Quand Bayrou ment pour plaire à Le Pen : les archives qui le démasquent
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 33 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
Répétez après notre bon pape, pardon, notre bon Premier ministre François, deux points, ouvrez les guillemets, les insoumis sont méchants, très méchants, avec leurs gentils camarades du Rassemblement National, vous y parvenez, c'est dur, et bien pensez que j'ai été obligé de regarder l'intégralité du discours de politique générale du Béarnais, et faites un petit effort.
- 0:42OuverteÉludée
François Bayrou au micro de la tribune de l'Assemblée Nationale, un discours très attendu, notamment sur la question des retraites.
- 14:47FerméeRéponse directe
Le journal Libération révèle ce soir qu'il y a quelques mois, vous auriez dîné avec Marine Le Pen. Est-ce que vous confirmez cette information ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:16InvitéFait
« Se saisir de tous les sujets du pays pour en faire des sujets de conflit, ça peut servir une volonté politique ou électorale. »
- 3:32InvitéFait
« Je pense qu'il y a suffisamment dans le monde de puissances qui espèrent que la France s'affaiblisse et s'efface pour que nous ne leur servions pas nos divisions comme un atout pour cette prise de contrôle. »
- 5:37InvitéFait
« je n'ai pas approuvé qu'une partie des élus de cette Assemblée soit ostracisée et qu'on refuse de leur donner des places dans les instances de nos assemblées. »
- 14:54InvitéFait
« Nous avons dîné parce qu'on se connaît peu et on a dîné et on a constaté à l'occasion du dîner qui était un dîner cordial, que nous avions des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets. »
- 15:12InvitéFait
« Marine Le Pen fait plus de 30% à l'élection présidentielle. Ça ne me dérange pas de dîner avec elle. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Invité22 %
- Invité 25 %
- Invité 34 %
- Invité 44 %
- Invité 52 %
- Invité 62 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Répétez après notre bon pape, pardon, notre bon Premier ministre François, deux points, ouvrez les guillemets, les insoumis sont méchants, très méchants, avec leurs gentils camarades du Rassemblement National, vous y parvenez, c'est dur, et bien pensez que j'ai été obligé de regarder l'intégralité du discours de politique générale du Béarnais, et faites un petit effort. Vous regardez un nouvel épisode de la VAR politique, et aujourd'hui nous allons débunker les fausses traditions républicaines qui n'ont jamais existé, et que l'on nous vend 2025 comme des évidences.
Ce qui va nous permettre de démontrer à quel point notre chef de gouvernement donne tout pour ne pas déplaire à Marine Le Pen son assurance vie. C'est parti.
François Bayrou au micro de la tribune de l'Assemblée Nationale, un discours très attendu, notamment sur la question des retraites.
Et oui, c'est parti pour un discours fleuve d'une heure et demie, dont on peut retenir que le Premier ministre a, comment dire, mélangé les choux et les carottes, pour dire du mal de parcours sup.
L'obligation d'orientation précoce les perturbe et les met en danger. Les enfants ne sont pas comme les poireaux, ils poussent pas tous à la même vitesse.
Mouais, le Premier ministre a non seulement mélangé les choux et les carottes, mais aussi ses fiches, lors d'un grand moment de solitude. Heureusement, François Bayrou a trouvé une bonne excuse.
Je suis là. Peu de mélange dans mes pages. Dans ce nouveau monde, c'est parce que je suis un néophyte. Et donc, je suis bien obligé d'apprendre ce métier.
Le néophyte s'est aussi payé une bonne tranche de Panot, de Mathilde Panot, la chef des députés insoumis, à qui le Premier ministre néophyte a répondu en faisant preuve d'une ironie mordante.
Madame Panot, d'abord, je veux rendre hommage à votre sens de la nuance. Je veux vous remercier de la modération de vos propos. On en a besoin dans les temps qui courent par les temps qui courent.
Ok, ça joue comme on dit en football. Après tout, ces antiphrases formulées par Bayrou, que l'on vient d'entendre, sont un classique en politique, même pour un Premier ministre néophyte. Vous l'avez compris, il s'agit d'une figure de style pour dire le contraire de ce que l'on pense de son adversaire, en faisant semblant de le complimenter. Pour en habituer des joutes partisanes, donc pas un néophyte, puisque François Bayrou est engagé en politique depuis les années 80-80. La blague a d'ailleurs bien fonctionné auprès de ses fanzous. Mais après ce tacle à la régulière, Bayrou a pris panneau par le col pour lui reprocher de faire le jeu de puissances étrangères.
Une accusation, vous allez le voir, à la limite du complotisme.
Se saisir de tous les sujets du pays pour en faire des sujets de conflit, ça peut servir une volonté politique ou électorale. Mais ce que nous croyons, et ce que je crois, c'est que ça ne sert pas le pays. Je pense qu'il y a suffisamment dans le monde de puissances qui espèrent que la France s'affaiblisse et s'efface pour que nous ne leur servions pas nos divisions comme un atout pour cette prise de contrôle.
Alors là, le Premier ministre flirte carrément avec la théorie conspirationniste dite du parti de l'étranger. Selon lui, la conflictualisation de tous les sujets, ce qu'assume de faire la France insoumise, profiterait à on ne sait pas vraiment qui, puisque Bayrou ne les nomme pas ces puissances qui voudraient nous contrôler. Et pour conclure sa réponse à Mathilde Panot, François Bayrou a fait mine de quitter ses habits de Premier ministre pour soi-disant enfiler ceux de simples observateurs de la vie publique. Et porté par un élan de modestie qu'on ne lui connaissait pas jusqu'à présent, le citoyen Bayrou a fait la leçon au député de gauche qu'il a jugé trop sectaire.
Trop sectaire car ses députés, souvenez-vous, en juillet dernier, ont osé refuser de serrer la main de leurs collègues du Rassemblement national lors du vote pour désigner le ou la présidente de l'Assemblée. Ces images avaient d'ailleurs tourné en boucle sur les chaînes info, mais à l'époque, ce qu'il faut bien appeler le « chifoumi-gate », autrement dit, le scandale du « pierre-feuille-ciseaux » n'avait pas fait rire tout le monde sur les plateaux. Loin s'en faut.
Voilà, au lieu de se tuer à la main, il fait un « chifoumi », « Philippe-Mont-Chauvelet », on est à la maternelle, là ? Oui, c'est pas parti pour redorer l'image des députés et les filles dans l'opinion, c'est sûr, c'est pas très mature de faire ça non plus, c'est pas très respectueux, c'est pas très républicain.
Prendre la défense d'une extrême droite outragée, d'une extrême droite martyrisée, d'une extrême droite brisée, il fallait oser, mais Bayrou l'a fait.
Je n'ai pas approuvé qu'une partie, je n'ai pas approuvé à titre d'observateur et de citoyen et de militant, je n'ai pas approuvé qu'une partie des élus de cette Assemblée soit ostracisée et qu'on refuse de leur donner des places dans les instances de nos assemblées. À titre personnel, comme observateur, je ne suis pas parlementaire, je l'ai été, mais je me suis toujours battu, je me suis toujours battu pour que les... pour que... je me suis toujours battu, je me suis toujours battu pour que tous les élus soient considérés à égalité de dignité et qu'on ne refuse pas de serrer la main des uns et qu'on ne refuse pas la promotion aux responsabilités des autres.
Il ne manque à la séquence que l'on vient de voir qu'un plan d'écoute sur la ministre de la Transition écologique du gouvernement Bayrou. Je veux bien sûr parler d'Agnès Pannier-Runacher qui, elle aussi, avait refusé de serrer la main tendue par l'extrême droite, histoire de rappeler que François Bayrou a finalement fait entrer le sectarisme dans son propre gouvernement. Cette complainte du Premier ministre, déguisé en simple citoyen désireux de voir le Rassemblement National normalisé en étant considéré comme un parti politique comme les autres, cette complainte ressemble tout de même beaucoup aux complaintes entendues en juillet sur l'antenne de CNews. Une ressemblance assez troublante.
Regardez.
Il n'est pas à prouver qu'une partie des élus de cette Assemblée soit ostracisée, l'ostracisme dont est victime le Rassemblement National, et qu'on ne refuse pas de serrer la main des uns. Jamais il ne serait venu à l'esprit de passer à la main et qu'il se tend. Que tous les élus soient considérés à égalité de dignité. Sur le plan purement de l'humanité, de la considération de l'être humain qui est en face de vous. En fait, c'est un comportement qui est inhumain. On ne refuse pas de serrer la main des uns. Je ne te serre pas la main, je ne te respecte pas. Tu es un sous-député pour moi et je ne te donnerai pas un poste. Et qu'on ne refuse pas la promotion aux responsabilités des autres.
N'avoir aucun poste à responsabilité au sein de l'Assemblée Nationale, c'est tout simplement un déni de démocratie. Qu'on refuse de leur donner des places dans les instances de nos assemblées. Ça fait partie du règlement de l'Assemblée que de respecter quand même les sensibilités politiques. J'avais assez bien illustré ce que je dénonçais dans mon discours, c'est-à-dire de la stratégie de conflictualisation sur tous les sujets. On théorise la conflictualité et la brutalité en politique, on arrive à ça. On ne refuse pas de serrer la main des uns. Que des élus de la République ne veuillent pas serrer la main par pure courtoisie, par pure civilité. Par éthorie républicaine ?
Le comportement normal de courtoisie républicaine. Ça s'appelle l'éducation déjà. Et la courtoisie républicaine ?
Alors, cette soi-disant tradition républicaine de serrer la main du Benjamin ou de la Benjamine de l'Assemblée, chargée de superviser le scrutin, on en parlait déjà en 2012, quand Marion Maréchal-Le Pen, députée FN à 22 ans, Benjamine de l'Assemblée, n'avait pas été saluée par tous les députés.
Marion Maréchal-Le Pen était bien à la tribune, mais assise de l'autre côté. Elle a joué le rôle d'assesseur, regardez, lors du vote de président de l'Assemblée. La tradition veut que le doyen préside la séance, mais les six plus jeunes députés sont, eux, secrétaires de séance. Et tout le monde ne lui a pas serré la main comme le veut normalement la tradition. C'était aussi une première.
Tout le monde ne lui a pas serré la main comme le veut la tradition ? Mais que ce soit en 2012 ou en 2024, de quelle tradition parle-t-on exactement ? Car si l'on regarde d'autres scrutins, en présence ou non de députés d'extrême droite chargés de recueillir les suffrages de leurs collègues, on s'aperçoit vite que le serrage de main des députés Benjamin n'a vraiment, mais alors vraiment rien de systématique. Regardons par exemple ces archives du vote pour le perchoir organisé en juin 2017. On voit que Yael Broun-Pivet ne sert pas la main du Benjamin de l'Assemblée, le député Front National Ludovic Pajot.
Et elle n'est pas la seule, d'ailleurs, à ne pas tendre la main, comme on peut le voir sur ces images du scrutin. Mais d'autres députés, eux, optent pour une poignée de main. En juin 2012, le jeune député UMP, Gérald Darmanin, officie comme Benjamin de l'Assemblée Nationale. Et on voit que, là aussi, sur les images, le serrage de main est loin d'être systématique. Claude Barthelonne, futur président socialiste de l'Assemblée, choisit, lui, tout de même, de serrer la main du jeune Darmanin.
Et sur des images plus anciennes, diffusées dans les JT, entre 1981 et 2002, donc sur une période d'une vingtaine d'années, on constate aussi l'absence de cette soi-disante tradition de la poignée de main républicaine. Mais revenons un instant en juin 2012. À cette époque, les médias s'intéressent particulièrement à l'attitude de Jean-François Copé. Le comportement du député maire UMP de Maud est décrit par les journalistes comme franchement hostile à l'égard de Marion Maréchal-Le Pen et aussi hostile à l'égard du député Gilbert Collard, élu sous l'étiquette du Rassemblement Bleu Marine. Regardez ses archives.
Une secrétaire de séance étiquetée Front National du jamais vu. Tous obligés de la croiser. Certains, comme Henri Hainaut, la saluent cordialement. D'autres, comme Jean-François Copé, l'ignorent ostensiblement. Jean-François Copé, comme de très nombreux députés aujourd'hui, a choisi d'ignorer Marion Maréchal... Jean-François Copé, que l'ordre alphabétique a déjà placé tout en haut dans l'hémicycle, à côté de Gilbert Collard. Jean-François Copé, siégeant aux côtés du seul député qu'il voulait éviter, Gilbert Collard, apparenté FN.
Et ce qui est d'autant plus intéressant avec Jean-François Copé, c'est que dix ans plus tard, en juin 2022, il se retrouve à devoir expliquer à François Bayrou, qui en doute que le Rassemblement National est bel et bien un parti d'extrême droite. Regardez cette petite leçon de science politique donnée par Jean-François Copé à François Bayrou, il y a tout juste deux ans et demi. Regardez-la bien en ayant en tête qu'aujourd'hui, non seulement Bayrou n'ose plus dire que le FN est extrême droite, et comme si cela ne suffisait pas, François Bayrou donne des leçons de morale à la gauche afin que les représentants du RN soient impérativement salués par une chaude poignée de main.
C'est assez vertigineux.
Ce n'est pas vrai qu'il n'y ait qu'une gauche. Il y en a au moins trois. Ce n'est pas vrai qu'il n'y ait qu'une droite. Vous n'êtes pas du même... Ce n'est pas la droite. Monsieur Ballard, c'est l'extrême droite. Non, non. Je ne sais pas si ça s'appelle extrême droite. Vous n'êtes pas sûr que c'est l'extrême droite ? Il y a des forces. Des patriotes, souverainistes, nationaux. C'est la meilleure de l'année. Vous faites une concession extrême droite. Non, je ne fais aucune concession.
Ce que j'appelle extrême droite. En mai 2002, au soir de l'écrasante victoire de Jacques Chirac sur Jean-Marie Le Pen, regardez comment sa fille, Marine, se fait snobber par quasiment toutes les personnalités politiques qu'elle croise dans les coulisses de la soirée électorale au siège de France Télévisions où personne, absolument personne, ne veut la saluer, ne serait-ce que d'un regard, et donc encore moins lui serrer la main. Jean-Claude Guesso,
encore ministre communiste des Transports, participe à la même émission sans un regard pour la fille de Jean-Marie Le Pen. Il y en a un qui m'a dit bonsoir. Seulement un ? Pour l'instant, oui. C'est vrai, quand on dit qu'on a les parias de la politique, c'est vrai, non ? C'est vrai, c'est ça. Il faut bien sûr qu'on le ressorte. Comment ? Comme ça. C'est le bien.
Alors, que s'est-il passé entre 2002 et aujourd'hui pour que le FN, devenu RN, soit désormais perçu à égalité de dignité, comme l'a dit textuellement François Bayrou, cette semaine à l'Assemblée, au point de vouloir quasiment imposer une sorte d'obligation morale de serrer la main à ses représentants que l'ensemble de la classe politique considérait pourtant autrefois comme des parias. Ce qu'il s'est passé, c'est que les idées défendues par le parti d'extrême droite ont tout simplement été banalisées, normalisées, notamment par François Bayrou, on vient de le voir, alors que le fond idéologique de ce parti n'a pas varié. Et ça, ce n'est pas moi qui le dit, c'est Marie-Christine Arnautu.
Écoutez cette figure historique du FN, une proche de Jean-Marie Le Pen, constatez que la plupart des idées qu'elle a toujours défendues figurent encore et toujours dans le programme du RN.
Aujourd'hui, j'entends beaucoup dans les commentaires « Ah mais du temps de Le Pen, ce n'était pas comme ça. » Mais qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui a changé ? Pas grand-chose, hein ? Si, Marine incarne autre chose. C'est une femme d'abord, elle incarne, enfin sur le fond. Il n'y a pas grand-chose qui a changé dans le programme du front.
Et pourtant, tout a changé dans l'attitude adoptée à l'égard du FN devenu RN. L'actuel Premier ministre appelle à lui serrer la main au nom de la dignité, tandis qu'un ancien Premier ministre, Édouard Philippe, dîne avec Marine Le Pen au nom de la curiosité. C'est en tout cas comme ça qu'il a tenté de se justifier face à un Gilles Boulot particulièrement sagace.
Le journal Libération révèle ce soir qu'il y a quelques mois, vous auriez dîné avec Marine Le Pen. Est-ce que vous confirmez cette information ? Oui, c'est vrai. Nous avons dîné parce qu'on se connaît peu et on a dîné et on a constaté à l'occasion du dîner qui était un dîner cordial, que nous avions des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets. Vous aviez besoin d'un dîner pour constater ça ? Pourquoi est-ce qu'il faudrait... Moi, j'aime bien rencontrer les gens. Marine Le Pen fait plus de 30% à l'élection présidentielle. Ça ne me dérange pas de dîner avec elle.
D'ailleurs, je pourrais dîner avec elle, je pourrais dîner avec Jean-Luc Mélenchon et à chaque fois, je leur ferai part de désaccords qui sont sans doute très profonds
sur des sujets très nombreux. C'est vrai quoi, il faut garder son cœur ouvert, non ? Il faut aimer rencontrer les gens comme le dit Édouard Philippe. En plus, la tradition républicaine exige d'être gentil avec l'ex-extrême droite et ceux qui s'y refusent n'ont tout simplement pas de cœur. Voilà, c'est terminé. Merci d'avoir regardé ce nouvel épisode de l'Avare politique. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire. Mettez des pouces d'encouragement si vous avez aimé et restez connecté aux médias.
Merci.