François Bayrou à Mayotte : "Mieux vaut tard que jamais", estime Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, qui réclame des "mesures de fond"
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Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour Benjamin Fontaine. François Bayrou est attendu demain matin à Mayotte avec notamment Elisabeth Borne, Manuel Valls. Il doit passer la journée sur place avant de partir pour la réunion. Déplacement décalé, raccourci, suffisant pour se rattraper après les rater au moment de sa prise de fonction ?
Écoutez, mieux vaut tard que jamais. C'est vrai que les premiers signaux envoyés à nos compatriotes maorais n'étaient pas forcément les bons de la part du Premier ministre qui a eu, je crois, d'autres préoccupations, notamment celle de s'occuper de la mairie de Pau. Il faut qu'il prenne maintenant le costume du Premier ministre et qu'il s'occupe évidemment de ces Français de Mayotte qui souffrent suite à ce terrible cyclone, mais qui souffrent d'ailleurs depuis des années, qui souffrent de l'immigration, qui souffrent de problèmes sanitaires, qui souffrent de problèmes de distribution d'eau, d'éducation. Bref, Mayotte est dans un état difficile. C'est le département le plus pauvre de France.
Il faut des mesures de fond. Ça fait des années que nous demandons cela avec Marine Le Pen. Ça fait des années que les ministres de l'Outre-mer et les premiers ministres font la sourde oreille. Aujourd'hui, on le voit bien, dans des temps terribles, comme après le passage d'un cyclone, la situation ne fait que s'aggraver. Il faut maintenant des mesures d'urgence pour ce petit bout de France.
Justement, Matignon nous annonce des annonces très concrètes pour la vie des maorais. À sa place, qu'est-ce que vous feriez pour rassurer, réconforter ces maorais qui manquent encore de nourriture, d'eau, d'électricité ?
D'abord, mettre tout en place, tout en place pour les aider ponctuellement, vous l'avez dit, en matière de nourriture, en matière d'eau, en matière sanitaire, bien évidemment. Il y a quelques mois, il y avait une épidémie de choléra là-bas. Il faut donc faire très attention à la situation sanitaire et puis réconforter aussi nos compatriotes maorais en leur disant qu'on va s'occuper de l'avenir. 50% d'étrangers sur l'île, ce n'est plus possible. Il faut rétablir d'urgence, à Mayotte d'ailleurs, comme partout, le droit du sol. Il faut en finir avec les bidonvilles et aider là-bas les constructions solides. Mettre en place enfin des systèmes de distribution d'eau dignes de ce nom.
On a débloqué en Europe des centaines de millions pour la distribution d'eau à Gaza. Qu'on s'occupe d'abord des territoires européens et français.
C'est fait, la distribution d'eau est en cours, elle a commencé déjà.
Non mais enfin, entendez, on est en train de distribuer quelques bouteilles d'eau et encore partiellement à une population qui n'a pas les moyens aujourd'hui d'avoir l'eau potable. Mais ceci, même hors période de cyclone. Il y a des maorais, entre 25% et un tiers, qui n'ont pas accès à la distribution d'eau comme nous on peut le connaître en métropole. C'est-à-dire qu'on ouvre le robinet et l'eau coule. Ce n'est pas possible, on ne peut pas tolérer qu'en France aujourd'hui, il y ait des citoyens qui soient considérés par les pouvoirs publics comme des citoyens de seconde zone. Tout simplement parce qu'ils sont loin.
Nous, au Rassemblement National, nous pensons que Mayotte mérite d'être mieux traité et être traité à la hauteur finalement de l'engagement de ceux qui ont choisi d'être français.
On voit que vous avez des propositions. Justement, la loi spéciale de reconstruction de Mayotte est attendue le 3 janvier en Conseil des ministres. Est-ce qu'il faut avancer la session parlementaire ? Parce que la session reprend le 13 janvier. Il faut un vote de l'Assemblée Nationale. Est-ce qu'il faut aller plus vite ?
Écoutez, nous devrions être au travail au moment où on se parle. La question de Mayotte, vous l'avez dit, la situation de l'agriculture où on a 400 millions à remettre au budget pour améliorer la situation de nos agriculteurs. Il y a beaucoup de choses à faire. Il y a un budget à voter, un budget de la sécurité sociale. Il y a un problème de sécurité, d'immigration dans ce pays, de pouvoir d'achat. On annonce 66 000 faillites d'entreprises. Le taux de chômage qui va augmenter. Mais sur Mayotte, il faut revenir plus tôt. Sur tout, il faut travailler sur tout. Donc nous, on est prêts à travailler demain matin s'il le faut. 13 janvier, c'est beaucoup trop tard.
Il y a des mesures à prendre et à prendre vite les Français. Ils attendent de nous que nous soyons au travail. D'ailleurs, quand on travaille, il y a des effets. La motion de censure, par exemple, dont on nous avait dit que ça allait être l'arrivée de la pluie de sauterelles, des inondations partout et la fin du monde. Ça veut dire concrètement que depuis le 1er janvier, les retraites ont été réindexées de 2,2% grâce au vote de censure des élus du Rassemblement national. Et ça veut dire que le prix de l'électricité va baisser de 14%.
Vous voyez, il y a aussi peut-être des entreprises qui sont dans le flou. Il y a aussi des services publics qui se demandent comment ils vont fonctionner avec quel budget.
C'est pour ça qu'il faut aller au travail. Pas d'inquiétude, on le voit bien. Pas d'inquiétude, mais du travail. On n'est pas là pour regarder passer les trains et attendre que ça se fasse.
Laurent Jacobelli, on l'a donc découvert mardi soir. Manuel Valls, c'est le nouveau ministre de l'Outre-mer. Choix pertinent, selon vous, pour traiter ce dossier ?
Écoutez, on verra bien. On va le juger sur pièce. On ne va pas faire de procès d'intention. Moi, ce qui m'étonne dans ce gouvernement, c'est qu'on a pris tous ceux dont les Français ne voulaient plus. Tous ceux qui ont tout raté lorsqu'ils sont passés au pouvoir. Et on a l'impression qu'avec ce cocktail étrange, en mettant tous ceux qui sont à l'origine de l'échec, on allait avoir une équipe de gagnants. Je ne sais pas qui a imaginé ce scénario un peu farfelu. Mais enfin, on peut être quand même inquiet quand on voit arriver M. Manuel Valls, Mme Borne, Mme 49-3 et Mme Réforme des retraites.
Je pense que si vous avez une femme politique dont les Français ne veulent plus, je pense qu'elle arrive en numéro 1. Patatra, nous la récupérons à nouveau dans un ministère. Elle a changé maintenant, c'est l'éducation nationale. On ne sait pas pourquoi. Donc c'est la grande valse. Tu as raté dans tel ministère, on t'en donne un autre. Les Français t'ont demandé de rester chez toi en ne vantant pas pour toi comme pour M. Valls. Eh bien, hop, on le récupère. C'est en fait l'école de la deuxième chance au niveau du gouvernement.
Et si on se penche justement sur les personnalités... Joli lapsus. Sur les personnalités de ce gouvernement, le duo Gérald Darmanin, Bruno Retailleau, à l'intérieur, à la justice, ça vous semble efficace ? D'abord, c'est la guerre des coliques.
Là, c'est qui communique le plus sur la sécurité. C'est moi qui veux être président de la République et c'est moi qui veux être le garant de la sécurité en France. Laissons-les se battre et imaginons que ça aura des effets pour la France. Gérald Darmanin parle d'un duo, pas d'un duel. Oui, oui. Moi, quand j'entends le nom de Darmanin, il y a un mot qui me vient à l'esprit, c'est bonimenteur. Vous voyez, M. Darmanin qui nous parle de la lutte contre la drogue, c'est ce dans quoi il avait échoué quand il était ministre de l'Intérieur avec son plan XXL, vous savez, contre la drogue.
Eh bien, en un an, avec Gérald Darmanin, il y a eu 60% de narco-homicides ou tentatives d'homicides supplémentaires. Avec M. Darmanin...
Ça a baissé à Marseille aussi.
M. Darmanin, c'est 50% des indicateurs de sécurité qui se sont aggravés. M. Darmanin, c'est l'échec au ministère de l'Intérieur. Est-ce que c'est la chronique d'un échec annoncé à la justice ? Enfin, on ne voit pas bien ce qu'il réussirait dans un ministère alors qu'il l'a raté dans l'autre.
Il a pourtant un plan. Il parle de nettoyer les prisons de tout trafic. Il parle de l'exécution des petites peines. Ce matin, dans le Parisien, aujourd'hui en France, il explique son souhait d'isoler les 100 plus grands narco-trafiquants, de lutter contre le narcotrafic comme on lutte contre le terrorisme. C'est la bonne méthode, ça ?
C'est la méthode d'Armanin. J'annonce beaucoup de choses et je ne fais rien. Rappelez-vous, le Darmanin ministre de l'Intérieur... Oui, on peut juger sur pièce quand il était ministre de l'Intérieur. Avec moi, les OQTF vont être exécutés. Le record le plus bas d'exécution des obligations... Mais sur cette fermeté, cette fermeté-là, contre le narcotrafic. Mais la fermeté, il l'avait dit déjà sur le narcotrafic. Malheureusement, le narcotrafic a explosé en France. Les victimes du narcotrafic, ceux qui meurent sous le coup des balles, leur nombre a explosé en France. Darmanin, c'est l'échec de la sécurité. C'est l'échec de l'immigration. C'est l'échec des OQTF.
Comment voulez-vous que l'homme de l'échec soit l'homme de la réussite dans un autre ministère ? Personne n'y croit. Il y a une proposition qui doit vous plaire, malgré tout.
Parce qu'il le dit ce matin, il veut mettre fin à l'excuse de minorité pour les mineurs délinquants, permettre la comparution immédiate des mineurs. Ce n'est d'ailleurs pas une proposition qui est bien accueillie par les magistrats. C'est une mesure que vous, vous défendez, ORL. Il aura votre soutien là-dessus ?
Mais de même que les peines courtes. Vous savez, nous disons, quand un gamin de 15 ans est attrapé en train de faire un trafic de drogue, même si c'est la première fois, il lui faut une peine courte pour qu'il comprenne la différence entre le bien et le mal. Et ça veut dire des centres de rétention adaptés. Adaptés à la minorité et adaptés aux petits délits. Mais M. Darmanin ne sait absolument pas agir, on l'a vu. Apparemment, il sait lire. Il sait lire d'ailleurs le programme du Rassemblement National. Moi, j'ai un conseil à lui donner. C'est laissez-nous la place. Nous, on fera le boulot. Ce que vous n'avez jamais fait.
Vous avez le sentiment que s'il est là aujourd'hui à la justice, que Bruno Retailleau est là à l'intérieur, c'est finalement pour que vous soyez plus docile avec ce gouvernement ?
Je pense que s'ils attendent de nous de la docilité, ils se sont trompés. Nous serons vigilants et constructifs, comme on l'a été dans le passé. Nous voterons les bonnes lois, nous rejetterons les mauvaises. Non, je pense que ce que ça montre, c'est qu'ils ont acté que nos idées étaient populaires en France, que nos constats étaient les bons, nos solutions étaient les bonnes. Alors, ils essayent parfois de nous ressembler. Mais vous savez, des années de laxisme, des années d'incompétence sont à leur bilan, à leur discrédit. Et donc, forcément, personne n'y croit. Alors qu'ils continuent à parler, mais ce serait bien qu'ils passent à l'action, je crois qu'ils ne le feront pas.
Et c'est pour ça qu'il est urgent d'avoir de nouvelles élections législatives, et pourquoi pas présidentielles, pour qu'enfin, il y ait une équipe d'action qui arrive à la tête de ce pays, menée par Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Laurent Jacobelli, vous avez été assez dur à l'instant avec Gérald Darmanin, ces mesures. Vous nous dites que finalement, ils appliquent vos idées. Est-ce qu'ils ne les appliquent pas ?
En tout cas, ils essayent de temps en temps de parler comme nous. Malheureusement, dans l'action, ils restent fidèles à une tradition de laxisme et d'incompétence.
François Bayrou, vous pensez qu'il a choisi Gérald Darmanin, Bruno Retailleau, justement pour une ligne plus dure, pour essayer de siphonner vos électeurs ?
Non, écoutez, je suis incapable de savoir pourquoi il l'a fait. En tout cas, il l'a fait, j'imagine, en son âme et conscience. Vous savez, je pense qu'il ne faut pas être dupe. On a là un gouvernement d'intérim, un gouvernement de transition, fait de briques et de brocs, de gens qui ne pensent pas pareil, et qui apparemment déçoit tout le monde, la gauche, la droite et même le centre. Donc, on verra bien quelles sont les capacités d'agir de ce gouvernement. Je crois qu'il y a quand même un certain nombre d'urgences. On pourrait parler de l'économie aussi.
Alors justement, parlons d'économie, puisque dans cette logique d'ouverture de ce gouvernement, Éric Lombard, le nouveau ministre de l'économie, annonce au journal La Tribune ce matin qu'il va convoquer tous les partis à discuter à Bercy pour préparer le budget. Sur le principe, vous dites oui ?
Mais ça paraît normal. J'ai l'impression que tout le monde est étonné par cette démarche. Mais que le ministre de l'économie se mette en quête des bonnes idées de tout le monde, ça paraît être une chose évidente quand on voit que les vieilles idées ne marchent plus. Le matraquage fiscal, on voit bien ses limites sur le pouvoir d'achat des Français et sur la bonne marge de l'économie. Ça surprend parce que beaucoup vous ont exclu de l'arc républicain aussi. En disant, on ne peut pas discuter avec le RN. Mais excusez-moi, mais c'est une idée un peu farfelue. Le Rassemblement National, le premier parti de France, c'est un parti qui respecte toutes les règles démocratiques.
C'est le premier groupe à l'Assemblée nationale. Vous savez, tout le monde le sait maintenant. Aucune loi ne pourra passer sans le Rassemblement National et aucune mesure de motion de censure ne pourra passer sans le Rassemblement National. Nous sommes au cœur de la vie politique. Oui, c'est Marine Le Pen et Jordan Dardella qui donnent le tempo parce que les Français nous font confiance. Et on l'a vu d'ailleurs quand on a voté la motion de censure, on a bien vu qu'il y a eu des effets positifs sur les Français. C'est ça que nous regardons. L'intérêt général. Alors nous irons, je l'espère, discuter, dialoguer avec le ministre de l'Économie pour lui arrêter avec le matrage fiscal.
Oui, parce que d'autres ont fait des promesses selon lesquelles ils allaient nous recevoir et nous ont jamais reçu. Donc on verra bien s'ils le font. Mais ce serait la moindre des choses. Comme d'ailleurs pour tous les partis politiques qui ont une représentation. Ça s'appelle la démocratie. Cette ouverture,
elle vient aussi de François Bayrou qui a dit de vous que vous êtes un parti protestataire, que vous ne respectez pas un certain nombre de valeurs et de principes. Pas toutes les valeurs de la République parce que vous ne respectez pas le principe de fraternité mais il ne vous qualifie pas d'extrême droite. C'est une façon de vous définir qui vous convient ?
Non, parce qu'en quoi ne respectons-nous pas les principes de fraternité ?
En excluant certains Français de certains droits notamment ?
Non, on n'exclut aucun Français de certains droits. Simplement on fait la différence entre les Français qui travaillent sur le territoire national, payent des impôts, cotisent, ont le droit de jouer des services publics et puis un certain nombre de personnes qui arrivent de l'étranger parfois de manière illégale et qui eux sont mieux traités parfois par une espèce d'étonnante préférence étrangère que les Français. Prenons l'aide médicale d'État par exemple. Quand vous êtes un étranger en situation irrégulière et bien vous êtes soigné plus vite et gratuitement que certains Français qui ont cotisé toute leur vie. Ça, ce n'est pas un manque de fraternité que de dire ça.
C'est simplement décrire la réalité et vouloir remédier à une situation injuste. Je pense qu'il se trompe dans son constat. En revanche, nous sommes un parti républicain. Nous sommes un parti dont il faut respecter les 11 millions d'électeurs, dont il faut respecter les élus et je dirais même plus dont il faut respecter les idées parce qu'on s'est aperçu souvent que nous avions raison avant les autres en matière d'immigration, en matière de sécurité et en matière de fiscalité aussi.
Pour en revenir à la fiscalité, justement, Eric Lombard n'exclut pas des hausses d'impôts limitées. C'est ce qu'il dit dans le journal La Tribune mais avec toujours une indexation du barème de l'impôt sur l'inflation, une hausse d'impôts, c'est une ligne rouge pour vous ?
Mais si on parle d'impôts sur des surprofits exceptionnels, si on parle d'impôts sur le rachat d'actions qui sont des actions non productives finalement et qui peuvent servir l'économie mais pourquoi pas ? Mais si on parle du matraquage fiscal auquel on nous a habitués depuis des années, c'est évidemment non. Aujourd'hui, on travaille pratiquement un jour sur deux pour l'État. Nous sommes le pays le plus taxé de l'OCDE. Nous sommes un pays surendetté. 3 300 milliards de dettes et pendant que nous payons plus d'impôts, pendant que nous nous endettons, le service public continue à péricliter. On a parlé de la justice où il manque dramatiquement de juges.
On peut parler de l'enseignement et de l'éducation nationale. On pourrait parler de la sécurité, on pourrait parler de la santé avec la fermeture de 46 000 lits depuis Tau, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron. Mais l'argent, on le donne. On paye toujours plus. On s'endette toujours plus. La question, c'est où va l'argent ? Et nous, ce que nous voulons, c'est que le ministre de l'économie comprenne qu'avant de faire la poche des Français, il faut regarder ligne à ligne chaque dépense de l'État et se demander si c'est utile ou inutile. Vouloir surabonder le budget de l'Union Européenne de 5 milliards, est-ce que c'est utile ou inutile ? C'est inutile. Alors on arrête.
1,2 milliard d'urgence sanitaire, mais pas de l'aide médicale d'État. Est-ce que les comités théodules, les agences d'administration, est-ce que c'est utile ou inutile ? Quand c'est inutile, on ferme. Il y a des milliards à trouver. 75 milliards de fraude fiscale et sociale. Lâchez les Français. Arrêtez les assomés fiscalement. Il y a aussi de la fraude
des côtés des plus riches. C'est là-dessus que la gauche mise. Fiscal et sociale.
Tout le monde, les profiteurs du haut comme les profiteurs du bas, il faut aller contrôler et ramener l'argent dans les caisses de l'État. Tant qu'on n'a pas fait ce boulot, ne touchons pas au pouvoir d'achat des Français.
Laurent Jacobelli, la France Insoumise est persuadée que le gouvernement tombera le 16 janvier après le discours de politique générale de François Bayrou et une nouvelle motion de censure. Et vous ?
Mais la France Insoumise souhaite le chaos. La France Insoumise... Mais est-ce que ce gouvernement tombera le 16 janvier ? Mais qu'est-ce que j'en sais ? Je ne suis pas cartomancien. Est-ce que vous voterez une motion de censure avec eux ? Non, mais attendez. La motion de censure, M. Barnier nous a présenté un budget déséquilibré et qui allait faire beaucoup de mal à l'économie française. On a dit stop. Eh bien, si M. Bayrou arrive avec un discours de politique générale puis avec un budget qui mette la France en danger, évidemment, nous jouerons notre rôle de bouclier pour protéger les Français. Et s'il utilise le 49.3 ? Nous le laisserons travailler.
S'il utilise le 49.3 sur le budget, il a dit qu'il l'utiliserait en cas de dernière extrémité, en cas de blocage ultime.
Oui, mais on verra bien quel budget nous sera proposé. Une fois encore, si c'est un budget où l'on ne tape pas sur les Français, où l'on ne continue pas d'asphyxier nos entreprises. Je rappelle que l'impôt de production en France pour les entreprises, c'est 3,3% du PIB. Ce n'est que 0,7% en Allemagne. On est en train de mettre des semelles de plomb à nos entreprises. Il va y avoir 65 000 faillites, un taux de chômage qui va augmenter. Là aussi, il faut les aider. Une France qui travaille, une France qui cotise, c'est une France où on permet de rembourser la santé et de payer les retraites.
Il faut maintenant voir une France de la croissance, une France qui investit, une France qui autorise l'initiative et qui permette que le travail rémunère toujours plus que l'assistanat. Il faut une France qui ne veuille pas sanctionner ceux qui travaillent. On veut une France qui répartisse plus justement les richesses, une France à la fois solidaire et prospère. C'est possible. C'est ce qu'avait fait le général de Gaulle avec une France qui connaissait à la fois l'essor économique et l'essor social. C'est ce qu'on doit mettre en place. C'est ça, le cœur du sujet.
Merci Laurent Jacobelli, député du Rassemblement National, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info.
Laurent Jacobelli