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Discours / meetingRenaissance (sur YouTube)· 13 octobre 2016 158 minAutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiÉducation & rechercheSolidarités & familleSanté

Meeting au Mans du 11 Octobre | Emmanuel Macron

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 82 %Attaque 13 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « en marche compte déjà 85000 adhérents et plus de 4000 donateurs »
  • 6:00Emmanuel MacronChiffre
    « 66% seulement 21% des dirigeants des grandes entreprises viennent du bas en Allemagne ces trois fois plus »
  • 7:00Emmanuel MacronFait
    « la France est le pays développé le plus inégalitaire celui dont les résultats à l'école dépendent le plus de l'origine sociale des parents »
  • 8:00Emmanuel MacronChiffre
    « 8 millions de nos concitoyens vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté »
  • 9:00Emmanuel MacronFait
    « 9 femmes sur 10 sont victimes de harcèlement sexuel dans les transports »
  • 11:00Emmanuel MacronChiffre
    « quand on a un bac + 2 le taux de chômage il est de 6%. quand on a juste un brevet ou un cep le taux de chômage il est de 17% »
  • 14:00Emmanuel MacronChiffre
    « le chômage des jeunes dans notre pays depuis 30 ans il dépasse les 15% »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « le système français a réussi sur le plan éducatif il a réussi en étant un système de masse qui a amené des classes d'Argentière à l'éducation primaire puis à l'éducation secondaire »
  • 17:00Emmanuel MacronFait
    « nous avons l'un des meilleurs systèmes de santé au monde les meilleurs chercheurs les meilleures hôpitaux les meilleurs professionnels de santé »
  • 18:00Emmanuel MacronFait
    « nous sommes mauvais pour prévenir la maladie pour l'empêcher de survenir »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « le terrorisme a tué plus de 230 personnes en 18 mois chez nous »
  • 10:50Emmanuel MacronFait
    « l'arsenal législatif applicable au terrorisme ne nécessite pas d'être profondément changé »
  • 35:00Emmanuel MacronChiffre
    « 73000 de nos concitoyens meurent chaque année à cause du tabac »
  • 35:50Emmanuel MacronChiffre
    « 50000 autres décèdent à cause d'alcool »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

c'était avant tout personnel je me suis dit c'est cool aussi d'aller parler politique avec des gens qui ne nous ressemblent pas on parle souvent politique avec notre famille nos collègues de travail les amis de la fac ou des choses comme ça donc on est dans une sorte d'entre-soi ou on a à peu près tous les mêmes idées les politiques ils proposent des choses mais sans consulter le citoyens et là cette démarche d'Emmanuel Macron d'aller au contact des gens de voir vraiment ce que eux ils veulent c'est ça qui m'a tout de suite plu quoi c'est pour c'est la raison pour laquelle je me suis engagé surtout l'avantage de ce mouvement c'est que on n'avait rien à vendre en fait on n'était pas là pour vendre un produit ni vendre Emmanuel Macron on était là pour aller écouter les gens et vraiment avoir leur ressenti sur leur vie sur ce qu'ils pensent du pays sur ce qui se pense de ce qu'ils pensent de la politique et ce qu'ils avaient un espoir que cela change ou est-ce que pour eux tout était tout était terminé donc c'est arrivé plusieurs fois je disais non non je pas de politique je veux pas parler de politique et là on leur disait non alors je suis pas là pour vous vendre un programme je suis pas là pour vous vendre une personne je suis là pour prendre votre avis vous écouter et juste avoir votre avis sur l'état de la France aujourd'hui et là les portes s'ouvraient et les gens nous parlaient et je trouvais que c'était très intéressant parce que on se rend compte qu'aujourd'hui et ça on l'a vu plusieurs fois il y a plusieurs reprises les Français ont juste envie qu'on écoute ce qu'ils ont à dire et non pas envie d'écouter ce que les politiques ont à dire et je crois que la grande marche est différente pour ça mais s'exprimer c'est déjà c'est déjà le début d'une solution s'exprimer au moins parler parce qu'après quand on s'était la frustration et après des votes extrémistes voilà le fait de faire un diagnostic je pense qu'il y a longtemps qu'on n'avait pas fait ce travail c'est finalement de retourner sur le terrain on l'avait abandonné le terrain il faut être très clair quand on est sur le terrain c'était pour dire aux gens ce qui était bien pour eux on savait ce qui était bien pour on savait on connaissait les solutions sauf que ça marche plus et ce que je trouve intéressant et de rafraîchissement c'est que on retourne sur le terrain avec en essayant d'y aller sans a priori et ça c'est très nouveau c'est jamais arrivé de mémoire de français si jamais arrivé une démarche pareille donc a priori ça va coller aux attentes des Français sont démagogie justement c'est ça qui est très nouveau pédagogique [Applaudissements] bonsoir mon nom est Richard Ferrand il ne vous dit sans doute rien je suis député du Finistère et compagnon de marche d'Emmanuel Macron depuis le début je viens du Finistère intérieur berceau familial d'une personnalité que vous connaissez bien ici notre vaillant et courageux ministre de l'Agriculture Stéphane Le folle que nous aimons beaucoup et qui lui ne nous aiment pas encore à l'excès mais ça va venir c'est sans doute une question de délai alors quelques mots pour préciser la démarche qui nous rassemble ce soir en marche est né d'un constat de quelques constats et d'un espoir les constats sont au fond simples pourvu qu'on les nomme trop de blocages trop d'a priori trop de corporatisme trop d'appareils ruine la confiance en l'action publique trop de compromis un minima trop de petits arrangements empêchent de répondre aux défis qui surviennent trop d'esprits de boutiques tarie le débat d'idées trop de communication justifie d'éviter les débats de fonds de poser des questions qui se posent et de chercher voire de trouver ce serait mieux encore les réponses qui s'imposent 100 fois moins la question a été posée Emmanuel Macron serez-vous candidat à la présidence de la République et 100 fois et sans foi il a répondu demandez-moi d'abord qu'elle serait mon projet une autre fois il a dit je fais pas tout ça pour beurrer les tartines ni même pour tartiner les rillettes imagine mais enfin le choix d'en marche justement avant d'envisager une candidature c'est de poser un diagnostic pour le partager d'en rendre compte de vous en rendre compte c'est l'objet de notre rencontre de ce soir pour donner des orientations qui permettront au fur et à mesure de formuler des propositions de prendre des engagements de proposer des solutions et si c'est utile alors bien sûr le moment venu aucun d'entre nous et surtout pas le premier ne se dérobrait à son devoir notre espoir c'est de parvenir à faire avec vous à l'endroit ce que le jeu des primaires fait à nos yeux à l'envers les primaires qu'est-ce que c'est c'est un casting de candidats et de candidats qui viennent en rafale chaque jour vous l'avez remarqué des propositions pour séduire le cœur de cible de chaque électorat supposée sur le thème plus à droite ou plus à gauche que moi tu meurs alors après la qualification il faut commencer à adoucir la sauce pour aller chercher les plus modérés des deux camps et après la victoire on demande à la Cour des comptes à la Commission européenne ou à je ne sais qui d'expliquer pourquoi on ne fera pas ce que l'on avait dit ou même pour faire ce que l'on n'avait jamais annoncé et il s'en trouve encore quelques-uns pour s'étonner que se creuse le fossé entre les Français et les politiques et sur le fond d'ailleurs les primaires deviennent une véritable foire aux propositions en tout genre certains camelots se distinguent et offre deux référendums pour le prix d'un ou des beautés des concurrents plus austères annoncent la disette pour tous sans dire pourquoi et sans jamais préciser s'il couperait d'abord l'eau ou l'électricité et les derniers publient des pages des pages et des pages avec la garantie que personne ne les lira jamais au rayon vintage on préfère expliquer que les changements du monde sont secondaires et que l'urgence est de résister contre vents et marées et tant pis si peu à peu tout paraît se désagréger inéluctablement et si notre peuple se réfugie dans le pire vous l'avez donc compris en marche a choisi de commencer par poser un diagnostic le diagnostic que nous avons livré la semaine dernière à Strasbourg est un exercice inédit dans la politique française j'ai lu ça est là il m'arrive de dire la presse que le résultat n'était convenu ennuyeux consistant des qu'il n'y avait rien de nouveau sous le soleil d'abord sur la preuve que le diagnostic est mis dans le mille et que chacun s'y reconnu ce qui n'est déjà pas si mal puis soyons clairs et puis soyons clairs il ne s'agit pas d'une fois et nous nous ne prenons pas les citoyens pour des gogos auxquels il faudrait épargner les complexités des sujets et les enjeux du monde l'état de la France avec 5 millions de chômeurs et un Front national à bientôt 30% mérite mieux que des spectacles politiques destinés à des supporters et non à des citoyens mais ce diagnostic va plus loin il nous dit du pays des choses que les sondages ne disent pas et surtout que des politiques au niveau national ne prennent pas suffisamment considération moi-même moi-même comme élu je suis souvent étonné de voir les sondages posés aux Français des questions qui ne sont pas celles que j'entends sur le terrain on nous interroge sur l'identité nationale sur le terrorisme sur l'intégration des personnes immigrées sujets d'importance évidemment mais qui efface les préoccupations de la vie quotidienne dont on nous parle à nous sur le terrain et c'est le quotidien que nous avons voulu écouter et restituer ce soir là aussi j'ai entendu qu'on où j'ai lu qu'on relativiser l'ampleur de la démarche 300 000 portes frappées 100 000 conversations 25000 questionnaires remplis c'est vrai que ça fait une conversation sur quatre qui donne un questionnaire complet et on dit remplir ce questionnaire après tout ce n'est qu'un quart d'heure c'est vrai aussi donc si je résume nous nous sommes contentés de rencontrer 100.000 français nous avons ramené comme seul résultat 6250 heures d'entretien et de questionnaires soit 260 jours complets de témoignages alors je vous le demande quel mouvement politique pendant ces 30 dernières années à passer au temps de temps à recueillir la parole des Français et quel mouvement politique a fait cela en présence avec des Français à l'écoute d'autres Français quel mouvement politique à ce point ouvert le débat n'enferme pas les français dans les questions d'actualité mais prêtant l'oreille à leur sujet à leur priorité à leurs inquiétudes et bien la réponse est évidente aucun autre mouvement ne l'a jamais fait et moi je suis fier et je les remercie de tous ces marcheurs qui ont fait cette grande marche qui sont allés à la rencontre et à l'écoute de temps de Françaises et de français et finalement c'est sans doute pour cela qu'en 6 mois en marche compte déjà 85000 adhérents et plus de 4000 donateurs je comprends les jaloux et c'est aussi pour cela sans doute que ce soit outre Jean-Claude Boulard que nous remercions d'être là de nombreuses élus de la Sarthe des parlementaires ont fait le déplacement depuis la Provence l'Aquitaine la Bretagne la Normandie l'Île-de-France même l'étranger bref depuis toutes les régions de France depuis tous les endroits où les Français ont élu un représentants merci à toutes et à tous d'être là et Emmanuel il y a mieux notre volonté de rassembler est elle aussi en marche puisque ce soir ici il y a y compris parmi les élus mais j'imagine partout dans la salle il y a des socialistes il y a des radicaux il y a des centristes il y a d'autres personnes issues de l'UMP il y a des libéraux bref ils sont là ce soir avec nous et donc ce rassemblement est en marche et ce soir une figure européenne a tenu à nous faire parvenir à un message vidéo que je vous invite à écouter à Bruxelles au Parlement européen par les discussions budgétaires en cours je veux saluer Emmanuel Macron à l'occasion de la réunion publique qu'il tient au Mans dans ma circonscription du Grand Ouest je le fais par un message vidéo pour vous dire les motifs d'espoir comme aspire la démarche d'Emmanuel tout d'abord il entend rompre avec le clivage rituel entre la gauche et la droite on se bat pour accéder au pouvoir et quand on y est on ne l'exerce pas son engagement tranchante les querelles partisanes dogmatiques qui hypothèque nos formidables atouts qui assombrissent notre avenir et qui nous font douter de nous-mêmes j'appelle de mes vœux que désormais on puisse avec confiance oser sortir du cadre national nous sommes dans la mondialisation dans la globalisation et donc nous devons conjoindre nos efforts et finalement le dilemme n'est plus entre la gauche et la droite il est entre ceux qui sont encore dans la tentation nationaliste le repli sur soi le retour des frontières et ce qui au contraire pensent que notre avenir s'inscrit au sein de l'Union européenne parce que c'est elle qui nous permettra de retrouver nos prérogatives de souveraineté le deuxième motif en effet c'est l'engagement européen d'Emmanuel je l'ai rencontré à plusieurs reprises à Bruxelles ici à Strasbourg et j'ai pu vérifier que nos visions notre ambition sont convergentes aujourd'hui nos chefs d'État ou de gouvernement tentent de nous faire croire qu'ils ont encore en main à la plénitude de leur prérogative de souveraineté en matière diplomatique en matière militaire dans la lutte contre le terrorisme dans la lutte pour l'emploi dans la lutte contre les paradis fiscaux contre les fraudes fiscales dans l'action pour maîtriser les flux migratoires et contrôler les frontières extérieures de l'Union européenne pour bien distinguer ceux des migrants qui peuvent avoir le statut de réfugiés et ceux qui en revanche tente leur chance mais n'ont pas vocation à rester sur le continent européen et bien si nous voulons retrouver nos prérogatives de souveraineté dans ces domaines si nous voulons cesser de donner en spectacle l'impuissance politique nous devons nous rassembler au plan européen mais une Europe qui sortent de l'impasse actuel d'une Europe qui cesse d'être une addition d'égoïsme nationaux une Europe qui aille de l'avant une Europe démocratique que l'on met en débat devant les Européens notre projet européen par rapport à la mondialisation le monde est devenu dangereux l'homme a envahi la planète qu'une crise financière se déclenche aujourd'hui et se pourrait être un véritable tsunami économique et social la teinte portée au climat risque de rendre la vie impossible sur la terre qui peut organiser le monde pour prévenir de tels dangers sinon l'Europe c'est l'Europe qui peut influencer l'organisation du monde j'attends donc une Europe ambitieuse une Europe qui nous permette de retrouver la croissance et l'emploi une Europe gouvernée démocratiquement et puis enfin au-delà de l'Europe s'agissant de la gouvernance nationale il importe de sortir de nos archaïsmes et de redonner aux Français des marges de liberté et de responsabilité nous devons entreprendre pour créer des richesses et disposer des moyens de lutter efficacement contre toutes les formes de pauvreté venir en aide à tous ceux qui souffrent et confortés leur confiance et leur espoir nous devons pouvoir également innover c'est en cela que le droit à l'expérimentation et je sais qu'Emmanuel est adepte de l'expérimentation ce droit à l'expérimentation doit nous permettre d'innover pas seulement dans la sphère privée mais aussi dans la sphère publique de trouver de nouvelles réponses adaptées aux populations et aux territoires il faut aller de l'avant avec confiance nous avons besoin d'un président de la République et qui soit un pédagogue qui soit lucide et qui soit courageux qui soit celui qui va rénover les pratiques de la vie politique ici en France alors oui en marche Emmanuel évite mesdames messieurs merci pour Jean arthuy qui peut-être que les plus jeunes ne savent pas qui a été indémistre d'un gouvernement conduit la guerre par Alain Juppé ce qui émerge mesdames et messieurs du diagnostic n'est pas un constat globalement positif oui il existe aujourd'hui c'est ce que l'on nous a dit comme une forme de malheur français nous sommes un peuple courageux déterminé travailleurs et nous en avons vu d'autres mais ces temps-ci les Français trouvent le paysage bien sombre et ça cause de l'insécurité du terrorisme des mouvements géopolitiques cela contribue bien sûr au sentiment de malaise mais notre diagnostic pointe des sujets qui ont disparu de la sphère politique le premier sujet qui ressort est l'école dans les Français semblent désespérés cet outil formidable qui nous a tous fabriqués n'est plus seulement considéré comme peu efficace les Français considèrent qu'il est cassé c'est un événement majeur dans l'esprit des Français pour qu'ils l'école a toujours été un espoir or qui se préoccupe aujourd'hui de ce sentiment d'espoir perdu à part des mesures quantitatives nécessaires bienvenue qui se soucie de réparer l'école qui se soucie dans modifier fondamentalement le fonctionnement pour le remettre en route tous ceux qui hier permettait d'espérer de faire sa vie par l'école paraît aujourd'hui c'est ce que nous en dit les Françaises et les Français devenus difficiles voire impossible un deuxième sujet qui émerge puissamment c'est la violence faite aux femmes nous connaissons tous le sujet de l'insécurité de la délinquance mais nous vivons dans une société où la violence vise singulièrement les femmes c'est un message qui doit nous interpeller nous déranger nous mobiliser la moitié de la population française vit donc quotidiennement dans l'inquiétude d'être physiquement ou verbalement agressé et beaucoup de thématiques s'inscrivent dans le diagnostic dans cette peur et lorsque l'espoir s'efface et que la peur s'installe la responsabilité du politique devient majeure alors justement c'est le troisième point majeur de ce diagnostic on croit trop souvent que les Français rejettent la politique ce n'est pas vrai la politique reste en France un espoir collectif pas la politique politicienne pas la politique des compromis mais la politique noble celle de l'engagement et de l'intérêt général les Français y croient encore et nous devons porter cet espoir les Françaises et les Français appellent de leur vœu une politique qui enfin les prennent en compte qui se renouvellent et redonne un futur les Françaises et les Français ne sont ni blasés ni cyniques ils veulent croire et ils savent que c'est par le collectif qu'ensemble on s'en sortira et en retraçant une nouvelle perspective cet espoir nous donne cher Emmanuel en marche une immense responsabilité alors oui le diagnostic est sévère lucide mais ce n'est pas une France déprimée qui apparaît ce n'est pas une France qui aurait renoncé c'est au contraire une France lucide clairvoyante qui s'est pertinemment ou sombre valeurs qui ne les renie en rien mais qui sait aussi où sont les problèmes qu'il les voit mieux que personne au quotidien et qui attend de la vie politique qu'elle délivre avec courage les remèdes nécessaires alors ce soir [Applaudissements] ce soir Mathilde et Pierre vont vous présenter la partie du diagnostic sur les enjeux de la vie quotidienne tel qu'il ressortent de la grande marche nous sommes Mathilde des pierres ils sont là voilà [Applaudissements] alors Mathilde est infirmière dans un établissement d'hébergement de personnes âgées dépendantes un EHPAD comme on dit et Pierre et lui Cate du secteur privé qui est spécialisé dans l'organisation des services publics ce qui est un vrai chantier quand même faut bien le reconnaître donc voilà je voulais vous les présenter rapidement vous demander de les écouter attentivement d'autant que ils m'ont dit tout à l'heure qu'il stressait un peu à l'idée de s'exprimer devant vous avec sérieux et devant vous qui êtes si nombreux ce soir merci bonsoir durant notre grande mars marche nous avons entendu parler du sentiment d'inutilité que nous soyons actifs ou pas cela montre quelque chose d'important le travail est une condition nécessaire mais pas suffisante pour trouver sa place dans notre société la valeur travail pourtant est ancrée en nous mais cela suppose d'avoir un travail voici les inquiétudes de David 24 ans j'ai peur de ne pas trouver ma place dans la société car on donne peu de chances aux jeunes sans expérience mais ce n'est pas qu'une question d'âge c'est aussi une question d'apparence c'est ce que nous dit Nassima ne pas trouver d'emploi en portant le voile m'inquiète et leurs inquiétudes ne sont pas que des impressions car effectivement le taux de chômage des jeunes n'est pas descendu en dessous de 15% depuis 30 ans de plus si nous sommes perçus comme musulman nous sommes quatre fois moins convoqués à un entretien d'embauche à CV = et à diplôme égal évidemment pierre si on ne trouve pas d'emploi alors que l'on veut en trouver un qu'on a cette passion qu'on veut vraiment travailler on ne peut se projeter dans le futur et donc nous sommes bloqués mais même lorsqu'on a un travail on n'est pas forcément heureux parce que même quand un emploi on ressent parfois l'impression d'être inutile l'inutilité c'est surtout lorsqu'on ne peut rien espérer d'autres c'est la certitude qu'aujourd'hui ressemble à demain quand les dés sont pipés dès le départ quand on se sait bloqué pendant 40 ans au même poste à ce moment là la fatalité elle prend le dessus l'inutilité c'est quand on n'a pas de travail mais c'est aussi quand on a un travail mais pas de perspective cela touche toutes celles et tous ceux qui sont fatigués de n'avoir aucune reconnaissance pour leurs efforts Émilie on l'a rencontré au cours de la grande marche et c'est ce qu'elle nous a dit elle est professeur depuis plus de 20 ans et elle nous dit quel que soit votre raisin investissement dans l'éducation nationale il n'est jamais reconnu c'est terrible de penser que le dévouement qu'on pourrait avoir son attachement au travail ne changera rien pour votre destinée personnelle et collective c'est pourtant le quotidien de nombreux Français de beaucoup d'entre vous c'est aussi pour cela que le sentiment d'inutilité touche autant de monde pire encore l'ascenseur social il est en panne regardez cette exception française elle est honteuse 66% seulement 21% des dirigeants des grandes entreprises viennent du bas en Allemagne ces trois fois plus est-ce que ça veut dire qu'en bas de l'échelle en France on est moins bon qu'en Allemagne non bien sûr que non cela veut simplement dire que les choses ne fonctionnent pas comme elles devraient l'être il y a une France des castes des déterministes des blocages des corporatismes qui ont penche qui empêche l'individu de s'émanciper et de construire sa propre destinée alors oui ce sentiment Mathilde d'inutilité c'est une nouvelle frustration et cette nouvelle frustration nous l'avons mise ensemble en évidence au cours de la grande marche nous avons aussi entendu parler des nouvelles injustices avec ce sentiment d'empêchement Sarah 31 ans nous explique que son plus grand espoir c'est la liberté de pouvoir choisir sa vie avec les outils de la société en effet ce que nous demandons est très simple nous ne voulons pas croire que tout est définitivement joué nous souhaitons pouvoir changer le cours de notre vie sans qu'on prenne en compte notre passé ni nos origines Kevin lui nous explique des difficultés ces difficultés pardon de trouver un emploi ma copine est diplômée des Beaux arguments cependant à aucun moment de leur cursus on les a avertis qu'il y avait très peu d'emplois à la clé depuis deux ans elle enchaîne des CDD de trois mois elle se décourage et déprime de ne pas trouver un patron qui veuille prendre la peine de lui donner sa chance après envoyer à avoir envoyé puis relancer plus de 25 cv et l'aide de motivation cela nous explique que le diplôme doit nous ouvrir à une vie professionnelle et nous permettre de progresser mais actuellement celui-ci nous enferme toute notre vie dépend de ce que l'on a obtenu ou raté à 10 15 ou 20 ans le diplôme c'est une étiquette qui nous colle à la peau toute notre vie quand on en a un qui l'ait connu c'est tant mieux mais quand ce n'est pas le cas doit-on mépriser ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir accès à certains diplômes peut-on considérer comme normal aujourd'hui que certains d'entre nous soient laissés en marge de la société sur un simple jugement scolaire peut-on supporter que certaines formations soient aujourd'hui dévalorisées non bien sûr que non et pourtant les chiffres ils sont là quand on a un bac + 2 le taux de chômage il est de 6%. quand on a juste un brevet ou un cep le taux de chômage il est de 17%. comment ne peut-on trouver cela juste on a donc prêté une attention particulière à ce que les gens avaient à dire sur l'école car ils en parlent énormément oui parce que tout simplement la première réponse à la question qu'est-ce qui ne marche pas en France quand on leur demande ce qui ne marche pas en France les Français ne répondent pas laïcité ils répondent pas identité ou que sais-je non il nous parle de l'école l'école est devenu une machine à trier qui illumine définitivement radicalement son possibilité de retour ceux qui n'ont pas réussi scolairement alors oui on a interrogé pierre il était Lionel il a résumé ainsi ce que nous avons entendu partout le système ne fonctionne pas nous dit-il parce qu'il favorise ceux qui sont déjà socialement insérés on laisse peu de chance aux jeunes en difficulté il a raison aujourd'hui la France est le pays développé le plus inégalitaire celui dont les résultats à l'école dépendent le plus de l'origine sociale des parents nous sommes donc empêchés socialement mais aussi physiquement pour beaucoup d'entre nous la distance géographique est une menace claire nous indique que sa plus grande inquiétude et de devoir faire plus de kilomètres pour pouvoir garder son emploi en effet si nous avons une voiture et que nous vivons à 20 km de notre de notre emploi nous avons donc en budget 250 euros par mois c'est un quart du SMIC mais ce n'est pas qu'une question de transport c'est aussi une question de logement deux tiers du patrimoine français sont hérités l'accès à la priorité est donc impossible donc pierre nous sommes aussi empêché géographiquement et ce sont souvent les mêmes qui cumulent ces deux handicaps il y a une dernière chose qui explique qu'on se sente à ce point-là empêché dans nos vies quotidiennes la bureaucratie nous avons entendu des milliers de témoignages sur la difficulté que rajoute bureaucratie quand on veut ouvrir un restant quand on est censé connaître des normes qui augmentent chaque jour et qui change tout le temps quand on veut déménager renouveler ses papiers se mettre à son compte ou tout simplement divorcer comment peut-on justifier qu'aujourd'hui en France cela prenne deux fois plus de temps qu'en Allemagne et c'est sans parler du permis de conduire au cours de la grande marche nous avons interrogé un trentenaire qui s'appelait amine et qui a eu cette formule qui résume bien l'expérience que beaucoup d'entre nous ont eu on dirait qu'ils empêchent de nous avoir le permis et pourtant le permis pour beaucoup de jeunes qui cherchent un emploi c'est crucial c'est même un facteur clé le sentiment général qui dégage de tout ce qui est partagé par presque tout le monde c'est l'impression que le système n'est plus fait pour répondre à nos besoins il est incapable d'épouser notre trajectoire individuelle il a une autre logique ça propre logique et que cela rend toutes les transitions de la vie plus lente plus compliquées cela nous empêche tout simplement d'avancer d'évoluer vous l'avez compris l'injustice la plus cruelle c'est d'être empêché d'évoluer de rebondir de choisir nos vies c'est ce que nos vies se déroulent n'ont pas en fonction de nos efforts mais en fonction de qui on est d'où on vient et d'où l'on habite notre société elle nous fige c'est ça que les témoignages que nous avons recueillis nous ont montré nous avons aussi entendu parler de quelque chose de très fort la peur comment peut-on maintenir son niveau de vie en vieillissant c'est ce que je sers je nous partage ma retraite est bloquée alors que le coût de la vie augmente mais c'est aussi les angoisses de Grégoire dans l'Hérault je crains que l'intégrité l'intégralité de mon salaire ne servent qu'à payer les factures le loyer ou les impôts c'est inquiétude est évidemment une réalité car il y a en moyenne 0% de progression du pouvoir d'achat depuis 2007 mais nos craintes elles ne sont pas que matériel bien sûr pas en 2016 pas après la série d'attentats que nous avons subi nous nous rappelons tous des attentats qui ont frappé depuis mars 2012 en lisant la liste de tous les endroits où se sont déroulés on prend conscience que c'est tout le pays qui a été victime de cette barbarie géographiquement aucun d'entre nous n'était épargné pour 62% des personnes rencontrées lors de la grande marche cela a été le pire moment en 2015 il y a à l'insécurité physique du quotidien près d'une personne sur cinq déclare avoir été victime d'une agression au cours des deux dernières années c'est beaucoup trop nous avons aussi entendu parler des situations insupportables que vivent beaucoup trop de femmes Julie nous explique que trop de femmes doivent marcher dans la rue en baissant la tête c'est devenu banal mais c'est un scandale 9 femmes sur 10 sont victimes de harcèlement sexuel dans les transports 9 femmes sur 10 nous sommes très lucides sur la réalité de nos vies quotidiennes c'est normal c'est nous qui les vivons c'est pour cela que nous avons dressé un diagnostic sans concession la situation elle est difficile pour beaucoup d'entre nous nous avons presque le sentiment de toucher à la fin d'un cycle nous avons malgré tout aussi une grande confiance dans notre capacité individuelle à surmonter ces difficultés nous voulons autre chose nous ne voulons plus subir nous voulons simplement choisir s'il vous plaît merci merci beaucoup à Mathilde et à Pierre de la présentation qu'ils viennent de faire ce travail d'écoute de terrain qui a été réalisé avec des milliers d'autres marcheurs et merci à vous d'avoir rendu compte avec cœur avec sincérité et avec précision et continuer la relève et là c'est vous bien mesdames messieurs leur est arrivé de donner la parole au fondateur dans marche vous savez qui c'est vous savez qui c'est celui qui énerve presque tous les prétendants mais aussi les revenants parce qu'il ne leur doit rien et parce que lui il a toujours donné le meilleur de lui-même il est il est issu il est issu du système méritocratique français mais pas du système politique c'est celui qui a réalisé un parcours philosophique professionnel et ministériel sans faute mais sans jamais tout réussir bien évidemment c'est celui qui veut avec nous avec vous redonner du sens et de l'efficacité à l'action publique c'est celui qui préside en marche avec une magnifique énergie il dérange tous ceux qui sont prisonniers de leur passif ou de leur passé parce que lui il est libre il dérange tous ceux qui croient que ce que nous faisons ensemble est impossible au seul prétexte que cela n'a jamais été réalisé avant enfin enfin il dérange parce qu'il porte une alternative en président en marche chère Emmanuel monsieur le Président vous avez la parole [Applaudissements] ça va merci d'être là ça va me bonjour [Applaudissements] merci à vous [Applaudissements] merci à vous merci d'être là merci beaucoup je suis très heureux d'être avec vous merci aux élus qui sont venus des quatre coins de la France merci cher Jean-Claude Boulard de nous accueillir dans cette belle ville du Mans j'ai passé une après-midi formidable à tes côtés merci cher Richard merci à vous toutes et tous et puis merci parce que je reconnais des visages du Mans mais j'en reconnais aussi de La Roche-sur-Yon de Nantes de Paris et d'ailleurs et donc je voulais vraiment vous remercier d'être venu nombreux ça fait chaud au cœur dans cette salle pour ce moment [Applaudissements] la semaine dernière nous étions à Strasbourg ensemble et nous avons parlé de la vie engagée après le diagnostic qui a été et je veux encore les en remercier présenté par plusieurs d'entre vous et au fond de notre vie engagée moi je retiens deux points l'un cruel pour nombre d'entre nous c'est qu'au fond les Français disent eux en parlant des dirigeants politiques et en particulier des dirigeants politiques nationaux pourquoi parce qu'il considère en quelque sorte qu'il n'est plus possible de dire nous que trop de politiques ne parlent plus en leur nom on parle de trop loin de trop haut d'à côté ce qui est une des fêtes collectives pour nous et je m'inclure dans ce camp ensuite nos concitoyens estiment que leur vie est devenue le simple décor de la vie politique qu'au fond il y a une comédie humaine on y est tous plongé je vous rassure mais que la vie des gens la vie du pays en est devenu le décor et pas l'objet pas l'essentiel pas le cœur de l'action politique alors qu'elle devrait précisément en être le sel l'objectif premier voilà donc pourquoi nous sommes ce soir réunis pour proposer justement une alternative qui ne soit pas la poursuite du présent qui ne soit pas non plus le retour vers le passé et voilà pourquoi nous avons lancé en marche il y a maintenant un peu plus de six mois parce que je crois que nous partageons au-delà des sensibilités politiques que nous pouvons avoir cette volonté de remettre la vie des Français nos vies au cœur de l'engagement politique parce qu'il y a et ça a été très bien dit à l'instant par Mathilde des pierres cette volonté d'engagement dans notre pays cette volonté de bouger les choses de les transformer voilà aussi pourquoi j'ai décidé pour ma part de quitter le gouvernement pour me donner à plein à cette mission parce que au fond je ne veux pas participer d'un cynisme qui s'est installé et dans lequel au fond l'action politique doit être la préparation d'alternance successives ou en connaissance de cause on essaie de présenter des propositions comme on dit mais qui ne cherchent pas avant tout à entendre à regarder le pays tel qu'il est l'une de ces limites que nous avons justement touché du doigt c'est l'approche même qui est communément le fait que on veuille ainsi se jeter corps et âme dans des propositions qui cherchent leurs problèmes et au fond nous le vivons collectivement toute la journée en tout cas je le vis pour ma part dès que je sors quels sont vos propositions sur telle et tel sujet sans être persuadé que ces propositions répondent un problème quels sont la priorité mais pour avoir la proposition qui répond à la proposition d'un autre est-ce que dans les propositions récemment dévoilées dans les propositions nouvelles les référendums sortis du chapeau le samedi soir on a le sentiment qu'on répond aux préoccupations profondes du pays et je vais vous dire c'est même impossible de prétendre faire de la sorte lorsque on ne prend pas le temps d'échanger de comprendre d'entendre et d'essayer de revenir aux causes profondes parfois de ces malaises quelques autres fois de ce malheur en tout cas de ce qui ressenti comme des injustices des incompréhensions par nos concitoyens c'est comme ça qu'on peut construire l'action efficace parce que je vais vous dire nous souffrons d'un déficit des finances publiques c'est vrai nous souffrons d'un déficit d'emploi c'est incontestable nous souffrons d'un déficit de vision partagée je crois que c'est clair pour tout le monde mais vous m'accorderez le fait que nous ne manquons pas de propositions politiques il y en a tous les jours même ceux qui en ont fait parfois 200 ou 300 ont besoin d'un inventer une 201ème pour pouvoir occuper l'actualité à la fin des fins plus personne ne sait qui a proposé quoi nous sommes dans une cacophonie de proposition mais nous en sommes très heureux et bien non alors je l'assume ce jeu ne m'intéresse pas je ne vais pas ce soir mettre sur la table telle ou telle proposition parce que ce que nous avons à construire ce sont des solutions pour le pays des solutions à des problèmes identifiés compris et dont on a essayé en quelque sorte de reconstituer ensemble la complexité parce qu'il ne s'agit pas à chaque fois de simplement répondre aux problèmes il s'agit de comprendre d'où il vient ne s'apercevoir que la réponse immédiate la proposition la plus simple n'était pas forcément la plus efficace celle qui permettait justement d'apporter une réponse complète et donc ce que je veux que nous fassions ensemble ce que nous avons construit ensemble sur la base de ce diagnostic c'est véritablement de repartir de la vie de nos concitoyens de leur expérience pour pouvoir construire et repartir de la vie de chacune et chacun d'entre nous c'est en quelque sorte cette hygiène démocratique à laquelle nous nous sommes livrés que vous avez permis et qui est absolument nécessaire parce qu'au fond au fond ce qui doit être le cœur de notre engagement commun c'est la vie jour après jour la vie quotidienne celle qui devrait justement être la pierre angulaire de toute action publique et qu'est-ce que nous avons retenu de la grande marche vous l'avez tous les deux présentés à l'instant ces 3 sentiments en quelque sorte qui expliquent pourquoi nous craignons que nos enfants vivent moins bien que nous trois sentiments qui viennent d'être expliqués qui sont d'abord ce sentiment d'insécurité qui brille de la liberté individuelle et collective ce sont d'abord les insécurités physiques il y a bien sûr la menace terroriste pregnante qui nous a touché avec une brutalité insigne depuis le début de l'année 2015 et cette insécurité là elle a son nombre porté sur nous à chaque instant et elle a changé profondément nos vies nos comportements et j'y reviendrai il y a aussi cette inégalité forte et ça a été rappelé en matière d'insécurité celle qui fait que au fond une insécurité toute particulière et concentrée sur les femmes les violences conjugales les sifflets dans la rue les insultes le harcèlement pour trop d'entre elles prendre par exemple les transports en commun traverser tel ou tel quartier le soir et devenu presque impossible où l'objet de traumatisme qui d'entre nous n'a pas entendu cela déjà une fois combien de femmes ne l'ont pas rencontré dans leur vie quotidienne cette insécurité physique c'est inégalité devant la sécurité physique elle est au cœur du constat fait dans le pays mais il y a de manière plus insidieuse plus concrète aussi pour trop d'entre nous l'insécurité du quotidien celle face à laquelle nous ne sommes pas égaux je pense au vol aux raquettes aux incivilités aux pression en tout genre au service public saccagé elle dépend de l'endroit où on vit mais je veux ici le redire avec force quand on parle de service public on parle pas d'un mot on ne parle pas d'un concept vague on parle pas d'une notion ancienne on parle de concitoyens on parle de femmes et d'hommes qui sont engagés dans notre quotidien pour aider à le changer pour le faire pour l'accompagner c'est cela quand on parle des services publics ce à quoi on fait référence et oui il y a une insécurité croissante aussi en la matière parce que ce sont des agents à chaque fois qui prennent des risques en notre nom qui accompagnent notre quotidien pour nous protéger et c'est pour cela que ce soir tous ensemble je veux vraiment le dire en notre nom à tous je veux dire ici notre soutien notre reconnaissance pour les policiers de Viry-Châtillon vous pouvez ces policiers qui ont été attaqués au cocktail Molotov le weekend dernier je leur dis en notre nom à tous je leur dis parce que ce sont comme nombre de leurs collègues policiers ou gendarmes des femmes et des hommes courageux dont deux d'entre eux ont été grièvement blessés merci pour votre engagement nous savons ce que nous vous devons et nous sommes avec vous [Applaudissements] l'insécurité physique sous toutes ses formes c'est la plus terrible des insécurités parce qu'elle abîme la liberté mais au-delà de celle-ci le sentiment d'insécurité qui nous habite c'est aussi celui d'une insécurité matérielle parce que depuis 10 ans le pouvoir d'achat n'a pas augmenté parce que 8 millions de nos concitoyens vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté et donc là encore cette insécurité matérielle c'est une atteinte à notre liberté comment demander à celles et ceux qui sont dans ces situations où à la frontière de tomber dans ces situations de prendre des risques de dire vous allez voir c'est formidable on vit dans un monde où tout change vous avez plein d'opportunités je l'ai souvent dit mais j'ai conscience que pour celles et ceux qui sont plongés dans ce quotidien c'est une anxiété et donc lorsqu'on subit plutôt qu'on ne choisit on est dans cette insécurité matérielle extraordinairement injuste et au fond on a parfois le sentiment que les politiques reprochent aux Français d'avoir peur de l'avenir comment ne pas avoir peur précisément du lendemain lorsqu'on vit au jour le jour lorsque sa propre existence peut déraper en fonction de tel ou tel incident de tel ou tel inattendu donc oui il y a une véritable inégalité qui s'est installée dans le pays c'est un inégalité face aux insécurités nouvelles le deuxième sentiment qui vient d'être présenté c'est un sentiment d'inutilité qui vide notre vie active de son sens et cette inutilité il faut l'entendre parce qu'il y a ola aussi de nouvelles formes d'injustice qui se sont installées une injustice entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n'en n'ont pas c'est la première la plus criante celle qui mine notre pays l'injustice entre celui qui sort du système scolaire à 16 ans et celui qui sort d'une grande école à 25 avec le déterminisme que vous avez très bien rappelé tout à l'heure car aujourd'hui quand on a moins de diplôme on a plus de chance de tomber au chômage et lorsqu'on est au chômage on est non seulement dans la difficulté matérielle mais profondément en marge exclu de la société l'injustice elle est ensuite entre celles et ceux qui choisissent leurs emplois et ceux qui vont le subir et on en parle trop peu souvent on parle du développement du temps partiel et le temps partiel il est formidable quand c'est un cadre d'entreprise qui peut choisir de ne pas travailler un jour de la semaine pour s'occuper de sa famille mais il est insoutenable quand c'est le temps partiel d'une femme ou d'un homme qui est dans un emploi de service qui se trouve caissière dans une grande surface et qui avec le temps fractionné ne peut même pas en profiter pour ses proches lorsqu'il est subit et donc ce sentiment d'inutilité il dépend aussi de l'épaisseur de nos vies il dépend des situations il n'est pas univoque ça n'est pas qu'un chiffre qu'on décline mois après moi qui serait celui du chômage il est plus complexe à saisir et parfois tout aussi cruel et puis l'injustice elle est enfin entre ceux dont le travail n'est jamais reconnu et ceux qui voient du sens dans ce qu'ils font il y a de plus en plus de femmes et d'hommes dans notre pays dans nos économies qui ont le sentiment de faire des tâches devenues inutiles dont il ne comprennent pas la finalité et ça aussi il faut l'entendre là où lorsqu'on est dans des fonctions de direction ou dans des emplois plus concrets aussi qu'on soit artisan commerçant ou cadre dirigeant on saisit davantage le sens profond l'utilité directe de son travail et le troisième sentiment c'est le sentiment d'empêchement il a aussi été rappelé et vous l'avez vu à l'instant parce que ce sentiment d'empêchement il en tout espoir de mobilité sociale il vient se rajouter à se déterminisme que j'évoquais à l'instant parce qu'il n'y a au fond pas un plafond de verre mais un plafond de verre à chaque étape de la vie selon la famille dont on est issu selon l'endroit où l'on est né les choses sont déjà largement jouées à la sortie du primaire puis à la sortie du lycée et j'y reviendrai elles le sont parfois quasi définitivement et dans le monde professionnel les mêmes injustices se renouent se retissent le système protège les plus grands alors que les petits commerçants les petits artisans les petits agriculteurs se battent bien souvent tous les jours pour produire et donc vous avez d'autres injustices d'autres formes d'empêchement qui s'installe dans la vie quotidienne la nouvelle injustice c'est donc celle qui existe entre ceux pour qui tout est possible tout au long de leur vie bien souvent et de l'autre côté celles et ceux pour qui tant tout semble jouer d'avance pour qui chaque étape de la vie est une nouvelle haie qui peut les bloquer définitivement pour qui arriver à une vie normale et déjà une forme d'exploit c'est ça l'injustice très profonde en quelque sorte cette inégalité de destin dans laquelle nous sommes profondément plongés et donc ces nouvelles injustices el mine aujourd'hui notre pays elle frappe cette France qui subit dont nous parlons celle que nous avons entendues alors l'enjeu c'est de passer de ce diagnostic aux causes profondes qu'il explique c'est d'essayer de comprendre collectivement d'où cela vient parce que quand on a identifié le mal quand on a nommé le problème il faut en remonter à la cause profonde pour justement pouvoir agir efficacement et au fond la cause profonde c'est que le modèle français dont on se glorifie bien souvent qu'on consacre la main sur le cœur en disant qu'il est indépassable le modèle français il est en retard sur les Français c'est ça le cœur de notre problème parce que notre modèle il a été conçu dans une société qui sortait de la guerre qui était une société en plein baby-boom dont le destin collectif était la reconstruction du pays le redémarrage de l'économie et il a été conçu de manière uniforme la même chose pour tout le monde et c'est normal puisque le pays était plongé dans ce destin collectif pour permettre à des millions de gens d'accéder à la sécurité au travail à l'éducation à la santé au logement et ce modèle a produit des résultats durant les 30 glorieuses il a construit un financement qui tenait aussi longtemps que la croissance il a accompagné le progrès collectif qui a été le nôtre durant cette période il est même devenu le véritable patrimoine des classes moyennes et des classes laborieuses durant toute cette période mais il est aujourd'hui épuisé il ne fonctionne plus il sert au fond au plus aisé au plus protégé à celles et ceux qui ont réussi à rentrer dans ce que ce modèle a prévu mais il en exclut beaucoup d'autres et de plus en plus parce que d'abord la croissance n'est plus au rendez-vous et il a commencé à s'essouffler dès la fin des trentes glorieuses parce que le financement sur lequel ce modèle même était assis ne permettait plus de le faire vivre et puis parce que notre société progressivement a changé parce que nous avons changé notre société au fond depuis des années elle ne garantit plus un égal accès à la sécurité à l'éducation à la santé au logement au travail nous pouvons continuer de dire comme je l'entends souvent que nous sommes le pays de l'égalité nous avons cette passion de l'égalité et il faut s'en féliciter la défense mais nous nous mentons en même temps à nous-mêmes parce que sommes-nous pour autant juste la réalité est-elle une réalité d'égalité non parce que en traitant chacun de manière uniforme comme nous le faisons nous n'assurons plus dans les faits un égal accès aux services publics et aux opportunités bien au contraire tant qu'il y aura une seule réponse pour tous il y aura des plafonds de verre pour chacun et c'est cela la réalité dans notre pays aussi longtemps aussi longtemps qu'il y aura de l'uniformité il y aura de l'inégalité parce que nos situations sont profondément différentes tant que nous n'aurons pas vraiment transformés notre modèle nous ne parviendrons pas à faire mieux en dépensant moins ce qui doit être notre objectif parce que c'est bien cela aussi notre ambition de faire réussir le pays mais de ne pas le faire réussir en promettant tout et n'importe quoi pour oublier quand même temps nous sommes inscrits dans une Europe et c'était rappelé tout à l'heure dans laquelle nous devons construire la confiance et donc là aussi notre propre responsabilité or depuis des décennies nous voyons parce que oui beaucoup de choses qui sont dites dans le constat qui vous a été présenté beaucoup de choses qui ont été montrées nous les savons nous en avons parfois l'expérience au quotidien mais on ne voulant traiter que le symptôme est pas sa cause quelle est la réponse à chaque fois faite de la dépense publique de la correction a postériori et donc à chaque fois nous promettons des commandes publiques pour régler le problème des uns des nouveaux droits un crédits que paieront les plus jeunes ou que nous ne paierons pas peut nous importe le logement de marche pas on va vous donner un droit au logement nous l'avons fait il y a 15 ans mais est-ce que le problème a été réglé pas une seule seconde l'emploi est menacé la commande publique sera au rendez-vous ce sont encore des dépenses c'est cela notre système donc à un moment donné il faut le regarder en face dans sa complexité ne pas se précipiter sur des propositions rapides ou de l'instant dans regarder les causes profondes en cohérence en disant comment nous grand pays d'Europe qui a vocation à la faire redémarrer qui veut la porter haut et fort en responsabilité nous pouvons faire vivre mieux nos concitoyens et bien je vous le dis de manière simple en s'assurant que le système français marche aussi vite que les Français eux-mêmes alors parlons d'abord de notre sécurité nos dispositifs de sécurité ont été construits pour agir contre le banditisme pas contre le terrorisme nous le savons or la sécurité aujourd'hui elle se joue sur le terrain parce qu'elle nécessite justement de tisser des liens avec la population de comprendre ce qui se joue parfois derrière ce qui est simplement perceptible du premier coup d'oeil parce qu'elle impose une présence continue des forces de l'ordre parce que dans la lutte contre le terrorisme et contre l'insécurité la proximité est un élément essentiel qu'elle est bien souvent l'un des moyens les plus pertinents pour collecter des informations repérer et suivre les individus parfois les plus dangereux qui ne sont pas toujours celles et ceux qui se manifestent de la manière la plus ostentatoire sur la voie publique nous avons besoin là aussi de repenser en profondeur notre système de sécurité et son organisation parlons du travail notre organisation elle a été pensée il y a un demi-siècle pour des Français qui passaient toute leur vie ou quasiment dans la même entreprise dans le même secteur et nous avons vu d'ailleurs l'incapacité de notre propre système à penser ce changement avec la fin des trentes glorieuses et le chômage de masse qui s'est installé dans le pays que s'est-il passé depuis notre marché du travail est devenu encore plus injuste il oppose ceux qui sont dans un emploi stable et ceux qui sont enfermés dans la précarité à vie le CDD l'intérim il oppose ceux qui arrivent à rentrer dans ce système avec ces protections et celles et ceux qui sont en quelque sorte condamnés à sa périphérie cette situation nous ne parvenons pas à y répondre depuis des années cela a été rappelé depuis des années le chômage des jeunes dans notre pays depuis 30 ans il dépasse les 15% depuis 30 ans depuis que ma génération est à la conscience politique on entend parler de crise mais bon sang est-ce que c'est tel ou tel proposition qui va nous sortir de là c'est bien que le système même le modèle productif et social dans lequel nous nous sommes installés n'est plus efficace ne perd plus ça n'est pas une proposition magique qui nous fera sortir de là c'est parce que ce système a été pensé pour une autre économie pour une autre société parce qu'il a construit une société de statue profondément injuste et qu'il ne permet plus la mobilité en particulier pour les plus fragiles cette inégalité elle est encore plus forte aujourd'hui à cause du numérique parce que tout s'accélère parce que à l'air du numérique en quelque sorte nous sommes en train de sortir de l'âge classique du travail parce que l'unité de lieu de temps et d'action c'est terminé nous l'avons vu dans cette belle ville du Mans tout à l'heure avec des espaces de coworking avec des entreprises créées il y a quelques années à peine avec cette discussion que nous avons pu avoir ensemble sur l'organisation du temps de vie personnelle familiale et professionnelle avec votre belle association qu'est-ce que cela veut dire que nos vies aujourd'hui se recomposent aussi que le travail doit être pensé différemment à cause du numérique qui n'est pas simplement un secteur qui est un bouleversement en profondeur qui est en train de changer des secteurs entiers d'activité qui va conduire des centaines de milliers des millions de nos concitoyens à repenser leur vie professionnelle qui devront se requalifier pour aller justement d'un secteur à l'autre qui travailleront différemment dans leur quotidien je suis au regret de vous le dire la bonne proposition pour répondre à ce modèle ça n'est pas de savoir s'il faut travailler 35 heures ou 39 heures s'il faut x trimestre de cotisation parce que qu'on le veuille ou non qu'on le veuille ou non le monde dans lequel nous sommes entrés et de toute façon en train de changer alors vous pouvez considérer que on doit saturer l'espace politique avec les débats d'il y a 20 ans parce que c'est débats ont à peu près 20 ans je veux simplement vous dire le problème il n'est déjà plus là l'éducation l'éducation notre système a été conçu pour classer pour trier et assez peu pour émanciper et innover il faut le reconnaître le système français a réussi sur le plan éducatif il a réussi en étant un système de masse qui a amené des classes d'Argentière à l'éducation primaire puis à l'éducation secondaire mais aujourd'hui le défi qui est le sien c'est de considérer les individus de les former à cette économie de la connaissance et de l'innovation et là-dessus il est à bout de souffle il ne sait pas lutter contre l'échec et c'est d'ailleurs pour ça qu'il fonctionne de manière insatisfaisante pour presque tout le monde pour les élèves qui sont encore trop nombreux à en sortir ou à y souffrir pour les professeurs qui là aussi sont bien souvent considérés comme déclassé dont la place n'est plus pleinement reconnue à qui on ne laisse pas pleinement d'ailleurs la possibilité de faire et j'y reviendrai le système n'est pas fait pour déceler le véritable potentiel des élèves ni accompagner les jeunes qui ont les plus grandes difficultés son but ultime ça ne peut plus être de simplement accompagner toute une classe d'âge relativement homogène parce qu'elle était homogène sur le plan social à l'éducation ça n'est plus d'amener au baccalauréat puis de former une excellence républicaine c'est de savoir traiter la grande difficulté de corriger des inégalités de destin qui se construisent dès les premières années et nous sommes en échec sur ce point c'est de rendre nos enfants libres dans le monde de demain c'est de leur permettre d'acquérir un socle de connaissances d'apprendre des savoirs puis de s’émanciper et d'être heureux et d'avoir peut-être l'idée qui changera notre futur la santé notre système de santé il a été conçu là aussi pour guérir de la même façon et il a produit des résultats formidables avec un système hospitalier fort construit par les lois Debré avec un système de protection sociale absolument remarquable construit sur un consensus unique au sortir de la deuxième guerre mondiale et avec des droits progressivement accumulés qui l'ont rendu profondément juste mais il a été construit pour nous permettre d'accéder aux soins et pas tant que cela à la santé et se distinguo est important parce que la réalité c'est que nous avons l'un des meilleurs systèmes de santé au monde les meilleurs chercheurs les meilleures hôpitaux les meilleurs professionnels de santé mais nous sommes mauvais pour prévenir la maladie pour l'empêcher de survenir et la santé c'est un tout ça n'est pas que le soin et quand on parle de la santé on parle de l'éducation de la prévention de la pollution de l'environnement de l'espace dans lequel on vit de l'alimentation des circuits courts c'est tout cet ensemble qu'il faut considérer quand on traite de la santé et en ne regardant qu'une partie du spectre notre système de soins en le mettant sous une extrême tension budgétaire j'y reviendrai là aussi et bien nous avons eu des résultats formidables sur ce point mais quand je regarde les chiffres en termes de santé publique nous sommes moins bons que nombre de nos voisins européens et il n'y a pas de fatalité à cela le logement et bien là encore notre système a été conçu pour les familles d'hier et beaucoup moins pour les Français d'aujourd'hui pour une société sédentaire avec des équilibres territoriaux des familles avec deux parents et des enfants or désormais les Français ne vivent plus de la même façon ils doivent déménager beaucoup plus souvent qu'avant parce que les vies sont différentes les vies professionnelles les vies familiales parce qu'ils changent d'emploi plus souvent les Français divorcent beaucoup plus qu'au moment où notre système a été conçu et le résultat c'est que les besoins de logements explosent les maires le savent bien qui ont à gérer sur le terrain et bien ses besoins où on a que ce soit le logement social ou l'accession libre et bien besoin de construire non plus un logement avec deux chambres mais de logement où il faudra quand même les chambres parce que les gardes d'enfants sont partagées parce que au fond on a deux vies en parallèle c'est ça la réalité de nos concitoyens et en même temps nous avons une flambée dans les centres-villes dans les métropoles parce que ce monde numérique que j'évoquais renforce encore les déséquilibres territoriaux et renforcent l'accumulation de d'une partie de notre populiste population dans certains centres alors ce défi c'est un défi unique c'est une nouvelle aire de construction massive vers laquelle nous devons aller pour y faire face et c'est maintenant que nous choisissons de multiplier les normes rendant impossible ou presque la prouesse des trentes glorieuses qui avaient permis à de nombreux Français de sortir de la misère immobilière et de goûter au confort moderne on a su y arriver il y a 50 ans on a su il y a 50 ans construire une politique de logements pour accompagner cette société française pourquoi aujourd'hui alors que les besoins ne sont pas les mêmes je le reconnais alors que les défis sont nouveaux on devrait rester en pétrés dans ce système qui ne marche pas débattre là aussi de telle ou telle réforme fiscale ou telle ou telle mesure de logement et ne pas essayer de reconcevoir un système de logement plus ambitieux à l'image de cette société voilà le système dans lequel nous vivons c'est un système de l'uniformité de l'indifférenciation de la massification parce qu'il a été pensé pour cela et donc il est devenu aujourd'hui un système de la déception qui produit de l'injustice malgré les normes malgré les protections malgré les dépenses publiques et si c'est cela je vous le dire ce soir si c'est cela notre système comme dit certains et comme il le revendiquent alors oui je suis contre le système parce que au fond sinon notre organisation collective n'a pas changé nous avons changé nous voulons toujours que l'État garanti notre sécurité notre logement notre éducation notre santé et bien sûr notre aspiration à l'égalité est intacte et elle est nécessaire mais nous avons des aspirations nouvelles qu'il faut entendre des aspirations à l'autonomie à la mobilité à l'émancipation nous voulons choisir nos vies et pas répéter celle de nos parents avoir une vie à soi une vie libre et cette France qui subit ce qu'elle veut c'est pouvoir choisir sa vie [Applaudissements] [Musique] nous voulons nous voulons au fond maîtriser notre destin maîtriser notre destin individuel et collectif l'injustice que nous dénonçons aujourd'hui ce n'est pas celle qui consiste à envier ceux qui ont plus ce qui réussissent mieux ce qui vont plus vite il y en aura toujours c'est celle qui consiste à dénoncer le fait que certains ont au fond le choix et d'autres non c'est ça l'injustice qui est devenu insupportable que l'effort ne paie pas que le mérite ne paie plus qu'il n'y a plus de rapport entre ce que l'on donne au système et ce que l'on obtient que l'on peut avoir des capacités et être en échec à l'école puis dans la vie professionnelle que l'on peut travailler de manière acharnée sans pour autant progresser que l'on peut se dévouer à l'extrême sans être reconnu que notre vie trop souvent et décider avant même qu'on ne la décide nous-mêmes quel est joué une bonne fois pour toutes pour certains avant même qu'on en connaisse les règles et qu'au fond ces règles ne dépendent pas de ce que l'on fait mais de ce que l'on est et de l'endroit d'où l'on vient c'est cela qui est insupportable c'est cela contre quoi on doit se battre il est injuste que le choix soit réservé à quelques privilégiés et que tous les autres se contentent de l'immobilité qu'on leur envoie au fond des visages au visage des solutions uniformes une réponse unique il faut remettre notre société en mouvement c'est cela dont elle a besoin c'est cela qu'elle veut c'est cela quoi elle aspire et c'est cela que la politique doit aux Français non pas promettre un modèle unique mais donner à chacun les moyens de choisir sa vie comme il l'entend et c'est pour réussir justement à changer la vie des Français à leur donner ses opportunités nouvelles que nous devons changer de méthode ensemble parce qu'il n'est plus possible d'avancer en faisant des petits arrangements des compromis de synthèse on le voit bien l'enjeu est beaucoup trop immense et vous le percevez dans votre quotidien parce que il n'est plus possible que notre système au fond ne profite qu'à quelques-uns parce que il est grand temps d'adapter nos politiques pour améliorer la vie des Français la vie de nos concitoyens plutôt que de les contraindre chaque jour dans leur vie pour nos propres politiques publiques c'est ce qui se passe bien trop souvent alors au fond ce que je voudrais montrer ce soir ce que je voudrais partager comme conviction avec vous c'est que nous avons le choix mais qu'il ne faut pas se tromper de question la question ça n'est pas de savoir si nous préférons tel ou telle mesure la question c'est de savoir si nous sommes prêts sur quelques priorités choisies à construire une refondation en profondeur de notre modèle [Applaudissements] à reconstruire les grands équilibres à le dire clairement à le dire fortement et à le faire dans le temps parce que cela prendra du temps parce que ça n'est pas une petite mesure parce que ça n'est pas un petit compromis parce que précisément maintenant sur ces sujets qui font la vie de nos concitoyens nous devons changer de logique nous devons nous devons cesser de penser que simplement quelques lois changeront tout et régleront tout nous devons cesser de croire que plus de normes c'est moins d'inégalité ça n'est pas vrai et c'est même bien souvent l'inverse nous devons cesser de penser que pour faire mieux nous devons un manquablement dépenser plus là aussi c'est bien souvent l'inverse nous devons cesser de penser que nous pourrons tout représenter de Paris parce que là aussi c'est bien souvent le contraire parce qu'il y a dans les territoires parce qu'il y a dans les territoires celles et ceux qui savent qui ont cette expérience partagée qui connaissent les solutions qui peuvent héberger qui ne demandent même que cela qui connaissent la réalité des problèmes de transport des problèmes de logement l'épaisseur de la vie humaine qui n'est plus la même dans tous les endroits du territoire et oui le sujet du logement on ne réglera pas la même façon à Gap et à Poissy le sujet des transports on le réglera pas de la même façon à Paris et à Aurillac c'est une réalité et donc nous devons l'accompagner [Applaudissements] nous devons cesser de traiter le citoyen en administré et le considérer comme un acteur à part entière parce qu'il a sa part de responsabilité et vous devez cesser de penser que vous ne pouvez rien faire en vous retournant trop souvent d'ailleurs vers les politiques qu'est-ce que vous me proposez pour cela parce que cette transformation nous ne la ferons qu'ensemble en redonnant aussi la possibilité à celles et ceux qui veulent changer le pays de le faire de prendre leur part de porter leur responsabilités et de transformer le pays avec nous [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Applaudissements] parce qu'au fond et je voulais dire ce soir ensemble nous pouvons nous devons changer notre quotidien de manière concrète en prenant chacune et chacun notre part de responsabilité et le faire autour de 5 priorités [Applaudissements] en premier lieu [Musique] la sécurité c'est la première des libertés je vous le disais tout à l'heure et en deux ans à peine notre vie a profondément changé le terrorisme a tué plus de 230 personnes en 18 mois chez nous nous avons tous été touchés par ces drames mais à la peine à la douleur c'est substituer aujourd'hui l'angoisse la peur pour nos enfants la crainte là aussi de prendre les transports en commun parfois de retrouver une vie normale notre vie quotidienne toute entière s'en est trouvé bouleversée et nous savons toutes et tous qu'il ne s'agit pas d'événements isolés nous savons que d'autres attentats peuvent survenir qu'il faudra des années peut-être une décennie pour venir à bout de ce fléau ma conviction profonde c'est que nous devons sans attendre transformer notre approche collective de la sécurité il n'est plus possible de se contenter d'affirmer devant nos concitoyens que le pays est en guerre d'assurer que cette guerre va durer et qu'il y aura d'autres drames sans que rien ne change vraiment dans notre manière collective de nous protéger alors je vous le dis en toute franchise ce soir la réponse ça n'est pas là non plus de faire la course à la proposition pour savoir comment avoir une législation encore plus répressive la réponse n'est pas de savoir comment on va expliquer à nos concitoyens qu'il devrait choisir entre une vraie sécurité et l'état de droit non [Applaudissements] [Musique] la réponse elle est dans notre capacité collective à traiter de manière efficace et concrète les enjeux de sécurité là où il se trouve vraiment c'est à dire sur le terrain parce que ce que nous devons réussir à faire collectivement c'est de passer sans attendre de l'état d'urgence à une société de vigilance d'abord sur le plan du droit nous devons la vérité aux Français l'arsenal législatif applicable au terrorisme ne nécessite pas d'être profondément changé il a été adapté il y a encore des éléments techniques face aux transformations technologiques mais ce qui devait être fait a été fait entendons-nous bien je ne suis pas en train de vous dire que l'état d'urgence n'était pas nécessaire au lendemain au lendemain des attentats il était pour procéder en particulier à toutes les opérations qu'il permet de faire au quotidien je ne prétends pas non plus qu'ils ne doivent plus jamais être mises en œuvre parce que nous savons l'intensité de la menace mais sa prolongation sans fin chacun le sait chacun doit aussi le mesurer pose des questions et des questions légitimes nous ne pouvons pas vivre en permanence dans un état d'exception il permet de procéder à des opérations concrètes à des perquisitions qui ne le seraient pas dans d'autres cadres il est donc nécessaire mais notre capacité c'est au quotidien de construire justement notre propre défense notre propre vigilance notre propre sécurité nationale dans le cadre du droit commun et il faut donc là-dessus on le voit bien penser accompagner ce retour aux droits communs tel qu'il a été renforcé par le législateur et agir une fois encore avec les bons instruments à cet égard j'entends que certains veulent voudraient enfermer toutes celles et ceux qui seraient fichés afin de les mettre hors d'état de nuire les mêmes nous explique comme pour nous rassurer que seuls les plus dangereuses seraient simplement incarcéré sauf que personne ne m'a expliqué pour ma part comment on allait identifier la dangerosité de tel ou d'un tel personne ne rappelle non plus que même nos services de renseignement qu'on ne saurait taxés de l'axe ou d'amateurisme des conseils de prendre de telles mesures par souci d'efficacité ce n'est pas je veux vous le dire ce soir ce n'est pas en faisant des propositions dangereuses que nous parviendrons à diminuer le danger parce qu'elle est proposée parce qu'elle est proposée d'incarrer celles et ceux qui sont fichés c'est vider de son efficacité notre système de renseignement qui doit avant tous les suivre et remonter les filières c'est passer d'un état de droit et d'un état d'urgence dans l'État de droit à un état de police et donc un état d'arbitraire c'est donc à la fois inefficace et non démocratique parce que la lutte contre le terrorisme elle est d'abord et avant tout une bataille du renseignement ça n'est justement ni l'état de police ni la société du soupçon dans laquelle certains voudraient aussi nous plonger le sujet ce n'est pas d'armée nos policiers avec des lance-roquettes ce n'est pas la suppression du droit du sol ça n'est pas non plus l'expulsion des étrangers avec une volonté de confondre d'un seul coup tous les sujets ça n'est pas non plus ça n'est pas non plus l'élargissement de la déchéance de nationalité ça n'est pas le même sujet parce que aucune de ces propositions ne sont des solutions de manière concrète et parce que la solution elle ne passe jamais par la trahison de nos valeurs parce que c'est cela qu'attaque le terroriste parce que c'est cela la bataille morale civilisationnel dans laquelle nous sommes plongés ça n'est pas simplement une bataille en termes de sécurité c'est notre capacité collective à nous tenir debout à faire un à être à la hauteur de nos valeurs et de notre histoire à ne pas céder à la panique à ne pas céder à la pression [Applaudissements] parce que l'autorité elle ne se mesure pas à la réaction aux incidents l'autorité elle ne se mesure pas au jour le jour à l'invention de tel ou telle proposition nouvelle l'autorité réelle elle ne se mesure pas à la capacité à revenir sur ce qu'on a dit la veille ou à vouloir improviser une nouvelle société un nouveau droit l'autorité elle se mesure à la capacité de construire dans la durée ce qui nous tient ce qui nous fait ce pourquoi nous sommes là ensemble ce soir et qui fait ce pays [Applaudissements] la bataille contre le terrorisme ce sera une bataille de longue haleine elle nécessite un travail policier minutieux discret qui permet d'identifier des personnes de remontée des filières de repérer des réseaux et je veux ici rendre hommage non seulement à nos services de police de gendarmerie mais aussi à nos services de renseignement et à l'action du gouvernement et en particulier du ministre de l'Intérieur qui avec calme détermination poursuit ce travail et au ministre de la Défense parce que notre armée participe à ce travail et parce que l'un et l'autre sous l'autorité du Premier ministre et du président de la République avec calme conduisent justement au quotidien cette bataille s'agissant du travail des forces de sécurité elle-même disons les choses des erreurs ont été commises il y a de nombreuses années elles n'ont pas toujours été réparées sur l'organisation des forces de police d'abord nous subissons aujourd'hui les conséquences de la quasi suppression des moyens de renseignements territorial et donc oui nos sociétés ce sont profondément transformées et c'est vrai que la menace c'est profondément transformé depuis 2012 mais enfin gouverner c'est prévoir aussi nous voyons bien que les choses étaient en train de se transformer fallait-il pour autant réformer comme cela a été fait les services de renseignement supprimer sur le terrain celles et ceux qui étaient aussi notre capacité à être aux avant-postes de l'intelligence collective parce que les choix qui ont été faits dans cette période il y a plusieurs années ont eu des effets délétères une partie importante de l'efficacité opérationnelle contre les réseaux terroristes qui reposaient sur la capacité à récupérer des renseignements au niveau de la ville voire du quartier ont été détricotés et donc oui du temps a été perdu oui des mauvais choix ont été pris ce n'est pas tout nous subissons aussi les conséquences aujourd'hui des décisions parfois idéologiques qui ont pu être prises pour supprimer la police de proximité les élus locaux le savent bien qui au quotidien ont décidé d'avoir des forces de police dans les quartiers là où les choses sont difficiles avec d'autres formes d'intervention j'entends encore des voix nous expliquer que la police à autre chose à faire que jouer au football avec les plus jeunes il n'en demeure pas moins que cette police de proximité qui avait été proposé mis en place par Jean-Pierre Chevènement et bien elle n'était ni une utopie laxiste ni un gadget de communication et quel que soit le nom qu'on lui redonnera il faudra absolument remettre à l'ordre du jour une organisation policière au plus près de nos concitoyens alors bien sûr il faudra tenir compte du contexte nouveau le niveau de violence et de délinquance dans certains quartiers et bien plus élevé qu'il y a 20 ans et surtout il faudra veiller à ce que l'articulation entre police et justice soit plus efficace parce que ce chantier là il est encore devant nous c'est un chantier de moyen plutôt que de réformes de droit il a été souvent ouvert mais il est déterminant cette nouvelle police de proximité il faudra lui laisser du temps la maintenir de façon durable lui donner des moyens humains et financiers et il faudra lui permettre de créer avec les Français un lien de confiance ça n'est pas faire preuve de faiblesse c'est simplement faire preuve d'intelligence parce que des policiers et d'ailleurs aussi des gendarmes ainsi employés ce sont des fonctionnaires qui développent une connaissance renforcée de leur territoire qui ont le temps de collecter l'information nécessaire et qui le cas échéant sont en mesure d'identifier en amont les individus les plus dangereux celles et ceux qui sont en voie de radicalisation et je souhaite donc que dans notre plan de transformation nous puissions avoir des mesures fortes en ce sens parce que ce chantier est un chantier absolument décisif pour le pays la société de vigilance enfin c'est la société qui assume que l'État n'est plus l'unique acteur de la sécurité chacune et chacun a un rôle à jouer pour identifier la menace je ne suis pas en train de dire qu'il faut soudain privatiser la sécurité je vais tout de suite vous rassurer je dis qu'en complémentarité du travail de nos forces de l'ordre les associations qui accueillent des jeunes les professeurs qui accompagnent des étudiants en sortie scolaire des chefs d'entreprise qui organe qui organisent des séminaires tous nous devons être plus vigilants tous nous devons nous former au gestes de premiers secours nous devons nous former pour apprendre à réagir pour prendre nos précautions pour assurer la sécurité de notre entourage pour apprendre les gestes de premiers secours pour savoir comment alerter les autres et les forces de police pour avoir les réflexes quand les choses tournent mal oui toutes ces choses extrêmement concrètes elles sont absolument fondamentales dans la société où nous sommes parce que cette société a changé et donc ce contexte il impose que nous agissions aussi que nous soyons les propres acteurs collectivement de notre sécurité la deuxième priorité c'est de faire en sorte que les Français choisissent leur vie professionnelle qu'il a choisi plutôt qu'il ne la subisse bien trop souvent le travail c'est la bataille la plus importante parce que dans nos sociétés quand on a l'âge de travailler c'est le travail qui permet de vivre le travail il est au cœur de nos sociétés parce que c'est ce qui nous permet d'éduquer nos enfants de profiter de l'existence d'apprendre mais c'est aussi le travail qui permet de vraiment choisir sa vie de sortir de sa condition d'avoir une reconnaissance une place dans la société on en parlait aussi tout à l'heure ensemble d'avoir une vie sociale des liens le travail je refuse trop souvent dans le débat public d'entendre ces paroles tenues ça n'est pas une souffrance de travail et ça ne doit pas l'être le travail [Applaudissements] le travail ça n'est pas non plus une donnée indéterminée dans laquelle on doit plonger certains une simple fonction d'utilité dont on devrait parler de manière abstraite le travail c'est ce qui nous tient ensemble le travail c'est ce qui fait notre société c'est ce qui fait notre émancipation individuelle et collective alors oui comme je vous le disais notre travail est en train de changer de manière radicale et pour en parler pour agir efficacement nous ne devons pas rester en Pétré dans nos débats de près de 20 ans parce que le débat sur les 35 heures il a 17 ans figurez-vous 17 ans qu'on en parle encore chaque jour comme si le vrai sujet était là j'ai du mal à le suivre comme si les 35 heures étaient la source de tous les mots ou comme si la suppression des 35 heures que d'ailleurs certains n'ont pas supprimé quand ils ont eu l'occasion de le faire serait la solution à tout j'ai du mal aussi à le comprendre non comme je vous le disais il y a un instant nous avons dépassé dépasser ce stade arrêtons cette hypocrisie comment être réellement efficace comment repenser notre modèle pour permettre à chacune et chacun de trouver sa place de choisir sa vie au travail parce que ceux qui s'affrontent bien souvent sur les sujets que j'évoquais bien souvent non pas eux-mêmes travailler dans une entreprise et donc nous n'avons pas besoin de débat idéologique sur le travail nous avons depuis 30 ans profondément échoué et cet échec il dit une chose la nécessité qui est la nôtre de regarder comment certains de nos voisins européens ont réussi parce que force de constater que nous sommes parmi les moins bons élèves depuis 30 ans et de nous assurer en même temps qu'il n'y a aucune fatalité à cela et je ne veux pas me résoudre à cette fatalité ou et dans laquelle on voudrait nous cantonner qui consisterait à dire au fond vous devez choisir être efficace en donnant moins de droit aux gens avoir un système qui fonctionne mais dans la sécurité ou bien préserver un statut quo qui est d'ores et déjà injuste c'est un débat perdant perdant dans lequel nous nous sommes collectivement installés la solution au chômage d'aujourd'hui ça n'est pas la suppression des droits des travailleurs mais de la même façon la réponse au chômage d'aujourd'hui ça n'est pas la préservation de notre modèle qui produit 10% de chômage 25% de chômage des jeunes 50% dans certains quartiers difficiles le premier sujet c'est évidemment l'absence de croissance mais pensons-nous vraiment que nous pouvons seulement compter sur une relance pour endiguer le chômage j'aurai l'occasion d'y revenir oui mais vous savez une vraie politique de relance c'est une politique responsable européenne qui se mène à travers le coupe franco-allemand et qui suppose que chaque matin la France n’inquiète pas son partenaire en proposant tout et n'importe quoi et en lui donnant le sentiment qu'elle ravive des débats il y a 20 ans alors oui la croissance avant tout mais il y a des causes bien plus profondes qui explique notre taux incompressible de chômage la première c'est notre modèle social lui-même et son financement alors qu'on appelle ça charge sociale ou cotisations sociales selon les sensibilités c'est que l'essentiel de notre modèle l'essentiel de du financement de notre protection repose sur le travail le travail des salariés mais aussi le travail des indépendants or aujourd'hui compte tenu des changements du monde compte tenu de cette concurrence internationale qui nous est faite compte tenu du fait aussi que certains professionnels ne bénéficient pas de cette croissance mondiale je pense aux artisans je pense aux commerçants leur demander sur une assiette de plus en plus étroite d'être encore le cœur du financement de notre modèle social c'est les condamner à l'échec c'est nous condamner collectivement à l'échec parce qu'au fond à travers ce mode de financement nous pénalisons bien souvent les moins qualifiés les plus jeunes les plus fragiles ceux qui n'ont pas accès à la croissance mondiale ceux qui sont dans le travail indépendant et nous n'avons pas ce faisant adapter le financement de notre modèle social à la réalité économique de notre pays je reviendrai sur ce point la semaine prochaine à Montpellier quand je parlerai de la vie en commun et de tout ce que cela emporte mais oui si nous voulons résoudre le problème du chômage en France nous devons repenser le financement de notre modèle social la deuxième cause du chômage français ce sont les normes elles sont trop rigides elles sont trop nombreuses elles sont trop instables Jean-Claude Boulard n'est pas simplement le sénateur maire du Mans il est aussi l'auteur d'un rapport sénatorial qui a fait dates sur ce sujet dénonçant cette incontinence normative et il a raison parce que c'est ce qui déstabilise chaque jour les professionnels les travailleurs les entreprises et à vouloir changer la norme à chaque instant on crée une instabilité et alors même que bien souvent ces normes sont conçues pour protéger les plus faibles et bien en réalité elle ne servent que les plus forts que celles et ceux qui sont déjà installés dans la société dans l'entreprise que celles et ceux qui ont déjà compris le système ou qui sont suffisamment solides pour pouvoir procéder à tous les changements et à toutes les adaptations oui quand on parle justement de normes et bien on parle de ce qui a trop souvent dans notre pays ces dernières années recréer une forme de ségrégation au sein de notre société et en particulier au sein du marché du travail parce que c'est normal que nous pensons collectivement comme des boucliers avec les meilleures intentions du monde et bien on fait de ce bouclier les murailles c'est à dire qu'elle rende encore plus difficile l'accès à l'emploi stable à l'emploi normal pour celles et ceux qui sont les plus fragiles voilà pourquoi il faut encore simplifier drastiquement de nombreux secteurs d'activités de notre économie mais en particulier notre droit du travail voilà pourquoi il faut continuer de lever les verrous à l'embauche et donner de la visibilité de la stabilité au chef d'entreprise c'est pour cela que je me suis battu sur les prud'hommes et que je continuerai je vous rassure de le faire avec avec un esprit de justice et d'efficacité les parlementaires qui sont là et qui nous accompagnent ce soir s'en souviennent qui ont participé à cette bataille lorsqu'on a des procédures qui durent trop longtemps qui sautent en complexe 27 mois en moyenne jusqu'à cette réforme avec une variation qui peut passer du simple au quintuple dans les dommages et intérêts qui peuvent être perçus qui ont pénalise pas la grande entreprise qui peut tout à fait attendre et dont le dirigeant ne sait bien souvent pas qu'il est même aux prud'hommes pas le cadre supérieur qui a retrouvé un emploi qui ne s'est pas combien de dommages et intérêts il pourra trouver les victimes de ce système de sa complexité pensait de manière théorique avec les meilleurs intentions du monde et donc la visibilité la stabilité c'est en même temps ce qui rend le système plus efficace et plus juste alors oui il y a toujours des excès il y a des gens qui se comportent mal il y a des gens qui essaient de déroger au droit mais on ne peut pas penser notre organisation collective dans haut en considérant qu'on doit traquer en quelque sorte tous les délinquants il faut faire vivre le droit sur le terrain et c'est aussi pour ça que je crois très profondément à cette idée qui consiste à renforcer la négociation dans la branche et dans l'entreprise pour ce qui relève du droit du travail et ce dans tous les domaines parce que elle est le bon moyen de prendre la bonne décision au bon endroit la loi doit définir le minimum comme un pour tous si c'est les règles définir un cadre mais enfin considérons-nous que dans l'entreprise les syndicats qui représentent les salariés ceux qui représentent les employeurs ne sont pas capables de trouver les bons compromis et d'ailleurs quand on regarde sur le terrain bien souvent les syndicats qui sont dans l'entreprise ou sur la branche dans la branche ne sont-ils pas celles et ceux qui signent les accords qui trouvent les bons compromis là où leur Confédération avait tout bloqué sur le principe lui-même et donc cette confiance dans la société dans l'intelligence de les sociétés dans le dialogue social c'est aussi ce qui permettra d'avoir des syndicats plus forts dans l'entreprise dans la branche d'avoir une vitalité de ce dialogue social un contenu et donc oui dans le monde où nous vivons la loi pour ce qui est du marché du travail la loi pour tout dans tous les cas ça n'est plus la bonne norme la loi pour tout dans tous les cas ça n'est pas ce qui protège le mieux le plus faible le moins qualifié c'est la capacité à donner un cadre à cette négociation qui pourra justement trouver les bons accords c'est cela la bonne solution alors j'entends j'entends l'argument de certains qui me disent vous allez créer autant de droits de travail que d'entreprises ou que de branches mais enfin dans quelle société vit-on est-ce qu'aujourd'hui celui qui a un CDD qui est en intérim à répétition chez un sous-traitant de grandes entreprises publiques qui travaillent tous les jours à côté d'un salarié sous statut qui travaille à côté de quelqu'un qui a un contrat à durée indéterminée dans une grande entreprise ou d'un fonctionnaire qui va faire la même tâche il est dans une situation juste le premier il est voué à l'incertitude quotidienne il n'a pas accès au crédit il n'a pas accès à l'achat d'une voiture il ne peut pas avoir accès à une vie familiale normale parce que c'est ça le système dans lequel on vit dans toute son hypocrisie alors qu'il va faire au quotidien le même travail que l'autre la même tâche prendre le même type de risque mais donc cessons ces sont cette hypocrisie qui a recréé des statues des rigidités qui recréé des séparations parce qu'on n'est pas fichu dans une entreprise dans un secteur de dire on va trouver les bons équilibres parce que oui il faut le dire il y a des secteurs d'activité ou il faut travailler 35 heures il y a des entreprises même parfois une faut travailler moins ou c'est bon pour l'emploi ou c'est bon pour la compétitivité ou ça préserve de l'emploi et puis il y en a d'autres où il faut travailler beaucoup plus parce que les salariés ils sont prêts parce que le secteur d'activité l'exige parce qu'on a besoin de faire face à des commandes sortons de cette espèce de myopie hypocrite dans laquelle nous sommes collectivement plongés et ayons enfin les vrais débats [Applaudissements] parce que sinon qu'est-ce que nous qu'est-ce que nous construisons une société de statue une société avec des protections qui sont bien établies pour celles et ceux qui sont bien en place mais cette société là elle construit des états de fait elle empêche la mobilité mais elle construit surtout une économie de rigidité qui ne permet pas de faire face à nos défis elle conduit donc dans le débat politique que nous avons chaque jour à ne plus chercher à aider les gens à réussir à prendre parfois leur risque et donc à protéger les individus mais à protéger les emplois parce que ça fait si peur de perdre son emploi que on vient à tout prix protéger les emplois en place protéger les entreprises en place on prend en promettant tout et n'importe quoi parce qu'on veut en fait promettre au pays qu'on va le protéger du changement et donc oui il y a parfois des secteurs d'activités qui sont voués à disparaître des emplois qui vont devoir changer mais pour ce faire il faut avant tout protéger les personnes protéger les personnes qui occupent ces emplois leur donner des perspectives de mobilité permettre à plus de rentrer dans le marché du travail grâce justement à cette lisibilité cette visibilité cette révision des normes que j'ai évoquées et en même temps les accompagner avec des sécurités des protections individuelles et une visibilité complète sur celle-ci au fond il faut vraiment protéger les individus pour leur permettre de prendre les risques qu'ils ont besoin de prendre à chaque moment important de la vie et donc redonner de la capacité de négociation dans l'entreprise ça suppose d'avoir des syndicats plus forts et donc nous devons travailler sur ce sujet et faire des propositions concrètes on a besoin de plus de syndicalisme dans l'entreprise et dans la branche on a besoin d'avoir plus d'adhésion syndicale de construire ensemble du compromis on a mais la liberté décidera parce que ce sera sur le terrain parce que si vous montrez qu'il y a une réalité une efficacité justement du fait syndical il y en a une dans l'entreprise dans la branche et bien ce seront les meilleurs qui gagneront les élections ce seront les meilleurs qui auront justement le plus d'adhérents et ce ne sont pas des compromis approximatifs qui sont construits au niveau national qui construit en cela je vous parle franchement mais en même temps si on veut construire les vrais protections pour les individus on doit aussi leur redonner des droits et des vrais droits et je veux qu'on regarde cela ensemble qu'on puisse avancer sur ces pistes dans le domaine de l'unédique nous pourrions déconnecter les droits de l'assurance chômage à la détention justement du poste occupé et également au fait même de devoir être licenciés nous avons un système au fond qui n'a pas pensé une évolution c'est que les gens veulent aussi pouvoir choisir aujourd'hui nous avons créé un système très hypocrite ou la première cause de rupture c'est une rupture conventionnelle avec l'employeur puis il y a comme vous le savez le licenciement individuel ou collectif mais dans une société du choix nous devons aussi réfléchir à la possibilité qui pourrait être offert aux individus qui décident de changer notre d'entreprise de changer de secteur d'activité d'avoir sous certaines conditions ces droits pour pouvoir se réorienter dans la vie pour pouvoir eux aussi choisir pour être réarmé différemment dans ce dialogue dans l'entreprise et donc on doit aussi réfléchir ensemble à redonner des choix des opportunités mais au cœur de cette bataille la source du troisième blocage français en matière de chômage c'est le problème de la formation professionnelle parce que c'est là que réside bien souvent aussi en quelque sorte la marque de notre échec en France on dépense chaque année plus de 30 milliards d'euros pour la formation professionnelle et pourtant là encore ce sont les plus fragiles qui ont le plus de difficultés à se former ce sont ceux qui ont le besoin de plus de mobilité qui ont le plus de difficultés y avoir accès quand vous êtes salarié bien formé dans un grand groupe vous avez accès à la formation professionnelle bien souvent d'ailleurs à celle que vous ne demandez pas on a tous vécu ce débat absolument surréaliste ou le chef d'entreprise va voir son salarié en disant il faut que je dépense en matière de formation l'anglais vous êtes bon l'anglais c'est le meilleur des cas je n'irai pas par pudeur détaillé c'est les circonstances devant lesquelles on peut se retrouver mais quand vous êtes en situation d'intérim ou de CDD allez trouver quelqu'un qui vous propose de la formation professionnelle allez avoir accès à notre système de professionnels français vous n'êtes pas formé et vous n'avez quasiment pas le droit d'avoir accès à une formation tout au long de votre vie et la faute [Applaudissements] la faute elle est un système trop complexe où il faut s'adresser tantôt au partenaires sociaux tantôt aux régions tantôt à Pôle Emploi tantôt au CFA pour obtenir le financement de la formation il y a un travail extraordinaire qui est fait sur le terrain par les acteurs de la formation faire Patrick on y était encore ensemble il y a quelques semaines mais nous avons une organisation collective qui est devenue extraordinairement complexe aux responsabilités totalement éclatées qui n'est pas intelligible pour le français normal l'entreprise normale et surtout qui du coup est réservé à celles et ceux qui en ont le moins besoin qui sont déjà le plus protégés c'est cela le paradoxe de notre système et donc oui si nous voulons donner plus de droits aux individus nous devons simplifier les démarches qui permettent d'accéder à la formation professionnelle nous devons rendre ce système plus transparent et j'insiste là-dessus c'est fondamental plus transparent pour les travailleurs qui veulent avoir accès justement aux offres qui sont possibles tu plus transparent pour les employeurs qui veulent pouvoir y envoyer leurs salariés mais plus transparent en général sur les performances de ce système imaginez une seule seconde nous dépensons plus de 30 milliards d'euros sur la formation professionnelle et la formation continue il n'y a pas un vrai système d'évaluation des formations qui sont données vous êtes plongé dans un maquis vous ne savez pas quelle formation vous devez faire pour aller vers tel ou tel emploi qui pourrait être une perspective mais surtout à aucun moment vous ne savez si la formation qu'on vous a prescrite si la formation que vous avez choisie elle est efficace elle a un résultat si l'année dernière ou l'année d'avant elle a permis de donner des emplois attendent autant de vos concitoyens vous n'avez pas cette transparence minimale à l'heure d'Internet à l'heure du numérique c'est inacceptable c'est inacceptable parce qu'au fond nous avons accepté que ce système de formation continue soit capturée par les décideurs publics par les organisations politiques et syndicales et que nous n'avons pas voulu le faire fonctionner de manière efficace et transparente et il y a partout chez les partenaires sociaux chez les professionnels de terrain chez celles et ceux qui prodiguent ces offres une volonté de bien faire mais concrètement ce que nous devons faire c'est de redonner les clés aux acteurs de la formation c'est de recentrer c'est de recentrer les partenaires sociaux moins sur la gestion du système que sur le conseil aux entreprises et l'accompagnement aux travailleurs c'est une révolution en profondeur ce dont je vous parle c'est une bataille qui sera sans doute l'une des plus importantes que nous avons à conduire je ne m'estime pas la difficulté qui sera la nôtre mais il ne s'agit pas de dire c'est la faute à celui-ci c'est la faute à celle là il s'agit de manière transparente de proposer une voix de passage où tout le monde se retrouvera on proposera à celles et ceux qui aujourd'hui vivent parfois de ces dysfonctionnements d'aller vers une organisation collective qui marche mieux pour tous avec d'autres financements mais en ayant construit une véritable transparence une véritable efficacité pour répondre à ce besoin qui est le nôtre de répondre à l'injustice qu'on voit partout aujourd'hui dans notre marché du travail la troisième priorité c'est de faire en sorte que les Français choisissent leur mobilité plutôt que de la subir et là je veux être clair on parle de logement on parle de transport on parle vraiment du quotidien très concret de nos concitoyens en matière de logement une fois de plus on a pensé qu'on pourrait tout régler en fait avec de grandes réponses uniques on a lancé de grands objectifs nationaux on a promis des centaines de milliers de logements supplémentaires chaque année ça n'est pas de cela dont nous avons besoin on a besoin de beaucoup plus d'efforts dans les zones tendues une réponse beaucoup plus massive et beaucoup plus rapide dans les zones les plus tendues et d'un traitement beaucoup plus normalisé dans les zones qui ne le demandent pas et on a besoin aussi d'avoir infiniment plus de cohérence parce qu'on ne peut pas avoir des objectifs de construction massif de logement en particulier là où il le faut en particulier dans ces métropoles et en même temps d'accumuler les normes nouvelles dans tous les domaines ça n'est pas possible et ces objectifs concrètement on ne sait pas donner les moyens de les atteindre que ce soit en réforme des procédures que ce soit en droit de l'urbanisme et donc pour ce faire il faut là aussi des priorités claires il faut une approche qui soit différenciée selon les enjeux du territoire soit la priorité absolue c'est de construire plus de logements dans les zones tendues où ils sont nécessaires soit notre volonté c'est d'accroître la réglementation de tous dans tous les genres mais on ne peut pas faire les deux ensemble sinon on échouera sur les deux plans et je vais être très clair avec vous moi je choisis la première option je veux que nous favorisions la mobilité en faisant tout pour construire dans les zones tendues et je fais exprès de parler ici de mobilité géographique et sociale parce que cette économie cette société contemporaine elle renforce la métropolisation elle fait qu'on va se concentrer dans les zones les plus urbaines elle fait aussi que on a de plus en plus dans les politiques sociales des contingents préfectoraux qui sont fléchés dans les mêmes quartiers qui sont parfois dans ces mêmes zones tendues et donc vous ne pouvez plus créer de vraies mobilités géographiques et sociales pour des millions de nos concitoyens parce que vous n'avez pas de véritable offre de logement c'est ça la réalité parce que si vous n'accroissez pas l'offre de logement et bien vous avez nos concitoyens qui ont réussi à rentrer dans le logement social parfois après avoir attendu de nombreuses années mais tous les nouveaux arrivants les plus jeunes les moins qualifiés qui n'ont trouvé un emploi que dans la métropole ils arrivent et ils ne peuvent pas se loger pourquoi parce que dans ces espaces vous avez souvent 80 à 90% de la population qui étaient ligible au logement social c'est ça la réalité et pour qui le passage dans ce qu'on appelle le logement libre est impossible parce qu'il est déjà beaucoup trop cher donc oui il faut l'assumer si nous voulons avoir une vraie politique de mobilité une vraie politique de logement il faut avoir dans les zones tendues une vraie politique de l'offre une vraie politique de la construction et donc il faut créer dans ces espaces et bien une détermination sans faille pour libérer le foncier en particulier le foncier public pour raccourcir les procédures pour revenir sur le droit commun en termes de recours pour encadrer les acteurs bien davantage qu'on ne le fait qu'il soit public ou privés pour se donner des objectifs de résultats parce que c'est la condition pour que nos concitoyens puissent vivre normalement et c'est la condition pour pouvoir construire véritablement de la mobilité et de la mixité sociale [Applaudissements] parce que bien souvent nous n'avons répondu à ces problèmes qu'en ayant là encore une politique de dépenses publiques en expliquant aux gens qu'au fond c'était très difficile mais qu'on allait leur donner des aides qu'on allait leur donner des compléments sans pour autant construire davantage de logement c'est ça qui ne fonctionne plus et dans le même temps on a fait croire aux Français qu'on favoriserait leur mobilité en maillant tout le territoire avec des grandes infrastructures nous avons eu une politique de grande infrastructure elle a eu son temps elle a construit des métropoles des agglomérations des grandes villes de province elle a structuré notre territoire mais je constate avec vous sur les dix dernières années nous avons répété les promesses de grandes infrastructures il y a eu des rapports formidables des grands engagements qui proposaient rappelez-vous il y a six ans de cela plus de 300 milliards d'investissements publics pour construire presque partout des grandes autoroutes des grandes TGV des gares des aéroports de province et tout y compris rien ne s'est fait rien ne s'est fait pourquoi parce qu'à la fin qui finance nous parce qu'à la fin personne ne veut décider des impôts parce qu'à la fin je crois mettre souvenu que nous n'avons pas décidé de faire les kotaxes parce que je n'ai pas entendu non plus le peuple français s'enthousiasmer à l'idée d'augmenter qui les tarifs d'usage qui les impôts donc soyons conséquent regardons les choses aussi en termes d'adultes nous savons des infrastructures prioritaires il y en a quelques-unes et donc il faut avancer de manière lisible visible sur une stratégie décennale mais en même temps notre mobilité au quotidien dans les territoires les plus enclavés dans les territoires les plus ruraux ou la mobilité est un enjeu essentiel pour le travail pour la vie normale la vie familiale la vie culturelle nous avons besoin d'avoir une vraie Réponse mais pas celle des grandes infrastructures une réponse qui correspondent à cette mobilité du quotidien pouvoir aller à l'école pouvoir aller au travail pouvoir justement mener au fond cette vie normale c'est-à-dire véritablement résoudre cette mobilité du quotidien en se lançant dans la construction d'infrastructures adaptée en proposant des solutions de proximité des solutions adaptées à chaque territoire j'étais il y a quelques semaines dans le Cantal dans une zone totalement enclavée qui se trouvait à plus d'une heure trente de la première autoroute franchement l'enjeu c'est dans ces territoires de pouvoir se déplacer pour rejoindre la zone d'emploi la plus proche pour être sûr qu'on aura le médecin la clinique le centre hospitalier de proximité qui pourra être maintenu ou installer là l'école c'est d'avoir à quelques kilomètres au fond du lieu où l'on vit les infrastructures pardon pour faire le plein d'essence pour prendre le train régional qui nous conduira vers la ville la plus proche c'est de pouvoir accéder à une gare autoroutière en quelques minutes alors je veux bien compromettre tout et n'importe quoi mais c'est déjà d'avoir une politique concrète et priorisée pour répondre à ces solutions concrètes attendues des zones les plus rurales et les plus enclaves c'est cela la priorité qu'on doit travailler ensemble la quatrième priorité c'est l'éducation depuis des décennies maintenant nous avons multiplié les réformes on le sait bien les unes s'enchaînant aux autres je ne suis pas persuadé que les élèves soient mieux formés ou plus heureux que les parents soient moins angoissés et que les enseignants et le sentiment d'être mieux reconnu ou enfin considéré devrais-je dire je ne le crois pas au fond c'est une organisation de l'école et un comportement différent à l'égarder sa voix qu'il faut inventer un comportement qui solidifie un socle de compétences fondamentale qui reconnaît différents talents et qui valorisent en même temps certaines aptitudes qui permet ainsi à chacun de trouver la voie qui lui correspond et là aussi regardons les choses telles qu'elles sont où sont nos échecs le premier il est au primaire nous avons aujourd'hui encore un enfant sur 5 qui arrive en classe de CM2 qui ne sait pas lire écrire compter je vous le dis la société du choix dont je vous parle c'est une fiction pour cet enfant-là on l'a déjà trahi on l'a déjà condamné on va le plonger dans le collège unique où il ira se noyer ou après des années ils retrouvera peut-être une main tendue où il arrivera à retrouver un destin et peut-être une voie professionnelle ou que sais-je où il se retrouvera mais un système qui produit encore cela c'est un système qui dès le début n'offre plus de choix et donc pour ces jeunes français on le voit bien l'investissement fondamental que nous devons faire c'est celui de reconstruire ce socle de compétences cette base fondamentale qui est la condition pour pouvoir ensuite choisir s'émanciper aller vers d'autres secteurs c'est une nécessité absolue et donc oui il faut là un enseignement qui peut être plus individualisé oui il faut mieux identifier des les plus petits âges parfois les pathologies qui empêchent d'apprendre et qui aujourd'hui sont totalement mes estimés ou qui ne sont pas identifiés oui pour certains élèves il faut avoir une approche plus individualisée oui il faut évaluer les compétences à cet âge pour pouvoir répondre de manière concrète individualisée parce que c'est la pire des injustices de laisser un enfant sur cinq sortir de CM2 sans savoir lire et écrire et compter et sur ce sujet là nous ne pouvons pas avoir une réponse unique et uniformisée parce que les situations sont profondément différentes j'ai rencontré il y a quelques semaines une directrice d'école de Calais il m'expliquait son quotidien dans une classe élémentaire où la quasi-totalité des enfants sont les enfants de femmes et d'hommes qui n'ont jamais travaillé où ce sont les enfants qui mettent le réveil le matin pour aller en classe et donc où en effet le quotidien de l'école et de la performance scolaire comme on dit ça ne peut pas être celui d'une école de centre-ville dans une agglomération urbaine ou d'un beau quartier parisien et donc oui pour avoir une politique efficace pour pouvoir répondre à la réalité du terrain il faut aussi donner plus d'autonomie aux professionnels plus d'autonomie aux enseignants plus d'autonomie au directeur et directrice d'école pour pouvoir là aussi décider dans le cadre de la loi dans un esprit d'équité mais pour pouvoir décider de manière pragmatique et sur le terrain ce qui permet de répondre aux difficultés des enfants et donc d'avancer ensuite le rôle de l'école ne peut plus être le même à l'époque d'internet où on le sait bien nos enfants aujourd'hui ça va évoluer eux-mêmes au milieu de savoir de plus en plus différents au moment où ce dont notre société a besoin c'est d'individus adaptables de talent très différents ou peut-être une majorité des métiers vers lesquels nos enfants iront nous ne les connaissons pas aujourd'hui on ne peut pas avoir un enseignement qui reste aussi magistral un enseignement qui en collège et lycée continue à être au fond aussi univoque l'école doit aussi devenir le lieu où l'on apprend à apprendre où l'on apprend à travailler en équipe un lieu où les pratiques sont différents Toulon Koffi aux enseignants au directeur d'établissements au-delà des responsabilités que j'évoquais à un instant la mission d'innover parce que nos enseignants le voient ce que je suis en train de dire à l'époque d'Internet et du téléphone portable et allons au bout de la logique est-ce qu'on est aujourd'hui à l'égalité sur l'apprentissage selon qu'on vient d'un milieu favorisé ou pas clairement non et donc la principale inégalité scolaire aujourd'hui elle se joue à la maison elle se joue déjà plus à l'école entre ceux qui ont des parents pour accompagner et ceux qui ne sont pas incités à travailler une fois qu'ils sont sortis de l'école et donc au-delà d'un changement des pratiques pédagogiques il faut aussi collectivement nous organiser pour maximiser le temps de l'école et augmenter le temps pédagogique celui par lequel on répare les inégalités de départ et les inégalités familiales voilà pourquoi il faut repenser le métier le beau métier de la transmission parce qu'il n'y a pas d'innovation parce qu'il n'y a pas de création s'il n'y a pas d'abord eu ce temps essentiel de la transmission parce que vous savez dans les héros républicains dont il faut restaurer le rôle et la dignité il y a les enseignants il y a les professeurs il y a celles et ceux qui ont pour mission d'apprendre de faire grandir d'éduquer parce que quand on ne considère pas à sa juste mesure celles et ceux qui font ce métier quand on ne l'aimait pas en situation suffisante de responsabilité alors on construit une société malheureuse alors on construit une société qui de toute façon ne pourra pas innover parce qu'on n'aura pas bien transmis et enfin l'autre grande inégalité sur laquelle nous devons aussi avancer travailler proposer c'est celle de l'entrée à l'université parce que nous avons réussi la massification de l'accès au baccalauréat on a accompagné plus de 80% des Français au bac on est à 86% aujourd'hui c'était le défi fixé il y a un peu plus de 30 ans mais avons-nous pour autant réussi l'arrivée de tous ces jeunes à l'université non parce que d'autres inégalités se jouent à ce moment-là les inégalités en termes d'orientation en termes de sélection et oui nous avons un chantier extraordinaire à ouvrir celui qui consiste justement à accompagner les jeunes dans cette vie d'après le baccalauréat celle où chaque année nous perdons 150 000 jeunes qui ne trouvent ni formation ni emploi parce que nous avons encore trop de jeunes qui vont vers des formations universitaires dont ils ne connaissent pas le débouché qu'ils ne savent pas qu'ils pourraient aller vers une formation professionnalisante un apprentissage qui leur donnerait un emploi et qu'on a dévalorisé parce que nous n'avons pas culturellement investis sur l'orientation sur l'explication sur la transparence de certaines filières et sur une organisation différente du premier cycle universitaire en particulier de tout cela j'ai parlé il y a quelques semaines avec les présidents d'université et surtout cela nous devons continuer à avancer la cinquième et dernière priorité qui doit être la nôtre dans la vie quotidienne de nos concitoyens c'est de faire en sorte que les français deviennent maître de leur santé nous voulons un système de santé qui nous empêche de tomber malade plutôt qu'un système de santé qui nous soigne bien tout simplement nous voulons mieux prévenir et là aussi comme je vous le disais nous devons en profondeur repenser les choses en matière de santé est-ce que le sujet c'est d'opposer le système hospitalier et la médecine de ville je ne crois pas est-ce que en matière de santé la préoccupation majeure pour tous c'est uniquement une affaire de milliards de déficit de la Sécurité sociale je ne le mésestime pas et ça n'est pas seulement cela et ce que la clé pour nos concitoyens et les professionnels de santé elles se jouent autour de deux ou trois euros de plus pour une consultation non je ne crois pas et une nouvelle fois nous passons largement à côté des vrais problèmes le sujet fondamental c'est de savoir comment on s'organise autrement ensemble pour que la prévention devienne le principal axe de notre politique de santé et c'est fondamental parce que c'est en même temps ainsi que nous réussirons à moins dépenser à terme en matière de santé parce que notre défi c'est le vieillissement et ce sont les maladies chroniques et c'est là où la prévention est une réponse constructive et efficace comment vieillit dans la dignité comment on reste autonome le plus longtemps possible comment on accompagne les maladies chroniques de la manière la plus adaptée comment on se bat pour éviter que 73000 de nos concitoyens meurent chaque année à cause du tabac que 50000 autres décèdent à cause d'alcool tous ces sujets sont des sujets fondamentaux mais où là aussi nous devons donner des responsabilités à la société construire des responsabilités collectives je vous le dis si ce soir je vous explique qu'il ne faut pas boire ou fumer ça n'aura aucune portée je suis très lucide pour comme vous avoir regardé beaucoup de spots télévisés ou de campagne invitant à ce genre de choses mais le jour où dans un lycée un de vos camarades votre enseignant vous dit la même chose le jour où dans une université on a réussi à construire la campagne de communication sur l'alcool qui frappent les esprits les choses sont différentes et là aussi ce que je vous faire toucher du doigt c'est que nous avons sur ce sujet là un rôle collectif à jouer il ne faut pas tout attendre de l'État nous avons des nouvelles politiques publiques à construire où chacune et chacun à un rôle à jouer pour être pleinement efficace et au-delà de ce sujet si nous traitons les vrais défis les vrais problèmes dans l'organisation de notre système de santé c'est d'abord d'avancer sur le décloisonnement et de ne pas opposer comme on le fait trop souvent l'hôpital et la médecine de ville c'est ce que tous les professionnels de santé que j'ai pu rencontrer m'ont dit j'étais il y a un peu plus d'une semaine à Sallanches en Haute-Savoie j'ai vu comment on maintient un hôpital de proximité dont la fermeture était quasiment inéluctable en faisant rentrer de la médecine de ville des praticiens du privé qui vont venir développer un service de néphrologie avec aussi des pratiques à domicile et construire le continuum de soi entre l'hôpital et le soin à domicile chacun arrête de travailler de son côté et que demande les nouveaux professionnels de santé écoutons-les ils ne veulent pas pratiquer la médecine comme leur prédécesseurs ils veulent être dans des maisons de santé ils veulent là aussi qu'on reconnaisse leur tâches différemment faire moins d'administratifs faire parfois des tâches dont la qualification n'était pas forcément celle d'un médecin ils veulent travailler avec d'autres médecins ils veulent parfois travailler à proximité d'un service d'urgence et donc c'est ce continuum au plus près du terrain que nous avons à construire et là aussi on le voit bien décloisonner responsabiliser sur le terrain c'est cette révolution copernicienne qu'il faut faire parce qu'on va pas inventer cette politique de santé depuis Paris parce que ce sont les acteurs de terrain l'hôpital avec les professionnels de santé qui sont autour de lui avec l'autorité régionale de santé qui vont réorganiser les choses qui vont inventer qui vont innover qui vont expérimenter les solutions qui répondent au défi en matière de santé de leur concitoyens et donc oui il faut décloisonner et responsabiliser et puis en même temps il faut repenser les équilibres économiques de ce système est-ce que la prévention est bien valorisée bien récompensé dans notre système de santé actuel non c'est très marginal dans la rémunération des médecins est-ce que la vraie bataille a des sur quelques euros de plus à la consultation non elle est dans la transition que nous arriverons à faire d'une rémunération à l'acte à une rémunération qui permet justement de valoriser tout le travail que les médecins peuvent et doivent faire en termes de prévention en termes de conseils en termes d'accompagnement et vous le voyez là aussi c'est ce travail en profondeur que nous devons réussir avec les professionnels de santé avec nos concitoyens enfin il faut permettre aux acteurs d'innover nous avons en matière de santé des capacités d'innovation formidables elles sont avant tout dans nos hôpitaux publics dans nos laboratoires publics dans nos entreprises nous les finançons dès le début nous les accompagnons avec un crédit un pour recherche que tout le monde nous envie mais notre système est bien souvent Retif à les laisser se développer à l'air libre dans la nature parce que nous Girons à l'année parfois au semestre nos dépenses de santé parce que au fond une innovation parfois crée un coup elle va changer des comportements elle va coûter aux patients coûter à l'organisation et donc on la bloque or à deux trois ans parfois même à moins elle va permettre des économies regardez la télémédecine certains ont bloqué au début considéré que ça n'était pas la réponse mais en développant la télémédecine vous réduisez massivement les frais de déplacement qui grèvent le budget de la Sécurité sociale vous réduisez massivement des coûts induits qui aujourd'hui nous handicapent donc nous avons besoin de plus d'innovations mais en même temps de se donner là aussi le temps c'est à dire d'avoir une gestion sur plusieurs années de nos dépenses et nos notre stratégie de santé et d'assurance maladie voilà je suis désolé de ne pas donner des propositions ce soir comme vous l'avez vu comme vous l'avez vu nous ne sommes pas prêts nous n'avons rien dans notre besace les Français n'avaient pas grand chose à nous dire et nous essayons de bricoler plus sérieusement et je vous remercie à nouveau d'être là ce soir et j'assume à Strasbourg ce diagnostic long qui a été porté par des voix mais dis tu étais là la semaine dernière beaucoup d'autres étaient à tes côtés par des voix qui ne sont pas celles qu'on entend toujours ou qu'on voit toujours c'était ce que nous devions à celles et ceux qui s'étaient investis et je vous devez aujourd'hui sur un sujet aussi important que la vie quotidienne notre vie quotidienne d'essayer d'expliquer de rentrer dans l'épaisseur de nos vies d'essayer de montrer qu'au fond les caricatures les propositions d'en haut ça n'est plus la solution parce que nous ne réussirons pas on nous adaptant parce que la politique des petits pas elle est arrivée au bout de son chemin parce que les engagements de rupture auxquels ont parfois succédé les engagements de changements c'est ce qu'on entend depuis des décennies parce que nous ne réussirons qu'en changeant profondément de logique en changeant profondément de regard sur les choses en permettant aux Français de choisir leur vie c'est cela ce que nous allons faire en considérant que certains que certains que ce soit des hommes ou des femmes décideront de s'investir pleinement dans leur vie de famille parce que c'est leur choix que d'autres choisiront de miser sur le sport sur la culture que d'autres encore choisiront de monter une entreprise de s'engager corps et âme dans nos services publics qu'importe ces choix le tout c'est que les Français puissent faire leur choix c'est de laisser c'est de laisser les Français choisir c'est accepter des parcours de vie différents multiples divers libres au fond ce que nous allons proposer un autre pays ça n'est pas une société individualiste parce que notre projet ne va pas sans une vie en commun sans la vie ensemble et c'est cela dont je parlerai à Montpellier et que j'ai déjà commencé à évoquer ce soir mais c'est pour faire émerger cette société nouvelle cette société où il faudra redifier redistribuer en profondeur les rôles de chacun ce sera une société où l'État garantira un socle de manière plus rigoureuse en matière de sécurité en matière d'accès au travail à la mobilité à l'éducation aux soins parce qu'il n'y a pas de choix possible pour les français si l'État ne garantit pas ce socle ce que les temps exigent ce que nous concitoyens exigent ce n'est pas une société individualiste ce n'est pas la société égalitariste non plus c'est la société du choix de leur choix c'est cela la véritable réponse à la crainte de certains à la peur de certains autres aussinisme de celles et ceux qui veulent utiliser cette peur en parlant du déclassement parce que oui la société du choix c'est celle du choix pour chacune et chacun alors nous ne la ferons pas émerger en un an grâce à une poignée de loi ou grâce à plus de dépenses publiques nous la ferons émerger en prenant des décisions claires maintenant en les portant en les présentant en les assumant et en assumant aussi devant les Français le fait que cela prendra du temps le fait qu'ils en seront aussi les acteurs [Applaudissements] parce que ce seront ces choix qui permettront de renouer avec la confiance la confiance dans ce qui font qui agissent qui innove la confiance dans notre avenir la confiance dans notre pays car il ne veut pas subir la confiance dans nos concitoyens parce qu'ils veulent reprendre leur destin en main dès à présent et pour cela j'ai confiance en vous ce soir qui êtes là qui nous écoutait qui nous regardait pour cela vous pouvez avoir confiance en moi parce que je m'engagerai à vos côtés et jusqu'au bout pour cela pour cela j'ai confiance en vous parce que vous êtes la France merci merci à vous merci à toi