Présidentielle 2027 : "J'ai envie de me battre pour la France", affirme Raphaël Glucksmann sans annoncer de candidature
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc un député européen qui se tourne désormais vers la France, cofondateur de Place Publique. On attend vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. À la veille de la publication d'un livre, nous avons encore envie aux éditions Alary dans lequel vous déclinez votre vision de la France, votre rapport à la nation, à l'Europe. Vous esquissez les grandes lignes de votre programme, économie, immigration, éducation.
Pourtant, vous n'êtes toujours pas candidat. Vous vous donnez trois mois pour prendre une décision, vous l'avez dit hier soir. Est-ce que ça veut dire au fond et contrairement au titre de votre livre que vous n'êtes pas sûr d'en avoir envie ?
J'ai envie de me battre pour la France. J'ai envie de me battre pour que notre pays renoue avec sa grandeur, avec son destin, avec son histoire. J'ai envie de me battre pour les travailleurs qui ne peinent à boucler leur fin de mois et qui ont le sentiment d'avoir été méprisés, oubliés depuis dix ans de macronisme. J'ai envie de me battre pour que notre pays ne dépende pas du gaz et du pétrole, pour que les Françaises et les Français, quand ils vont faire le plein de leur voiture, ne soient pas dépendants des décisions de Donald Trump ou de Vladimir Poutine.
On va parler de toutes ces envies et vous l'avez déjà dit. Donc, vous avez envie d'être candidat, si vous avez envie de tout ça ?
J'ai envie de rassembler ma famille politique. J'ai envie d'utiliser ces trois mois pour convaincre la gauche démocrate et républicaine qu'elle peut gagner l'élection. Et c'est important, Benjamin Duomel, laissez-moi terminer. Qu'elle peut gagner l'élection et qu'elle le doit. Et notre responsabilité collective est immense. Car je suis convaincu, convaincu, que notre espace politique est le seul qui peut battre l'extrême droite en 2027. Parce que les Françaises et les Français ne voudront pas d'un des anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron pour la continuité de la même politique. Parce qu'ils veulent du changement avec les mêmes personnes.
Ils ne voudront pas cela. Alors, sur cet espace politique, simplement pour essayer de comprendre pourquoi vous vous donnez trois mois. Qu'est-ce qui peut se passer pendant ces trois mois ? Et qu'est-ce qui, au fond, pourrait encore, Raphaël Glussmann, vous empêcher d'être candidat ? Ce n'est pas une obsession de journaliste. C'est juste qu'à un moment donné, quand on veut porter ses idées et quand on dit précisément avoir envie de réformer la France, il faut incarner une candidature. Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat ?
Ma détermination est totale. Mais je suis convaincu que nous choisirons la bonne personne. Si je ne suis pas cette bonne personne, ce ne sera pas moi. Je suis convaincu que notre espace politique fera face à ses responsabilités. Je suis convaincu qu'au-delà de la division actuelle, nous montrerons le visage de l'unité parce que nous sommes responsables. Et que moi, j'ai une responsabilité particulière, je vais vous le dire. J'ai une responsabilité particulière parce que je suis le seul, sur cet espace politique de la gauche démocratique, à avoir fait un score à deux chiffres, à une élection nationale depuis plus de dix ans. Ces 14% de 2024 m'obligent.
J'ai réveillé un espoir chez les Françaises et les Français qui croient encore à la solidarité sociale, à la République, à la démocratie, à l'Europe. Et cet espoir-là, je ne le trahirai pas. Je consacrerai toute mon énergie et tout mon temps à réveiller cet espace politique.
Vous dites, Raphaël Luxman, à nos confrères de l'Obs, ils rapportent cette phrase de vous, je dois être président.
Ce que je pense, c'est qu'il faut arrêter de vouloir être un candidat de plus. Quand on réfléchit à la présidentielle, il faut se mettre dans la peau de l'exercice des responsabilités. Ce que je dis, c'est que nous avons besoin d'un président qui saura faire face aux crises majeures auxquelles nous sommes confrontés. L'ensemble des services de sécurité du continent européen nous alertent sur le fait qu'avant 2029, il risque d'y avoir une guerre sur le sol de l'Union européenne. Et nous ne sommes pas prêts.
Et moi, j'alerte depuis vingt ans sur le fait qu'il faut réarmer notre nation, qu'il faut réarmer l'Europe, qu'il faut affirmer notre souveraineté, à la fois face aux menaces russes et face au dumping social chinois, au dumping industriel chinois, qui ratiboise nos industries, face à Donald Trump, qui finalement joue au dé avec la sécurité des européennes et des européens.
Vous vous sentez capable d'être président de la République, Raphaël Guzman ? C'est cette question, pardon Clément.
Je me sens capable de me battre pour mon pays. Je me sens capable, mais vous savez, ce n'est pas une histoire de personne. Une présidentielle, on dit souvent que c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un peuple. C'est vrai. Mais c'est surtout, surtout, la rencontre de la France avec elle-même.
Et ce que je dis dans ce livre, ce que j'appelle mes amis de la gauche à comprendre, c'est que si nous n'avons pas un discours sur la France, si nous ne sommes pas capables de mener la bataille du patriotisme contre l'extrême droite, si nous ne sommes pas capables de montrer que nous avons, nous, plus de passion française, plus de fierté française, plus d'agenda de souveraineté pour notre pays que les patriotes de pacotille de l'extrême droite, eh bien, nous perdrons ces élections comme nous avons perdu toutes les autres. Ce que je vous dis, c'est que le combat qui s'annonce...
On va parler de vos propositions, évidemment, mais est-ce que trois mois, ce n'est pas laissé un boulevard à Jean-Luc Mélenchon qui dit, moi, ma candidature, elle est carrée, alors que la vôtre se fait désirer ?
Il a déjà commencé sa campagne et c'est plus facile quand vous êtes absolument maître d'un espace qui n'est pas démocratique. Et donc, moi, ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que, contrairement à la petite musique qu'il cherche à installer, eh bien, entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella, il n'y a pas rien. Il y a même l'essentiel. Il y a la République. Il y a des millions de Françaises et de Français qui croient encore dans la démocratie, dans l'Europe, dans la transformation écologique, dans la solidarité sociale.
Mais il est aujourd'hui, Raphaël Guzman, le mieux placé à gauche, Jean-Luc Mélenchon ?
Il est le mieux placé à gauche pour perdre au second tour dans les grandes largeurs face à Jordan Bardella. Et il faut avoir conscience, et je sais que les électrices et les électeurs de gauche, dans leur grande majorité, en ont conscience. Il faut avoir conscience qu'envoyer Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, c'est garantir le triomphe de l'extrême droite. Jean-Luc Mélenchon est aujourd'hui devenu un agent électoral de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Et nous allons proposer une alternative qui va enthousiasmer. Parce que, je vais vous le dire, cette élection, ce ne sera pas un barrage. On l'a déjà fait, trop de fois. On ne pourra pas simplement appeler à la raison.
Il faudra réveiller dans le pays une envie, un désir, un désir de gauche, un désir de transformation sociale, un désir de démocratie, un désir de France, un désir de souveraineté, un désir de rapporter des usines dans notre pays, un désir de retrouver une forme de dignité collective, un désir de retrouver du lien entre nous, un désir de réparer les solidarités qui ont été, à ce point, mises à mal ces dix dernières années.
Alors, rentrons précisément dans le vif du sujet de ce contrat patriotique que vous proposez aux Français. Ce que vous mettez en avant, ce sont des valeurs qu'on n'entendait pas beaucoup à gauche ces derniers temps. Le drapeau français, la fierté nationale, on l'a entendu, le refus de l'essentialisation, de l'assignation aux origines. Ce discours-là, il avait disparu, il a été laissé trop longtemps à d'autres forces politiques que celle de la gauche.
Ce que je veux, c'est que la gauche renoue avec son histoire. Et son histoire, c'est celle du patriotisme français. Il faut relire l'armée nouvelle de Jaurès. Il faut voir les mots qu'il a sur la patrie. Il faut comprendre que l'histoire de France a été écrite, que le récit français a été écrit pendant extrêmement longtemps par la gauche, par les républicains, par ceux qui voulaient faire de notre pays pas simplement une ethnie, une généalogie, mais une promesse. Il a été fait, ce récit français, par les révolutionnaires de la nuit du 4 août qui ont aboli les privilèges, par les révolutionnaires du 26 août qui ont fait que la France a parlé la langue de tous les hommes.
La gauche est patriote. Assumé de parler d'identité aussi, qui est un mot qui a quelque peu disparu
du discours à gauche. C'est une réflexion sur ce que ça signifie d'être français. Ce fait merveilleux d'être français et qu'on ne raconte plus à gauche depuis trop longtemps.
Vous savez, moi, quand j'étais à l'école primaire, j'ai à un moment eu un prof, un instituteur qui nous a demandé de faire notre arbre généalogique et il voulait comme ça nous initier à l'histoire, nous faire rencontrer le passé et je me suis retrouvé dans une situation puisque ma famille venait de loin et que je n'en savais rien, dans une situation compliquée parce que je n'arrivais pas à remplir la moindre case et je suis rentré chez moi le soir un peu tétanisé en disant comment se fait-il que je ne sache pas d'où viennent mes grands-parents et je me suis rendu compte que mon père à qui je posais la question ne savait pas plus que moi mais que lui ça ne l'inquiétait pas du tout et il a commencé à m'expliquer ce que c'était que de chercher ses ancêtres dans l'histoire de France et pendant des heures on a construit notre arbre généalogique avec Olympe de Gouges et Voltaire et je découvrais ses noms et je découvrais ses ancêtres
qui sont encore plus vrais que mes ancêtres biologiques c'est l'anti-Nouvelle-France de Jean-Luc Mélenchon sur le discours que vous voulez porter
entre la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon et l'ancienne France de la droite et de l'extrême droite il y a la France il y a cette promesse qui faisait vibrer des gens mais à travers le monde entier pourquoi la mère de Romain Garry dans une forêt lituménienne lui raconte l'histoire de France avec une telle passion parce que la France est une promesse une promesse républicaine et c'est cette promesse-là qu'il nous faut retrouver aujourd'hui parce que si on ne la cultive pas si on ne la raconte pas et bien elle s'effondre et c'est ce que
des élites indolentes ont fait depuis 40 ans Alors justement Raphaël Guzman vous parlez des élites et on va parler dans un instant de proposition concrète que vous faites l'autre leitmotiv de votre livre c'est ce que vous appelez un refus originel du macronisme sauf qu'il s'avère qu'une note confidentielle rédigée par votre équipe a fuité dans la presse et où il vous était au fond recommandé de vous adresser au même public qu'Emmanuel Macron c'est-à-dire négliger les jeunes les catégories populaires qui ne votent pas ou peu pour Emmanuel Macron pour vous concentrer sur les plus aisés et les plus diplômés comme cible électorale Alors vous avez répondu en disant cette note je la mets à la poubelle je vais faire l'inverse mais vous voyez bien que ce qui vous colle à la peau Raphaël Guzman c'est cette idée que vous seriez le candidat ou futur candidat des bien-nés des bien-heureux vous seriez déconnectés hors sol pourquoi est-ce que ça vous colle autant à la peau et pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à casser cette image-là Alors déjà les dirigeants politiques
reçoivent des dizaines de notes et celle-ci j'ai dénoncé ses conclusions dès l'origine Mais encore une fois
ce que ça dit de l'image que vous avez et de la stratégie qu'on vous colle à la peau
Je vois qu'on veut dire le nouveau Macron c'est partout Mais moi si j'avais cru au macronisme j'aurais rejoint le macronisme si j'ai refusé leurs avances leurs propositions depuis le début depuis avant même qu'ils prennent le pouvoir c'est parce que fondamentalement je n'ai jamais cru à cette offre politique pour deux raisons principalement La première c'est que je n'ai jamais cru au ruissellement théorisé par Emmanuel Macron je n'ai jamais cru à sa politique sociale et économique je n'ai jamais cru et j'ai toujours su que sa politique favoriserait les plus riches et qu'elle défavoriserait les plus pauvres et dix ans plus tard qu'est-ce qu'on voit et bien c'est que les pauvres sont plus pauvres et les riches plus riches dans le pays d'Emmanuel Macron et la deuxième raison c'est l'écologie j'ai tout de suite compris qu'ils n'avaient absolument rien compris à l'immense transformation écologique que nous devons opérer
Vous avez vu la calcul mais vous vous entourez Raphaël Glucksmann de personnalités qui ont travaillé de façon extrêmement proche avec Emmanuel Macron Aurélien Rousseau ancien ministre Sacha Houllier ancien député
Je vais vous répondre mais d'abord j'aimerais continuer sur l'écologie parce que vous avez vu c'est la canicule c'est la canicule au mois de mai et en plus les français aujourd'hui payent le prix des guerres de Donald Trump quand ils vont faire leur plein à la pompe pourquoi ?
Parce que pendant dix ans nous avons raté le coche Emmanuel Macron a raté le coche de la transformation écologique et que à la dernière crise gazière en 2021-2022 suite au chantage gazier de Poutine et à l'invasion de l'Ukraine et bien il a préféré dépenser 72 milliards d'euros de subventions aux énergies fossiles plutôt que d'engager cette grande transformation qui permettra à la France de se libérer de son addiction au gaz et au pétrole et de redevenir souveraine et aux français d'économiser de l'argent quand ils vont faire leur plein puisqu'ils auront accès à des voitures électriques donc moi ce que je veux faire c'est l'antithèse de ce qui a été fait depuis dix ans Et vous ne le prenez pas sur le macronisme ?
Et donc mais par contre moi je n'en peux plus de cette gauche sectaire qui dirait que parce que des gens ont fait un choix une fois et bien il faut les bannir à vie moi je pense que la seule manière qu'on aura de remporter cette élection c'est d'être ferme sur nos convictions de gauche et d'être ouvert ouvert à tous ces français à toutes ces françaises qui ont fait d'autres choix et qui aujourd'hui veulent rejoindre l'espace de la gauche démocratique et républicaine nous ne sommes pas des videurs de boîtes de nuit et il y en a marre de ce sectarisme absolu vous savez depuis que je suis engagé en politique je suis trop si trop ça pas assez si pas assez ça je m'en moque je dis ce en quoi je pense c'est dans ce livre je me livre dans ce livre comme jamais je raconte mon rapport très particulier très singulier très personnel à la France et je pense que c'est ainsi qu'on doit faire de la politique parce que le soupçon d'insincérité et ce qui mine aujourd'hui la démocratie
alors parlons un peu d'économie pour voir comprendre où vous vous situez et où est-ce que vous voulez emmener les français vous dites qu'il faut rééquilibrer la taxation entre le travail le capital la retraite et l'héritage ça consiste en quoi qu'est-ce qu'on augmente comme impôts qu'est-ce qu'on baisse comment on fait
il y a 40 ans à la fin de votre vie vous votre fortune personnelle était constituée à deux tiers parce que vous aviez gagné en travaillant et un tiers parce que vous aviez hérité aujourd'hui c'est l'inverse c'est deux tiers votre héritage et un tiers ce que vous avez gagné en travaillant nous sommes devenus nous sommes en passe de devenir une société de rentiers et d'héritiers
donc on taxe l'héritage
et ce que je veux faire c'est qu'on redevienne une société de travailleurs il faut qu'en France le travail paie plus il faut que les travailleurs soient au coeur du contrat social que leur voix soit mieux prise en compte dans leur entreprise
il faut si on parle mais quand on propose un certain nombre de choses concrètes là la question c'est il y a aujourd'hui des impôts qui donc doivent augmenter vous dites prenons un exemple très précis vous dites il faut faire contribuer davantage les retraités les plus aisés à partir de combien on est un retraité aisé
alors déjà Benjamin Niemel vous aurez noté que ce livre présente une vision que ce n'est pas le programme que le programme va venir qu'il y a 500 personnes qui en ce moment travaillent justement sur l'élaboration de mesures concrètes précises et que ce temps là n'est pas venu et que nous nous retrouvons dans trois mois c'est quoi un retraité aisé ? maintenant je vais vous répondre sur l'héritage parce que c'était la première action
donc on comprend en fait taxer l'héritage
et alléger les cotisations sociales taxer les plus hauts patrimoines pourquoi ? parce qu'aujourd'hui nous sommes dans une situation où les ultra riches et bien échappent à la taxation commune donc taxation des plus hauts patrimoines oui taxation des super profits comme ceux de Total en ce moment en pleine crise énergétique oui taxation des plus grands héritages pas des héritages modestes des plus grands héritages oui pourquoi ? parce qu'en fait il faut rétablir une forme de patriotisme dans ce pays et le patriotisme ça suppose que ceux qui ont le plus contribuent le plus à l'effort de redressant du pays et ça c'est une différence essentielle par exemple avec le macronisme dont vous parliez
et donc je repose ma question taxer les retraités aisés ça veut dire quoi ? à partir de combien on est à retraités aisés ? je ne vais pas vous donner
un seuil aujourd'hui il est évident qu'aujourd'hui les retraités les plus aisés devront contribuer et que oui aujourd'hui nous sommes dans une situation très paradoxale et donc vous savez pas encore
à combien vous fixez là-bas ?
mais je ne vais pas vous donner de chiffres aujourd'hui les actifs les actifs et en particulier les jeunes actifs sont les victimes aujourd'hui du statu quo et du contrat social et par contre effectivement pour la première fois et bien il y a plus de richesse chez les retraités et comme on a touché la question de l'héritage je vais vous le dire il y a un autre problème c'est qu'on hérite de plus en plus tard ce qui est en soi une bonne chose puisque ça veut dire que les gens vivent de plus en plus longtemps simplement on hérite souvent quand on est déjà à la retraite ce qui veut dire que les transferts de richesse ne sont plus entre les retraités entre les générations et qu'à la fin et bien il va falloir qu'il y ait un nouveau contrat intergénérationnel
Autre sujet qui là pour le coup que vous traitez dans le livre avec une position singulière c'est la question de l'immigration vous proposez la mise en place d'une convention citoyenne sur le sujet sur le modèle de ce qui a pu être fait sur le climat ou sur la fin de vie est-ce que ce n'est pas une façon au fond un peu hypocrite de mettre à distance un sujet qui clive une façon de dire ce sera une convention citoyenne qui traitera de ce qu'il faut faire sur l'immigration C'est tout le contraire de ça
tout le contraire la gauche pendant longtemps a refusé d'en parler comme s'il n'y avait aucun problème ce que ça a fait c'est que ça a nourri les fantasmes dans la société française et donc ce qu'il faut organiser au contraire c'est le débat sur la question migratoire c'est encadrer un débat pour qu'on puisse confronter les points de vue qu'on puisse avoir des experts qui viennent et qui nous exposent les différents aspects de la question migratoire qui nous exposent le fait qu'on a un immense problème avec l'exécution des OQTF mais qui nous exposent aussi le fait que quand on nous explique qu'il faut une immigration zéro et bien ça tuerait l'économie française et moi vous savez je ne sacrifierais pas l'économie française aller à la xénophobie ambiante mais c'est intéressant
que vous utilisiez le mot du fait que la gauche n'a pas voulu voir parce que moi j'ai retrouvé une phrase que vous aviez tenue à nos confrères de l'opinion au sujet de ce qui s'était passé à Cologne au nouvel an en 2016 je rappelle des agressions sexuelles collectives vous disiez ouvrez les guillemets ce n'était pas les Syriens arrivés via la politique d'Angela Merkel c'était principalement des Algériens et des Marocains qui ont agressé et violé en pleine rue comme la gauche n'a pas osé dire les choses clairement l'extrême droite s'est nourrie de ces renoncements c'était pas des Algériens en tout cas c'est la phrase qui est citée dans les colonnes de l'opinion qu'est-ce que vous vouliez dire par là ?
parce que moi je voulais comprendre l'explosion de l'AFD de l'extrême droite allemande et que je voulais aller à la racine de ce phénomène politique incroyable parce qu'en Allemagne il y avait le tabou ultime sur l'extrême droite et c'était largement lié au viol qui avait lieu à Cologne et l'extrême droite allemande a rendu responsable Angela Merkel et sa politique d'accueil des réfugiés syriens de ce qui s'était passé et ce dont on se rend compte quand on se plonge dans les archives de la police de Cologne c'est qu'en réalité ce n'était pas une question de droit d'asile ce n'était pas une question il n'y avait pas un seul Syrien sur cette place ce n'était pas une question d'accueil des réfugiés c'était oui il y avait un problème d'intégration et donc moi dans ce livre ce à quoi je réponds
entre intégration et immigration et délinquance ? C'est ce que vous faisiez ?
Ce à quoi je réponds dans ce livre c'est au risque de désintégration de notre société et si on veut justement faire baisser la tension sur la question migratoire et bien ce qu'il nous faut faire ce qu'il nous faut faire c'est relancer la machine à intégration aujourd'hui toutes les structures qui intégraient la France qui fabriquaient la France sont en crise toutes les structures collectives on a supprimé le service militaire sans jamais se poser la question de le remplacer par quelque chose et c'est pour ça que je propose un service civique universel on a laissé péricliter les organisations collectives même les colonies de vacances sont aujourd'hui en crise celles qui assuraient la mixité des enfants vous savez vous ne pouvez pas construire une société multiculturelle une société cosmopolite sans structure collective forte et c'est cela que je veux faire je veux reprendre le métier à tisser de la France je veux qu'à nouveau on fabrique de la France et la première des raisons et je veux en parler parce que c'est la source de toutes les crises la première des raisons c'est l'abandon de l'école publique ce qui se passe dans notre pays c'est qu'on a aujourd'hui des enseignants français laissez-moi finir parce que c'est vraiment quelque chose de fondamental pour moi
on a aujourd'hui
des enseignants français dans le primaire qui sont moins payés que des enseignants portugais ou slovènes on a les professeurs les plus mal payés les plus mal traités d'Europe on a 30% de nos écoles qui sont délabrées on a une école qui reproduit les inégalités sociales alors qu'avant elle les corrigait on est le combat
d'augmenter les professeurs s'il faut augmenter le salaire des professeurs
augmenter les professeurs diminuer le nombre d'élèves par classe il faut investir dans l'éducation et dans l'école c'est fondamental parce que l'école fait la France la France a été construite par l'école
très bien alors je propose qu'on donne la parole à Bernard au standard de France Inter bonjour bienvenue Bernard vous avez une question importante à poser puisque maintenant la difficulté pour vous Raphaël Glucksmann ça va être de rassembler la gauche allez-y Bernard bonjour Bernard oui bonjour monsieur Glucksmann bonjour à tous nous sommes nombreux à vouloir que ce soit nos idées de gauche qui arrivent au pouvoir des valeurs humanistes sociales, écologiques et démocratiques et à gauche du NPA jusqu'à place publique on les défend ces valeurs on dit à peu près tous la même chose alors pourquoi ne pourriez-vous pas tous vous mettre autour d'une même table parler programme et faire de nos désaccords minimes je le rappelle des solutions fécondes pourquoi ne pas constituer une équipe de gouvernement et laisser les citoyens et citoyennes désigner celui ou celle qui fera le job c'est tout simple réponse de Raphaël merci Bernard pour votre question réponse courte parce qu'on arrive vraiment à la fin
nous allons nous allons nous mettre autour d'une table nous allons discuter je vous invite le 13 juin au doc de Paris à Aubervilliers vous verrez qu'il y aura des milliers des milliers des milliers des milliers de personnes qui partagent ces valeurs humanistes et cette vision de la France et du monde mais par contre il n'y aura pas allez il n'y aura pas un seul candidat de gauche pour une raison très simple c'est qu'avec Jean-Luc Mélenchon nous avons des divergences tellement fortes des visions du monde tellement opposées que ce ne sera pas possible par contre sur le reste de l'espace politique de gauche et bien il faut qu'il y ait une seule candidature et c'est ce à quoi je vais œuvrer
sans relâche sans délai dès aujourd'hui et il nous reste quelques secondes Raphaël Luceman François Hollande il dit la même chose que vous il est sur le même espace que vous il pense à peu près la même chose que vous est-ce qu'il serait
très content vous savez pourquoi ?
parce que je pense que tout le monde doit se préparer parce que cette élection est fondamentale on joue l'avenir de notre nation je ne laisserai pas la France basculer dans le camp du poutinisme dans le camp du trumpisme dans le camp de la xénophobie et nous sommes l'alternative nous allons gagner cette élection et j'aimerais convaincre les électrices et les électeurs de gauche on n'y va pas pour être premier à gauche ça ne m'intéresse pas on ira pour gagner l'élection et transformer la France faire en sorte qu'elle soit à nouveau cette promesse de justice à celles et ceux qui ont besoin de la politique pour vivre parce qu'ils sont victimes des inégalités et c'est cela la clé de tout ma volonté est inébranlable rien ne m'empêchera d'ouvrir
merci Raphaël Glucksmann d'être venu au micro d'Inter ce matin la revue de presse
merci à vous
Raphaël Glucksmann