Isabelle Florennes : « Donnons aux autorités les moyens de prévenir ces rave parties illégales »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Isabelle Floren, je le rappelle, vous êtes sénatrice, union centriste des Hauts-de-Seine, porte-parole également du Modem. Et on va longuement parler de ce qui s'est passé ce week-end, puisque votre rapport tombe au moment où cette trêve partie illégale a eu lieu dans le Cher. C'est la une de la presse régionale du Béry, républicain fini de rêver, titre le journal, une rêve partie géante qui a rassemblé jusqu'à 20 000 personnes ce week-end dans le Cher. Laurent Nunez s'est rendu sur place, on l'a vu, il veut durcir la loi pour mieux réprimer ce type d'événement. Autre une, on va regarder deux autres, une de la presse régionale, celle de l'Est républicain, repas étudiant, 1 euro pour tous.
Jusque-là, réservé aux étudiants boursiers en situation de précarité, le repas à 1 euro est à partir d'aujourd'hui étendu à tous, sans condition, une mesure qui représente une économie d'environ 70 euros par mois. Et puis la dernière une, c'est celle de l'Union Petit Gare, gros potentiel, le journal qui revient sur l'avenir de la mobilité rurale. Est-ce que ça passera par le train ? Le projet de loi cadre pour développer les transports a été voté au Sénat il y a quelques jours. Exemple concret dans le journal avec la petite gare de Bazancourt, entre Reims et Rétel, qui a su se revitaliser. De quelle ligne avez-vous envie de nous parler ? Ben, fini de râver.
Sans grand surprise, la première, c'est le péril républicain. On va en parler évidemment longuement. Un mot d'abord peut-être sur le choix du site, parce qu'il n'a pas été fait au hasard. D'abord, c'est un terrain militaire, comme l'a précisé Laurent Nunez. Vous y voyez déjà une revendication antimilitaire dans ce choix ?
Pas forcément. C'est surtout un lieu emblématique, parce que c'est près de la commune d'origine dont est originaire le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Qui est du cher. Qui est du cher. C'était une opportunité, j'imagine, pour les organisateurs d'avoir ce terrain dans cette proximité. Et effectivement, les rêveurs en général, comme on les appelle, les tuffeurs, choisissent des lieux, alors ils sont divers, là c'est un lieu dangereux surtout, dangereux. Un lieu de tir qui appartient à la direction générale de l'armement. Et donc j'y vois une double coïncidence qui n'est pas le fruit du hasard.
Oui, qui n'est pas forcément une coïncidence. Est-ce que pour vous, le ministre de l'Intérieur, il y avait une volonté de la part de cette tuffeur de le cibler directement, politiquement, personnellement ?
C'est ce qu'ils ont revendiqué. Et c'est ce qu'ils ont dit. Et c'est pour ça qu'il a bien fait de s'y rendre. Et il engage un bras de fer, avec notamment les organisateurs et les participants. Ils étaient quand même entre 20 et 40 000. Vous dites, sur l'ensemble du week-end, c'est le ras-le-bol. C'est le ras-le-bol des riverains. C'est le ras-le-bol des agriculteurs qui voient leur chiant piétiner. Je me souviens, nous avons auditionné avec ma collègue Lauriane Jossand et mon collègue Hussein Bourgi, il y a à peine trois semaines. Avec qui vous avez fait le rapport. Avec donc la mission d'information que nous avons conduite pendant quatre mois.
Et nous avons auditionné deux maires de l'Hérault qui ont subi des dégradations suite à un incendie sur leur commune, dans l'Aude exactement, ont subi une rêve-partie géante à la fin du mois d'août dernier. Et les dégâts occasionnés, c'est incompréhensible pour les riverains, pour les habitants de ces communes, pour les agriculteurs qui voient leur chiant piétiner, de voir que l'État finalement est impuissant à faire respecter la législation. Parce qu'il y a une législation qui est trop peu répressive actuellement. C'est ce qu'a voulu corriger la PPL, la proposition de loi déposée par notre collègue à l'Assemblée nationale.
Et c'est ce que veut corriger le projet de loi Riposte, dont j'imagine nous allons parler.
Bien sûr, on va en parler, mais ça vise à punir, à condamner les organisateurs, voire les participants. Mais juste, comment c'est possible, on le disait, entre 17 000 et 40 000 personnes, comment c'est possible de ne pas pouvoir empêcher en amont un tel rassemblement ?
C'est bien le problème, c'est bien le problème. Ça se passe, les rendez-vous se passent sur des boucles, donc cryptées, sur des réseaux sociaux, via effectivement un système qui est de spontanéité et qui n'est très peu traçable. Donc nous, ça sera nos propositions, notamment, de mieux prévoir. Et puis, les forces de l'ordre n'ont pas toujours ni les moyens technologiques pour les repérer, ni les moyens d'intervention. Parce qu'une fois que les organisateurs sont arrivés avec le matériel, c'est très compliqué de faire des saisies de matériel et de faire partir, en tout cas, évacuer les zones.
– Donc ça veut dire que sur l'amont, l'État restera impuissant ?
– Oui, absolument, sur l'amont, trop impuissant sur l'amont. C'est ce que nous constatons. Et puis, il y a un phénomène qui, de surcroît, se passe actuellement en France, notamment dans le sud de la France, c'est que vous avez des législations, comme en Italie et en Espagne, qui sont bien plus répressives depuis quelques années, en Catalogne et en Italie depuis trois ans, qui amènent, finalement, les rêveurs, les toughers, à se déporter sur les zones françaises qui sont considérées comme moins répressives.
Là, je lisais que dans le Cher, ce week-end, vous aviez des jeunes qui venaient, parce que c'est essentiellement quand même des jeunes, qui venaient d'Allemagne, qui venaient d'Italie, qui venaient d'Espagne, qui venaient de partout, quasiment dans la proximité européenne, parce qu'ils savent aussi que les sanctions et le système français est moins répressif. Donc, tout ça, nos propositions, notre rapport fait des propositions. Nous espérons les voir adoptées par le projet de loi Riposte et, avant la fin de l'année, avoir un système beaucoup plus répressif en France.
– Un mot avant de parler des propositions, on a entendu la gauche, une partie de la gauche, la France insoumise notamment, qui fustige le gouvernement, qui veut criminaliser la fête. Les écologistes qui critiquent quand même le déplacement de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, fustigeant son caractère répressif. Qu'est-ce que vous dites de ça ?
– Non mais attendez, que les choses soient claires, il y a une législation, tout le monde la respecte, les communes respectent. Quand on doit faire une fête, on respecte les déclarations, l'encadrement, la législation. Ça existe partout en France, n'importe quelle commune doit respecter ça, n'importe quel organisateur doit respecter. Il y a une loi, on la respecte. Si on ne la respecte pas, on est sanctionné. C'est aussi simple que ça. Alors, si les sanctions ne sont pas si dissuasives, c'est ce que nous voyons, et que le système fait que la spontanéité engrange des larges rassemblements, il faut réprimer. Nous, on est pour cette répression.
Alors, attendez, la loi, elle s'applique à tous, on a le droit de faire la fête, mais dans un cadre bien défini. Qui dit qu'il faut une obligation de déclaration
préalable à la préfecture un mois avant et l'autorisation du propriétaire, ainsi que prévenir les maires concernés. Alors, justement, on le disait, cette rêve-partie est visée à protester contre ce que les fêtards considèrent comme la politique répressive de l'État à l'égard des free-parties. Un projet de loi est en cours d'examen au Parlement. Et vous venez, Isabelle Floren, de publier un rapport sénatorial, justement, sur la lutte contre ces rêves-parties clandestines. Alex, il propose quoi, ce rapport ?
Alors, ce rapport, déjà, il recense 337 rassemblements festifs clandestins en 2025. Et parmi les propositions, il y a certaines propositions qui font partie d'un volet préventif, comme le fait de faciliter les démarches administratives pour organiser des rassemblements festifs légaux afin d'éviter ces rêves-parties clandestines. Et puis, il y a un volet répressif qui durcit. Une rêve-partie, selon les sénateurs, doit être déclarée en préfecture à partir de 250 participants et plus à 500, comme c'est le cas actuellement.
Et puis, si une rêve-partie n'est pas déclarée, elle doit faire l'objet d'un délit et les participants d'une contravention de cinquième classe avec une amende qui peut aller jusqu'à 1 500 euros. Les sénateurs veulent également obliger les loueurs de matériel sonore à signaler les locations qui pourraient leur paraître suspectes et organisatrices d'une rêve-partie clandestine. Autant de mesures qui vont être proposées ce mois-ci au Sénat lors de l'examen du projet de loi Riposte porté par Laurent Nunez.
Isabelle Floren, alors on le rappelle actuellement, le fait d'organiser une rêve-partie non déclarée ne fait pas l'objet d'un délit, mais d'une contravention de cinquième classe pouvant aller jusqu'à 1 500 euros d'amende. Laurent Nunez, lui, veut en faire un délit passible de deux ans de prison. Les sénateurs sont alignés sur cette proposition ?
Absolument, on est alignés sur cette proposition et on s'est rencontrés sur la sanction et en tout cas l'augmentation et le durcissement plus exactement de ces sanctions qui sont nécessaires pour avoir un effet dissuasif. Au-delà de ça, il est nécessaire aussi que les forces de l'ordre, les forces de sécurité intérieure puissent avoir les moyens nouveaux pour détecter et pour prévenir ce type de rassemblement. Et c'est ce que j'évoquais dans la première partie, c'est l'usage, meilleur encadrement sécurisé, l'usage des drones, notamment la possibilité de décoller en urgence quand il y a un repérage à faire. Et donc ça, c'est l'utilisation de technologies.
Il faut maintenant que les forces de l'ordre y aient accès. Et puis, il y a également des possibilités de vidéosurveillance qui peuvent aussi être utilisées, même si pour les rêves parties c'est un petit peu plus compliqué. Mais en tout cas, l'usage des drones peut être un renfort. Et puis, il y a l'accès sur les messageries cryptées. Et ça, nous, c'est une préconisation de notre rapport. Ça peut faire l'objet de discussions. Mais parce qu'on sait que ces rassemblements donnent lieu, non pas à une publicité, mais à des discussions, à souvent un lieu qui est défini un peu au dernier moment, ce qui est effectivement la complication, même si les organisateurs font ce repérage.
Et puis, il faut détecter, et c'est le plus compliqué, trouver les organisateurs. On voit bien que malgré… Mais c'est ça.
Est-ce que du coup, ça va être dur de les rendre effectifs ? Parce que comment, vous savez, les organisateurs, ils ne vont pas s'afficher comme tels ? Comment vous allez savoir, dans un rassemblement de 20 000, 40 000 personnes ?
Qui est l'organisateur ? Nous donnons l'ensemble des prérogatifs possibles à l'heure actuelle aux forces de l'ordre. Et ce projet de loi est une opportunité de les donner suite à nos préconisations et à nos recommandations. Nous donnons le maximum d'outils pour faire ce repérage. Maintenant, il est vrai qu'il est nécessaire aussi, peut-être, de travailler aussi au niveau européen, parce que l'Italie a renforcé les sanctions. Je disais, l'Espagne également. Mais il continue à dire qu'il est très compliqué de repérer les organisateurs. Donc, cette coordination aussi sur ce type de sujet peut être intéressante au niveau européen.
Oui, parce que l'Italie, c'est beaucoup plus dur que la France, pour le coup. Les sanctions, je crois que ça peut aller jusqu'à 11 ans.
Jusqu'à 6 ans de prison.
Donc, en fait, c'est beaucoup plus dur. Mais l'Italie dit aussi que c'est difficile de les rendre effectifs, ces sanctions, parce que c'est difficile de trouver les organisateurs. Donc, il y a le texte et puis il y a la réalité des faits.
Il y a le texte et nous comptons sur, effectivement, la dissuasion, le renforcement des sanctions est nécessaire, parce qu'on voit qu'on ne peut pas être des zones de, entre guillemets, déport des autres pays européens. Donc, ça fonctionne quand même, parce que, vous avez bien vu, il y a une baisse quand même en Italie, il y a une baisse en Espagne et il y a un déport sur la zone française.
Mais alors, justement, pourquoi ne pas être allé plus loin ? Parce que, vous le dites très bien, les Italiens, les Espagnols, du coup, ils viennent faire ces rêves en France. Pourquoi ne pas s'aligner sur les pays qui sont, mieux disant, en matière de sanctions ?
Parce que l'effectivité, on se rend compte que ce n'est pas parce que vous mettez une échelle de peine au-delà des deux ans, que vous aurez forcément une effectivité plus importante. Nous restons dans un cadre qui reste aussi, pour le ministre de l'Intérieur qui a soumis le texte au Conseil d'État, dans une proportionnalité. C'est ça qui est important aussi. Quand vous durfissez les peines, c'est la proportionnalité. Donc, nous estimons que les deux ans et les 30 000 euros d'amende sont une peine proportionnée. Elle va être discutée et ce texte sera discuté avec nos amendements dès mercredi en commission et dès le 18 mai dans l'hémicycle.
Nous aurons un débat sur ce sujet, mais j'entends que cette publicité au durchissement de ces sanctions soit, et c'est ce que compte aussi, le gouvernement compte dessus, l'effet dissuasif, les moyens technologiques nouveaux. Et moi, j'appelle effectivement un certain nombre de pays européens. En coordination, elle existe. La coordination des forces de l'ordre au niveau européen, vous avez Europol qui existe. C'est des instances de coordination sur lesquelles ces sujets qui sont des fléaux, qui sont des réels fléaux dans nos pays, quels que soient, alors c'est surtout marqué sur certaines régions en France, le Sud et l'Ouest, soient réprimés, mieux sanctionnés.
C'est le pari que nous faisons avec cette mission. Nous l'avons fait sur 4 mois, je vous rappelle, puisque nous avons été percutés par le projet de loi du gouvernement, mais tant mieux, parce qu'il ne faut plus attendre. Nous, on pense qu'il ne faut plus attendre et le gouvernement nous rejoint. C'est une bonne chose.
Alors, durcissement des sanctions pour les organisateurs, durcissement aussi pour les participants. Hier, Laurent Nunes, je le cite, « Dès lors qu'ils sont informés du caractère illégal d'un rassemblement, y participer sera un délit, les participants seront condamnés à payer une amende forfaitaire délectuelle de 300 euros l'amende vos condamnations et donc inscription au casier judiciaire. » C'est important aussi de s'attaquer aux participants ?
Ah oui, c'est important de s'attaquer aux participants. Ils étaient quand même, vous avez dit, entre 20 et 40 000. Ils savent où ils vont, ils savent que c'est illégal, il faut le rappeler. Il faut... Hier, on a eu des interrogations, certains tuffeurs ont été interrogés. Oui, on va payer, on va payer. Oui, oui, à terme, il faut responsabiliser. Alors, je sais bien qu'on a un public qui est assez peu sensible à la base au cadre légal, mais si on ne fait rien sur les participants... Donc, ça ne sera pas forcément dissuasif pour ce public-là ? Ce sera dissuasif. Nous ne le ferions pas et ne l'aurions pas mis dans notre rapport.
Nous parions sur la dissuasion, sur aussi des moyens nouveaux pour les forces de l'ordre. Hier, ça a mobilisé plus de 600 gendarmes que d'aller verbaliser 200 policiers sur le terrain. Il faut, si vous voulez, maintenant agir au plus près, sanctionner les infractions sur place et surtout, moi je le dis, surtout le repérage en amont. Parce qu'une fois que les festivités sont installées, si je puis m'exprimer ainsi, c'est très compliqué de les déloger. Vous avez des préfets qui ont agi sur le sujet.
Dans l'Hérault, le préfet actuel du Pas-de-Calais qui était là-bas, il a réquisitionné, il a verbalisé, il s'est attaqué au sujet, il en a fait une priorité sur son territoire et on a vu, et c'est mon collègue Hussain Bourgi qui l'a dit, on a vu que ça avait donné des résultats et que ça avait créé malheureusement des déports sur d'autres départements. Mais en tout cas, cette politique répressive, quand elle est menée avec fermeté et avec l'engagement des préfets, ça fonctionne.
Alors, il y a votre rapport qui a été publié la semaine dernière, il y a la loi Riposte de Laurent Nunez, on vient d'en parler, qui serait examinée le 18 mai, et puis il y a un texte, une proposition de loi qui a déjà été votée à l'Assemblée nationale sous la houlette de la députée Horizon Laetitia Saint-Paul pour là aussi renforcer la pénalisation, confiscation obligatoire du matériel, création d'une amende de 1 500 euros pour les participants, 6 mois de prison, 30 000 euros d'amende. C'est peu ou prou la même chose que le projet de loi Riposte. Est-ce que le Sénat doit examiner ce texte ? Laetitia Saint-Paul dit qu'elle veut voir appliquer sa loi dès cet été.
Et est-ce que cet embouteillage de texte, ça ne va pas nuire à l'efficacité des mesures ?
Moi, quand on va dans le même sens, ça ne nuit pas, ça nous renforce. Il y a besoin d'avoir
trois véhicules ?
Il n'y a pas besoin. C'est-à-dire que Laetitia Saint-Paul avait préparé sa proposition de loi qui allait dans le bon sens elle-même, étant dans un territoire qui a subi et qui subit ce type de rêve-parti. Donc, elle a déposé sa PPL en ce sens. Nous avons, nous, préparé notre mission dès le mois de février de commencer nos auditions et opportunément, le gouvernement dépose un texte. Tout ça va dans le bon sens.
Mais est-ce que maintenant le Sénat doit s'emparer du texte de Laetitia Saint-Paul ou la loi Riposte écrase tout ?
Pour moi, la loi Riposte est le bon véhicule. On verra. C'est le bon véhicule. Vous savez très bien et vous connaissez bien l'agenda parlementaire où, là, nous avons une inscription du projet de loi Riposte. Je ne vois pas comment on peut inscrire avant l'été la PPL de Mme Saint-Paul.
Allez, le Sénat, votre rapport qui fait aussi des propositions pour lutter contre les rodéos urbains, l'ex.
Oui, en 2025, 4700 rodéos motorisés illégaux ont été recensés sur la voie publique et en 2024, ces rodéos urbains ont donné lieu à 38 000 interventions policières. C'est deux fois plus qu'en 2018. Et là encore, les sénateurs proposent d'allier la prévention à la répression de ces faits. D'abord, sur la prévention, les sénateurs proposent de mieux sensibiliser les jeunes, les adolescents au danger de ces rodéos motorisés, notamment lors des formations de sécurité routière. Et puis, sur la répression, il s'agit d'accélérer la destruction des véhicules une fois qu'ils sont saisis lors de ces rodéos urbains et de renforcer le délit pénal.
Il ne sera plus nécessaire de montrer qu'il y a eu mise en danger des autres usagers de la voie publique de la route avec ces rodéos pour constituer le délit. Et puis, les sénateurs veulent là encore donner plus de moyens d'enquête aux forces de l'ordre en facilitant juridiquement l'usage des drones pour mieux repérer ces rodéos en ville et puis en expérimentant le recours à de la vidéosurveillance par algorithme pour détecter les comportements routiers ressemblant à ces rodéos urbains. Isabelle Forène, comment expliquer cette hausse vertigineuse des rodéos urbains en quelques années ?
Visiblement, la loi de 2018, c'était un premier pas. C'était rendre délictuelle l'infraction, mais pas suffisant pour caractériser notamment les faits. Il y avait encore trop de difficultés pour les forces de l'ordre à caractériser les faits. Donc là, pourquoi ? Parce que malheureusement, on voit bien que la délinquance, il ne suffit pas parfois de créer le délit pour qu'elle s'arrête. Et donc, il fallait renforcer depuis six ans, nous sommes aperçus en faisant des bilans aussi de cette loi qu'elle n'était pas suffisante. Donc vous l'avez rappelé, on renforce les sanctions et ça, c'est une bonne chose.
On donne des moyens et les moyens technologiques, le drone, la vidéosurveillance algorithmique, on l'a vu avec la mission et mes collègues en mission, nous sommes allés dans l'Essonne, à Juvisy et nous avons vu clairement les forces de l'ordre repérer, pouvoir agir. Parce qu'en France, vous savez, les policiers français, la police nationale comme la gendarmerie n'a pas les moyens de percuter comme c'est le cas au Royaume-Uni directement et d'aller au contact de ces rodéos motorisés, surtout quand ils se passent en deux roues.
donc là, vous avez nécessité de repérer les lieux de stockage et dans nos propositions de rapport, vous ne l'avez pas cité, on a aussi une mesure importante qui est d'éliminer ces lieux de stockage et de remisage et puis également d'agir sur les propriétaires et sur l'immatriculation et le défaut d'immatriculation.
– Et des maires qui sont en première ligne face à ces rodéos urbains, on va aller dans la Loire. Bonjour Jordan Dacilva, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire d'hiver droite de Villars, c'est au nord de Saint-Étienne. Le 18 avril dernier, un rodéo a dégénéré sur votre commune. Qu'est-ce qui s'est passé ?
– Bonjour, écoutez, très clairement, aux alentours de minuit, près de 300 véhicules sont arrivés sur mon territoire, sur un parking privé d'un centre commercial ouvert au public. Ils venaient de l'ensemble de la région Auvergne-en-Alpes mais également du Luxembourg et de Belgique. Ils ont pris d'assaut ce parking en plusieurs points et ont fait des runs, du rodéo, utilisé des feux d'artifice ou des mortiers à l'encontre des forces de l'ordre qui sont venues les déloger et qui ont mis plus d'une heure après l'utilisation de 70 bombes lacrymogènes. Ils ont utilisé des feux d'artifice et divers feux d'artifice sur les forces de l'ordre.
Mais juste, comment fait un maire comme vous pour gérer ce type d'événement ? C'est impossible à empêcher ?
Alors, nous, depuis quelques temps, on a pris un arrêté municipal. Ça fait trois ans qu'on a un arrêté municipal qui a interdit ce type de rassemblement sur l'ensemble des espaces publics ou privés. Malheureusement, dans le cas présent, il s'agit d'une organisation bien ficelée des concernés puisque ce rassemblement devait avoir lieu du côté de l'Ain, dans un autre département.
Mais du fait de la prise par les préfets de l'Ain, du Rhône et de l'Isère d'arrêtés préfectoraux, ils se sont déportés sur la Loire et ils ont trouvé ce terrain de jeu sur ma commune, un parking d'un centre commercial pouvant accueillir de nombreuses personnes pour malheureusement utiliser leur véhicule, avoir un comportement très dangereux envers les participants puisqu'il y a même eu un blessé, mais également envers les forces de l'ordre qui venaient tout simplement faire cesser le trouble à l'ordre public et qui venaient au bout d'un moment arrêter des comportements déviants et interdits par la loi.
Isabelle Floren, vous entendez le témoignage de M. le maire, comment réagir ? Est-ce que vos propositions vous semblent suffisantes par rapport à ce qu'on est en train d'entendre ?
En tout cas, M. le maire, tout d'abord, je veux vous exprimer tout le soutien de la représentation sénatoriale pour ce phénomène qui vous a touché de près et dans une ampleur quand même très inattendue, j'imagine, pour vous.
Vous avez parlé de déport, effectivement, les préfets ont les moyens de prendre des arrêtés d'interdiction et ça, c'est un sujet pour le préfet de la Loire, notamment, avec lequel vous devriez pouvoir échanger parce qu'au plus près, ça serait déjà un moyen d'intervention au plus près et puis, effectivement, dans nos propositions, le renforcement des sanctions, certes, est une chose, l'utilisation d'une vidéosurveillance ou de drones peut-être également aussi intéressante, même s'il s'agit, vous l'avez très bien dit, d'un phénomène assez spontané et qui a surpris tout le monde, malheureusement, et puis, sur les mortiers d'artifice, je dis également que nous avons des mesures, le gouvernement propose des mesures justement pour mettre fin à la vente notamment et à la meilleure surveillance de la vente de ces mortiers dans le projet de loi Riposte.
Il y a tout un arsenal dans le projet de loi qui reprend et qui va reprendre et c'est tant mieux que nous allons appuyer au Sénat dès le mois de mai en espérant que tout ça puisse s'être mis en oeuvre le plus rapidement possible. L'action, elle doit être menée avec vous et les forces de l'ordre au plus près et avec votre préfet. En tout cas, je souhaite que le préfet de la Loire puisse vous aider en ce sens pour que cela ne puisse pas se reproduire notamment sur les parkings. J'ai vu les images et j'avoue qu'elles sont extrêmement impressionnantes.
Jordan d'Al-Silva, vous entendez les propositions faites par le Sénat qui seront dans le projet de loi du gouvernement. Est-ce qu'elles vous semblaient bonnes ? Est-ce que concrètement, elles vont changer les choses pour vous ?
Alors oui, tout d'abord, remercier Madame la Sénatrice et les sénateurs qui se mobilisent sur ce sujet parce que c'est essentiel pour nous, maires, d'avoir des outils face à cela. Et je pense sincèrement que l'ensemble des mesures proposées par le Sénat sont très utiles et que la peur doit changer de camp. On doit avoir au bout d'un moment des participants, des organisateurs qui ont peur d'utiliser ce type de rassemblement pour rassembler autour d'un plaisir ou autre. La peur doit changer de camp et on ne doit pas avoir des forces de l'ordre qui reçoivent 70, qui utilisent 70 bons lacrymogènes pour cesser le désordre public.
Merci M. le maire. Merci beaucoup Jordan Da Silva d'avoir été avec nous maire d'hiver droite de Villars et dans la loi au nord de Saint-Etienne. Alors on a beaucoup parlé de ces questions de sécurité. Autre sujet de préoccupation des Français, c'est le pouvoir d'achat. Isabelle Feren et l'inquiétude qui persiste autour de l'augmentation des prix à la pompe, la flambée des prix, des annulations aussi de vols qui commencent à faire jour et puis dans le même temps on a Total qui réalise de forts bénéfices. On va écouter ce qu'en dit Jean-Philippe Tanguy, le président délégué du groupe RN à l'Assemblée. Il dénonce l'inaction du gouvernement.
Il y a une inaction. Il n'y a pas d'action volontariste à savoir baisser les taxes, baisser la TVA, baisser la TICPE pour atteindre comme le propose le Rassemblement National une baisse de 40 centimes minimum par litre. C'est l'efficacité et dans un deuxième temps pour financer cette mesure on peut évidemment récupérer une partie de ses surprofits. C'est Marine Le Pen qui en 2021 à la présidentielle compte tenu de l'hyperinflation et déjà d'un certain nombre d'abus enfin pas d'abus c'est des phénomènes de marché qui font qu'à la fin Total s'enrichit mécaniquement on puisse récupérer une partie de ses surprofits.
Qu'est-ce que vous en dites Isabelle Florelle ? Il y a une inaction ?
Non il n'y a pas d'inaction. Moi je soutiens l'action du Premier ministre Sébastien Lercornu qui tout en maintenant la pression sur Total il a raison de le faire puisque Total a annoncé la maintien du plafonnement des prix à la pompe notamment pour les...
Mais il a maintien suffisamment la pression et est-ce que c'est suffisant de demander à Total un plafonnement ?
Je vais reprendre l'article que j'ai lu ce matin dans les échos le gouvernement navigue au près c'est-à-dire au plus près du vent et ce n'est pas simple mais je pense qu'il a raison c'est-à-dire aider les plus gros rouleurs et c'est le décret a été adopté ce week-end et donc ça c'est important de cibler les aides de maintenir une certaine pression sur Total je rappelle que les fausses bonnes idées de taxation de super profit elles ressortent à chaque fois Total c'est une partie assez faible de ces activités en France que fait-on des autres énergéticiens et raffineurs qui sont sur le marché français pénaliser un géant français qui par ailleurs agit aussi pour notre pays moi je ne vois pas très bien l'intérêt je pense qu'on peut réfléchir à une question de contribution exceptionnelle on a déjà essayé on a vu que ce n'était pas forcément très efficace mais c'est le président
de votre groupe c'est Hervé Marseille président du groupe union centriste au Sénat qui il y a des années maintenant ça fait 3-4 ans a mis sur la table cette question des super profits il disait c'est symbolique sur le plan social taxer les super profits notamment ceux des énergéticiens vous n'êtes plus sur cette ligne aujourd'hui ?
Je ne parle pas pour Hervé Marseille nous n'avons pas encore eu ce débat en groupe union centriste je pense que ça se réfléchit moi je veux voir le rapport taxation efficacité je ne suis pas encore tellement convaincue et notamment sur un marché européen je suis beaucoup plus convaincue par l'action de l'Allemagne de l'Italie une action collective de l'Allemagne de l'Italie de la France et de l'Espagne qui se mettrait ensemble pour demander une contribution européenne notamment à ces énergéticiens qui effectivement actuellement profitent de marges exceptionnelles mais c'est au niveau européen moi je suis une européenne convaincue c'est au niveau européen qu'il faut régler ce genre de de problèmes
Dans quelques instants nous allons recevoir Bali Bagayoko le maire de Saint-Denis figure montante de la France insoumise hier Jean-Luc Mélenchon hier soir au 20h de TF1 a déclaré candidat pour la quatrième fois comment vous réagissez ?
Quelle surprise quelle surprise non sans surprise on l'attendait je suis un peu surprise quand même de la rapidité comment vous expliquez ? qu'il y a de la concurrence qui s'installe chez LFI tout simplement vous allez recevoir un candidat élu au premier tour dans sa commune élu au premier tour dans son intercommunalité je pense que Jean-Luc Mélenchon doit regarder ça de près
Et c'est ça ? C'est la peur d'être remplacé que quelqu'un prenne la relève qui explique sa candidature aujourd'hui ?
Je n'ai pas de discussion de ce type avec LFI ni Jean-Luc Mélenchon c'est juste une vision de l'échiquier politique et de ce qui peut se passer dans un parti la concurrence quelque part s'installe elle est saine pour un parti Marine Le Pen
elle fait d'Edouard Philippe son principal adversaire pas Jean-Luc Mélenchon qui hier a dit que ce serait le RN son principal adversaire est-ce que le bloc central est en mesure d'éviter un affrontement LFI-RN ?
Oui par l'union Oui par l'union Jusqu'où ? Jusqu'au bout il faut l'union Mais l'union doit est-ce que dans l'union il y a Bruno Retailleau ? L'union des modérés elle va pour moi de la social-démocratie à la droite modérée c'est un champ Pardon
la droite modérée c'est LLR ou pas ?
Oui bien sûr Bah oui on est avec eux au Sénat dans la même majorité on travaille bien ensemble il n'y a pas de raison
Merci Isabelle Florene Merci beaucoup d'avoir été notre invitée ce matin
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Isabelle Florennes