Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLEGEND· 21 mai 2025 128 min

CORNEILLE: SA FAMILLE SE FAIT FUSILLER DEVANT LUI, IL SURVIT AU GÉN0CIDE ET PARDONNE LES ASSASSINS !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Moi je connais tes morceaux comme tout le monde, tous tes titres et cetera. Tu as vendu 1 million je crois, ça Ouais. Du premier album.

Ouais. Donc tu as tout ce qui va avec, la notoriété. La notoriété, l'attention.

C'est quoi le premier événement violent auquel tu assistes ? Elle me dit euh "Vas-y, rejoins les autres." et les autres, c'était toute ma famille et les deux domestiques.

Tout le monde était assis dans le salon et il se met à tirer. Je j'ai conscience que tout le monde est mort sauf moi. Et tu vas marcher donc du pendant 3 mois, il y a un premier checkpoint où là je me fais arrêter et le mec me regarde, il me dit "Non, j'en ai trop tué aujourd'hui.

Toute façon devant mes collègues, ils vont sont chargés, c'est sûr." Bonjour tout le monde et bienvenue sur légende. Aujourd'hui, notre invité c'est Corney le chanteur qui avait fait parce qu'on vient de loin d'ailleurs.

C'était le nom de son album aussi qui avait cartonné à l'époque et qui a une histoire absolument incroyable qui a fui le Rwanda lorsque toute sa famille s'est faite assassiner. Il va nous raconter son parcours, comment il a réussi à s'enfuir en 3 mois de de son pays d'origine, comment il a vécu son exode jusqu'à l'Allemagne après le Canada où il habite toujours. Il est venu nous raconter son histoire.

Merci en tout cas d'être de plus en plus nombreux. Prenez quelques secondes pour vous abonner sur notre chaîne YouTube si vous voulez bien avant de commencer l'émission. N'hésitez pas à la commenter, à la liker puis à mettre la petite cloche comme ça vous êtes au courant des prochaines sorties.

On vous met trois émissions ou documentaires toutes les semaines sur les gens le mercredi, le vendredi et le dimanche. Et si vous voulez nous écouter sur la route aussi, vous pouvez nous écouter en podcast audio, Spotify, Apple Podcast ou Amazon Podcast. On met donc l'audio des émissions pour pouvoir nous écouter quand vous faites.

Je sais pas si vous faites du sport, vous pouvez en faisant du running, vous pouvez nous écouter. Si vous êtes sur la route, vous pouvez nous écouter aussi. En tout cas, merci d'être de plus en plus nombreux et c'est parti avec Corneille sur les gendes.

On y va. Salut les familles, c'est Corneille sur les gendes. [Musique] Et ben voilà, bienvenue.

Je prends le clap, c'est plaisir de t'avoir. Très content d'être là. Très content d'être là.

On s'était déjà croisé il y a très longtemps. Ouais, il y a très longtemps. Je je pense qu'à l'époque tu faisais de la radio encore.

Oui. Et euh je suis toujours touché de de retrouver des gens qui euh qui me rappellent que je fais ça depuis longtemps et de voir qu'il sont encore là et qu'ils ont encore le pêche puis qui qui sont qui sont heureux de de vivre parce que c'est un métier qui qui casse. Moi à chaque fois que je vois quelqu'un et que je dis "Ah ouais, on s'est vu" et que la personne se porte bien, qu'elle a le sourire, je suis comme "Ah, OK, c'est bien, on est ensemble.

Tu tu l'as tu l'as mal vécu la fin. Tu vas nous raconter tu as une vie très mouvementée. Je savais pas que tu avais une vie aussi difficile.

Moi je connais tes morceaux comme tout le monde, tous tes titres et cetera, on les jou en radio beaucoup. Mais je savais pas que tu avais une vie aussi dure à l'époque au Rwanda. Tu ébité, on va en reparler mais au Canada, en Allemagne, enfin Allemagne, Rwanda, puis après Canada, France un petit peu d'ailleurs.

Très peu en France finalement. Tu habites au Canada ou ? au Canada depuis presque 30 ans et beaucoup de gens pensent que je suis non seulement que j'habite en France mais que je suis français.

Moi quand je retourne au Canada la les hôesses de l'air me disent "Ah vous allez en vacances ?" Non non, je rentre à la maison. Et mais c'est peut-être parce que j'ai pas trop pris l'accent ou mais non, j'ai jamais vécu en France en fait.

Je j'ai eu des pieds à terre, je venais pour le boulot, je retournais au Canada au Québec parce que c'est pas pareil. Tu as arrêté ce métier en quelle année toi ? Je sais que tu as volontairement arrêté.

On en reparlera. On va refaire ta vie. On va reparler du parcours complet mais à peu près pour resituer en année.

Euh al moi c'est c'est c'est marrant parce que j'ai le désir d'arrêter ce métier depuis beaucoup plus longtemps que le genre que les gens le savent ou le pensent. Je pense qu'après dès mon deuxème album, je me suis dit euh je vais pas y faire ma vie. Ouais.

Je pense pas que moi je me suis toujours dit à 50 piges, ça y est c'est fini. C'est l'âge que tu as quasiment dans 2 ans. Là, c'est c'est l'âge que j'ai dans dans 2 ans.

Euh donc, j'ai à peu près 2 ans pour faire euh ce qui me reste à faire. Et j'ai tout de suite senti le passage du "Je fais la musique, je kiffe" à Ah mince, non, c'est un boulot en fait. Donc là, ça a été la grande désillusion parce que ça ça tu as vendu 1 million je crois, c'est ça.

Ouais. du premier album. Ouais.

Et euh donc tu as tout ce qui va avec, la notoriété, la notoriété, l'attention euh euh pas vraiment mérité hein d'ailleurs parce que tout d'un coup tout le monde t'élève à un rang euh ù tu dis bah je en fait à la base j'étais juste un mec, je écris des chansons. OK, d'accord. Je d'ailleurs je savais pas trop ce que je faisais.

Moi, j'étais dans une espèce de de thérapie puis dans l'expression de de moi à travers un truc qui me faisait vraiment kiffer, qui me fait toujours kiffer, qui est je suis en studio, j'ai une j'ai une idée ce matin, j'arrive en studio et j' ça se matérialise en quelque chose de concret, d'audible que les gens peuvent écouter. Moi-même, je peux l'écouter avec l'inget de son, avec mon équipe et me dire "Ouais, c'est bon. Euh euh et euh un mois plus tard, tu es devant 50 100 personnes qui kiffe avec toi.

Il se passe "Vous êtes en osmo." C'est un truc un petit peu euh presque mystique en fait qui qui se passe. Tu y prends goût, tu dis "Ah ouais, c'est voilà, j'ai osé parler de moi, j'ai en face des gens qui qui chantent seul au monde." Donc ils ont ils sont seuls eux aussi.

Donc on n'est plus vraiment seul. Je ne suis plus seul. Il y a il y a un truc absolument incroyable qui se passe quand quand on fait ce genre de rencontre grâce à l'art.

Le problème c'est qu'à un moment donné tu te rends compte que sans t'en rendre compte, tu t'es figé dans un personnage parce que à partir du moment où les gens te te disent on t'aime, ils t'aiment comme ils te découvrent. Il y a quelque chose de Je suis un produit. Je suis un produit et moi j'arrivais plus à l'être.

Tu as sorti un livre là chez chez XO édition. Xo édition la mélodie du pardon. Euh voilà, c'est c'est donc je vous le mets à l'image, je vous mettrai le lien si vous voulez commander directement dans la description YouTube ou sur le podcast si vous voulez si vous nous écoutez sur Spotify, dieser Apple Podcast ou Amazon Podcast, vous pouvez cliquer pareil dans la description, il y aura le lien pour le pour le commander.

Tu parles à ton papa dans dans ce liv qui est décédé au Rwanda en 94 avec ta famille qui a été assassinée. Tu vas nous raconter ton parcours, mais tu tu parles avec lui ou euh et tu parles de pardon. Tu parles de quoi exactement ?

Euh je parle de pardon. Et a deux choses. Je pense que la première chose, c'est que j'ai euh j'essayé de trouver une façon de de le ressusciter parce que quand je suis devenu papa euh le réflexe normal de tout papa toi tu es papa.

Euh je ne sais pas si ton papa est en vie. Euh je sais pas si ça t'a fait toi mais instinctivement tu as envie de prendre le téléphone et dire papa qu'est-ce que je fais maintenant ? Parce que il y a pas de livre d'instruction, il y a pas il y a aucune formation pas formation.

C'est le métier le plus dur au monde et c'est le métier pour l'école, on nous apprend rien et la seule école qu'on a, c'est notre papa à nous. Alors pour les pour ceux qui ont de la chance, papa a fait un boulot plus ou moins respectable. Il y a pour y a pour certaines personnes, papa n'a pas été là carrément ou il a été là à moitié.

Mais quand même, sachant les histoires de gens qui ont grandi son papa, sachant tout ce que le le manque d'un père peut avoir comme incident sur sur le développement de de d'un être humain, c'est quand même le premier réflexe. C'est quand même avoir l'instinct de avoir envie de d'appeler papa et lui demander comment on fait, comment tu as fait toi ? Et moi, j'avais pas papa pour lui demander comment tu as fait.

Et donc j'ai usé de mon imagination. Je me suis dit, "Ben, je l'ai connu jusqu'à l'âge de 17 ans. Euh, il est parti bien avant que je m'imagine même qu'un jour je serai père." Donc, j'avais pas eu le temps de développer ce ce lien là avec lui.

Euh, j'avais pas un lien d'enfant euh d'adulte à adulte. J'étais encore un gamin où tu pouvais lui poser des questions. Je pouvais lui poser des questions.

En plus, moi je daron africain donc j'ai grandi au Rand. On avait pas ce genre de rapport avec son père. Euh, quoi ?

C'est plus dur. Euh mon père, mon père était quand même soft comme papa comme papa randais. Il m'a permis de faire de la musique.

On avait euh on avait des conversations sur plein de choses, mais c'était quand même la figure d'autorité suprême à la maison. C'est pas quelqu'un à qui je disais comme mon fils me le dit des fois quand je lui demande d'aller faire sa chambre, il me dit "Mais là, j'ai pas le temps là. Attends, j'ai un pote qui m' j'ai un pote qui m'attend.

Faut que j' jamais jamais de la vie. Jamais. J'ai C'était la fessée tout de suite ou euh Alors c'est mon père ne m'a jamais donné de fessé.

Il avait un regard. Céit un regard qui Ah ouais, ça suffisait. Ça suffisait.

C'était pense même pas une seconde que tu vas me remettre en question ce que je suis en train de te dire et ça marchait. Et moi j'ai pas ce regard là avec mon fils. Ça marche pas.

C'est c'est une autre génération. C'est c'est un autre contexte culturel. Et donc voilà.

Donc je me suis, c'était pour amener mon père en vie, le premier livre que j'ai écrit qui était mon autobiographie qui est sorti en en 2016. J'avais usé la même la même astuce pour pour lui parler, pour lui dire "Bon papa, comment on fait ?" Et pour ce livre, la mélodie du pardon, je lui parle un peu moi de mon rôle de papa.

Je lui demande surtout comment on fait nous comme société, comme comme espèce humaine. Parce que je remarque des petites choses qui me rappellent ce qui s'est passé. au Rwanda avant le précipice, avant la grande tragédie, avant la le génocide des Tutsi Oranda, des choses qui sont euh discrètes des des silences, des euh des mots qui sont utilisés pour désigner certains groupes, mais en humour, tu vois, on rigole un petit peu mais mais quand même les trois points de suspension sont quand même un peu on est d'accord, on veut pas deux en fait ici où ils sont quand même ils Ils ont un comportement.

Voilà, c'est c'est pas nos valeurs. C'est des des des choses qui se disent comme ça. Puis là, ne le répète pas, ne dis pas qu'on que je te l'ai dit.

Mais entre nous, tu penses pas que tu entendis ça à la maison, tu veux dire ? Bah à la maison avec dans le monde des adultes en général, quand tu es dans un taxi, dans un autobus, deux adultes qui se parlent, toi tu es gamin, tu sentais déjà que des trucs. Oui, mais moi je l'interprétais pas comme ça.

C'est aujourd'hui avec du recul quand je sais comment ça abouti, comment ça a fini. Je me je me suis dit c'est c'est ça les prémisses de d'une haine qui passe du verbal à l'action. Et je toutes les choses que j'ai lu sur euh sur l'Allemagne des années 30 par exemple me confirme que c'est comme ça que ça commence.

Ça commence avec des choses très légères qui se dit sur un plateau de télé, à la radio et on se rend pas compte comment ça s'imisse dans nos psychés et que le jour il y a un un événement un événement là c'était le cas. On va parler le cas. Ah bah ça pète et là tout le monde s'étonne et j'ai pas envie que j'avais pas envie que que ça se passe dans dans les dans l'espace qui m'a servi de refuge depuis depuis 1994.

Euh ça a été l'Allemagne un petit peu mais aujourd'hui depuis presque 30 ans, c'est le Québec. 24 mars 77, tu es à Fribourg. Tu tu nais en Allemagneou tu n là-bas avec tes parents.

Donc ils sont tous les deux d'origine randaise, ils sont venus habiter en Allemagne mais qui sont encore étudiants. Ils t assez jeunes. Ouais, ils m'ont assez jeunes.

Ils font leurs études en Allemagne. Et euh je suis dans Tu as quel âge ? Euh alors euh mon père avait 20 25 20 euh et ma mère 25.

Et alors pourquoi ils sont partis en Allemagne ? Il y avait une raison, ils étaient euh euh c'est un c'est un c'est un choix de partir en Allemagne pour faire les études. Ouais.

Pour faire les études, c'est c'était un petit peu le schéma classique de des étudiants qui étaient assez brillants pour avoir une bourse d'étude. Euh c'était vraiment le schéma classique. On allait faire ses études dans un pays en Europe.

Alors c'est marrant parce qu'il y avait une hiérarchie. Je me rappelle mes parents parlaient de il y avait ceux qui avaient euh ceux qui s'en sortaient le mieux, c'est ceux qui allaient en France, en Allemagne, certains en Belgique et ceux qui allaient euh en Occident, mais c'était un Occident un peu tu vois euh B, c'est ceux qui allaient en URSS. C'est très marrant parce que j'entendais les adultes se chambrer entre eux en disant "Ouais, mais tu es allé en US, plus tu avais des bonnes notes, puis tu partais." Ouais.

Exactement. Exactement. Donc mes parents, ils sont allés en Allemagne, ça c'était le top, et ils sont allés faire leurs études avec le projet de toujours revenir au Randa après les études.

Tu connais pas le Rwanda jusqu'à 6 ans ? Jusque jus en Allemagne. Allemagne.

Moi je dans ma tête, je suis allemand. Tu parles allemand ? Je parle allemand.

Moi je je parle allemand. Je je vais à l'école. Je suis à l'école avec des potes qui sont allemands, beaucoup de turcs et de kurdes parce qu'il y a une grande immigration turc et kurd en Allemagne cette époque là.

Euh oui, mais mon allemand est rouillé. Mais si je vais en Allemagne une semaine ça ça Ouais ouais je comprends. Je peux regarder une série Netflix en allemand puis ça passe.

Ouais. Oua OK. OK.

Donc tu vas on a et tu retournes pour la première fois au Rwanda donc à l'âge de 6 ans et pour habiter directement. Tes parents disent les études c'est fini on retourne habiter au pays. Ouais ouais.

Mon père il me disait ben on retourne à la maison. Je disais à la maison comment à la maison ? Moi je c'est ici la maison.

Ah donc tu découvres ton pays. Ah je découvre mon pays. Mon père le pays dont mon père m'a toujours parlé qu'en mettant chez nous.

Voilà, parce que c'est grand 6 ans quand même. Tu as déjà des repères en Allemagne. J'ai des repères.

J'ai des repères et c'est Ouais, j'ai des repères. Ça a été un dépaysement, ça a été euh une déchirure. Ouais, évidemment.

Ouais. Et donc, tu arrives au Randa, qu'est-ce qui te marque ? J'arrive au Rand.

Déjà, on reste pas dans la capitale parce que mes parents avaient besoin de temps pour trouver un boulot, avoir avoir la maison et tout ça. Donc en attendant que tout ça se passe, on est allé dans le village de de mon père, dans le village des grands-parents de de de ma grand-mère paternelle dans le sud du pays. Et on y est resté ce qui m'a semblé un an de temps, mais je pense que c'était peut-être une semaine, pas plus.

Euh et et là, grand choc culturel euh grand choc culturel. Il a fallu que j'apprenne la langue évidemment et c'est d'ailleurs en apprenant la langue que je me suis rendu compte que les gamins du village m'avaient trouvé un ce briquet et il m'appelait au musong il m'appelait le petit blanc en fait. Il t'appelait le blanc ?

Ouais ouais il m' il m'appelait le petit blanc et ça et et ça a été j'ai appris une grande leçon en même temps. Je j'ai appris une grande leçon. Je sais on est toujours l'étranger de Ouais ouais ouais. toujours l'étranger de quelqu'un même si on partage la même couleur de peau et finalement tout t tous nos critères de division sont des constructions.

En fait, moi aujourd'hui je décide que les cheveux frisés c'est un problème pour mon groupe bah j'en fais loi et puis voilà ça ça passe. Et ces gamins ils me voulaient pas de mal. Ils étaient juste en train de d'exprimer un truc.

Ils étaient en train de dire tu es pas tout à fait comme nous quoi. Et ça vient pas de nous. C'est nos parents qui nous le disent. nos parents, ils me disent euh bah lui, ses parents viennent d'Europe, c'est des gens, ils se prennent un petit peu euh pour euh voilà, ils ont étudié en Europe, euh il parlent d'autres langues que le Kinaronda, donc euh voilà, il se la raconte un petit peu.

Donc leur enfant aussi, il est pas tout à fait comme nous. Il y a il a le corps il a le corps afro mais il a le cœur un peu rebl quand même. Et et tu vas réussir à à t'intégrer, à te faire des amis, même si tu as été éduqué en Allemagne là-bas, tu disais ils te mettent un peu à part, tu vas quand même réussir à t'intégrer ?

Ouais. Je me suis forcé à m'intégrer parce qu'il j'avais pas j'avais pas envie de faire de mon père un un mentor. Je il a j'ai voulu euh me prouver et prouver à tout le monde que c'était bel et bien mon pays.

Et tu parles comment avec eux avec les enfants si tu parles que allemand pendant 6 ans ? Euh j'ai appris la langue, j'ai appris le kin ronda, tu veux dire quand je suis arrivé ou fois arrivri au rond. Ah mais les enfants ont une capacité d'adaptation incroyable.

Moi, j'ai appris le le Kin Randa, je pense en en quelques mois à peine parce que j'ai vite compris que c'était pas le choix, c'était l'outil pour m'intégrer. Ça passait par la langue. Et donc, j'ai appris le Kinaranda, j'ai appris les codes et mais très vite, on est allé dans la capitale euh où mes parents ont eu leur maison.

Je suis allé à l'école euh j'ai commencé l'école en Kin Ruanda. Tu tu as des frères et sœurs ? Tu étais pas tout seul ?

J'avais un petit frère. J'avais quand quand on est arrivé, j'avais mon petit frère qui était de presque 5 ans à mo cadé. Euh mon autre petit frère et ma petite sœur sont nés un peu plus tard.

Tu vas attraper la malaria ? Euh mais ça c'était un rendez-vous euh c un rendez-vous annuel, c'està-dire à chaque fin d'année scolaire, normalement je je chopais la malaria. Mais je crois que la malaria, c'est un truc chronique.

C'est que quand tu l'attrapes, il reste dans ton corps. Ouais. Bah c'està dire qu'on on on les anticorps sont plus faibles en fait face à face à face au virus.

Donc et comme ça ça ça c'est c'est un moustique, c'est un moustique. Donc c'est très chaud. C'est dur dans la malaria.

C'est très très dur. Après moi j'avais pris l'habitude de de mes parents m'amenaient chez le médecin puis tu prends une une petite une petite pilule faite à base de kininin. Je pense ça s'appelait le kin max.

J'en j'en prenais et puis il y avait des années où ça me frappait plus durement que d'autres. Ouais, exactement. Exactement.

Nous c'était la malaria puis on disait qu'il y avait trois trois niveaux 3 degrés. Degré 3 c'était c'était quand même très très grave et moi c'était toujours degré 1 2 maximum. Ouais.

Alors pour expliquer, pour comprendre la situation Randa, il y a il y avait en fait donc il y a toujours des ethnies donc il y a les outou j'ai noté pour dire les pourcentages. Donc les outou représentent 85 % de la population donc c'est la majorité il y avait les toutsi 14 % et les toits à peu près donc TWA qui représentait 1 %. Euh donc ça c'est c'est c'est les chiffres voilà qu'on a pris sur internet.

C'est avant son indépendance. Je vous redonne juste l'histoire. En 62, il y a une colonisation à l'époque allemande puis belge euh et euh l'invention après de théorie racistes qui sont arrivées disant que les Tutsi étaient supérieur, plus européens dans leur apparence et cetera.

Ouais. Ouais. Et ça ça précède en fait 1960 parce que 1960 c'est évidemment l'année des indépendances africaines un petit peu partout.

Mais bien avant ça, effectivement euh le Randa avait été une colonie belge euh une colonie allemande puis après puis ensuite belge et les Belges quand il quand ils sont arrivés et euh ça c'est évidemment c'était le l'époque de de de de des grands scientifiques eugénistes où euh tous les colons arrivaient en Afrique et et en nous expliquant qu'il y avait des différences biologiques entre nous et auur c'était La différence était entrei et et lesou et la Belgique a donné un accès privilégié à l'éducation, au pouvoir au Toutsi excluant un peu lesou donc qui étaient 85 % de la population, il y avait mieux des cartes d'identité ethnique dans les années 30 pour comprendre un peu le pays. Jusqu'en 1994, moi mes parents et moi-même avions des cartes de crédit où le groupe ethnique carte d'identité où où le le groupe ethnique était clairement identifié. Ah bah ouais ouais.

Ah ouais, ça perdurait et donc toi ton ton père était touti, ta maman tout comment il se rencontrait ? Est-ce que tout le monde vivait un peu mélangé ou c'était bien sûr que tout le monde vivait mélangé ? Bien sûr, tout le monde vivait mélangé.

Évidemment qu'il y avait des traumas qui subsistaient du fait que on va la faire courte mais en gros jusqu'en 1959 le rondait une monarchie touti et en 1959 il y a eu une révolution de la majorité qui a pris le pouvoir et après c'est ça ça a été un petit peu une succession de de pouvoir euh plus ou moins militaire ou militarisé euh et mais moi gamin les rivalités sociales que je connaissais c'était plutôt le nord et le sud. C'était pas au touti, c'était le nord et le sud. Mes parents venaient du sud et c'était un petit peu le sud cit un petit peu les intellectuels du pays et le nord c'était le pouvoir militaire.

Donc le président le président était président était au tout et du nord et le venir du nord était encore plus important que le fait d'être tout quand j'étais gamin au Rand. Mon père a fait de la a été mis en prison. le le le même quand il y a eu le multipartisme qu'on a eu droit à plusieurs partis politiques, les gens il rentr en il rentrait en sang ton père ou absolument absolument.

Tu disais parfois il rentra en sang, tu lui posais des questions ? Euh non, je posais pas des questions. Tu voyais rentrer saigner ?

Euh oui, je me rappelle de de de d'une fois où d'ailleurs la mère maère notre mère ne nous en a jamais parlé mais une fois il rentré, il s'était fait attaquer dans sa voiture par des mecs en machette et et et le Rwanda que je que que je connaissais la les violences entre groupes identitaire que je connaissais gamins et adolescents se passait surtout entre gens du nord et gens du sud. Mais en dessous de ça, le trauma des toutsi qui avaient été euh chassés du pays. Euh certains étaient restés, d'autres avaient dû quitter euh euh le pays euh euh était en Ouganda dans les pays euh dans d'autres pays limitutrophes.

Euh sous-jaçon à cette rivalité nord-sud, il y avait quand même ce problème au tout mais qui pour nous n'en était pas vraiment un. et et et jusqu'au jour une fois j'ai appris et on allait peut-être en parler mais un jour j'ai j'ai j'ai chopé une conversation que ma mère avait avec avec une amie où j'ai appris que mon père que j'avais toujours pensé ou tout parce que c'est ce qui était dans sa carte d'identité était en fait tout qu'il avait fait changer son ethnie dans sa carte d'identité parce que ça lui donnait plus de chance d'avoir un boulot à une certaine époque de sa vie. Et c'est là je me suis dit "Ah ouais non mais en fait c'est elle est elle est elle est là la vraie le le le vrai problème il est il est bien entre tout et tout c'est juste que c'est c'est caché il y a un pu il a marqué tout sur sa carte sur sa carte d'identité jusqu'à sa mort il était marqué et mais mais j'ai appris et c'est je l'ai appris par cette conversation que j'ai eu avec ma mère et par des le grand frère de mon père que j'ai retrouvé au Canada par la suite que mon père était touti en fait ce qui fait beaucoup de sens parce que je me rappelle Maintenant, j'ai des souvenirs qui me disent "Ouais, en fait oui, c'est c'était donc toute la lignée du côté de mon père, c'est de tout." Il avait changé pour ta mère aussi peut-être pour être un couple.

C'est c'est une excellente question que j'aimerais lui poser. Je je ne sais pas mais oui, il y avait peut-être de ça. Après, il y avait énormément de couples mixtes.

Il y avait énormément de couples où le où toutsi en avait énormément. Et comment ça se distingue outou d'un toutsi au ronda ? Alors ça c'est bah évidemment donc quand les Belges sont arrivés fin du du 19e début du 20e pour nous expliquer qu'il y avait des différences physiologiques entre et en nous expliquant que il nous il nous mesurait le crâne bah nous pas moi mais voilà il mesurait les crânnes de certains rendais à l'époque pour tirer des conclusions pseudocientifiques pour dire vous voyez les crânes de des sont de cette dimension Donc ils sont plus intelligents.

Euh il y a aussi des ils sont et ils ressemblent beaucoup plus la physionomie toutsi est plus proche de la physionomie caucasienne donc des blancs parce qu'ils ont un nez moins plat que les bantou. Ils ont un nez un peu plus allongé, un peu plus droit. Ils sont plus grands et fins alors que les hout ils sont plus trapus, ils ont les nez plus plats.

Ce qui dans dans la réalité, Oui, évidemment, il y a des euh il y a des outils euh qui corres dont la la physionomie correspond exactement à ces descriptions et qui ressemble plus à des à des gens de qui viennent d'Éthiopie ou du Soudan ou ou euh ou de la Somalie, mais il a aussi eu plein de mélanges. Donc il y a des touch qui ont qui ont des têtes deou et desou qui ont des têtes d'Outs parce que voilà les les mélanges ont eu lieu. Tu vas découvrir la musique à 13 ans, tu vas la découvrir là-bas au Randa.

Euh tu vas écouter des vinyles avec ton père justement parles dans le livre. Tu vas commencer à tu vas chanter tout de suite ou comment ça va commencer ? Ouais, mais en fait ça commence ça commence avec mon père qui me fait écouter qui mon père qui était ingénieur mais qui je le sais aujourd'hui est un artiste refoulé et je pense qu' secrètement il avait toujours voulu faire de la de la chanson et très très jeune faisait écouter Mozart Procèv.

J'ai j'ai les premiers disques de de musique classique que j'ai écouté, c'est mon père qui me les qui me les a fait découvrir. Euh, je devais avoir peut-être 11 12 ans. Et les dimanches euh, il sortait ses vinyles, il nous a écouté du jazz, il nous a écouté du country, il nous a écouté du gospel.

Euh et je pense que cet amour de la musique, il a réussi à me le transmettre euh malgré lui et une grande ouverture aussi euh c'est c'est grâce à lui. Après, j'ai un souvenir très clair euh d'avoir peut-être 12 ans, j'étais peut-être plus jeune, peut-être 11 12 ans où j'avais des mélodies qui me venaient comme ça, où j'ai j'avais envie de où je commençais à fredonner des choses que j'avais pas nécessairement entendu, qui me venaient de je ne sais où. Et à l'âge de 16 ans, j'ai formé un premier groupe avec des potes du quartier et des potes de l'école.

Et euh bon, on était à fond sur tout ce qui était Boys to Man et Joe Dessy, le R&B américain des années 90 et on les imitait, on chantait à Capella et on a commencé à faire les nos premières scènes euh et et mais mais jusque-là, c'était un hobby. Jusque-là, c'était un truc qu'on faisait pour kiffer, pour impressionner les filles et Ouais, c'était pas du tout Oui. Ah non, moi je moi en tout cas je me projetais pas encore.

Moi pour moi, j'allais devenir ingénieur comme papa ou architecte ou j'allais avoir un vrai métier, quoi. Ton père te disait que tu avais la voix de Tressy Chapman ? Ouais.

Ouais. Un jour, il m'a fait ça a été son son sa validation. Ça ça Un jour, il est entré dans ma chambre puis je fronnis un truc puis il m'a dit "Oh a un truc dans ta voix à ce qui déjà me m'a surpris parce que voilà papa africain normalement chantait c'est pas un truc que tu prends au sérieux.

Euh j' d'ailleurs les mes potes qui chantaient avec moi à l'époque euh pour certains d'entre eux, ils ne disaient même pas à leurs parents qu'ils faisaient de la musique. Et moi, le mien qui rentre dans ma chambre, qui m'écoute chanter puis qui me disent "Ouais, il y a un petit peu de tressy chapman dans ta voix, c'est une validation." Donc ça me disait euh si un jour tu as envie, vas-y.

Le 6 avril 94, l'avion du du président Rande qui était outou à l'époque hein, je sais pas comment on dit bien son nom, donc c'est c'est Juvenal. Abiarimana. Abiarimana.

Ouais. euh va être abattu l'avion par un par un missile qui touche son avion audessus de la capitale donc qui galie et donc le président du Burundi est aussi dans l'avion qui sont tous les deux et là lesou vont accuser les Toutis. Euh c'est là que ça va partir.

Tu disais il y a un événement qui est d'étincelle qui a mis le feu au poudre. Ils vont lancer un plan d'extermination qui va qui va conduire au massacre de plus de 800000 personnes en 100 jours seulement par les par lesou. Toi, tu as 17 ans à l'époque.

Tu te rappelles de l'événement lui-même de de l'avion ? Je me rappelle de de l'événement. Je me rappelle du bruit que l'avion a fait quand quand il a été était pas loin ?

Ouais. Ouais, on était pas loin. Nous nous on habitait dans un dans un quartier qui s'appelait Kukiro qui était à quelques dizaines de à peine quelques dizaines de kilomètres, peut-être même pas des dizaines de kilomètres, à quelques kilomètres de de l'aéroport où euh où l'avion a été abattu.

Où l'avion a été abattu. euh le je pense que le palais présidentiel était euh pas trop loin. Euh et je me rappelle du bruit que ça a fait parce que c'était pas un c'était pas un bruit habituel, un bruit classique.

Euh et je me rappelle de la confusion de de pas comprendre même mes parents qui étaient euh quand même assez euh politisé. Mon papa était euh un un membre très important de d'un des partis de l'opposition à l'époque. Euh donc vous savez qu'il y avait un petit peu tension.

En 1990, il y avait eu les premières invasions du FPR par le nord. Donc on savait qu'il y avait il y avait un climat politique et social compliqué compliqué. Mais on s'attendait pas à ce que ça devienne ce que c'est devenu que le président meur que le président meur puis surtout la suite des choses.

Ils en parlent au journaux télé tout de suite. Enfin vous savez que c'est l'avion du président. Oui tout de suite ils en parlent.

Tout de suite ils en parlent. Faut savoir que on a au rando. On en a pas quatre, on a pas cin on en a deux.

On a publque, on a une qui est publique et une qui est privée. La publique euh et donc la chaîne publique qui est qui est là depuis longtemps et il y a une nouvelle qui est privée mais quand même qui a un parti bien pris pour qui autorisé par l'État quand même qui est quand même autorisé par l'État évidemment. Si si c'est pas autorisé par l'État, ça ça n'existe pas. euh et qui a un penchant assumé euh très très très extrémiste euh ou tout euh et c'est un petit peu comme ça dans dans tout dans toute l'histoire de de l'humanité, tu as toujours un petit groupe de gens qui s'approprie euh le le nom, l'appellation d'un plus grand groupe pour dire "Nous, on représente ce groupe-là." Et euh et justement tout à l'heure, tu l'as dit, c'est comme ça qu'on parle du génocide des Touti au Ronda.

On dit "Leso ont tué les Toutis." Et en fait non, il y a un petit groupe de de de outou qui ont organisé planifié euh qui ont organisé une milice et qui je ne sais pas s'ils attendaient cette cette cet événement pour sévir ou c'est cet événement qui a surpris tout le monde puis qui a servi de de de de d'allumage pour pour commencer les les massacres. Mais en tout cas, dans tous les cas, c'est cette milice là et surtout avec l'outil de propagande qu'ils avaient qui était cette radio RTLM.

Euh, il y avait pas de police à l'époque dans la rue quand quand on parle aujourd'hui de tuer 800000 personnes comme ça, il y avait pas du tout d'armée ou de police qui pouvaient défendre pour éviter un massacre comme ça ? Ben non, parce que en fait la la police n'est pas neutre. La police est une police d'état.

L'armée est une armée d'état. Oui. Donc, ils sont mis avec eux. on vient de d'assassiner leur chef.

Donc c'est ça devient très très facile de dire aux gens et et c'est et c'est et ça c'est c'est c'est un peu complexe. Je je vais essayer de prendre le temps pour l'expliquer parce que c'est important et parce que ça ça peut raisonner avec ce qui se passe en Occident en ce moment aussi. Euh beaucoup de gens s'imaginent que les grandes tragédies humaines euh arrivent quand je parle de des des grands génocide des des trucs complètement absurdes où tout d'un coup on passe de d'une société où on a l'impression de bien vivre ensemble les uns les autres à l'homme devient animal, le voisin tue le voisin, ça devient n'importe quoi.

Les gens s'imaginent que il y a forcément une planification de langue haleine qui des trucs qui se mett en place et en fait on se rend pas compte que souvent ça se met en place sans qu'on s'en rende compte. Ça se met en place comme je disais tout à l'heure par des par des par le stress la stigmatisation de certains groupes mais voilà à la légère tu vois et et c'est toujours soutenu par une historique par mon arrière-gr-père a fait mal à ton arrière-gr-père ça se passe pas vraiment entre nous mais si un jour ça pète ce sera probablement de de toi qu'il faudra que je me défende. Et donc quand le président du de l'époque est assassiné, ceux qui n'attendaient que ça, qui depuis des années disaient en voulait le le les toutsi, on vous a toujours dit qu'il fallait s'en méfier, qui ont un trauma de l'époque où leur grands-parents étaient des serviteurs de la monarchie ToutSI ou je ne sais quoi euh et et et aussi ceux qui évidemment ont trouvé leur place dans la société en étant leader de quelque chose en le kirant en l'occurrence leader de du peuple on dit ils ont sauté sur l'occasion et les messages qui semblaient léger où on parlait des touts comme des insectes qu'il fallait écraser tout d'un coup ça devenait une vraie mission c'est le moment c'est le moment et les messages qu'on entendait souvent c'était il faut les éliminer si vous voulez protéger les vôtres euh il faut les éliminer peu importe leur qui soit femme, enfant ou peu importe, faut les éliminer parce que vous voyez ce qu'ils viennent de faire à notre chef.

C'est quoi le premier événement violent auquel tu assistes toi ? Est-ce que tu vois dans la rue, tu entends des coups de feu ? J'entends des coups de feu euh directement ou c'est plusieurs jours après ?

Alors, c'est intéressant, très bonne question. C'est c'est intéressant parce que si on compare à ce qui ce qui se passe aujourd'hui, par exemple, aujourd'hui les yeux sont partout. C'est très difficile de ne pas voir une violence qui se passe ou qui s'est passé. portablil tout le monde filme tout le monde est journalistes tout le monde fait le moindre mec qui tombe on le sait on le sait alors que là tu as rien il y a rien mais quand je dis a rien il y a je t'ai je t'ai expliqué on a deux radios deux chaînes de radi télé tout est public ou semi privé vraiment pas euh et donc on entend ce bruit on entend on comprend qu'il se passe quelque chose à la radiours qui est quand même voilà c'est une une ligne éditoriale bien choisi et donc on nous explique que le pays vient d'être attaqué par le FPR, par l'armée Tutsi, donc le les enfants et les petits enfants de ceux qui avaient quitté le Rwanda lors de la la révolution de 1959 et que donc il voilà il ils reviennent pour prendre le pouvoir.

Ah il com ils ont commencé par notre président euh et donc il faut soyez prêt, il faut se protéger. Moi je suis dans un foyer où mon père, mes deux parents viennent du sud, mon père et tout. Bon, il a beau avoir changé sa carte d'identité, bon il doit flipper quand même un petit peu.

Euh il fait partie d'un parti qui est politique qui est dans l'opposition. Donc on n'est pas on n'est pas serein. On n'est pas serein.

Et en même temps, on ne comprend pas parce qu'on n pas de on ne voit pas ce qui se passe. Tout ce qu'on sait que dès le lendemain, il y a un couvre-feu. Vous ne sortez pas.

Vous ne sortez pas même pas du pays quoi. Sors pas de chez toi. Vous ne sortez pas de votre maison. un vrai couvre-feu et euh la première scène de violence, c'est pas une scène que j'ai vu, mais c'est ce que j'ai entendu.

Euh estce que ce que ce que ce que je mon père nous a rapporté, je je vais je vais expliquer, c'est notre voisin en face, euh un voisin qui était un homme d'affaires tout dont la famille est assassinée. Et mon père dans ça, mon père c'était un grand enfant. C'était, je dis toujours, c'est un c'est un c'était un adulte qui avait oublié de grandir et dans sa naïveté et dans son euh il se passe il s'est passé un truc, je vais aller voir quand même.

Et il est allé voir et c'est lui qui nous le dit. Nous, on n'est pas allé, lui il est allé, il dit "Faut que j'aille voir, on a entendu des coups de feu." Donc c'est pas une scène à laquelle j'ai assisté mais j'ai entendu on a entendu des coups de feu.

Cit nos voisins juste en face. On a entendu coup de feu. C'est maison euh ouisou maison.

Maison juste en face. On avait une une rue qui nous séparait et et mon papa il va et il dit je sais et ma mère il dit non mais tu sors pas c'est dangereux en en plus à la radio, on disait faites attention parce qu'il y a des balles perdues à tout moment tu sors puis il y a une balle qui passe. Elle te visait peut-être pas mais tuen meurs quand même.

Et et mon papa donc traverse la rue pour aller voir le voisin et quand il revient il a un gamin dans ses bras qui a qui était le seul survivant. C'est c'est assez ironique quand quand on sait mon histoire à moi. Mais il revient avec euh le gamin que que je connaissais, il était plus jeune que moi, je je pense, mais que je connaissais parce que c'était quand même notre voisin.

On était pas très proche mais je les connaissais. C'est c'était des voisins à qui on disait bonjour le matin qu'on partait à l'école. Et il revient dans ses bras avec un avec un gamin blessé, tu veux dire blessé.

Je me rappelle, il avait la moitié de de de l'extérieur de sa cuisse qui était complètement arraché. Euh donc il avait tiré dessus quoi. Ah ouais mais je je pense que le le évidemment j'ai pas les détails.

Et donc mon père revient avec ce gamin la cuisse complètement arrachée. Je me rappelle encore il amène on la met on met le gamin. Ma ma mère amène le garçon avec mon père dans dans la chambre de de de mes deux frères.

Mes deux frères partagaient la même chambre. Il le met sur le lit de d'un de mes frères. Et je me rappelle encore ma mère dire on a rien, qu'est-ce qu'on fait ?

La blessure est tellement grande. Puis ma mère a dit ben on va mettre du miel. J'ai ce souvenir là dit la seule chose qu'on peut mettre c'est du miel parce que il y a il y a il y a quelque chose dans dans une propriété dans le miel de dans une propriété chimique dans le miel dans le miel qui peut désinfecter qui peut qui peut aider à guérir.

Et et donc ça c'est la ma première expérience avec mon premier contact même s'il était indirect avec cette violence là. Ah mais c'est c'est pas rien. Vous avez une voiture à l'époque ou pas ?

Ouais ouais, on a une voiture, on a on en a deux même. C'était impossible de fuir. Il y avait des checkpoint vous le saviez pas.

Est-ce que tu sors ou tu sors plus à partir de ce moment ? Sort. On ne sort pas.

Mais est-ce que la nuit tu es allé voir au coin de la rue toi en cachette ou vraiment vous avez respecté ? Non. Et pour une raison euh simple et en même temps euh ouais simple, c'est que jusqu'à ce que les gens qui sont venus assassiner ma famille n'arrive, plus d'une semaine après euh le début du des massacres, à aucun moment père ne n'a pensé qu'il était qu'il serait visé en danger.

Se sentait pas en danger. Non, parce que il se considérait pas comme un acteur politique assez important ou un acteur social assez important pour être ciblé parmi les premiers. Parce qu'on entendait, on entendait à la radio, on disait je rappelle les parmi les les premiers hauts dignitair rendés à avoir été assassiné avait la première ministre.

Euh il y avait les les 10 casques bleus euh les 10 militaires belges qui qui ont qui ont été tués par la milice Outou et l'armée rwandaise de l'époque. Donc on entendait ça. Mais mon père était d'abord un homme d'affaires.

Oui, il avait euh il était impliqué euh en politique mais euh il c'était pas il était pas chef d'un parti. Il faisait ses affaires, il était ingénieur et dans sa naïveté, il pensait pas que qu'il était visé. d'une part, de l'autre, on avait très peu d'information.

Euh l'électricité, je pense quelques jours après euh euh le début des massacres, coupure d'électricité euh générale, plus d'électricité, donc plus de ligne téléphonique non plus. Ça c'est arrivé assez vite. On a eu plus de télé, plus de télé, plus plus rien, plus d'information. plus d'information.

La radio, oui, parce qu'on avait encore des des piles des piles. Euh et donc c'était très compliqué d'avoir le le pou des choses. Euh mon père, je lui en veux encore parce que je me pose encore les mêmes questions.

Je dis mais comment tu ne peux pas savoir comme père comme père de famille, comment tu peux pas justement avoir le l'instinctin ? Je me rappelle, je me rappelle maintenant euh mon père à un moment donné, il nous dit "Ouais mais de toute façon avec les liens parce que mon père a toujours entretenu des liens très très fort avec l'Allemagne, avec le consul allemand, avec l'ambassade d'Allemagne, il allait il faisait beaucoup d'affaires avec des des sociétés allemandes. Il a dit au pire si ça va vraiment mal, je suis sûr qu'on pourra demander l'extradition demander l'extradition avec le staff de l'ambassade allemande." et il avait aucune idée de ce qui était en train de jouer dehors.

Il était complètement à côté de la plaque. Donc le le le crasge d'avion, c'est le 6 avril 94 et la nuit de l'assassinat c'est du 15 au 16. C'est peu plus d'une semaine après.

Euh toi tu dormais, tu étais c en fait c'était Ouais, c'était 14 15 mais c'était déjà le 15. Ouais. Ouais.

C'était dans dans la nuit, elle devait peut-être 2h 3h du matin, quelque chose comme ça. Donc dans la nuit du 14 au 15, toi tu c'était il était quelle heure ? Comment ça s'est passé ?

Euh ça a commencé avec euh des gens qui frappent au au portail de de de le grand portail de de la maison du jardin. du jardin en appelant les prénoms des de nos domestiques parce qu'on avait euh une jeune fille qui était un petit peu euh la nani euh à la maison par ma petite sœur qui avait 3 ans et euh et un jeune homme qui était euh qui était le cuistau un petit peu euh employés les employés de maison qui rest qui étaient avec nous et on entend quelqu'un qui appelle nos deux nos deux employés par leur prénom. Je j'ai j'ai ce souvenir là.

Et donc on se dit parce qu'il nous connaissent. Euh évidemment, on était euh on vivait dans un quartier euh assez aisé quand même. Euh mon père était connu des gens du quartier.

Euh moi j'étais je connaissais la voilà la gend la gendarmerie elle était pas pas était pas loin. On connaissait euh euh des les jeunes gendarmes de du quartier. Une fois de temps en temps un ballon de foot arrivé sur sur un sur des voitures. faisait gronder un petit peu.

Donc on on connaissait on connaissait les gens et donc on s'est dit bah ça doit être eux. Donc il ils connaissent les gens, ils connaissent euh ça doit être eux. Donc ils nous connaissent, ils veulent nous prévenir dans la nuit.

C'est la nuit, c'est la nuit. C'est Pach Black on dit. C'est nuit noire.

Euh je sais pas, je me rappelle pas, il devait être au moins 1h 2h du matin. Et euh et donc je ne sais je me rappelle plus qui qui ouvre. C'est c'est un un des un des domestiques qui ouvre.

Euh mais moi je suis dans ma chambre et ma mère vient me voir dans ma chambre, elle me dit "Réveille-toi." Elle a une petite euh bougie. Elle me dit "Réveille-toi." Je comprends pas trop.

Elle me dit "Réveille-toi." Et euh je me réveille, je la suis, elle va elle va vers le vers le salon. Et euh je me rappelle avoir croisé un des hommes qui est entré euh dans la maison et avoir croisé son regard.

Et euh aujourd'hui, c'est le c'est c'est le souvenir que j'ai. Mais je je me rappelle avoir vu un vide total dans dans son regard. Il il y avait une absence de de d'humanité totale, une absence d'âme humaine totale.

Euh, elle me dit "Vas-y, rejoins les autres." et les autres, c'était toute ma famille et les deux domestiques. Tout le monde était assis dans le salon.

J'étais le dernier à arriver à m'asseoir et euh et là, il y a une une conversation, une discussion qui commence euh et les mecs parlent entre eux. Quand ils parlent entre eux, ils parlent en Swahili. Alors, notre domestique, le le jeune homme, lui, il comprend le Swelli.

Moi je le comprends mais à peu près. Je suis pas mon Selli est pas trè Tu avais quel âge toi ? Euh 17 ans.

J'ai 17 ans. Je viens d'avoir 17 ans. Ouais.

D'accord. Euh et lui il dit ils vont nous tirer dessus. Je dis ben non ben non moi je je vois que je pense pas pourquoi il y a pas de raison.

Euh euh en plus je me dis bah on voilà on est on est on n'est pas des cible. Ils sont combien de méchants là dans la maison ? Ah dans mes souvenirs ceux qui sont là ils sont trop ils sont ils sont il y en a deux qui sont dans le salon et il y en a un ou deux autres qui sont qui sont à l'extérieur de la maison.

Et vous êtes combien ? Tu as des frères et sœurs du coup ? A il y a moi, mes deux petits frères, ma petite sœur, donc quatre enfants, il y a mes deux parents et les domestiques.

Donc on est H. Euh et et là donc le le jeune homme, le domestique, il me dit "Ouais, ils vont tirer dessus." Il vient de s'en parler, vient de dire "On y va, on tire." Et il se met à tirer.

Et et toi tu es où là ? Tu es à côté ? Moi, je suis assis.

J'étais assis entre le domestique qui était juste là, mon petit frère Christian qui était en billet comme ça. Mon père était plus loin et à ma droite, il y avait ma mère et et ma petite sœur et mon autre petit frère. Et là, ils se mettent ils se mettent à tirer.

Donc, les derniers les dernières phrases que j'ai entendu de ces gens-là, c'est des phrases euh il passait du du Swili au Kinaranda. Euh il portait des espèces de bottes en caoutchu. Euh et c'est à ce moment-là que je me suis dit parce qu'on on nous disait que les euh les soldats du FPR portaient des bottes en caoutchou en fait.

Et c'est là que je me suis dit, moi j'étais un peu confus. Je me disais pourquoi pourquoi nous je je pas du tout la prétention de connaître tous les dessous de des activités de mon père mais je sais que il avait pas participé à ni de près ni de loin à ce génocide là. Donc je comprends pas en fait.

D'autant plus que je sais qu'il y a un gamin, c'est des maison mais qui sont fait passer pour des pour des gendarmes de de ou tout bah tout de de en tout cas des gens du coin qu'on connaîtrait puisqu'ils ont appelé les les prénoms de de de nos domestiques. Ce qui me laisse aussi avec la question de s'il connaissaient les prénoms, c'est qu'il y avait une préparation, c'est que avent balancé les infos que alors il donc il y a plein de de de questions pour lesquelles j'ai pas de réponse mais en tout cas je sais que à ce moment-là je prends ce cette photo et je me dis ce sont ce ne sont pas des soldats de l'armée randaise ce ne sont pas non plus des milices ou tout ce sont des soldats du FPR mais c'est trop tard j'ai reconnu qu'ils avaient des AK47 parce que je connais je connais l'arme puis je regardais assez de films de guerre pour pour savoir euh à quoi ça ressemblait. Et on on nous avait dit euh c'est c'est c'est des choses qu'on entendait euh euh souvent, on disait euh les soldats de du FPR ont DAK47, des Kalashnikov et les soldats de de l'armée régulière ont DM16.

Euh et là donc je je prends cette faute là, je me dis bah oui mais pourquoi pourquoi il nous terre dessus ? Tu as même pas le temps de réfléchir. J'ai pas le temps de réfléchir.

Puis il commence à tirer et moi j'ai un réflexe de de sauter derrière le divan qui était sur lequel il y avait mon petit frère et et et le domestique. Et je je me cache derrière en fait et ça se passe très très vite. Il tire sur tout le monde et ils partent. ce qui était pas non plus dans dans en tout cas de de de ce qu'on m'a dit et de ce que j'ai pu constater par la suite.

On va peut-être y arriver parce qu'après je suis sorti de la maison et j'ai vu ce qui se passait en dehors de ma maison. Euh mais ce qu'on lui disait c'est que la méie soutou était quand même plus barbare. Donc euh il tirait pas juste sur le monde, c'était la machette, c'était machin.

Donc déjà dans la méthode, je me disais ben c'est pas ce que c'est pas ce qu'on nous raconte euh jusqu'ici quoi, euh sur euh la la façon de tuer. Donc ça me confirme que ça doit pas être de la milice ou tout. Bon bref, j'ai j'ai pas le temps de penser.

Tout ce que je sais, c'est qu'ils partent assez vite et euh tu te caches et donc tu es pas touché toi. C Je suis pas touché et je me je Et ils viennent pas derrière le canapé te chercher. Non non, ils sont partis très très vite.

Ils sont partis très très vite. J'ai pas j'ai pas compris ce qu'il disaient. Il se parlait en soie mais j'ai j'ai pas très j'ai pas compris ce qu'il disait mais j'ai eu l'impression qu'ils étaient quand même pressés.

Et les domestiques connaissance connais ils ont tiré sur les domestiques aussi. Tout le monde. Tout le monde.

Ah ils ont tué les domestiques aussi. tout le monde. Ils ont tiré sur tout le monde, sauf le gamin que mon père avait été allé chercher en face et qui était encore dans il a survécu à deux.

Oui, il a survécu et ce que j'ai fait je la fais courte mais évidemment à ce moment je me dissocie complètement de de de émotionnellement. Je suis ailleurs, tant que je me lève, je regarde, je dis je suis vivant, pas blessé, pas touché d'aucune balle et euh j'ai j'ai je je pense que je suis conscient de l'horreur qui m'entoure, de ce que je vais découvrir. Donc, j'ai peur de regarder.

Je je pas envie de regarder ce qui se passe autour de moi. Je j'ai conscience que tout le monde est mort, sauf moi, mais j'ai pas envie de voir. Je j'ai mais j'ai le j'ai encore le le le l'odeur du sang, le sang en grande quantité a une odeur un peu un peu acide euh très marquante et je me rappelle de cette odeur là mais j'ai pas j'ai pas envie de regarder les Tu vas pas voir s'il y en a qui ont survécu ou s'il y en a qui sont Non non et le le seul souvenir que j'ai c'est que j'ai je je me rappelle des derniers de de la dernière des dernières respirations de ma petite sœur et qui avait qui avait quel âge qui avait 3 ans.

Ils ont tiré sur une fille de 3 ans. Ah ouais, ils ont tiré sur tout le monde. Et euh pareil un peu irréel.

C'est c'est c'est la c'est la folie humaine. C'est c'est c'est on est là, on est vraiment de de on on on est passé à autre chose. Et quand je quand je te disais que j'allais croisé ce ce ce mec dans dans corridor, ce regard euh il y a plus d'humanité.

Il y a il y a je ne sais pas ce que ces gens ces hommes-là avaient vécu avant. Je sais pas si à un moment donné, tu t'as tellement tué que tu dis bah un de plus ou de moi, ça change rien. L'acte d'enlever la vie de de quelqu'un d'autre euh ne signifie pas la même chose pour ce gars-là que pour toi et moi.

Euh moi, je pense que pour pour t'autoriser à prendre la vie de quelqu'un, faut déjà être mort à soi-même déjà à la base. Moi, je il y a ce qui explique peut-être ce vide là et euh et donc je vais dans la chambre de de mon petit frère pour me rendre compte que je il est plus là ce gamin. Donc ils l'ont pris, lui n'est pas mort, ils l'ont pris, il ils l'ont emmené.

Ilé euh pourquoi ? Je sais pas. Parce que je pense alors ça c'est c'est ce que c'est ce que j'ai entendu toutes sortes de versions de gens qui sont leur qui m'ont dit on connaissait ton père on on on pense que il y a eu erreur sur la personne parce qu'effectivement puis ça je le sais je le sais je le savais notre voisin juste à côté pas en face en face c'était un touti mais notre voisin juste à côté c'était un autre homme d'affaires mais un homme d'affair outou et qui lui était voilà était il avait sa carte de membre du du parti du président en place de l'époque c'était euh où il était connu pour pour pour être partisan des mêmes gens qui qui euh qui qui massacrait les touties à ce moment-là.

Donc moi ce qu'on m'a dit c'est a eu erreur sur sur la personne, sur l'adresse, ce qui est plausible he ça se peut. Euh et donc pour revenir à pourquoi lui parce que moi je pense que ils nous ont tiré dessus euh parce qu'il pensait qu'on était euh on a dû participer au massacre des Toutsi aujourd'hui. Je c'est c'est la chose la plus euh la plus plausible.

Je pense qu'ils ont pris mon père pour quelqu'un qui aurait massacré au qui aurait participé au massacre des Toutis et en même temps qui a sauvé un petit garçon Touts qu'on a caché derrière. donc qu'ils ont pris la peine de sortir. Mon histoire n'a aucun sens.

Euh un jour je je j'en serai peut-être plus, mais euh donc je je je retourne dans ma chambre parce qu'évidemment je suis complètement je je peux pas décrire l'état dans je suis complètement sonné. Je je peux pas décrire euh l'état. Je suis figé.

Je pas Tu ne pleures même pas ? Non, je pleure pas. Non, je pleure pas.

Je pleure pas. Je me rappelle, j'ai le souvenir d'avoir d'avoir eu très froid. C'est tellement violent qu'en fait tu es tu es même pas le l'envie de tu es pas présent.

Non non, tu es pas présent. Tu complètement déconnecté de toute émotion naturelle aurais eu dans une situation inférieure. Évidemment euh c'est c'est une dissociation émotionnelle qui est nécessaire pour survivre à ce genre de trauma.

Sinon, tu t'effondres. Si tu prends la pleine mesure de ce qui se passe et que tu l'intègres. C'est un truc de survie peut-être.

Survie. Ouais. C'est un truc de survie.

C'est un truc de survie. C'est un truc de survie. Absolument.

Donc je vais je retourne dans ma chambre et je me dis ben c'est la nuit, je peux aller une part, de toute façon c'est trop dangereux, j'attends que le jour se lève et le lendemain, ce sont des voisins qui avaient entendu les les tirs de les les coups les coups de feu qui sont venus à la maison. Moi, j'étais Tu as pas peur quand ils sont rentré à la maison et tout ? Non, parce que dès qu'ils arrivent, en fait, ce que ce que ce que j'ai appris plus tard, c'est que le le quartier, la partie du quartier où nous habitions était euh un des était un des derniers quartiers qui était encore sous occupation de l'armée régulière, mais c'était un quartier dont l'armée du FPR s'approchait euh et qu'une fois de temps en temps, il faisait des raides pour venir extraire ou assassiner des gens qu'il subsonnaient. d'avoir participé au génocide.

Tu tu tu dis page 257, la dernière aspiration que j'ai entendu était celle de Delphine, ma petite sœur de 3 ans dont tu parlais avant. Et j'ai longtemps vécu avec cette violente culpabilité de ne pas l'avoir sauvé. Ouais.

Comment tu voulais pourquoi tu as eu cette culpabilité alors que tu tuas pas faire grand chose ? Bah parce que j'étais resté. Parce que j'étais resté.

C'est c'est et la respiration c'est évidemment le la la la preuve ultime de de vie. Donc je c'est pas du tout rationnel évidemment. Mais il y a une partie de moi qui euh pendant très longtemps où je me suis dit est-ce que ce que j'aurais pu la sauver ?

Est-ce que j'aurais pu avoir une petite sœur encore aujourd'hui ? Ce qui est absurde évidemment parce que c'était c'était des respirations. C'était vraiment les dernières respirations.

Elle était plus vraiment vivante. Mais mais ça c'est ça c'est le c'est probablement ce qui me reste de plus lourd à porter par rapport à ce trauma. C'est vrai ta petite sœur.

Ouais. Ouais. Ouais.

Plus que tes parents ou tes tes Ah, plus que tout, plus que mes parents, plus que mes petits frères. C'est ma petite sœur. Tuas tu as regretté de pas être parti, t'être enfui avec elle ou ?

Euh j'ai regretté plein de choses, pas pas avoir pu l'apprendre, peu importe l'état dans lequel euh elle aurait été, euh de la prendre en me disant il lui restait peut-être une chance, il lui restait peut-être un souffle, j'aurais peut-être pu trouver euh euh un bon samaritain euh qui est aussi médecin et chirurgien et l'a sauvé. à votre voix, je me faisais je me suis je fais des films. Euh c'est c'est un petit peu aussi la culpabilité du survivant, hein.

C'est euh comment je fais pour mériter cette deuxième chance qui m'est donné ? Pourquoi moi ? Pourquoi ?

Et euh et c'était la plus jeune de la famille euh et la dernière la dernière que j'ai entendu respirer. Donc ouais, ça c'est un truc qui me qui me pèse lourd encore aujourd'hui. Ouais.

Il y a un son qui t'a hanté, j'imagine, c'est le son. Ouais, absolument, absolument. Et c'est la seule image que j'ai pas réussi.

J'ai toujours pas réussi à à affronter même en thérapie. J'ai fait plusieurs années de thérapie, j'ai fait du EMDR euh après ça et c'est le seul souvenir que je n'ose pas ramener. Et que tu n'oses pas ramener, c'est-à-dire bah c'est parce que le le l'idée de de le MDR, je sais pas si tu connais le procédé, c'est c'est sorte d'hypnose, non ?

C'est une sorte d'hypnose où il faut suivre le mouvement de d'un doigt ou en tout cas il faut suivre un mouvement balancier de balancier et pendant queon on suit ce mouvement là il faut retourner dans ces traumas les plus les ces souvenirs les plus traumatiques et y faire face en fait pour les transformer en quelque chose d'autre et les et et les rendre extérieur à soi quelque part. Euh et j'ai réussi à le faire pour tout dans ma vie, sauf pour euh euh Ouais. Ouais.

W donc un jour peut-être. Euh alors que ça fait 30 et quelques années, hein. Ça fait ça fait euh 31 ans.

Mais est-ce qu'on guérit de ça en réalité ? Je pense pas hein. Pas totalement.

Non, pas totalement. On guérit pas de ça. On Bah premièrement, guérir totalement de ça voudrait dire oublier, ce qui est pas possible.

On peut euh Je pense que c'est possible. Je pense qu'il y a des gens qui deviennent complètement amnésiques comme façon de survivre justement. Euh ton cerveau oublie certains.

Ouais ouais ouais. Trauma. Ouais pas le choix.

Euh après, puis là, ça on va rentrer dans une phase un peu plus euh plus philosophique, plus euh plus spirituelle, même peut-être même ésotérique. Je je pense que mes parents ont eu le génie de me donner tellement d'amour avant avant pour que même quand tout avait l'air fini, je me dise, je me fasse que j'ai cette étrange idée de me dire que ma vie valait quand même la peine d'être vécu et qu'il y avait peut-être des choses encore plus belles qui m'attendaient. Ce qui est complètement, je raconte toujours ça parce que c'est c'est euh c'est c'est c'est assez incroyable.

Le la première émotion que j'ai ressenti quand je suis sorti de de ma maison, le lendemain de de de la mort de ma famille, ça a été le soulagement. Je suis je suis parti d'un d'un état de choc à un état de soulagement. Et c'est et c'est plus tard que j'ai compris ce que ça voulait dire.

Mais on va y revenir après. C'est toi qui a dû t'occuper de de des corps, de ta famille. Comment vous avez fait en c'est les voisins qui sont arrivés.

Moi, j'étais beaucoup trop euh euh je sais pas dans un état Ouais. Ouais. J'étais pas dans un état où je pouvais euh reprendre contact avec le corps de des miens.

Donc c'est plusieurs voisins qui qui avaient entendu les coups de feu qui sont venus et euh qui sont allés prendre des draps dans la maison qui qui ont qui ont qui ont fait qui ont creusé une tombe dans la cour dans le jardin de de la maison. Et tu n'as pas recroisé leur corps toi ? Non non, je me rappelle, j'ai un vague souvenir de voir les voisins sortir les corps de la maison et les mettre dans la dans la tombe.

Et tu pas peur qu'il revienne les les les méchants ? Je pensais pas à ça à ce moment-là. Je je pensais pas à ça.

Euh j'ai j'ai essayé de prendre le pou, on va dire, euh de ce qui se passait concrètement euh par les voisins euh par les voisins. Euh et et c'est ça qui est intéressant aussi, hein. C'est pour ça que euh tout à l'heure avant qu'on commence, on parlait justement de la complexité de l'être humain. pour les voisins, pour mes voisins, j'étais j'étais leur voisin, j'étais leur pote.

Donc j'étais celui dont la famille complete venait de se faire assassiner. Et euh pour les voisins, il était tout à fait normal qu'il me viennent en aide. Donc avec eux, je me sentais en sécurité. ce qui s'est passé, c'est ça, c'est un peu plus long à expliquer, je le raconte dans mon autobiographie, c'est beaucoup plus long, mais je suis resté avec un petit groupe de gens que je connaissais, des des voisins avec qui j'ai grandi euh jusqu'à la sortie de la capitale et où là ça a été le grand exode vers vers le Zaï, vers le le Congo.

Tu vas t'enfuir, tu es tout seul. Je vais m' m'enfuir et je suis seul. Ouais, faut comprendre psychologiquement, tu as tes parents, ta famille, enfin tes frères et sœurs et tu te retrouves seul d'un d'une seconde à l'autre.

Donc là, tu esas tu as personne vers qui aller. Pas de téléphone portable. Ah non, il y a pas il y a pas de téléphone portable.

Pas d'innet, tu peux écrire à personne. Pas d'internet. Euh et tu es dans un pays en guerre, enfin qui devient Ah oui, absolument, absolument.

Ouais, ouais. Et et je je fuis et en même temps, c'est dans ce genre de de grande tragédie humaine que le plus beau de de l'humain ressort. Moi, j'ai croisé plein de gens sur la route.

Euh, tu vas fuir ? Ouais, ouais, je je fuis. La route, c'est quand on fuit.

Vous avez vu les images, les images tournent encore aujourd'hui à chaque 7 avril quand quand on commémore ces tragédies, on repasse ces images souvent de tous ces milliers de personnes qui fuient la capitale pour aller vers vers le vers le Zaï, vers le vers le vers le Congo. J'étais parmi ces gens-là qui qui a qui tu marchais qui marchaient sans trop savoir. Et tu manges tu manges comment ?

Quoi ? Comment tu vas vivre seul pendant 3 mois ? C'est dire 3 mois.

Ah mais c'est c'est pour c'est c'est pour ça que je te parlais de la de la solidarité et de l'humanité qui ressort quand tout le monde est un petit peu dans la merde. Euh les gens qui galère et moi je rappelle il y a une famille à un moment donné euh c'est une scène que j'ai décris dans mon premier bouquin aussi où une famille euh une famille papa, maman et deux deux jeunes enfants au bord de de la route. Euh il ils arrivent à s'arranger, ils font cuire des des pommes de terre.

J'en parle dans ce bouquin en fait aussi dans dans dans euh j'en parle parce que je reparle à mon papa de cette scène. Euh il y a une il y a un chapitre sur le bonheur et sur le désir et la relativité de de ce qui nous importe selon ce qui nos circonstances. Euh où justement je me rappelle de cette scène où le le le il y a cette famille donc qui fait bouillir des patates parce que c'est tout ce qu'il y avait et il me partagent.

Ils ont deux gamins quand même hein. Ils ont deux gamins qu'il faut qu'il nourrissent à la limite il pourrai se dire mais non nous déjà à la base onjà du mal vivre on a déjà du mal. Non, ils m'ont ils m'ont partagé euh leur leur leur portion de pommes de terre et dans le bouquin, j'en parle à mon père où euh où il me dit "Mais vous euh vous" il pu s'adresse à moi quand il dit quand il parle quand il dit "Vous, il parle vous les humains sur terre, il dit "Mais vous avez eu du mal parce que vous êtes toujours la course vers le bonheur mais il arrive jamais.

Vous toujours vous avez vous avez toujours un nouveau désir, un nouveau besoin. Mais là, il me rappelle de cette scèneel. Il me dit "Te rappelles que le cette cette pomme de terre que tu as mangé au bord au bord de la route, c'est pas la meilleure bouffe que tu as jamais à laquelle tu as jamais goûté ?" Je lui dis "Bah oui, à l'époque oui." Mais aujourd'hui, je goûte à des trucs qui sont quand même vachement plus sympa que que un bout de pomme de terre.

Ben, elle me dit "Bah voilà, bah c'est ça, c'est c'est le le le bonheur, c'est un truc qui change de place à chaque fois." À chaque fois. Euh et tu vas marcher donc du pendant 3 mois, tu tu vas il y a des checkpoint et tu tu vas voir toujours des gens se faire assassiner ou au contraire tu vas avoir de la chance de passer par certaines routes safe.

Comment ça se passe ? Non non c'est non c'est une route. Alors je m'appelle c'est une route qui est j'app dire autoroute.

C'est pas une autoroute mais c'est la route principale. C'est la grande route qui part de de Kigali qui va jusqu'à Guissinii qui est le le la ville frontalière avec le Congo et on traverse plusieurs villes comme ça. Et tu vois des dangers là où ou il y a des checkpoints et les checkpoints qui sont là sont des checkpoints de de l'armée régulière, l'armée du du gouvernement mais qui était pas forcément mais qui fuit, c'est le gouvernement fuyant.

Parce que à ce moment-là, quand on a quitté la capitale, quand moi j'ai quitté la capitale, le FPR, donc le qui qui est le le le l'armée du du pouvoir encore en en place aujourd'hui, avait déjà occupé la capitale. Donc moi, je faisais partie de toute la toute cette foule de gens pour la plus la grande majorité d'entre eux des outou qui fuyaent parce qu'il disait le pouvoir vient de changer et qui était un petit peu pris en otage entre l'armée régulière qui une fois de temps en temps s'en servait un petit peu comme bouclier quand même et le FPR qui chassait tout le monde vers vers l'ouest et tu entendais vers l'est pardon tu attendais tous les jours des tirs c'est c'est un truc ou il y avait Ouais il y avait encore des tirs évidemment Oui parce qu'on était on était On était pendant les 3 jours euh de de cette marche là, on entendait encore des tirs de de il y avait des bruits de mortiers, des tirs de de de grenades. Euh on voyait aussi sur sur la route, on voyait c'est plus des choses que je raconte il y a une chanson sur mon premier album où j'en j'en parle aussi.

On voyait des des des corps dans dans dans des rivières longeant la route où on marchait mais mais c'était la même route où on était tous entassés, on marchait vers l'est et il y avait des checkpoints et c'était checkpoint de de l'armée euh qui fuyait justement l'ancienne armée rwandaise. Mais il laisse passer tout le monde. Tout le monde s alors non, il laissait pas passer tout le monde.

Il laissait pas passer tout le monde. Euh parce que l'armée déchue évidemment, elle est encore plus violente qu'avant parce qu'elle est déchue. Donc là, ils étaient dans l'extermination mais totale et donc ils étaient encore à la recherche des derniers tout qui auraient eu la bonne idée de de fuir alors que leurs amis venaient de prendre le pouvoir.

Et à ce moment-là, le tri, il était là, il était même plus carité, il était même plus sur carte d'identité. C'était physiologique. C'est vrai.

Ah ou ouais, c'était je te regarde, je te regarde ton nez, je ouais taille machin tout votre côté. Quel enfer ! Ouais ouais.

Et je raconte aussi dans Ils t'ont fixé toi ? Oui. Oui.

Parce que moi j'avais je dis dans le livre que j'avais un physique de bâtard parce que biologiquement mon père a eu beau changer son ethnie dans ses cartes d'identité. Génétiquement il m'avait laissé des choses. Et je me rappelle que quand je suis sorti de de tout à l'heure j' racontaé que je suis sorti de ma maison puis j'étais plus ou moins protégé par des potes dans mon voisinage et eux-mêmes me disaient "Frère physiquement il y a des checkpoints et tu te passeras pas." Mais qu'est-ce qu'il faisait ? tu tout de suite les gens.

Ouais. Ouais. Ouais.

Il mettait les gens à côté puis il y avait il y avait des fausses puis où il les les amenait un petit peu plus loin et c'était à la machette, c'était à la balle. Voilà, c'était euh le le le un festival de de de de bestécialité quoi. Et tu devais tu devais trembler intérieurement à chaque passage de Guillaume.

Alors ça c'est le truc un peu étrange, c'est qu'à aucun moment j'ai eu j'avais peur. Je sais pas ce que c'était. J'étais habité par cette espèce de conviction très étrange que j'allais m'en sortir alors que la mort était tout autour de moi.

Je sais pas pourquoi mais je je je après c'était peut-être aussi euh informé par le fait que j' été le seul à survivre dans une dans un groupe de h personnes. Je me suis dit bah ce serait quand même dommage de de mourir 24 heures plus tard. Soit je meurs avec les miens ou je meurs pas.

Ça n'a aucun sens. Mais au-delà de ça, j'étais habité par cette conviction que j'allais m'en sortir. Donc j'ai je savais qu'il y avait la peur autour de moi.

Euh la la peur pardon, la mort autour de moi. Et comment tu as passé le checkpoint ? C'est que tu avais un physique plô.

Il y a alors il y avait les premiers checkpoints étaient des checkpoint un peu plus light, mais il y avait un checkpoint qui était le dernier avant d'arriver dans le dans la ville euh de Guisseign qui était la ville du président assassiné qui était donc le dernier bastion euh de ce qui restait du pouvoir euh de de de ce régime là qui qui n'était plus qui n'avait plus aucun pouvoir. Mais le dernier bastion de ce pouvoir là était la ville du président assassiné Guiss qui était donc à l'est du pays, à l'ouest pardon, à l'ouest du pays. Et et je me rappelle que les gens me disaient, pas moi nécessairement mais j'entendais dire parce qu'on était toute une foule qui marchait et ça bon tuentends tu captes des trucs, les gens se parlent de ce qui arrive, ce qu'on aé laissé derrière.

Untel, j'ai appris qu'un tel à Fessi, à Kigali, il paraît que nos maisons ont été pillées. Voilà, ça ça se parle. Alors aujourd'hui, j'allais même pas à comprendre comment les gens se parlaient.

Il y avait pas de portable. Je sais pas comment comment les gens arrivaient à obtenir ces informations. Mais à un moment donné, j'entends on approche du checkpoint de Guissegi et j'entends les gens dire "Ouais, là ils sont hardcore, il ils te regardent et euh s'il y a le moindre doute que euh que tu sois, tu y passes." Et euh et à quelques centaines de mètres de ce point, j'entends mon nom, il y a quelqu'un qui m'appelle, il m'appelle par mon petit nom Conny.

Je sais que seuls les gens qui sont allés avec moi au primaire connaissent. Parce que toi tu Corneille c'est ton pseudo ton vrai prénom c'est Cornélius. Cornélius à la naissance mais à c temps j'ai changé de nom parce que les gamins de l'école arrivaient pas à dire Cornélius.

Donc jeanda Ouais au Rwanda c'était compliqué donc j'ai changé Corneille. Mes parents m'ont laissé faire sur mes cahiers de devoir j'ai commencé à écrire Corneille. Donc depuis l'âge de de 7 ans, tout le monde m'appelait Corneille.

Mais Conny aussi c'était le petit diminutif. À la maison m'appelait comme ça puis les proches m'appelaient comme ça. À l'école il y avait des potes qui m'appelaient comme ça aussi.

Donc je suis à quelques centaines de mètres du de ce checkpoint fatidique et euh j'entends mon mon nom à Tu sais que tu as peu de chance de passer quoi. Ah ouais où on où je sais que ouais il y a il y a très très peu de chance que je passe et euh et je me retourne et je je remarque ce gars et je dis mais ouais oui c'est c'est lui je vais pas dire son nom, j'ai pas j'ai pas envie de l'afficher mais je dis c'est lui on va l'appeler Olivier. Tu dis "Ah, c'est Olivier.

Je suis allé euh je un mec qui t'appelle par ton prénom ?" Par mon prénom, je regarde. Ah bah oui, je le reconnais.

C'est un mec avec qui je suis allé à l'école. Il était en était en 4e primaire ensemble. On jouait au foot ensemble et euh mais là il est en tenu militaire.

Il est en tenue militaire, il est dans un jeep militaire. Et là, il m'appelle, il me dit "Ouais, vas-y, vas-y, viens, viens voir." Je je m'approche, il me dit "Tu passeras pas le prochain checkpoint.

Viens avec nous. Je rentre dans le jeep, on arrive au checkpoint, il y a un mec qui tu vois je ça pareil hein, tu vois dans tu vois la saison que c'est fini, tu vois que le mec il rigole pas et tu tu pardon tu fais confiance à celui qu'on va appeler Olivier ? J'ai rien à perdre.

Bah si la vie. Ouais mais je veux dire c'est soit le checkpoint. Non mais au pire tu fais demi-tour et tu attends.

Non mais non, je me dis la la manière dans il m'a appelé avec tellement de bienveillance. Ouais mais on sait jamais là. Ouais, mais on était à la fin d'un d'un d'un parcours.

Euh, il aurait pu simplement me laisser laisser ses ses collègues en face se s'en charger. Et d'ailleurs, ah oui, c'est ça, c'est ça que j'ai oublié, je le raconte dans dans mon premier bouquin. Euh le le checkpoint avant ce fameux checkpoint, il y a un premier checkpoint où là je me fais arrêter.

Là, je me fais arrêter et le mec me regarde, il me dit "Ouais, vas-y." Il me dit ça, je m'en rappelle. Elle me dit dit non j'en ai trop tué aujourd'hui.

De toute façon devant mes collègues ils vont sont chargés, c'est sûr. Et c'est comme ça que je sais qu'en fait en face je passerai pas, ça sent pas bon. Donc quand lui m'appelle par le ce nom que je le reconnais du primaire machin et tout, je fais un calcul rapide, je je j'évalue mes mes risque, je me dis je suis mieux avec lui euh que ouais que sans lui.

Sans lui. Et et effectivement, j'ai raison parce que je rentre dans le jeep et lui ce qu'il me dit, il me dit "Ouais, j'ai appris euh euh c'est un truc de film, il me dit "Ouais, on a appris ta famille a été tuée par le FPR." Donc tout de suite il me met dans son camp en fait. tout de suite, il met dans son camp parce que en vrai de vrai, j'ai rien à voir dans cette foule parce que euh j'ai la tête d'un toutsi dit certains et surtout j'ai un père touti à la base.

Donc, j'ai pas j'ai pas d'affaires à fuir vers vers l'ouest avec toute une foule parmi laquelle se cache aujourd'hui, je le sais, des génocidaires, des gens qui ont tué des gens, sont cachés dans la foule. Ah bah oui, bah oui, bien sûr. Et et donc ce ce donc mon ami Olivier, il me dit "Ouais, viens, je rentre dans la voiture, on arrive au dernier checkpoint, le le le pire.

Et le mec qui est au checkpoint, s'avance vers la voiture, il remarque, c'est une voiture de l'armée de l'armée de l'ancienne armée randaise, de l'armée qui est en train de fuir vers le Congo. Et il regarde, il me regarde moi. Alors, il il demande à Olivier, il dit "C'est qui lui ?" Il dit "Non, non, lui c'est c'est un des nôtres.

Je veux pas faire de parallèle, c'est non, je vais éviter de faire ce parallèle là. Mais mais tu comprends que j'ai j'ai pas de j'ai pas de camp. Ouais, j'ai pas de camp.

Et et si j'en ai un, c'est celui de du mec qui vient de se faire assassiner toute la famille. H mais je suis dans dans un jeep avec un pote de de d'école primaire, [ __ ] incroyable, qui a fait je ne sais quoi. Peut-être qu'il n'a rien fait parce que je pense qu'il y a des membres de cette armée là qui n'ont rien fait parce que j'en connais qui ont essayé de protéger des TSI.

Il y en a et j'espère j'ose espérer qu'il fait partie de ces gens-là. Mais peut-être que non. Tout ce que je dis, c'est pour ça que tu dis pas son vrai nom.

Ouais, c'est pour ça que parce que lui il t'a sauvé la vie quand même. Il m'a sauvé la vie. Il m'a sauvé la vie.

Il m'a clairement sauvé la vie. Et il dit "Non, lui, il est avec nous. dire "OK, vas-y, passe." Et on passe cette frontière.

Et c'est après cette frontière que je me dis "Bah là, je pense que j'ai la confirmation, je vais m'en sortir." Et qu'est-ce qu' te dit ? Qu'est-ce que tu lui dis à ton ami enfin de d'école primaire qui te fait passer ?

Alors, premièrement, déjà, on parlait de malaria, pendant ce cette marche, je chope la malaria. Donc je suis sur mes derniers sur ma dernière batterie là, je suis à à 10 %. Je suis crevé, je suis mort et je pense que le le j'ai tenu jusqu'à passer cette ce point là et après je pense que je me suis effondré, j'ai dormi, je suis arrivé dans la ville dans le centre-ville de Guissie où j'ai retrouvé plein plein plein plein de gens que je connaissais de des gens avec qui j'étais allé à l'école, des gens que que je connaissais du quartier, euh des familles euh il y a il y avait il y avait une famille, il y avait de deux potes à moi dont la famille venait de cette ville-là de Guissiei.

Euh donc qui m'ont reconnu, qui m'ont dit "Viens, on va s'occuper de toi un petit peu." Euh j'ai retrouvé une amie de de mes parents qui était aussi une areine qui m'a payé un billet pour me pour que je me retrouve à Kinshasa. Donc on a traversé de l'autre côté de de cet immense pays.

Je me suis retrouvé à Kinshasa. Ouais, tu as fait Congo, Kenya Zair et après de Kinshasa, j'ai réussi à me mettre en contact avec de de grands grands amis de de ma famille la famille de Loune, Jean-Paulé Marien de Loune qui me cherchait, je lui ai appris par la suite qui dès qu'ils ont appris que ma famille avait été assassinée avait appris qu'il y avait eu un survivant. Il savait pas que c'était moi, il savaiit juste qu'il y avait un des gamins qui avait survécu et il il me cherchaient, ils trouvaient de de l'info sur moi.

Et arrivé à Kinshasa, j'ai réussi à mettre en parents en Allemagne. Oui. Oui.

Parce que je disais, mon père a gardé de était resté très très proche de de de l'Allemagne et il avait beaucoup d'amis en Allemagne dont ceuxlà qui étaient ses plus grands amis. Euh et donc il m'a envoyé un billet euh chasse à Nairobi. Nairobi de seldoffre en Allemagne et je suis arrivé en Allemagne le 15 août 1994. [ __ ] !

Donc tu as fait Ouais, Congo Kenya Zair Allemagne. Ouais. Euh et tu vas habiter chez eux pendant un moment ?

Ils vont te loger, ils vont t'aider. Ce couple Ah mais ils m'accueillent comme si j'étais leur enfant. Je je les appelle mes parents aujourd'hui c'est mes parents adoptifs.

Ouais. Ouais. Je leur parle régulièrement.

Euh en comme comme je disais dans dans toutes mes dans tout ce dans tout ce parcours un peu un peu cabossé avec beaucoup de tragédies, beaucoup de drames, j'ai aussi rencontré la beauté humaine et la bonté humaine et et ce couple là, ils font partie de ces gens-là qui me disent que euh l'être humain vaut la peine d'être aimé quand même. Il vaut la peine de qu'on lui donne une deuxième chance parce qu'il y a des il y a des humains comme ces gens-là qui n'avaient pas de gosse, aucune expérience avec la parentalité et ils arrivent un gamin qui arrive, un grand gamin quand même abîmé 17 piges complètement abîmé et ils disent non on va te prendre viens chez nous et on va s'occuper de toi comme si tu étais le nôtre. Euh grande leçon sur ce que sur justement la le spectre d'humanité.

L'humanité, tu vois, c'est ça aussi. En quelques mois. En quelques mois.

Donc je reste en Allemagne pendant 3 ans. Euh je finis euh le secondaire, le lycée. Tu vas chez un psychologue tout de suite ?

Non. En Allemagne ? Non.

Non. Non. Pour plein de raisons.

La première étant que je viens d'une culture africaine où seuls les fous vont voir un psi. Et moi, je me trouvais pas fou. Je me suis dit "Bon, ça va, je suis fonctionnel encore.

Euh, j'avais 17 ans, donc on me pardonnera la la naïveté." Moi, je dis "Non, ça va, je vais m'en sortir seul comme un grand." Euh aujourd'hui Jean-Paul et Marianne, parce qu'on est capable de d'en reparler euh et et ils m'ont dit euh il y a il y a quelques années, on on ne savait pas si c'était le bon moment, on savait pas si tu étais prêt à affronter tout ça.

Nous, pour nous, on on a surtout pensé que notre rôle c'était de t'offrir euh tout ce qu'il te fallait pour trouver un sens de la normalité. Et ils avaient donner un cadre. Ouais.

Don un cadre. Ouais. Et ils avaient raison parce que ce n'est que une décennie plus tard que j'ai j'ai eu le courage d'aller voir un psi.

Ah ouais 10 ans [ __ ] Ouais ouais ouais. Donc tu vas faire tes études là-bas. Ouais.

J'ai juste une petite pause mais il y a un extrait du livre page 252 qui s'appelle la mémoire du pardon. Donc c'est un rapport avec le le sujet. Ouais.

Tu dis "Et tu t'adresses aux assassins de tes parents dans le livre. Ouais. Et tu dis "S'ils étaient devant moi leur dire je vous pardonne, reviendrai à les tuer une deuxième fois parce que j'estime que on que quand on tue délibérément on meurt avec sa victime." Ouais.

Euh, tu parles de ça et tu parles de beaucoup du pardon aussi. Euh, pourquoi tu parles du pardon ? Parce que ça c'est impardonnable.

Ah [ __ ] j'ai Ouais, c'est compliqué. Euh je suis passé à plein de de euh à plein d'étapes avant de de de me réconcilier avec euh avec cette grande partie de de ce passé-là. Euh et à chaque étape, je me suis rendu compte que tout passait par le pardon.

Et euh quand j'ai commencé ma carrière à la sortie de mon premier album, la question la plus récurrente a été comment est-ce qu'on peut vivre tout ce que tu as vécu et parler encore d'amour aujourd'hui et parler encore de vivre ensemble et pas et à chaque fois je me disais bah oui en fait oui euh c'est une question qui vaut la peine d'être posée. Pourquoi j'ai pas j'ai pas pété un câble encore ? Pourquoi je pourquoi est-ce que le lendemain de de l'assassinat de de ma famille j'ai pas pris les armes ?

Il y en a qui l'ont fait. Pourquoi je me suis pas engagé dans l'armée l'une ou l'autre hein ? Parce que j'avais j'avais j'avais le choix.

Pourquoi j'ai pas pris soit un AK47 ou un M16 pour aller venger les miens ? Choisir un camp, me dire je pourquoi et et j'ai tellement creusé, je j'en ai fait une obsession parce que c'est j'ai compris que c peut-être quelque chose qui valait la peine d'être partagé. Si un jour je trouve la réponse, hein.

C'est c'est un truc qui vaut la peine d'être partagé quand même. Comment on résiste à la haine ? C'est c'est peut-être une clé intéressante à à à partager.

Et à chaque étape de cette recherche là, je tombais sur le pardon et pendant longtemps, j'ai pensé qu'il fallait pardonner aux hommes qui m'avaient fait du mal. Et au final, je me suis rendu compte que plus que le pardon, ils sont sur mon ils ont été sur mon parcours. Euh et ce que je vais dire va sembler très étrange.

Euh limite, je les remercie. Pas parce qu'ils m'ont fait du bien. Ils m'ont fait le pire qu'on puisse faire un être humain.

Je pense que la la seule pire chose, c'est de perdre son propre enfant. Ça, je pense que c'est probablement ce qu'il y a de pire. Mais juste après, c'est perdre toute sa famille.

Euh et en même temps aujourd'hui, je regarde ma vie, je regarde mes enfants, j'aime ma vie exactement comme elle est. J'aime mes enfants exactement comme ils sont. J'aime mon épouse exactement comme elle est.

Je je j'aime mon bonheur exactement comme il est dans toute cette dans toute sa spécificité. Et si je change ce soir-là, si si je change ne fus un événement euh une parole à euh un mouvement de cette nuit-là qui est archi tragique, bah j'ai peur de toucher à mon bonheur présent en fait. C'est-à-dire que la vie d'une ex le une existence humaine, c'est c'est un trait où tous les points sont liés.

En fait, je peux pas parler de de mon bonheur et et le fait que je sois assis devant toi en ce moment. Et euh là, je te parle de choses quand même très très dures et j'arrive à t'en parler sereinement. Euh c'est aussi parce que j'ai été contraint par la vie de me poser ces questions-là et de découvrir que l'amour était possible après le pire. et et euh et ces ces hommes qui sont rentrés chez nous cette nuit-là.

Euh moi, j'ai un petit peu cette cette croyance là. Je pense que rien n'arrive pour rien dans la vie. Je pense que tout ce qui nous arrive à une fonction, tout ce qui nous arrive à une utilité, surtout les choses qui nous font souffrir.

Et je pense d'ailleurs que les choses qui nous font le plus souffrir sont nos plus les choses qui nous qui nous apprennent le plus sur notre destinée, qui nous qui nous apprennent le plus sur euh sur sur nous et sur notre destination. Donc j'ai j'ai je peux je parle de pardon euh à eux peut-être. Oui, mais il m'appartient même pas à leur pardonner en fait.

J'espère qu'ils sont pardonnés eux. Moi, je dois me pardonner de ne pas avoir pu sauver ma petite sœur. Moi, je dois me pardonner ça parce que ça ça m'habite beaucoup plus.

Euh, j'ai passé plus de de nuit à aller me coucher en pensant à ma petite sœur qu'en penser à ces hommes-là. Euh, on a tous un on a on a tous un regret. On a on a tous des hones.

On a tous des hones. On a tous le truc qu'on aurait aimé faire, qu'on n pas eu le courage de faire. Et quand on a la chance de s'en sortir plutôt pas mal sur sur l'échelle morale des choses, et ben on se doit, on a on a la responsabilité d'être plus indulgent à à ceux qui ont qui ont eu des vies tellement dures que ça les a amené à à commettre le pire.

Certains génocidaires ont été retrouvés après quand tout ça s'est terminé. Euh donc c'est certains je crois chefs ont été condamnés à mort même en 2007 beaucoup enfin plus tard hein quand même plus de 13 ans plus tard. Euh est-ce que ça t'a fait du bien de savoir qu'il a été qu'il y a eu quand même une vengeance avec la justice euh que certaines Est-ce que c'est tu vois ça était quoi ton point de vue toi là-dessus qui a perdu ta famille ?

Est-ce que ça m'a fait du bien ? Je peux pas dire que ça m'a fait du bien. Je me suis dit il y a une il y a une part de la justice qui a été rendue.

Une part de la justice qui a été rendue. Mais ce qui me ferait encore plus de bien c'est que moi quand je suis parti du randage, je me suis dit bon, je pense et j'espère avoir vécu un des derniers génocides. J'espère que on va en parler.

J'espère qu'on il y a eu le génocide des Premières Nations euh en Amérique, il y a eu euh l'holocaust évidemment, la choa, il y a eu il y a eu l'Arménie, il y a maintenant le Randa, je me dis merde, j'espère que l'humanité va apprendre. Je désespère parfois de temps en temps, faut que je me raccroche à des humains comme Jean-Paul et Marien pour me dire il y a du bon chez l'humain quand même. Mais la punition d'un homme par un autre n'est pas quelque chose qui me rassure parce que ça ne me garantit pas que le pire ne se reproduira pas.

Aujourd'hui, je regarde la Palestine, je regarde la République démocratique du Congo qui m'a accueilli, hein, qui a été une terre d'accueil pour moi brièvement, mais qui quand même je suis passé par là. Les Congolais, les Congolais sont mes sœurs, sont mes frères. Euh je regarde le Soudan dont on ne parle pas mais il se passe des choses terribles.

Le ça ça ça ça part en sucette un petit peu partout dans le monde. Euh l'homme arrive quand même toujours trouve toujours le moyen d'être une bête pour l'homme et je n'ai pas l'impression que quand on punit le méchant on guérit. non seulement guéri, mais qu'on [Musique] qu'on assure que ce genre d'atrocité n'auront plus lieu, ne se passeront plus, ne se reproduiront plus.

J'ai pas l'impression que par la punition et par l'exemple, on on remplit ses cœurs d'amour. En fait, je je ne pense pas et moi je pense que la vraie justice pour moi serait de trouver un moyen de faire en sorte que ces gens-là qui à un moment donné de de leur vie n'avaient avaient lu avait un vide spirituel total dans leurs yeux en retrouve un petit peu de cet amour retrouve un petit peu de leur leur humanité. Ça ce serait une justice parce que ça ça me dirait que on s'en va dans le bon sens.

Est-ce que tu es déjà retourné au Rwanda depuis ? Non, je suis pas retourné. Euh non, je suis pas prêt.

C'est vrai. Ouais. Non, je suis pas prêt.

Euh beaucoup de traumas. Alors, il y a une il y a une part très irrationnelle évidemment parce que j'associe encore euh euh le pays euh le physique de ce pays, la la le le les odeurs, les couleurs, le le physique de ce pays a des choses très euh très dures. Euh différentes sensations que tu pourras retrouver.

Ouais, ouais, ouais, ouais. Euh d'une part et de l'autre, c'est c'est un pays que je ne suis pas encore tout à fait réconcilié. Euh je sais pas si j'ai envie, moi j'ai envie d'y retourner pour montrer à mes enfants où papa a grandi.

Euh dans la maison où ta famille est enterrée toujours là-bas ? Ma famille est encore enterrée mais je n'ai plus la maison. La maison a des gens qui sont arrivés, ils l'ont prise.

Ils l'ont prise. Euh donc il y a tout ça. Tu jamais appelé ou recherché sur Google Map voir si elle y était encore tel endroit à la maison encore là.

J'ai même un mon oncle justement qui qui est au Canada à une époque qui était allé au Rwanda, il est revenu puis il m'a dit "Ouais, c'est une famille de militaire qui qui est dans la maison puis voilà, ils l'ont prise. Ouais, ils l'ont prise. Donc tu vois, c'est c'est c'est compliqué, c'est de retourner là-bas.

Oua, c'est compliqué de retourner là-bas. Je dis toujours euh les Rwandais sont toujours mon peuple, mais je suis pas sûr que le Rwanda soit encore mon pays. Euh c'est Ouais, c'est dur comme phrase.

Ouais. Ouais, mais mais c'est c'est ma réalité. Ouais, c'est ma réalité et et mais je sais aussi que c'est il va falloir un jour que j'y retourne plus que pour boucler la boucle.

Je pense c'est nécessaire. Enfin, le deuil complet. Le deuil.

Ouais, ouais, ouais, ouais. Euh ça va faire 31 ans que le génocide rendait a eu lieu. Il y a une commémoration mémorielle de la choa à Paris.

Euh euh je sais qu' parfois il ils prêtent leur salles et ils font d'autres expositions et notamment pour euh pour ce genre d'événement-là. Euh tu es allé voir l'exposition ou pas toi ? Tu as pu y aller ?

Non non non, j'y suis pas j'y suis pas allé. Euh je pense qu'on a on on c'est important ce travail de mémoire est très important. Je pense qu'il est très très important.

Je ne suis pas certain euh de comprendre dans quelle mesure euh lorsque on insiste sur l'aspect graphique de l'horreur euh année après année, ça guérit les âmes vraiment. Je suis pas certain euh je je je pense qu'il y a une part de ce travail-là qui est indispensable, mais que dans dans sa présentation, quand on remontre des crânes, quand on remontre euh on ramène à la surface l'horreur visible de ce que ça a été, je me demande en quelle mesure ça ne fait pas justement ravive ça ravive et ça et ça ça redonne et ça reconfirme les raisons pour lesquelles les gens sont déchirés, c'est pour pas oublier aussi. C'est ça qui est compliqué, c'est mais on n'oublie pas de toute façon frérot, on n'oublie pas ce genre de choses.

Il y a aucun randé qui va oublier. Impossible que tu l'es vécu dans ta chair ou que tu l'es vécu de loin, il y a aucun rendé qui risque d'oublier. Et pour ceux qui l'ont pas vécu, c'est bien aussi de savoir que ça existit.

Oui, bien sûr. Mais c'est pour ça qu'il faut préserver, il faut en parler. C'est pour ça qu'on écrit des bouquins.

C'est pour ça qu'il y a des il y a a y a il y a plusieurs victimes du génocide des tous qui ont écrit des livres, qui ont raconté leur histoire. Ça c'est important. Je parle de la présentation de certaines choses.

Euh je te dis une bêtise. Le le papa de Stromae Paul était Randé non ? Oui oui euh oui je pense que oui.

Ouais je pense ou était Randé Randé touts. Ouais je pense. Ouais je crois qu'il est décédé dans ce conflit aussi si dis pas de bêtises.

Ouais je pense. Ouais je pense. Ouais.

Euh il y a il y a eu d'autres tu tu as connu d'autres personnes qui ont fui le pays qui ont vécu la même chose au Canada ? Ah oui je alors j'en ai rencontré plusieurs. J'en ai pas rencontré beaucoup qui ont vécu exactement ce que j'ai vécu à savoir perdre tous ces membres de famille d'un coup.

Ouais ouais d'un coup. Mais j'en connais beaucoup qui sont qui ont perdu un membre ou deux ou qui ont carrément fui le pays avec toute leur famille. Euh j'en connais, j'ai un de mon premier vrai euh meilleur pote euh ça il s'appelait Martin Gapita parce que il nous a quitté il y a pas longtemps.

Lui était au Randa jusque jusqu'à jusqu'à un an et demi euh et j'ai repris contact avec lui et il était atteint d'une d'une maladie. Il est il nous a quitté euh pas longtemps après. Euh donc il y a des gens que je connais qui sont là.

Euh, j'ai aussi des potes qui sont avec qui je suis allé à l'école. des vrais potes, hein, mais vraiment des vrais vrais potes qui sont aujourd'hui aux antipodes euh idéologiques et politiques. Euh certains qui sont en Randa, qui sont membres du gouvernement en Randa et d'autres qui sont dans l'opposition de ce même régime.

Et tout ce que j'ai comme souvenir, c'est d'être devant l'école en en attendant que nos parents ou ou les chauffeurs de nos parents viennent nous chercher devant l'école belge où on parlait politique un petit peu mais on parlait de musique, on parlait de on parlait basket, ils sont dans un camp opposé aujourd'hui et ils sont dans un camp mais je je parle pas d'opposition parce qu'ici quand on parle de d'opposition politique, c'est deux personnes qui se retrouvent sur un plateau un plateau de télé qui se rentent dedans Puis euh là, je te parle d'opposition de ils peuvent pas se parler, le dialogue est impossible entre eux. Et euh et et ça ça me déchire parce que et c'est pour ça que je dis que Leoranda, je suis plus certain que Lauranda soit mon peuple parce que pour moi il il représente encore par le par le lien ou le manque de lien de d'une de de mes amis d'enfance de et de jeunesse une certaine impossibilité ou en tout cas une difficulté à se réconcilier euh parce que il y a un ter fragile encore, tu vois. Ouais.

Ouais. Parce que pour moi, tant que j'ai j'en ai deux en tête précis, ils se reconnaîtront, j'en ai deux en tête que le jour où ces deux amis là se serront la main, je retourne au Randa. En 97, tu as tu as 20 ans, donc tu arrives à 17 ans en Allemagne, tu disais que tu passais à peu près 3 ans chez les amis de tes parents qui qui vont t'adopter.

Finalement, ils vont t'adopter au sens propre. C'estd qu'ils vont mettre leur nom de famille, ils vont te donner leur nom ou il Non non non administr administrativement et voilà je je prends pas leur nom peut-être qu'un jour je le ferai d'ailleurs. Euh mais non mais il me protège, il me il me donne tout euh il m'offre tout.

Euh même que quand j'arrive au Canada à 20 ans, du coup 3 ans plus tard 20 ans euh 3 ans plus tard, je vais à l'université euh de Concordia mais j'ai pas j'ai pas les papiers en fait. Donc je suis sur un visa euh un visa de rendé toujours passeport rendé et je suis sur un visa euh de de visiteur donc mais je je veux aller je vais à l'université et donc ça coûte une blinde au Canada ou au Canada et c'est Jean-Paulet Marianne qui me paye la première année scolaire. Ah oui, il te supporte complètement mais mais 100 % donc ils sont mes parents, je les appelle mes parents adoptifs parce qu'ils ont joué ce rôle. [ __ ] c'est fou.

Ouais. Tu leuras présenté tes enfants quand ils sont arrivés. Ben en fait, j'ai ils sont ils sont ils sont venus à mon mariage.

Je me rappelle que c'était euh un grand moment pour moi parce que en fait ils ont été témoins de chaque de chaque étape importante de ma vie et même de ma carrière. mon mon premier mon premier zénite euh mon premier Olympia et mon premier zénite euh je les ai fait venir de l'Allemagne pour qu'ils viennent. Je leur ai pris la chambre d'hôtel, je les ai mis bien, le fantasme de tout artistes qui réussit comme ce que j'aurais espéré faire pour mes propres parents.

Et ils ont fait partie de de chaque étape de de de mes succès. Ils ont été présents euh et aujourd'hui dès qu'il y a quelque chose, un événement, je leur envoie des photos, on se parle, j'ai appelé Marianne à quelques jours. Euh ce c'est c'est voilà, c'est un lien défectible quoi.

C'est c'est pour la vie. tu vas faire tes études là-bas et 2 ans plus tard, c'est parce qu'on vient de loin qui arrive, tu te fais un groupe avant, tu te développes tout seul. Comment tu passes de d'étudiants canadiens à faire un succès à un million d'exemplaires ?

Ben en fait, dès que j'arrive à Montréal, très vite, je trouve des potes qui cherchaient qui avaient un groupe et qui cherchaient un 3è membre pour pour compléter leur groupe euh Gage et Gardy et on forme un groupe qui s'appelle One et on commence à faire à se produire un petit peu partout dans les petits clubs de Montréal. On fait des covers vendredi samedi entre des reprises. Ouais. des des reprises S R&B on joue à l'époque on fumait encore dans les clubs voilà on jouait de dans dans la fumée de de de minuit à 3h du mat hyper sain hyper sain hyper sain mais on a appris le métier hein on a appris le métier et euh à un moment donné je je me rends compte premièrement on est quand on commence on chante en anglais parce que voilà on est dans dans un mimitme on imite nos idoles donc normal Euh et à un moment donné, on se rend compte que étant au Québec, é à Montréal, que c'était pas le c'était pas le bon angle quoi.

Fallait chanter en français parce que c'est c'est c'était très compliqué de de de d'avoir une de faire carrière en de percé en anglais. Donc on s'est mis à à le faire en français. Et très vite, moi je comprends que j'ai envie de parler de mon histoire.

J'ai besoin de parler de mon histoire. J'ai besoin de de cette thérapie là. Et donc j'écris mon premier album parce qu'on vient de loin et à l'époque je travaille pour Air France.

Je je fais du télémach le le mec qu'on appelle qu'on a perdu ses bagages chez Air France. Tu es au call center ? Je suis au call center exactement et donc j'ai des billets pas chers pour venir venir à Paris et donc je fais beaucoup d'aller-retour pour venir rencontrer des maison disque.

Donc je rencontre tout le monde avec ma petite démo. J'ai commencé à à bosser sur ma démo de parce qu'on vient de loin. Euh et les les chansons ressemblaient étaient était je pense qu'il manquait que le mix hein et c'était proche de de l'heure et de la fin.

Je fais écouter tout toutes les tous les t tous les D grandes maisons disqu les les majeurs comme on dit et ils me disent tous non parce qu'il trouvaiit que il y avait un décalage, il comprenait pas, il y avait un décalage entre le texte euh euh trop profond et une musique quand même qui est plus accessible qui est s'appelait il disait c'est du R&B un peu donc c'est une musique de teenagger mais avec un texte d'adulte ça ça détonne. Bref, je dis OK, d'accord. Et en fait aujourd'hui, je les remercie parce que grâce à eux, j'ai je dis toujours au genre vous pouvez vous faire dire non comme vous voulez, vous suivez juste un oui et c'est bon.

Et je rencontre un monsieur qui s'appelle Francis Julien qui vient à Montréal qui voit un clip que j'avais déjà fait avec mes potes de l'époque qui dit "Mais qui a cris le morceau ? Qui est derrière ça ?" Je trouve que j'avais composé le morceau.

Euh qu'est-ce que tu fais ? Bah ça tombe bien. Moi ça fait quelques fois que je vais sur Paris, personne veut de moi.

Mais à la limite c'est pas très grave mais je veux pas changer ma musique parce qu'on me le demande. Il me dit bah fais écouter. Je dis bah voilà, j'ai un album qui est presque fini. dit "Ben en fait non, change rien." On le sort comme ça, il me signe sur sur la maison de disque Vagram qui est encore ma maison de disque aujourd'hui.

Tu as pas changé. Euh tu signes le le le le l'album, tu as pas d'argent à l'époque. Tu dis "C'est tes parents adoptifs qui t'ont payé l'université et cetera.

Tu tu n'as pas vraiment de d'argent. Euh tu vas sortir le morceau, 1 million d'albums vont être vendus. Euh tu vas tu vas pouvoir faire des cadeaux à ses parents adoptifs pour les remercier.

Tu vas pouvoir vivre après de de la musique directement de temps. Ouis. Euh non, ben je je me rappelle la la la première chose que j'ai fait c'est alors mes parents adaptifs étaient très aisés donc ils avaient pas besoin que ouais ils ils avaient pas de souci.

Mais je dis que la première chose que j'ai fait, c'est leur leur acheter des montres très chères juste en guise de de de reconnaissance puis juste pour leur dire je vous offre, ils en avaient pas besoin. Je dis voilà, c'est vous vous pourcier en guise de remerciement. Euh c'était touchant, c'était touchant de de pouvoir les inclure dans dans cette aventure là parce que ils étaient tellement proches de mes parents et surtout de mon père qu'à chaque geste, qu'à chaque fois qu'ils arrivaient qu' qui venaient me voir en concert, j'avais l'impression que mon père était là aussi.

Ouais. Parce qu'il il m' il me parle encore toujours de mon père. Euh il est euh il y a je pense qu'il y a il y a très peu de conversations qu'on a où mon père ne n'arrive pas parce que c'est quelqu'un qu'ils aimaient profondément.

Euh donc à travers eux, j'ai même réussi à vivre mon succès avec la présence de mon papa. Comme s'il t'avait vu. Comme s'il m'avait vu.

Ouais. Ça c'est un regret de beaucoup d'artistes qui ont perdu leurs parents avant d'exploser. C'est qu'ils a pas pu voilà.

Ouais. Ouais. Mais ça au concert.

Bah oui, bien sûr. Ouais, ouais, ouais, ouais. Euh, dans le livre, tu dis page 159, la célébrité.

Alors, c'est étonnant, la célébrité c'est une lumière qui met en cage. Ouais. Ouais.

Tu as mal vécu la notoriété. Ouais, j'ai mal j'ai mal vécu la notoriété. Alors, je sais pas si c'est un problème de personnalité.

Je sais pas si une personnalité qui est un peu incompatible euh avec une certaine lumière. Euh la lumière d'un artiste en musique est particulière en ça que tu euh il y a il y a un malentendu qui est qui est le suivant, c'est que tu fais de la musique, dans mon cas, tu es auteur, compositeur, tu écris sur ta vie. À la base, tu ne penses pas à la personne qui va écouter.

Tu ne penses pas à la télé qui va te poser des questions, tu ne penses pas au journaliste qui va faire une accroche. Tu n'as aucune idée. Tu es dans une démarche archipersonnelle.

C'est très naïve, tu me diras. Mais mais mais mais c'est vrai. Et en espérant quand même qu'un jour tu puisses en vivre, bien sûr, en espérant qu'un jour tu trouves ton public, mais ça n'intervient pas dans le processus de création.

Un jour, ton album sort, ça cartonne. Tu passes des petites salles à 150 personnes euh à 500, à 1000, 1200, puis un jour tu fais un zénite puis tu en fais plusieurs et un jour tu passes d'artiste ta personnalité. On dit personnalité publique.

Ton statut social change, tes amis changent. Euh, tu as des nouveaux potes d'un coup sympa. Euh non, pire que ça, les gens qui sont proches de toi changent.

Eux-mêmes, les les humains qui sont changent puisqu'il te voi autrement. Et et je comprends je comprends ce qui se passe, c'est que avoir l'admiration franchement parfois gratuite de beaucoup d'étrangers, de beaucoup de gens qui ne te connaissent pas, juste parce que tu as fait un truc et sur un malentendu, bah tu as fait un truc qui a touché plusieurs personnes. Euh quand tu as un petit peu de lucidité, tu te rends vite compte que c'est pas normal.

Et les gens qui sont autour de toi, euh je dis pas que ça a été le cas pour tous ceux qui m'ont entouré. Mais en tout cas, il y a quand même une grande partie des gens qui entourent une personnalité qui une personne qui connaît le succès et l'attention du public euh et la lumière médiatique rapidement comme ça parce que moi ça s'est passé quand même relativement rapidement euh où tout d'un coup tu sens que tu deviens la personne à travers laquelle d'autres peuvent vivre leur rêve par procuration et donc tu deviens un objet. Tu n'es plus le pote, tu n'es plus l'ami, tu n'es plus le tu n'es plus que ça en tout cas.

Tu es aussi la personne dont tu peux te servir dans un dîner et dire "Ah ouais, tu veux des tu veux accès ? Tu veux des billets ? Tu veux Ah bah oui, mais mais c'est c'est mon gars sûr.

Bah oui, normal, un coup de fil et tu deviens cet objet là. Tu deviens cet objet là, tu sais. et et et je comprends je comprends ce qui se passe à ce moment-là puisque quand ton pote quand ton ami de toujours passe de rien du tout à il est à l'Élysée et il sert la main au président de la République et la première dame est au zénite pour voir son concert et là tu dis mais attends on est dans un truc un petit peu surréel mais il y a des petits privilèges qui viennent avec ça que j'apprécie quand même et je suis capable de les apprécier parce que je suis son pote, parce que je suis avec lui ou parce que je travaille avec lui ou parce que donc tu deviens un homme ou une femme objet où il y a de l'intérêt Oui, il y a de l'intérêt et et on a tous tes rêves, on a on a tous des envies, des besoins d'être quelqu'un en société, c'est-à-dire un truc tout con, le restaurant où tuas don dont tu as toujours où tu as toujours rêvé d'aller, mais ça prend une plombe avant une réservation, limite tu en as pas. le jour ou parce que tu es le pote ou parce que tu connais ou parce que pour pour cette simple raison, tu es capable de prendre le téléphone, d'appeler ce même restaurant et te servir d'un prénom et les portes sont ouvertes, tu dis "Mais mince !" Alors oui, il y a un truc, "Ma vie vient de changer, sa vie a changé mais la mienne aussi avec." Donc pourquoi pas ?

Et et quand tu as un petit peu de lucidité, ah tu comprends très vite que c'est très très étrange quand même comme comme monde parallèle. C'est un monde parallèle le monde de de la notoriété. Mais là tu te rends compte parce que tu as du recul.

Non non, je me rendais déjà compte à l'époque. Ah ouais, tout de suite. Moi j'étais les gens qui me connaissent, ils savent hein.

Moi j'étais plus ça montait en notoriété et plus j'étais introverti et plus je me cachais et plus j'étais ah non moi j'allais pas en soirée. J'étais une fois de temps en temps j'y allais parce que j'avais deux trois potes qui disaient "Allez fait pas chier quand même déjà on peut entrer grâce à toi. Euh vas-y, on veut." Et moi je en fait je je me rends compte avec le temps que j'ai jamais eu la personnalité pour ce genre de lumière.

J'aime pas les foules, j'aime pas le bruit. Euh j'aime pas quand quand je parle à quelqu'un, je je j'aime bien qu'on qu'on puisse entendre et euh j'ai jamais été ça c'est l'histoire qu'on entend souvent de de la part de de plusieurs personnes dans le showbiz. Euh ah ouais quand j'étais gamin, j'étais toujours celui qui faisait le show.

Moi, pas du tout. Moi, j'ai jamais fait le show. Euh je suis un pitre entertaineur.

Je je sais pas divertir en fait. Je c'est pas mon truc. et et j'ai appris sur le tas comment on se comporte quand les caméras sont allumées, comment j'ai appris parce que je me suis dit bah il faut faire ça, c'est le job pour accompagner mon art.

Jusqu'au jour, j'ai craqué et euh en 2006, j'ai dit "J'arrête tout, je peux plus." Alors tu gagnais bien ta vie, ça marchait ? Ah oui, si j'étais au top, ça marchait, tout allait bien.

J'ai craqué, j'ai appelé mon ami Francis Julien qui est celui qui m'a qui m'a signé. Je lui ai dit "Je peux pas, je peux plus, je sais pas quand j'auraiis envie de recommencer. En tout cas, là pour le moment, je peux pas." Et n'importe quel autre boss de maison disque, en tout cas ce que je j'ai en tête aurait dit "Mais non, tu peux pas faire ça.

C'est précisément maintenant qu'il faut y aller quoi. Là, on est en 2006 2007, je sors de d'on 500 d'albums. Je suis au top, je sors d'une tournée de zénite.

Qu'est-ce que tu me fais chier ? Tu peux me dire "On arrête ?" Non non, c'est là qu'il faut y aller.

Et lui, il m'a dit tout de suite "Prends le temps qu'il faut, prends le temps qu'il faut." Et et ça c'est rare dans dans métier parce que j'ai des collègues qui n'ont pas qui ont fait le même genre d'approche et qui ont pas la même réponse. Ouais.

Il leur on dit "Tu fais ton que tu l'as signé." Exactement. et qu'on a voilà, on a on a pressé, on a pressé pressé et on les connaît, on va pas nommer de nom mais on a tous dans nos têtes plusieurs artistes qui étaient au top puis qui ont décidé de tout lâcher et généralement c'est parce qu'on leur a pas laissé la chance et le droit de se retirer de ce monde un peu étrange qui est le qui est le le la vie publique pour se ressourcer, pour trouver un peu de sens dans leur vie.

Ta femme Sopia, tu vas la rencontrer avant ou après 2006 ? Avant ou après soirée ? Juste juste juste avant.

Je la rencontre, j'étais au top de voilà, j'étais je l'ai rencontré en 2005. Elle travaille dans le métier ? Tu l'as rencontré comment ?

Pas vraiment, pas vraiment. La première fois que je la rencontre, elle était mannequin. Elle était mannequin à Montréal et elle était comédienne.

Euh, elle a joué dans plein de trucs. Elle a joué dans les invasions barbares, c'est qu' un film très connu québécois. Mais elle était mannequin.

Elle faisait de la musique aussi, mais pas euh elle elle l'écrivait, elle avait une amie avec laquelle elle faisait un peu de musique, mais elle était surtout mannequin. C'est comme ça qu'il gagnait sa vie. Et la première fois que je le rencontré euh c'était sur le clip où il y avait Sonia Roland justement et euh on avait euh on avait on avait du budget donc on a engagé euh des mannequins de de de haute qualité dans dans mon clip et elle faisait partie de de celle-là mais je l'avais calculé mais moi elle me calculait pas du tout. il était dans était en couple donc il s'est rien passé mais moi quand même je m'étais là on parle de 2003 et ça m'était resté et un jour je vais au cinéma je vais aller voir ce film Invasion barbare qui a gagné un Oscar quand même et je la vois dans le film je dire mais c'est la même.

Ouais, je la reconnais. Je la reconnais. Et elle jouait un rôle en plus.

Elle jouait une flic le bras le bras droit d'un inspecteur de police, machin, pas maquillé, rien du tout. Et je sais pas et dans son jeu, il y avait quelque chose qui me qui me donnait beaucoup d'informations où je me suis je me suis dit elle a l'air incroyable cette fille-là. un jour, un jour si l'occasion si l'opportunité m'est donnée, faudrait quand même que je m'approche d'elle.

Et à un moment donné, je moi je un de mes potes euh et connaît sa pote à elle. Voilà, je me dis on va faire un double date comme on dit. Euh puis mon pote finalement il il me lâche.

Euh enfin bref, longue histoire. Et finalement, je dis "Bah, on va quandme y aller." J'appelle son ami, l'ami de Sopia de l'époque.

Je dis "Écoute, je sais que mon pote t'a lâché mais j'aimerais quand même qu'on aille dîner. J'ai un autre ami. Euh, ça ça peut être agréable quand même.

Et euh on va au resto. Euh moi, je suis de très mauvaise humeur ce soir-là. Je sais pas pourquoi il s'était passé un truc au niveau du boulot.

J'étais de mauvaise humeur, ce qui arrive quand même très rarement. Mais ce soir-là, j'étais de mauvaise humeur. Euh, les deux filles rentrent, moi je suis déjà là, je suis assis avec mon pote.

Les deux filles rentrent, il y a Sopia et sa et sa pote. Sopia se met tout de suite à côté de moi et tout d'un coup, toute la pression tombe. Tout d'un coup, je deviens un autre homme.

Je je la regarde, on commence à se parler et j'ai eu une espèce de de sentiment de familiarité. J'ai l'impression de la connaître depuis toujours. Je sais que c'est un truc ça a l'air un petit peu ça fait ça fait ésotérique ou jamais j'allais dire comédie romantique des années 90.

Mais mais c'est mais c'était vraiment ça en fait. C'était vraiment ça et une espèce de de connexion mais du fait que j'ai qu'on avait les deux l'impression de s'être déjà rencontré. C'est très étrange.

Et euh 6 mois plus tard je suis allé voir son père. Je lui ai demandé sa main. J'ai demandé la main de sa fille. euh fiançaille et euh l'automne d'après 2006, on s'est marié.

Ah fort ! Ouais, bravo. Ça fait près de 20 ans.

C'est deux enfants, MIRC et Mila. Ouais. Euh aujourd'hui qui ont 15 et 9 ans, je crois en ce moment.

C'est ça. Ouais. Euh et vous êtes toujours ensemble ?

Ouais. Ouais. Ouais.

Ouais. Puis j'ai je touche du bois comme on dit toujours, mais comme a dit l'autre jusqu'ici, tout va bien. Je n'ai encore pas de signe que ça va s'arrêter.

Après, tout est tout est possible dans la vie. Il faut jamais dire jamais, mais c'est encore ma meilleure pote, c'est encore celle euh en qui j'ai une confiance absolue et ça va dans les deux sens. Euh et surtout on a construit quelque chose quoi.

On a réussi à construire euh quelque chose de vrai. Justement, tu tu le dis dans ton livre pour terminer avant de faire rentrer une petite surprise. Tu es pas au courant d'ailleurs de ce qui arrive dans 2 minutes.

Ah non, vous allez voir l'équipe. Aé j'ai des fiches que tu as vu, on m'a déposé juste avant retourné donc je n'ai pas vu l'interdis. Je vais découvrir avec toi.

OK. OK. OK.

C'est un peu le lait. OK euh autant s'amuser dans l'équipe et je sais qu'ils ont cherché un truc apparemment ça allait nous surprendre mais je ne sais pas quoi donc je vais vous le dire dans 2 minutes. Non non non je sais juste qu'il y a plusieurs personnes qui sont dans le couloir et qui attent de rentrer dans 2 minutes.

C'est tout ce que je sais. La première place tu dis page 148 la première place c'était ton seul argument alors tu tu parles comme si tu te enfin c'était ton père qui te parlait là je crois. La première place était ton seul argument pour expliquer que ça valait le coup de rater quelques anniversaires de ton gamin.

C'est pour ça qu'ils sont rarement agréables. Les gens au sommet de leur art d'ailleurs, tu dis euh à des moments, tu pensais plus à ta carrière qu'à tes enfants. C'est c'est je pense que beaucoup de gens vivent.

Alors moi ça pas moi ça été l'inverse. Alors dans le livre je je je parle de LeBran James, je pense dans ce passage là parce que j'avais entendu une interview où il racontait que à un moment de sa carrière il ne voyait pas assez ses enfants et ça je pense c'est quelque chose qu'on entend souvent. Et moi, en fait ça a été le contraire.

C'est-à-dire dès que mon épouse est tombée enceinte, j'ai pris la décision. On a pris la décision. Puis c'était pas une décision pour bien faire, c'était quelque chose d'assez spontané, naturel, d'organique.

Natur la carrière en deuxè. La carrière juste pour subvenir à nos besoins, pour nous permettre un style de vie confortable et agréable, mais jamais au détriment du temps qu'on donne à nos enfants. Jamais, jamais, jamais, jamais.

Et euh et et moi j'étais bien disposé pour ça parce que déjà quand j'ai rencontré Sopia, on a attendu 4 ans avoir de d'avoir notre notre fils. Déjà quand j'ai rencontré Sopia, j'étais déjà dans cette démarche de retrouver le vrai de la vie, de retrouver le contact du réel dans la vie en dehors de des paillettes et des projecteurs. J'étais déjà dans cette démarche là.

Et donc quand ce fait est tombé enceinte, c'était juste OK mais là c'est voilà on y est là on y est. Là je je me suis dit je vais enfin j'ai enfin une raison valable et justifiable justifiable euh pour expliquer pourquoi je sors un petit peu de mon métier et de la lumière. Est-ce qu'est-ce qui te manque de ce métier d'avant avant de les faire rentrer là de faire rentrer ?

Je je viens de voir sur la fiche donc je vous dis ce qui va se passer. C'est un blind test médiéval. Alors je sais pas médié Oh, je m'attendais à tous faire ça déjà.

Ah c'est pour le coûter nous. C'est le principe hein. C'est le principe.

Ouais. Euh voilà, je découvre vraiment. Je voyez, je viens d'écarter la fiche test médiévale donc je sais pas qui va rentrer.

On va découvrir ça. Je pense que il y aura des instruments, des trucs parce que je sais qu'ils avaient demandé d'ouvrir la porte en grand. Donc je sais pas ce qui va rentrer mais une petite surprise.

Qu'est-ce qui te manque de du métier d'avant d'être tu vois tout le temps dans fait dans des tournées de zénite dans un succès énorme ? Le truc qui me manque le plus, c'est les choix. La vie on fait des choix qui nous amè des choix différents, mais il y a toujours choisir, c'est renoncer à certaines choses.

Agréable, il y a toujours un renoncement. Il y a toujours un renoncement. La chose qui me manque le plus et que c'est probablement la seule chose que je vais regretter le jour où je dirai bon, ça y est, j'arrête, c'est les moments de bonheur partagés avec mes équipes à la maison disque Vagram par exemple. après une victoire parce que on a eu dis de platine, indice de machin, un prix reçu, un une une une reconnaissance de du boulot qu'ils ont mis dans ma carrière.

Du travail bien fait, quoi. Du travail bien fait, mais euh une reconnaissance des gens qui travaillent en coulisse parce que moi je suis je suis celui qui reçoit, je suis celui qui qui applaudit soir après soir et ceci cela. Mais le le le la fierté des équipes qui s'approprie aussi ce succès-là en disant "On a bossé puis voilà parce que les gens se rendent pas compte en fait parce qu'on voit le l'artiste qui va qui prend sa victoire, qui prend son disque de diamant qui affiche ses ses richesses sur les réseaux des fois pour certains.

Mais ce qu'on oublie, c'est tous ceux qui sont derrière et qui sont parfois autant sinon plus enthousiaste et heureux de voir l'artiste réussir. Et tu disais dans le livre, les gens au sommet de leur artiles ou sympas et cetera machin parce que le tu dis tu n'envis pas les gens dans un énorme succès artistique en gros. Non, d'ailleurs les gens que j'ai les artistes que j'ai rencontré euh que j'ai trouvé le plus malheureux étaient toujours les artistes qui étaient au top de leur de leur notoriété.

Toujours, toujours. À chaque fois que je en coulisse, j'ai quand même une je commence à avoir une vieille carrière. Donc une fois de temps en temps, je me retrouve dans les coulisses, je sais pas, Energy Awards ou un truc où on retrouve beaucoup d'artistes et euh et généralement euh euh il y a il y a toujours ce moment où je vois euh le mec ou la fille du moment. le mec ou la fille qui cartonne en ce moment et que je regarde, je me dis bah voilà, ça c'est c'est lui ou c'est elle en ce moment, la personne est au top.

Et à chaque fois, je m'attends à à rencontrer quelqu'un qui qui est pas nuit, qui dit "Ouais, j'y suis arrivé. Voilà." Non, c'est tout à fait le contraire.

C'est toujours des gens qui sont éteints euh dans la paranoï totale euh qui arrivent plus à regarder les gens dans les yeux. Malheureux. Malheureux.

Ouais, parce que et c'est moi je l'ai vécu, je peux en parler, je l'ai vécu. Je pense qu'il y a on vit un un un décalage très intéressant qui qui est celui de d'être enfin arrivé. On a touché à son rêve et se rend compte que finalement c'est rien de mieux.

Bah c'est rien de mieux en fait. On a on a exactement les mêmes bobos. Ça guérit pas ce truc.

La mélodie du pardon. Voilà chez XO édition. Si vousz le le chercher de Corneille, je vous mets je vous mets le lien quand je vous disais tout à l'heure, si vous voulez allz le commander direct, il est dans la description directement de la vidéo sur YouTube.

Hésitez pas à commenter l'émission d'ailleurs, à nous dire ce que vous en avez pensé, à la liker puis à mettre la petite cloche pour être au courant des prochaines sorties. Je vous mettrai le lien si vous nous écoutez en podcast audio. Merci de faire de légend premier podcast de France sur Spotify de Apple Podcast et Amazon Podcast.

Vous aurez le lien dans la description pour directement commander le le livre de de Corneille. Euh on va faire rentrer Staire une petite mention l'illustration, la couverture à un grand artiste ivoirien qui s'appelle Aboudia qui m'a fait le grand cadeau de me faire l'illustration qu'on trouve sur la couverture euh que que je trouve magnifique. Euh c'est un artiste dont je suis très fan.

Donc je suis un grand fan de de l'art contemporain africain et voilà, je tenais juste à à à le remercier publiquement mais aussi à faire mention de de son beau travail. On fait rentrer un groupe qui s'appelle Course Val. Voilà, je je découvre en même temps que j'ouvre vraiment l'affiche.

L'équipe voulait nous faire une surprise tous les deux. J'étais pas au courant. Je laisse organiser le truc.

Ils sont sur les les réseaux sociaux. Là, je vous mettrai les liens si vous voulez les suivre. Ils font apparemment de la musique médiévale.

Ils se sont amusés à refaire trois extraits de 30 secondes de musique contemporaine en version médiévale. Il va falloir deviner ce que c'est. On les fait rentrer.

C'est parti. Allez, on va faire rentrer du coup euh donc le le groupe heoval. Voilà, on les a pas encore vu et ils sont habillé.

Bonjour. Bonjour. Salut les gars, ça va ?

Salut. Bonjour. Ah oui, la totale le look et tout.

Bienvenue. Ah ouis, vous avez les chaussures et tout. Bonjour.

Bonjour. Bonjour. Incroyable.

Bonjour. Enchanté. Super.

Enchanté. Attends, mais vous êtes équipé. Bonjour.

Bonjour. Enchanté. Vous savez quoi ?

Je vais au puit du fou la semaine prochaine. J'ai l'impression d'y être déjà en avant. Ah mais ça c'est euh c'est une vraie harpe.

Ah ouais har non c'est c'est une harpe comme il faisait au Moy c'est une harpe celtique mais avec quand même des petites modification modernes comme des cornes en nylon. D'accord. OK.

OK. Et alors comment s'appelle c'est pas une guitare au coup cassé c'est un lut. Je je vous le décris si vous nous écoutez en podcast audio.

En gros, on a donc c'est une Ouais. une guitare un peu fendue devant. C'est ça.

Ouais exactement. Avec le bout de la guitare et ça s'appelle donc ça c'est un lut un lut. Ça c'était une vraie guitare du Moyen- Âge, on peut dire ça.

Alors, ils sont ils sont habillés euh vous êtes tous les trois habillés un peu en mode Moyen Âgeux. Si si vous nous écoutez en podcast, je décris parce que ça vaut quand même le coup d'aller voir sur YouTube rapidement si vous nous écoutez euh la déco. Toi, tu as carrément des plumes avec un chapeau pointu et toi, tu as un un une petite couronne.

C'est ça. Style italien. Ouais, un peu style italien.

Exactement. Alors, toi, tu as une batterie en fait. C'est ça.

En fait, c'est un kit un petit peu hybride. C'est pas réellement moyenage. Et vous, vous faites quoi ?

Vous faites des des concerts genre dans les trucs pu du fou et cetera ou alors pas encore le puit du fou mais on a fait plein de concerts du théâtre à l'italien samedi et cetera et on fait du b corp. Je sais pas si tu vois ce que c'est bard corps. Bard pour les bardes, corps pour le mot cœur.

OK OK vas-y. Tu veux nous expliquer ce que c'est du contenu médiéval. Sauf qu'en fait toutes les musiques qu'on vous voit ne sont absolument pas médiévales.

C'est des reprises de musiques que vous connaissez sûrement très très bien mais on les joue avec des instruments authentiques du Moyen-Âge. Voilà, c'est un style qui est né sur internet et euh qui est un peu plus euh connu de nouveaours. Bah si vous voulez les suivre, je mettrai sur le dans la description pareil hein en dessous du livre de de Corneille, je mettrai si vous voulez les suivre comme ça sur TikTok et et sur Instagram, vous êtes Ouais, c'est ça.

Part, je mettrai tous les liens aussi avec plaisir. Toi, tu es plus sur quoi d'ailleurs Corn ? Tu es plus sur Insta ?

Euh je suis pas très réseau mais ouais, on va dire plus Insta. Ouais. Tu es pas trop en réseau, tu t'es reculé un peu tout ça.

Ouais. Non, je j'ai suis très incompétent en fait. Je comprends pas comment ça marche.

Moi déjà Facebook, je je j'ai pas compris. Moi, je voyais des chiffres mais je à partir puis à partir du moment où j'ai compris que c'est pas parce que tu as un million de gens que quand tu postes un truc, tu t'adresses à 1 million de gens, non, je dis bah c'est c'est la grosse arnaque. Donc euh merci d'être en tout cas 100 150000 200000 à nous rejoindre chaque mois sur notre chaîne YouTube.

Donc merci de vous abonner de plus en plus nombreux. Ça nous aide vraiment pour avoir de plus en plus d'invités et notamment pour des happenings comme ça, pour des surprises. Ça permet de contacter plein de gens.

Donc merci d'être de plus en plus nombreux à vous abonner aussi sur Insta et cetera. Merci beaucoup. Euh vous allez faire trois extraits, c'est ça ?

De de musique contemporaine de quelques secondes. Trois et une petite 4è, une petite surprise. Surprise.

OK. Donc la première bah on vous écoute du coup 30 secondes et pu on va essayer de deviner après. Ça vous êtes prêts ?

Prêt [Musique] [Applaudissements] ? Exact. [Applaudissements] On commence simple.

Oui, dernière danse. Exactement. Ah mais c'est dingue parce que c'est c'est quand tuends ce genre de chos que tu dis finalement la la musique elle a pas tant changer que ça parce que j'écoute la cette mélodie, je sais c'est Kio mais en vrai si je regarde un film qui se passe au Moyen âge, j'entends cette mélodie, je trouve pas que ça détonne.

Ouais, je je vois ce que tu veux dire. C'est marrant hein. Ouais, c'est très compliqué.

C'était une musique de banquer derrière avec les mecs au fond ça passe. Ouais. Ou ouais, c'est ça.

Mais la la mélodie la cette séquence des des notes, on a pas tant révolutionner les choses que ça. Tu verras qu'il y a pas seulement les mélodies qui changent pas. OK.

OK. On se réserve l'après continue instrumental. Vas-y.

Deuxème, on y va. 4 [Musique] Shakira. Je pas pu m'empêcher Tuas un fort Shakira quoi.

Euh ah ouais le nom de la musique j'ai [ __ ] j'ai un trou. Hipon Hipon. Ouais, c'est ça exactement.

Bravo ! C'est c'est impressionnant. On reconnaît vraiment hyper bien en fait.

Ouais. Bah c'est un peu le but quand même parce que les gens vont nous tout de suite nous nous trouver, ils vont commencer à chanter avec nous. C'est ça qui est incroyable.

Ouais. Et et du coup voilà, vous êtes trop fort he c'est trop facile. Donc maintenant on va se mettre avec des paroles qu'on a changé.

Oui. Ah ouais avec des paroles. Mais il faut retrouver l'air en fait.

Alors faut retrouver la musique originale. C'est de la musique anglo-saxonne qu'on a mis un peu du français retravaillé tu vois un peu courtois. OK.

Médiévalisé. OK. Et du coup c'est beaucoup moins évident.

OK. La taverne n'est pas un lieu pour attiser le feu des amours estival. Ce soir, nous décidons qu'avec mes compagnons, nous nous rendrons je ne laisse pas de mar je le constate mais je suis prise à vous attendre.

Soyez sans crainte. Des lutes qui chantent à l'unisson nous engage dans une étreinte et je chante d'amour. C'est bien au courant de ce que j'attends de vous ardemment.

Vous sur le temps de la musique qui ressonne à cet instant. Offrez-moi vos faveurs de votre toucher. Je cherche la chaleur.

Gent dame, soyez sans peur. Non. Gante dame, soyez sans peur.

Gente dame, soyez sans peur. Gente dame, soyez sans peur. [ __ ] tu l'as retrouvé hyper vite.

J'avais pas aussi vite que toi. Ah oui oui. Tu es solide.

Tu es solide. Tu es solide quand même. C'est pas un pote qui faut emmener au blind test.

Pas te va à chaque fois quoi. [ __ ] Bravo les gars. Merci beaucoup.

Bon, on en a une petite dernière à te faire deviner. OK. Et après on passera à la surprise.

Ah là je sens qu'on monte le niveau quand même. On monte c'est plus dur. Ah ouais ouais. 4è.

Changeons les paroles forcément. Une dernière. Vas-y.

C'est parti. Quand vous voulez les gars. J'en votre cœur et toute votre enqueur.

Vous et moi pris dans un malamour. Oh, j'envie votre cœur et cœur. Vous et moi pris un malamour.

Oh prie dans un malamour. Oh prie dans un malamour. Ah ouais.

C'est Ouais. Lady Gaga ref moi. [ __ ] tu es tu es trop fort.

Gar Ah ouais, bad romance. Ouais, c'est mais mais le travail d'adaptation que vous avez fait, il est il est quand même il est long. Mais si jamais ça t'intéresse, on a on a YouTube, on a Instagram, on a les versions complètes.

Je serais ravi de te montrer ça un de ces jours. Ouais mais mais parce que d'habitude les adaptations c'est de l'anglais au français, c'est chaud quand même. Mais là vous avez quand même réussi à garder une certaine qualité de de de la langue et c'est ce qui prend le plus de temps vraiment.

Ouais, c'est c'est avec le vousvo courtoisie et cetera parce que voilà, on reste dans le dans le style ce qui prend le plus de de temps. Ouais, c'est ça. Alors pour terminer l'émission justement, vous avez une surprise.

Je sais pas ce que c'est parce que je savais même pas que vous arriviez juste avant. Donc vraiment, je découvre aussi. Vous avez fait une surprise ?

Ouais, c'est ça. Ouais. Donc on se lance.

Allez. [Musique] Alors, on vit chaque jour comme le dernier et vous feriez pareil si seulement vous saviez combien de fois la fin du monde vous affolé. Alors, on vit chaque jour comme le dernier parce qu'on vient de loin.

Ah ouais, merci beaucoup. Fort à vous. Ah ouais, j'écoute ça puis je me dis "Ouais, au Moyen Âge, j'aurais percé en fait ça c'est il y a un truc." Euh merci beaucoup.

Donc votre pseudo c'est quoi de groupe ? Cours Courseval. On est sur Instagram, sur YouTube, sur Spotify.

Et ben, on mettra on mettra tout ça. Vous vous êtes lancé quand ? En décembre.

Ouais, dans décembre. Janvier, ouais. Il y a quelques mois.

Ouais, c'est ça. Il y a 6 mois. Euh, [ __ ] génial.

Et après, vous voulez donc grossière, faire des tournées ? Bah, c'est déjà presque un peu le cas parce que là, on a déjà des concerts un peu prévus sur Toulouse, sur Anger, sur un peu partout. Donc j'ai vu vous avez pris beaucoup d'abonnés très rapidement sur TikTok.

Félicitation. Ouais, c'est euh bravo les gars. Merci beaucoup.

Merci à Corneille aussi d'être venu. Merci pour la surprise. Merci.

La mélodie du pardon les gars chez Exo XO. Je vous mets voilà directement le livre ici puis je vous mets donc le lien dans la description pour aller le le chercher. Merci beaucoup d'être venu.

C'est un plaisir de t'avoir. C'est la première fois que je sers la main d'ussi loin parce qu'on a reculé les sièges pour pour pouvoir vous laisser l'espace. Merci d'avoir regardé la la vidéo.

Qu'est-ce qu'on peut souhaiter pour terminer pour le futur pour la suite ? Ah que rien ne change pour moi, mais que ça ça ça aille mieux pour le monde. Euh oui, ce dont on a parlé avant.

Ouais. Euh merci en tout cas. Tous les mercredis, vendredi et dimanche vous met trois vidéos reportages sur les gendes.

Merci. Donc je vous disais tout avant juste avant d'être de plus en plus nombreux à vous abonner entre 100 150000 200000 par mois. N'hésitez pas à commenter l'émission, à la liker puis à mettre la petite cloche comme ça vous êtes au courant des prochaines sorties de vidéos.

Et sur Spotify 10er, Apple podcast et Amazon Podcast, premier podcast de France. Merci beaucoup. Euh n'hésitez pas à le mettre sur la route quand vous êtes sur la route.

Vous pouvez nous écouter quand vous êtes euh même au sport en train de courir. Je sais que vous êtes nombreux à nous écouter en faisant du running. Donc merci à toute l'équipe aussi d'avoir préparé cette vidéo, cette émission.

Puis on se retrouve très vite pour une prochaine vidéo ensemble. Ciao tout le monde. Alors on vit chaque jour comme le dernier papa et vous veriez pareil si seulement vous saviez papa combien de fois la fin du monde vous a frôé.

W Alors, on vit chaque jour comme le dernier parce qu'on vient de loin. Et quand les temps sont durs, on se dit pire que notre histoire n'existe [Musique] pas. Et quand l'hiver perdu, on se dit simplement que la chaleur nous revient.

C'est parfait comme ça jours après jour combien tout était fumé. J'aimerais chaque reine comme si c'était la dernière. Trop lourd quand on ne vit que sur des prières.

Moi je patiente ratiement. J'espère revienne la lumière. Alors on vit chaque jour comme le dernier.

Papa et vous feriez pareil si seulement vous saviez papa combien de fois la fin du monde vous a frôé. Oh ! On vit chaque jour comme le dernier parce qu'on vient de loin.

Parah parah para parah para. Ah.