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speechyoutube.com· 11 mai 2026 7 min

Débrief du discours de politique générale de Gabriel Attal - Par MC Garin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Alors oui, j'assume de le dire, il faut désmicardiser la France.

0:04
Gabriel Attal

Alors, méga scoop, on a un Premier ministre qui nous parle de désmicardisation de la France. Évidemment, quand on voit le prix de l'électricité, le prix des pâtes, vous le voyez très bien quand vous faites vos courses, évidemment qu'il faut à minima indexer les salaires sur l'inflation. Finalement, augmenter les salaires, on est tous d'accord. Mais c'est là que ça se complique.

0:21
Présentateur

Dans le même temps, nous devons continuer à baisser les charges qui pèsent sur la classe moyenne. Après la suppression de la taxe d'habitation, de la redevance télé, la baisse de 5 milliards d'euros des premières tranches de l'impôt sur le revenu, nous tiendrons l'engagement du président de la République d'une nouvelle baisse d'impôt de 2 milliards d'euros. Cette baisse d'impôt sera financée et la solidarité nationale devra s'exercer pour nos classes moyennes.

0:43
Gabriel Attal

Le Premier ministre, il nous parle de baisser les charges. Mais les charges, c'est quoi ? C'est les cotisations sociales. Et qu'est-ce qu'on paye avec les cotisations sociales ? Eh bien, par exemple, on finance nos retraites. Plutôt que de faire bosser les gens plus longtemps, simplement, on continue à cotiser tous et toutes puisqu'on a un système collectif. Bon, après les charges, il y a un autre truc qui ne va pas du tout, c'est de parler de baisser les impôts. Parce qu'en fait, pour baisser les impôts, on va baisser quoi ? On ne va pas aller baisser les aides aux entreprises, par exemple. On ne va pas aller chercher comme ça, fouiner dans la fraude fiscale.

Ce qui risque d'en pas tirer en premier lieu, ça va être quoi ? Ça va être l'école publique et ça va être l'hôpital. Et ça, nous, on est absolument contre. On a un service public qui est déjà à genoux. Et là, en plus, on se dit, bah vas-y, on va baisser les impôts, on aura encore moins d'argent à mettre dans nos services publics. Bah non, ça n'existe pas.

1:26
Présentateur

Que j'ai décidé de verser aux infirmières scolaires en mai prochain une prime exceptionnelle de 800 euros et de revaloriser leur salaire de 200 euros net par mois à compter de cette date.

1:36
Gabriel Attal

Alors, c'est cool, hein ? Augmenter de 200 euros tout le monde, déjà, les infirmières, c'est bien, mais il y a toutes les autres professions autour. Mais augmenter tout le monde, quand on a déjà vraiment mis à genoux l'hôpital public, c'est un peu comme vous cassez les deux jambes et dire, bah tiens, je te file des béquilles, ça va bien se passer. Je pense que vous avez tous et toutes vu passer vraiment les images de nos urgences qui sont dans un état déplorable. Aujourd'hui, on a un enfant tous les mois qui meurt, faute de moyens, dans l'hôpital public. Et c'est pas moi qui le dis, c'est le chef du service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Necker.

2:05
Présentateur

Aussi, le congé parental sera transformé en congé de naissance de 6 mois, mieux rémunéré, que les parents pourront se répartir entre eux.

2:13
Gabriel Attal

Et bien là, grande dinguerie. On a le Premier ministre qui nous vend du rêve avec une réforme du congé parental. En fait, c'est une vaste fumisterie. Pourquoi ? Parce qu'on passe d'un congé parental qui pouvait aller jusqu'à 3 ans et qui aujourd'hui est réduit à 6 mois maximum à répartir entre les deux parents. C'est même pas 6 mois pour un parent et 6 mois pour l'autre parent, c'est à répartir entre les deux parents. Pourquoi est-ce que ça va pas ? Et pourquoi est-ce qu'ils font ça ? Bah tout simplement, pour se faire des économies sur le dos des parents et de leurs gamins. Parce qu'un congé parental, aujourd'hui, il est rémunéré 429 euros par mois.

Alors on fait le calcul, 429 euros sur 3 ans, ça fait à peu près 15 000 euros. Si vous doublez ce 429, donc vous faites un congé parental à à peu près 800 euros, ça sur 6 mois, ça fait quoi ? Et bah ça fait à peine 5 000 euros. Donc c'est QFD, le gouvernement, se fait des économies sur le dos des tout-petits. Point intéressant, dans les 13,7% des femmes qui utilisent le congé parental, et bah l'immense majorité d'entre elles, elles l'utilisent parce qu'elles ont pas d'autres moyens de garde.

Et donc, ça nous amène à un point très intéressant qui est, plutôt que de nous harceler avec le réarmement démographique et nous demander de faire plus d'enfants, bah la première chose à faire, ce serait plutôt d'augmenter les places de crèche et les modes de garde, d'améliorer l'égalité femmes-hommes au travail et de nous permettre de tout simplement pouvoir y rentrer sereinement sur le marché du travail sans avoir à se... à devoir choisir entre parentalité et vie professionnelle.

3:27
Présentateur

Mesdames et Messieurs les députés, beaucoup d'entre vous me l'ont dit, s'il est un secteur qu'il faut déverrouiller, c'est bien le logement.

3:35
Gabriel Attal

C'est pour ça que du coup, on est le championne ministre.

3:37
Présentateur

En lien avec les élus locaux, nous répondrons à cette crise du logement en créant un choc d'offres avec cinq solutions immédiates proposées. D'abord, nous allons simplifier massivement les normes, revoir les DPE, simplifier l'accès à ma prime rénov', faciliter la densification, lever les contraintes sur le zonage, accélérer les procédures.

3:57
Gabriel Attal

Alors déjà, là, les trois derniers points, il n'y a rien qui va en termes de lien à l'environnement, à la biodiversité. C'est catastrophique, en fait, de se dire qu'on va faire péter les normes alors qu'en vrai, il y a un vrai sujet sur comment est-ce qu'on construit du logement sans abîmer plus la planète.

4:09
Présentateur

Ensuite, nous désignerons dans deux semaines 20 territoires engagés pour le logement où nous accélérerons toutes les procédures comme nous avons su le faire pour les Jeux olympiques et paralympiques avec pour objectif d'y créer 30 000 nouveaux logements.

4:22
Gabriel Attal

C'est aussi comme ça qu'ils ont viré des étudiants de leur logement, très exemplaire comme politique.

4:27
Présentateur

Nous n'hésiterons pas à procéder à des réquisitions pour des bâtiments vides, notamment des bâtiments de bureaux. Nous l'avons déjà fait et nous continuerons à le faire.

4:35
Gabriel Attal

Alors c'est super, nous, ça fait des mois qu'on le demande. Donc vraiment, n'hésitez pas, il faut y aller sur la réquisition puisqu'il y a encore des gosses qui dorment dehors dans ce pays et des gens qui meurent de froid.

4:44
Présentateur

Et nous allons aussi contribuer à faire évoluer le monde du logement social. Le faire évoluer pour inciter les élus à développer de nouveaux programmes. Aussi, je vous annonce que nous allons donner au maire la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux construits sur leur commune. C'était une mesure attendue par les élus locaux.

5:04
Gabriel Attal

Là, c'est hyper grave ce qui se passe. Si c'était une compétence de l'État, ce n'est pas pour rien. Et c'est à l'État de gérer l'attribution des logements sociaux. Ce n'est pas au maire. Parce que typiquement, ça va vouloir dire tout à chacun des habitants, comme ça, ils vont pouvoir aller voir leur maire. Et en fait, en fonction de s'ils ont des affinités, s'ils s'entendent bien, etc., peut-être qu'ils obtiendront un logement social. Et en fait, aujourd'hui, on est préservés de ça. Parce qu'il y a une espèce de séparation. On ne vote pas pour la préfecture au niveau local. On vote pour nos élus. Donc c'est très bien qu'il y ait une séparation entre les deux.

Et on est un certain nombre à penser que ça doit continuer à être comme ça.

5:33
Présentateur

Nous allons aussi engager un chantier, une réflexion pour faire évoluer le logement social pour qu'il réponde davantage aux classes moyennes. Vous le savez, d'ici 2025, toutes les communes soumises à la loi SRU doivent posséder au moins un quart de logements sociaux sur leur territoire. Nous proposerons et nous mettrons en débat d'ajouter pour une part les logements intermédiaires accessibles à la classe moyenne dans ce calcul des 25%.

5:57
Gabriel Attal

Là, en fait, on a un Premier ministre qui détricote complètement la loi SRU. Normalement, c'est l'obligation, du coup, pour les communes de produire 25% sur tout ce qu'elles construisent en gros sur leur territoire. Il y a 25%, ça doit être du logement social. Et là, en voulant ouvrir, finalement, au logement pour les classes moyennes, ça tue l'objectif des 25% de la loi SRU parce que ça veut dire que les familles les plus précaires, celles qui ont le moins accès au parc du logement, elles seront encore moins prioritaires puisque dans cette poche de 25%, il va y avoir toute la classe moyenne qui va pouvoir s'engouffrer.

Et plutôt que de se dire qu'on s'attaque au problème de la marchandisation du logement pour que les classes moyennes puissent acheter, avoir un logement, une propriété à elles au-delà du logement social, et bien là, finalement, ils font l'inverse, ils mélangent tout ensemble et en fait, ils ont perdu toute ambition. Ah ! J'ai un petit sourire suffisant !

6:45
Locuteur

C'est bon.

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