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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 24 septembre 2019 34 minComplaisantPortrait personnelTravail & emploiImmigration & asileSolidarités & famille

Banlieues : une histoire populaire de la France ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi êtes-vous absente de ce film qui sort en salles mercredi ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous aviez l'impression d'être une habitante des Mureaux ou toujours un peu à l'extérieur ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    À quoi ressemblent les Mureaux ? Est-ce une cité traditionnelle ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    La ville a-t-elle été bien pensée urbanistiquement ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment la question du travail se télescope-t-elle avec celle du territoire ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Les jeunes d'aujourd'hui ont-ils intégré cette mémoire ouvrière ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Manon HotteFait
    « En 52 quand on y est renault a décidé de s'implanter la base telle idée de l'usine à la campagne »
  • 11:00Manon HotteFait
    « L'usine de Flins a été occupée en 68 par les ouvriers »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] et dans l'actualité des idées aujourd'hui banlieue une histoire populaire de la france on en parle avec notre invité qui a remonté le temps des luttes celle notamment de l'usiné renault flins et elle a occupé l'espace celui des mureaux dans les yvelines ville témoin de ces évolutions chercheuse en sciences sociales manon hotte publie de cendres et de braise shean à mozac un livre et un film qui porte le même titre et qui sort en salles mercredi un portrait à la fois sensible et politique de ce territoire ouvriers en transformation tel qu'elle le présente ce projet mme et c'est vrai un double projet réalisé par ailleurs avec son complice grégory cohen bonjour à vous maintenant au top bonjour vous avez passé du temps aux mureaux vous y avait même des ménages et je crois a vécu plus d'un an pourquoi êtes-vous absente de ce film qui sera en salles mercredi c'est à dire pas à l'image ni visible ni audible mais peut-être très présente autrement oui je suis absente effectivement au sens on ne m'entend pas mais je pense que c'est en finn qui dans son écriture est quand même très personnel c'est un portrait vous le disiez d'un territoire en mutation mais c'est aussi un portrait très subjectif c'est un film qui porte un regard sur une histoire sociale mais c'est aussi un film qui passe par la poésie je pense que je suis présente au travers d d images et de du récit mais pas l'image ni à la voie en ayant vécu un moment là bas vous aviez l'impression d'en être au bout d'un moment d'être comme une habitante des mureaux où une habitante comme les autres où vous êtes toujours resté un tout petit peu à l'extérieur c'est peut-être pas cette proximité là que vous avez recherché alors je dirais un petit peu des deux c'est à dire je suis devenu habitante il y avait un côté à la fois proche et lointain parce que j'ai commencé à travailler aux mureaux en effet comme chercheuse et comme cinéaste d'abord en me rendant pendant trois années pour faire un travail d' enquête de recherche et un moment j'ai vécu sur place donc effectivement partagé un quotidien et mais il y avait toujours que je gardais aussi ce regard voilà c'est à la fois proche et lointain c'est à dire un regard aussi distanciée de volonté de recherche de comprendre et c'est pour ça d'ailleurs aussi dans cette envie de compréhension qu'on vous avez et de compréhension de ces situations mais aussi de l'histoire de cette ville et de cette cité ouvrière que vous placez votre caméra au centre est en tout cas délibérément pas à temps le sentiment en surplomb c'est une caméra témoin qui va raconter le quotidien des habitants des familles qui sont installés là depuis très longtemps et des enfants aussi de ces familles de ses filles et fils d'ouvrier qui sont passés par les usines renault est ce que pourrait juste nous décrire nous raconter à quoi ressemblent les mureaux est ce que c'est une cité traditionnels comme on l'imaginait fait deux tours avec aussi des quartiers plus résidentiels comment vous décririez pour ceux qui n'y ont pas été comme one et les mureaux et bien c'est très étonnant comme paysage à la première fois que je suis arrivé au bureau c'était en 2010 et en fait c'est une ce sont des quartiers qui ont été construits à côté de la campagne au milieu des champs et ça c'est lié à l'histoire en fait de l'implantation de l'usiné renault à flins quelques kilomètres plus loin c'est à dire que en 52 quand on y est renault a décidé de s'implanter la base telle idée de l'usiné à la campagne et puis à partir de là il fallait donc logé la main d'oeuvre construire un premier quartier la cité renault puis quand l'usiné s'est développée que de nouveaux modèles de voitures un deuxième puis un troisième donc c'était aussi des cités au milieu des champs au milieu des vignes et le quartier au moi j'ai habité la vigne blanche porte doucement le nom des femmes a fait écho à se passer de de vignes qui qui donc c'est c'est un décor on a effectivement un décor urbain mais juste derrière les immeubles et tours et les bars du quartier c'est la forêt c'est des chances et c'est vraiment la campagne donc ça crée un mélange d'urbain et de campagne près je vois quelque chose de très cinématographique et voilà dans ce paysage et urbanistiquement vous dirais que la ville a été bien pensé alors est là c'est une ville qui aujourd'hui est assez coupé en deux c'est à dire on a d'un côté le vieux village qui se trouve en bord de seine d'un côté de la gare et puis de l'autre les quartiers les cités hlm qu'on appelle parfois les quartiers sud de la ville donc il ya une volonté aujourd'hui à l'adc de retisser de créer la mobilité mais c'est une ville qui est quand même un petit peu en voilà en deux parties et qui ont aussi poussé très rapidement ce que vous vous expliquiez il fallait tout à coup l'eau j'ai énormément de monde ces nouveaux ouvriers qui arrivait dans cette usine renault qui venait d'être construite là on va écouter un extrait de votre documentaire manon hotte de cendres et de braise ou un couple revient sur l'ouverture de l'usiné dans les années 50 et 56 open la création usine de 52 52 52 j'avais à peu près à moins de dix mille personnes moins dix mille personnes c'est quand même pas mal conçu zine et en 69 fuit son passé en équipe pour 2,8 donc les objets quasiment doubler les effectifs il n'y avait pas ces d'embûches sur le droit ils ont été chercher l'immigration maghrébine et puis africaine y avait des portiers mais y'avait pas assez déjà quand ils ont construit l'usiné ils ont ils ont été chercher des gens des immigrés de l'intérieur qui souhaitait chercher les gens le sort des sarthois à la sarthe elle est importante cette histoire passée manon hotte pour comprendre aussi comment vivent les mureaux aujourd'hui oui c'est elle et elle est fondamentale et serait à l'origine de tout ce travail de recherche parce qu'il ya eu c'est une race à part d'une recherche entre sciences sociales et cinéma que que j'ai menée à l'université d'evry pas réfractaire à l'origine de tout serait de recherche il y avait cette envie d'essayer justement de revisiter de quelques d'historiciser leurs gardes pour occire politiser le regard c'est d'essayer de comprendre l'histoire sociale de faire sentir le poids de l'histoire collective de l'histoire ouvrière de repenser la question sociale dans ces espaces parce que c'est quelque chose justement enfin souvent quand on parle des quartiers populaires hong lei ils sont toujours des pins au présent dans une sorte de présent permanent donc ça c'est dans l'actualité très souvent déconnectées de leurs histoires souvent décrit comme des mondes à part et du coup pour re tisser des liens repolitiser le regard ça me semblait essentiel de revisiter cette histoire ouvrière surtout que quand j'ai commencé à me rendre aux mureaux a travaillé en 2010 pour faire des recherches et tout un trade enquête j'arrivais dans le contexte de rénovation urbaine une bonne partie des quartiers étaient en chantier permanent avec des démolition des tours et des barres et ses images de démolition ou de décombres omniprésent que je trouvais qu'ils posaient voilà qui me pose des questions je trouvais que c'était une image assez violente et j'avais envie de voir qu'est-ce qui se réinvente et derrière ces décombres mais aussi quelle histoire quelle mémoire surtout que avec la rénovation urbaine il ya cette idée de changer l'image de la ville de tourner une page et alors qu'il me semblait essentiel pour comprendre le présent à la de revisiter aussi cette histoire aussi des immeubles qui sont souvent plaints de l'histoire effectivement l'histoire de ces familles qui ont aménagé là qui ont qui ont grandi là pour les enfants et qui sont parfois là encore et c'est souvent ce déchirement qui racontait d'ailleurs par par des habitants de ces cités qui sont rasés alors souvent ces immeubles sont rasés parce qu'ils sont vétustes parce que il ya aussi l' envie de reconstruire d'aider des immeubles et des bâtis plus actuelle mais ces familles voient partir avec ces démolitions une part de leur histoire aussi pour beaucoup ne seront pas d'ailleurs reloger la met plus loin à côté en tout cas ils profiteront pas forcément de ces rénovations pour comprendre aussi et on l'entend bien à travers cet extrait de votre film de cendres et de braise comment la question du travail se télescope avec celle du territoire là tout est dit ou presque à la naissance des mureaux avec la naissance de l' usine renault oui alors l'extrait qu'on a entendu c'est un couple fabienne lauret et jamaa ou rami qui tous les deux sont d'anciens ouvriers l usine de flins qui sont filmés un soir chez eux en train de regarder des photos ils me montrent des photos de lusine des photos des grèves de nuit avec la bougie et il parle donc de cette histoire depuis la création de l' usine en passant par l'histoire aussi des luttes qui ont traversé ce territoire puisque l'a pas encore dit mais voilà la question des luttes sociales et le fait qu on est dans d'anciens bastions ouvriers moi c'est quelque chose qui m'a vraiment beaucoup intéressé et tous les deux sont très bien placés pour en parler puisqu'ils ont participé à un autre un certain nombre de luttes dans les années 70 fabienne était arrivé à la flamme comme ouvrière volontaire c'est à dire qu'elle s'y étaient établis après 68 avec cette idée voilà de lutter pour l'émancipation de la classe ouvrière et ils sont venus habiter à flins enfin parlons travaillèrent flins est habité aux mureaux parce qu'ils aient fait effectivement l'histoire de l'industrialisation croise celle de l'urbanisation comme on le disait et aussi d ailleurs celle de l'immigration donc c'est vraiment une histoire très complexe très riche elle a croisées entre histoire histoire ouvrière histoire d'immigration histoire urbaine passé voilà tous ces liens qui m'ont qui m'ont intéressé et c'est aussi une histoire qui est traversé un moment donné par celle le choc pétrolier de 73 la désindustrialisation et j'avais envie voilà de tisser des liens entre l'hier et l'aujourd'hui est aussi d'aller à la rencontre des nouvelles générations et comment chacun voit cette histoire et qu'est ce qui se construit aujourd'hui et ce qu'il en reste quelque chose de ces luttes aujourd'hui dans le témoignage de fabienne on a l'impression que c'est une histoire ancienne c'est du passé par la structure même de l' embauche à un moment donné est ce que raconte fabienne et d'autres données du film c'est effectivement que fabienne à cette phrase très cette question elle dit aujourd'hui qu'il n'y a plus de 80 % d'intérimaires sur une chaîne d'automobiles comment on fait pour faire une grève et le film raconte effectivement ces mutations du travail d'une usine qui est passé de plus de 20 mille ouvriers dans les années soixante dix à moins de 5000 aujourd'hui dont une bonne part d'intérimaires et les jeunes qu'on rencontre aux mureaux qui pour un certain nombre travail aussi ont eu parfois des expériences chez renault et aujourd'hui sont plus embauché par exemple dans les services dans la sécurité dans la livraison qui sont des secteurs le tertiaire qui sont eux aussi prolétarisés où il ya une voilà une précarisation de l'emploi et il ya encore quand même un engagement à envoie devant l'usiné devant votre caméra aussi ça continue à tracter il y a des nouvelles mobilisations sur les nouvelles formes du travail d'ailleurs la question des cdi pour des intérimaires qui qui peut être intéressé on voit le syndicaliste redistribuant ces tracts essaie de convaincre les employés arrivants ou le salarié ou des ouvriers arrivant à l'usiné de la nécessité de se réengager dans ce combat là oui enfin là le film montre aussi à des grèves à l' usine de flins au cours des dernières années effectivement il ya toujours des luttes des grèves donc là ce fils de l'engagement c'était d'ailleurs une des questions qui moi m'a vraiment intéressé à traire tout ce travail aussi bien pour le livre que pour le film où on en est aussi malade du feu de 1968 ce que le film part au cid archives l'usiné de flins a été occupée en 68 par les ouvriers il ya un film de jean pierre thorn qui s'appelle aux élus téoz et vaincre que j'avais découvert pendant tout pendant ce travail de recherche au tout début qui met beaucoup marqué parce que c'est vraiment un témoignage de l'intérieur de cette occupation de l'usiné qui a fait de flins inde et des phares de la grève de 68 et donc j'utilise ces archives et un moment voir des ouvriers qui font un feu et cette question voilà deux de ce feu qui a été là en 68 voilà où voilà où en est il quels autres formes de luttes nouvelles formes de mobilisation se réinvente dans ces espèces c'est ce feu qui donne aussi au film son titre et au livre son titre de cendres et de braise oui c'est donc le récit du feu c'est un derrière le récit documentaire c'est plus un récit sensible qui traversent le film par petites touches parce que je me suis rendu compte au fil du tournage qui est jeu j'emmagasine est beaucoup d'image qui avait attrait à ce motif du feu c'est à dire les grèves devant l'usiné où on faisait brûler des palettes des barbecues qui avait lieu dans le quartier est aussi une séquence du film avec un personnage mohamed hocine à momo qui se passent toute une nuit à côté d'un feu où il nous parle de sa vie et il remue les braises pour essayer de faire repartir le feu donc il serait cette idée voilà de de cendres de cendres du mouvement ouvrier mais de braise de caisse qui se réinvente qu'est-ce qui cette idée aussi de décombres de caisse qui serait invendable derrière les décombres cd des motifs qui traversent le film parce que même si comme on l'a dit c'est un film cas c'est ce désir de poser des questions sociales politiques voilà deux c'est un film qui n'est pas du tout didactique qui passe aussi par le travail de l'allégorie par le travail par la poésie par les motifs voilà cette époque ces années de lutte elles ne sont pas totalement partie en fumée il en reste quelque chose qui peut être se transformer et renaît autrement vous évoquez ses archives que vous avez utilisé celle du film de jean pierre thorn aux élus téoz et vaincre et vous dites avoir voulu montrer dans votre livre des traces au des survivances de l'histoire ouvrière de la cité des mureaux comme des fantômes qui continue de hanter ce territoire est ce que pendant le tournage du film l'écriture de livres vous les avez vraiment ressenti ces fantômes leur présence quand vous étiez là bas oui parce que cette histoire ouvrière elle est toujours c'est à dire qu'il ya dans les quartiers où moi j'ai travaillé c'est à dire essentiellement le quartier de la vigne blanche et des musiciens à la vigne blanche par exemple c'est surtout ça encore les familles qui vivent là des familles dont le père souvent été ouvrier chez renault même si aujourd'hui ils sont à la retraite donc l'histoire de renault elle est présente dans les récits dans les paroles et même chez les plus jeunes puisque ils ont grande beaucoup on grandit donc avec le souvenir d'un père qui rentrait du travail de lusine mais beaucoup aussi une expérience d'y faire des stages en intérim ou en remplacement donc c'est un sujet une histoire là qui est toujours présente même si la trace comme le dit un des personnages du film fabián d'ailleurs s'amenuisent de plus en plus mais effectivement vous suivant vous aussi ma note on a envie de comprendre ce qu'il en reste de cette mémoire ouvrière est ce que c'est une mémoire oubliée ou comment la plus jeune génération l'a intégré voir transformer cette mémoire des pères alors déjà est ce que les pères et les mères ont raconté cette histoire à leurs enfants l'une vous dit quarante ans à faire les mêmes gestes en parlant de ses parents j ai travaillé 18 mois je ne le regrette pas il faut y aller pour comprendre ses parents qui lui ont aussi appris que la vie est un combat permanent un autre se souvient de son père lui disant un jour que lui son fils était né ici qu'il a été à l'école ici et qu'on peut pas terminer du coup comme lui comme lui comme le père chez renault à la chaîne quand on a on a cette chance d'être nés et d'avoir été à l'école ici on va écouter d'autres témoignages devant votre caméra manon hotte extraits de deux centres et de braise quand j'étais petit je vais faire comment dire je travaille j'ai jamais eu de retard jamais par france jamet qu'on veut motards voilà tambour mal de bruit il dormait ils ont l'air de la connaître l'histoire effectivement de leur père mais ne pas vouloir de cette ville à manon hotte oui c'est un moment donc c'est une scène avec un groupe de jeunes une bande d'amis qui parle au pied d'un immeuble entre eux donc ils sont tous des enfants de chez renault des enfants d'une histoire ouvrière et d'immigration et effectivement dans ce moment là il nous parle des de la pénibilité du travail à la chaîne de l'aliénation au travail de se sentir comme étranger à son propre cordes et ils disent souvent que leur expérience de stage ou de d'intérim chez renault ils ont convaincu d'essayer de s'accrocher de travailler à l'école pourrait se trouver un travail meilleures et parce que aussi pour eux ils ont le sentiment que voilà se retrouver sur la chaîne à côté de leur père qui souvent est et a fait ce travail pendant 40 ans est venue en france en espérent offrir une vie meilleure à leurs enfants mais ce serait voilà pour eux effectivement ce serait une sorte un peu comme un échec alors il se trouve qu'aujourd'hui beaucoup de ces jeunes qui sont filmés travail plutôt dans les services dans des secteurs qui sont aussi voilà très compliqué précarisés difficile est ce que raconte aussi le film c'est une transformation en fait du monde ouvrier s'est on est très loin de la fin ou d'une disparition du monde ouvrier comme parfois certains ont voulu l'annoncer mais le film parle plutôt de transformation du travail et ce monde ouvrier et les temps changent mais les hommes restent c'est aussi l'un d'eux qui vous dit d'ailleurs le quartier on aime on ne va pas le quitter on a tout fait ici notamment ils ont eu leur premier leur premier amour un autre qui vous dit j'ai besoin mon petit ghetto j'aime bien ce décor il me plaît à quoi tient cet attachement pour y tient une beaucoup de choses pour tous ces jeunes dont vous citer quelques paroles ils ont grandi là donc effectivement le quartier c'est là où ils ont tous leurs liens des liens de solidarité des liens familiaux amicaux deux premiers amours de donc il ya un attachement qui tient au fait voilà que c'est aux attaches en fait à la dimension humaine et la solidarité qu'on peut retrouver dans voilà de certains de ses quartiers et il ya ce double à la fois certains émettent aussi un certain nombre de critiques sur ce qui se passe dans le quartier mais il ya toujours cet attachement qui revient un moment dans dans les mots d des personnages du film nous on est né dans la crise vient d'être des garçons d'aujourd'hui vous interviewez c'est vrai que la crise dure quel concept quand c'est là sur les vies on l'entend un peu à travers la difficulté à trouver des emplois mais quelle conséquence elle a aussi sur le territoire sur ce territoire un des mureaux cette crise c'est effectivement une précarité dans l'emploi et qui se répercute dans la vie quotidienne dans le quartier puisqu'on et ça c'est peut-être plus dans la partie dans le livre sur lequel j'essaie de revenir un petit peu sur ces réalités on est dans des quartiers où effectivement il ya un taux de chômage et de précarité un emploi qui est deux fois supérieur à celui de la moyenne nationale donc ça engendre aussi des modes de vie qui ont aussi à voir avec la sueur vite et ça touche aussi de le territoire la ville oui parce qu'on est sur un territoire qui est qui comprend plus de près de la moitié de logements sociaux dont sur une ville de 30 mille habitants près près de 15000 près de la moitié de la population vit dans ces quartiers qui sont parmi les premiers touchés par la la désindustrialisation là le chômage ou la précarisation alors presque comme une réponse à cela l'un des garçons vous dites encore moi je comprends pas pourquoi c'est toujours le ministre de l'intérieur qui vient et pas le ministre de l'emploi on va écouter les mots d'un ancien ministre de l'intérieur devenu premier ministre c'était en octobre 2015 manuel valls en déplacement aux mureaux pour un comité interministériel sur l'égalité et la citoyenneté politique de peuplement absurde voire parfois criminelle immigration pauvre concentrés dans les mêmes villes les mêmes quartiers fuite des classes moyennes l'apartheid dont j'ai parlé c'est cela laisser faire c'est prendre le risque d'une explosion permanente de notre société pardon c'est moi manuel valls quand ils étaient aux mureaux ils y sont tous un peu passé d'ailleurs par là c'est presque un passage a obligé nicolas sarkozy manuel valls bruno le roux gérard collomb christophe castaner si je ne me trompe encore récemment en juin dernier ce mot de tous ces maux d'apartheid territoriale prononcé par manuel valls est ce qu'ils correspondent pour vous une réalité où est ce que ce sont des mots qui ont quand même blessé quand ils ont été prononcées là-bas pour vous il me semble que c'est des mots qui ont blessé effectivement plus d'une fois et c'est intéressant que vous rapprochez voilà ces deux moments ce moment où on entend juste enfin dans le film d vous citiez des jeunes des mureaux qui disent qu'on nous envoie un ministre c'est toujours le ministre de l'intérieur c'est pour parler du fait qu'on va construire deux nouveaux commissariats c'est pour parler de la répression de problèmes de délinquance mais on nous envoie jamais le ministre du travail alors que voilà les ces jeunes sont très conscients que ce qui se joue dans ces quartiers et les difficultés qu'on peut y trouver ne trouvent pas leurs sources nécessairement dans les quartiers mais dans des questions beaucoup plus large de sociétés des questions économiques des questions de modèle de société de des questions de travail et du coup dans ces mots des politiques il ya souvent à la une sorte de stigmatisation et de construction d'un objet banlieue comme un monde à part comme une zone de non droit est ce vrai que je pense que c'est très problématique et mon travail à hassoua historique et sociologique a été beaucoup plus d'essayer de de repenser le commun repenser l histoire sociale et de retisser des liens on met tout en repartant de ces images médiatiques celle qu'on a l'habitude de voir aussi sur la banlieue où les quartiers populaires et notamment celle des feux celle des voitures qui brûlent celle de cette banlieue note entre autres autour des événements de clichy-sous-bois dix ans après d'ailleurs quand vous êtes retourné d'une banlieue qui brûlent qui est à feu oui à ce qu'on pourrait dire c'est que justement d' dans les médias c'est souvent les grands feux ccme c'est qu'ils apparaissent et que 200 dre de braise loin de ces grands feux qui retiennent l'attention médiatique où l'attention des politiques de cendres et de bresse est beaucoup plus intéressé au petit feu et ses petits feux pour moi je les ai trouvés dans des paroles dans des récits d'habitants dans des paroles qui vont être parfois intimes d'autrefois politique parce que le tout le temps long que j'ai choisi de passer aux mureaux c'était aussi là pour aller en quête de cette parole alternative différente qui loin des récits dominant produits d'autres discours contre hégémonique même parfois c'était pour montrer aussi une diversité de vécu et ses petits feux ce sont des personnes qui expriment un rêve une colère une révolte et donc de cendres et de braise à un film qui s'intéresse beaucoup plus au petit feu par opposition un petit peu aussi aux grands feux qui occupent l'actualité avec nous jusqu'à 13h30 la réalisatrice et chercheuse en sciences sociales manon hotte à l'occasion de la parution de son livre et de son film ils portent tous les deux le même titre de cendres et de braise le film sort en salles mercredi est le livre rech et anna mozac france culture 13h20 [Musique] france culture la grande table olivia gesbert vous évoquez votre démarche à l'instant manon hotte si on réfléchit aux rapports entre art et recherche en sciences sociales relation que vous articulé vous au quotidien et qu'on essaye de comprendre quelles valeurs à son fils ce film pour vous je vous propose d'écouter peut-être en introduction ces mots de william klein à propos de son film à lui grands soirs et petit matin mai 68 au quartier latin il s'explique après un extrait du film sur sa démarche en 1968 au népal n'est pas le programme de 1917 que le niveau politique est beaucoup plus élevé que les moyens d'information de masse te permet des charniers à des courroies de transmission vers les masques qui sont tout à fait nouveau les mines ne disposait pas de la radio il ne disposait pas des reportages en direct la la science la l'est avant qui lui a tant attendu mardi en europe 1 écoutez on a en a on est dans notre camp la masse des scientifiques de ce pays savent eux par exemple on tournait cela dans une optique de film de synthèse car des cinéastes ne passez pas uniquement leur temps dans les conditions de suresnes il y avait également dans un lieu à paris une production improvisé qui devait fabriquer un film de synthèse sommet on a décidé qu'il y aura des tournages en cinéma direct qui a été relativement neuf à l'époque c'était seulement depuis six sept ans que lis les caméras sonore portatif existé et on était encore sous le charme de cinéma direction ma vérité et il était question de tourner dans les usines dans les campagnes en province dans les partis politiques pour tous et que toutes les équipes remettrait lors pq a recruté centrale chacun ferrer l'ampli film et ça serait un film qui raconterait mais comme jamais on a filmé un événement historique en direct à la raconter mais comme jamais on leur a filmé disait william klein cet intéressant cette idée cette conscience qu'il a au moment du tournage aussi de filmer un événement historique de la force que le direct va pouvoir acquérir pour des années plus tard raconté aussi cet événement alors bien sûr aujourd'hui vous les grands événements qui sont passés aussi par les mureaux sont derrière mais il y à ce quotidien est ce que vous avez quand même le sentiment de d'avoir tourné aussi un film de synthèse comme il le dit un film qui synthétise une époque un moment dans la vie de cette ville et de ses habitants c'est vrai que dans grand soir un petit matin film magnifique il ya sept ce côté un petit peu film de synthèse film état des lieux que de cendres et de braise ya également ce côté état des lieux c'est aussi un film qui est construit par fragments sauf que ces fragments qui sont autant de rencontres parce que aussi bien le film que le livre sont vraiment donné d'une histoire de rencontres de rencontres au pluriel et tous ces fragments ce qui fait événement je dirais il n'y avait pas un grand événement historique ce qui fait l'événement c'est les petites histoires des gens c'est leurs paroles c'est peut-être aussi un autre point commun avec 'grand soir' petit m c'est un film qui parle qui fait un état des lieux au sens où il essaie de décrire les mutations d'une société mais en même temps c'est un film de parole qui va chercher des paroles qui font rupture des paroles qui nous surprennent et il y avait un véritable enjeu à ça parce que je filmais dans des lieux où ceux qui les habitent sont souvent plus parler ou racontée par d'autre part les journalistes par les chercheurs les sociologues qui n'ont l'occasion de raconter eux mêmes leur histoire donc je suis vraiment parti voilà en quête de parole mais après le film s'arrête aussi c'est un regard subjectif et puis c'est une photographie à un moment effectivement particulier et je dirais que ce qui fait histoire ce qui fait événement dans le film c'est des choses très simples comme l'apparition derrière une fenêtre d'une silhouette c'est un moment de paroles de mon mot à côté du feu où il a une parole très très fort tout d'un coup il apparaît comme la figure d'un da d'un vieux sage qui fait son feu sur la colline c'est des petits moments qui sont des moments aussi de poésie parce que c'est le sandre de bresse aussi avant tout un film de cinq films de recherche mais c'est aussi un film de cinéma voilà parce que deux centres de braise c'est aussi un livre de sciences sociales et d'ailleurs on y croise des figures qui qui vous ont marqué et inspiré aussi dans votre travail et vos réflexions vous restez une chercheuse vous n'êtes pas un témoin neutre manon hotte aussi dans cette démarche là on y retrouve à la fois alter benyamine comme les s'empare de jacques rancière ou encore le peuple qui manque de 2,2 le ce peuple qui reste à inventer et qui doit d'abord apprendre à se raconter d'où l'importance que vous évoquiez de la parole et ce qu'ils avaient aussi pour vous envie d'aller et prouver sur le terrain c'est grand c'est grande idée qui va dans ses grandes idées qui vous ont marqué alors effectivement dans un travail de recherche il ya une une partie aussi de il ya eu une partie de travail plus théorique même si l'essentiel est le point de départ de ce livret de ce film c'est un travail plus de terrain et donc c'est effectivement éprouvé c'est un travail c'est à dire que en partant aux mureaux il y avait sept vraiment j'avais ce désir l'aide de m'engager aussi dans des rencontres pour essayer de partager un processus de recherche et de création avec d'autres et d'essayer de réfléchir avec les premiers concernés par cette recherche donc avec les habitants que je rencontrais et c'est peut-être aussi plus tard dans un second temps que tous ces matériaux vivant c'est des extraits de témoignages ces paroles en essayant de de les penser je les ai articulé avec des réflexions comme celle de effectivement de la grossière ou de deleuze la pensée de dolo notamment sur le cinéma et les transformations d'un cinéma politique parce que c'est aussi une question qui me voilà qui m'intéressait qu'est ce que filme et le politique aujourd'hui qu'est ce que filme et le politique en dehors de grands moments d'événements au quotidien qu'est ce que c'est le politique au quotidien et effectivement le ski fait politique au quotidien c'est pour moi notamment c'est parole que d'ordinaire on entend peu et rancière a très bien écrit là-dessus c'est cette question de la parole et du bruit à ya des discours qu'on entend toujours comme légitimes et d'autres qu'on entend que comme du bruit c'est en fait qu'on n'entend pas et ce qui fait politique c'est quand on commence à entendre ces paroles de jean parfois plus ordinaires qui ont commencé à les entendre vraiment comme de la parole et chaque rancir que vous retrouverez comme pour une projection débat ce sera l'espace saint michel à paris le 10 octobre à 20 heures il y en a beaucoup d'autres ont des mets sur le site de la grande table sur france culture point fr vous y serez notamment aussi avec antoine de bec ou encore avec marie-hélène baquet et puis un peu en dehors de paris à pantin et à montreuil ce sera tout au long du mois d'octobre un grand merci à vous manon hotte de passer autour de cette grande table et un grand merci à toute l'équipe qui l'a préparé est programmée cette émission la réalisation aujourd'hui c'était éric l'ancien avec anthony thomas sont à la vidéo soit beau corsa et jordan faut une thèse très bel après-midi sauf cher