Sommet sur l'océan : «Nous sommes le seul pays à avoir autant baissé nos émissions de CO2 en Europe», atteste Thani Mohamed Soilihi
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1, 8h14, l'heure d'accueillir l'invité d'Europe 1 matin au week-end et à la veille de l'ouverture de la conférence de l'ONU sur l'océan. Et Naïk Monnier, vous recevez le ministre délégué chargé de la francophonie et des partenariats internationaux, Tani Mohamed Souali.
Oui, parce que cette conférence se tient demain à Nice. Nous allons forcément parler de ces enjeux cruciaux pour la préservation de nos océans, du rôle de la France également. Bonjour Tani Mohamed Souali.
Bonjour.
Alors je voudrais d'abord vous faire réagir, tiens, au propos d'Emmanuel Macron, il s'exprime dans la PQR ce matin, il appelle à la remobilisation écologique. Il est assez mécontent, dit-il, de la suppression des ZFE, de la prime Rénov'. Il a l'impression que son bilan est un peu détricoté. Est-ce que c'est votre sentiment également ?
Il faut dire que sous l'impulsion du président Macron, ces dernières années, nous avons fait beaucoup en la matière. Nous sommes quand même le seul pays européen à avoir autant baissé nos émissions de gaz à effet de serre. 6% en 2023, en 2024. Nous avons mis en place des choses intéressantes, le PNAC 3, des solutions fondées sur la nature. Je viens même d'entendre une de vos publicités, la prime à l'hybride. Donc des choses très intéressantes. Tout le monde au départ disait, ah mais ça ne va pas marcher votre truc, et puis nous voyons bien qu'il y a des résultats tangibles.
Avec quand même des Français qui n'ont pas forcément les moyens, il n'y a pas un petit décalage tout de même ?
Vous savez, ces causes sont tellement importantes, tout le monde ne peut pas suivre tout de suite. Mais l'idée justement, c'est tout de même de proposer des solutions. Les personnes qui ne peuvent pas tout de suite entrer dans ces solutions, le feront plus tard. Mais les résultats sont là, et notamment cette baisse importante des émissions à effet de serre.
Alors de toute façon, l'écologie, on va grandement en parler dans les prochains jours à Nice, avec ce sommet qui tombe à pic parce que nous allons parler des océans. C'est un vaste sujet, pollution plastique, hausse des températures, surexploitation des ressources. Alors vous, Tani Mohamed Asouali, vous êtes originaire de Mayotte, une île de l'océan indien. En tant qu'insulaire, j'imagine déjà, à titre personnel, que votre lien à l'océan est très puissant.
Oui, tout à fait. Le lien des insulaires à l'océan est existentiel. Et vous vous souvenez tous de ce cyclone qui a terriblement frappé Mayotte il y a quelques mois, mon île natale, le cyclone Shido. Et plus que personne d'autre, les îliens et moi en particulier, nous savons à quel point ces îles sont confrontées à des défis majeurs. Et lorsque j'ai proposé au président de la République l'idée du Forum des îles, il m'a tout de suite dit d'y aller, de proposer quelque chose qui réunisse les petits états insulaires du monde associés à nos territoires d'outre-mer.
Alors justement, quelles actions concrètes la France et les partenaires vont-ils proposer à Nice pour protéger les océans ? Le sujet est tellement vaste que je ne suis pas certaine qu'on ait le temps de tout développer, mais quelles sont les priorités selon vous ?
Eh bien écoutez, le Forum, ce que je tiens d'abord à dire, c'est que le Forum a été un succès dans la participation. J'ai invité une soixantaine d'états, de chefs d'états et de gouvernement, en plus de nos territoires d'outre-mer, et énormément de participation jusqu'à aujourd'hui. Il y a encore des gens qui demandent à participer.
Les livrables, les engagements, ce sera le président de la République qui va les annoncer tout à l'heure, mais que ce soit en matière de vulnérabilité et financement innovant, que ce soit en matière de connectivité et transport maritime, lutte contre les pollutions, notamment les pollutions plastiques, la préservation de la biodiversité, eh bien il y aura beaucoup d'engagement et de partage aussi des pratiques, des expériences de terrain de tous ces pays et régions.
Il y a aussi une vingtaine d'organisations internationales et régionales, une vingtaine de banques multilatérales et publiques de développement, des entreprises, des fonds verticaux, parce qu'il faudra aussi penser à comment financer les dispositifs pour répondre à tous ces défis.
Et alors comment nous, en tant que citoyens, on peut s'impliquer dans la préservation de l'océan ? On commence par ne pas vider le garde-manger, c'est un petit peu ça l'idée, à notre tout petit niveau ?
Il y a beaucoup de façons, effectivement, vous avez raison, d'agir jusqu'aux citoyens. C'est pour ça que nous avons voulu que cet événement soit le plus ouvert possible, et notamment le Forum des îles. Et les gestes vont de la collecte des déchets à l'économie, effectivement, dans notre façon de nous alimenter, à la sensibilisation des jeunes. Parmi les exemples très précis, il va y avoir une expérience sur les aires marines éducatives, une expérience venant de la Polynésie française, et qui a cours là-bas depuis 2012. À Mayotte, la plantation des mangroves, par exemple, est un élément pour lutter contre le trait de côte. Et les associations sont également très impliquées.
Donc c'est vraiment l'affaire de tous. Nous continuons d'avancer pour répondre à ces défis.
Et cette conférence de l'ONU sur l'océan est un vaste sujet et un vaste chantier. Et je vous remercie, Tani Mohamed Souali, d'être venue nous en parler ce matin, ministre délégué chargé de la francophonie. Merci à vous.
Thani Mohamed Soilihi