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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 3 septembre 2026 8 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiSanté

L'invité d'Apolline Matin : Horaires atypiques, faut-il mieux les encadrer pour protéger la santé des salariés ? - 03/09

Au micro : Apolline Matin Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:39OuverteRéponse directe

    Claude, comment allez-vous ? Vous êtes retraité dans le Tarn.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    est-ce que ça a eu des conséquences pour vous sur vos amitiés, sur votre couple, sur votre vie de famille

  • 2:39FerméeRéponse directe

    vous étiez à la retraite à quel âge, Claude ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Henri Bastos, revenez sur ce témoignage, mais plus globalement sur votre étude

  • 6:14OuverteRéponse directe

    la question, c'est qu'est-ce qu'on fait ?

  • 6:58OuverteRéponse directe

    Il faut aménager le travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:56InvitéFait
    « J'étais conducteur de train. »
  • 1:04InvitéFait
    « c'est, je dirais, 365 jours dans l'année et 24 heures sur 24 pour un cheminot. »
  • 1:22InvitéFait
    « les jours de fête, on est toujours un peu les vilains petits canards, parce qu'on ne peut pas aller à une soirée, parce que le lendemain, c'est 3h du matin debout. »
  • 2:42InvitéFait
    « j'ai été le dernier des Mohicans, quoi, à partir à 50 ans. »
  • 3:06InvitéFait
    « Et, en fin de compte, Cheminot ne part plus à 50 ans, réellement. »
  • 3:34InvitéFait
    « les horaires atypiques, ils peuvent amener un certain nombre de conséquences sur la santé, à la fois santé physique, mentale et sociale, et la vie sociale et professionnelle. »
  • 4:04InvitéFait
    « Pour nous, les horaires atypiques, c'est une définition bien précise. »
  • 4:23InvitéFait
    « ce sont les horaires décalés. »
  • 5:42InvitéChiffre
    « le nombre de personnes qui cumulent de jobs a doublé en 10 ans, selon l'INSEE. »
  • 5:50InvitéChiffre
    « Ça concerne à une majorité écrasante des gens qui ont moins de 35 ans »
  • 7:02InvitéFait
    « Il faut déjà reconnaître cette forme d'organisation du travail comme un risque professionnel à part entière, comme le travail de nuit. »
  • 7:11InvitéFait
    « d'appliquer un certain nombre de dispositions protectrices pour essayer justement d'écarter un certain nombre de personnes des expositions qui peuvent être néfastes pour justement protéger leur santé. »
  • 7:40InvitéFait
    « on a plutôt des compensations pécuniaires. »
  • 7:51InvitéFait
    « Vous ne protégez pas la santé. »

Temps de parole

  • Invité42 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 38 %
  • ?5 %

6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Présentateur

écoutez RMC. Vous allez nous le dire dans un instant, mais je voudrais d'abord donner la parole à Claude, parce que Claude en témoigne justement. Bonjour Claude.

0:37
Invité

Oui, bien le bonjour pour le 19.

0:39
Présentateur

Claude, comment allez-vous ? Vous êtes retraité dans le Tarn. Et si je vous dis comment allez-vous, c'est parce que précisément on va s'intéresser à la santé de ceux qui avaient des horaires décalés. Vous êtes à la retraite aujourd'hui, mais vous avez longtemps été un cheminot qui travaillait en horaires décalés, c'est ça

0:51
Locuteur

?

0:52
Invité

Exactement. J'étais conducteur de train. Donc en fin de compte, c'est, je dirais, 365 jours dans l'année et 24 heures sur 24 pour un cheminot. Et en fin de compte, les horaires décalés, c'était les repas pris à n'importe quelle heure, les découchés. Donc découchés, ça veut dire dormir hors de la maison. Qu'est

1:18
Locuteur

-ce

1:18
Invité

que c

1:18
Locuteur

'est

1:18
Invité

qu'il y avait ? Vous

1:19
Locuteur

avez travaillé à Noël,

1:20
Présentateur

vous avez travaillé le jour de

1:20
Locuteur

l'an, vous avez travaillé le jour férié.

1:22
Invité

Voilà, les jours de fête, on est toujours un peu les vilains petits canards, parce qu'on ne peut pas aller à une soirée, parce que le lendemain, c'est 3h du matin debout. Le surlendemain, il y a encore une autre excuse, parce que les horaires, ce n

1:37
Locuteur

'est

1:37
Invité

plus 3h, on va recommencer à 14h. Enfin, je dirais que la vie d'un cheminot, ce n

1:44
Locuteur

'est

1:44
Invité

pas tout à fait... Ça

1:45
Locuteur

a eu des conséquences ? On va

1:47
Présentateur

parler des compensations, mais d'abord, Claude, est-ce que ça a eu des conséquences pour vous sur vos amitiés, sur votre couple, sur votre vie de famille

1:52
Locuteur

?

1:53
Invité

Sur la vie de famille, je dirais que

1:57
Locuteur

c

1:57
Invité

'est toujours pareil.

1:58
Locuteur

C

1:58
Invité

'est justement, on ne peut pas aller là parce que je travaille, le lendemain, ce

2:05
Locuteur

n

2:05
Invité

'est plus les mêmes horaires. C'est tout le temps des inconvénients à chaque fois. Pareil,

2:14
Locuteur

au

2:14
Invité

niveau rythme biologique, c'est perturbant, parce qu'un jour, on mange, le lendemain, on est sur le train, donc on ne peut pas manger.

2:24
Locuteur

Mais Emmanuel Lechip le

2:25
Présentateur

disait à l'instant, cela dit, à la SNCF, ces questions-là, elles ont été prises en compte. Vous avez eu des compensations, malgré tout. Vous êtes parti à la retraite, sans doute, plus tôt que si vous aviez été dans une autre entreprise, non

2:35
Locuteur

?

2:36
Invité

Moi, alors, je ne vais pas... Vous

2:38
Locuteur

étiez à la retraite à quel

2:39
Présentateur

âge, Claude ?

2:39
Invité

Je ne vais pas mentir, moi, à 50 ans,

2:42
Locuteur

j

2:42
Invité

'ai eu, comment dire, par rapport au dépôt dans lequel j'ai travaillé, enfin, même si ça avait été un autre dépôt, c'était pareil, j'ai été le dernier des Mohicans, quoi, à partir à 50 ans. Vous

2:56
Locuteur

êtes parti à 50 ans

2:57
Présentateur

à la retraite

2:58
Locuteur

? À

2:58
Invité

50 ans, je suis parti à la retraite, sauf que c'était dans la période où Sarkozy était président de la République. Et, en fin de compte, il y a des mesures qui sont passées. Et, en fin de compte, Cheminot ne part plus à 50 ans, réellement.

3:14
Présentateur

Claude, restez avec nous. Je voudrais précisément, Henri Bastos, que vous reveniez sur ce témoignage, mais plus globalement sur votre étude. En fait, la question, il

3:21
Locuteur

y

3:21
Présentateur

a les horaires, mais il y

3:22
Locuteur

a

3:22
Présentateur

la compensation. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup cumulent des emplois ou ont des horaires décalés, mais non plus les compensations qu

3:28
Locuteur

'il

3:28
Présentateur

y avait à l'époque. Alors,

3:29
Invité

là, justement, on rentre un petit peu dans le vif du sujet. Tout à

3:31
Locuteur

l

3:31
Invité

'heure, vous l'avez annoncé. Effectivement, on sait depuis longtemps que les horaires atypiques, ils peuvent amener un certain nombre de conséquences sur la santé, à la fois santé physique, mentale et sociale, et la vie sociale et professionnelle. Et la vie sociale, pardon, et familiale. Donc, oui, ça, on le sait, mais nous, on apporte des éléments d'objectivation de ces données. Donc, on a épluché la littérature scientifique. D'abord, de quoi on parle ? Après,

3:56
Locuteur

on

3:56
Invité

reviendra effectivement sur ce témoignage qui est assez éclairant. De quoi on parle ? Pour nous, les horaires atypiques, c'est une définition bien précise.

4:04
Locuteur

C

4:04
Invité

'est

4:04
Locuteur

4:04
Invité

-dire, si c'est qu

4:04
Locuteur

'ils s

4:04
Invité

'écartent globalement de la semaine un peu standard, du 8 heures par jour sur une amplitude d'horaire entre 8 heures et 19 heures, sur 5 jours par semaine du lundi au vendredi, et puis de 2 jours consécutifs de repos. Les horaires atypiques, ce qu'on définit, nous, dans notre rapport, et en fait, ils ne sont pas définis nulle part dans la réglementation, pour nous, c

4:22
Locuteur

'est

4:22
Invité

les horaires longues. C'est plus de 8 heures par jour ou plus de 40 heures par semaine. Ce sont les horaires décalés. Les horaires décalés, c'est quand vous commencez entre 5 heures et 8 heures, que ce soit du travail infractionné ou pas, ou entre 19 heures et minuit. Et puis, ce sont le travail du week-end,

4:38
Locuteur

c

4:38
Invité

'est-à

4:38
Locuteur

-dire

4:38
Invité

le samedi ou le dimanche, ou alors les deux. Voilà, ça, ce sont les éléments qu'on a pris en compte dans notre rapport. Et effectivement, on montre qu'il y a, pour chaque horaire atypique, à des degrés divers, des effets sur la santé

4:51
Locuteur

psychique,

4:53
Invité

la santé mentale, la santé physique, et puis, effectivement, les considérations d'équilibre vie personnelle, vie professionnelle.

5:00
Locuteur

De l'anxiété, des problèmes de sommeil, de dépression, d'accident.

5:03
Invité

Ça

5:04
Locuteur

qui

5:04
Invité

est compliqué aussi, quand vous êtes commerçant, artisan, et que c'est Noël, vous bossez parce que les autres ont besoin de... Vous le savez, il y

5:10
Locuteur

a

5:10
Invité

quand même aussi un choix délibéré. Absolument, mais alors face justement à ces effets qu'on met en évidence, encore une fois, dans ce rapport, qu'on montre bien qu'il

5:17
Locuteur

y a

5:17
Invité

des atteintes à la santé prévisibles, eh bien nous, ce qu'on dit, c'est que globalement, ce qu'il faut, c'est limiter au maximum le travail en horaire atypique, là où il y en a besoin. Et donc, l'idée, c'est aussi d'amener finalement les employeurs, la société dans son ensemble, à essayer de mesurer l'utilité sociale aussi des horaires atypiques réguliers. Avec des compensations,

5:38
Locuteur

Arthur Chevalier.

5:39
Invité

Pardon de vous contredire, je comprends très bien les conséquences médicales dont vous parlez, mais enfin, ça va exactement au contraire de là où va la société, puisque le nombre de personnes qui cumulent de jobs a doublé en 10 ans, selon l'INSEE. Ça concerne à une majorité écrasante des gens qui

5:52
Locuteur

ont

5:52
Invité

moins de 35 ans, donc évidemment, c'est ceux qui gagnent le moins d'argent. A priori, vu le

5:56
Locuteur

taux

5:56
Invité

de croissance en France et le niveau des salaires, c'est pas parti pour s'améliorer, donc c'est très simple. Je pense que les gens qui cumulent de travail, c'est pas parce que, de toute façon, ils n'ont pas le choix. C'est pour boucler des fins de mois. Et de toute façon, des gens choisiront toujours leur survie économique à leur santé. Ils ont des enfants, ils ont un loyer à payer. Donc, je comprends très bien ce que vous dites, et vous avez raison.

6:14
Présentateur

Mais maintenant, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait ? Voilà, ça.

6:16
Invité

Mais on discute, on met en avant, justement, ces effets sanitaires, ils sont là aussi pour éclairer. Je veux dire, quel que soit, finalement, votre statut d'emploi, on le voit bien, que vous soyez fonctionnaire, que vous soyez artisan, commerçant, agriculteur, que vous soyez salarié du privé ou du public, vous pouvez être concerné par ces formes d'horaires atypiques. Donc, ce qu'il faut, c'est effectivement discuter de ces effets et essayer de les prévenir au maximum et d'avoir...

6:42
Présentateur

Claude, qui témoignait tout à l'heure, disait, oui, mais effectivement, il est parti quand même à la retraite à 50 ans. Ces questions-là ont été prises en compte à une époque. Donc, la question de la retraite anticipée, ça fait partie de votre rapport. Retraite anticipée, suivi médical, reconversion possible, réduction du temps de travail. Il faut aménager le travail ?

7:01
Locuteur

Il

7:02
Invité

faut déjà reconnaître cette forme d'organisation du travail comme un risque professionnel à part entière, comme le travail de nuit.

7:09
Locuteur

Et

7:09
Invité

c'est effectivement des recommandations qu'on donne dans notre rapport,

7:11
Locuteur

c

7:11
Invité

'est-à-dire d'appliquer un certain nombre de dispositions protectrices pour essayer justement d'écarter un certain nombre de personnes des expositions qui peuvent être néfastes pour justement protéger leur santé. Et donc, d'appliquer un certain nombre de dispositions qu'on applique déjà au travail de nuit à ce risque professionnel en horaire atypique.

7:28
Présentateur

Ils sont appliqués ? Vous le dites ? Ces dispositions,

7:31
Locuteur

elles

7:31
Présentateur

sont appliquées ? Elles le sont vraiment ?

7:32
Locuteur

Dans les

7:33
Invité

faits

7:33
Locuteur

?

7:33
Invité

Dans les faits, dans un certain nombre d'entreprises, il y

7:35
Locuteur

a

7:35
Invité

des accords d'entreprises qui permettent effectivement d'avoir un certain nombre de dispositions protectrices. Ce qu'on constate quand même, c'est que dans l'examen qu'on a fait d'un certain nombre d'accords d'entreprises, on a plutôt des compensations pécuniaires. Et donc, quand on a des compensations pécuniaires comme ça, qu'est-ce qui se passe ? Vous ne protégez pas la santé. C'est

7:52
Locuteur

7:52
Invité

-dire que, quand

7:54
Locuteur

on veut en sortir, c'est plus compliqué. Pour le coup, en termes d'horaire, d'aménagement et d'accompagnement. De compensation, de

7:59
Invité

repos, effectivement.

8:01
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Henri Bastas d'avoir fait le point avec nous ce matin. Vous êtes le directeur scientifique de l'ANSES, qui est l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire. Et merci à Claude pour son témoignage.