Juan Branco dénonce la répression étatsuniennes envers Julian Assange
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
On est dans une situation extrêmement compliquée où les audiences d'extradition théoriquement commencent le 24 février, au fond, pour décider s'ils doivent être extradés aux Etats-Unis, ce qui est complètement absurde, parce que dans le traité d'extradition entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, sont explicitement excluis les délits politiques. Or, l'espionnage est considéré comme un délit politique dans l'ordonnancement juridique des deux pays. Donc, quoi qu'il arrive, concevoir qu'il puisse être extradé est absurde.
Le problème, c'est qu'évidemment, on est face à des procédures qui sont politiques et pas judiciaires, et que donc, à partir de là, le droit ne sert que d'une façon comme un containment. C'est une capacité seulement à contenir au maximum la volonté politique de répression et de vengeance que met en place aux Etats-Unis. Et donc, on est en tant qu'avocat dans une situation très compliquée, en plus, où théoriquement, on aurait besoin de beaucoup plus de temps pour défendre, pour préparer notre défense.
Et en même temps, de l'autre côté, la réalité que Juliane est mise dans une situation de telle violence au sein de la prison de Belmarche, que tout est fait pour qu'on se précipite, pour qu'on ait une décision défavorable, et qu'il puisse se débarrasser de Juliane et l'envoyer aux Etats-Unis. Donc, ils essaient de nous faire un chantage, quelque part, presque affectif, autour du corps de Juliane, qui est martyrisé aujourd'hui, en fermé 23h sur 24, dans des conditions délirantes. Et c'est très difficile pour nous de résister à ce chantage et d'accepter de devenir, quelque part, complice, en fait, de sa situation, en demandant plus de temps pour nous assurer qu'il y ait une chance, juridiquement parlant, de sortir de là.
Et donc, cette violence psychologique, en fait, quelque part, qu'ils mettent en œuvre, y compris contre ces avocats, fait partie, en fait, de toute une gamme, une panoplie qu'on a vu se déployer depuis des années. Donc, on espère vraiment, évidemment, qu'il y aura une réaction auparavant. Un miracle pourrait intervenir si Corbyn était élu, par exemple, aux élections anglaises au début décembre.
Mais on a appris à ne pas faire confiance aux politiques et à dépendre que de nous-mêmes. Donc, cette lutte va se mener grâce à la société, avec l'appui de la société. C'est seulement en provoquant des mobilisations de plus en plus importantes qu'on réussira probablement à sauver cet homme et à empêcher qu'il soit, quand même, mis dans une prison de haute sécurité pendant 175 ans, pour en avoir fait qu'une chose, parce que les accusations dont il fait l'objet aujourd'hui ne concernent que les publications de 2010 sur les câbles diplomatiques américains et les journaux de guerre iraquains et afghans.
Il risque 175 ans de prison dans une prison de haute sécurité à l'isolement pour avoir, tout simplement, révélé des crimes des guerres et des crimes contre l'humanité. Donc, c'est vraiment un enjeu essentiel. Et on dépend de nous-mêmes, parce que les médias ne jouent pas du tout le jeu, évidemment, pour toute une série de raisons qui ont été exposées tout à l'heure dans une conférence qu'a donnée Jacob Appelbaum pendant cet événement, qui ont créé des lignes de front et de divisions extrêmement violentes qui font qu'on n'arrive pas, en fait, à solidariser toutes ces professions qui, théoriquement, devraient être en soutien de la violence.
Il est extrêmement fragilisé, évidemment, par la violence qu'il subit, non pas seulement depuis avril, mais depuis des années d'enfermement dans des conditions qui ne sont quand même pas du tout évidentes, avec un ligné très fort de toute une part et de la société sur le fait qu'il souffrait de violences réelles. C'est-à-dire qu'il y a un temps prétendu qu'il s'était enfermé volontairement au sein de cette ambassade d'Équateur, ce qui est quand même le comble de l'absurdité, mais des personnes de bonne foi y croyaient parce qu'elles n'arrivaient pas à accepter la réalité de sa situation. Donc, ça pèse sur un homme qui a explosé au monde, s'est vu exploser du jour au lendemain comme une superstar quand on avait 38 ou 39 ans.
Aujourd'hui, on a quasiment 10 de plus. Évidemment, a senti peser de façon extrêmement lourde le poids de ce temps passant et de cette exposition médiatique extrêmement violente. extrêmement délétère.
On l'a qualifié de tout de violeur, d'antisémite, d'agent du FSB, sans aucun début de preuve et avec un relais systématique de la part des médias qui est absolument franchement scandaleux. Franchement scandaleux.
Juan Branco