Force spéciale au sein de France Travail pour le secteur de la défense, hausse de la prime d'activité et apprentissage... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Pierre Farandou
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Bonjour Jean-Pierre Farandou. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Avant de parler salaire et pouvoir d'achat, un sujet qui concerne aussi le travail, Donald Trump menace de taxer à 200% nos vins et champagnes. Emmanuel Macron lui a répondu hier au Forum économique de Davos.
De nouveaux droits de douane fondamentalement inacceptables, d'autant plus lorsqu'ils sont utilisés comme moyen de pression contre la souveraineté territoriale. Nous préférons le respect à l'intimidation et nous préférons l'état de droit à la brutalité.
Le vin mais aussi d'autres secteurs sont menacés. Vous, le ministre du Travail, êtes-vous inquiet pour l'emploi en France ?
Je pense qu'il faut d'abord exprimer quelle est la situation. La situation est sérieuse, elle est grave, vous avez raison. Il y a une tension très forte entre les Etats-Unis et l'Europe en général et la France en particulier. On en connaît le contexte. C'est une espèce de rapport de force autour du Groenland avec une menace territoriale. sur un bout de l'Europe, une menace économique maintenant avec des droits de douane et donc il y a un rapport de force qui s'installe. Ce rapport de force, il faut le jouer. Plus la France sera forte dans une Europe puissance, plus ce rapport de force jouera et que peut-être ces fameux droits de douane n'arriveront pas. La messe n'est pas dite.
Il faut se lancer dans la bagarre pour opposer une résistance forte. C'est le choix du président de la République pour la France et pour l'Europe. Je pense que plus nous serons déterminés, moins les conséquences économiques seront fortes pour nos entreprises.
Justement, je vais vous lire une citation à Davos du Premier ministre canadien qui a été très applaudi. Marc Carny, il dit « Les puissances moyennes doivent agir ensemble car si nous ne sommes pas à la table des discussions, nous sommes au menu. » Est-ce qu'avec ces nouvelles taxes sur le vin, nous de la France sommes au menu, Donald Trump, pour vous ?
On voit les enjeux et là encore, c'est une conviction très profonde. Et notre président de la République et du gouvernement, le salut de la France, c'est dans l'Europe. La France toute seule est un pays important, certes, mais dans un match contre les Etats-Unis, on ne pèse pas assez. Si on est ensemble, il y a 27 pays ensemble sur le militaire d'abord. Et ça, pour le coup, le militaire, on revient au travail. Le militaire, c'est des commandes, des commandes d'armement, des commandes d'équipement. Et l'industrie française est très forte en matière de tout ce qui est défense et armement.
C'est pour ça que vous partez à Sartrouville après dans une usine d'aéronautique.
Exactement, je pars à Sartrouville parce que je veux engager tout le soutien du ministère du Travail à travers France Travail, par exemple. Par exemple, on va créer une force spéciale défense au sein de France Travail, pour nous mobiliser complètement, pour amener tous les travailleurs nécessaires pour que notre industrie de défense puisse développer. J'étais dans le Var la semaine dernière, 10 000 emplois créés dans le secteur de la défense d'ici 2030. Donc, vous voyez que c'est une menace d'un côté, c'est une opportunité formidable de l'autre de réarmer à la fois notre défense, mais réarmer notre industrie et toute notre économie.
Pour peser notamment face à Donald Trump, est-ce que les Européens aussi doivent activer l'outil anti-coercition, ce qu'on appelle le bazooka économique, au risque d'entrer dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, au risque aussi de menacer encore plus l'emploi ?
Il y a une forme de rapport de force qui nous est imposée par le président Trump. Il ne faut pas en avoir peur, il faut jouer ce rapport de force en utilisant tous les instruments que sont les nôtres. Plus l'Europe sera unie, plus elle sera forte, en montrant d'ailleurs qu'elle a des atouts, et sur la défense et sur l'industrie, et la France est très bien placée dans ces deux secteurs, plus je pense que ce rapport de force sera rééquilibré, et que peut-être les menaces faites par le président Trump n'arriveront pas.
Au-delà de cet instrument anti-coercition surnommé le bazooka de l'Union Européenne, vous nous annoncez ce matin la création d'un département de défense, dans ce qu'on a appelé avant Pôle emploi, et qui s'appelle France Travail, c'est ça ? Concrètement ça va être quoi ? C'est des offres d'emploi liées au monde de la défense ?
On se rend compte qu'effectivement, dans le cadre d'ailleurs du budget, le fameux budget, vous savez qu'il y a 6,7 milliards d'euros supplémentaires dans le budget. Si on finit par avoir un budget à un moment ? On va finir par l'avoir, on s'en rapproche, le fait de donner enfin un budget aux Français. 6,7 milliards d'euros supplémentaires, c'est des commandes pour notre industrie. Voilà, ces commandes pour notre industrie, c'est de la production. Alors ça va du chaudronnier qui va souder du métal pour fabriquer un nouveau sous-marin, jusqu'à des ingénieurs cyber qui vont travailler sur les systèmes de commande de nos armements.
Voilà, donc on voit une gamme d'emplois très importante, très technique d'ailleurs, très ingénieur, très technicien, des métiers nobles, des métiers de l'industrie. Il faut aider à fournir énormément de travailleurs qualifiés à cette industrie. Pour y arriver, il faut rassembler nos forces.
Il manque combien d'emplois ? Enfin, combien d'emplois supplémentaires ?
Je vous dis, rien que dans le Var, c'est un exemple, 10 000 emplois créés, donc il va falloir trouver 10 000 personnes. On ne les trouvera peut-être pas que dans le Var d'ailleurs, peut-être. Il faudra venir aussi, il faudra faire venir des gens d'autres régions françaises. Pour y arriver, l'enjeu est considérable, il est décisif, il faut s'organiser. Voilà, donc on va dédier une équipe au sein de France Travail, qui sera au contact de la Défense, qui sera au contact de toutes les industries, pour bien qualifier les besoins, et ensuite regardera tous les viviers de demandeurs d'emploi.
Il faudra élargir d'ailleurs ces sources aux hommes, aux femmes, aux jeunes, aux moins jeunes, aux travailleurs en situation de handicap, aux gens dans l'insertion. Il faudra mobiliser toutes les forces de travail de ce pays pour donner à nos industries les moyens d'être à la hauteur des enjeux.
Jean-Pierre Farando, en 24h, Donald Trump a publié un SMS privé du président Emmanuel Macron, et il a aussi rappelé deux fois qu'il ne serait bientôt plus au pouvoir. Écoutez le président américain.
Vous savez, Emmanuel, il ne va pas rester bien longtemps. C'est un ami, c'est un chic type, je l'aime bien, mais il ne va pas rester encore très longtemps. Et moi, je préfère retrouver des gens qui sont directement impliqués dans les affaires, pas qui sont sur le déclin.
Est-ce que c'est une humiliation ? Et est-ce qu'on peut peser quand on est humilié comme ça, et quand le président est renvoyé à la fin de son mandat ?
Je pense que d'abord, le président Trump passe sous silence d'un fait très important, c'est qu'il va présider le G20 dans les mois qui viennent, et notre président Macron, il va présider le G7. Donc si on est responsable, je pense que le président du G20 d'un côté et le président du G7 de l'autre devraient plutôt travailler ensemble à calibrer la croissance de l'économie mondiale.
Alors que Donald Trump a refusé de se rendre à la réunion de Paris demain.
Il verra, mais je veux dire, le G7, il sera un G6 dans ce cas-là, on verra bien. Et deuxièmement, le président Trump lui aussi, il a une échéance électorale qui s'appelle les mid-terms, qui ne se présente pas si bien que ça d'ailleurs parce que les chiffres économiques aux Etats-Unis sont moyens, notamment sur l'emploi, sur l'inflation, l'inflation qu'il a créée lui-même en mettant des droits de douane. Forcément, ces droits de douane renchérissent le coût des marchandises importées et on le voit dans l'inflation aux Etats-Unis.
Censure, nous partons maintenant, alors que le gouvernement avait promis de ne pas avoir recours au 49.3 sur le budget. Vous l'avez dégainé lundi, on écoute l'insoumise Mathilde Panot sur France Info.
Mais en plus d'être un gouvernement minoritaire, eh bien c'est un gouvernement de menteur, puisqu'ils avaient promis de renoncer au 49.3 et qu'ils se rendent bien compte qu'ils n'ont aucune majorité.
Vous êtes un gouvernement de menteur ?
Non, mais ça renvoie à ce qu'on appelait la méthode Le Cornu, que j'ai d'ailleurs participé à déployer. J'ai rejoint ce gouvernement, vous savez, ce qu'on appelait Le Cornu 2, au mois d'octobre 2025. Ça a quand même pas mal marché, la méthode Le Cornu, qui est une méthode de dialogue, de recherche de compromis et de convergence. Sur la sécurité sociale, ça a marché. Et Dieu sait que tout le monde nous disait que vous n'allez pas y arriver. Nous y sommes arrivés. Et d'ailleurs, j'ai été un acteur très direct de la recherche des convergences et des compromis.
Ça, c'est vrai, mais on a quand même passé un mois sous loi spéciale. On n'a pas eu de budget en décembre. Mais vous dites quoi, comme Sébastien Le Cornu, c'est un semi-échec ?
Oui, alors sur la partie budget de l'État, effectivement, semi-échec, semi-succès, c'est un succès sur le contenu. Parce que le compromis a fonctionné sur le contenu. Voilà, je suis convaincu que les discussions qui sont intervenues du Parti Socialiste aux Républicains, en passant par les partis du Bloc Central, vont produire un contenu, et c'est celui-là qui est proposé. Voilà, il faut bien se rendre compte, ce 49.3, ce n'est pas du tout un 49.3 de brutalité parlementaire. On n'a jamais autant discuté au Parlement, 350 heures, des débats importants. Il y a eu débat, il y a eu respect du Parlement. Mais si on avait laissé faire le vote, le texte qui allait arriver était invotable.
Parce que les extrêmes, on l'ont tiré à Huéadia, dont le seul moyen de maîtriser le contenu, c'était que le gouvernement s'empare du 49.3 pour proposer au Parlement le contenu de ce contenu.
Alors vous, vous êtes très satisfait du contenu de ce budget. Le Parti Socialiste aussi, mais ça pose un problème aux patrons qui parlent d'un choc de défiance. En fait, ce sont les entreprises qui vont payer le contenu de ce budget. Vous comprenez qu'ils se sentent trahis, les patrons ?
On peut avoir discussion. Moi, j'écoute ce qui se dit. Je n'ai pas tout à fait le même avis, quand même. Vous savez, on parle en termes d'imposition. On a beaucoup dit l'imposition. Il y a 99,9% des entreprises qui ne verront pas leur fiscalité changer. Alors restent les grandes entreprises. C'est vrai, il y a eu débat. Mais on parlait de patriotisme économique. Je trouve qu'en ce moment, qu'on fasse appel aux bons résultats des grands groupes français pour mobiliser de l'argent, pour financer l'effort de défense, qui va revenir aux entreprises, comme je l'ai dit. Ça ne me paraît pas déraisonnable.
Même quand c'était censé être une taxe exceptionnelle, même quand vous avez dit que vous baisseriez certains impôts de production et que finalement ces impôts ne sont pas baissés, et qu'en parallèle, une taxe qui devait durer un an est reconduite. Vous comprenez qu'ils s'interrogent sur le poids de la parole politique ?
Oui, je comprends, mais vous avez parlé d'impôts exceptionnels. Vous ne croyez pas que la période est exceptionnelle ? Vous voyez quoi ? En ce moment, la France ne doit pas plutôt se resserrer plutôt que se diviser. La période du moment, il faut en prendre la mesure quand même. C'est un moment grave, c'est un moment important. Et plutôt que d'être dans les chicailleries franco-françaises, moi je pense qu'il faut qu'on se regroupe et qu'on fasse face ensemble à la gravité du moment.
Mais vous qui avez dirigé la SNCF, vous savez comment fonctionne une entreprise ? Est-ce que vous comprenez que les grands patrons, au-delà du contexte que vous rappelez, n'y comprennent plus rien et on est ras-le-bol de ce budget qui n'en finit plus ?
Moi je suis comme eux, ça fait un moment que je re souhaiterais que le budget soit derrière nous. Ne croyez pas que ça nous fasse plaisir au gouvernement de passer des heures au carré à l'Assemblée, au Sénat, à revenir, au revenir, à expliquer les mêmes choses. C'est dysfonctionnel. On aura fait presque 5 mois de budget. C'est presque la moitié de l'année. Ce n'est pas possible ça. Mais ce n'est pas de notre faute, j'allais dire. Nous, le gouvernement, on aurait aimé que les choses aillent plus vite, bien évidemment. Il y a une situation politique qui est ce qu'elle est. Madame Pannot, de ce côté-là, a raison. Nous n'avons pas la majorité absolue dans ce Parlement.
Les choses seraient plus simples, bien évidemment. Ce n'est pas le cas. Nous avons fait le choix d'ailleurs de ne pas discuter avec les extrêmes. C'est peut-être ce qui dérange Madame Pannot. Parce que les extrêmes nous tirent vers des mauvaises solutions dont nous devons débattre avec ce qu'on appelle les partis de gouvernement qui ont le sens des responsabilités, qui veulent apporter des solutions à notre pays. Il faut prendre ce temps de la discussion et de la recherche de la convergence. Nous l'avons pris. Nous avons réussi sur la sécurité sociale. Et je pense que nous sommes aussi en train de réussir sur le budget de l'État.
Justement, l'une des principales concessions que vous avez faites aux socialistes, c'est la hausse de la prime d'activité pour les travailleurs modestes. C'est votre domaine. Qui sera concerné ? Et pour quel montant exactement ? On parle de 50 euros par mois en plus. Mais pour qui ?
Oui, d'abord, c'est une bonne nouvelle. C'est quand même 3 millions de foyers, de travailleurs modestes, le SMIC au légèrement au-dessus du SMIC, qui vont recevoir en moyenne 50 euros de plus par mois, ce qui fait 600 euros par an. Voilà, donc déjà, il faut se rejouir. C'est une mesure de pouvoir d'achat sur les travailleurs qui se lèvent tous les matins pour aller travailler, modestes dans leur revenu. Et on vient doper, c'est une aide. En fait, la prime d'activité, ce n'est pas une prime au sens salarial. C'est une prime au sens de solidarité. Je suis aussi ministre du Travail et des solidarités. C'est un élément de solidarité par rapport aux travailleurs modestes.
Deuxièmement, ce qui me plaît beaucoup aussi dans cette mesure, c'est l'esprit. C'est la valeur travail. C'est l'incitation au travail. C'est-à-dire qu'on donne un petit plus à des gens qui font le choix du travail. Voilà, je trouve que c'est très intéressant parce qu'on parlait de l'effort de défense, on parlait de trouver les travailleurs et les salariés. C'est le moment d'inciter les gens à aller travailler pour produire et être à la hauteur des enjeux industriels de notre pays.
50 euros pour tout le monde ? Il n'y aura pas des nuances ?
Alors, c'est en gros 50 euros pour tout le monde. Ça peut jusqu'à 85 euros même, en fonction des calculs. Donc, on est en train de caler un peu tous ces calculs.
Par exemple, pour les mères seules ou pour les pères seules ?
Oui, c'est des choses qui sont regardées parce que le barème est regardé. La prime de travail pour une personne seule, elle est autour de 630 euros. Voilà, c'est pour vous donner. Dans 50 euros de plus, ce n'est pas négligeable. Par mois, je le redis. Et elle sera en place à partir du mois d'avril. On est en train d'ajuster les calculs et rentrer tout ça dans les bases pour pouvoir verser ce complément de prime de travail aux salariés concernés.
Et juste rapidement, pour qu'on avance, pourquoi vous n'augmentez pas tout simplement les salaires comme le réclament les syndicats ?
Les salaires, ce n'est pas le gouvernement qui fait les salaires. Ça s'appelle les négociations obligatoires.
Pourquoi vous ne poussez pas les entreprises à augmenter les salaires en baissant notamment les charges sur le travail ?
C'est les entreprises qui décident leur politique salariale. Moi, des négociations annuelles, j'en ai fait plein quand j'étais à la SNCF et c'est bien moi, en tant que président de la SNCF, qui négociais avec les syndicats comment les salaires devaient évoluer. Mais je le redis, plus on fera d'industrie, plus les salaires sont élevés. Parce que l'industrie, c'est des bons salaires. Vous savez combien ça gagne un soudeur ? Un soudeur, ça peut gagner jusqu'à 3 000 euros par mois. Donc je dis aux jeunes qui nous écoutent là, vous qui cherchez un métier et qui cherchez des bons revenus, allez vers les formations qui vous amènent sur les emplois industriels.
C'est un métier d'avenir qui paye bien parce que la valeur ajoutée du travail est élevée, bien évidemment. Comme on travaille sur un sous-marin ou sur un porte-avions qui valent des centaines de millions, on voit bien qu'un salarié qualifié peut avoir la juste récompense du travail qu'il apporte.
Avec Jean-Pierre Farandou,
ministre du Travail et des Solidarités, on parle, Paul, maintenant, d'une directive européenne qui va faire beaucoup parler.
Oh oui ! La transparence salariale. Vous voulez inscrire, monsieur le ministre, dans la loi, avant l'été, deux choses. Un, obliger les entreprises à préciser le salaire dans les offres d'emploi. Deux, créer pour tous les salariés un droit à connaître le salaire de leurs collègues à poste équivalent. Quand on connaît le tabou de l'argent en France, est-ce que vous êtes certain que notre pays est prêt pour ça ?
On parle d'abord d'une cause fondamentale qui est plus largement l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Il y a du boulot. En France et en Europe, on n'est pas les seuls, mais il y a du boulot. L'histoire a fait que, les conditions de travail ont fait que, la manière dont le travail s'organise fait que les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes. C'est inadmissible. Voilà. Il faut s'attaquer au sujet. D'accord.
Donc c'est une façon de réparer ça ?
Il faut le réparer, bien évidemment. Les femmes gagnent moins d'argent que les hommes. Ce n'est pas normal. Et même parfois à post-égal. Il y a un écart de 3-4% même à post-égal. On sait que les femmes, en plus, font davantage de temps partiel, donc gagnent moins, etc. Voilà. Donc il y a un sujet. Troisièmement, il y a une directive européenne. D'ailleurs, la France en est à l'initiative. C'est quand la France était présidente, assuré la présidence de l'Union, que cette idée a germé pour effectivement donner toute la transparence possible sur ces sujets-là. La transparence, c'est la base du progrès. Voilà. Quand on sait les choses, quand on connaît les choses, mais on peut donc les corriger.
Voilà. C'est l'esprit de cette directive. C'est obligé à la transparence. Mais ça paraît normal. Voilà.
Il faudra faire de la pédagogie. C'est dans ce repris. Certaines ne sont même pas au courant du contenu du texte, ne savent pas ce qu'elles devront faire. Ça ne va peut-être pas être évident à mettre en place.
Non, mais bon. Voilà. Donc on va bien sûr transposer tout simplement cette directive. D'abord, c'est la loi européenne que chaque pays membre transpose la directive. Et on a une date qui est autour du 1er juin, 1er juillet. On va au moins engager la loi de transposition pour qu'elle soit votée le plus rapidement possible. Voilà. Donc, d'ailleurs, le dialogue social a commencé. Voilà. On commence à en discuter avec les partenaires sociaux. L'idéal, c'est de la méthode. D'ailleurs, vous savez que la méthode, c'est important. On a parlé de la méthode de Cornu. Il y a peut-être une méthode Farandou. La méthode Farandou, c'est le dialogue.
Et chaque fois que le dialogue social peut marcher et que les partenaires sociaux peuvent se mettre d'accord, c'est facile de transformer cet accord en une loi. Donc, on verra si on arrive à un accord, en tout cas, un compromis acceptable qui sera la base de la loi. Alors, bien sûr, il faudra accompagner les entreprises. Bien évidemment, surtout qu'on va changer de système. Elle s'était habitée au système des 10 Pénicaux, l'indice Pénicaux. On va amener ce nouveau système européen basé sur la transparence avec des indicateurs. On va bien sûr qu'ils seront automatisés d'ailleurs pour rendre la capacité de faire ces tableaux de bord le plus facile possible.
Oui, nous allons accompagner les entreprises pour qu'elles soient en capacité de faire marcher le nouveau système.
Jean-Pierre Farandou, il y a un flou dans ce budget. C'est l'apprentissage. Le gouvernement veut réduire les financements. Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui combien cela représente en milliards et combien il y aura en moins ?
L'apprentissage, d'abord, c'est une politique qui marche. Il faut rendre gaz d'ailleurs au gouvernement successif qui, depuis 2017, sous l'impulsion du président de la République, en fait, il a voulu rattraper l'Allemagne. L'Allemagne, ils ont un système d'apprentissage qui marche bien. Le nôtre ne marchait pas très bien. Pourquoi renier
une politique qui marche ?
Alors, on ne la renie pas du tout. Je veux dire, on la garde, on ne rogne pas sur une politique qui marche. Et donc, on va dépenser, vous le verrez, les chiffres ne sont pas encore complètement finalisés.
Un ordre d'idées, un ordre de grandeur.
On va mettre beaucoup d'argent. On mettra beaucoup de milliards encore dans l'apprentissage.
Combien à peu près ?
Ça sera le résultat, mais ça sera très important.
Aujourd'hui quoi ?
C'est 15 milliards aujourd'hui. On ne sera pas si loin que ça. Alors, on va ajuster parce que le cadre d'économie, il est là. Vous savez, quand vous voulez à la fois maîtriser les déficits publics et nous voulons le faire. Le 5% est impératif. C'est très important. Vous voulez mettre plus d'argent sur la défense et la sécurité intérieure parce qu'il y a aussi la lutte contre l'incotrafic, mais vous devez accepter d'ajuster les budgets sur les autres postes. Et par l'efficience, moi je crois beaucoup à l'efficience, on peut avoir des marges d'efficience et oui, on va procéder à quelques recadrages, mais moi ce que je regarderais c'est le coefficient d'insertion.
Parce que moi, quand le ministère du Travail finance des formations, je veux que ça serve à insérer les jeunes dans le travail. Et là, je pense qu'il y a des marges de progrès dont c'est ce critère-là que nous utiliserons pour recibler les choses.
Il y a quand même eu plusieurs baisses sur l'apprentissage et ça a fait reculer le nombre aussi de contrats signés. Vous pouvez nous dire aujourd'hui combien de postes ont disparu à cause de ces baisses ?
Pas énormément, pas énormément. On est toujours à plus de 800 000 jeunes qui rentrent dans l'apprentissage à la rentrée 25. 878 900. Donc c'est considérable. Je crois qu'il y a une baisse de 3 ou 4%. La situation économique joue aussi quand même. Donc tout ça joue quand même. Et le cœur de l'apprentissage, vous savez, moi j'aime beaucoup l'apprentissage, le cœur de l'apprentissage c'est prendre des jeunes autour de 18-19 ans qui ont besoin encore d'être formés et formés à tous les sens du terme, formés en termes de métier mais presque en tant que jeunes adultes. Et moi je sais très bien notamment que dans les petites entreprises c'est presque aussi une formation de citoyenneté qu'on fait.
C'est très très important parce que moi je le vois en tant que ministre du Travail, travail et citoyenneté ça marche ensemble. Donc je peux dire à votre micro aujourd'hui que nous préserverons l'essentiel de l'apprentissage bien évidemment dans sa faculté à former des jeunes d'un côté et à les insérer dans le monde du travail.
En quelques mots parce qu'on a encore plein de questions très importantes à vous poser. Vous voulez également mettre en place une allocation sociale unique. Est-ce que vous pouvez garantir qu'elle ne diminuera pas le montant des aides pour ceux qui en bénéficient ?
Alors l'allocation de solidarité unifiée parce que c'est ça que veut dire le sigle. Donc on est dans le domaine des aides sociales. On est dans la politique de lutte contre la pauvreté parce que ces aides sociales servent à ça. Le RSA, la prime d'activité pour les travailleurs modestes, les aides au logement servent à sortir les Français de la pauvreté. Voilà. On a un problème de pauvreté dans ce pays mais les autres pays européens aussi d'ailleurs. Et parfois même notre taux de pauvreté il est un peu inférieur à la moyenne européenne. Voilà. Donc il faut se le dire. Mais parce qu'on lutte contre la pauvreté de manière efficace. Cette allocation elle a plusieurs objectifs.
D'abord elle a l'objectif d'aider au recours au droit parce qu'on va créer un compte social unique qui sera accessible de manière digitale cette espèce de social.gouv.fr qui permettra à chaque Français de connaître l'état de ses droits et donc ses droits. Et donc les choses seront plus simples pour que les Français bénéficient légitimement de leurs droits. Deuxièmement ça sera plus équitable. Aujourd'hui les choses ne sont pas très équitables potentiellement pas très équitables notamment dans le retour au travail. Voilà. Comment les choses se distribuent. Il y a aussi un problème de barème. Par exemple il y a pas mal d'aides qui sont liées au statut.
Parce que vous êtes chômeur vous avez droit à quelque chose. Mais vous avez des chômeurs qui gagnent parfois plus d'argent que des gens qui travaillent. C'est pour ça que Bruno Rotaillot
dit que votre système c'est une usine à gaz et que c'est pas ça qu'il faut faire pour remettre à plat notre système qui n'incite pas assez à la reprise au travail.
Je suis mis en faux justement puisque le troisième objectif de la loi c'est l'incitation au travail. Et parce que comme on l'a dit sur la prime d'activité il est important que les Français soient incités à reprendre du travail. On a besoin de Français qui travaillent. Voilà les trois principes de cette loi. Les principes de cette réforme passeront dans une loi et ensuite on aura trois ans pour mettre à point tout le système parce que ça passe aussi par un grand projet informatique.
Il faut fusionner toutes les bases donc on a trois ans de travail devant nous et je propose la mise en place d'un groupe de travail avec tous les partis politiques qui le souhaiteront tous les syndicats qui vont en venir toutes les associations les départements les municipalités pour travailler ensemble sur la précision dans le barème de cette nouvelle allocation.
Un nouveau train a déraillé en Espagne un nouveau mort deux jours après la collision qui a fait 42 morts en Nadalouzi. Vous qui connaissez si bien le monde du rail qu'est-ce qui se passe là-bas ?
Vous avez raison vous savez que j'ai passé 45 ans de ma vie dans les trains j'ai appris les règlements de sécurité par cœur j'ai conduit des trains donc je vois très bien ce que ça peut faire quand on a une cabine de train j'ai tenu des peaux aiguillages donc je sais ce que c'est qu'orienter les trains sur les voies ferrées d'abord je suis sidéré atterré le nombre de morts est considérable c'est une énorme catastrophe ferroviaire on fait partie malheureusement des grandes catastrophes ferroviaires je suis sidéré aussi parce que techniquement je ne comprends pas je ne suis pas le seul je ne comprends pas le train était neuf la voie était neuve on est en ligne droite il n'y a pas d'événement climatique particulier de glissement de terrain ou quoi que ce soit
On est à l'abri de ça en France ?
Vous savez moi j'étais président de la SNCF pendant 7 ans j'y pensais pas tous les jours mais presque il faut être humble malgré tous les efforts qu'on fait Dieu sait qu'on en fait au niveau des équipements modernes au niveau de la formation des agents au niveau des contrôles au niveau de l'intensité du management de la sécurité
Vous voulez dire qu'il n'y a rien à faire ? On ne peut pas parce que là vous n'arrivez pas à expliquer ce qui s'est passé en Espagne
Il faut laisser l'enquête faire
On ne peut pas tout anticiper
Mais je ne sais pas Là je suis très humble Vous savez il faut être très très humble le ça peut arriver je n'accepte pas l'idée que ça peut arriver il n'y a aucune fatalité tout a une cause donc il faut comprendre la cause et ensuite prévenir la cause la sécurité consiste à éviter les accidents donc identifier les risques comprendre comment peuvent venir les risques et mettre en place les méthodes qui évitent le risque Voilà donc vous savez l'attribut du chemin de fer c'est la sécurité donc il est très très important et c'est le cas c'est le cas en France notamment que le train reste un des modes de transport les plus sûrs
Jean-Pierre Farandou comme tous les jours c'est le moment de la question qui ? Tout de suite la question qui sauve la démocratie sociale dans un livre qui paraît aujourd'hui trois spécialistes dressent un amer état des lieux du syndicalisme en France pas au niveau de ses voisins il propose notamment d'interdire la grève pendant les négociations car on ne peut pas bien négocier avec un pistolet sur la tempe disent-ils vous l'ancien patron de la SNCF ça vous parle non ? Est-ce que c'est une bonne idée ?
Moi ce qui est une bonne idée c'est le dialogue social et aucune réforme ne pourra se faire contre le dialogue social ou sans dialogue social voilà donc moi mon expérience longue vous le savez avec quelques échecs et quelques réussites je pense qu'avec un peu de recul être parvenu à séréniser le dialogue social au sein de la SNCF il le sait quand je suis arrivé il était chaud bouillant
mais interdire la grève à ce moment-là ?
La grève c'est un droit constitutionnel il faut y faire attention j'y suis attaché comme tous les français voilà donc ce sont des sujets sensibles et toute manière toute évolution devra passer par une concertation une acceptation de l'évolution
autre sujet sensible dans ce livre intitulé sauver la démocratie sociale ils veulent aussi limiter le nombre de syndicats pour les rendre plus forts est-ce qu'il y a trop de syndicats en France et est-ce qu'ils sont trop faibles ?
c'est l'histoire de notre pays chaque pays a son histoire alors c'est vrai le fait d'avoir plusieurs syndicats peut faire que les réunions sont plus longues puisque chacun veut prendre la parole c'est pas moi qui vais décider c'est à eux de voir mais je pense aussi
que ça reflète aussi notre pays
on voit bien il y a une diversité dans ce pays il y a des histoires différentes ça donne plusieurs organisations syndicales qui ont chacune leur positionnement et leur origine là encore les choses se feront elles doivent se faire moi ça ne me gêne pas en tout cas dans ma pratique de devoir avoir affaire à plusieurs organisations syndicales ça reflète la diversité de notre pays
merci beaucoup Jean-Pierre Farandou d'avoir répondu aux questions de France Info merci Paul on se retrouve demain
Jean-Pierre Farandou