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interviewEurope 1 — La Grande interview· 10 juillet 2026 3 min

2027 : «Je suis convaincu que le prochain président élu n’aura pas de majorité à l’Assemblée nationale», estime Jérôme Guedj

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

On va parler de la laïcité, vous venez de vous voir confier une mission sur la laïcité. Je voudrais qu'on évoque un dernier nom concernant ceux qui se préparent pour la présidentielle à gauche. Il y a François Hollande qui semble se préparer, vous le souhaitez ?

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Jérôme Guedj

En tous les cas, un ancien président de la République, il a forcément des choses à dire dans une élection présidentielle. Il a fait le choix de revenir au premier plan, il est assis juste derrière moi dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, et donc d'une manière ou d'une autre, sa voix sera utile dans le débat. Mais encore une fois... Mais de quelle manière vous le souhaitez ? C'est à lui qu'il faut poser la question de savoir s'il veut être candidat. J'ai lu il y a plusieurs mois, il disait qu'il se préparait. Mais moi je considère que c'est une préparation qui doit être une préparation collective.

C'est la bataille des idées, la bataille du projet sur la ligne politique que je vous ai décrite tout à l'heure, qui est celle de pouvoir incarner, encore une fois, ces convictions fermes. Dans ce pays, vous savez, moi je vais vous dire, je suis nostalgique du clivage entre la droite républicaine et la gauche républicaine. Ce clivage a été grand remplacé, pardonnez-moi le jeu de mots, par un clivage entre l'extrême droite et la gauche radicale. Et ce remplacement a pu s'opérer parce que et la droite républicaine et la gauche républicaine, à un moment donné on ne comprenait plus ce qu'elles disaient. Elles n'étaient pas audibles. Elles n'étaient pas tranchées dans les positions.

Et surtout, elles ne parvenaient pas, c'est le problème pour la droite, c'est le problème pour M. Retailleau, comme c'est le problème pour la gauche que j'incarne, pour certains, d'être soumis au qu'en dira-t-on ? Non mais je vous le dis, en effet, à la petite musique que d'un côté le RN imprimé et de l'autre côté la gauche radicale. Il faut être soi-même dans cette période. Et être soi-même, c'est aussi être capable de dire que dans la période, personne ne pourra avoir raison tout seul. Voyez-vous, moi je suis convaincu que le prochain président élu, il n'aura probablement pas de majorité à l'Assemblée nationale.

Parce que la tripartition, voire la quadripartition de la vie politique française, elle ne va pas disparaître sur un claquement de doigts du fait de l'élection présidentielle. Notamment dans l'hypothèse que je souhaite que Marine Le Pen ne gagne pas l'élection présidentielle et que le candidat qui aura été élu face à elle, je souhaite que ce soit un candidat de la gauche républicaine, l'aura été immanquablement dans le cadre de ce qui s'apparentera à un front républicain.

Et ce candidat-là, en tous les cas, moi je prends cet engagement, si je suis élu, c'est de ne pas reproduire l'erreur d'Emmanuel Macron, qui après avoir été élu en 2022, a dit « J'ai compris le message que vous m'adressez, votre vote m'oblige », mais qui dès le lendemain a appliqué son programme comme si de rien n'était, et comme il n'avait pas de majorité à l'Assemblée, l'a fait à coup de 49-3. Moi, je défends une forme de nuance en politique qui ne nie pas le réel, qui part des convictions, mais qui essaye de construire des compromis. Et dans ce pays, on va parler dans un instant de la laïcité, il y a plusieurs sujets sur lesquels nous devons pouvoir être capables de nous mettre d'accord.

Alors on va me dire immédiatement « Mais Gage, il veut faire un compromis par-dessus tout ». Après, c'est le principe de réglé. Vous savez, moi, à l'Assemblée nationale, l'année dernière, j'ai bataillé pour, en effet, pouvoir voter un budget et ne pas provoquer une crise institutionnelle, financière, budgétaire dans le pays. Donc moi, je prends mes responsabilités d'être capable de discuter avec les gens avec lesquels je ne suis pas d'accord. Voilà, nos concitoyens ne supportent plus cette espèce de vision où chacun dans son couloir pense avoir raison tout seul. Et à la fin, c'est le discours de l'impuissance, c'est l'inertie.

On n'apporte pas des réponses et ça alimente la machine à frustration.