Travail le 1er mai : La gauche et les syndicats font reculer Lecornu | Amar Lagha
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- 0:34OuverteRéponse directe
Cet abandon du projet de loi est-il symbolique d'une relance de la puissance des syndicats ?
- 0:38OuverteRéponse directe
La journée du 1er mai est-elle toujours sacrée pour les travailleurs et les travailleuses en France ?
- 2:34ComplaisanteRéponse directe
Amar Lagas, j'imagine que vous félicitez de cette victoire à la CGT Commerce.
- 2:52OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous expliquer déjà actuellement qui peut travailler le 1er mai ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il pourrait voyer concrètement et qui était pour vous inconcevable à la CGT ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous répondez à l'argument des salariés qui veulent travailler pour gagner plus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05InvitéFait
« Que ce soit clair, la loi, la loi telle qu'elle est aujourd'hui, demande à être amendée. »
- 1:15InvitéFait
« La loi est la loi. La loi a été confirmée par un avis de la Cour de cassation en 2006. »
- 1:41InvitéFait
« Tous les syndicats se sont exprimés, quelle que soit leur sensibilité, pour dire que la chose n'était pas comprise. »
- 1:57InvitéFait
« Le 1er mai n'est pas un jour comme un autre. Il faut l'admettre, il faut le comprendre. C'est un jour qui a son histoire. »
- 2:39InvitéFait
« Bien sûr, c'est une victoire. »
- 3:03InvitéFait
« Le 1er mai est un jour chômé pour les travailleurs payés dans ce pays. »
- 3:26InvitéFait
« Sur le temps, il y a déjà des travailleurs qui travaillent le 1er mai. Je pense dans les services publics, dans les transports, je pense dans l'hôtellerie. »
- 3:58InvitéFait
« Quand Gabriel Attal marchait et disait, dans une vidéo, il disait qu'on interdit les commerçants d'ouvrir, et ainsi de suite. C'est un mensonge. »
- 5:14InvitéFait
« Demain, le 1er mai devenait comme la question du travail dominical dans ce pays, c'est-à-dire le travail du dimanche, tout le monde pouvait travailler. »
- 6:30InvitéFait
« Quand une fois, on est face à une méthode qu'on nous a déjà servie il y a quelques années, je pense au travail du dimanche. »
- 6:48InvitéFait
« Le volontariat n'existe pas dans l'entreprise. »
- 7:12InvitéFait
« Par contre, oui, si on parle de pouvoir d'achat, il faut augmenter les salaires. »
- 8:46InvitéFait
« C'est aussi la victoire d'une intersyndicale qui s'est reconstituée trois ans après la réforme des retraites. »
- 10:04InvitéFait
« Il ne faut rien lâcher. Je pense que la droite et l'extrême-droite, parce qu'on a tendance à oublier que ce projet est soutenu par l'extrême-droite, par le RN. »
- 11:03InvitéFait
« Je pense qu'il y a une stratégie aussi des partis politiques à l'Assemblée, avec la menace de la motion de censure. »
- 11:32InvitéFait
« On a lancé une pétition. Et la population et les travailleurs ne souhaitent pas qu'on en vole encore un jour chômé. »
- 11:43InvitéFait
« C'est-à-dire qu'on s'attaque à chaque fois aux précaires. Quand Gabriel Attal disait que c'était un comble, qu'une boulangerie était ouverte et qu'un fast-food était... »
- 12:55InvitéChiffre
« Les sondages, les pétitions qu'on a mises en place ont montré fortement. »
- 13:15InvitéChiffre
« Il y a 178 pays qui ont déjà, à travers l'organisme syndical mondial, qui ont interpellé le gouvernement. »
- 13:59InvitéFait
« Lui-même, il était convaincu si elle n'est pas passée. »
- 14:06InvitéFait
« Il ne sait pas c'est quoi de travailler dans une boulangerie. Il ne sait pas c'est quoi de travailler dans un commerce. »
- 15:10InvitéFait
« Pour nous, la loi est très claire. On parle encore une fois de deux branches. »
Temps de parole
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Ce projet de loi avait été âprement défendu par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, ensuite repris par le gouvernement Lecornu. Le texte, pour élargir le travail du 1er mai à de nouvelles professions, a finalement été abandonné sous la pression des syndicats et aussi du Parti Socialiste qui menaçait le camp présidentiel d'une motion de censure. La commission mixte paritaire qui devait se tenir aujourd'hui a été annulée et l'examen de la loi repoussé à 2027. Autrement dit, jeté aux oubliettes, c'est un véritable revers pour l'exécutif à un an de la présidentielle et une victoire pour les syndicats français, après une succession de réformes nocives pour le droit du travail.
Cet abandon du projet de loi est-il symbolique d'une relance de la puissance des syndicats ? La journée du 1er mai est-elle toujours sacrée pour les travailleurs et les travailleuses en France ? On en parle tout de suite avec Amar Laga, secrétaire général de la CGT Commerce. C'est le second entretien de Toujours Debout. Bonsoir Amar Laga, merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau du Média.
Merci à vous pour l'invitation.
Alors pour commencer, j'aimerais qu'on écoute un extrait du ministre du Travail actuel Jean-Pierre Farandou pendant les questions au gouvernement cet après-midi.
Que ce soit clair, la loi, la loi telle qu'elle est aujourd'hui, demande à être amendée. C'était bien ça l'objectif de cette proposition de loi. La loi est la loi. La loi a été confirmée par un avis de la Cour de cassation en 2006. Les choses sont claires. Il y a une impasse. Et aujourd'hui, dans l'état de la loi, il y a une insécurité juridique qu'il faut résoudre. C'est bien pour ça qu'une initiative parlementaire visait à la résoudre. Et j'ai été d'ailleurs favorable à cette intention, à cette ambition. Nous ne changeons pas d'ambition. Le gouvernement est très clair. Nous allons poser des actes, alors passant davantage par le dialogue social.
On voit bien qu'il y a eu une réaction sociale très forte. Tous les syndicats se sont exprimés, quelle que soit leur sensibilité, pour dire que la chose n'était pas comprise. Je pense que dans les éléments qui n'ont pas permis cette convergence, il y a eu peut-être aussi un élargissement, mal compris, des possibilités pour les entreprises d'ouvrir le 1er mai. Le 1er mai n'est pas un jour comme un autre. Il faut l'admettre, il faut le comprendre. C'est un jour qui a son histoire. C'est le jour des travailleuses et des travailleurs. On ne touche pas au 1er mai sans prendre quelques précautions, et notamment d'en discuter suffisamment avec les partenaires sociaux.
Donc l'ambition n'a pas changé. La méthode passe par davantage de dialogue social. Nous avons discuté avec les partenaires sociaux sur les branches dans lesquelles nous recommanderons que les accords de branches précisent comment tout ça se le fera. Une loi sera le réceptacle de l'ensemble de ces accords de branches. Tout ça prendra quelques mois. On réglera ce sujet en 2026 pour que le sujet soit traité au 1er mai 2027.
Amar Lagas, j'imagine que vous félicitez de cette victoire à la CGT Commerce.
Bien sûr, c'est une victoire. Ça fait un petit moment qu'on n'a pas entendu d'aussi belles victoires. C'est une victoire. Cette victoire revient aux travailleurs, revient à la mobilisation, revient à celles et ceux qui ont cru qu'en luttant, on peut gagner, on peut faire reculer ce gouvernement. C'est une bonne chose pour les travailleurs.
Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer déjà actuellement qui peut travailler le 1er mai ?
Alors, en écoutant le ministre du Travail, je pense qu'il a rappelé que le 1er mai est un jour chômé pour les travailleurs payés dans ce pays. Et je pense que certains ont voulu s'attaquer à un symbole pour se faire de la pub. Je pense à l'ancien Premier ministre, Gabriel Attal. Je pense qu'il était absent des radars médiatiques. Il a voulu se servir de ce symbole pour les travailleurs pour qu'on parle de lui. Parce que pendant 15 jours, on n'a parlé que de Gabriel Attal. Sur le temps, il y a déjà des travailleurs qui travaillent le 1er mai.
Je pense dans les services publics, dans les transports, je pense dans l'hôtellerie, ce qu'on appelle des métiers, à l'obligation de continuer une activité. C'est ça, la réalité. Mais ce n'est pas le cas pour les fleuristes. Je suis désolé, il n'y a pas aucune obligation de continuer l'activité sur les ventes des fleurs. Le patron, lui, il peut ouvrir. Elle est là, la subtilité et le mensonge de Gabriel Attal. Parce que tout le monde l'a remarqué. Quand Gabriel Attal marchait et disait, dans une vidéo, il disait qu'on interdit les commerçants d'ouvrir, et ainsi de suite. C'est un mensonge.
Les commerçants pour ouvrir, à condition que ce sont les patrons qui travaillent, mais pas les travailleurs. C'est ça la idée.
Ils ne peuvent pas faire travailler leurs salariés, mais ils peuvent travailler s'ils le veulent.
Tout simplement. C'est pour ça qu'il faut remettre les choses dans leur contexte. Depuis des années, tout se passait bien. Effectivement, il y a des interprétations juridiques. C'est pour ça que le patronat des boulangeries a voulu détourner la loi à une façon... Je rappelle quand même l'histoire. On parle de 5 contrôles qu'on a eu l'année dernière. 5 boulangeries vendéens qui ont été contrôlées, qui n'ont pas respecté la loi. Je veux bien. Moi, je ne respecte pas la loi. Je me fais taper sur les doigts. On a 5 boulangeries qui ont détourné la loi, qui sont fait rattraper par la brigade. Ils se retrouvent aujourd'hui, mis en avant, voire comme des victimes.
Je rappelle qu'il y a des lois et que tout le monde doit respecter ces lois.
J'aimerais qu'on revienne du coup sur le projet de loi en lui-même. Qu'est-ce qu'il pourrait voyer concrètement et qui était pour vous inconcevable à la CGT ?
Ce projet de loi, même si certains pensent qu'on allait s'attaquer juste, entre parenthèses, aux deux secteurs de la boulangerie des fleuris, c'est faux. Parce que dans les quatre propositions qui ont été faites, il y avait tous les secteurs qui étaient ouverts. Et ça apportait confusion, c'est-à-dire que demain, le 1er mai devenait comme la question du travail dominical dans ce pays, c'est-à-dire le travail du dimanche, tout le monde pouvait travailler. Il y avait tout ce qui est traiteurs, restaurations, il y avait tout ce qui est loisirs, il y avait tout ce qui est vente. Il y avait pas mal de secteurs dont chacun pouvait interpréter le fond en lui-même.
C'est pour ça qu'on a estimé, à juste titre, de se battre et de rappeler que le 1er mai, on a tendance à l'oublier. Dans ce pays, il y a des femmes, il y a des hommes qui ont donné de leur vie pour qu'on puisse avoir cette journée-là sacrée. C'est un jour chômé où les travailleurs peuvent faire autre chose que travailler. Et si un jour le patronat, si les patrons décident de travailler une journée, c'est pas grave. Et encore une fois, de se servir des grands groupes de l'agroalimentaire, c'est surtout les grands groupes de boulangerie, Marie Blanchet et ainsi de suite, c'est où qu'on met la pression.
Je rappelle que les petits boulangers, parce qu'on a des discussions avec ces petits patrons, ils sont deux dans leur boulangerie, trois, et ils travaillent en famille. Ça se passe très bien le 1er mai.
Alors, un des arguments qui a été mis en avant pour pousser à l'acceptation de ce travail le 1er mai, c'est de dire qu'il y a plein de salariés. Vous le disiez, dans les boulangeries, chez les fleuristes, mais aussi dans d'autres secteurs de petits commerçants, il y a plein de salariés qui veulent travailler parce que du coup, ils vont être payés plus, ils vont être payés potentiellement le double, etc. Qu'est-ce que vous répondez à ça, vous ?
Alors, quand une fois, on est face à une méthode qu'on nous a déjà servie il y a quelques années, je pense au travail du dimanche. Il y a quelques années, certains disaient qu'il fallait travailler le dimanche, à permettre aux salariés volontariens, parce que vous n'avez pas dit le mot volontariens, c'était l'argument de Garibirata, c'est tous des salariés volontaires, ce n'est pas vrai. Le volontariat n'existe pas dans l'entreprise. La preuve, sur la question du travail du dimanche, on a dit que c'était volontaire d'avoir payé le double. Au bout de quelques temps, aujourd'hui, c'est devenu un jour normal. Les salariés qui travaillent le dimanche, c'est comme un jour normal.
Et de faire croire que d'ouvrir un jour en plus, ça va créer de la richesse pour le bélanger, je ne crois pas, parce que si vous consommez le lundi, vous n'allez pas le consommer le mardi. Par contre, oui, si on parle de pouvoir d'achat, il faut augmenter les salaires. Si on estime qu'il faut doubler les salaires, c'est qu'on entend très bien que les salariés sont mal payés dans ce pays. Alors, augmenter les salaires, sans jouer un peu de logiciel à chaque fois avec des obligations en face vis-à-vis du patronat, il est temps quand même que la tendance change. Et c'est une bonne chose, encore une fois, moi, je me félicite.
Honnêtement, je pense qu'on doit tous mesurer ce qu'on a pu réussir collectivement à faire bouger dans cette période.
Daniel Tartakovsky, qui est une historienne spécialiste des mouvements sociaux, a justement dit par rapport à cette question du volontariat dans une interview à France Info, je cite, nous savons très bien ce que signifie le volontariat dans des petites entreprises où le salarié n'est pas en mesure de refuser de répondre négativement aux fortes incitations qui lui sont faites.
Je vous le confirme, mais qui peut croire aujourd'hui que le salarié choisit de son organisation de travail ? Ce n'est pas vrai. Vous, en tant que journaliste, demain, vous avez une organisation qui est gérée par la direction. Si demain, vous refusez de travailler, au bout de trois fois, on va vous dire « prenez la porte ». Dans le commerce, pour les premiers qui avaient refusé de travailler le dimanche, en fin de compte, leurs congés, on les décalait. Oui, ce n'est pas du direct, mais à force de le faire, les salariés acceptent de travailler le dimanche. Voilà. L'argument de volontariat n'existe pas. Sophie Justoté, Sophie Bina, la secrétaire générale de la CGT, a donné l'exemple.
Si le volontariat existait, on ne mettait pas une loi pour protéger les femmes enceintes dans ce pays. Vous voyez, il y a des exemples, il y en a plein. Parce que le patronat pourrait faire travailler les femmes enceintes, parce que je pense qu'il n'a peur de rien.
Le député PCF, Stéphane Peux, s'est lui aussi félicité de ce recul du gouvernement. On l'écoute.
C'est aussi la victoire d'une intersyndicale qui s'est reconstituée trois ans après la réforme des retraites, pour dire à quel point rien n'allait dans cette proposition de loi, ni le périmètre du travail du dimanche, qui contrairement à la fable racontée par Gabriel Attal, ne concerne pas les boulangeries et les fleuristes, mais concerne les grandes surfaces de jardinage, les grandes surfaces alimentaires, les grandes surfaces culturelles. Et donc, aller bien bien au-delà des seuls artisans boulangers et fleuristes. Et puis, on ne fait pas une loi précipitamment en piétinant le Parlement et en contournant le dialogue social.
Et donc, en menaçant une censure, comme nous l'avons fait, nous avons permis au gouvernement de reprendre le chemin normal dans une république sociale comme la nôtre. C'est-à-dire, on négocie avec les partenaires sociaux, c'est ce qui va être fait. Il y aura des négociations de branches autour du travail le 1er mai. Et si, dans une branche, il y a un accord entre les partenaires sociaux, il y aura une transposition par décret ou par la loi de cette possibilité.
Vous pensez justement que ce recul du gouvernement, ça redonne un peu un horizon pour les syndicats aussi, de dialogue, éventuellement de combat aussi ?
— Ouais, mais d'accord, il faut se féliciter, mais il ne faut rien lâcher. Je pense que la droite et l'extrême-droite, parce qu'on a tendance à oublier que ce projet est soutenu par l'extrême-droite, par le RN, soi-disant, qui soutenait les travailleurs. On voit vraiment l'image de l'extrême-droite dans ce pays, qui a voté contre l'augmentation du SMIC, qui s'attaque au 1er mai. Voilà. Je pense qu'il ne faut rien lâcher, rester mobilisé. Il y a une journée dans le paysage qui est le 1er mai. Nous, on a fait un communiqué aujourd'hui de presse.
On appelle tous les travailleurs à rejoindre toutes les manifestations de partout, massivement, pour envoyer encore un signe très fort au gouvernement, à qui, celles et ceux, dans l'avenir, décideront de s'attaquer au 1er mai.
— Comment est-ce que vous expliquez, vous, que le gouvernement a laissé tomber cette manière ? Je veux dire, il y a eu effectivement beaucoup de syndicats qui se sont levés contre cette proposition de loi. Mais ce n'est pas la 1er fois. Ça a aussi été le cas dans d'autres mobilisations sociales dans le passé, où, au final, malgré tout, le gouvernement n'a pas plié. Qu'est-ce qui, selon vous, a fait que, là, le gouvernement recule ?
— Je pense qu'il y a une stratégie aussi des partis politiques à l'Assemblée, avec la menace de la motion de censure. Je pense, enfin, les partis politiques qui siègent à l'Assemblée ont coûté les organismes syndicales pour leur dire voilà, il y a une injustice. Déjà, il se fait... Je pense avoir, la semaine dernière, le 10, par rapport au retrait du projet par Gabriel Attal. C'était une manœuvre un peu malsaine, mais c'est une stratégie de renaissance. Cela étant, je pense que le gouvernement a vraiment eu peur qu'il y ait, à mon avis, une motion de censure. Et honnêtement, on a lancé une pétition. Et la population et les travailleurs ne souhaitent pas qu'on en vole encore un jour chômé.
On nous a volé 2 années sur la retraite. On ne souhaite pas qu'on nous vole un jour. Je rappelle, pour les secteurs, pour celles-là qui sont concernées à travailler cette journée-là, c'est 80% des femmes qui sont en temps partiel dans la précarité. C'est-à-dire qu'on s'attaque à chaque fois aux précaires. Quand Gabriel Attal disait que c'était un comble, qu'une boulangerie était ouverte et qu'un fast-food était... L'inverse, qu'une boulangerie était fermée et qu'un fast-food était ouvert. Le comble, ce n'est pas ça. Le comble, encore, dans ce pays, il y a des personnes qui vivent de leur travail, qui sont en seuil de pauvreté.
Le comble, c'est qu'il y a des femmes qui sont obligées de subir le temps partiel. C'est ça, le comble. Le comble, c'est que depuis qu'ils sont arrivés au pouvoir, la France n'a jamais un pays aussi pauvre que ça. C'est ça, la réalité. Après, on peut nous sortir les grands discours. Le seul discours qui compte, c'est la mobilisation. Et je pense qu'il faut qu'on soit encore très, très nombreux le 1er mai, parce qu'il ne faut rien lâcher. Et eux, le camp d'en face, lui, s'organise, nous, nous organiser pour apporter d'autres victoires.
Alors justement, est-ce que vous pensez-vous que le 1er mai, c'est encore une journée qui reste sacrée pour les travailleurs et les travailleuses, malgré toute cette série de défaites sociales qu'on a pu connaître ces dernières années ?
— Bien sûr, parce que les sondages, les pétitions qu'on a mises en place ont montré fortement. Et je pense que le gouvernement n'est pas aussi idiot. Il voit ce qui se passe aussi dans le paysage. Ça ne prend pas. Vous vous rendez compte ? Si on s'est laissé faire, la France, le pays de droit de l'homme, cette journée n'est pas qu'en France. C'est pas un modèle typique français. C'est dans le monde entier. Il y a 178 pays qui ont déjà, à travers l'organisme syndical mondial, qui ont interpellé le gouvernement. C'est une honte que la France se démarque de cette façon-là. C'est pour ça que je pense que le gouvernement a eu raison, à juste titre, parce qu'on était là.
— Vous pensez qu'ils se sont dit « Ah ça, non, en fait, on ne peut pas y toucher, c'est trop gros ». — Je pense qu'il y a des symboles qu'il ne faut pas toucher. À mon avis, il ne faut pas toucher. Au lieu de s'attaquer à la réalité, les débats, juste avant, on parlait d'électricité, du gasoil. — Aujourd'hui, beaucoup de salariés vont appuyer et travailler. Moi, je connais des assistantes maternelles ou des aides à domicile. Elles refusent de soigner ou d'aller voir des personnes âgées parce qu'elles ne peuvent plus aller les voir, parce que le prix de l'essence a augmenté. C'est ça, la réalité. Au lieu de...
Je vous dis, on a des personnes, honnêtement, qui ne pensent pas à la France, qui ne pensent pas aux travailleurs. Ces personnes-là ont pensé à leur propre carrière, à faire du buzz. On est face à un... Lui-même, il était convaincu si elle n'est pas passée. — Mais depuis deux jours, on a parlé de Gabriel Attal. On a parlé d'une personne qui n'a jamais travaillé. Je rappelle, cette personne n'a jamais travaillé. Il ne sait pas c'est quoi de travailler dans une boulangerie. Il ne sait pas c'est quoi de travailler dans un commerce. Il ne sait pas c'est quoi de se lever à 4 heures du matin. Parce que voilà, on est dirigé.
Ou des personnes qui veulent diriger notre façon de vivre n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise. C'est ça, la réalité.
— Alors vous disiez qu'il faut continuer le combat. Effectivement, la bataille n'est pas encore finie, pour le coup, puisqu'on a entendu tout à l'heure Jean-Pierre Farandou qui a annoncé qu'il y aurait d'autres mesures prises courant 2026 pour permettre le travail des boulangers et des fleuristes dès le 1er mai de l'année prochaine, donc le 1er mai 2027. Il doit d'ailleurs rencontrer des représentants du secteur demain matin. Est-ce que vous ne pensez pas qu'à l'inverse, effectivement, il pourrait revenir, en fait, sur cette volte-face sous la pression des représentants du patronat, en fait, du petit patronat des boulangers et des fleuristes ?
— Je ne sais pas ce qui nous a été dit hier. Moi, j'étais présent à la réunion du ministre du Travail avec la secrétaire générale Sophie Binet. Ce qui a été dit, effectivement, il y a deux branches. Encore une fois, il y a deux branches, les fleuristes et dans la boulangerie. Il y a des interprétations de lois. Pour nous, la loi est très claire. On parle encore une fois de deux branches. Ce qui a été préconisé par tous les orgues syndicales. OK. On se met autour de la table. On renvoie en négociation de ces branches-là des discussions. S'il y a un accord, eh bien les orgues syndicales auront choisi cet accord-là. Mais seules les négociations pourraient arriver au niveau de la branche. Point.
Il l'a dit, il l'a redit. Le 1er mai, on n'y touche pas. Ce n'est pas un jour pareil. C'est le dernier jour chômé, payé dans ce pays. Il ne faut pas qu'on y touche.
Merci beaucoup, Amalaga, d'avoir été avec nous sur le plateau du Minatv. Je rappelle, vous êtes secrétaire nationale de la CGT Commerce et Services. Merci pour vos explications et votre présence ce soir.
Merci à vous.