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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 25 janvier 2022 49 minAutoproduitFond programmatiqueSantéTravail & emploiInstitutions & électionsEurope & international

En Haute-Vienne, le Président Emmanuel Macron rencontre des agents de la fonction publique.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 17:01OuverteRéponse directe

    Quelle est votre vision de l'avenir des EHPAD publics sur ce territoire ?

  • 21:01OuverteRéponse directe

    Comment renforcer les mobilités dans les territoires ruraux face à la hausse du carburant ?

  • 25:02RelanceRéponse directe

    Les réformes touchent surtout les fonctionnaires d'État, pas les territoriaux. Comment garantir l'équité ?

  • 30:03OuverteRéponse directe

    Le financement des services publics locaux est-il menacé par la suppression de la taxe d'habitation ?

  • 35:04OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'enseignement des musiques actuelles n'est-il pas reconnu comme celui des musiques classiques dans la fonction publique ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, Mesdames et Messieurs. Heureux de vous retrouver ce matin ici même, et je veux saluer Monsieur le Maire qui nous accueille sur sa commune, merci beaucoup, remercier nos parlementaires et nos élus qui sont avec nous et remercier l'association, et cette formidable innovation dans laquelle nous sommes. J'étais là avec quelques uns de nos aînés, qui ont la chance de suivre quelques cours.

Merci et bravo d'avoir su manifester cet esprit entrepreneurial au sens générique du terme, qui montre que nos territoires, la seule chose qui peut les mettre parfois en risque c'est le manque de projets. Et des projets, il y en a partout quand on leur donne les moyens d'exister. Je voulais, avec les ministres, prendre un peu de votre temps, pour l'exprimer comme ça directement.

Je ne vais pas être long, je vous rassure et, surtout, s'il y a des questions ou des compléments, des ministres qui puissent les apporter. En ce début d'année, alors que nous venons d'aller dans une très belle maison France Services, je voulais m'adresser à l'ensemble des fonctions publiques, Fonctions publiques d'État, fonctions publiques hospitalières, fonctions publiques territoriales, d'abord pour vous dire merci. Il est encore temps de vous présenter mes vœux, légalement, si je puis dire, j'ai quelques jours.

Tous mes vœux pour l'année qui s'ouvre mais merci pour tout ce qui a été fait, en particulier durant ces mois de crise qui ne sont pas terminés. Évidemment, pour celles et ceux d'entre vous qui appartiennent à la fonction publique hospitalière, et on pourra y revenir, elle relève de défis particuliers et de décisions un peu particulières qui ont été prises avant la crise et pendant la crise, et nous ne sommes pas au bout de ce qui doit être réformé et transformé en la matière, tant les défis sont considérables. Mais je voulais remercier l'ensemble de nos fonctionnaires pour leur mobilisation durant cette crise aux côtés des associations, des collectivités territoriales et au sein des services de l'État.

Je sais que sur notre territoire, durant la crise, nul n'a ménagé sa peine et que, du premier confinement jusqu'aux politiques de tests ou à la politique de vaccination, tout le monde a été mis à contribution avec un sens du devoir, un dévouement et une mobilisation exceptionnelle, quand parfois vous-mêmes vous étiez touchés par la maladie ou vos proches. Je veux vraiment vous remercier de cela et je pense que tous nos compatriotes ont ressenti, durant cette période, que l'État tenait, et l'État dans toutes ses composantes, et l'État, c'est vous. Je le dis souvent d'ailleurs, l'État c'est à la fois le gouvernement, l'administration centrale, mais ce sont aussi les collectivités territoriales et l'ensemble des administrations publiques et des associations qui concourent à l'action.

Vous avez aidé à protéger, vous avez accompagné et je veux vraiment vous remercier de cela. Ensuite, je voulais donner quelques perspectives par rapport à nos fonctions publiques et la question de l'aménagement de notre territoire. Au fond de cette question, des ruralités dont on parle souvent, des difficultés d'accès et des fractures territoriales qui ont pu se créer dans notre pays durant ces dernières décennies.

Nous avons un immense travail et on est en train de le réaliser, on l'a vu là aussi, qui est de réussir à aménager notre territoire comme il se doit avec les axes routiers, ferroviaires, avec les nouveaux moyens de connexion que sont le très haut débit déployé ici ou l'internet mobile. Ce travail, nous le menons à plein. Les investissements sont massifs.

Il est toujours trop lent pour celles et ceux qui ne sont pas connectés, mais il va continuer de se déployer et nous sommes en phase d'accélération avec de véritables résultats, sur chacun de ces points, et des investissements massifs. Je parle dans un département qui a besoin, ô combien, de continuer son désenclavement et, qu'il s'agisse du ferroviaire ou de l'autoroutier, là aussi, avec les collectivités on va continuer ce travail et cette action. Mais, la clé est aussi de pouvoir remettre des services au public, partout sur notre territoire.

On en parlait avec vous, Monsieur le Maire. On l'a vu dans la maison France Services. La clé, c'est comment réussir à redéployer de la présence humaine au service de nos compatriotes, qu'ils soient nés dans nos territoires et les communes les plus rurales ou qu'ils y viennent par choix de vie, qui leur permette de vivre la vie qu'ils ont choisie, qu'il s'agisse de la santé, de l'éducation, des services administratifs, etc.

La stratégie que nous avons voulu déployer et qui est en train de se mettre en œuvre, c'est celle justement d'une confiance dans nos territoires, en leur donnant des outils adaptés à leurs défis. Ça a été au cœur de l'agenda rural qu'a porté Madame la Ministre, qui est réalisé à 95 % et qui a permis, là aussi, de déployer de l'offre de santé, de services publics, d'éducation, avec des vrais changements aussi dans le temps. On a mis fin aux fermetures systématiques d'écoles.

On a plutôt réinvesti avec des internats d'excellence et avec la possibilité de rouvrir. On a réinventé, et on est en train de le faire, une offre particulière avec aussi des logiques d'aménagement. C'est l'agenda " Petites villes de demain ", Monsieur le Maire vous le savez ô combien, puisque vous avez été dans les préfigurateurs, et nous allons avoir plusieurs milliers de petites villes de demain qui vont bénéficier de cette enveloppe de 3 milliards et demi d'euros.

Et, pour les villes un peu plus grandes, " Action cœur de ville " qui permet, pour les villes moyennes, de réaménager. Là, on a 222, j'étais trop ambitieux, 222 villes qui ont pu toucher, justement beaucoup de projets sont en train de se déployer, des projets vraiment de réaménagement. Donc la nation a choisi de réinvestir partout sur ces territoires, en donnant des outils adaptés aux élus mais aussi aux associations qui les accompagnent dans leurs actions et à l'ensemble des fonctionnaires, les moyens de créer de nouveaux types d'activités.

Au fond, j'appellerais ça l'agenda de confiance, c'est-à-dire que, sur nos territoires, on doit pouvoir justement redéployer des projets, aller de l'avant et réussir à réadapter et recréer le centre-ville, le centre-bourg, rouvrir des services avec ces différents agendas. Qu'il s'agisse d'ailleurs de la santé ou de l'école, comme je le disais, on a aussi décliné la chose. À côté de ça on a également, et j'insiste sur ce point, essayé de mettre en place, et c'était pour moi une des convictions au sortir de la crise dite des gilets jaunes, une offre de services à l'échelle de chaque canton pour que, à taille humaine et à présence humaine, nos compatriotes puissent avoir accès de manière la plus simple aux différents services publics, et ça a été le projet des maisons France Services, Mesdames les ministres et Monsieur le ministre, que vous portez et accompagnez.

L'idée était de pouvoir, sur la base des MSP qui existaient, développer une offre plus complète, plus exigeante, avec plus de présence humaine, étant convaincus que nos compatriotes sont dans un monde qui se transforme. Mais, on l'a vu, quand parfois on numérise trop vite, on déshumanise aussi et certains sont perdus, les plus âgés, les plus fragiles, et donc on a besoin de remettre des services au public, partout sur le territoire. On s'était donné comme objectif 2 000, on est à 2 055 maisons France Services, on en a vu tout à l'heure une formidable qui s'est ouverte au mois de mai dernier.

L'idée est évidemment de mettre les services de la commune, de l'intercommunalité et de l'État mais également de tous les partenaires autour de la table, comme vous le savez très bien, de les faire vivre, d'avoir une ouverture le plus possible en semaine, un vrai accueil du public, une qualité d'accueil. Et pas simplement de diriger vers un site Internet ou autre mais de permettre de traiter les dossiers, d'apporter une solution concrète à nos compatriotes, ce qui est ce pour quoi vous vous êtes engagés dans la fonction publique. Donc on va continuer de donner les moyens à ces maisons France Services et de les développer pour avoir cette réponse et je souhaite qu'on puisse encore, dans le semestre qui s'ouvre, en développer un peu plus de 500 parce que c'est l'objectif raisonnable qu'on doit se donner pour mailler, comme on dit aujourd'hui, notre territoire hexagonal et ultramarin, et permettre à nos fonctions publiques d'être là où c'est pertinent et de travailler aussi ensemble.

Et de travailler avec leurs partenaires, qui de Pôle emploi, qui des bailleurs sociaux ou autres. À côté de ça, on a développé aussi des postes de médiateurs et de formateurs, en particulier pour le numérique, nos conseillers numériques dont on a vu l'importance encore à l'instant. On les a formés et embauchés.

On en a 400, c'est ça ? 4 000, pardon, qui sont maintenant déployés sur le territoire et qui sont à peu près stabilisés aujourd'hui. [ INAUDIBLE ] Les postes, d'abord, sont budgétés, je pense que c'est important.

Les formations ont été faites et l'ensemble de nos conseillers se déploie sur le territoire pour accompagner en particulier nos aînés ou les plus fragiles, celles et ceux qui sont le plus loin du numérique et qu'il faut aider à aller vers ces services. Cela, à côté de l'agenda de confiance qui est de déployer des projets pour renforcer nos services partout sur le territoire, c'est au fond un agenda d'investissements dans ces maisons France Services, dans ces formateurs, dans les fonctionnaires que vous êtes, pour consolider notre présence et se dire qu'on a besoin d'une présence humaine et de services humains au contact partout. Et, je m'arrêterai là-dessus, c'est un message aussi d'avenir.

Je pense que, quand on regarde les 20 dernières années, on s'était habitué à un phénomène qu'on a souvent qualifié de métropolisation. On a dit le monde se spécialise, le numérique, l'accélération du monde. Les grands gagnants sont les métropoles, Paris et les grandes capitales de régions, si je fais simple.

Et il faut bien dire que plusieurs phénomènes ont renforcé cela : les grandes régions, les capitales régionales, la RGPP qui a fait beaucoup fondre des fonctions publiques plutôt locales que nationales et régionales, et l'évolution économique. La réalité, c'est que nos compatriotes ont eu le sentiment que le monde s'éloignait d'eux. Je le dis souvent, quand un service quitte Saint-Léonard, il peut aller à Bordeaux ou à Paris, c'est la même chose, il n'est plus là, et il est ressenti comme une recentralisation.

Et, il y a un sentiment de dépossession qui s'installe chez nos compatriotes. Dans le même temps, beaucoup de nos compatriotes dans les grandes villes ont le sentiment de vivre moins bien parce que la vie coûte de plus en plus cher. Le prix de l'immobilier, de la vie, etc., est important.

La qualité de vie est plus compliquée et, on l'a vu pendant cette crise, il y a une aspiration à changer de lieu, faire du télétravail, vivre différemment. Ce qu'il nous faut penser, c'était mon troisième message d'avenir, c'est comment, avec les outils que nous avons aujourd'hui, on réinvestit nos territoires et on réaménage notre présence et l'action et la présence de l'État partout sur les territoires français, de manière beaucoup plus intelligente. C'est pour ça qu'on a décidé d'engager un grand mouvement de déconcentration, en remettant des fonctionnaires sur le terrain.

On a commencé avec le ministère de l'Intérieur et le ministère des Finances. Plusieurs milliers de fonctionnaires ont déjà commencé à regagner, pas simplement les capitales de régions, non, des préfectures et sous-préfectures dans tous nos territoires et parfois à la maille du commissariat ou de la trésorerie. Donc on a réengagé un mouvement d'investissement dans nos territoires et de déconcentration.

Déconcentration des décisions, déconcentration des responsabilités et déconcentration des moyens, en mettant beaucoup plus de fonctionnaires sur le territoire. On va continuer ce mouvement. Pourquoi ?

Parce que je suis convaincu que le numérique, la modernisation, la transformation du monde doit être pensée à l'inverse parce qu'elle permet, depuis nos territoires, d'exercer des missions pour le compte de la région ou pour le compte du national. Mais on a besoin, sur nos territoires, d'avoir une présence physique qui permette de structurer l'État, qui permette de structurer les services au public. Si une partie du temps peut être réallouée pour d'autres tâches grâce au numérique, de le faire ainsi et donc de penser notre organisation, si je puis dire, à revers de ce qu'on a fait trop souvent.

Pourquoi ? Parce qu'on redonne de la qualité de vie à nos agents. Parce qu'on peut ainsi redonner aussi de l'espoir et des projets à beaucoup de nos territoires et de nos communes, parce que ce sont des familles qui retournent vivre sur des territoires ruraux et qui permettent aussi soit de maintenir l'école soit de rouvrir des classes, de développer une offre culturelle et de réengager quelque chose qui va ensuite retrouver une dynamique avec de l'activité économique ou autre, et de réamorcer une véritable logique d'avenir et d'aménagement du territoire.

Je suis convaincu que c'est ce que nous devons faire sur la partie santé entre nos hôpitaux, nos maisons de santé, je ne reviendrai pas sur ce débat, sauf si vous le souhaitez, mais on l'a évoqué hier en Creuse et, là aussi, cette logique de confiance est de remettre plus de moyens sur le territoire. Mais c'est ce qu'avec notre fonction publique territoriale et nationale, nous voulons faire pour pouvoir enclencher cette dynamique. Grâce à ça, je suis convaincu qu'on pourra ensemble mener cette véritable révolution culturelle qui est de remettre beaucoup plus de monde sur le terrain au service de nos compatriotes, donner les moyens à chacun de fonctionner et poursuivre cette logique que j'ai voulu initier au début de mon mandat, qui est ce droit à l'erreur, c'est-à-dire la possibilité d'avoir des fonctions publiques bienveillantes qui accompagnent nos compatriotes dans leur vie quotidienne et dans leurs projets.

Je crois que c'est collectivement ce pourquoi nous nous sommes engagés au service du public, c'est-à-dire de nos compatriotes, de celles et ceux qui ont des projets à mener et qui veulent faire avancer le pays. Je ne serai pas plus long mais c'étaient ces quelques messages que je voulais passer, au-delà des remerciements, un message de confiance, un message d'investissement et un message d'avenir parce que, ce que nous sommes en train de faire, c'est une profonde transformation à la fois des missions et de notre organisation sur le territoire. Je ne serai pas plus long.

Il y a beaucoup d'autres choses qui méritent d'être dites et on pourra éventuellement, s'il y a des questions, le faire ou je laisserai la parole aux ministres. Voilà les quelques mots que je voulais vous dire ce matin, en vous remerciant à nouveau pas simplement pour votre présence mais votre action. Nous sommes à vous.

Merci à vous. Qui a des questions ou des remarques ? Allez-y !

Cyrille Chevalier, je suis directeur de l'hôpital de proximité de Saint-Léonard-de-Noblat et des EHPAD du territoire. J'ai compris que vous aviez déjà abordé ce sujet hier, mais ma question portait sur votre vision, en fin de compte, de l'avenir des EHPAD publics puisqu'on a, sur l'ensemble des États du territoire, 91 lits pour ces EHPAD et votre vision sur le devenir, finalement, de ces EHPAD publics ancrés sur un territoire puisqu'on a une communauté professionnelle territoriale de santé qui vient juste d'être créée et donc je voulais avoir votre vision générale. Merci beaucoup.

D'abord, ma vision c'est qu'on doit au maximum décloisonner notre organisation de santé. Le système français, il soigne bien mais il prévient moins bien que d'autres. Donc, maintenant, il faut penser notre offre de santé au niveau d'un territoire, pour prévenir, pour guérir et accompagner.

L'organisation que vous avez semble faire partie de celles vers lesquelles on doit se projeter, c'est-à-dire qu'à l'échelle d'un territoire on va progressivement bâtir une approche où les collectifs de médecins, CPTS, travaillent, qu'ils soient en maison de santé ou pas d'ailleurs, mais en organisation, travaillent de manière beaucoup plus intime avec l'hôpital, qu'il soit le centre hospitalier universitaire ou l'hôpital périphérique. Parce que, d'ailleurs, nos jeunes médecins veulent pouvoir partager leur temps. Qu'on améliore le lien avec la médecine scolaire et la médecine du travail qui ont un rôle préventif et qui sont aujourd'hui, par trop, les parents pauvres dans la médecine française.

Et que ce lien se renforce, comme vous l'avez fait et comme beaucoup de territoires ont commencé à le faire, avec l'accompagnement des personnes qui sont en situation de dépendance, que ce soit à la maison ou en établissement comme les EHPAD. Première chose, c'est que je suis convaincu qu'on a besoin d'avoir un système, pas simplement de soins mais de santé, à l'échelle d'un territoire, organisé de manière beaucoup plus souple, où on permet d'ailleurs à nos professionnels de santé d'avoir une activité qui est parfois beaucoup mieux répartie et qui peut être beaucoup plus polyvalente en fonction de leurs choix, pour aller sur ces structures. Deuxième chose, puisque vous me posez la question sur les EHPAD et l'autonomie, la grande difficulté de nos EHPAD, vous le savez mieux que moi, c'est qu'ils ont une population qui arrive de plus en plus âgée et qui a besoin de plus en plus de soins.

Donc, faire ce que vous avez fait ici et qui n'est pas vrai partout, c'est renforcer le lien entre les EHPAD et l'hôpital parce qu'on a besoin de remédicaliser nos établissements et de réinvestir. Ça fait partie d'ailleurs de la stratégie autonomie qu'on a développée, parce qu'on a des personnes qui arrivent qui sont en vraie situation de dépendance et qui ont besoin de soins. Par rapport au grand âge, là aussi on a une stratégie qui doit s'appuyer sur plusieurs leviers.

Premièrement, avoir un référent de santé sur un territoire qui permet d'accompagner la personne et sa famille, pour éviter qu'elle ne tombe dans la dépendance. Parce que, par des petits éléments de prévention, on peut éviter que la dépendance n'advienne, en tout cas qu'elle advienne moins vite. Deuxièmement, mieux financer, c'est ce qui est dans la loi de financement de sécurité sociale et qui est en train d'être mis en œuvre, l'accompagnement à domicile.

Parce qu'il y a des formes légères où nos départements jouent d'ailleurs un rôle très important et je les en remercie, et nos communes aussi, c'est pouvoir accompagner à domicile les personnes qui sont les plus fragiles. Pourquoi ? Parce qu'elles sont moins désorientées que quand on les met parfois dans des établissements.

C'est aussi moins cher pour la collectivité, mais c'est une organisation à avoir. Et c'est aussi pour ça qu'on a lancé tout un programme de revalorisation des personnels qui font ce travail parce qu'on a aujourd'hui beaucoup de femmes et d'hommes qui font ce travail d'auxiliaire de vie et d'accompagnant et, on le sait bien, qui ont du temps partiel subi et qui n'ont pas des conditions de travail qui sont satisfaisantes. C'est tout le boulot qu'on a lancé avec la conférence qu'a ouverte le Premier ministre.

Et, troisième élément, c'est de réinvestir et remédicaliser nos EHPAD, en lien avec nos hôpitaux. Je ne veux pas être plus long, mais voilà un peu la stratégie d'ensemble sur ces deux sujets. Allez-y, s'il y a des questions sur la fonction publique territoriale, la fonction publique d'État, le dialogue social, les réformes, l'attractivité...

Vous avez les ministres, je vous en prie. Moi, ma question, sous-jacente au sujet que vous abordiez tout à l'heure de réinvestir les territoires ruraux, c'est la question de la mobilité sur ces territoires ruraux. On voit aujourd'hui un engouement des néo pour nos territoires suite à la crise Covid qui continue, mais également l'augmentation du prix du carburant.

Comment ne pas laisser retomber le soufflet ? Comment aider à renforcer ces mobilités et trouver d'autres modèles propres à la ruralité pour ces mobilités ? Il y a plusieurs choses.

D'abord, je pense que ce qu'on est en train de se dire, c'est qu'on sort du message où, quand nos compatriotes vivent dans la ruralité, on leur dit déplacez-vous pour aller vers les services. Toute la stratégie que j'évoquais, c'est qu'on doit remettre du service sur le territoire parce que c'est meilleur pour tout le monde, parce qu'aussi ça remet du lien social. Une nation, ce n'est pas expliquer aux gens : grâce aux progrès, vous allez maintenant faire 80 ou 100 km pour avoir droit à un service.

On l'a vu tout à l'heure, l'exemple m'a été donné par monsieur le maire, grâce à ce qui a été fait avec le bailleur social dans la maison France Services, là où les habitants de Saint-Léonard devaient faire 40 ou 50 km, ils peuvent le faire ici. Donc ça, je pense que c'est très important et c'est la logique. La deuxième chose, on met ensuite en place du service public itinérance, je ne l'ai pas évoqué mais les bus à côté des maisons France Services, qui permettent là aussi de faire face à cela.

Après, plus largement, pour la vie sociale, culturelle, éducative et économique, on a de toute façon besoin de se déplacer parce qu'on ne mettra pas des collèges et des lycées dans toutes les communes de France et donc ça rejoint ce que vous disiez. Pour ça, on doit continuer à réinvestir dans nos infrastructures. C'est ce qu'on tâche de faire sur le ferroviaire.

Là, on a refinancé 1 500 km de petites lignes en lien avec les régions. On va monter jusqu'à 7 000 et on réinvestit dans les infrastructures routières et autoroutières, l'A 147 en est un bon exemple, là aussi, pour désenclaver. Et, enfin, il y a le coût qu'a cette mobilité.

Côté fonction publique, ce sont les débats qu'il y a, ça fait partie du dialogue social, sur les indices kilométriques, l'accompagnement et la prise en charge. Pour tous les fonctionnaires, les agents, d'ailleurs c'est vrai aussi pour les salariés du privé qui ont une charge liée en ce moment au coût de l'essence, il doit y avoir une réponse des employeurs pour pouvoir prendre en compte ce surcoût. C'est tout à fait vrai, ça fait partie du dialogue social et, ensuite, en parallèle si je puis dire, de ces mesures de court terme de pouvoir d'achat pour accompagner les surcoûts liés à la montée du prix de l'essence, c'est aussi d'essayer progressivement, en modernisant nos flottes de véhicules ou autres, de moins consommer, ce qui est une réponse encore plus pertinente parce qu'à terme c'est celle qui nous permettra de réduire notre dépendance.

Sur le dialogue social, vous voulez dire un mot, Madame la Ministre ? Merci, Monsieur le Président. Chers agents des trois fonctions publiques, c'est aussi pour moi une fierté d'être avec vous, vu l'engagement qui a été le vôtre.

Effectivement, sous votre impulsion, Monsieur le Président, depuis maintenant cinq ans c'est aussi beaucoup de progrès social qu'on a cherché à remettre au coeur de la fonction publique pour que la fonction publique ne soit pas toujours vue comme à côté ou en retard. Vous savez qu'on a eu un accord unanime sur le télétravail, qui est unanime de tous les syndicats et de tous les employeurs publics, parce que c'est une nouvelle forme de travail et, derrière, c'est aussi la confiance qu'on met au coeur de la fonction publique plutôt que juste le contrôle ou une culture du présentéisme. C'est très en lien avec ce que vous disiez sur la manière dont on conçoit aussi notre rôle d'agents publics et de services publics modernes et, je crois, adaptés à notre époque.

Il y a dans le dialogue social, en ce moment, deux sujets qui sont au cœur de nos travaux. D'abord, celui de la mutuelle santé. Parce qu'on sort d'une crise sanitaire et, dès 2019, vous en avez fait une priorité, on ne peut pas concevoir un pays où ceux qui soignent ont eux-mêmes des difficultés à se soigner avec leurs enfants ou ceux qui sont au service du public ont eux-mêmes des difficultés à prendre en charge leurs dépenses.

Donc, vous le savez, d'ici 2025, ce sont tous les agents publics, je dis bien tous les agents publics, de toutes les collectivités, de tous les hôpitaux et de tous les services de l'État qui auront un employeur public qui prendra en charge, comme dans le privé, 50 % de leur mutuelle santé. Et vous savez que demain, pour les agents de l'État, il y a un moment très important puisqu'on va vers un accord très majoritaire pour que les 2,3 millions d'agents de l'État aient un panier de soins très protecteur et aussi de la solidarité envers les retraités parce qu'on sait que c'est un enjeu aussi pour les retraités de la fonction publique d'avoir accès à la santé. Puis il y a un troisième élément du dialogue social qui est celui des salaires.

On a fait le choix politique de remettre beaucoup de nos moyens sur certains métiers oubliés, qui avaient été un peu délaissés, parfois des métiers d'ailleurs féminisés. On l'a beaucoup vu, il y avait des écarts entre ministères très importants. Et on a fait le choix qui va se voir dans quelques jours sur la feuille de paye des agents de catégorie C, de toutes les fonctions publiques territoriales hospitalières et de l'État, 1,2 million de Français dont on a revalorisé très significativement les salaires.

C'est 40 à 100 euros pour beaucoup de ces agents. C'est beaucoup plus que le point d'indice, parce qu'on a considéré que le point d'indice était [INAUDIBLE], donc on augmentait tout le monde ou personne. Le choix qu'on a fait, c'était justement de revaloriser des métiers, des filières, des professions, et, par justice j'allais dire sociale, de concentrer nos moyens avec les employeurs hospitaliers, territoriaux et de l'État vers les moins bien rémunérés d'entre nous.

Et je tiens à remercier ici tous les agents, parce que vous avez des métiers très différents, mais il y a une chose qui vous unit, c'est que pendant les deux dernières années, les Français ont vu à quel point chacun de vos métiers était essentiel, chacun en allant vers les plus vulnérables, en vous adaptant, en innovant, en faisant différemment. Mais en fait, le pays a tenu. Il a tenu parce que les ordures ont été ramassées.

Il a tenu parce que les hôpitaux, évidemment, étaient en première ligne. Il a tenu parce que l'Éducation elle-même a tenu. Et puis il a tenu aussi parce que le plan de relance a été déployé, et je tiens vraiment à remercier les services de l'État qui, pendant cette période, ont joué un rôle très différent.

Le dialogue social, pour moi, en un mot, c'est vraiment comment, en travaillant ensemble, on met les vrais sujets sur la table et on se dit que la fonction publique n'a pas comme vocation d'être en retard ou décalée. On vit tous au 21ème siècle, il n'y a pas de raison que tout ce qui se passe ailleurs n'arrive jamais dans la fonction publique. Donc c'était une petite introduction aussi pour recueillir vos commentaires et vos questions, puisqu'on est évidemment à votre écoute.

Madame est DRH. Merci. Juste pour rebondir sur ce que vous venez d'évoquer, simplement par rapport à la l'actualité juridique qui est mise en place par votre ministère et effectivement toutes ces réformes qui touchent à la fonction publique.

Personnellement, j'ai le sentiment que ce sont des mesures qui sont destinées aux fonctionnaires d'État. La prime du télétravail, le protocole télétravail, la participation pour la santé, c'est pour les fonctionnaires d'État en 2022, et nous, on arrivera derrière. Nous, on se heurte à un mur qui est que les collectivités territoriales ont le pouvoir de libre administration, et que certes, la loi leur offre la possibilité, mais elles ne sont pas obligées de mettre en oeuvre.

Ce qui veut dire qu'il y a une grande concurrence entre nos collectivités territoriales, entre les fonctions publiques aussi : pour un poste égal, selon si on est à l'État ou à la territoriale, on n'aura pas les mêmes acquis, les mêmes rémunérations. C'est le sentiment que j'ai. Par ailleurs, je ressens aujourd'hui des difficultés de recrutement.

La fonction publique ne fait plus rêver du tout, et je pense qu'il est urgent de faire quelque chose. Vous parliez des rémunérations. C'est très bien de revaloriser toujours les catégories C.

Je pense qu'il y a un vrai tassement de la grille indiciaire aujourd'hui. Si on regarde l'indice d'entrée en catégorie C ou en B, il est le même, donc quel est l'intérêt pour les agents de se former, de passer des concours, d'essayer de progresser si à terme, la rémunération est identique ? Je sais que dans la territoriale, on a 75 % d'agents de catégorie C, donc c'est très important de penser à eux, mais il y a aussi des agents qui font l'effort de passer des concours et d'évoluer.

Voilà plusieurs remarques, c'est un ressenti personnel. Madame la Ministre, je vous en prie. Vous abordez un sujet très important, qui est celui de l'égalité et de l'équité de notre fonction publique, qu'elle soit hospitalière, territoriale ou de l'État.

Depuis cinq ans, notamment par la loi de 2019, on a précisément cherché à remettre de l'équité, parce que la libre administration est constitutionnelle, mais par exemple pour le droit à bien se soigner, le fait qu'on ait des métiers qui sont les mêmes, je me suis par exemple mobilisée pour que les infirmières scolaires, qui sont des infirmières de l'État, ou les infirmières qui travaillent dans les PMI, qui sont des infirmières payées par les départements aient la même grille indiciaire que les infirmières qui travaillent dans les hôpitaux, parce qu'on considère qu'à métier égal, à un moment donné, il faut qu'il y ait une revalorisation, une reconnaissance égale. Donc, on travaille beaucoup pour aussi permettre la mobilité, parce que les uns et les autres doivent pouvoir changer de fonction publique sans que ce soit aussi compliqué parfois que ce l'était jusqu'à maintenant. Donc, d'abord la mobilité.

Ensuite, les droits. La bataille pour l'accès à la santé, la mutuelle santé, c'est une ordonnance qui est passée au Conseil des ministres et qui s'impose à tous les employeurs publics. Vous savez qu'en ce moment, il y a une négociation avec les employeurs publics, et je peux vous dire que le Gouvernement a bien envie qu'on accélère au maximum à la fois le rythme et le panier.

On a fixé la date butoir de 2025. Il y a d'ailleurs beaucoup de collectivités qui y sont allées. L'égalité, c'est le temps de travail.

C'est pour ça qu'on s'est aussi mobilisés pour que tous les agents publics travaillent les fameuses 1 607 heures qui correspondent aux 35 heures, comme d'ailleurs tous les Français le savent depuis vingt ans. L'égalité et l'équité, c'est aussi évidemment, vous avez parlé du télétravail, d'avoir un accord unanime pour qu'il y ait un socle. Ensuite effectivement, pour la libre administration, ce serait, si je suis honnête, un peu étrange que, depuis le Conseil des ministres ou depuis nos bureaux ministériels, on définisse comment les choses doivent fonctionner à Saint-Léonard de Noblat alors qu'elles ne sont pas exactement pareilles qu'à Lille, dans une métropole ou dans des régions où les difficultés ne sont pas les mêmes.

Après, il y a un point commun dans ce que vous dites, c'est l'attractivité. Ce sujet-là, c'est pour moi le plus grand défi qui est devant nous : comment la jeunesse de France connaît nos métiers, comment on lui ouvre nos portes. C'est pour ça qu'on a doublé le nombre d'apprentis dans la fonction publique en cinq ans.

C'est pour ça qu'on vient de réformer tout le système d'apprentissage de la fonction publique territoriale, donc il y a de vraies incitations à prendre des apprentis. Et puis l'égalité, c'est aussi d'ouvrir effectivement à notre jeunesse des perspectives de carrière qui ont du sens. Il y a quelque chose que je pense, qui est une perspective d'avenir pour nous, Monsieur le Président, c'est que la jeunesse d'aujourd'hui veut s'engager, veut avoir un métier qui a de l'impact, veut se sentir utile.

La plus belle manière de le faire, c'est de servir ses compatriotes. Comme je le dis, vous n'enrichissez aucun autre actionnaire que la société dans son ensemble. C'est donc un métier qui est une vocation pour beaucoup d'entre vous.

C'est un engagement. Donc, on a ouvert 43 000 stages dans la fonction publique de l'État l'année dernière pour que 43 000 jeunes voient nos sites administratifs, nos bureaux comme autre chose qu'une forteresse, autre chose qu'une machine, voient vos visages, voient vos métiers, puissent s'engager. Donc, oui, évidemment, je pense qu'on a ici une tension féconde entre la décentralisation et une vision unifiée de l'État, mais au coeur, il y a les hommes et les femmes que vous êtes.

Moi, je crois qu'on peut toujours avoir le dialogue social. Mais on doit dire avec acqueline Gourault qu'on a aussi parfois un peu de contraintes. Quand on écrit au préfet pour qu'il rappelle aux employeurs territoriaux que sur le RIFSEEP, ça fait parfois, on l'a vu, 15 % des collectivités qui n'ont toujours pas délibéré, ça ne correspond pas à notre vision de ce que doit être la loi.

Sur les 1607 heures, vous savez qu'on a fait aussi respecter la loi. Donc, à la fois on accompagne, on donne des libertés, je crois que c'est le principe de la libre administration, mais on sait aussi rappeler les règles quand c'est nécessaire. Je crois que c'est vraiment cette logique.

Après, il y a un élément, c'est la mobilité entre les fonctions publiques. Je crois que vous êtes directrice des ressources humaines, c'est ce que vous m'avez dit. Je crois que vous voyez combien on essaie de faciliter les choses, mais en un mot, il faut qu'on arrive à faire confiance au terrain, à moins décider tout depuis Paris.

C'est la déconcentration dont parlait Monsieur le Président, la déconcentration des décisions. C'est quand même un engagement fort. Allez-y !

Merci, Président. Juste pour compléter les propos d'Amélie sur la nécessité de rendre attractifs un certain nombre de métiers, notamment dans la fonction publique territoriale, je crois qu'on a un portage commun tous les deux de quelque chose qui est important, c'est la revalorisation de la fonction, et aussi du nom, de secrétaire de mairie. C'est extrêmement important, parce que nous parlions tout à l'heure des espaces France Services, mais le front office du citoyen qui va voir un service public territorial, c'est bien la secrétaire de mairie, je me permets de féminiser parce que le corps est féminin à 95 %.

Et justement, nous avons là-dessus un problème d'attractivité énorme : plusieurs mairies n'arrivent plus à avoir de secrétaires de mairie. Ce sont souvent des secrétaires de mairie partagés d'ailleurs sur deux ou trois mairies. Nous avons voulu d'abord changer le nom, et ce n'est pas cosmétique, parce que les gens voient " secrétaire " et croient qu'elles vont faire toute la journée de la dactylo ou autre.

Ça n'a absolument rien à voir avec tout cela. En fait, vous avez des agents polyvalentes de premier rang qui d'ailleurs renseignent les maisons France Services et font absolument tout dans la mairie. J'ai été maire pendant 28 ans, je sais bien ce que sont les secrétaires de mairie.

Donc, c'est à la fois cet aspect non cosmétique qui est celui du nom, mais également ce que tu a mis en œuvre, c'est-à-dire une nouvelle bonification indiciaire qui est extrêmement importante pour l'attractivité de ce métier. C'est là où il est nécessaire que nous ayons des politiques spécifiques sur des corps spécifiques qui ont été relativement négligés et où, c'est un combat d'ailleurs qu'avaient porté les associations d'élus, vous avez finalement eu petit à petit une carence complète dans le vivier des candidats. Je crois que c'est au travers de cela aussi que l'on valorise la fonction publique dans des petites communes, des toutes petites communes où c'est tellement important.

Oui, Monsieur, portez la voix ! Je suis Directeur de la Communauté des communes de Noblat. J'ai une question sur le financement du service public local.

Au cours des dernières années, l'évolution du panier fiscal des intercommunalités a été importante. Aujourd'hui, nous sommes arrivés sur un système où il y a une substitution de la taxe d'habitation par une part de taxe sur la valeur ajoutée. Précédemment, lorsque l'administré demandait des services publics locaux, il voyait cette demande se retranscrire sur sa feuille d'impôts parce qu'il venait financer ce service public local qu'il avait sollicité.

Aujourd'hui, avec cette part de TVA, ce lien-là est rompu. Est-ce que, à l'avenir, il ne faudrait pas retrouver un lien entre ce qu'attendent les administrés des services publics, qui est légitime, et le financement par le territoire qui est venu le créer ? C'est un débat très important que vous venez de soulever.

Je vais me lever, parce que je veux vous voir pour vous répondre. Je vous en prie, restez assis si vous voulez. La suppression de la taxe d'habitation a d'abord été de la part du Président de la République, et c'était un engagement de sa campagne, une volonté d'appliquer une baisse des impôts pour nos concitoyens, et donc une hausse du pouvoir d'achat.

Ça, c'est la première chose. Et vous savez que quand on est citoyen, on est très content évidemment de ne plus payer de taxe d'habitation. Pour les collectivités territoriales, je voudrais préciser d'abord que nous avons inventé un système qui fait que, bien sûr, les collectivités territoriales sont compensées à l'euro près.

Quand je dis à l'euro près, c'est vraiment à l'euro près ! Évidemment, pour les municipalités, ce n'est pas le même système que pour l'intercommunalité, puisque pour les municipalités, on a redescendu la part de l'impôt foncier qui était aux départements, que nous avons alors compensée. Alors que dans les intercommunalités, puisque toutes les intercommunalités n'avaient pas forcément de taxe additionnelle, c'est un peu technique, excusez-moi, mais cela a été compensé par de la TVA.

Dans ce que vous soulevez, il n'y a pas de problème financier, je tiens à le préciser, vous êtes bien d'accord avec ça ? La question que vous posez, c'est le lien entre l'impôt et le citoyen. Et au fond, vous dites : la tradition française des impôts locaux est ancienne, traditionnelle, mais elle a aussi des inconvénients, c'est-à-dire que pour avoir plus, il faut augmenter les impôts régulièrement.

Et parfois, les collectivités ont " râlé " à la suppression de la taxe d'habitation. Et quand vous regardiez ce qu'elles avaient fait depuis des années, en général, elles n'avaient pas beaucoup augmenté la taxe d'habitation parce que ce n'est pas très populaire d'augmenter la taxe d'habitation. Je crois que ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il doit y avoir un équilibre entre les ressources locales et les ressources nationales.

Que je sache, par exemple, les régions qui vivent sur un impôt national, à savoir la TVA, sont particulièrement satisfaites de la progression de l'impôt TVA, puisque sur la consommation, comme vous le savez, il y a une augmentation qui est très importante. Et c'est une dynamique qu'apprécient bien sûr les collectivités territoriales. C'est un débat très ancien, sur lequel nous travaillons actuellement parce qu'il y a des évolutions aussi à faire sur le plan financier.

Nous avons aussi en France un système très important de péréquation, vous le savez, par exemple la DGF avec une part forfaitaire qui est la participation de l'État, mais aussi une part péréquée entre les plus riches et les plus pauvres. Nous savons tous qu'il y a une réforme à faire pour moderniser au fond le financement des collectivités territoriales. Mais il faut trouver le bon système qui soit l'équilibre entre les ressources locales, et en particulier pour les municipalités, je tiens à le dire, puisque c'est la commune qui a le contact avec les citoyens.

Pour les intercommunalités, c'est déjà un peu différent, à mon avis. C'est pour cela que nous avons pensé que la TVA était aussi une ressource intéressante pour les intercommunalités. Bien évidemment, il y a des pays où les ressources des collectivités territoriales sont uniquement des parts d'impôts nationaux.

Je pense par exemple à l'Allemagne où cela se produit ainsi. Je crois en tout cas que le Président est attaché à ce qu'il y ait une part d'impôt au niveau communal, et ensuite qu'il y ait bien sûr des partages d'impôts nationaux qui permettent aussi de faire en sorte que la richesse soit mieux répartie sur l'ensemble du territoire français, puisque la TVA, c'est calculé sur le plan national, et c'est un avantage d'équité sur l'ensemble du territoire. Bien sûr, on peut toujours améliorer et travailler sur ce sujet.

Le Sénat, par exemple, travaille actuellement sur ce sujet. Je sais qu'il faudra faire des modifications sur la fiscalité des ressources des collectivités territoriales, mais je crois qu'il y a un attachement assez fort en France aux deux paniers de ressources, ce qui permet à la fois la localisation et l'équité sur le territoire français. Parce que l'équité et l'égalité, c'est quelque chose à quoi les Français sont très attachés.

Pour répondre à votre question et en écoutant tout ce qui a été dit auparavant, je crois que ce qui est très important, c'est que nous sommes dans un même bateau et que l'État joue son rôle, ainsi que les collectivités territoriales. Et les exemples que nous avons vus aujourd'hui, par exemple avec France Services, c'est un symbole d'une action commune de l'État et des collectivités territoriales, plus d'autres partenaires comme la MSA, La Poste, etc. Et c'est très important.

Au fond, ce que nous avons essayé de développer depuis cinq ans, c'est ce partenariat, cette contractualisation entre l'État et les collectivités territoriales. Petites villes de demain, Monsieur le maire, c'est aussi une contractualisation au fond. C'est-à-dire que c'est une politique publique que l'État soutient, mais sur des projets locaux.

Ce sont les élus locaux qui décident de leurs projets pour leur territoire. Et je crois que c'est quelque chose de très important, un État qui accompagne les territoires, un État qui les aide aussi financièrement. Je crois que c'est en fait la marque du quinquennat du Président de la République.

Est-ce qu'il y a une dernière question ? On va devoir filer je crois à Oradour. Allez-y !

Merci beaucoup. Monsieur le Président, Madame la ministre, Monsieur le Ministre, bonjour. Xavier Parlant, en charge du service Musique au sein de la Communauté des communes de Noblat, un service qui bénéficie de deux sites d'enseignement, un ici-même à Saint-Léonard, qui vous accueille aujourd'hui, et un autre situé au sud du territoire, à Saint- Paul.

Je souhaiterais, si vous le permettez, poser une question autant au chef de l'État qu'au pianiste. Vous avez bénéficié dans les années 80 d'un enseignement musical au sein du Conservatoire d'Amiens. Pour ce faire, vous avez côtoyé un corps enseignant qui pouvait, et qui peut toujours à ce jour, se présenter selon une démarche personnelle, et ce afin de pérenniser sinon amoindrir la précarité de la filière artistique, se présenter à un concours de la fonction publique territoriale.

Il existe une grande disparité entre les deux grandes familles de registres enseignés à ce jour sur le territoire national, en somme, ma question n'est pas que rurale, sinon territoriale, vous l'avez compris, deux registres qui sont le registre classique contemporain dit Musique savante et le registre Musiques actuelles, appellation " Musiques actuelles amplifiées ". Aujourd'hui, il est parfaitement possible de devenir, si vous me permettez l'expression, un pianiste du registre classique, un pianiste de la fonction publique sinon un violoncelliste, ou encore un flûtiste sinon un directeur d'orchestre. Concernant le registre Musiques actuelles, il existe un seul intitulé : Coordinateur des musiques actuelles.

Vous l'aurez compris, vous qui prônez l'égalité, il faut savoir tout faire lorsqu'on est enseignant en musiques actuelles. Alors, je serais ravi, dans un proche avenir d'en discuter éventuellement avec vos équipes. S'il vous plaît.

Merci beaucoup. J'avoue que j'ignorais totalement ce distinguo, comme quoi c'est l'utilité de ces discussions. On va regarder et s'en occuper à la fois au Cabinet de l'Elysée et avec les ministres, pour qu'on puisse avoir là aussi l'équité qui permet que l'ensemble des parties prenantes soient traitées de la même manière.

Par rapport à ce point, si on essaie de regarder en prospective, ce qu'on a voulu faire, c'est, en complément de ce qui est fait dans les conservatoires, de permettre d'avoir davantage d'enseignement à l'école et au collège. Parce que le Conservatoire, c'est parfois intimidant pour certaines familles ou certains enfants. Il y a parfois des inégalités là aussi territoriales malgré l'investissement des collectivités, et je les en remercie encore une fois, et de l'accompagnement qu'on donne.

C'est donc pour ça qu'on a voulu aussi développer ce qui est pour moi un des points importants de ces dernières années, l'enseignement artistique et culturel. On vient d'ouvrir un centre à Guingamp, vous l'avez peut-être vu, qui va être un peu la tête de pont pour mieux former et permettre d'avancer. Mais je veux aussi que des gens comme vous puissent être davantage dans les murs de l'Éducation nationale et qu'il puisse y avoir ce va-et-vient, ce qui était un peu plus le modèle allemand si je puis dire, là où nous, le sport comme la culture, c'était hors de l'école, dans des conservatoires ou des associations.

Il faut garder la force du modèle français, mais il faut qu'on arrive à le remettre davantage à l'école. Ça, c'est un premier point en complément de ce que vous avez dit. Le deuxième, ça a été le Pass culture qui, je pense, est important pour permettre à tous nos jeunes non pas simplement d'accéder à des spectacles, des livres ou autres, mais de pouvoir aussi acquérir les instruments qui leur permettront de jouer.

Pour le point entre les deux types de musique, on va regarder ça, je m'y engage. Je vais devoir filer à Oradour. S'il y avait d'autres questions qui se posaient, je propose qu'on puisse avoir un système où on récupère les questions de celles et ceux qui n'auraient pas pu s'exprimer ici pour qu'on puisse vous apporter une réponse.

Si la Préfecture pouvait peut-être communiquer à l'ensemble des participants un mail ou une adresse, je m'engage avec les Ministres à ce que des réponses soient apportées, y compris par écrit, à celles et ceux qui soit n'auraient pas osé, soit n'en ont pas eu le temps. Parce que vos questions, comme d'ailleurs vous l'avez montré toutes et tous, permettent d'éclairer beaucoup de choses, et en tout cas sont utiles y compris pour nous. Je vais devoir continuer mon périple.

Je voulais vous remercier pas simplement pour l'échange d'aujourd'hui, mais, comme vous m'avez entendu le dire, pour votre action. Et ce ne sont pas que des mots ! Je veux que vous soyez vraiment fiers de servir le public, mais aussi au fond la France et nos compatriotes.

Et que vous soyez au service d'une collectivité territoriale, d'un hôpital, d'un établissement de santé ou des services de l'État sur ce beau département, je veux ici vous dire que vous avez toutes les raisons d'être fiers de la mission que vous avez choisie. Je sais que parfois c'est difficile, et je le vis avec vous parce qu'on est parfois un peu caricaturés ou attaqués, parce que quand les choses ne vont pas assez vite, ce sont forcément celles et ceux qui servent le public qui ne vont pas assez vite. On dit assez facilement qu'il y a de la bureaucratie ou de la complexité partout, quand ce sont juste des règles, et que ceux qui veulent que ce soit plus simple sont les premiers à vouloir remettre des règles pour qu'il y ait de l'équité.

On est un pays parfois compliqué. N'oubliez jamais que nous sommes une nation qui est attachée au service public. Cette invention française qui s'est ensuite universalisée, c'est aussi la force de notre modèle.

Il faut le moderniser, il faut parfois le changer, quelquefois il faut accepter de bousculer les habitudes ou les corporatismes, mais pour défendre l'idée originale et sa force, et continuer d'avancer. Mais vous faites à mes yeux une tâche qui est essentielle, à la fois pour que notre pays continue d'être fort et pour que chacune et chacun y ait sa place. Il n'y a pas de pays fort si les 68 millions de Françaises et de Français n'y ont pas une place et une dignité.

Et c'est dans le service public qu'on la leur donne bien souvent, et par les services publics qu'on la rebâtit ou qu'on la crée. Je voulais vous remercier infiniment de cela. Et comme l'a dit Madame la Ministre, le service public qui est le nôtre aujourd'hui, c'est un service public de confiance dans son modèle, dans sa force, mais aussi dans l'avenir, et qui est de plus en plus partenarial.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous nous retrouvons dans ce qu'on appelle aujourd'hui ces tiers-lieux, à L'Escalier, je remercie encore une fois son président et son équipe. Mais ça montre que servir le public, c'est la capacité à nouer des partenariats complètement nouveaux et aussi à travailler avec les associations. Il y a 4 000 tiers-lieux qui ont été créés durant ces derniers semestres partout en France, et on va continuer d'avancer en ce sens.

On a aussi des innovations qui sont faites sur le plan économique, etc., et on va continuer d'avancer. En tout cas, soyez fiers de ce que vous faites chaque jour, et merci une fois encore de votre engagement au service de la nation.

Vive la République et vive la France !

En Haute-Vienne, le Président Emmanuel Macron rencontre des agents de la fonction publique. · Pourquijevote