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interviewyoutube.com· 11 mai 2026 19 min

Budget 2026, cambriolage au Louvre, union des droites...L'interview d'Éric Zemmour en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Éric Zemmour

8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Eric Zemmour. Vous êtes le président du parti Reconquête, vous êtes l'ancien candidat à l'élection présidentielle et vous publiez « La messe n'est pas dite pour un sursaut judéo-chrétien en France ». C'est chez Fayard. On va y revenir dans un instant. Vous appelez les Français chrétiens au sursaut, à presque assumer davantage leur foi comme une identité ou comme une part de l'identité française. Mais d'abord une question sur le lourd et au fond d'ailleurs c'est peut-être pas très éloigné puisque vous dites d'ailleurs dans votre livre « L'Église a fait les rois qui ont fait la nation, qui a fait la République.

La France sans le christianisme n'est pas la France et je veux continuer à vivre en France ». Les bijoux, le Louvre, pour vous tout ça est lié ? Bien sûr. Est-ce que vous vous félicitez comme le ministre de l'Intérieur ? Il a adressé ses plus vives félicitations aux enquêteurs qui ont travaillé sans relâche. Vous vous félicitez de l'arrestation de deux des quatre casseurs. Évidemment que je m'en félicite et je remercie et je félicite les enquêteurs. Ce qui prouve que quand la police peut travailler dans des bonnes conditions, elle travaille avec efficacité. Maintenant il faut regarder au-delà de la discussion qu'on a déjà eue.

Je ne vais pas reprendre la discussion sur les responsabilités, la démission que j'avais demandé de la directrice et de la ministre du Louvre. Là maintenant on est à ceux qui sont arrêtés, aux voleurs. Et vous avez vu qu'il y en avait un qui était algérien et qui fuyait vers l'Algérie. Je ne sais pas s'il était algérien. Il était tout à fait de nationalité française. En tout cas, il tentait de fuir vers l'Algérie. La destination, c'était l'Algérie. Et l'autre, la destination, c'était le Mali. Vous avez raison de préciser d'ailleurs, parce qu'il était peut-être de nationalité française.

Mais vous savez que dans les pays du Maghreb, ils sont tous de double nationalité parce que la loi interdit de perdre sa nationalité, même quand on est de parents et de grands-parents. Donc vous avez raison, il était peut-être français et algérien ou français et malien. À ce stade, on a plusieurs informations. On sait qu'ils sont tous les deux connus des services de police, qu'ils ont une trentaine d'années, qu'ils sont originaires de Seine-Saint-Denis. Voilà. Vous savez, on m'a beaucoup moqué. Quand vous dites voilà, ça veut dire quoi ? Parce que je précise pour ceux qui nous écoutent à la radio que vous avez fait un voilà en levant les épaules. Parce que ce n'est pas étonnant.

Comme si c'était bon, ben voilà, c'est une évidence. C'est ça ce que vous dites ? Oui, oui, absolument, je le pense et je vais vous dire pourquoi. Si vous voulez, on m'a beaucoup moqué pendant la présidentielle et même à ce micro, je me souviens de vos réactions choquées quand j'ai parlé de djihad du quotidien. Vous vous souvenez ? Qu'est-ce que je voulais dire par là ? Je voulais dire par là qu'un fait divers, c'est un fait divers. Mille faits divers ne sont plus des faits divers. Il faut les analyser de façon globale.

Et moi, mon analyse, on peut en avoir d'autres, mais mon analyse, c'est que tout ça est un continuum de violences, comme disent les féministes, avec les vols, les viols, les pillages. Là, moi j'appelle ça un pillage, je n'appelle pas ça un viol. Avec évidemment les meurtres, avec le trafic de drogue. Donc tout ça étant fait par... pour la plupart du temps, la même population, je pense qu'il faut analyser tout cela à l'aune de ce qu'ils sont.

C'est-à-dire que c'est pour moi une revanche historique, un djihad du quotidien, une guerre que ces gens-là nous mènent, que ces gens-là mènent à notre civilisation, à la France, par haine des infidèles, comme ils disent, et ça nous ramène à mon livre, et aussi par revanche de la colonisation. Ils sont persuadés, on leur a appris à l'école en Algérie, que la France coloniale avait pillé l'Algérie. Donc dans la tête de beaucoup de jeunes d'origine algérienne, la délinquance n'est pas de la délinquance, c'est une revanche, et c'est une récupération, si j'ose dire. – Mais Éric Zemmour, vous ne savez rien des mandataires, des commanditaires.

On ne sait pas si ces deux hommes qui ont été arrêtés, qui certes partaient vers l'Algérie et le Mali, n'ont pas travaillé pour le compte d'un collectionneur passionné d'histoire de France. On ne sait pas à ce stade. – Eh bien nous, nous verrons bien. – Vous n'avez pas beaucoup de doutes ? – En tout cas, ils partaient en Algérie. Je n'ai pas beaucoup de doutes parce que je pense que mon analyse se confirme régulièrement. Vous avez vu encore ce week-end le procès de la jeune Algérienne qui a massacré cette pauvre Lola. Tout ça… – Pour vous, tout ça, vous créez un lien, un fil ?

– Je vous dis, je reprendrai volontiers l'expression des féministes qui parlent de continuum de violence, vous savez. Eh bien moi, je dis la même chose. C'est un continuum de violence. C'est un continuum de violence. Et alors, il y a des vols, il y a des viols, il y a des crimes, il y a des pillages. C'est ce que fait une armée d'occupation. Qu'est-ce qu'elle fait une armée d'occupation ? Elle vole, elle viole. – Donc on est occupé, la France est occupée. – Oui, je pense qu'il y a aujourd'hui une mentalité de milices d'occupation, des gens qui pillent, qui volent, qui violent. C'est exactement ce que fait une armée, voilà, quand elle occupe un pays.

– Il y a plusieurs choses dans ce que vous venez de dire, Éric Zemmour, et j'ai noté les mots de civilisation, djihad. Ça invite presque aux mots à l'inverse de croisade. C'est presque un peu cet appel-là que vous avez dans votre livre. On va y venir dans un instant. Mais je voudrais également vous interroger sur la question du budget puisque c'est aujourd'hui qu'on rentre vraiment dans le dur avec à la fois l'analyse du budget global de la France et du budget de la Sécurité sociale. Taxe Zucman sur les très hauts patrimoines, oui ou non ? – Non. – Non. Même la taxe Zucman light, comme le Parti socialiste l'appelle, c'est-à-dire une taxe sur les plus de 10 millions d'euros.

– Je vais vous dire. Notre philosophie à reconquête, et nous sommes les seuls à le penser, je vais voir après, c'est que nous sommes le pays le plus taxé du monde, donc il faut baisser les taxes, toutes les taxes. Moi, je ne pense pas qu'il y a des gens qui ne sont pas assez taxés et d'autres qui sont trop taxés. Je pense que tout le monde est trop taxé. En France, nous sommes un enfer fiscal. Et il faut baisser donc toutes les taxes massivement et il faut pour cela, évidemment, baisser les dépenses massivement. Ça, c'est la philosophie globale. Je ferai d'ailleurs une réflexion, si vous me permettez, pour dire que ce débat budgétaire est exceptionnel, dans le sens où, d'habitude…

– Il se déroule en tout cas dans des conditions exceptionnelles. – C'est ce que je veux dire. D'habitude, vous savez comment ça se passe sous la 5ème République, Bercy prévoit le budget et puis la majorité vote au canon parce que le gouvernement leur met, si besoin est, le 49-3 dans les reins. – Là, on est en gros dans l'inverse. – Voilà. Alors, il y a un inconvénient évident, c'est que c'est la foire aux taxes justement. On va en parler. Mais il y a un intérêt que je vois.

C'est que, comme le budget est l'expression de choix politiques, même idéologiques, pas seulement des chiffres, chaque parti peut affirmer et le citoyen peut voir la philosophie politique, économique, budgétaire de chaque parti. Et je suis très frappé, par exemple, de voir, évidemment, les accointances quasi permanentes entre le Rassemblement national et LFI. – Vous parlez d'accointances entre le RN et LFI ? – Écoutez. Excusez-moi. Quand on vote ensemble, ça s'appelle accointances. Je ne dis pas qu'ils sont alliés. Je dis qu'ils votent de la même façon. – À quoi faites-vous référence ? Il y a eu la question peut-être de l'amendement sur l'impôt universel ? – Exactement.

Qu'est-ce que c'est l'impôt universel ? C'est pour pouvoir « attraper » les Français qui sont, selon le discours du RN et de LFI, dans des paradis fiscaux. Mais ce n'est pas vrai. Ils ne sont pas dans des paradis fiscaux. Ils sont au Portugal ou en Italie. Ce ne sont pas des paradis fiscaux. C'est la France qui est à l'enfer fiscaux. – Éric Zemmour l'a su. Je suis très étonnée. Vous êtes contre l'impôt universel ? – Ah oui ? Dans le contexte actuel. Je vous répète. – Mais vous admirez souvent le patriotisme à l'américaine. Évidemment, vous me voyez venir. Mais c'est vrai que c'est le pays référence sur cette question d'un impôt universel.

C'est-à-dire que vous viviez où que ce soit dans le monde, si vous êtes américain, si vous avez la nationalité américaine, vous êtes lié par l'impôt à ce pays-là. N'est-ce pas le plus grand lien, l'un des plus grands liens aussi, entre un citoyen et son pays, que de payer où qu'on soit ? Pourquoi vous êtes contre ? – Alors, laissez-moi répondre. Vous savez à combien sont les prélèvements obligatoires aux États-Unis ? – Beaucoup plus faibles. – 33% du PIB. C'était d'ailleurs, ça va vous intéresser et vous amuser, le chiffre sous le général de Gaulle en France.

À l'époque, les Rolling Stones venaient, c'était Pompidou, ils venaient pour éviter la surcharge fiscale anglaise, ils venaient en France. Vous voyez, les temps ont bien changé. Aujourd'hui, nous sommes à 46% en France. Nous avons un des records du monde avec un certain nombre de pays. Donc, les pays scandinaves. Donc, aujourd'hui, oui, je suis pour la baisse générale. Mais, en plus, cette histoire d'impôt universel, on peut aller très loin. Vous savez, Jean-Philippe Tanguy, qui est le patron de la discussion budgétaire du Rassemblement national, a dit une phrase que je trouve très évocatrice et qui m'a rappelé beaucoup de choses.

Il a dit, pour défendre justement son vote, il a dit « fuir la France est immoral ». Ça m'a rappelé, vous savez, « Les dieux ont soif », ce livre sublime d'Anatole France sur la terreur. C'est une histoire. C'est une phrase qu'aurait pu dire Robespierre. Si c'est immoral, il faut carrément les guillotiner s'ils fuient la France. Mais vous, vous n'estimez pas que fuir la France, ce serait immoral ? Moi, je suis pour qu'on reste en France. Moi, je défends toujours ça. Mais je considère qu'il faut donner aux Français la possibilité de travailler.

Je suis quand même toujours surprise, Éric Zemmour, que vous gardiez le plus de flèches pour ceux dont, en réalité, idéologiquement, vous seriez quand même les plus proches. Mais, chère madame, je vais vous répondre deux fois. Sur le budget, je ne suis pas proche du Rassemblement National. Le Rassemblement National est socialiste en économie et il l'assume dans ce budget. L'année dernière, ils ont inventé onze taxes. Là, ils en ont inventé huit. Ils ont fait des progrès extraordinaires. Donc, non, nous ne sommes pas proches en économie. Nous sommes proches pour arrêter l'immigration, oui. Et encore là, moi, je considère que l'islam n'est pas compatible avec la République. Madame Le Pen, si.

Je considère qu'il y a un grand remplacement, Madame Le Pen dit non. Je suis pour la remigration des délinquants, des chômeurs de longue durée. Madame Le Pen dit que ce n'est pas républicain. Vous voyez qu'on est très différents. Et c'est tout à fait normal que j'évoque ce qu'ils font parce que nous avons, et je l'ai vu pendant la présidentielle, beaucoup d'électeurs en commun. Donc, il faut éclairer ces électeurs. Qu'ils fassent le choix. Moi, évidemment, je ne leur dis pas qu'il ne faut pas... Ils auront l'occasion de faire le choix. Au présidentiel, vous n'aurez pas de candidats communs. Mais pas du tout. Mais pourquoi on n'aura un candidat commun ?

Moi, vous savez, Monsieur Tanguy dit que pour être allié au Rassemblement National, il faut s'effacer et s'aligner. Moi, je ne m'efface pas et je ne m'aligne pas. Vous parlez avec les autres ? Est-ce que vous parlez avec Bruno Retailleau, par exemple ? Avec Laurent Wauquiez. Je connais Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez depuis longtemps. Et je discute quand ils veulent avec eux. Mais même avec Madame Le Pen, je peux discuter. Vous dites quand ils veulent. Est-ce qu'ils veulent, justement ? Vous savez, vous me lancez subrepticement sur la fameuse... la fameuse union des droites. C'est très simple. Madame Le Pen n'en veut pas. Elle l'a dit. Elle n'est pas de droite. Elle n'en veut pas.

Très bien. Monsieur Retailleau n'en veut pas non plus. Il l'a dit. Il ne veut pas d'alliance avec Reconquête ni avec le Rassemblement National. Donc les choses sont claires. Si les électeurs de droite, globalement, ou qu'ils votent, veulent une union des droites, il faut qu'ils votent pour Reconquête car nous sommes les seuls à pouvoir la faire si nous sommes en position de la faire, c'est-à-dire si nous sommes en tête, évidemment. Vous parliez à l'instant de la question de l'immigration. Vous avez peut-être entendu les propos de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur. Il dit qu'il faut qu'on reprenne le dialogue avec les Algériens.

Là-dessus, il est plutôt à l'inverse de la position de son prédécesseur Bruno Retailleau, sur les questions de sécurité et d'échange d'informations. On parle d'antiterrorisme, on parle de narcotrafic. Je veillerais à ce qu'à un moment, on reprenne langue à un niveau technique, à un niveau sécuritaire. Ça me paraît important. Et alors qu'il est interrogé sur les accords de 1968, il dit qu'à date, il y a cet accord et il fonctionne, même s'il n'est pas complètement parfait. Est-ce que c'est de la réelle politique ? Écoutez, je pense qu'au moins, avec M. Retailleau, on avait des mots qui étaient adaptés à la situation.

On n'avait pas d'action, puisque les visas donnés aux étudiants algériens ont augmenté. Il y a toujours 500 000 immigrés par an. C'est une catastrophe dans les réalités. Mais dans les mots, au moins, je vais vous dire ce qui se passe aujourd'hui. Le gouvernement algérien nous mène une guerre par l'immigration. Je vais vous dire ce qu'ils font, les dirigeants algériens. Ils affrètent des bureaux. Ils font des bus pour mettre des jeunes gens dans les bus et pour les mettre sur des embarcations, pour qu'ils aillent sur des bateaux, aller sur les côtes d'Espagne et que d'Espagne, ils aillent en France. Moi, j'appelle ça une invasion. Et en plus, organisée par l'État algérien.

C'est ça qui se passe aujourd'hui. Alors, quand on me dit qu'il faut renouer le dialogue, moi, je rigole. On ne renoue pas le dialogue avec des gens qui organisent l'invasion de notre pays. On les combat. J'ai lu votre livre, Éric Zemmour, La messe n'est pas dite. Et j'ai eu presque le sentiment qu'au fond, vous admiriez l'islam. C'est-à-dire que vous admirez chez les musulmans en France une forme de sursaut qu'ils ont eu d'identité, d'acceptation, voire même ils portent haut et fort leur religion. Et il y a, en filigrane de votre livre, un reproche aux chrétiens de France d'avoir, en quelque sorte, eux-mêmes renoncé ou, en tout cas, porté une forme d'effondrement de leur identité, leur foi.

Ils ne la portent plus en bandoulière. Est-ce que ce reproche, vous le faites, aujourd'hui aux chrétiens ? Alors, je n'admire pas spécialement l'islam parce que je pense que c'est une religion totalitaire qui nie l'individu et nie la liberté. Et moi, j'aime l'individu et la liberté. Mais vous leur reconnaissez ? Mais je leur reconnais, j'allais vous le dire, j'allais vous le dire exactement, je leur reconnais qu'ils portent haut leur identité et ce qu'ils sont, et ils ont raison. Ils ont raison chez eux. Chez nous, non, ils ont tort. Moi, je pense, vous savez, vous connaissez la phrase fameuse de Clermont-Tonnerre à la tribune de l'Assemblée nationale en 1791.

Il parle des juifs, évidemment, et il dit nous devons tout donner aux juifs en tant qu'individus, rien en tant que nation. Et il ajoute, cette phrase n'est jamais citée, si on me dit qu'ils ne veulent pas être citoyens, alors qu'on les bannisse. Qu'on les bannisse, ça veut dire la remigration. Donc, soit ils acceptent de se plier aux règles de la nation, soit ils quittent le territoire. Il y a 50 pays musulmans. Je comprends très bien qu'on veuille vivre comme un musulman. Mais dans ce cas-là, il y a 50 pays musulmans. Maintenant, je reviens à votre question qui était très intéressante sur le christianisme. Vous avez raison, c'est le cœur du livre.

Je pense effectivement que le christianisme, c'est à la fois une foi et une identité. Une foi, c'est même la seule religion qui fasse porter son dogme sur la foi. Les autres, les paganismes... Il y a la question du peuple, il y a la question des lois, il y a la question des rites. En l'occurrence, un chrétien, même s'il ne va pas à la messe, même s'il ne pratique pas, s'il a la foi, en effet, on ne peut pas lui enlever. Vous avez très bien résumé. Ce n'est même pas qu'on ne peut pas lui enlever, c'est que ça repose là-dessus. Saint Paul dit, peu importe les actions, peu importe les vertus, l'important, c'est que vous ayez la foi en Jésus-Christ. Ça, c'est une révolution.

Et c'est une révolution qui porte l'individu libre. Non, mais c'est important ce que je vous dis. Parce que du coup, l'individu a un rapport avec Dieu intériorisé. Oui, mais Éric Zemmour, vous projetez du coup chez les chrétiens, alors que vous êtes parfaitement conscient, en effet, du fait que ça repose sur la foi, presque, j'allais dire, une vision de juif. C'est-à-dire, comme si c'était un peuple, comme s'il fallait qu'ils soient les... comme s'ils étaient responsables de l'identité française. Et moi, j'ai quand même une vraie question sur le paradoxe de votre livre, Éric Zemmour, c'est que vous dites, au fond, que vous attendez des chrétiens, ce que vous refusez aux musulmans.

C'est-à-dire que vous attendez des chrétiens qu'aujourd'hui, ils revendiquent, ils manifestent leur foi, qu'ils manifestent leur appartenance à cette religion. Et c'est exactement ce que vous interdisez aux musulmans aujourd'hui en France. Mais c'est normal. Et pourquoi ? Et pourquoi les uns pourraient faire ce que les autres n'ont pas le droit de faire ? Mais je vais vous le dire. La France a été faite par le christianisme. Vous m'avez cité. Elle n'a pas été faite par l'islam. Mais est-ce que l'histoire... Le Maroc, je ne dirais pas la même chose au Maroc. Est-ce que l'histoire, Éric Zemmour, ce ne sont pas des évolutions ? Non. Ce ne sont pas des brassages ? Non.

Ah non, il faut figer à un moment ou à un autre. Vous la figez quand ? Ma chère, ma chère. Vous la figez quand ? Ma chère. Moi, vous savez, je suis comme le général de Gaulle. Le général de Gaulle disait « L'histoire de mon pays commence avec la conversion de Clovis au catholicisme. » Voilà. C'est comme ça. Donc, c'est ainsi. Donc, la France est un pays chrétien. Le général de Gaulle, toujours. La République est laïque. La France est chrétienne. Donc, c'est pour ça que j'écris ce livre. À partir du moment où elle s'islamise, elle n'est plus la France. Et vous verrez, ça va avoir des changements monstrueux dans les années. Quels changements monstrueux ?

Des changements monstrueux, c'est simplement votre fille ne pourra plus sortir sans le voile dans 20 ans. Vous ne... Déjà, aujourd'hui, les jeunes femmes dans le RER ne peuvent plus aller en minijupe. Pourquoi ? Parce qu'il y a évidemment... Pour vous, ça a un rapport avec la religion ? Mais bien sûr. Mais bien sûr. Dans la religion musulmane, les femmes doivent se couvrir. Sinon, ce sont des prostituées. Et donc, évidemment qu'elles sont agressées comme telles. Vous ne verrez jamais une femme voilée se faire agresser et violer dans le métro. Voyez-vous ? Effectivement, je le disais, à une sorte de sursaut des catholiques de France.

Pour autant, et vous-même, d'ailleurs, vous le reconnaissez, vous dites, le pape François lui-même, qui est quand même le chef de l'Église chrétienne, au contraire de ses prédécesseurs, Jean-Paul II ou Benoît XVI, avait fait du dédain de l'Europe, du déclin de l'Europe et de la complaisance pour l'immigration musulmane sa marque de fabrique. Au fond, il considère que l'Église survivra dans des siècles et des siècles, mais que son peuple de demain sera africain ou asiatique. Ça veut bien dire que les chrétiens sont là, mais qu'ils ne sont pas forcément effectivement en Europe. Comment vous vivez ça ? C'est très simple. La chrétienté a une ambivalence depuis l'origine.

Elle est à la fois une religion, c'est-à-dire qui repose sur... Vous savez, religion, ça veut dire reliée aux vivants et reliée aux morts. Donc, ça veut dire que la terre et les morts, comme disait Barès. Vous voyez, il y a quelque chose de très local. Et en même temps, catholikos, catholique... Vous citez Barès, Joseph de Maistre, c'est quand même des contre-révolutionnaires. Oui, je cite... Non, Barès n'est pas contre-révolutionnaire. Il est même républicain. Je cite Chateaubriand aussi. Je cite Marc Bloch aussi. Vous voyez, je cite Benoît Méchain. Je cite beaucoup de gens qui sont divers, d'origine politique divers, parce que moi, je lis des gens très différents et je me nourris de tout.

Vous pensez que vous serez entendu pour ce sursaut ? Je pense que oui, il y a, c'est ce que je dis à la fin du livre, toute une jeunesse qui a bien compris qu'il se pose des questions que les parents ne leur posaient pas et qu'il y a un sursaut, il y a... il y a un frémissement, je ne dis pas encore évidemment que c'est une vague, je dis c'est un frémissement. Mais ce frémissement est encourageant et je pense que la jeune génération n'est plus du tout dans les schémas culturels de notre... de ma génération. Le nombre de baptêmes d'adultes effectivement est en hausse mais il ne compense pas la baisse des baptêmes d'enfants. Éric Zemmour, président du Parti Reconquête, la messe n'est pas dite.

Merci à vous. Il est 8h48 sur RMC BFM TV.

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