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interviewC à vous (sur YouTube)· 30 septembre 2024 7 min

Bernard Tapie, la force d’y croire - C à Vous - 30/09/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Au lieu de rester comme ça à souffrir, il y a plein de fois où je suis pareil...

Si vous ne vous mettez pas un objectif qui dépasse votre simple volonté...

Vos enfants ont besoin de vous. Ca peut être vos copains. Il faut se mobiliser sur le plan de l'énergie. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, M.Griessinger Tapie.

Vous connaissez cet homme depuis que vous avez 16 ans et vous êtes devenue la compagne de son fils. Vous avez beaucoup prononcé cette phrase: "Tapie, comme Bernard". Aujourd'hui encore, vous le faites. - M.Griessinger Tapie: Non seulement je la prononce, mais on me dit toujours: "Tapie, comme Bernard?" C'est 3 ans après.

Je suis toujours étonnée. - A.-E.Lemoine: Ce livre est pour combler le vide laissé par ce qu'il représentait, une telle figure flamboyante et controversée.

Vous n'éludez pas le caractère colérique, cyclothymique, tantôt euphorique, tantôt ombrageux...

Vous avez même douté de pouvoir écrire sur lui tant vous l'avez parfois détesté. Vous comme tous ceux qui partageaient son quotidien, vous avez renoncé à lui en vouloir. - M.Griessinger Tapie: On se rend compte que tous ses défauts qu'il trimbalait partout, qui étaient tellement apparents, ça cachait un fond très humain.

En famille, c'était un père, un grand-père, un beau-père extraordinaire. - A.-E.Lemoine: Il était au courant de votre projet, entamé bien avant l'annonce de sa maladie.

Il voulait que vous racontiez comment il était revenu de tout: de la ruine, de la prison...

Cet éternel optimiste a conservé sa combativité face à son cancer, quitte à refuser l'inéluctable. L'échec n'était pas une option pour lui. - M.Griessinger Tapie: Non.

On n'avait jamais parlé de l'après, de la mort. Jusqu'au dernier jour, sa famille ne croyait pas qu'il pourrait partir un jour et être vaincu par quelque chose. - A.-E.Lemoine: Personne ne s'est préparé à son départ? - M.Griessinger Tapie: Absolument pas.

Quels que soient les aspects, ni affectivement ni administrativement, on s'est retrouvés du jour au lendemain sans lui. Vous imaginez le vide que ça peut faire quand un homme comme ça disparaît. - A.-E.Lemoine: Continuer à avancer, quoi qu'il arrive, c'est l'ADN de B.Tapie.

N'est-ce pas finalement la seule façon d'y arriver quand on part de rien? B.Tapie, parti de rien avec une revanche à prendre. - B.Tapie: Les inégalités de l'argent, ça représente quelque chose d'insupportable.

Mais je n'en étais pas malheureux. Une chose me faisait souffrir: l'autorité du médecin devant mon père, l'autorité de l'ordre établi devant mon père. Je souffrais qu'on ne prenne pas mon père en considération. - Vous avez pris votre revanche. - B.Tapie: J'ai dit que ça ne serait pas comme ça pour toutes les générations qui viennent.

J'ai fait de la musique, du sport, pour sortir un peu de la catégorie dans laquelle j'étais et j'y suis arrivé. - A.-E.Lemoine: On est en 1990.

Ce passage dit tout de lui. Il explique pourquoi beaucoup de Français continuent de voir en lui l'un des leurs. - M.Griessinger Tapie: Ce passage passe énormément sur les réseaux sociaux.

Booba l'a posté récemment. J'étais étonnée. Ca parle aussi aux nouvelles générations.

On a l'impression qu'il y a cette rage de complexe de classe, qu'il a porté toute sa vie. Indéniablement, il y avait une énergie, mais aussi une colère qui le poussait. En même temps, il pouvait être très drôle.

Il était excessif en tout. C'était vraiment quelqu'un sur qui on pouvait compter. J'ai eu pendant 30 ans un beau-père qui était là pour moi, pour tout, pour mes enfants, pour des grands-parents...

Pour mes parents quand mes parents étaient malades...

Les défauts, finalement, avaient peu d'importance. - M.Bouhafsi: Jusqu'aux dernières heures avant sa mort, il disait qu'il était un métèque de la rue.

Dans ce livre, vous partez à la rencontre des personnes qui ont eu une relation singulière avec B.Tapie. Il y a eu J.-L.Mélenchon.

Ils se sont connus dans les années 90. Ils se sont appelés plusieurs fois avant la mort de B.Tapie, qui voyait en lui l'ultime rempart contre le RN. - M.Griessinger Tapie: Il y a cette fameuse vidéo.

Il le dit à la télé. J'ai l'impression qu'il n'a pas tout à fait tort. J.-L.Mélenchon est encore un vrai rempart et une voix très forte contre la montée du RN.

Je me dis souvent que Bernard serait aujourd'hui un peu désolé de voir à quel point le RN monte. Je me rappelle que, quelques mois avant sa mort, il était déjà bien affaibli, mais il continuait à cuisiner pour lui et Dominique. Il a vu que le RN pouvait gagner les régionales.

Tout faible qu'il était, tout amaigri, il a tapé sur l'épaule de Laurent en lui disant qu'il fallait aller à la télé. - E.Tran Nguyen: En 1992, il devient ministre de la Ville.

Il vit son 1er Conseil des ministres au sein du gouvernement Bérégovoy. - Il tourne le dos aux photographes. Autour de F.Mitterrand, les visages et les regards des 41 ministres, ministres délégués et secrétaires d'Etat, se sont tous figés.

C'est le 1er Conseil des ministres du gouvernement Bérégovoy. A la sortie, B.Tapie a lâché une première impression. - E.Tran Nguyen: Vous êtes persuadée que c'est son entrée en politique qui a signé le début de sa chute.

Quelques jours avant de mourir, il s'imaginait Premier ministre? - M.Griessinger Tapie: Carrément président.

Quelques jours avant de mourir, il a dit à Laurent: "Si j'arrive à sortir des portes de l'enfer, je me présente à la présidentielle." C'est Laurent qui lui a dit: "Tu es peut-être un peu gourmand.