Compte-rendu du Conseil des ministres du 22 juillet 2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00RelanceRéponse directe
L'investissement de 25 milliards est-il suffisant face à l'Allemagne (60 milliards) ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Comment garantir la création des 5 000 postes proposés dans les universités ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Feuille de route pour aider les précaires à se procurer des masques ?
- 20:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi le terme 'incivilités' a-t-il été utilisé pour des drames comme l'agression d'un chauffeur de bus ?
- 24:00FerméeRéponse partielle
Pourquoi les nominations des secrétaires d'État sont-elles retardées ?
- 27:00OuverteRéponse directe
Le préfet de police de Paris est-il confirmé à son poste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 12:00Frédérique VidalChiffre
« Ce texte porte une ambition financière inédite : investir 25 milliards d'euros supplémentaires durant les 10 prochaines années pour porter le budget annuel de la recherche à 20 milliards d'euros par an. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-G.Attal : Bonjour à toutes et à tous. Nous avons eu ce matin un Conseil des ministres qui a commencé par une intervention liminaire du président de la République qui a rappelé que la semaine est marquée par 3 sujets d'ampleur.
Evidemment la poursuite et la finalisation du Ségur de la santé dont je rappelle qu'il a donné lieu la semaine dernière à un accord tout à fait historique et important sur la revalorisation salariale des personnels de l'hôpital, près de 8 milliards d'euros, une revalorisation d'au moins 183E pour l'ensemble des personnels et qui peut aller jusqu'à 450, 500E pour des personnels soignants, en cumulant un certain nombre de rémunérations. Et donc le Ségur qui s'est poursuivi et finalisé sur le volet investissement et transformation complète de notre système de santé. Un point sur l'écologie également puisque le Premier ministre a reçu des représentants des 150 citoyens tirés au sort dans le cadre de la Convention citoyenne pour le climat.
Nous sommes évidemment désormais attachés à la mise en oeuvre de leurs propositions et de leurs recommandations. Il y aura sur ce sujet la semaine prochaine un conseil de défense écologique pour avancer sur un volet notamment réglementaire. Et évidemment, les discussions et les travaux se poursuivent avec les parlementaires et avec les citoyens tirés au sort, les administrations et les collectivités locales, comme l'a indiqué le Premier ministre encore récemment.
Et puis le plan jeunesse qui sera présenté demain autour du Premier ministre avec les ministres concernés, un rappel des mesures très fortes qui ont été annoncées qui se résument autour de l'objectif d'émancipation de la jeunesse. Evidemment, protéger les jeunes face à la crise économique, mais leur donner les moyens de leur émancipation dans la droite ligne qui est la nôtre depuis 2017, notamment via la formation, via l'accompagnement avec des dispositifs comme la garantie jeunes vers l'insertion via le travail, via la formation, je l'ai dit, notamment dans l'enseignement supérieur et le développement du service civique. Et donc des précisions seront données de manière très importante demain.
Et puis évidemment un point sur l'épidémie de Covid-19 dont nous voyons qu'elle reprend dans un certain nombre de territoires et de pays. L'inquiétude reste évidemment forte chez les Français. Il y a des préoccupations très fortes dans plusieurs pays avec des décisions de reconfinement.
Il y a un enjeu permanent pour le gouvernement, pour l'Etat, pour les collectivités locales à être très efficace au niveau national, que ce soit sur le plan local, comme on l'a vu en Mayenne, où le ministre des Solidarités et de la Santé s'est déplacé il y a quelques jours, et au niveau national avec la mise en oeuvre de l'obligation de port du masque dans les lieux clos recevant du public. Une question est posée et des questions restent posées sur les frontières. Sur ce point, il y aura un conseil de défense consacré au Covid-19 qui nous réunira vendredi autour du président de la République pour étudier de nouvelles mesures qui pourront être prises sur cet enjeu.
Conseil de défense qui nous permettra aussi de commencer à donner de la visibilité à l'ensemble des acteurs pour la fin de l'été et pour la rentrée. Et puis un point évidemment sur l'accord historique qui a été trouvé au Conseil européen. Accord historique puisque, pour la 1re fois, les 27 Etats se dotent d'une capacité commune à s'endetter de manière solidaire et à développer des ressources propres pour rembourser cet emprunt.
L'enjeu pour nous, pour la France, c'est de bâtir le modèle français de demain avec ce plan de relance et de rester à l'avant-garde sur les enjeux industriels et climatiques. C'est un accord qui est particulièrement important et qui va continuer à nous animer dans son application. Je vais maintenant revenir très rapidement sur les différents textes qui ont été évoqués.
Et puis Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation qui est avec moi, interviendra sur un texte plus particulier et le plus important sans doute qui a été présenté ce matin, qui est le projet de loi de programmation pour la recherche. Donc avant ça, je vais vous parler rapidement des 3 projets de loi qui ont été présentés, d'abord pour faire face à l'épidémie de Covid-19 et ratifier des ordonnances qui ont été prises pendant l'état d'urgence sanitaire. Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire a présenté la ratification de 4 ordonnances qui ont été prises sur le secteur économique, une particulièrement importante avec la prolongation de la durée du fonds de solidarité jusqu'au 31 décembre 2020 pour aider les entreprises les plus affectées par la crise.
Je veux rappeler que ça s'inscrit dans la mobilisation absolue de l'Etat et du gouvernement pour accompagner notre secteur économique avec le chômage partiel, les prêts garantis par l'Etat et donc ce Fonds de solidarité qui va se poursuivre. Une aide temporaire aux entreprises fragilisées par les conséquences de la crise et notamment les PME en facilitant leur accès aux contrats de la commande publique dans un objectif toujours de relance de l'économie. Une réorganisation de la BPI pour faire face au besoin accru de protection des entreprises.
Et puis le relèvement du plafond d'avance en compte courant que certains fonds d'investissement et sociétés de capital risque peuvent octroyer aux entreprises de leur portefeuille particulièrement touchées par la crise sanitaire. La ministre du Travail a ensuite présenté une ordonnance d'adaptation du taux horaire de l'allocation d'activité partielle selon les secteurs. Et la ministre déléguée aux Sports a présenté une ordonnance d'adaptation pour la saison 2019-2020 du régime applicable aux contrats des sportifs et entraîneurs professionnels salariés.
Il s'agit d'étendre à titre exceptionnel et pour 6 mois des contrats de certains joueurs et de certains entraîneurs en cohérence avec les recommandations de l'UEFA. Nous avons ensuite abordé un projet de loi ratifiant l'ordonnance relative à la réécriture des règles de construction et recodifiant le livre 1er du Code de la construction et de l'habitation. Il s'agit de le transformer, d'aller d'un objectif de moyens à un objectif de résultats dans l'esprit de la loi ESSOC qui avait été adoptée par le Parlement.
C'est un saut qualitatif, comme l'a rappelé la ministre de la Transition écologique, très important dans notre objectif de rénovation énergétique des bâtiments dont vous savez qu'il est un point absolument central dans le cadre du plan de relance. Nous avons ensuite abordé un projet de loi ratifiant l'ordonnance portant mise en oeuvre de la Convention sur le travail dans la pêche et d'amendements à la Convention du travail maritime qui assure la mise en oeuvre complète de la Convention sur le travail dans la pêche de 2007 en ce qui concerne les mentions du contrat d'engagement maritime et de durée de repos quotidienne. Enfin, une ordonnance relative aux procédures du Comité de règlement des différends et des sanctions de la Commission de régulation de l'énergie.
Et puis la présentation du projet de loi de programmation pour la recherche qui est particulièrement ambitieux et important. Et sur ce point, je laisse Frédérique Vidal vous le présenter, répondre aux questions que vous auriez sur ce projet de loi, et je reviendrai ensuite pour répondre aux autres questions. -F.
Vidal : Mesdames et messieurs, le projet de loi de programmation pour la recherche pour les années 2021 à 2030 est la traduction budgétaire et législative de la confiance accordée par le président de la République, par le Premier ministre, par l'ensemble du gouvernement à la communauté scientifique. Ce texte porte une ambition financière inédite : investir 25 milliards d'euros supplémentaires durant les 10 prochaines années pour porter le budget annuel de la recherche à 20 milliards d'euros par an. C'est une augmentation de 30%.
Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un gouvernement n'a réalisé un tel investissement dans la recherche et dans les femmes et les hommes qui la font vivre. Nous devons à plusieurs générations de scientifiques, en plus du rayonnement de notre pays, une large part du développement technologique, économique et social dont nos sociétés bénéficient aujourd'hui. Hier comme aujourd'hui, comme à l'avenir, nous sommes confrontés à des défis que seules les connaissances produites par la recherche permettent de relever.
Rappelez-vous le désarroi au lendemain de l'incendie de Notre-Dame de Paris. C'est bien la connaissance qui avait été accumulée par les historiens, c'est bien la modélisation permise par nos mathématiciens, pour ne citer que ces 2 exemples, qui sont à l'oeuvre pour relever le défi de cette reconstruction. Voyez et rappelez-vous à quelle vitesse nos chercheurs ont pu obtenir la séquence du virus qui cause cette pandémie qui nous touche.
Nous avons été les premiers à le faire en France, permettant ainsi de concevoir les tests parce que la connaissance antérieure, parce que le savoir-faire était là. Ce projet de loi a pour objet d'investir dans la production de la connaissance pour préparer l'avenir, pour garantir notre souveraineté économique, technologique, industrielle, pour préserver le rayonnement intellectuel de la France et préserver notre capacité à penser le monde. Il permet tout d'abord de reconnaître et de valoriser le travail de l'ensemble des personnels de la recherche, et ce dès l'année prochaine.
Ce sont plus de 1 000E supplémentaires pour les maîtres de conférences et les chargés de recherche dès l'année 2021. Ce sont des primes annuelles qui dépasseront les 1 000E Pour les personnels ITA de catégorie C. Je salue tout le travail qui est encore en cours avec les représentants des personnels pour faire en sorte que chacun soit reconnu dans son travail d'équipe, dans le travail d'équipe qu'est la recherche.
Et je suis sûre que par le dialogue social, nous aboutirons. Mais c'est aussi une augmentation de 30% de la rémunération des doctorants. C'est, à l'horizon de 2027, 100% de nos doctorants qui seront rémunérés.
C'est aussi de nouveaux outils d'attractivité pour recruter des chercheurs dans des disciplines rares ou pour faire revenir dans nos laboratoires nos jeunes talents qui mènent actuellement leur carrière à l'étranger. Le 2e volet de ce projet de loi dotera notre pays d'une Agence nationale de financement de la recherche aux standards internationaux avec des taux de succès aux appels à projets qui atteindront 30% contre 17% actuellement. Les contrats d'objectifs des organismes de recherche ou des universités seront transformés en contrats d'objectifs et de moyens.
Au-delà des moyens, ce projet de loi offrira des outils visant aussi à redonner du temps aux chercheurs par des créations d'emplois, plus de 5 000, par des simplifications administratives dont certaines ont été largement inspirées par la crise que nous venons de traverser. Il favorisera les carrières mixtes entre le secteur public et le secteur privé pour que ceux qui le souhaitent puissent voir la connaissance qu'ils ont contribué à créer se concrétiser en bien pour la société. La connaissance permet l'innovation qui nous donne la souveraineté économique et industrielle.
Plus que jamais, dans la complexité du monde dans lequel nous évoluons, le lien entre la science et la société est essentiel. La recherche d'aujourd'hui porte la solution des crises de demain, comme la connaissance produite hier nous permettra de relever les défis et de répondre aux enjeux de santé, de climat, d'énergie, de vivre ensemble et de faire société. C'est toute l'ambition que porte ce projet de loi qui reconnaît, par cet investissement historique de 25 milliards d'euros, la place de nos chercheurs dans notre pays.
Je vous remercie. -Bonjour. Julien Lécuyer de La Voix du Nord.
La loi que vous précisez fait part d'un investissement de 25 milliards. Cela dit, des critiques ont émergé pour savoir si c'était à la mesure des ambitions de la France étant donné que cela ne fait que rattraper à peine les 3% qui étaient réclamés sur le PIB. C'est bien loin de l'effort qui est mené par l'Allemagne avec 60 milliards d'investissements.
Est-ce que vous pensez réellement que cela remet la France sur les rails de la compétition européenne ? Merci. -F.Vidal : Alors, si je vous dis qu'entre 2012 et 2017, c'est 50 millions d'euros qui ont été consacrés à la recherche en France, vous comprendrez que passer de 50 millions d'euros à 25 milliards d'euros, effectivement, je pense que ça nous met sur le bon chemin.
Est-ce que ça signifie que c'est la seule et unique façon de soutenir la recherche en France ? Non, certainement pas. Les programmes d'investissements d'avenir, les programmes prioritaires de recherche, ce qui nous permet, par exemple, de valoriser le travail qui a été mené dans les laboratoires de l'Inrae, qui fait qu'aujourd'hui, on peut réduire de 90% les pesticides dans les vignes, ces programmes prioritaires de recherche ne sont pas inclus dans la loi de programmation.
Cette loi de programmation, c'est du budgétaire, c'est-à-dire que c'est ce qui nous permet de garantir a minima 20 milliards d'euros par an pour soutenir notre recherche. Si on y ajoute le plan de relance, le plan d'investissements d'avenir, les contrats de plan Etat-Région, l'investissement dans les infrastructures, c'est plusieurs dizaines de milliards d'euros supplémentaires. -Mme Vidal, Laurent Simon de TheMetaNews.
Une question à propos des créations de postes qui sont aux alentours de 5 000 que vous proposez dans votre loi. Quelle assurance avez-vous que les universités notamment, qui sont autonomes, créeront en réalité ces postes ? -F.Vidal : C'est évidemment le sujet qui a pu poser problème ces dernières années.
C'est pourquoi nous mettrons en place ce que j'appelle des contrats d'objectifs et de moyens. C'est-à-dire qu'il est extrêmement important que lorsque l'on ouvre des emplois de manière à stabiliser les chercheurs, les enseignants chercheurs, qui participent à la production de connaissances, les financements soient effectivement utilisés à cet effet, tout en respectant l'autonomie et le cadre de l'autonomie des universités. Mais lorsque les établissements proposent des projets et que ces projets incluent des créations d'emplois, je suis sûre qu'ils sauront tenir eux-mêmes leurs engagements.
Il faut bien comprendre que ces dernières années, on était plutôt sur une réduction d'emplois de chercheurs ou d'enseignants chercheurs que sur la capacité à créer des emplois. C'est donc une véritable bouffée d'oxygène de ce point de vue-là. Merci beaucoup.
Merci. -G.Attal : Merci, madame la ministre, pour cette présentation.
Je vais maintenant passer aux autres questions que vous auriez. -Bonjour. Bastien Augey, TF1-LCI.
Hier, le président de la République a exclu de rendre les masques gratuits pour tous, mais il a dit qu'il y aurait des aides pour les plus précaires. Est-ce que vous pouvez nous dire quelle est la feuille de route du gouvernement sur ce sujet ? Concrètement, qu'allez-vous faire pour aider les plus précaires pour se procurer des masques par rapport à ce qui est déjà fait ?
Merci. -G.Attal : Oui.
Hier, le président de la République a rappelé notre mobilisation pour que tous les Français puissent disposer d'un masque, ce qui nous a amenés, dans un 1er temps, à augmenter les capacités de production en France et les importations de masques, notamment de masques grand public, pour que tous les Français puissent se procurer un masque. Et puis il y a la question des personnes qui n'ont pas financièrement les moyens de s'acheter un masque. Sur ce point, dès le début de la crise, je rappelle que nous avions mis à disposition chaque semaine 5 millions de masques pour être distribués notamment via les centres communaux d'action sociale aux personnes précaires dans notre pays.
Hier, le ministre des Solidarités et de la Santé a indiqué que nous allions reprendre cette distribution. Il aura l'occasion de s'exprimer en fin de journée sur ce point et de faire des annonces à ce sujet. Mais nous sommes actuellement en train de finaliser plusieurs pistes, notamment la piste d'envois postaux à des bénéficiaires ciblés particulièrement.
Mais il aura l'occasion de revenir sur ce point, évidemment, dans la droite ligne de ce qu'a annoncé le président de la République hier. -Bonjour. Hier soir, Emmanuel Macron était interrogé au 20h sur les événements dramatiques de ces derniers jours, notamment l'agression mortelle d'un chauffeur de bus pour ne citer que celui-là.
Et oui, il a voulu se montrer ferme, mais il a aussi parlé d'incivilités. Il a employé ce terme à plusieurs reprises, ce qui a fait beaucoup réagir même au-delà de l'opposition. Est-ce que c'était le mot approprié ? -G.Attal : Alors, moi, j'ai regardé l'interview, j'imagine que vous aussi.
Et la question qui était posée par le journaliste était sur des situations extrêmement dramatiques et des affaires dramatiques que nous avons constatées, vous en avez cité notamment à Bayonne, et puis sur ce que le journaliste lui-même a appelé "des incivilités" en citant, je crois, l'exemple de tirs de mortiers et de rodéos urbains. Et le président de la République a répondu qu'il y avait une règle absolue qui était la tolérance zéro et qu'évidemment, il y avait une condamnation, une action très forte face à ceux qui s'en prennent aux serviteurs de l'Etat, à tous ceux qui incarnent l'autorité dans notre pays, mais également sur les incivilités. Il faisait la référence à la question qui avait été posée sur la délinquance du quotidien et notamment l'exemple des mortiers et des rodéos.
J'entends que certains cherchent à polémiquer sur ces sujets-là. Mais mon sentiment est que ces polémiques politiciennes ne résistent pas à l'épreuve des faits. Elles ne résistent pas à l'action qui est menée par ce gouvernement.
Et souvent, ceux qui sont à l'origine de ces polémiques politiciennes dans l'opposition ne sont pas présents quand il s'agit d'adopter un milliard d'euros supplémentaires pour le ministère de l'Intérieur et pour nos forces de sécurité, quand il s'agit de faire en sorte que les heures supplémentaires des policiers soient payées, quand il s'agit encore il y a quelques jours, comme l'a annoncé le gouvernement, de débloquer 75 millions d'euros pour renouveler le parc automobile et verdir le parc automobile de notre police. Les actions me semblent absolument présentes. Les condamnations qui ont été faites par les ministres et par le président de la République aussi.
Et les chantiers qui sont annoncés, notamment sur la question de la justice avec le garde des Sceaux pour que l'ensemble des faits délictueux, l'ensemble des faits de délinquance et des formes plus graves soient systématiquement condamnés et sanctionnés. -C'est juste qu'il n'avait pas non plus parlé de sécurité ni de ce drame qui venait de se produire lors de son interview du 14 juillet. Et aujourd'hui, il parle d'incivilités.
Ca peut laisser penser qu'il n'est peut-être pas très à l'aise avec ces sujets-là et que le régalien reste toujours un peu un angle mort alors que c'est censé justement être une priorité. -G.Attal : Je vois bien que c'est ce que certains cherchent à imposer dans le débat.
D'abord, je crois que ça ne résiste pas à l'épreuve des faits, comme je viens de le dire, pour ce qui est de l'action du gouvernement et de la majorité pour renforcer la sécurité dans notre pays, renforcer les moyens dont disposent nos forces de sécurité. Vous parlez de l'interview du 14 juillet. C'était par définition une interview.
Il n'a pas été interrogé sur ces sujets-là et sur les sujets de sécurité et les sujets régaliens. Evidemment que s'il l'avait été, mais là c'est plutôt à vos confrères qu'il faut poser la question, il aurait répondu. Il l'a été hier et il a été extrêmement clair sur ce point.
Et encore une fois, il a répété en faisant référence à ce que le journaliste lui-même avait évoqué dans sa question, c'est-à-dire les incivilités du quotidien. Il a aussi répondu sur les situations gravissimes et dramatiques que nous avons observées dans notre pays. -Merci.
J'ai une autre question sur les secrétaires d'Etat. Pourquoi attend-t-on encore la nomination des secrétaires d'Etat ? -G.Attal : Pour une raison assez évidente selon moi, c'est qu'il y a eu un Conseil européen qui, comme vous l'avez constaté, a duré plus de temps qu'initialement prévu, ce qui fait que la nomination n'a pas pu se faire dans les jours qui viennent de s'écouler, mais elle se fera très rapidement. -Quand ça, exactement ? -G.Attal : Très rapidement. -Merci. -Simon Le Baron de France Info.
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a apporté son soutien hier au préfet de police de Paris, Didier Lallement, après la publication dans la presse d'articles évoquant son éviction. Est-ce que le préfet de police de Paris est confirmé à son poste ou est-ce qu'il est menacé ? -G.Attal : Oui.
J'ai vu des rumeurs circuler dans la presse. Ces rumeurs sont infondées. Et comme l'a dit Gérald Darmanin hier, je crois que c'était à l'AFP, il n'est absolument pas question à l'ordre du jour de remplacer le préfet de police de Paris qui continue d'accomplir son travail. -Il est très critiqué pour sa gestion du maintien de l'ordre, notamment pendant la crise des Gilets jaunes, par des accusations de violences policières également.
Dans le contexte actuel, avec des manifestations justement contre ces violences policières, il n'est pas question de remettre en cause la mission de Didier Lallement ? -G.Attal : Je vous l'ai dit, ces rumeurs sont infondées.
Didier Lallement continue à exercer ses fonctions dans un contexte qui est par définition toujours difficile. On vient d'évoquer à l'instant la question des crimes qui sont commis dans notre pays, des incivilités parfois, de la délinquance, et évidemment, il continue à exercer ses fonctions dans ce cadre-là. -Merci. -Bastien Augey, TF1-LCI.
Il y a beaucoup d'alertes sur les délais pour avoir des tests PCR par rapport au coronavirus. Le professeur Delfraissy lui-même racontait il y a 2 jours qu'il avait essayé lui-même anonymement de se faire tester et qu'il y avait 5 jours de délai de réponse. Il disait : "Le gouvernement peut mieux faire à ce niveau-là." Est-ce que de nouvelles procédures, des mesures sont envisagées pour raccourcir les délais pour se faire tester ? -G.Attal : On peut toujours mieux faire et on cherche toujours à mieux faire depuis le début de cette crise.
Et d'ailleurs, on fait "de mieux en mieux". Je rappelle que nous sommes désormais à une capacité de tests hebdomadaire de 700 000 et que le nombre de tests effectivement réalisés augmente très fortement. Nous étions à 380 000 pour la dernière semaine.
Je crois que ça correspond à un doublement du nombre de tests réalisés par rapport aux 15 jours précédents. On voit qu'il y a une augmentation très forte. Il y a, dans plusieurs territoires et notamment en Ile-de-France, un engorgement dans les laboratoires d'analyses médicales pour réaliser les tests.
C'est aujourd'hui à ça que nous nous attelons avec le ministre des Solidarités et de la Santé, qui aura l'occasion de revenir sur ce sujet. Et je précise que sur ces questions, la question des tests mais aussi la question des frontières, comme je l'ai dit tout à l'heure, nous aurons vendredi un conseil de défense consacré au Covid-19. Mais sur cette question précise des tests, je veux vraiment rappeler, indiquer une mobilisation totale d'abord pour étendre les capacités de tests, et aujourd'hui, pour réduire cet engorgement qu'on constate dans un certain nombre de laboratoires pour pouvoir pratiquer un test.
Moi, je comprends et le gouvernement comprend le doute et les questions que se posent des Français, en l'occurrence notamment des Franciliens, qui ne peuvent pas se faire tester dans des délais aussi rapides qu'ils le souhaiteraient et aussi rapides que c'est nécessaire. Et là-dessus, nous travaillons très fortement en lien avec les laboratoires et l'Agence régionale de santé. Oui. -De nouveau Julien Lécuyer, La Voix du Nord.
Gérald Darmanin fait l'objet d'une 3e plainte déposée par un collectif féministe. Est-ce que vous n'avez pas peur que, suite à cela, suite aux manifestations, Gérald Darmanin et son affaire, comme on peut l'appeler, deviennent le sparadrap de la semelle du gouvernement ? -G.Attal : Sur ce point, je ferai la réponse que je vous ai faite à ce sujet la semaine dernière et, il me semble, la semaine précédente aussi.
Le président de la République, le Premier ministre ont rappelé que la présomption d'innocence a valeur constitutionnelle dans notre pays et qu'elle est défendue en toute circonstance, y compris lorsque c'est un ministre qui fait l'objet d'investigations, même si nous sommes dans un Etat de droit, que des investigations doivent pouvoir se mener, qu'elles concernent tout justiciable, y compris quand il s'agit d'un membre du gouvernement. Pour le reste, il me semble que Gérald Darmanin effectue sa mission de ministre de l'Intérieur. On l'a vu à l'occasion de plusieurs déplacements.
Il a reçu en début de semaine l'ensemble des syndicats de policiers pour agir et pour dérouler la feuille de route qui lui a été donnée par le Premier ministre. -Est-ce qu'il fait l'objet d'un dispositif particulier de protection par rapport à ces accusations ? -G.Attal : Pardon ? -Est-ce qu'il fait l'objet d'une mesure de sécurité particulière du fait de ses déplacements et des attroupements ou des rassemblements dont il fait l'objet ? -G.Attal : J'ai pas du tout d'information sur ce sujet-là.
Par définition, un ministre de l'Intérieur est toujours plus accompagné qu'un autre ministre ou un secrétaire d'Etat dans ses déplacements. Mais j'ai pas du tout d'information sur un dispositif particulier. -Merci. -Au sujet du conseil de défense consacré au Covid vendredi, vous évoquiez la question des frontières.
Quelle est l'attitude que s'accordent le président et le gouvernement sur cette question ? Une partie des oppositions, la droite, le Rassemblement national, notamment, réclament depuis le début de la crise la fermeture au moins partielle des frontières. Est-ce que le gouvernement l'envisage ?
Est-ce qu'il s'agit simplement de renforcer les tests ? -G.Attal : Poser la question de ce que s'interdirait... s'il y a des choses que s'interdirait le gouvernement pour lutter face au coronavirus et à l'épidémie de Covid...
On ne s'interdit rien par principe. On regarde la situation telle qu'elle est et on regarde toutes les mesures qui peuvent être prises pour protéger la sécurité sanitaire dans notre pays et protéger les frontières. Donc il n'y a absolument rien d'exclu.
Le président de la République a rappelé hier dans son interview que nous avons 350 000 frontaliers qui traversent la frontière tous les jours, je crois, pour notamment aller travailler. Donc évidemment, ça fait partie des données qu'il faut prendre en compte quand on prend des décisions en la matière. C'est une discussion qu'il y aura vendredi dans le cadre du conseil de défense. -La question des frontières et de leur fermeture n'est pas, comme certains le disent, encore une fois dans les oppositions, un totem ou un tabou pour le président ? -G.Attal : Moi, je vous le dis, il n'y a absolument rien d'exclu.
Il n'y a pas de tabou sur cette question-là. Le seul objectif, c'est de protéger au mieux les Français. Et c'est ça qui nous guide dans notre action et ce qui nous amènera à prendre d'autres décisions sur la question des frontières, sur la question des tests pratiqués dans les aéroports, qui est un enjeu aussi qui mobilise des questionnements, des scientifiques, des Français.
Et donc évidemment, on va continuer à avancer sur ces questions-là. -Merci. -G.Attal : Pas d'autre question ?
Très bien. Je vous dis à la semaine prochaine.
Gabriel Attal