec l'ensemble des présidents de groupe en ce qu'ils représentent un certain nombre de parlementaires. Moi, je suis convaincue que j'aurai en face de moi comme je les connais, vous savez, ce sont quasiment les mêmes avec lesquels j'ai travaillé pendant deux ans. Moi, à chaque fois, j'ai vu des présidents de groupe qui ne voulaient pas participer à un quelconque blocage de l'institution. Donc, j'ai confiance. Vous avez fait des choses impressionnantes ? Vous voyez peut-être que je suis naïve. Moi, je ne crois pas. Moi, j'ai fait fonctionner cette assemblée pendant deux ans.
Avec un bureau majoritaire qui vous soutenait ? Vous pouviez prendre des décisions des sanctions notamment ? Toutes les décisions dont je viens de vous parler ne sont pas prises en bureau mais en conférence des présidents avec des présidents de groupe qui ont à cœur le bon fonctionnement des institutions. Vous avez vu l'amélioration ? Moi, je ne doute pas que les présidents de groupe qui aujourd'hui ont été élus par leurs députés à l'Assemblée nationale auront à cœur la continuité de l'institution, la continuité de notre action parce que c'est le rôle que nous avons. Vous savez, moi, lorsque je suis avocate, vous savez que lorsque vous êtes élu, vous n'agissez pas pour votre propre compte.
Vous n'agissez pas pour le compte d'un parti. Vous agissez pour le compte des citoyens. Vous agissez pour le compte de ceux qui vous ont confié cette mission-là. Elle ne vous appartient pas. Donc, je crois que la situation appelle à ce que chacun se dépasse, à ce que chacun se hisse au-dessus de lui-même. En tout cas, moi, c'est ce à quoi j'appelle l'ensemble des forces politiques et je ne doute pas qu'elles répondront à cet appel à l'Assemblée nationale. Nathalie et ensuite Françoise.
Dernière petite question d'actualité puisque vous parlez d'un monde tel qu'il devrait être et non pas forcément tel qu'il est. À des points d'achoppement, à tout ce qu'on a compris dans les relations Cazeneuve-Emmanuel Macron, c'est qu'il veut être vraiment dans une cohabitation et deuxièmement, qu'il demande la suspension de la réforme des retraites.
Et faut-il, à titre de précaution et pour remettre à plat, écoutez, parce qu'il y a quand même le Rassemblement national, le NFP, enfin tout le monde presque se fait l'air, est-ce qu'il faut avoir cette sagesse ou le chef de l'État doit avoir cette sagesse de se, non pas de se contredire, mais de se mettre entre parenthèses en disant ok, il y a des choses qui ne vont pas, on rediscute. lui veut renégocier avec les syndicats, est-ce que ça serait déjà un bon début d'ouverture ?
Alors, que l'on rediscute avec les syndicats et avec l'ensemble de la société et des forces politiques, un certain nombre de points de cette réforme de retraite qui ont été mis en évidence, une carrière longue, la pénibilité, les inégalités entre les hommes et les femmes, ça moi j'y suis très favorable. En revanche, qu'on anéantisse cette réforme, il ne dit pas ça, il ne dit pas abrogation, il dit suspension.
parce que l'abrogation, ça serait quelque chose de très néfaste et demander aux 1,7 million Français qui bénéficient de cette réforme aujourd'hui, qui ont vu leur retraite s'améliorer jusqu'à 700 euros parce qu'ils ont bénéficié de la revalorisation du minimum de retraite, je pense qu'ils le prendraient d'une très mauvaise manière. En tout cas, vous n'êtes pas contre une suspension. Moi, je ne ferme pas la porte, mais en revanche, je suis attachée à ce que nous avons fait parce que c'est ce qui permet de maintenir la pérennité de notre système, la confiance de chacun dans le système et ça, c'est fondamental.
Mais à la base, moi, comme beaucoup, j'étais très favorable à une réforme beaucoup plus systémique, la fameuse réforme à points, etc. Mais il convient néanmoins de garder ce que nous avons fait en ce que ça permet de pérenniser le système auquel l'ensemble des Français est extrêmement attaché et ils ont raison.
Est-ce qu'un autre tableau peut sauter le fait que les impôts ne doivent pas augmenter d'exit Emmanuel Macron ? Est-ce que vous, vous êtes prêts à ce qu'un certain nombre de choses soient réexaminées ?
Ce qui est important, c'est que nous ayons de la stabilité, que nous ayons une continuité dans la politique de l'offre qui a été menée, c'est ce que j'ai exprimé aux universités d'été du MEDEF. C'est important pour la confiance, il faut créer de la richesse, il ne faut pas casser la croissance. En revanche, il faut, et je l'avais déjà dit aussi, donc je suis très constante en la matière, regarder là où nous pouvons travailler, la taxation de certains super profits, regarder du côté des dépenses repassées en revue l'ensemble des niches fiscales. Un SMIC un petit peu augmenté ? Je pense que les Français ont besoin d'équité. Peut-être pas jusqu'à 1 600 euros ?
Alors concernant les salaires et les revenus, vous savez que, moi je pense qu'il faudrait faire une grande conférence sociale autour de la question des salaires, du pouvoir d'achat pour essayer de dé-smicardiser la France, comme on le dit de façon très moche mais très vraie. il faut que nos Français aient de la visibilité et la capacité de progresser par leur travail, par leur activité, qu'ils aient la capacité à grandir et donc travailler sur la question des salaires. Mais à nouveau, ça, tous les sujets qu'on vient d'évoquer, c'est des sujets finalement que nous pourrions travailler ensemble et qui pourraient faire l'objet sur le retour de l'ISF.
Le retour de l'ISF, c'est pas...
Dernière question, oui. Écoutez, je pense que ce que nous avons fait qui n'était pas l'abandon total de l'ISF, la création de l'ISF, tous regardent mais moi je ne suis pas en tout cas, mais je ne suis pas pour une déconstruction totale. Là aussi, les Français en ont marre parce que c'est ça, les oppositions stériles, c'est dire tout ce que vous avez fait c'est pas bien et on défait et on refait autre chose. Ça, ça ne sert à rien. Ça fait à une conduite des affaires de l'État complètement erratiques. Les Français ont besoin d'un cap, les Français ont besoin de stabilité, de continuité, de valeur et je crois que c'est ça que nous devons leur apporter
en cette rentrée. La présidente de l'Assemblée nationale Yel Bonpivet est avec nous jusqu'à 13h, merci. Vous restez évidemment avec nous et il est temps de recevoir notre second invité pour le livre de la semaine.
France Inter Question politique Karine Becker Bonjour
Il a salué tout le monde tranquillement, vous avez bien fait. Bonjour Michel Viviorca. Bonjour. Merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques. Alors vous venez de rééditer l'un de vos ouvrages qui tombe à pic, l'antisémitisme expliqué aux jeunes au moment où l'attaque d'une synagogue le week-end dernier a choqué en France. Là c'est passé à la Grande Motte. Je rappelle que l'auteur des faits a été arrêté qu'il a reconnu avoir voulu défendre la cause palestinienne 10 mois après les attentats du Hamas en Israël et après 10 mois d'une guerre intensive de l'armée israélienne dans la bande de Gaza.
Michel Viviorca, cette attaque de samedi dernier elle est antisémite ou elle est antisioniste ?
Alors tout de suite On rentre dans On y va. On rentre dans des questions compliquées. Alors je vais vous répondre non pas sur cette attaque en particulier mais de façon générale. Je pense que l'antisionisme c'est l'idée qu'il n'y a pas place sur cette terre pour un état juif ou un état hébreu. C'est une idée qui est née dans des milieux juifs à la fin du 19ème siècle quand il était question de créer un état d'Israël il y avait dans le monde juif soit pour des raisons religieuses soit pour des raisons politiques des gens qui n'en voulaient pas. Je ne rentre pas dans le détail. Et puis évidemment il y a eu la création de l'état d'Israël et l'idée d'antisionisme s'est transformée.
Je pense que la grande grande majorité des juifs à partir de 67 et de la guerre des six jours ont tous été sionistes en quelque sorte ou en tout cas neutres par rapport à l'idée d'un état. Mais évidemment il y a des courants qui s'opposent à l'existence de cet état. Alors j'en arrive à votre question mais vous voyez il faut avoir en tête ce paysage.
On apprécie le rappel ?
J'en arrive à votre question. Quand il s'agit de critiquer le gouvernement ou la politique israélienne
et en particulier
ce que fait Netanyahou je pense qu'on n'est pas du tout dans de l'antisémitisme ou pas nécessairement en tout cas et qu'on n'est pas non plus dans un antisionisme virulent. On critique la politique d'un état. Quand on dit il n'y a pas place sur cette terre pour un état hébreu ou un état juif il faut jeter les juifs à la mer il faut détruire tout ça on entend autre chose. On rentre dans l'idée que les juifs n'ont pas le droit d'avoir un état. Si je vous dis je vais prendre un exemple mais je pourrais malheureusement en prendre beaucoup d'autres si je vous dis la théocratie iranienne est infecte c'est une catastrophe pour la société pour la démocratie etc. Il faut en finir avec ça.
personne n'en déduira qu'il faut supprimer l'Iran. Si je vous dis de tel ou tel pays arabo-musulman les pires horreurs personne ne dira il faut supprimer ce pays et cet état.
Donc pourquoi on dit
il faut supprimer l'état d'Israël là on est je dirais on rentre dans l'antisémitisme. Je ne dis pas qu'on y est de façon forcenée forcément mais vous voyez on rentre dans cette zone là. Donc c'est ça ma réponse ça n'est pas exactement la même chose ça se chevauche et parfois c'est la même chose.
Alors ça se chevauche et on a l'impression de plus en plus aujourd'hui en France que finalement l'antisémitisme est en train d'être dépassé écrasé par l'antisionisme vrai ou pas ?
Alors et c'est aussi pour ça que j'ai fait cette publication c'est ce qu'on comprend
avec vos derniers chapitres
on gomme l'histoire il y a un livre je ne sais pas s'il a été traduit en français le titre en anglais veut dire quelque chose comme la haine la plus longue à propos des juifs ça commence dans l'antiquité alors laissons ça de côté ça se développe avec le christianisme c'est plutôt religieux ça devient racial à la fin du 19ème siècle ça culmine avec le nazisme il y a une histoire hallucinante il y a une histoire hallucinante et donc oublier toute cette histoire faire comme si elle n'avait pas façonné tout ce qui se dit se pense se fait avec les juifs ou à propos des juifs mais c'est être complètement ignorant des raisons qui font que tel ou tel crime tel ou tel acte antisémite telle ou telle action terroriste a un substrat qu'on ne peut pas gommer et donc tout ramener à Gaza et à la période actuelle c'est être dans la méconnaissance et l'oubli et si vous permettez j'ajoute juste un dernier mot c'est en réalité lié à un phénomène de génération qui est très important c'est aussi pour ça que j'ai fait ce livre jusque dans les années 2010 2015 à la limite il y avait encore des témoins de la Shoah des survivants des familles où on en parlait enfin ça faisait partie de la mémoire et d'une mémoire encore vivante c'est fini tout ça ou quasiment ça fait partie maintenant de l'histoire et donc il y a un changement et je suis effaré de voir à quel point les nouvelles générations et pas seulement les lycéens ou les jeunes étudiants mais aussi les jeunes enseignants il y a un énorme travail à faire du côté de l'éducation nationale donc sur les 20-30 ans je suis effaré de voir à quel point une sorte de rupture s'est effectuée et à quel point il y a une méconnaissance de tout ce substrat dont je viens de vous parler est-ce que vous avez l'impression que les choses se sont aggravées c'est-à-dire en clair vous avez répertorié toutes les différentes formes d'antisémitisme peuple déicide et puis les choses est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui notamment en plus avec ce qui peut se passer en Israël et à Gaza il y a une libération du discours politique qui fait qu'on ose plus ou on est plus antisémite et qu'on met ça le fauné étant l'antisionisme en clair est-ce qu'il y a des partis politiques avant c'était le RN peut-être c'est toujours est-ce qu'il y a une espèce de discours ambien qui libère la parole comme on dit et libère l'action et pas dans le bon sens alors il faut faire une réponse en deux temps d'accord premier temps les formes par lesquelles transite la haine des juifs sont variées et ça peut très bien monter sur un registre et descendre sur un autre des sondages assez généraux montrent que les préjugés antisémites dans la population française dans l'ensemble sont à la baisse donc là si on regarde que ça je vous dirais il y en a moins et puis évidemment si je regarde l'accroissement des actes antisémites depuis quelques mois c'est à la hausse un attentat réussi devant une synagogue s'il n'y a aucun mort les chiffres sont bas s'il y a 80 morts ça explique donc c'est très difficile c'est le premier point pour vous répondre mais je crois surtout qu'il faut regarder les transformations du phénomène plutôt que d'essayer de dire ça monte ou ça descend Maxime c'est sur la libération de la parole de faire l'antisémitisme de climat oui alors je trouve que ce n'est pas une très bonne expression l'idée de la climat mais bon moi ce que j'observe c'est quoi c'est d'abord une classe politique en dehors de la gauche de la gauche
j'observe une classe politique
en dehors de la gauche de la gauche qui est absolument clair absolument limpide sur ces enjeux deuxièmement j'observe que le rassemblement national à sa tête a décidé clairement d'en finir avec l'antisémitisme de soutenir même Israël ce qui n'est pas forcément la même chose
et vous les trouvez sincères
alors je vais vous dire je trouve le discours de la patronne sincère mais je vois aussi que tel candidat à l'élection législative aux élections législatives récentes apparaît avec une casquette hitlérienne et ce genre de choses bon autrement dit écoutez c'est pas parce que au sommet on affiche une idéologie quelle qu'elle soit que tout le monde va suivre donc je serai prudent il existe encore des réseaux des relations etc donc bon mais quand même de ce côté là il y a quand même un progrès considérable et donc oui ce qui me préoccupe c'est d'une part ce qui reste j'ai envie de vous dire dans l'ultra droite ou dans la base de cet électorat bon ça ça reste ça ça reste ça n'a pas disparu vous savez il y a des gens il se dirait même que dans les banlieues des gens qui relèvent plutôt de cet électorat qui peut être sensible à ce genre de thèse qu'est-ce qu'il est qu'est-ce qu'il lise ben il lise le site d'Alain Soral antichémite d'extra-droit mais il ne sait même pas qui c'est d'ailleurs voilà autrement dit voilà mais le phénomène nouveau c'est évidemment la montée à gauche de la gauche
alors je voudrais qu'on se tourne vers l'élu vers Yael Brown-Pivet tout ce qu'on vient de dire est-ce qu'aujourd'hui effectivement on est plus ou moins antisémite et plus ou moins antisioniste et à quel point finalement les jeunes aujourd'hui se positionnent et pour le coup ils donnent le sentiment de se positionner plutôt sur un antisionisme c'est évidemment
une situation et des choses très compliquées moi ce que je voudrais dire c'est d'une part moi je suis assez d'accord sur le fait que quand même il y a une parole qui s'est libérée et peut-être parce que certains politiques ont assumé aussi cette libération de la parole et peut-être l'ont entraîné et ça ça m'inquiète considérablement là vous visez la France insoumise oui mais pas seulement je trouve que voilà la parole antisémite avait davantage disparu de l'espace public on n'osait pas en fait avoir cette parole-là et sous couvert de l'antisionisme en fait elle s'est je trouve elle a repris de la vigueur ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que moi qui suis victime d'actes antisémites de façon régulière encore cet été je suis rentrée de congé ces trois lettres antisémites qui sont arrivées à ma permanence et je peux vous dire que là c'est pas de l'antisionisme c'est de l'antisémitisme crasse on vous dit quoi ?
ah ben là c'est vraiment tout le vocabulaire de la deuxième guerre mondiale le ziklombé salut ou pine etc donc là c'est vraiment de l'antisémitisme basique et moi et on voit que les jeunes et vous le dites très bien et bravo et merci de cette expression vers les jeunes sont très souvent ignorants de ce que ça peut recouvrir des conséquences aussi que cela entraîne et que cela peut emporter sur une société et donc il faut à un moment où les survivants disparaissent faire ce devoir de mémoire faire ce travail de pédagogie d'explication c'est notre devoir c'est le plan qu'avait initié Nicole Belloubet en tant que ministre de l'éducation à destination de nos jeunes mais c'est un devoir collectif et c'est la raison pour laquelle aussi avec le président du Sénat lorsque nous avions vu cette montée des actes de l'antisémite nous avions fait cette marche parce que nous avions considéré que nous devions prendre nos responsabilités je crois que chacun doit prendre ses responsabilités vous les prenez en vous adressant aux jeunes vous en tant que journaliste nous en tant que politique nous en tant que citoyen pédagogue c'est quelque chose qui nous concerne tous et donc ne laissons pas
cela s'installer à bas bruit et je pose la question aux deux est-ce que les jeunes sont aussi influencés par ce qui se passe aux Etats-Unis sur les campus effectivement mais aussi à l'occasion de la dernière convention du parti démocrate percuté par cette question est-ce que les démocrates aujourd'hui aux Etats-Unis sont trop pro-israéliens par exemple est-ce qu'on peut dire les choses comme ça Michel Viviurquin
on est dans un monde global donc aujourd'hui ce qui se passe à l'université Columbia on le sait aussitôt quand on est étudiant à Sciences Po donc là-dessus ça circule est-ce que c'est la même chose je crois qu'il faut faire très attention la société américaine est très différente de la société française et si vous voulez comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis excusez-moi d'introduire cette dimension supplémentaire il faut introduire la dimension noire c'est-à-dire que le monde noir et le monde juif aux Etats-Unis c'est des chocs très compliqués c'est des tensions il y a eu des moments de rapprochement c'est une histoire très compliquée et la population qui est dans les universités américaines sensible à la cause palestinienne dans ses dimensions les plus radicalisées elle a quelque chose à voir avec ces tensions entre le monde noir et le monde juif donc on est dans des mondes qui ne sont pas exactement les mêmes mais les informations circulent on est au courant et je suis assez surpris d'ailleurs ce serait ça peut-être pour moi la principale surprise
et la conclusion
je trouve que le monde des juifs de gauche est relativement silencieux sur tous ces enjeux même s'il y a des gens qui essayent de construire des organisations et comment vous l'expliquez ce silence ? je ne me l'explique pas j'essaie d'y réfléchir et ce sera donc le mot de la fin on va y réfléchir tout ensemble c'est d'autant plus fâcheux un silence religieux comme disait le livre de Birnbaum oui alors que souvent l'ultra-gauche et l'extrême-gauche ont été façonnés en France par des intellectuels juifs
merci à tous les deux en tout cas ça passe toujours trop vite merci Michel Vivi Orca je rappelle le titre de votre livre qui vient de reparaître aux éditions du Seuil l'antisémitisme expliqué aux jeunes mais pas seulement aux jeunes merci à vous aussi Yael Brown-Pivet d'être venue dans Questions politiques ce dimanche je vous souhaite une belle fin de week-end à toutes et à tous et je vous dis à la semaine prochaine merci à vous
Yaël Braun-Pivet