Y a-t-il une recrudescence de la violence politique ?
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Y a-t-il une recrudescence de la violence politique ?
- 13:36OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur cette affaire, Bruno ?
- 14:52RelanceRéponse directe
Vous relativisez, vous dites...
- 15:19OuverteRéponse directe
Rien de nouveau sous le soleil ?
- 18:24FerméeRéponse directe
Faut-il interdire cette marche ?
- 18:52OuverteRéponse directe
Le message est-il différent de celui de Sébastien Lecornu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:43InvitéFait
« Sept d'entre elles ont été mises en examen, dont Jacques-Élie Favreau, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, pour complicité de meurtre. »
- 9:29PrésentateurFait
« Deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnaud. »
- 10:03InvitéFait
« Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proche de la mouvance d'ultra-gauche. »
- 10:24PrésentateurFait
« Le septième, Jacques-Élie Favreau est mis en examen pour complicité. »
- 11:12PrésentateurFait
« En déplacement à New Delhi, Emmanuel Macron a exhorté tous les partis à faire le ménage. »
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« À chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place des milices pour faire de l'autoprotection, qu'il y a telle ou telle chose parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de violence et qu'il la légitime, ils ne commettent pas simplement une faute politique, ils commettent une faute morale et ils créent les conditions de ce qui arrive. »
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« 57% des Français jugent que LFI est trop complaisante à l'égard des militants antifascistes. »
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« 61% des Français envisagent de faire barrage aux insoumis. »
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« C'est véritablement la première fois que cette question se pose à gauche. »
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« on a aussi discuté de politique migratoire et de reconduite d'étrangers en situation irrégulière algériens »
- 29:28InvitéFait
« les choses vont se réenclencher »
- 30:10InvitéFait
« il a subi une défaite diplomatique qui est une défaite diplomatique cinglante »
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« au regard de l'histoire coloniale »
- 30:57InvitéFait
« nous commençons à approcher du bicentenaire de 1830 »
- 31:17InvitéFait
« je vous parle de la conquête d'Alger en 1830 »
- 33:19InvitéFait
« sur le plan militaire, la France avait gagné en Algérie, alors qu'on avait perdu en Indochine »
- 33:56InvitéFait
« Bruno Rotaillot avait des intentions clairement »
Temps de parole
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Aujourd'hui, direction Chambrelle-et-Tours, une commune située en Indre-et-Loire, passage un peu obligé sur la route des vacances pour l'Espagne. Et sur le bord de la mythique Nationale 10, un restaurant est en train de renaître de ses cendres. Séquence un peu nostalgie avec ce reportage de Faustine Luneau pour Val-de-Loire-Télé. Installé depuis 2008, Vincent Rémeau est à la tête d'une exploitation de 35 vaches laitières. Mais depuis quelques mois, l'incertitude gagne ce chef d'entreprise.
Le coût baisse depuis l'automne. On ne sait pas jusqu'où ça va baisser. On commence l'année 2026 avec des prix quand même à la baisse.
Depuis novembre dernier, le tarif du lait est en chute libre. Son prix est passé de 475 euros pour 1000 litres à environ 420 euros en janvier dernier. Une baisse drastique liée à une surproduction au niveau mondial. De quoi préoccuper cet éleveur déjà confronté à de multiples crises.
On a eu la crise du lait en 2009, 2016, là en 2026. Donc on ne sait pas trop sur quel pied danser. Donc c'est vrai que niveau investissement, on est tous au ralenti. Parce que de suite, les investissements sur une exploitation peuvent être vraiment élevés. L'achat d'un tracteur, de matériel, de bâtiment.
Réunis en Assemblée Générale ce matin, ces éleveurs ont tenu à alerter Lactalis, géant de l'industrie du lait, sur l'avenir de la filière.
On est mis au pied du mur. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de production. On ne tient pas compte de nos coûts de production. On ne tient compte de rien. C'est comme ça. Apprendre ou laisser.
Comme Lactalis, un grand nombre d'entreprises de l'industrie du lait ont annoncé une baisse des prix pour l'année à venir. De son côté, le groupe Bell, qui détient les marques Boursin et Babybel, prévoit une hausse de ses tarifs. L'actualité dans nos régions, c'est aussi avec nos partenaires de la PQR qu'on retrouve aujourd'hui. Catherine Jutier, responsable adjointe La Montagne du Puy-de-Dôme. Bonjour Catherine. Vous allez nous parler d'une tendance qui prend de l'ampleur chez vous, celle des foot courtes, c'est ça ? Oui, les foot courtes, tout à fait.
Les foot courtes, vous savez, ce sont ces grands espaces qui réunissent en un seul et même lieu plusieurs restaurateurs qui proposent des cuisines différentes. Ils ont vraiment le vent en poupe. Le premier a ouvert il y a trois ans en périphérie de Clermont. C'est un vrai succès. Il accueille une quinzaine de restaurateurs et des centaines de clients chaque semaine. Un deuxième a vu le jour il y a deux ans de taille plus modeste. Et là, le dernier en date, porté par Michelin, vient d'ouvrir au sein d'un centre de co-working, le plus grand centre en France. Sept restaurateurs y sont réunis et ils peuvent accueillir jusqu'à 500 personnes.
C'est une offre qui décolle alors que le contexte de la restauration n'est pas très favorable depuis plus d'un an. Cette tendance, elle apparaît alors que le secteur traditionnel de la restauration est en crise. Quel impact ça va avoir sur ce modèle ? Alors, c'est un impact parce que c'est une nouvelle façon de travailler et ça comporte beaucoup d'atouts. Parce que ces foot courtes, ils se situent souvent en périphérie. C'est des grandes surfaces, plus de 1000-2000 mètres carrés. Ils disposent de parkings gratuits. On peut y accéder en transport en commun. Ce ne sont pas les facilités de stationnement qu'on a en centre-ville.
Autre atout pour les consommateurs, l'offre est plurielle avec des cuisines qui sont différentes, qui répondent aux attentes de tous. C'est facile, chacun a des goûts, des attentes différentes. On choisit le corner qui nous plaît, on s'installe ensemble. C'est une resto qui est rapide mais souvent soignée. Ils sont accessibles au plus grand nombre aussi en termes d'argent. C'est beaucoup moins coûteux. Les tickets moyens sont bien moindres que ceux de la restauration classique qui propose des menus en ville notamment. Pour les professionnels de la restauration, ça comporte pas mal d'atouts parce que c'est moins lourd qu'un fonds de commerce en dur.
En termes d'équipement, c'est aussi plus léger. La fréquentation, elle est là parce qu'elle est boostée par l'effet groupe. Il y a une com qui est commune et qui passe aussi beaucoup par les réseaux sociaux. Et en termes d'emploi, c'est des petites structures. Et quand on sait combien il est difficile tout de suite pour les restaurateurs de recruter et de garder leur personnel, c'est un atout qui n'est pas négligeable. Et on voit que les restaurants de centre-ville, tous les atouts des food court, c'est un petit peu ce qui est difficile pour eux en ce moment. L'accessibilité, le prix des structures, et puis ce côté volatile un petit peu de la clientèle.
Ils sont aussi frappés de plein fouet depuis le développement du travail et le Covid. Ces services du déjeuner qui affichaient souvent complet, il y en a beaucoup moins. Donc c'est compliqué. Ils doivent aussi adapter un petit peu tout ça. Et puis dans ce contexte aussi, ce qu'il faut dire, c'est que les consommateurs utilisent leur ticket restaurant qu'ils pouvaient utiliser en ville pour les menus du déjeuner, beaucoup pour leurs courses d'alimentation. Le contexte est difficile. Bref, les food court répondent un petit peu à tout ça.
Donc ce modèle de restauration, difficile peut-être à transposer en centre-ville de par l'absence souvent de très grosses structures foncières pour les installer. En périphérie, il y a le côté parking facile et il y a ce côté. Et ce sont aussi des lieux festifs, des lieux de vie. Parce qu'on y vient pour y manger, on vient boire un verre, mais on vient aussi faire la fête. Il y a des soirées, il y a des animations karaoké. Donc c'est un modèle qui semble avoir beaucoup d'atouts et tout le monde semble s'y retrouver. – Merci beaucoup Catherine, vous nous avez donné faim. Catherine Jutier, responsable adjointe La Montagne, merci d'avoir été avec nous ce matin.
On va rester en région avec vous, Quentin. Vous avez épluché la presse régionale et aujourd'hui, on parle évidemment beaucoup des crus, des inondations.
– Voilà, c'est à lire ce matin par exemple dans le Courrier de l'Ouest, le journal d'Angers bien sûr, avec ses villages et quartiers à évacuer, vous voyez à droite, cette eau dans les rues d'Angers, les passants qui doivent marcher sur les planches en bois. Le Berry républicain nous raconte que le chair est également sous les eaux. On voit que la société de tir de Bourges a été touchée, l'eau s'est infiltrée dans le bâtiment. Dans les pages intérieures, on lit que le pic de cru est derrière nous, mais que tout le monde reste vigilant. À Bourges comme à Vierzon, où le plan de sauvegarde communal a été déclenché, et on voit des photos impressionnantes publiées ce matin dans le journal.
– Les premières mises en examen à Lyon, c'est le progrès qui titre là-dessus.
– Oui, le journal explique effectivement qu'une semaine après l'attaque ayant conduit à la mort de l'étudiant de 23 ans, Quentin, la garde à vue s'est achevée pour les 11 personnes interpellées cette semaine. Sept d'entre elles ont été mises en examen, dont Jacques-Élie Favreau, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, pour complicité de meurtre. Il a été placé en détention provisoire. Dans les pages intérieures, on lit qu'aucun des suspects n'a reconnu l'homicide.
– L'Union évoque ce matin les suites en France du drame de Cran-Montana.
– Oui, c'était au nouvel an. Barre de nuit fermée, je fais mon mea culpa. C'est-à-dire effectivement dans l'Union à Reims, deux établissements ont été fermés en urgence pour plusieurs non-conformités. Le gérant qui donc s'exprime ce matin dans le journal est assuré vouloir tout remettre d'aplomb.
– Dans la presse ce matin, on parle aussi des élections municipales. Il y avait débat dans plusieurs grandes villes de France hier.
– Oui, par exemple à Lille, vous l'avez suivi sur notre antenne hier, le Midi Libre qui lui a organisé un débat à Montpellier, à gauche, voyez. La Provence et BFM avaient organisé un débat à Marseille. À Montpellier, on retient que le maire Michael Delafosse était sous le feu de ses challengers, avec même un des candidats, Rémi Gaillard, qui a assumé de dire « Je ne suis pas venu pour débattre, mais pour poser des questions au maire ». Quant à Marseille, on a vu un débat électrique.
Avec une question sur les valeurs des candidats et des propos de la candidate LR qui font réagir depuis hier, Martine Vassal a expliqué que ces valeurs, je cite, « c'est le mérite, le travail, la famille et la patrie ». C'est aussi l'humanité, la solidarité a-t-elle ajouté. Mais le candidat RN, Franck Alizio, a souri. « Je ne reprendrai pas la devise pétainiste ». Martine Vassal qui a tenté alors de se rattraper. Trop tard, le mal est fait, conclut l'article de la Provence.
Un sondage à Toulouse, c'est dans la dépêche.
Sondage exclusif, Steve. Le maire sortant, Jean-Luc Moudinck, arriverait en tête du premier tour de délection municipale à Toulouse. Toutefois, une alliance de second tour pourrait permettre à la gauche de remporter le Capitole le mois prochain. C'est ce que raconte le journal ce matin.
Quel rôle vont jouer les réseaux sociaux dans cette campagne ? C'est une question qui fait la une.
Exactement, les dernières nouvelles d'Alsace qui titrent ce matin sur le poids des réseaux sociaux dans la campagne. Facebook, Instagram, X ou encore TikTok, on ne les présente plus, sont devenus des outils de campagne incontournables pour les candidats. On lit dans l'article que depuis un mois, la campagne pour les municipales a généré plus de 2,8 millions de messages sur les réseaux sociaux. Ça représente, Steve, 15% de plus que lors des municipales de 2020. On termine avec le courrier Picard. Voilà, quand la politique est une histoire de famille. Récit de ces villes où la campagne municipale se joue entre une tante LR et son neveu LFI. Un père de gauche face à un fils de droite dur.
Les liens du sens sont mis à l'épreuve de la politique, raconte ce matin le courrier Picard.
Et merci beaucoup, Quentin Camé, pour toutes ces précisions. J'allais dire, on se retrouve tout à l'heure maintenant. Excellent week-end à vous. L'actualité aujourd'hui, c'est la suite de l'enquête autour de la mort de Quentin de Ranck. Six hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort le militant identitaire nationaliste ont été mis en examen parmi eux. Deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnaud. On voit les détails avec Céline Schmitt et on en reparle juste après dans le débat. Ils sont âgés de 20 à 26 ans. Sept suspects ont été mis en examen dans l'affaire sur la mort du jeune militant nationaliste identitaire, Quentin de Ranck.
Le parquet a requis leur placement en détention provisoire. Hier, le procureur de la République de Lyon a détaillé leur profil.
Ce sont pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un et sans emploi, et un, comme vous le savez, assistant parlementaire. Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proche de la mouvance d'ultra-gauche.
Au regard du nombre de coups portés directement sur le crâne de Quentin de Ranck, les auditions des témoins et les interrogatoires des mises en cause, le parquet a retenu pour six d'entre eux le chef d'accusation d'homicide volontaire. Le septième, Jacques-Élie Favreau est mis en examen pour complicité. Le nom de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, le député insoumis, cofondateur du groupe antifachiste La Jeanne Garde, circulait depuis plusieurs jours.
Monsieur Favreau n'a pas donné de coup direct susceptible d'avoir causé le décès de M. de Ranck. Il a confirmé rapidement les explications qu'il avait pu donner en indiquant notamment qu'il ne s'agissait absolument pas d'un gât-à-pant mais bien d'un affrontement. Je crois que c'est les termes qu'il faut retenir.
Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire et également écroués, figure un autre proche de Raphaël Arnaud, Adrien B, 25 ans. Il travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits. En déplacement à New Delhi, Emmanuel Macron a exhorté tous les partis à faire le ménage.
À chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place des milices pour faire de l'autoprotection, qu'il y a telle ou telle chose parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de violence et qu'il la légitime, ils ne commettent pas simplement une faute politique, ils commettent une faute morale et ils créent les conditions de ce qui arrive. Donc tout le monde, partout, doit faire en effet le ménage.
Tous les mises en cause contestent leur intention de tuer. La violence en politique, pas une nouveauté, mais quelque chose est-il en train de basculer dans notre société ? Pour en débattre, pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Bruno Fulini. Bonjour. Vous êtes historien, vous êtes à l'initiative d'un dossier qu'on peut lire dans le mensuel Historia du mois de mars. maire Fer de Lens de la République. Je précise que Public Sénat est partenaire de ce dossier et qu'on en est très fiers. On parlera bien évidemment des municipales dans quelques instants. Bonjour Arnaud. Arnaud Benetti, politologue, directeur de la nouvelle revue politique.
On va parler quand même des suites de cette enquête des dernières informations. On voit quand même qu'il y a une certaine prudence, Arnaud, du côté du procureur et un emballement chez certains politiques. Est-ce que chacun, finalement, est dans son rôle ?
Oui, je pense que tout le monde est dans ce rôle. le procureur et la classe politique. Il est clair que ça peut constituer, il faut être toujours très prudent, un moment de bascule parce que l'important, c'est de savoir quel est l'impact politique que ce drame va avoir. D'abord sur les élections municipales qui se dérouleront dans maintenant trois semaines et ensuite sur les éventuelles recompositions politiques. On voit qu'il y a un débat qui s'est installé à gauche, qui existait déjà avant cette affaire, malheureusement, mais qui s'installe.
On voit qu'il y a, malgré tout, aujourd'hui, des positions qui divergent au sein même du Parti socialiste entre, par exemple, François Hollande qui dit « plus question d'avoir des alliances avec LFI » et M. Gage, qui d'ailleurs, très étonnamment, a répondu que si, dans un second tour, il devait choisir entre un candidat LFI et un candidat du Rassemblement national, il choisirait un candidat de LFI, ce qui ne manque pas de brouiller, si vous voulez, le message du Parti socialiste.
Donc, on est véritablement, j'allais dire, dans un moment d'extrême tension, on le voit, et on va le voir récemment, peut-être, demain, sur le terrain à Lyon, mais aussi un moment de grande interrogation politique qui se pose.
– On va parler de Lyon, effectivement, mais on a intitulé la première partie de ce débat « Y a-t-il une recrudescence de la violence politique ? » Quel regard vous portez sur tout ça, vous, l'historien Bruno ? Est-ce que, bon, on a connu des violences par le passé, que ce soit à l'extrême droite ou à l'extrême gauche, mais là, est-ce qu'on est dans un moment de bascule ?
– En tout cas, la violence n'est pas, évidemment, nouvelle, et y compris dans les milieux étudiants. Si on voulait remonter, je pense, à partir de 1908, par exemple, les royalistes créent les camelots du roi, qui sont des jeunes militants nationalistes qui vont en découdre avec, je dirais, leurs homologues de gauche. Bon, dans le contexte de l'affaire Dreyfus, par exemple, il y a eu des violences très fortes, il y a eu un professeur en Sorbonne qui avait un peu ironisé sur Jeanne d'Arc qui a été fessé publiquement par ses militants, il y a eu des bagarres quand même assez rudes. En 1902, il y a même un candidat aux législatives, figurez-vous, qui est mort des suites de ses blessures.
C'était à Lille, dans le Nord, il y a eu des affrontements tellement violents que Pierre Lortioua, qui avait 29 ans, est sur son lit d'hôpital quand il apprend qu'il a été élu député et il ne siègera jamais, il meurt le lendemain. Donc, la violence, elle fait partie de la politique.
Vous vous relativisez, vous dites... Non, par contre,
je n'excuse pas.
Il n'y a pas de nouveauté, il n'y a pas un caractère inédit à cette affaire.
Non. En revanche, ce qui est vrai, c'est que c'est toujours très inquiétant quand la violence prend le pas sur l'action politique. Normal, la force d'une démocratie, c'est justement de régler les différents politiques par des débats et par le scrutin, par l'urne. Donc, lorsque la violence s'empare de la rue, c'est très préoccupant et il faut réagir.
Vous êtes d'accord avec ça, Arnaud ? Rien de nouveau sous le soleil ?
Oui, rien de nouveau sous le soleil, vous avez raison de le dire. Il n'en demeure pas moins que ce qui s'est passé à Lyon reste absolument inacceptable. Il faut le dire et le répéter, en l'occurrence. Non, il y a quand même quelque chose qui est, je veux dire, dans l'histoire politique très récente, j'allais dire, c'est que vous avez un parti politique, qu'on le veuille ou non, LFI, qui assume ses liens avec la Jeune Garde qui est un mouvement qui, qu'on le veuille ou non, procédait.
D'ailleurs, il est en cours de dissolution à des actions qui étaient des actions qu'il qualifiait lui-même d'autodéfense, entre guillemets, ce qui pose problème d'ailleurs, parce que je rappelle que la sécurité dans un État démocratique, elle est assurée par l'État et qu'il ne saurait y avoir de privatisation de l'usage de la violence, quelle qu'elle soit, à des fins politiques ou à des fins idéologiques. Mais vous avez quand même un mouvement qui a pignon sur rouille, LFI, avec un groupe parlementaire, avec un candidat à la présidentielle qui est susceptible peut-être d'être au second tour de l'élection présidentielle en 2027 qui assume ces liens avec un mouvement qui recourt à la violence.
Donc vous avez, si vous voulez, une force politique électorale qui, d'une certaine manière... Mais ça, c'est inédit, c'est ce que vous dites. Je ne dis pas que c'est inédit, mais dans l'histoire récente, oui, c'est inédit. Dans l'histoire politique récente, c'est assez inédit. Donc là, il y a quand même un sujet qui se pose.
Alors une marche sans la mémoire de Quentin Doran qui est envisagée, prévue demain à Lyon. Faut-il interdire cette marche, notamment par crainte de débordement ? Écoutez la réponse de Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur. Il était sur RTL ce matin.
Je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation. Donc elle se déroulera ? Elle sera encadrée pour éviter toute roue à l'ordre public à la fois autour du cortège puisque c'est d'un cortège dont il s'agit. C'est une marche qui fera quoi ? Un kilomètre à peu près ? Un kilomètre quatre. Un kilomètre quatre. Donc qui sera encadrée par des forces de l'ordre et forces de l'ordre qui rayonneront évidemment à la périphérie de ce cortège pour éviter toute roue à l'ordre public et toute provocation. J'ai des informations que ce sera une manifestation. Il y aura des militants d'ultra-droite. Que les choses soient claires. Combien de personnes sont attendues ?
On attend entre 2 et 3 000 personnes.
Il y aura des militants d'ultra-droite. Il faut le rappeler peut-être, Bruno, Lyon, c'est pas n'importe quoi. Je lisais des titres « Capital de la violence politique en France ».
Alors historiquement, c'est la capitale des Gaules. Oui, avant ça. Et puis ce qui est paradoxal, c'est que Lyon a eu très longtemps une tradition de modération. Ce n'est pas la ville la plus agitée. Si on cherche la figure politique emblématique, c'est Édouard Hériot, le bon maire radical socialiste de gauche, laïque, mais d'une gauche très modérée et pas du tout collectiviste. Donc pendant longtemps, Lyon a eu cette réputation-là. Mais on a vu l'émergence d'une forme de radicalité dans les milieux universitaires lyonnais. Et puis la ville a changé, sa sociologie a changé. Par ailleurs, il faut distinguer peut-être entre le centre de Lyon et l'agglomération lyonnaise.
Donc il y a quelque chose qui est en train d'évoluer à Lyon. Après, il est évident que dans l'affaire qui nous occupe, la manifestation ne sera pas strictement lyonnaise. On va avoir des gens qui vont venir de toute la France.
On va écouter Emmanuel Macron qui appelle les extrêmes de manière générale à faire le ménage. On écoute le chef de l'État et je vous fais réagir, Arnaud.
Mais rien ne saurait justifier ni chez les uns ni chez les autres et ni même dans un face-à-face qui est mortifère pour la République. Donc tout le monde, partout, doit faire en effet le ménage. En République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence, qui légitiment la violence. parce que la démocratie repose sur le respect et la paix.
Alors, le message est un peu différent par rapport à celui de Sébastien Lecornu. Lui, le chef de l'État, vise aussi le Rassemblement national.
Il faut faire le ménage partout. Oui, sauf que, si vous voulez, on voit bien quelle est la stratégie du président de la République. C'est une stratégie de surplomb. Il parle de l'Inde et il établit une sorte de principe d'équivalence aujourd'hui entre le Rassemblement national et LFI. Sauf qu'il faut, j'allais dire, analyser les mouvements politiques en fonction de leur évolution et ce à quoi nous assistons finalement depuis maintenant plusieurs années, c'est que, d'un côté, vous avez un Rassemblement national qui s'efforce de déradicaliser ses positions et, de l'autre côté, une France insoumise qui, elle, toujours un peu plus radicalise ses positions.
Donc, si vous voulez, le principe d'équivalence, on l'entend dans la bouche du président de la République, correspond-il fondamentalement à la réalité de ce que sont ces deux formations politiques aujourd'hui ? C'est une question que ne manqueront pas de se poser un certain nombre d'électrices et d'électeurs.
Et l'affaire Quentin Doranck aura peut-être, sans doute, je ne sais pas ce qu'il faut dire, des conséquences au niveau électoral, notamment pour les élections municipales. Je voulais vous montrer ce sondage Odoxa publié dans Le Figaro. 57% des Français jugent que LFI est trop complaisante à l'égard des militants antifascistes. Et puis, toujours dans ce même sondage, 61% des Français envisagent de faire barrage aux insoumis, toujours selon ce sondage Odoxa, Le Figaro. Donc, il va y avoir des conséquences et on a l'impression aussi que ce barrage républicain, je ne sais pas comment il faut l'appeler, est en train un peu de changer de sens, se diriger vers les insoumis.
C'est ce que demande d'ailleurs Jordan Bardella.
Alors, c'est quelque chose de nouveau parce que finalement, la question des alliances se posait depuis pratiquement une trentaine d'années à droite, essentiellement, entre ce qu'on appelait la droite républicaine et le Front National devenu Rassemblement National. C'est véritablement la première fois que cette question se pose à gauche. C'est-à-dire qu'en effet, il y a un problème qui se pose à gauche aujourd'hui et ce sondage d'une certaine manière en témoigne. On va regarder comment ça va se passer aux élections municipales dans quelques semaines. Il y a des situations qui, sur le plan local, vont être extrêmement intéressantes à observer.
Il s'agisse de Marseille, qu'il s'agisse de Toulouse. Vous avez cité ce sondage à Toulouse quand même qui montre que la gauche serait unie en mesure de l'emporter face aux maires sortants. Donc, on voit bien que la stratégie du Parti Socialiste n'est pour l'instant pas définitive puisqu'on nous disait avant le drame de Lyon que ça serait du cas par cas. Est-ce que ça sera encore du cas par cas maintenant après le drame de Lyon ? On va regarder ça.
Alors, puisqu'on parle des municipales, Bruno, vous signez donc ce dossier dans le mensuel Historia du mois de mars, maire Fer de Lens de la République. Pourquoi cette élection municipale est si importante pour les Français ? Il y a un lien presque intime, j'ai l'impression.
Oui, parce que finalement le maire c'est une des institutions les plus anciennes du pays. Montaigne était maire de Bordeaux en 1581. Le mot maire ça vient directement du latin. Le maire c'est le meilleur. C'est le plus grand. C'est ce que vous dites dans le dossier. Alors, on pourrait dire le notable. Mais en fait c'est la personnalité dominante de la commune. Alors, bien sûr sa désignation a beaucoup varié selon les régimes, selon les époques, de la nomination par l'exécutif à l'élection avec différents types d'élections. Ça, ça a beaucoup évolué.
En revanche ce qui n'a pas évolué c'est cette figure un peu tutélaire du maire qui est vraiment l'intermédiaire entre la population et je dirais la sphère du pouvoir. C'est l'homme de pouvoir qui est le plus proche, le plus immédiatement visible et à partir de là c'est une figure qu'on retrouve dans la littérature, qu'on retrouve dans notre mythologie nationale. C'est un personnage politique important et avec jusqu'à une date récente du coup un taux de participation assez élevé au municipal en tout cas plus élevé qu'à d'autres élections. C'est intéressant
vous évoquez Montaigne et puis je lisais Victor Hugo aussi dans votre dossier vous parlez de Victor Hugo maire du 8ème arrondissement de Paris bon on a perdu un peu en qualité non au niveau de nos maires c'est quoi c'est qui aujourd'hui le Victor Hugo au niveau municipal ?
Alors soyons juste Victor Hugo a été très brièvement maire il a été nommé il a dit qu'il avait accepté le poste pour les autographes parce que le décret était signé de Lamartine bon là ça a été un maire très épisodique dans les maires écrivains on a eu André Gide aussi qui un peu à son insu a été élu maire à l'âge de 27 ans et il a démissionné au bout de 4 ans en disant que c'était pas sa vocation qu'il avait voilà non on a eu des maires écrivains de grande qualité comme Jules Renard l'auteur de Poil de Carotte qui est un des premiers par exemple à avoir l'idée que la commune finance la gratuité des fournitures scolaires donc là c'est pas en tant qu'écrivain c'est en tant qu'homme de conviction qui croit en l'école qui croit en l'émancipation par l'école et qui va mettre en place des réformes c'est là où le maire devient intéressant et je dirais qu'il soit grand écrivain ou paysan finalement ce qui est important c'est comment il habite sa fonction et c'est ça que j'ai voulu un petit peu cerner à travers des personnages certains très connus mais pas comme maires d'autres qui ne sont connus que parce qu'à un moment ils ont eu un coup de génie ils ont été précurseurs de quelque chose dans leur commune
et dans votre dossier on voit il y a des écrivains il y a des ouvriers aujourd'hui c'est quoi un peu le profil Arnaud il est moins diversifié ce profil c'est un peu plus homogène
non c'est très difficile de lire parce que d'abord en France vous avez quand même un nombre de communes rurales qui est extrêmement important donc vous avez une diversité sociologique dans les communes rurales qui est quand même assez importante et qui est non négligeable ce qui est sûr c'est qu'il y a un sujet aujourd'hui c'est le sujet de l'engagement on voit bien que est-ce que finalement je veux dire on est prêt notamment encore une fois dans les petites communes parce que la charge est lourde dans une petite commune et les pouvoirs sont érodés notamment parce que du fait de l'intercommunalité et vous voyez beaucoup de personnes qui hésitent par exemple à s'engager parce qu'elles considèrent que c'est une fonction qui est difficile parce que c'est une fonction qui prend sur la vie professionnelle et qui prend sur la vie mais c'est peut-être plus dur aujourd'hui parce que finalement le niveau d'exigence vraisemblablement des administrés s'est peut-être quelque part rehaussé donc on voit bien que les maires quand vous discutez avec eux considèrent qu'aujourd'hui leur fonction les surexpose pour des tas de raisons elles les surexpose pénalement elles les surexpose politiquement elles les surexpose dans leur vie privée donc on voit bien qu'il y a quand même une difficulté alors on ne peut pas parler je crois de crise d'évocation on en parle régulièrement mais enfin on trouve toujours des candidats d'une certaine manière pour se présenter aux élections par contre ce qui est évident tous les sondages le montrent dans un moment de grande désaffection vis-à-vis de la classe électorale et de la classe dirigeante la figure du maire qui est un peu une figure mythique aussi d'une certaine manière vous le rappelez très bien d'ailleurs dans votre dossier et dans votre papier qui est remarquable c'est que il y a un attachement des français par rapport à cette figure parce que c'est la réalité c'est que si vous voulez le travail d'une municipalité ça se voit immédiatement c'est cette visibilisation c'est plus concret c'est plus tangible cette visualisation dans un sens positif ou négatif de l'action publique elle se voit ce qui n'est pas vraisemblablement le cas au niveau national c'était mieux avant
monsieur l'historien c'est ça ?
non alors c'est pas du tout la perspective d'un historien un historien il doit interroger le passé en se mettant dans les coordonnées du passé et pas avec les critères moraux d'aujourd'hui en revanche il y a eu des changements par exemple et effectivement vous avez raison la judiciarisation de la vie politique les maires d'autrefois étaient habitués à des pugilats en matière électorale ils étaient habitués à des invectives mais on ne les traînait qu'exceptionnellement devant les tribunaux alors qu'aujourd'hui un panneau de basket qui tombe le maire peut se retrouver devant les tribunaux et lourdement condamné donc ça effectivement ça peut avoir un effet sur l'engagement des candidats en revanche si on regarde historiquement vous avez eu des bons maires des mauvais maires des maires très prudents et des maires très innovants à toutes les époques le point commun hier comme aujourd'hui c'est qu'effectivement sur le territoire communal on peut prendre des initiatives qui parfois sont symboliques qui parfois sont pionnières et qui sont une façon de tester il y a une toute petite commune de la Nièvre qui s'appelle Sisley qui a mis en circulation la première monnaie européenne en 1923 Joseph Archer c'est incroyable c'est étonnant à la base c'est presque ridicule tellement c'est petit mais avec le recul on se dit voilà un maire il avait fabriqué lui-même
on peut innover
à l'échange local exactement prenez Michel Crépeau à La Rochelle pour prendre un exemple plus important ce qui est considéré aujourd'hui comme le fin du fin de l'écologie municipale existe déjà il y a 50 ans en 1976 à La Rochelle les vélos jaunes en libre service les secteurs piétonniers le recyclage des déchets etc tout est en place
c'est qui les grands maires aujourd'hui les grandes figures locales
je ne me hasarderai pas parce que c'est un exercice risqué auquel vous m'appelez en tout cas ce qui est sûr c'est que les maires qui sont réélus en général sont des maires qui sont considérés comme des maires qui ont rempli leur mission on voit bien que quelles que soient d'ailleurs les formations politiques il y a des maires qui ont ces dernières années transformé leur ville je pense par exemple à Alain Juppé à Bordeaux ou à Martine Aubry à Lille dans des styles différents ce sont des maires qui se sont installés dans la durée et qui ont profondément modifié le paysage de leur ville tout en s'appuyant évidemment sur le patrimoine le maire c'est un continuateur c'est à dire que c'est quelqu'un qui doit s'inscrire dans sa ville dans sa commune comme celui qui est quand même quelque part le garant d'une transmission notamment patrimoniale mais qui doit être capable de la faire fructifier de la féconder il y a un côté bâtisseur dans le maire qui existe c'est ça qui est intéressant et c'est ça qui est important alors après évidemment les résultats sont jugés de manière très diverse en fonction des électeurs
on en reparlera bien évidemment à l'occasion de ces élections municipales autre sujet comment tourner la page en début de semaine le ministre de l'Intérieur Laurent Nunes était en Algérie pour tenter de recoller les morceaux avec le régime au menu des discussions lutte contre le terrorisme immigration illégale trafic de drogue le ministre de l'Intérieur qui a été reçu par le président Tebboune écoutez
on a aussi discuté de politique migratoire et de reconduite d'étrangers en situation irrégulière algériens voilà on a discuté de tous ces sujets et les choses vont se réenclencher voilà j'ai évidemment bon espoir que maintenant les choses aillent très vite et ça va aller très vite je n'ai pas senti chez mes interlocuteurs voilà c'était des relations de confiance et plutôt optimiste
tout est pardonné tout est oublié Arnaud
jusqu'à présent je crois comprendre quand même que monsieur Glez est encore en prison je veux dire donc il y a quand même un problème je veux dire clair vis-à-vis de la situation de Christophe Glez et monsieur Nunes n'est pas revenu dans ses bagages avec monsieur Glez le régime algérien est un régime qui nous a habitués à des changements de pied donc il faut rester extrêmement prudent ce qui est sûr c'est que c'est un régime qui d'une certaine façon est assez isolé il faut le comprendre sur la question du Sahara occidental il a subi une défaite diplomatique qui est une défaite diplomatique cinglante on sait que sur la question du Sahel il est quand même en grande difficulté sur le Mali donc c'est vraisemblablement aussi du côté des hiérarques algériens la volonté d'essayer peut-être un peu de desserrer les taux dans lesquels ils se sont mis eux-mêmes je crois qu'à ce stade il faut rester extrêmement prudent
c'est mission impossible cette réconciliation entre la France et l'Algérie au regard de l'histoire coloniale au regard de tout ça
il y a l'histoire il y a la mémoire les relations entre la France et l'Afrique du Nord en général et l'Algérie en particulier sont encore très passionnelles et il y a un élément qu'il faut prendre en considération on n'y pense pas forcément tous les jours mais nous commençons à approcher du bicentenaire de 1830 c'est-à-dire de la conquête d'Alger et ça ça va être un anniversaire extrêmement délicat alors déjà pour les historiens bien sûr mais pour tous les acteurs politiques qui de près ou de loin ont trait à l'Algérie ça va être un véritable enjeu de mémoire parce que chacun a son récit et même là je ne vous parle pas de la guerre d'Algérie je vous parle de la conquête d'Alger en 1830 rien que sur les causes de la conquête il y a des divergences majeures donc je pense qu'il y a un travail historique qui est fait qui continue d'être fait qui est sérieux mais en fait les historiens ne peuvent pas grand chose quand vous avez des revendications mémorielles très conflictuelles et des gens qui utilisent l'histoire pour promouvoir un récit politique précis si vous voulez
Mission impossible donc Arnaud enfin voilà on comprend qu'avec tout ce passé ce passif ces mémoires voilà on peut avoir un réchauffement voilà qui est sur le court terme mais sur le long terme ça ne changera pas grand chose dans les relations La question mémoriale
est une question qui est au centre c'est pas la seule vous avez la question quand même des OQTF qui n'est pas négligeable mais la question mémoriale est au centre des débats mais elle est essentiellement je le rappelle quand même utilisée par le pouvoir algérien c'est pas du côté de la France qu'on se pose la question mémoriale même s'il y a des enjeux mémoriels je pense notamment aux Pieds Noirs ou aux Harkis qui ont aussi de ce point de vue là je veux dire une transmission mémorielle je veux dire qui est importante mais c'est quand même du côté algérien que l'on demande à la France de se repentir de manière assez systématique parce que tout simplement si vous voulez dans le récit national algérien et du régime algérien c'est un moyen de se légitimer finalement l'ennemi reste la France d'une certaine façon encore aujourd'hui il suffit d'écouter les couplets de l'hymne algérien tout simplement voilà c'est frappant de voir la différence par exemple avec le Vietnam au fond il y a eu une paix qui a été conclue entre le Vietnam et la France et la mémoire de l'Indochine elle est digérée si je puis dire et Dieu sait qu'elle a été douloureuse on n'en est absolument pas là
et qu'est-ce qui change avec l'Algérie du coup comment vous expliquez cette différence de traitement
le pouvoir algérien peut aussi expliquer certains de ses manquements par l'héritage de la colonisation ça c'est certain
Arnaud
vraisemblablement vous avez raison de faire cette comparaison avec le Vietnam la différence fondamentale c'est que sur le plan militaire la France avait gagné en Algérie alors qu'on avait perdu en Indochine donc il y a aussi cette réalité qui pèse vraisemblablement dans j'allais dire le mémorial algérien et puis en effet essentiellement et exclusivement ce sont vraisemblablement les lacunes du pouvoir algérien qui expliquent aujourd'hui ces revendications mémoriales
petite dernière question politique Arnaud est-ce que vous considérez que la méthode de Laurent Nunez est meilleure que la méthode Rotaillot
qui était la méthode
de la force face au régime algérien
vous savez comme vous le savez j'ai été très impliqué dans le comité de soutien de Boilem Sansal Bruno Rotaillot avait des intentions clairement mais il n'y a eu jamais de rapport de force qui a été imposé à l'Algérie durant en tout cas la période de détention de Boilem Sansal on était plus dans le verbal que dans l'action
et peut-être un mot un dernier mot de Christophe Gleize journaliste toujours arrêté arbitrairement par le régime algérien Bruno Arnaud là-dessus vous avez un mot à dire sur cette détention on espère évidemment qu'il va revenir très prochainement mais est-ce que le gouvernement le pouvoir public font assez suffisamment pour qu'il revienne
en tout cas on peut espérer qu'après la visite de monsieur Nunez à Alger qu'une issue favorable et rapide puisse voir le jour pour Christian Gleize qui est quand même en Algérie depuis presque deux ans je me rappelle
qui a été transféré d'ailleurs récemment à la suite de la visite de Ségolène Royal merci à tous les deux on va passer à l'histoire du jour l'histoire du jour vous savez c'est toujours beaucoup d'amour savez-vous à quoi sert la moustache d'un éléphant des chercheurs se sont penchés vous savez pas Arnaud non pas du tout vous allez voir des chercheurs se sont penchés sur les propriétés des poils qui couvrent les trombes des éléphants c'est un sujet très sérieux l'étude a été publiée par la prestigieuse revue Science on y apprend que ces poils sont en fait des antennes qui permettraient d'améliorer la dextérité de l'éléphant et lui permettent notamment de soulever avec sa trompe un arbre ou de saisir une chips sans la casser alors on pourrait dire qu'on s'en fout que ça ne change pas vraiment la vie à nous autres êtres humains mais si car ces moustaches pourraient inspirer la technologie et la robotique une meilleure compréhension de la structure de ces moustaches pourrait tout simplement améliorer les technologies de réparation et de chirurgie bon c'est intéressant
je commence à comprendre pourquoi on a surnommé éléphants les hiérarches socialistes à une époque
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