Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Média· 1 juin 2025 32 min

MAROC, ARABIE SAOUDITE, ÉGYPTE, ÉMIRATS, ETC.. : DES TRAÎTRES AU PEUPLE PALESTINIEN ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247, et d'activer la cloche. C'était le dimanche 25 mai dernier, l'Espagne accueillait une réunion internationale autour de la question palestinienne. Une réunion des représentants européens et arabes du groupe de Madrid s'est tenue ce dimanche dans la capitale espagnole.

Objectif : faire pression sur Israël, tenter de mettre un terme à son offensive sanglante à Gaza et forcer un retour sur les rails de la solution à deux États. Le ministre espagnol des affaires étrangères a lors de sa prise de parole qualifié Gaza de PL ouverte de l'humanité et a souligné que le silence n'était pas une option. Madrid en nuevai del grupo Madrid Plus es par la guerra. parar esta guerra injusta, cruel, inhumana de Israel en Gaza, romper el bloqueo de ayuda humanitaria y avanzar definitivamente hacia la solución de dos estados.

Le ministre a également assuré que le groupe tiendrait compte de la paix et de la sécurité du peuple israélien, tout en soulignant que le peuple palestinien avait le même droit à cette sécurité. Il a également plaidé pour la suspension de l'accord UE Israël si l'État hébreu n'arrête pas son offensive militaire à Gaza. On peut commenter ce sommet en disant que si les grands raous internationaux changaient quelque chose au destin terrible du peuple palestinien, cela se saurait.

Tout comme on peut noter que l'Espagne semble plus offensive en tout cas à première vue et dans la scénographie diplomatique que les grandes monarchies du golf dont le bargaining power le pouvoir de négociation est autrement plus grand. Où sont donc les grands pays arabes alors que Gaza, ses lieux de vie, ses infrastructures et aussi ces hommes, ces femmes, ses enfants sont littéralement détruit par l'armée et le pouvoir israélien. Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar et les autres.

Les dirigeants arabes ont-ils trahi cruellement et au pire des moments le peuple palestinien ? Ce sujet, il sera question dans ce nouvel épisode du monde n'a pas de centre, la chronique internationale de Bertrand Badi et avant de commencer notre discussion, je voudrais vous dire que le média, votre média est en campagne. Objectif obtenir 150000 € en un mois pour lancer la première étape du plan repost dont l'objectif est de répondre sur les réseaux sociaux et sur la TNT francilienne à la furieuse offensive de l'extrême droite qui n'en finit pas de coloniser nos écrans.

Allez sur le médiiaatv.fr /campagne pour agir avec nous. [Musique] Bonjour Bertrand.

Bonjour Théophile. Alors, j'aimerais qu'on prenne le temps aujourd'hui d'évoquer le rapport que les pays arabes entretiennent avec la Palestine et les Palestiniens qui subissent les pires atrocités en ce moment. Le premier génocide filmé en direct.

Que font les monarchies du Golfe, l'Égypte, l'Irak, le Liban, les pays d'Afrique du Nord ? Que peuvent-ils faire ? Que veulent-ils faire ?

Commençons peut-être par les monarchies du golfe. Oui. Alors, les monarchies du golf, d'abord, il faut distinguer, hein.

Il y a en fait une variété de postures. Il y a un cas dominant mais particulier qui est celui de l'Arabie Saoudite. Pourquoi ? parce que l'Arabie Saoudite se caractérise par le fait d'avoir une opinion publique, une société civile et que les sondages montrent que cette société civile et de toutes les sociétés civiles arabes celle qui est la plus proche des Palestiniens et qui considère que un accord dit d'Abraham avec Israël serait une véritable trahison.

C'est la raison pour laquelle MBS Mohamed Ben Salman qui projetait euh de créer ce type de lien avec l'État hébreu a dû finalement y renoncer. Et puis il y a aussi euh euh des euh états ou des micro-états si on prend en compte la dimension territoriale qui eux n'ont pratiquement pas de société civile. L'exemple le plus typique étant euh les Émirats arabes unis qui est essentiellement constitués de main d'œuvre immigrées qui ne sont pas évidemment parties prenantes au conflit.

Il y a Dubaï, il y a Sharja, il y a Umwengen, il y a Fujira, il y a Hman. Bon, il y a un certain Abu Dhabi qui en est la capitale, c'est une Fédération d'émirats qui ne se caractérise pas par une société civile importante et et ni même décisive. Euh ce sont des systèmes traditionnels et c'est ce jeu autonome princi, je dirait euh cet accord entre euh différents euh princes qui différents émires qui constituent cette fédération d'émircine la politique étrangère.

Donc selon des logiques et des canaux qui sont très différents de ce qu'on peut voir en Arabie Saoudite une pression populaire importante et qui fait que le monarque aussi absolutiste soit-il et son prince héritier en l'espèce ne peuvent pas faire vraiment ce qu'ils veulent. Et puis à l'intérieur même de ces différents états du golf, on voit des politiques étrangères qui n'ont pas la même orientation. Un pays comme Oman par exemple a toujours su jouer une diplomatie de l'intermédiation notamment jouant un rôle très important dans la définition ou la régulation des rapports entre l'Iran et les autres pays arabes ou entre l'Iran et les États-Unis, hein.

État mascat capital dem que beaucoup de ces négociations plus ou moins secrètes entre les États-Unis et l'Iran ont pu se tenir. Un émirat comme le Kit qui lui aussi joue une politique d'équilibre et de prudence. Et puis euh le Qatar qui est un autre cas particulier parce que le Qatar que certains politistes américains, États-Unis ont appelé cunning state, c'estàd l'État malin, essae de jouer en même temps de ses ressources propres et de son positionnement géographique et stratégique pour se rendre indispensable, hein.

C'est l'État indispensable et on l'a vu par exemple la négociation pour la libération des otages c'est souvent fait par l'entremise du Qatar ce qui amène le l'état du Qatar à avoir une position prudente de manière à ne fâcher personne de jouer à fond ce rôle de l'intermédiation. Euh nous avons le royaume de Bahlein qui est très particulier parce que dirigé par un monarque sunnite alors que la population est en majorité chite qui en fait un lieu de tension entre euh bien entendu euh l'Iran et les pays arabes et le monarque qui est quelque peu déstabilisé par ce risque de tension qui s'était révélé notamment à l'occasion des printemps arabes. qui conduit Barlein à jouer plutôt la protection de l'Arabie Saoudite et avoir une attitude suiviste.

Et puis enfin, il y a les Éirats arabes Unis dont on a commencé l'énumération de ceux des Émirats qui le composent et qui là a une politique tout à fait différente, c'est-à-dire ce n'est pas une politique de solidarité à l'intérieur du monde arabe, c'est une politique en même temps hégémonique, hein. C'estàd les Émirats arabes unis jouent d'une position de pouvoir et de puissance pour s'imposer dans certains pays en situation de conflit. Par exemple contre les dans la guerre civile yéménite où finalement ils ont été défits où actuellement le rôle très important qui joue à au côté des forces paramilitaires soudanaises, celle dirigée par Hemiti, contre le pouvoir en place du général Boran.

C'est-à-dire, on voit que dans à peu près tous les conflits, les Émirats abunis sont présents ne serait-ce que pour pouvoir bénéficier de ce rayonnement stratégique. Et puis aussi euh il y a le grand problème de ce cette zone franche de Dubaï qui devient un peu le nœud de tous les échanges pour pas dire de tous les trafics. Et donc souvent les Émirats arabes unis ont été gratifiés du titre peu enviable d'État mafieux parce que c'est un lieu de tractation de transaction commerciale plus ou moins douteuse de complaisance et de compromission.

Voilà. Alors, ça va par exemple du recyclage de l'or que Wagner a pu accaparer notamment au Soudan, les diamants accapar en Centrafrique, mais aussi le recyclage du pétrole russe qui ne peut pas être vendu sur officiellement sur le marché officiel de l'énergie. Ça inclut également tout un tas d'échanges absolument douteux, mais en même temps, les Émirats Arabes Unis construisent comme je dirais l'acteur indispensable à peu près tout le monde, pas sur le mode Qatar pour réaliser des médiations, il y a très peu de médiations qui sont aux Émirats arabes unis, mais pour rendre tout un tas de services dont l'addition leur permet d'accumuler pas mal de ressources.

Il y a une base militaire française aux Émirats arabes unis. En même temps, on sait que les Émirats arabes unis directement ou indirectement participe à l'effort de guerre de certains groupes djihadistes dans le Sahel. Bon, tout ça fait que on ne s'y retrouve pas très clairement et vient corroborer la thèse que j'ai eu l'occasion ici de développer, à savoir que les alliances claires et fidèles d'autrefois sont de plus en plus remplacés par des effets d'obè où l'acteur essae en changeant de partenaire tous les jours ou toutes les semaines de retirer le maximum d'avantage et d'efficacité de son positionnement diplomatique.

Et ça, il faut dire que les Émirats arabes unis sont très forts de ce point de vue là. Ça les a conduit comme Bahrain à signer des accords d'Abraham avec Israël alors que ni le Kit, ni le Qatar, ni Oman ni l'Arabie Saoudite n'ont procédé à ce type d'accord. Alors euh je voudrais qu'on revienne sur euh l'Arabie Saoudite parce que il y a quand même une évolution du rapport que la l'Arabie Saoudite entretient avec les Palestiniens.

On se rappelle qu'historiquement c'est quand même un combat phare, un combat identitaire pour la la pour l'Arabie Saoudite. Mais euh certains analystes disent que l'émergence de MBS Mohamed Ben Salman a aussi signé une forme de retrait de retrait en tout cas émotionnel de retrait euh affectif politico-affectif. pour la Palestine.

Est-ce que c'est une bonne analyse ? Bah, c'est partiellement euh vrai. Euh ceci dit, c'est beaucoup plus compliqué que ça.

Si on veut prendre en compte l'Arabie Saoudite, il faut savoir que après l'affaiblissement de l'Égypte, l'affaiblissement diplomatique de l'Égypte sur la scène internationale après la chute de la dynastie Assad, je dirais même dès les effets du printemps arabe sur la Syrie, après la chute de Saddam Hussein, l'Arabie Saoudite restait le seul état du monde arabe à pouvoir prétendre rendre au statut de puissance régionale. Et ça ça a été l'idée autant du roi Fad que du roi Abdallah et que de Mohamed Ben Salman aujourd'hui. C'est vraiment une quête d'une puissance régionale qui ne trouve sur son chemin que deux adversaires qui ne sont pas arabes, l'Iran et la Turquie qui l'un et l'autre visent ce statut de puissance régionale. ce qui a provoqué en Arabie Saoudite et particulièrement chez le prince héritier Mohammed Ben Salman qui a été très actif dans cette quête, une dans un premier temps une réaction très fortement anti-iranne, c'est une période de très forte tension entre l'Iran et l'Arabie Saoudite que l'on a mal analysé en disant c'est les chites contre les Sunites.

Non, ça ça veut pas dire grand-chose. On exagère ce clivage. tout simplement la rivalité entre une puissance régionale arabe et une puissance régionale non arabe pour le contrôle du grand Moyen-Orient.

Ça ça a été un paramètre important et l'Arabie Saoudite a peu à peu découvert que cette antinomie avec l'Iran ne lui rapportait pas grand-chose. D'abord lorsqu'il y a eu une attaque de l'Iran sur des positions saoudiennes, on s'est aperçu que l'Arabie Saoudite était pas capable de répliquer et que donc dans un affrontement dual de cette nature, elle avait tout à perdre. Et euh du coup cet affrontement dur avec l'Iran qui rapprochait l'Arabie Saoudite d'Israël euh étant terminé aujourd'hui euh Riad souhait et la vive en quelque sorte.

C'estàd on s'aperçoit que finalement l'Arabie Saoudite n'est pas cette alliée que recherche Netaniau et que recherchaient déjà ses prédécesseurs pour combattre le régime iranien. Et puis euh Mohamed Ben Salman, il a assez rationnellement cédé à la tentation que je décrivais tout à l'heure, c'est-à-dire celle du multialignement. Euh l'Arabie Saoudite a été créée, enfin créé oui par la dynastie Eben Seoud en s'appuyant sur le leader ce qui va devenir le salafisme Abd Wahab.

Mais surtout l'Arabie Saoudite s'est véritablement imposé sur la scène internationale comme étant l'allié et en fait le petit frère des États-Unis. C'est le fameux pacte du Kins le 14 février 1945 lorsque Roosevelt et Eben Seoud ont conclu une sorte d'alliance qui jusqu'à il y a quelques années était totalement déterminante de la politique étrangère saoudienne. Et donc Mohamed Ben Salman qui a une un vrai projet et un vrai goût de puissance et de rayonnement s'apercevant que la confrontation avec Cirant ne lui apportait rien, a considéré qu'il valait mieux trouver le maximum de ressources diplomatiques en passant des alliances avec tout le monde.

Il s'est rapproché de Poutine notamment sur le plan pétrolier où il y a une vraie conivance entre les deux hommes dans la fixation du prix du pétrole. Il s'est rapproché de Tijingping qu'il est allé chercher pour être médiateur avec l'Iran. Il s'est donc rapproché de l'Iran et il est en train aussi de se réconcilier que la Turquie qu'il aimait pas beaucoup pour les raisons que j'ai dit tout à l'heure de DGonie régionale.

Et de même, il était en situation de très vive tension avec le Qatar à un moment même c'était la rupture, on croyait même qu'il allait avoir une guerre et ça c'est terminé. Donc il joue maintenant de ce multialignement pour essayer de capitaliser le maximum de soutien. ce qui déçoit Israël, ce qui effectivement bloque euh la conclusion d'un accord d'Abraham.

Si c'était le cas et bien tous ces pays, notamment l'Iran, lui tournerait le dos et également le Qatar et surtout il est obligé de tenir compte d'une opinion publique qui est très favorable à la Palestine. Donc on est en tout moment dans un jeu qui est en même temps un jeu d'équilibrisme qui lui apporte pas mal de ressources mais qui d'un certain point de vue paralyse ses choix diplomatiques fondamentaux. Alors euh il y a quelques décennies, on aurait parlé on aurait fait le tour de ces pays du monde arabe et le rapport avec la Palestine.

On aurait parlé de grands pays arabes historique comme l'Égypte, l'Irak, la Syrie. Et en fait, ils ont le fait même de parler à ce point des des monarchies du golf et des microétats euh qui ou bien des fédérations de microétat qui constituent partiellement ces pays arabes du golf, ça montre quand même quelque chose, une évolution. Ça montre quelque part que les grands pays arabes dans la tradition du panarraabisme sont tombés.

Oui. Alors, il y a plusieurs éléments comme toujours, hein. D'abord, il faut voir que dans un système mondialisé, dans une économie globalisée, évidemment l'ensemble de la péninsule arabique a un avantage considérable, c'est la détention de ressources pétrolières, ce qui est quasiment nul en ce qui concerne la Syrie, extrêmement faible en ce qui concerne l'Égypte.

Plus important l'Irak, l'Irak est un pays producteur de pétrole. Mais enfin, on sait ce qu'a l'histoire de l'Irak depuis la guerre du golfe de 1991 et on comprend bien que l'Irak ne peut plus jouer ce rôle que dont rêvait Saddam Hussein. Et avant Saddam Hussein, le maréchal AF et avant même Krassem qui était arrivé au pouvoir en renversant la monarchie iraakienne en 1958.

Donc ça c'est terminé de toute façon et il y a déjà un leadership par défaut et par défaut je dirais lié à l'extinction de tous ces états. Il y a ensuite une hégémonie par ressource, c'est la ressource pétrolière et il y a enfin une hégémonie par capacité, cette capacité de développer des partenariats avec à peu près tout le monde et se rendre indispensable. Le lorsque on a amorcé une négociation entre la Russie et l'Ukraine, on a voulu passer par Jedda, il y avait deux candidats pour accueillir une médiation, la Turquie et l'Arabie Saoudite et on en est euh toujours là.

Donc effectivement, on voit qu'en mêlant les arguments par défaut, les arguments par ressource et euh je dirais euh les arguments par euh habileté euh manœuvrière, euh l'Arabie Saoudite est toute première et le Qatar également. Euh les Émirats arabes unis sont davantage englués dans un d'abord dans un jeu commercial un petit peu douteux et d'autre part euh comme je disais tout à l'heure en s'impliquant dans des accords d'Abraham qui a eu tendance un peu à les marginaliser au moins dans l'opinion publique arabe. Alors, est-ce que la guerre politico-religieuse, si je peux dire, entre les frères musulmans, les fameux frères musulmans dont on parle et on reparle en France à tort et à travers et les wahabites, par exemple, est une clé d'explication euh de de cette ambivalence vis-à-vis de la Palestine.

Une ambivalence relative, mais une ambivalence quand même. Oui et non. Et d'ailleurs, c'est ça moi qui me met mal à l'aise, c'est cette façon de se précipiter sur des catégories toutes faites alors qu'elles sont infiniment plus complexe, souple et mobile qu'on le dit.

D'abord, les mouvements, le mouvement des frères musulmans a très peu pénétré l'espace de la péninsule arabique. Pourquoi ? parce que l'Arabie Saoudite principale de ces états est wahabite.

Le wahabite s'est banalisé dans le salafisme et le salafisme c'est considéré comme menacé par la compétition des frères musulmans. Donc les frères musulmans sont un peu présents au Qatar mais de manière ambigue parce que le mouvement est officiellement interdit même au Qatar là où pourtant il y a des chefs des frères musulmans et où il y a une implantation et je dirais même par défi de doa vis-à-vis de Riad toujours eu une petite tendance à préférer alisam les frères musulmans au au salafist Mais c'est pas une présence si importante que ça hein. Par ailleurs, le les frères musulmans, c'est un mouvement qui a été créé en 1928, c'estàd presque 100 ans.

Et en 100 ans, il s'est diversifié en tendances différentes, il a muté. Donc les choses sont infiniment plus complexes qu'on le dit. Et d'autre part, mais ça ça nous ramène même à la chronique française.

Arrêtons de considérer que les idéologies sont euxfiées et sont des acteurs de l'histoire. Les idéologies, elles sont d'abord instrumentalisées. C'est un costume, l'idéologie c'est un costume que l'on porte pour s'afficher, mais ensuite que l'on va retailler en fonction de ses propres besoins et de ses propres orientations.

Et on l'a bien vu par exemple dans le cadre de la révolution égyptienne, c'està-dire de Maidan, Tahrir 2011 et suivante, comment les frères musulmans renvoyaient à des tendances extrêmement différentes et qui s'opposaient au salafis qui était également une autre tendance. Donc arrêtons de diaboliser, de pointer du doigt. Tout ça est beaucoup plus compliqué que les influenceurs ne nous l'expliquent que sur les réseaux sociaux.

Les influenceurs, j'aime bien l'expression. Euh est-ce que d'une certaine manière on peut dire que le Qatar c'est le meilleur ami tout de même des Palestiniens notamment parce que le Qatar est finalement le seul pays qui a réussi à se poser en puissance médiatique arabe et et c'est Al Jazzira qui humanise le plus les Palestiniens. Si on voit si on fait le bilan sur les réseaux sociaux sur les télévisions par satellite de d'Al Jazzira, on montre quand même que c'est la mauvaise conscience de l'humanité.

Est-ce que finalement c'est pas le Qatar que certains appelaient une époque le vilain petit Qatar qui est le meilleur ami des Palestiniens aujourd'hui ? Alors tout à l'heure, je disais que on employait pour désigner catégoriser le Qatar l'expression anglaise américaine au demeurant de Kunningste d'État malin. Pourquoi est-ce un état malin ? parce que c'est un état qui est et a toujours été bien avec à peu près tout le monde.

C'est-à-dire il y a une alliance stratégique entre le Qatar et les États-Unis. Il y a une base américaine au Qatar. Il y a une excellence des relations entre le Qatar et l'Europe en général et la France en particulier, hein.

Et on sait que notamment Nicolas Sarkozi, il était extrêmement attaché. Euh il y a jamais eu de tension vive entre le Qatar et l'Iran, contrairement à Bahle et à l'Arabie Saoudite comme je le disais tout à l'heure. Euh et euh le Qatar fait de cette invention du multialignement à sa manière, la marque de sa diplomatie.

Donc tout le monde va au Qatar. Tout le monde profite du Qatar. Pour euh euh les responsables occidentaux, c'est un pays qui est considéré comme fréquentable parce que c'est une monarchie traditionnel conservatrice qui n'est pas trop euh et en même temps modernisante, qui euh emploie bien euh des recettes occidentales pour faire fonctionner et son économie et euh je dirais sa vie sociale.

Et donc il y a bien entendu eu quelques manièr de pointer du doigt certaines activités au Qatar mais en gros non seulement le Qatar est accepté par tout le monde mais rend service à tout le monde. Donc il a un positionnement idéal pour être la plaque tournante et pour être le siège des négociations. Mais mais il joue bien parce que effectivement c'est lui qui porte la parole palestinienne.

Oui. Enfin en tout cas c'est c'est son c'est son c'est son comment dire c'est son dispositif médiatique. Alors il y a Aljazira enfin Aljazira même si c'est une chaîne Qatarie ce n'est pas l'état du Qatarin.

Algézira ces quantités de journalistes qui sont pas tous s en faux des Qataris qui ont qui ont majoritairement pas Qatarie d'ailleurs. Bah exactement et qui ont leur indépendance d'esprit, leur socialisation propre. On n'est pas assez attentif à l'histoire du journalisme dans le monde arabe qui renvoie une très grande diversité de sources d'origine, de socialisation.

Tout ça ne superpose pas à l'État Qatarie. Il faut bien avoir ça en tête. De même effectivement le Qatar rassure en Palestine parce que il il héberge les dirigeants palestiniens, compris la branche politique du Hamas qui a son siège au Qatar parce que effectivement c'est un médiateur utile parce queil n'a jamais malmené la Palestine.

Comme il joue ce rôle très actif dans la diplomatie, personne ne peut l'accuser d'indifférence. Alors que euh l'indifférence est la marque favorite de la plupart, non seulement des diplomaties arabes, mais je dirais des diplomaties dans le monde, hein, qu'elle soit occidentale, russe ou je ne sais ou indienne. Vois donc euh euh le Qatar est très impliqué et en étant très impliqué, bah suscite effectivement une certaine sympathie.

Dire que le Qatar est le meilleur ami euh de la Palestine, ça me paraît peut-être un peu facile. Alors, est-ce que euh on peut parler des pays d'Afrique du Nord où ils ont complètement disparu du Kim par rapport au conflits palestinien ? Oui.

Alors, le Maroc a signé les accords d'Abraham. Euh le Maroc s'est satisfait de ces accords qui directement ou indirectement lui ont valu de gagner euh le Sahara. Donc le Maroc, ça a été un peu euh je te laisse les Palestiniens et tu me donnes les Saraou.

Le traître, bah j'ai pas employé ça, c'est toi qui l'emploie hein avec un point d'interrogation. Mais mais en tous les cas euh c'est vrai que ça les marginalise beaucoup par rapport à la question palestinienne. Euh la Tunisie a été au contraire très impliquée, ne serait-ce que parce que c'est Tunis qui avait accueilli l'OLP lorsqu'elle a été virée du Liban en 1982.

Euh et puis euh tous les présidents pour des raisons très différentes et euh cet étrange président actuel euh euh semble aussi assez euh impliqué affectivement euh dans euh la défense de la cause palestinienne. Le grand pays qui lui n'a jamais varié dans ses professions de foi explicit proalestinienne, c'est l'Algérie. Alors, on pourrait dire les mauvaises langues diraient bah c'est pour prendre le contrepied du Maroc.

C'est peut-être pas tout à fait faux, mais je pense qu'il y a une continuité entre la révolution algérienne et la révolution palestinienne. C'est-à-dire finalement l'Algérie et la Palestine sont les deux pays qui ont vécu une révolution de décolonisation qui est loin d'être terminé hélas pour la Palestine, qui s'est achevé en 1962 pour l'Algérie. Mais ça crée une solidarité de sensibilité et je dirais aussi d'idéologie.

C'est-à-dire ce mélange de nationalisme euh trompé et contrarié par l'humiliation, par la souffrance, par la douleur et par le besoin de et par la colère, je dirais le besoin de dénoncer le l'oppresseur. Et donc il y a une sensibilité commune très forte. Alors on a pas parlé d'Égypte.

L'Égypte alors leou qui n'est pas le Maghreb mais le mashr. quand l'Égypte est sorti euh a a plutôt passé un accord euh avec euh Israël qui a été un véritable traité de paix, euh le conflit israélo-palestinien qui était jusque-là un conflit israélo-arabe est devenu tout simplement un conflit israélo-palestinien. C'est-à-dire que le jour des accords de Candvid, on a vu effectivement que euh le euh le conflit euh palestinien appartenait à un univers bilatéral l'opposant à Israël et non plus à une cause partagée par l'ensemble du monde arabe.

À partir du moment où un sadate à l'époque, nous sommes en 1979, a fait ce choix, effectivement il a pu obtenir beaucoup d'avantages en retour, l'appui et le financement par les États-Unis, la paix, la restitution du Sinaï, bien des choses de cette nature, mais il a perdu toute chance un d'exercer un leadership à l'intérieur du monde arabe. C'est ce que je disais tout à l'heure, et de de pouvoir véritablement jouer un rôle actif dans la solution de ce conflit. Et et ça c'est le grand paradoxe parce que l'Égypte c'est quand même le voisin direct, on le voit avec Gaza, parce que l'Égypte c'est un grand pays de par son poids démographique, de par sa position stratégique mais on voit bien qu'il n'y a plus de diplomatie égyptienne en la matière, des tentatives de jouer des médiations notamment pour la libération des otages mais qui se révèlent finalement moins déterminante que celle du petit Qatar.

Merci Bertrand Badi et merci à vous d'avoir regardé cette édition du monde n'a pas de centre. On le répète, le média est en campagne pour financer sa montée en puissance sur les réseaux sociaux et auprès des nouvelles générations et aussi pour se donner les moyens de postuler d'ici le 20 juin à une fréquence TNT en Île-de-France afin de toucher un bassin de 12 millions d'habitants. Rendez-vous sur lemediatv.fr/campagne.

Restez connecté au médiia. [Musique]