50 jours de grève !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
H 50 jours de grève 50 jours de grève pour les soignantes de l'épade des feuillants à Poitier. Pourquoi ? Parce que ces femmes Léa, Numani et toutes leurs collègues et bien elles font des efforts toute la journée pour donner de la tendresse, pour donner de l'affection, pour courir dans les escaliers quand l'ascenseur est en panne, pour donner des douches en 12 minutes max.
Mais avec les 1700 € qu'elles reçoivent pour ça, et bien elles arrivent pas à vivre. Elles expliquent comment, bon évidemment elles partiront pas vacances mais c'est même pas la question. Elles prennent les marques au supermarché mais euh elles se sont habituées à sauter des repas et en particulier le petit-déjeuner.
Voilà comment vivent les travailleuses du soin et du lien dans notre pays aujourd'hui. Et elles descendent à Paris, je le dis parce que c'est jamais facile de prendre un quart, de bloquer sa journée et de décider d'y aller alors que ça coûte des sous. Donc elles descendent à Paris ce jeudi et à travers elle pour moi c'est toutes les travailleuses du soin et du lien, ces millions de femmes qui tiennent le pays debout là qui vont revendiquer devant le siège de Vivaltovi.
Qu'il y a derrière Vivaltovi ? Il y a la BNP Paribas, il y a Arkia Capital, il y a la banque publique d'investissement, il y a un fond d'Abu Dhabi, des financiers qui pratiquent le la leverage by out, un mécanisme pour racheter des maisons de retraite en France, en Espagne, en Irlande, en Belgique. Et ce sont eux qui rationnent Léa Numani et leurs collègues.
Mais je veux pas oublier le politique là-dedans. Je veux pas oublier le politique parce qu'on dit vivalovi mais normalement il y a un ministère de la santé, il y a des agences régionales de santé, il y a un gouvernement et entre le fort et le faible, entre le capital et le travail, c'est le rôle du gouvernement de rétablir les plateaux de la balance. D'autant plus quand il s'agit d'argent public puisque les personnes âgées qui sont en EPAD payent en partie avec de l'argent public et d'autant plus quand il y a comme actionnaire à l'intérieur la BPI, c'est-à-dire la banque publique d'investissement.
Il y a un souci dans tout ça, c'est que quand on est à Poitier, ben on est très loin. On est très loin des centres de décision politiques, médiatique, économique. Et donc oui, il faut monter à Paris parce que c'est là que se trouve le siège de Vivalovi, parce que c'est là que se trouve le ministère de la santé parce que c'est là que se trouvent les médias nationaux et j'espère que les journalistes seront au rendez-vous pour rendre compte de ce combat là qui est pour moi un symbole, qui est pour moi un symbole de la France d'aujourd'hui, un symbole de ces millions de femmes travailleuses du lien et du soin à qui Emmanuel Macron avait promis reconnaissance et rémunération et qui n'ont rien revu venir derrière.
Et j'invite les militants mais même les gens des beaux quartiers ou d'ailleurs puisque ça se déroule dans le 16e Avenue Victor Hugo au pied des Champs-Élysées à venir accompagner les soignantes de l'PPAD les feuillants de Poitier ce jeudi après-midi. Yeah.
François Ruffin