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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 2 septembre 2021 4 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprises

Réorienter tous les moyens vers les savoirs fondamentaux

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10François-Xavier BellamyFait
    « On n'aura jamais une économie prospère si nos élèves ne connaissent pas les enseignements fondamentaux, aujourd'hui, en sortant d'école. »
  • 0:25François-Xavier BellamyFait
    « On ne reconstruira jamais une société de civilité si on ne transmet pas une culture commune. »
  • 0:45François-Xavier BellamyChiffre
    « aujourd'hui l'Éducation nationale c'est un million de fonctionnaires, et vous en avez 200.000 qui ne sont pas devant des élèves. »
  • 0:55François-Xavier BellamyChiffre
    « au regard de l'OCDE nos enseignants sont sous payés »
  • 1:50François-Xavier BellamyPromesse
    « il faut réformer l'évaluation des professeurs »
  • 3:00François-Xavier BellamyFait
    « aujourd'hui, nous connaissons ce bilan et que ce bilan montre que rien n'a été réellement reconstruit »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- Je n'ai pas de baguette magique, mais je sais qu'il faut tout changer. Il faut tout reconstruire. Il faut tout refonder.

Et ça n'est pas seulement moi qui vous parle de cette question ; ça devrait être la grande cause nationale pour tout notre pays. Parce que demain, on n'aura jamais une économie prospère si nos élèves ne connaissent pas les enseignements fondamentaux, aujourd'hui, en sortant d'école. On ne reconstruira jamais une société de civilité si on ne transmet pas une culture commune.

Concrètement : remettre les savoirs au cœur de l'école, il y a aussi les enseignants et leurs missions : vous proposez d'augmenter les salaires de 20% en moyenne, Jean-Michel Blanquer souhaite que chaque professeur débute sa carrière avec un salaire de 2000 euros net par mois ; ça va dans le bon sens ? J'ai l'impressions que vous dites la même chose. - Et là encore, au fond, on a attendu d'ailleurs la fin du quinquennat pour que Jean-Michel Blanquer fasse des évolutions sur ce sujet, et elles sont trop timides.

Et on ne parviendra à donner aux enseignants une rémunération qui soit convenable, parce qu'aujourd'hui elle ne l'est pas - au regard de l'OCDE nos enseignants sont sous payés, on n'y parviendra que si on fait un choix très courageux qui consiste à tailler dans la structure administrative de l'Éducation nationale. Aujourd'hui l'Éducation nationale c'est un million de fonctionnaires, et vous en avez 200.000 qui ne sont pas devant des élèves.

L'école est malade de tous les malheurs français. Il faut absolument mettre fin à cette suradministration. Comment vous faites ? - Et bien ça suppose justement de déconcentrer l'organisation de l'Éducation nationale, de réduire le nombre de personnels administratifs qui ne sont pas devant des élèves et de faire en sorte encore une fois qu'on concentre tout sur l'action de terrain.

Il ne faut pas tailler dans les effectifs enseignants, il faut au contraire soutenir les enseignants, leur faire confiance, leur donner les moyens de leur mission, les rémunérer comme ils doivent l'être, et pour cela, on ne fera pas l'économie de cette réforme de structure courageuse. C'est comme à l'hôpital, c'est comme dans l'agriculture. Est-ce que vous augmentez les enseignants en les faisant travailler plus ?

Parce que c'est tabou de s'attaquer aujourd'hui au temps de travail des enseignants. Est-ce que vous le ferez ? Je pense qu'il faut réformer l'évaluation des professeurs.

Non, non, non, je ne pense pas qu'il faille augmenter leur temps de travail aujourd'hui ; il faut réformer l'évaluation des professeurs. Aujourd'hui, quand vous êtes un professeur qui s'engage à fond dans son travail, qui prend le temps d'un suivi pédagogique actif et renforcé, vous n'êtes pas forcément récompensé pour cela, pas plus qu'un professeur qui lui pour le coup serait bien plus distant, bien plus absent. Et c'est ça le problème en fait.

Évidemment que les enseignants besoin de reconnaissance, et ceux qui s'engagent le plus ont besoin de cette reconnaissance en particulier pour être stimulés. Moi je fais des propositions pour qu'on adapte l'évaluation des professeurs, comme ça s'est fait par exemple dans les systèmes scolaires qui fonctionnent le mieux aujourd'hui, je pense au Royaume-Uni par exemple. Vous voulez faire une individualisation en tous les cas de la rémunération ? - En passant évidemment par la prise en compte de la situation pédagogique dont ils partent, il faut arrêter par exemple d'envoyer les jeunes profs dans les cas dans les quartiers les plus difficiles ; ça a été mon cas, c'est le cas de beaucoup de jeunes collègues qui commencent leur carrière dans les endroits où c'est le plus compliqué.

Il faut leur permettre d'avoir fait une première expérience avant de se confronter aux situations les plus difficiles. Il faut leur permettre aussi, quand ils sont dans ces situations les plus difficiles, d'être mieux soutenus, d'être mieux accompagnés, et d'être mieux rémunérés aussi, et pour ça de renforcer l'attractivité du métier. Aujourd'hui vous avez des dizaines de professeurs, aujourd'hui, Sonia Mabrouk, en cette rentrée, des dizaines de professeurs qui ne reprendront pas le chemin de l'école, beaucoup qui démissionnent, qui quittent le métier, alors qu'ils sont fonctionnaires, alors qu'ils ont passé des concours très exigeants pour cela, ils ne continueront pas à enseigner parce qu'ils sont écœurés, parce qu'ils sont fatigués, parce qu'ils sont fragilisés.

C'est le signe d'un malaise profond, et on ne peut pas ne pas réagir. Et je veux bien que Jean-Michel Blanquer rait dit des choses depuis le début du quinquennat. La vérité c'est qu'aujourd'hui, il est lui aussi dans le déni de réalité.

Quand il dit que les enquêtes internationales se font sur les chiffres trop anciens pour que ce soit l'évaluation de son propre bilan, il ment. Parce que la vérité c'est qu'aujourd'hui nous connaissons ce bilan et que ce bilan montre que rien n'a été réellement reconstruit.