L'intégrale du mercredi 24 septembre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 56 %Attaque 26 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:04OuverteRéponse directe
Taxe Zuckman : comment répondre à l'attente de justice fiscale ?
- 5:41FerméeRéponse directe
Demandez-vous le retour d'un impôt sur la fortune ?
- 6:05RelanceRéponse directe
La réunion avec l'intersyndical peut-elle éviter une censure ?
- 6:41RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qu'un état d'horreur dans le budget ?
- 6:49OuverteRéponse directe
Quelles réformes demandez-vous à Sébastien Lecornu ?
- 7:19RelanceRéponse directe
Faut-il trouver un accord ou risque-t-on une censure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:36Locuteur 1Fait
« C'est totalement faux de dire que c'est une récompense au Hamas. »
- 5:09Invité politiqueFait
« Il y a une immense attente de plus de justice fiscale et sociale dans le pays. »
- 5:11Invité politiqueFait
« Je pense qu'on est une partie de la population qui est en colère, qui a le sentiment d'être maltraitée. »
- 5:56Invité politiqueFait
« Tout le corps social ne demande plus de justice. »
- 6:02Invité politiqueFait
« Il faut que ceux qui ont profité de la période puissent contribuer à la dynamique sociale dans le pays. »
- 8:09Invité politiquePromesse
« La réforme des retraites, ça doit être dans l'accord. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Il a eu raison, il a eu raison, c'est mûr dans le pays. »
- 9:01Invité politiqueFait
« C'est un acte que je salue, et je pense qu'on s'honore à avoir formulé cette demande à la tribune de l'ONU. »
- 9:18Invité politiqueFait
« Je ne miserai pas tout sur son analyse politique de la situation des pays européens. »
- 10:03Invité politiqueFait
« On est quand même dans une période où je trouve qu'on prend un peu la marée, là. »
- 16:42Invité politiqueFait
« Il n'y a plus de zone blanche. »
- 16:50Invité politiqueChiffre
« 2021, 144 villes touchées par des faits d'homicides ou de tentatives d'homicides. En 2024, c'est 170 ou 74. »
- 22:42Invité politiqueFait
« Quand on avance, la sécurité, c'est une valeur de gauche, je le redis. »
- 23:07Invité politiqueFait
« Moi, j'ai poussé mon groupe ici au Sénat à voter de la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur. »
- 25:16Invité politiqueFait
« Le loup, c'est une espèce protégée par la Convention de Berne, 79. »
- 25:36Invité politiqueFait
« Quand vous allez chez un éleveur qui a eu une attaque, que vous voyez des bêtes tuer d'autres, agonisantes, qu'une famille est complètement déstabilisée, ébranlée par les attaques de loups, on ne peut pas ne pas réagir. »
- 26:10Invité politiqueFait
« Le prélèvement, pour moi, n'est pas un gros mot. »
- 26:57Invité politiqueFait
« Il y a quand même une pression sociale qui est violente. »
- 27:51Invité politiqueFait
« Il semble qu'on ait perdu la bataille et ça paraît invraisemblable. »
- 28:19Invité politiqueFait
« C'est une concurrence complètement déloyale. »
- 34:00Invité politiqueFait
« Les grands défis de notre période, c'est le changement climatique et l'adaptation. »
- 34:36Invité politiqueFait
« On est là dans un débat qui est complètement démagogique, complètement populiste. »
- 34:45Invité politiqueFait
« Le racisme ambiant, ce thème de l'immigration qui est au cœur du débat public, de manière très biaisée, parfois sale, me choque. »
- 36:32Invité politiqueFait
« On est dans une crise politique majeure qui peut déboucher d'ailleurs sur une crise de régime. »
- 37:20Invité politiqueFait
« Chacun doit bien mesurer la responsabilité qui est la sienne. »
- 40:02Invité politiqueFait
« On m'a appelé, vous le savez, à la fois François Béroux et puis Michel Barnier. »
- 41:16Invité politiqueFait
« Les collectivités locales n'ont pas été ni écoutées ni entendues. »
- 41:52Invité politiqueFait
« Cette perte d'autonomie financière fait qu'on a des compétences et des responsabilités qui sont de plus en plus importantes et on a de moins en moins de moyens. »
- 43:27Invité politiqueFait
« Les péréquations aujourd'hui doivent être totalement revues. »
- 46:09Invité politiqueFait
« L'État a failli. Aujourd'hui, on a des déserts médicaux, la SAC en est un exemple. »
- 48:01Invité politiqueFait
« Les agriculteurs, c'est la FNSEA et avec la coordination rurale. La Confédération paysanne. »
- 48:16Invité politiqueFait
« C'est un accord qui doit être, s'il doit être négocié, avec les précautions absolument nécessaires dans le domaine de la production animale avec deux cibles spécifiques qu'il faut protéger, la viande bovine de manière générale et la volaille. »
- 48:37Invité politiqueFait
« Je pense en particulier à l'idée qui avait été évoquée pendant un moment d'exportation de viande bovine hormonée, ce qui n'est pas vrai parce que l'Europe ne l'accepte pas. »
- 51:37Chiffre
« 80% des automobilistes reconnaissent utiliser leur portable sur la route. »
- 51:51Chiffre
« Téléphoner au volant multiplie par 3 le risque d'accident. Lire un SMS multiplie le risque par 23. »
- 51:58Chiffre
« Avec plus de 3000 verbalisations pour ce type d'infraction depuis début 2025. »
- 1:10:10PrésentateurChiffre
« 77% des français qui ont répondu à notre grande consultation nationale disent que leur maire ne met pas assez d'action en place pour lutter contre le dérèglement climatique. »
- 1:10:25PrésentateurChiffre
« 33% sur ces 77% à nous dire c'est parce qu'il n'en a pas les moyens, il y en a 44% qui disent parce que ça n'est pas une priorité de son action. »
- 1:18:07Invité politiqueFait
« le butoir c'est pas le budget, le premier butoir c'est la déclaration de politique générale qui aura lieu début octobre. »
- 1:18:15Invité politiqueFait
« il y aura à coup sûr déjà une motion de censure portée par la France insoumise. »
- 1:19:30PrésentateurFait
« on ne voit pas bien quelle est la solution, on voit bien la radicalisation du parti socialiste. »
- 1:21:00PrésentateurChiffre
« 63% selon l'IFOP de français qui veulent la dissolution. »
- 1:23:46Locuteur 5Fait
« les français sont très inquiets de la situation budgétaire des urgences du pays. »
- 1:24:10Locuteur 5Fait
« on voit bien que tout se dégrade, monsieur Lecornu est nommé depuis presque trois semaines, il ne se passe rien. »
- 1:25:58PrésentateurChiffre
« plus de 7 sur 10 à considérer qu'Emmanuel Macron devra nommer un nouveau Premier ministre dans les 12 prochains mois. »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Stéphane Le Foll14 %
- Présentateur 213 %
- Locuteur 74 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver en ce mercredi 24 septembre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. La colère des agriculteurs. Une grande journée de mobilisation est prévue vendredi. Ils en annoncent déjà une nouvelle le 14 octobre pour protester contre le Mercosur. Alors comment répondre à leur colère dans une demi-heure ? Nous serons avec l'ancien ministre de l'Agriculture, maire socialiste du Mans, Stéphane Le Foll. 28% des Français disent qu'ils pourraient déménager pour une commune moins exposée aux risques climatiques.
Et c'est aussi un enjeu des prochaines municipales. On en parle dans une heure avec le sondeur Erwann Lestrouan et l'éditorialiste politique Elisabeth Martichoux. Son nom restera associé à la loi contre le narcotrafic. Le sénateur socialiste Jérôme Durin quitte le Sénat dans quelques jours pour la présidence de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il sera avec nous dans quelques instants pour faire le bilan de son mandat. Et puis à la une de nos régions, téléphoner au volant peut vous coûter très cher. Dans les Landes, le préfet souhaite une suspension de permis. L'expérimentation sera lancée dans quelques jours. Reportage à suivre. On est ensemble pendant une heure et demie.
Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Steve Jordan. Bonjour Yann. A la une de ce mercredi 24 septembre, de nouvelles incursions de drones sur le sol européen. L'attaque la plus grave contre les infrastructures du pays selon les autorités danoises. Lundi, des drones d'origine inconnue ont survolé l'aéroport de Copenhague, ce qui a bloqué le trafic aérien pendant plusieurs heures. Ce mardi, la Norvège a aussi affirmé que des avions russes avaient à au moins trois reprises cette année violé l'espace aérien du pays. Donald Trump, très critique sur la reconnaissance de la Palestine.
Le président américain à la tribune de l'ONU hier et qui attaque notamment Emmanuel Macron. Selon lui, la décision du président français de reconnaître l'état de Palestine est une récompense pour les atrocités commises par le Hamas. Écoutez. Les récompenses seraient trop grandes pour les terroristes du Hamas, pour leurs atrocités, y compris celles du 7 octobre, alors même qu'ils refusent de libérer les otages ou d'accepter un cessez-le-feu. Au lieu de donner autant parce qu'ils ont tant pris, ce problème aurait pu être résolu il y a bien longtemps.
C'est totalement faux de dire que c'est une récompense au Hamas. C'est la seule manière d'isoler le Hamas.
Donald Trump qui s'en prend également aux Européens. L'immigration détruit vos pays. Il faut agir, a notamment déclaré le président américain. Il a qualifié l'immigration de monstre à double queue qui ruine le continent européen. Sur le dossier ukrainien, Trump a estimé que l'Ukraine peut gagner la guerre contre la Russie, c'est-à-dire, selon ses mots, regagner son territoire dans sa forme originelle. Sébastien Lecornu va-t-il éviter une nouvelle journée de manifestation ? Le Premier ministre reçoit ce mercredi l'intersyndicale à Matignon. Elle avait fixé un ultimatum à Sébastien Lecornu.
A la suite de la journée de mobilisation de la semaine dernière, organisée contre l'austérité, les organisations avaient menacé. Sans réponse favorable à nos revendications, nous appellerons à une nouvelle journée de grève et de manifestation. L'intermédiaire franco-libanais, Ziad Taqeddin, est décédé. Il est mort mardi matin à Beyrouth après une crise cardiaque. Sa mort intervient à quelques heures de la décision du tribunal correctionnel de Paris sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Une affaire dans laquelle Ziad Taqeddin avait été mis en examen. C'est une légende du cinéma italien qui s'est éteinte.
Oui, l'actrice Claudia Cardinal nous a quitté. Elle avait 87 ans. Cette Italienne naturalisée française avait tourné avec les plus grands. Visconti, Fellini, Sergio Leone, le ministre italien de la Culture, a rendu hommage à l'une des plus grandes actrices italiennes de tous les temps. Merci Steve. On va revenir sur ces actualités avec vous Jérôme Durin. Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes pour quelques jours encore sénateur socialiste de Saône-et-Loire et vous avez été élu président de la région Bourgogne-Franche-Comté. On va revenir sur vos 10 ans de mandat au Sénat et on va parler de ces actualités. D'abord, on regarde ensemble l'une de la presse régionale.
D'abord, l'une des dernières nouvelles d'Alsace. Trump met les Européens face à leur responsabilité. Dans un discours d'une rare virulence à la tribune de l'ONU, il s'en est notamment pris aux Européens jugés trop laxistes vis-à-vis de la Russie. La deuxième lune, c'est celle de la dépêche du midi. Sébastien Lecornu face à la taxe Zuckman, soutenue par la gauche et une majorité de Français. Elle relance le débat sur la taxation des plus grandes fortunes. Le Premier ministre a promis des ruptures. Il va devoir trancher sur le retour d'un impôt sur la fortune. Et puis la dernière lune, c'est celle de Ouest-France. La gratuité des transports urbains gagne du terrain.
De nombreuses communes proposent des bus et tramways en libre accès et elles ne comptent pas revenir en arrière. De quelle lune avez-vous envie de nous parler ? – Taxe Zuckman, celle de la dépêche. Il y a une immense attente de plus de justice fiscale et sociale dans le pays. Moi, je suis assez inquiet parce que je pense qu'on est une partie de la population qui est en colère, qui a le sentiment d'être maltraitée et que certains ont profité, on l'a vu pendant la crise Covid, de la période alors que d'autres se serrent la ceinture. Une des autres, une, concerne la gratuité des transports urbains. Donc il y a un besoin de redistribution.
C'est ce que l'intersyndicale dira aujourd'hui à Sébastien Lecornu. C'est ce que le mouvement social a exprimé. On a eu beaucoup de tout. Voilà, donc c'est un sujet qui est central dans la période. Il est central dans la vie des Français. Il doit être central dans le débat politique. – Vous demandez le retour d'un impôt sur la fortune. Ça peut être autre chose que la taxe Zuckman, cette taxation des plus riches ? La taxe Zuckman, elle est plébiscitée, 96% des socialistes sympathisants, 89% des sympathisants républicains. Tout le corps social ne demande plus de justice. Si on nous propose autre chose que la taxe Zuckman, pourquoi pas ?
En tout cas, il faut que ceux qui ont profité de la période puissent contribuer à la dynamique sociale dans le pays. – Vous l'avez dit, le Premier ministre qui reçoit ce matin les syndicats. Est-ce que ce qu'il sortira de cette réunion, va découler la ligne du PS sur une censure ou pas ? – C'est essentiel. Ce rendez-vous avec l'intersyndical et la dimension sociale des propositions de Sébastien Lecornu est évidemment attendue. Mais il n'y a pas que ça. On voit revenir par la bande l'aide médicale d'État. Donc il y a évidemment la question du budget, des efforts qui sont demandés aux Français, de la justice qu'on demande dans ces efforts à chacun.
Et puis par ailleurs, il y a aussi quelques mesures politiques. Il ne faut pas que ce soit un budget plus juste avec des tas d'horreurs à côté. Donc c'est un ensemble. – Ça serait quoi de l'état d'horreur ? Qu'est-ce que vous lui demandez ? De renoncer à la hausse des franchises médicales ? – Oui. – À la réforme de l'assurance chômage plus dure ? – Il y a la question des retraites, il y a la question de l'assurance chômage. Il y a aussi quelques mesures quand même portées par la droite, dans le bloc de droite, qui sont un peu climato-sceptiques ou qui concernent l'immigration et qui ne sont pas extraordinaires.
Donc c'est un tout, et je sais bien que Sébastien Lecornu doit composer avec tout le monde, mais il nous semble qu'il y a une offre centrale dans le pays qui fait de justice sociale, de respect de ceux qui sont ici en France et qu'on ne peut pas tout sacrifier pour obtenir un vote de confiance à l'Assemblée. – Mais est-ce que vous dites qu'il faut qu'on trouve un accord ou on va vers une censure ? – Oui, écoutez, il faut… Sébastien Lecornu a choisi d'être Premier ministre, c'est lui qui a le calendrier en main, d'ailleurs on commence un peu à s'impatienter, donc on verra ce qu'il propose. – Ça tard trop ? Le gouvernement, sa feuille de route, qu'est-ce qui tard trop ?
– Curieusement, dans le pays, on vit sans, ce qui n'est pas bon signe, mais les responsables politiques que nous sommes savent bien qu'il faut quand même que ça arrive. – Mais sur la méthode, est-ce qu'il n'a pas raison de s'assurer sur le fond d'un accord avant de former son gouvernement ? – Si, mais il est temps que ça arrive. – Avant quoi, la semaine prochaine ? – Avant la semaine prochaine. – Le début de la reprise. Vous nous avez parlé de la réforme des retraites, est-ce que pour vous la réforme des retraites, ça doit être dans l'accord ou est-ce que c'est un sujet de 2027 ?
– Il y a une impatience sur ce sujet-là, ça fait partie des exigences de l'intersyndical, c'est porté par le mouvement social, donc je pense que ça doit être dans l'accord. – Autre sujet d'actualité, et c'était d'ailleurs l'une des unes, on l'a entendu dans le journal, ce sont ses propos de Donald Trump, hier, à la tribune de l'ONU sur la reconnaissance de la Palestine, notamment par Emmanuel Macron, reconnaître la Palestine, c'est une récompense des atrocités du Hamas, a dit le président américain. Est-ce que pour vous, Emmanuel Macron, il a eu raison de le faire maintenant ?
– Oui, il a eu raison, il a eu raison, c'est mûr dans le pays, dans l'opinion publique, c'est un sujet de débat, on l'a bien vu, y compris avec certains de ses ministres, mais je crois qu'il faut avancer, il faut qu'on fasse des propositions avant que l'opération à Gaza ne soit complètement terminée, qu'on en ait finalement fini avec l'hypothèse même d'une autonomie palestinienne, avec une colonisation d'un côté, avec ces opérations militaires qui continuent de tuer des civils, c'est notre responsabilité, c'est un acte que je salue, et je pense qu'on s'honore à avoir formulé cette demande à la tribune de l'ONU.
– Le président américain qui a également eu des mots très durs, on l'a dit, à l'encontre des pays européens, qui, je le cite, vont en enfer à cause de leur politique migratoire. – Oui, c'est la délicatesse de Donald Trump, je ne miserai pas tout sur son analyse politique de la situation des pays européens, et d'ailleurs, quand on regarde ce qui se passe un peu au sud, par exemple en Italie, on voit que finalement, même une Georgia Mélanie, elle a eu besoin d'une immigration pour faire tourner le pays. Quand vous rencontrez des acteurs économiques, ils vous disent, comment on fait alors qu'on n'a plus de main-d'œuvre ?
Donc, ce sujet-là, il mérite mieux que les sarcasmes ou les pics du président des États-Unis. – Hier soir, Emmanuel Macron donnait une interview à nos confrères de BFM TV, il a dénoncé des discours de l'extrême-gauche intolérables, je le cite, en termes d'antisémitisme. Il a raison ? – Il y a peut-être des discours insupportables à gauche sur l'antisémitisme, sans doute. La réalité, c'est qu'on est quand même dans une période où je trouve qu'on prend un peu la marée, là. C'est un tsunami de contre-vérité, et le discours porté sur le wokisme, sur l'extrême-gauche, à toutes les sauces, appelle quand même un réveil de la gauche sur un certain nombre de valeurs qui sont au cœur de la République.
Et ce qui est dit de la gauche, de l'extrême-gauche, me paraît très très excessif. – On l'a dit, Jérôme Durin, vous allez quitter le Sénat dans quelques jours pour vous consacrer à la présidence de la région Bourgogne-Franche-Comté. Alors avec Siv, on a voulu revenir sur les temps forts de vos dix ans de mandat ici au Sénat, car Siv, Jérôme Durin, c'est donc plus d'une décennie au Sénat. – Oui, et tout n'a pas forcément beaucoup changé en dix ans. À l'époque où vous arrivez au Sénat en 2014, le président était déjà un certain Gérard Larcher, mais la gauche était au gouvernement, François Hollande à l'Elysée, Valls à Matignon.
Pour vos premières questions au gouvernement à l'automne 2014, vous vous adressez à François Rebsamen, ministre du Travail. Vous avez occupé plusieurs fonctions. Ici, membre de la délégation sénatoriale aux entreprises, membre de la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale, vice-président de la prestigieuse commission des lois que vous avez intégrée en 2017. Vous avez aussi été désigné par le Sénat, membre de la CNIL où vous siégez depuis avril 2024. – Et Jérôme Durin, c'est un sénateur qui a souvent eu un temps d'avance ? – Oui, sauf peut-être dans votre soutien à Arnaud Montebourg à la présidentielle de 2022. Ça s'est terminé piteusement pour votre candidat.
Mais enfin, Montebourg était votre mentor en politique. C'est lui qui a poussé votre candidature au Sénat. Tout est donc pardonné, Jérôme Durin. Un temps d'avance, oui, Jérôme Durin, par exemple, pour vos premiers travaux de sénateur. Le Premier ministre vous demande de bosser sur l'e-sport, la pratique du jeu vidéo en compétition. À l'époque, ça passe un peu sous les radars, mais aujourd'hui, c'est une industrie qui brasse des millions d'euros et emploie des milliers de personnes. Une loi sera même adoptée pour encadrer la pratique dans la foulée de vos travaux. Un temps d'avance aussi, évidemment, sur le narcotrafic.
Votre travail, pendant plusieurs mois, aux côtés du sénateur LR Étienne Blanc, a débouché sur une proposition de loi transpartisane adoptée à l'unanimité au Sénat. Le texte a été soutenu par le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotailleux, avant d'être définitivement adopté. Ce travail va vous permettre de décrocher le titre de sénateur de l'année 2024 et de remporter ainsi au moins un prix. L'année dernière, vous, l'éternel supporter de l'Olympique de Marseille, ça n'arrive pas tous les jours. On peut se contenter un peu de ce qu'on a. Vous avez une question sur le narcotrafic ? Oui, le narcotrafic, c'est le moment fort de votre carrière au Sénat. C'est ça ?
C'est le moment qu'il faut retenir, peut-être ? Oui, et puis mon inscription aussi à OM Sénat, le club des supporters de l'OM, puisque je vois que vous êtes sur quelques sarcasmes footballistiques. Bien sûr, évidemment, le travail sur le narcotrafic a été très important, très intéressant. il m'a marqué personnellement, mais je crois qu'il a aussi marqué la période. La dernière loi structurante qui a été votée dans ce pays, c'est quand même celle sur le narcotrafic. Et c'est un moment où, ici, on montre que le contrôle parlementaire est important. C'est une commission d'enquête d'abord. C'est un travail transpartisan. C'est voter à l'unanimité. C'est un travail conjoint avec l'exécutif.
Donc, c'est quand même un modèle de ce qu'on peut faire pour essayer d'apporter des réponses concrètes aux Français en dépassant un peu soi-même ses propres limites. C'est un texte de compromis, mais c'est quelque chose d'important. Alors, par ailleurs, la réalité du terrain nous indique que ce travail n'est pas fini et qu'il va falloir continuer. Vous écriviez que la France était submergée par le narcotrafic. Il y a encore du travail à faire. Ça ne s'arrête pas, oui. Ça continue dans tous nos territoires. C'est un sujet qui reste préoccupant. Mais en termes de méthode, je pense que ça peut... Ça a été difficile à construire, cette loi ? Il a fallu peser au trébuchet ce qu'on a voté.
Je fais un dernier déplacement la semaine prochaine sur le sujet pour essayer de vérifier jusqu'au bout ce qu'on a voté sur des aspects carcéraux. Mais on a vraiment essayé de coller à la fois la demande du terrain et puis de coller à nos valeurs parce que c'était un sujet aussi d'équilibre personnel entre ce qu'on est capable d'accepter pour endiguer ce fléau et puis le caractère trop répressif, les défenses de la liberté publique. Donc c'était un vrai dilemme. – Et justement, on va voir si cette loi a des répercussions concrètes dans nos territoires. Et pour ça, on va aller dans le Doubs où on retrouve Patrick Genre. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
Vous êtes le maire de Pontarlier. D'abord, monsieur le maire, expliquez-nous. Vous êtes confronté, vous, au narcotrafic dans votre commune ?
– Alors, je dirais que ce fléau, comme l'a dit monsieur le sénateur, monsieur le président, touche l'ensemble des collectivités. Et je dirais qu'on a senti un mouvement,
on va dire, d'expansion, d'extension de cette problématique.
On sent que les mesures de contrôle, de surveillance, les actions fortes qui ont été menées en zone urbaine poussent finalement
les narcotrafiquants, enfin tous poussent, pardon,
les dealers à occuper de plus en plus des zones un peu plus suburbaines, des zones quasiment rurales. Et à Pontarlier, ville de 19 000 habitants, à la frontière suisse, on a également connu, et on connaît aujourd'hui, une augmentation de ces trafics en pied d'immeubles. Nous avons des actions en cours avec les forces de l'ordre, les forces de sécurité publique, pour essayer de reprendre la main. Parce que ce qui est préoccupant, c'est que ce que nous connaissions, à Paris, à Lyon, Marseille, enfin dans les grandes cités,
dans les grandes banlieues, eh bien aujourd'hui commence à venir gangréner l'ensemble du territoire. Et donc, il est absolument nécessaire de fédérer les forces, les actions,
de faire bien sûr de la présence sur le terrain, de faire de la prévention. Ça, c'est le rôle parfois des collectivités locales avec les maisons de quartier avec les travailleurs sociaux qui peuvent être sur le terrain, mais aussi de faire, bien entendu, de la répression. Et là, ça ressort des pouvoirs régaliens de l'État avec des interventions des services de police, en particulier police nationale, mais là aussi en relation lorsqu'on en a avec les polices municipales. Donc oui, on connaît ce développement et on connaît surtout, mais malheureusement, depuis des années, on voit que l'âge, je dirais, moyen de consommation baisse et touche de plus en plus des ados, des pré-ados même.
Et donc, il faut que nous soyons vigilants sur ce fléau.
– Et c'est ce que vous avez constaté lors de vos travaux, Jérôme Durin, c'est que désormais, le narcotrafic, il n'est plus cantonné aux grandes villes, aux cités, il s'étend sur tout le territoire, y compris dans des zones rurales. – Je vais saluer le maire de Pontarlier, Patrick Jean, mon ancien collègue conseiller régional, que j'ai le plaisir à retrouver. Et malheureusement, ce que dit Patrick, c'est la réalité du territoire. Il n'y a plus de zone blanche. Il n'y a plus de zone blanche. Donc, on est parti de Marseille dans la commission d'enquête en se disant, qu'est-ce qui se passe à Marseille ? Bon, ça se passe partout dans le pays.
2021, 144 villes touchées par des faits d'homicides ou de tentatives d'homicides. En 2024, c'est 170 ou 74. Ça n'arrête de progresser. Et on a des phénomènes criminels de plus en plus vivants, des codes criminels qui évoluent. Et ce qui est particulièrement inquiétant, c'est la dissémination, l'avalanche du produit, la submersion par le produit, la cocaïne notamment. Des jeunes qui entrent de plus en plus tôt dans les actes criminels avec une espèce d'absence de conscience qui nous interroge quand même. Ce n'est pas toute la jeunesse qui est congrénée, mais des gamins sont capables quand même de perpétrer des actes extrêmement graves. Et puis, les menaces sur les institutions.
On a parlé, je crois qu'un des éléments qui avait retenu l'attention au moment de la commission d'enquête, c'est la dimension corruptive. Quand il y a tellement d'argent, évidemment que les institutions sont menacées. Et donc, on l'a vu, soit elles sont menacées. – C'est la corruption, y compris des pouvoirs publics. – Ah ben, c'est la corruption des pouvoirs publics, évidemment, par le bas. Mais c'est toujours, il ne faut pas l'oublier, soit la tentative d'achat, l'appât du gain, soit les menaces. Et les criminels sont dans une forme d'impunité. Donc, il faut qu'on continue à porter l'effort, puisque la loi n'a pas encore porté tous ces effets. Mais il faut qu'on durcisse.
– Et justement, Patrick Jean, est-ce que vous avez constaté déjà, vous, les effets de la loi sur votre territoire ? Est-ce que ça a changé les choses ? – Alors, concrètement, je dirais que, heureusement, et je remercie le travail qui a été fait, comme on l'a dit, d'une manière transpartisane par Jérôme, par le sénateur Durin et ses collègues,
mais je dirais qu'on avait pris conscience sur le terrain, sur le territoire de Pont-Arlé comme ailleurs, de cette difficulté. On a mis en œuvre des mesures depuis quelques années en collaboration avec la police nationale. On a réussi, enfin la police a réussi à démanteler un réseau complet il y a quelques mois sur Pont-Arlé. On est très proche de la frontière suisse, donc avec une réglementation un peu plus, pas laxiste, mais enfin différente de celle de la France. Donc, on sait que la frontière peut être poreuse. Donc, on est aussi confronté à ces mouvements, je dirais, internationaux, de trafic de stupéfiants
de tout type. Donc, la loi, elle permet de renforcer les moyens,
les véhicules législatifs, les véhicules réglementaires, les moyens mis à disposition des services
pour lutter au plus proche du terrain, parce que c'est là que se joue, en fait, le combat. Il faut que nous réoccupions, il y a des images à l'écran, les pieds d'immeubles, même dans une ville comme Pont-Arlé,
et on constate cette propension à s'approprier des territoires. Alors, ce n'est pas, bien entendu, je ne veux pas noircir le tableau, attention, mais je dis que ce que nous connaissons aujourd'hui, nous ne l'avions pas, j'ai 30 ans de mandats locaux, nous ne le connaissions pas il y a 5 ou 10 ans. Donc, il faut que nous soyons vigilants et il faut vraiment que là, sur des sujets comme celui-ci, que nous unissions nos forces, nos moyens, nos réflexions pour vraiment gagner ce combat, pour surtout défendre la santé de nos populations, de nos jeunes, et puis leur faire prendre conscience que c'est totalement illicite et que, voilà, il faut…
Alors après, il y a tout le travail qu'on peut faire aussi sur l'aspect
consommateur, parce que ce qui est à l'origine aussi du trafic,
c'est qu'il y a de plus en plus potentiellement consommateur. Donc, il y a tout un travail de prévention, et là, ça peut se situer surtout en milieu scolaire, bien entendu, mais pas que, dans les maisons de quartier, j'y reviens parce que c'est très important, tout un travail, je dirais, d'acculturation, de prévention, de sensibilisation à ce que peut provoquer comme effet, au niveau de la santé personnelle, la consommation de différentes drogues illicites. – On va laisser Jérôme Durin vous répondre sur ce que dit M. le maire. – Il manque une deuxième jambe. On a travaillé sur la jambe répressive, de manière transpartisane. Il faut être inflexible avec les réseaux criminels.
Il faut maintenant que la société française et sa représentation nationale travaillent sur une loi prévention, soins, accompagnement. Pourquoi il y a de la consommation de drogue ? Parce qu'il y a du produit, donc il y a une logique d'offre, on est submergé, et puis parce que la société, par certains égards, malade. Et d'ailleurs, là où on consomme, c'est dans des secteurs professionnels qui sont très exposés. La restauration, on voit que la cocaïne est très utilisée. Donc il faut aussi s'occuper de ça. Et autrement, sans doute que par la criminalisation, parce qu'il y a des gens qui sont aussi malades dans l'addiction.
Donc si on fait cet effort de prévention en face de la répression, on aura, je pense, bouclé la boucle. – Merci Patrick Jean, merci beaucoup d'avoir été avec nous maire de Pontarlier. Dans le Doubs, on va continuer le bilan de vos dix ans de mandat. Steve, au cœur de l'engagement de Jérôme Durand, il y a la sécurité. – La sécurité, oui, mais pas n'importe laquelle. Écoutez cette passe d'armes avec Marlène Schiappa, c'était en 2020. – Nous aimons les policiers de la République. Nous aimons les policiers de la République quand ils sont au milieu de la population.
On a bien compris une chose en tout cas, c'est qu'en matière de sécurité publique et de liberté publique, le macronisme n'a qu'une main, c'est une main droite. – Les policiers Jérôme Durand, à tel point qu'en 2023, vous mettez un casque, des jambières et des gants pour suivre le 1er mai des agents de la Brave, la brigade de répression de l'action violente. Brigade accusée d'avoir la main un peu lourde contre les manifestants. Écoutez. – Ils s'en prennent à des commerces et ça a tapé fort. Ils ont utilisé son gaz, donc tout le monde est un peu… – Vous avez pris du gaz d'éctro-mogène ? – Un peu, là, oui. Ils m'ont donné un décontaminant juste pour les yeux.
– Extrait d'un doc signé Fabien Recker. Après cette expérience, vous vous êtes dit choqué, choqué par la violence des manifestants à l'écart des policiers. Vous considérez, Jérôme Durand, de manière générale, que la sécurité est une valeur de gauche. Sur ce sujet, vous avez un temps d'avance ou un temps de retard par rapport à une certaine gauche qui considère, par exemple, que la police tue ? – Quand on avance, la sécurité, c'est une valeur de gauche, je le redis. Je pense que ce sont souvent les plus faibles qui sont victimes des trafics.
Quand Patrick Genre, le maire de Pontarlier, nous dit que c'est dans les pieds d'immeubles, les pieds d'immeubles, c'est plutôt de l'habitat social et c'est là que se passent les trafics. – Et la gauche, elle a mis du temps ? – Oui, parce qu'il ne faut pas être dans le matamorisme, il ne faut pas donner le sentiment qu'on va faire comme la droite. Il faut avoir une vision équilibrée, mais il faut assumer une dimension répressive. Moi, j'ai poussé mon groupe ici au Sénat à voter de la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur, présentée par Gérald Darmanin, parce que la sécurité, c'est un service public. La gauche, elle est pour le service public.
Elle est pour les enseignants, les personnels de santé et les policiers et les gendarmes. On a besoin de sécurité au cœur du pays, c'est ce qui fait vivre la République. Donc, moi, je suis intransisant sur ces questions-là, pas par aveuglement, pas par imitation de la droite, mais je pense qu'on a une ligne particulière, on a quelque chose à faire entendre sur une vision de gauche de la sécurité. Et d'ailleurs, c'est ce que j'essaye de faire au sein du Parti Socialiste où je suis secrétaire national de la sécurité. – On va aller voir l'actualité dans votre région. Grâce à nos partenaires, on va aller retrouver Colin Côte.
Bonjour Colin, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste à Radioscoop. Et vous vouliez interroger Jérôme Durin sur un sujet qui inquiète, c'est la prolifération des loups. – Oui, ma question porte sur ce sujet sensible, de plus en plus sensible dans le département de la Saône-et-Loire, celui de la prédation, vous le disiez, Oriane. La première attaque sur un troupeau dans le département date de 2019. Depuis chaque année, entre 50 et 150 attaques attribuées aux loups sont enregistrées selon les chiffres de la préfecture, avec comme souvent un débat parfois vif entre pros et anti-loups. À la mi-août, la Ligue de protection des oiseaux de Bourgogne
s'est fendue d'un communiqué dénonçant des tirs trop nombreux contre l'animal, avec quatre loups tués en Saône-et-Loire depuis l'année 2020. Autre actualité aussi cet été, le rejet par le tribunal administratif du recours déposé par quatre collectifs de défense du loup.
Il réclamait la suspension d'un arrêté pris par le préfet qui autorisait un tir de défense contre le loup près du Creusot. Dans ce dossier, justement, hier, l'État annonçait qu'il allait permettre, dès l'année prochaine, aux éleveurs de tuer des loups,
sans autorisation préalable, mais toujours uniquement en cas d'attaque de troupeaux. Alors, M. Durin, est-ce que c'est une bonne mesure, selon vous ?
Je ne sais pas, je n'en ai pas les contours précis. En tout cas, ce que je sais, c'est que, dans notre département de Saône-et-Loire, la cohabitation est très difficile. Le loup, c'est une espèce protégée par la Convention de Berne, 79. C'est bien ainsi. En revanche, quand vous allez chez un éleveur qui a eu une attaque, que vous voyez des bêtes tuer d'autres, agonisantes, qu'une famille est complètement déstabilisée, ébranlée par les attaques de loups, on ne peut pas ne pas réagir. Donc, il faut protéger le loup, c'est une obligation. Il faut prévoir des mesures de protection. Et, le cas échéant, faire des prélèvements.
Alors, est-ce qu'on peut soi-même, quand on est éleveur, tirer le loup ? Bon, il ne faut pas que ça devienne le Far West. Je ne suis pas certain, d'ailleurs, que les défenseurs de l'environnement, comme les responsables agricoles, soient favorables à ça. Moi, j'irais bien voir avec les louvetiers comment ça se passe, parce qu'on sait que c'est très compliqué. C'est un animal qui est particulièrement intelligent, que ce n'est pas si facile que ça de tuer le loup. Donc, si ce n'est pas facile pour des professionnels que sont les louvetiers, je ne suis pas certain que ce soit davantage pour des éleveurs. En tout cas, le prélèvement, pour moi, n'est pas un gros mot.
Et quand la cohabitation n'est pas possible, c'est normal quand tu les loues. – Merci Colin Cote, merci d'avoir été avec nous, journaliste à Radioscoup. Et justement, on va parler de votre région Bourgogne-Franche-Comté. Jérôme Durand, vous avez désormais la présidence. Votre premier déplacement de président de région était consacré à l'agriculture. D'abord, pourquoi ce choix ? – Parce que la région Bourgogne-Franche-Comté, c'est une grande région industrielle et agricole. C'est Peugeot, c'est le Charolais, c'est le Comté, c'est la viticulture.
Et donc, dans un territoire rural où les agriculteurs façonnent les paysages, aller les rencontrer pour un premier déplacement, c'est un hommage qui est fait à leur travail. Et puis, une reconnaissance aussi des difficultés qui sont les leurs. Parce que c'est difficile d'être agriculteur aujourd'hui. Il y a quand même une pression sociale qui est violente. Quand on produit de la viande, avec un essor de certaines consommations ou de certaines non-consommations, on passe pour quelqu'un de pas fréquentable. Quand on produit du vin, on se dit, est-ce que le vin c'est bon pour la santé ? Voilà, donc c'est vraiment des productions d'excellence et qui rencontrent des difficultés économiques.
On a eu en plus, nous, des difficultés quand même avec des fonds féadères qui nous ont laissé vraiment en difficulté sur la capacité qu'on a eue à distribuer cet argent européen. Donc, je voulais solder tout ça et montrer qu'une nouvelle ère s'ouvrait avec les agriculteurs. Et on est en pleine colère agricole. Il y a une grande mobilisation qui est prévue vendredi. Il y en a une autre qui est d'ores et déjà annoncée le 14 octobre, notamment pour protester contre le Mercosur. Est-ce que sur ce sujet, la France a perdu la bataille ? Il semble qu'on ait perdu la bataille et ça paraît invraisemblable.
Enfin, la question de ce qu'on mange, de la façon dont sont produits nos aliments, elle est au cœur du débat. On l'a vu avec la loi Duplon. Et dire aux agriculteurs ici, vous ne pouvez pas produire n'importe comment, certaines substances sont interdites, mais permettre que des productions utilisant les mêmes substances viennent dans notre pays grâce à des accords internationaux, c'est insupportable. Et pour les agriculteurs, c'est une concurrence complètement déloyale. Donc moi, je comprends parfaitement leur colère. – Et comment on y répond à cette colère agricole ? – Sur un peu de fermeté dans les débats internationaux et sur aussi une forme de réindustrialisation de notre côté.
Parce que c'est parce qu'on est un acteur économique fort qu'on peut faire valoir nos droits. Donc plus on est solide sur notre économie, sur notre industrie, plus on peut peser dans les échanges internationaux et dans les négociations. On voit que ce qui a été fait par Van der Leyen en début d'été est quand même compliqué. Avec les droits d'ouane américains, nos viticulteurs, nos exportateurs de vins et spiritueux vont souffrir particulièrement. Donc il faut les défendre. Et je comprends qu'ils soient en colère. – Mais ça fait plus d'un an que cette colère agricole s'exprime quasiment d'eux, qu'elle s'exprime de manière aussi virulente.
Est-ce que le gouvernement qui a fait des propositions, qui a pris certaines mesures, a du mal à l'endiguer ? – Mais forcément parce que c'est très profond. C'est très profond cette crise agricole. Elle rebondit chaque fois. Je vous ai parlé des fonds européens. Il y a d'ailleurs une inquiétude sur la PAC et sur la possibilité que ce ne soient plus les régions qui gèrent les fonds européens, la PAC, mais l'État. C'est une inquiétude de plus. Il y a la question d'accueil par la société de la façon dont on produit les aliments. Il y a les questions internationales. Et c'est un modèle qui cherche un nouvel équilibre.
C'est des métiers qui sont souvent pas rémunérateurs, où on travaille beaucoup, où on est toujours incertains que le changement climatique produit des effets très concrets. La dernière récolte de céréales a été très mauvaise chez nous. Moi j'ai des viticulteurs qui me disent qu'on va avoir un super vin, mais le problème c'est qu'il n'y en a pas assez parce qu'on n'a pas assez de raisins. Donc forcément, on est au bout d'un système. Donc c'est un travail de fond. Problème après problème, accord après accord, crise après crise, les agriculteurs manifestent une inquiétude qui est légitime. – Vous avez donc pris la tête de la région Bourgogne-Franche-Comté. Vous avez pour cela quitté le Sénat.
Pourquoi ce choix ? – C'est un choix qui n'a pas été facile déjà. C'est un choix qui n'a pas été facile parce que le travail sénatorial m'a passionné. On a parlé de la narcotrafic. J'avais trouvé ma place au sein du groupe socialiste. C'est un climat de travail qui est intéressant le Sénat. On est quand même un peu à distance des batailles politiciennes les plus brutales. Et il y a quand même cette culture du compromis. Mais malgré tout, un grand exécutif régional travaillait concrètement pour son territoire. C'est passionnant. C'est difficile de résister. Et puis moi, j'ai été élevé par une mère veuve avec un grand-père qui était maire de sa commune. Je le voyais faire.
Je crois qu'il faut mettre les mains dans le moteur. Et quand on est président de région, on a des leviers pour se sentir utile au quotidien. Ce n'est pas le même niveau. Quand on est parlementaire, on est 1 sur 1000. Bon, finalement, on peut passer entre les gouttes. Quand on est président de région, on est exposé. Mais au moins, on fait. Et moi, j'ai envie de faire. – Au moment de faire le choix, vous dites qu'il a été difficile. Est-ce que vous avez regretté la loi sur le non-cumul des mandats ? – Non, absolument pas. Non, il faut faire bien ce qu'on fait. On ne peut pas se disperser, là. J'ai des journées comme président de région qui sont bien pleines. On ne peut pas tout faire.
Il faut se consacrer pleinement à ce qu'on fait. Faute de quoi, on contribue aussi au discrédit de la fonction politique. On ne peut pas être le matin à Paris, le soir à Dijon. Non, ça ne marche pas. Sébastien Lecornu, il s'est adressé aux élus. Alors, il s'est adressé au maire. Il promet une grande loi de décentralisation. Il demande aux élus locaux de faire des propositions d'ici la fin octobre. Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire sur ce sujet ? – Que la question des compétences, elle est centrale. Mais c'est peut-être moins un défi entre collectivités, départements, régions, blocs locales qu'entre ce que l'État veut et peut faire et ce qui est confié aux collectivités locales.
Et le sujet central, c'est quand même les finances locales. Et on peut bien nous demander tout ce qu'on veut. Si on n'a pas d'argent pour faire tourner la machine, ça ne fonctionnera pas. Il y a une étude qui a été faite par la Banque Postalière qui montre que l'investissement des régions déraille parce qu'économie après économie, on tape dans nos dépenses. Et la dépense publique, c'est de l'activité locale. C'est des projets qui ne se font pas. C'est des entreprises qui n'ont pas de carnet de commande rempli. Donc on a vraiment besoin de recettes qui soient plus stables. Dans une région comme la nôtre, on a moins de 10% d'autonomie fiscale.
Donc tout le reste, c'est des dotations sur lesquelles l'État peut jouer. Donc on a un vrai sujet de finances locales et de pérennité, de stabilité, de visibilité sur nos ressources. Faute de quoi, on peut bien nous dire faites plus, faites moins, on n'y arrivera pas. On vous sent un peu ému depuis tout à l'heure, au moment de ma chronique, mais pas seulement. Vous avez des regrets sur ces dix dernières années ?
Vous avez tout bien fait ? Il y a des choses que vous auriez aimé mieux faire ?
Des choses que vous aimeriez faire et que vous n'avez pas pu faire ? Mes convictions politiques, elles sont assises sur quelques éléments. Je pense que les grands défis de notre période, c'est le changement climatique et l'adaptation. C'est les inégalités et c'est les déplacements de population. Il y a aussi le vieillissement, l'intelligence artificielle. Mais sur ces trois sujets, j'ai essayé d'apporter ma pierre. Je pense qu'en travaillant sur la sécurité, je suis sur le pacte républicain, je suis sur les valeurs de la République et je suis très aligné.
J'avais déposé une proposition de loi que j'avais appelée Ravaclay, c'est ce boulanger byzantin qui avait fait une guerre de la faim pour défendre son apprenti. Comment dans la société française aujourd'hui, on peut accepter, parce que j'ai vu qu'il y avait un autre cas d'ailleurs dans une autre région, on peut accepter que des gamins qui sont venus chez nous, que notre société a formé, qui ont trouvé du boulot, qui donnent satisfaction, soient renvoyés chez eux ? Est-ce que c'est encore chez eux ?
Donc ça c'est un regret parce que je pense qu'on est là dans un débat qui est complètement démagogique, complètement populiste et qu'on gagnerait quand même à être un petit peu plus intelligents dans une forme d'intégration. Et donc le racisme ambiant, ce thème de l'immigration qui est au cœur du débat public, de manière très biaisée, parfois sale, me choque et là c'est un regret. Quel est votre sentiment quittant le Sénat ? Une petite pointe de nostalgie, mais je suis très heureux quand j'arrive en Bourgogne-Franche-Rentée parce qu'il y a tellement à faire que j'ai envie de mettre toute mon énergie au bénéfice de cette grande région. Merci Jérôme Durin. Merci.
On ne vous retrouvera plus dans cette première demi-heure, mais on vous retrouvera évidemment dans cette émission en tant que président de la région Bourgogne-Franche-Comté. Merci beaucoup d'être venu nous voir pour vos derniers jours au Sénat. Steve, on se retrouve dans 20 minutes ? Oui, on parlera de la réunion à Matignon. Sébastien Lecornu qui reçoit l'intersyndical tout à l'heure. Ce sera à suivre dans 20 minutes. D'abord, place à l'entretien. Stéphane Lefol est avec nous. L'entretien Stéphane Lefol est avec nous. Bonjour Stéphane Lefol, vous êtes maire socialiste du Mans, ancien ministre de l'Agriculture. On précise juste qu'on vous attendait sur ce plateau.
Vous avez eu un petit problème de transport et vous êtes donc avec nous depuis votre ville du Mans. On est ravis de vous avoir pendant cette quinzaine de minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vessard-Den du groupe EBRAS, les journaux de l'Est de la France. Bien le bonjour Yann. Bonjour Stéphane Lefol. Bonjour L'Est de la France. Sébastien Lecornu poursuit ses consultations à Matignon, avec les syndicats, avec les forces politiques. Est-ce que le Parti Socialiste doit tout faire pour trouver un accord avec lui selon vous ?
Il doit tout faire pour trouver un accord. En tout cas, ce qui est clair aujourd'hui, c'est qu'on est dans une crise politique majeure qui peut déboucher d'ailleurs sur une crise de régime. S'il n'y a pas d'accord, s'il n'y a pas de compromis de trouver, eh bien on ira ou vers la destitution, ou vers la dissolution. C'est ce qui a été annoncé d'ailleurs par certains groupes à l'Assemblée nationale. Et la France, dans le contexte international que vous avez évoqué ce matin, elle n'est pas toute seule.
Et il faut à tout prix qu'on arrive, pour le pays, à faire en sorte que nous ayons un budget et que nous ayons aussi des débats démocratiques, que ce soit pour les municipales ou pour la prochaine présidentielle, qui se fassent avec la sérénité nécessaire. Et je crois que dans ce contexte-là, chacun doit bien mesurer la responsabilité qui est la sienne. Le gouvernement, qui ne peut plus et qui ne peut pas, avec Sébastien Lecornu, refaire ce qui a été fait depuis de trop nombreuses années, suite en particulier de nombreux mois suite à la dissolution, il faut qu'il soit capable d'écouter. C'est en tout cas ce qu'il souhaite faire, puisqu'il a eu depuis son arrivée plusieurs réunions.
Il faut écouter, proposer et faire en sorte qu'on arrive à un compromis qui ne sera pas un choix politique ou pour les uns ou pour les autres, mais un choix de responsabilité pour la France.
Voilà ce que je pense.
Alors le Parti Socialiste, là-dedans, il faut qu'il arrive à amener sur la table, ce qu'il a fait d'ailleurs à Préblois, un certain nombre de propositions. Mais c'est pareil pour tous les partenaires. Si chacun arrive avec des propositions sans négocier, il n'y aura pas de négociation.
Vous y croyez ? Vous y croyez ? Vous pensez que c'est jouable, que c'est possible ?
Je pense que c'est jouable ou c'est possible. Je me dis simplement la chose suivante. Dans des moments aussi compliqués, aussi difficiles, avec des enjeux aussi grands, il faut quand même être capable à la fois de porter des convictions et des choix et en même temps de trouver les compromis nécessaires pour pouvoir avancer. C'est en tout cas ce que je pense profondément.
Est-ce que le Parti Socialiste a trop à perdre s'il y a une dissolution ?
Mais ce n'est pas que le Parti Socialiste. C'est la France. C'est plutôt ça. Moi, je ne me positionne pas uniquement dans une logique partidaire. Qu'est-ce qui est l'intérêt du Parti Socialiste et des socialistes ? Quel est l'intérêt, si je me place d'un autre côté, des Républicains ? Quel est l'intérêt du Rassemblement National ? On l'a bien compris. Quel est l'intérêt de la France Insoumise ? On l'a parfaitement compris. Tout ça pour aller où ? C'est ça le problème. Et donc moi, ce que je me dis, c'est qu'il faut sortir de cette logique. Et il faut essayer d'avoir des hommes et des femmes qui, politiquement, sont capables d'être à la hauteur des enjeux tels qu'ils sont posés aujourd'hui.
Et je l'ai dit, dans un contexte international, on y reviendra peut-être juste à un point sur ce qui s'est passé à l'Assemblée Générale des Nations Unies, avec un président des États-Unis qui, comme l'avait dit un jour au Saint-Exupéry, dans l'entre-deux-guerres, a perdu le sens de la mesure.
Vous parlez des hommes et des femmes,
justement, pour diriger la France, pour constituer ce gouvernement. Est-ce que vous vous verriez d'une manière ou d'une autre gouverner avec Sébastien Lecornu ?
– Moi, je me verrais gouverner. On m'a appelé, vous le savez, à la fois François Béroux et puis Michel Barnier. Je suis maire et j'ai écouté d'ailleurs Jérôme Durin tout de suite, là, que je salue. Et j'ai trouvé cette interview avec beaucoup de sens de la responsabilité et en même temps des valeurs et un engagement. J'ai choisi, comme il l'a d'ailleurs dit très bien, d'agir aussi de manière concrète et au quotidien en étant maire et président de la métropole et même président du pays du Mans. C'est une manière aussi de faire de la politique avec un rapport direct avec la réalité et avec l'envie de la changer, cette réalité.
Moi, je suis partisan de passer d'une gauche de la rupture, comme c'est annoncé souvent par certains, à une gauche de la transformation. Je trouve que les élus locaux, aujourd'hui, dans la transformation, jouent un rôle qui n'est pas assez valorisé. Je note d'ailleurs que le Premier ministre nous a envoyé un courrier, souhaite un grand débat sur la décentralisation. S'il souhaite des propositions, je peux vous en faire.
Mais justement, on va en parler. Effectivement, il a écrit une lettre au maire, Sébastien Lecornu. C'est l'un de ses premiers gestes à Matignon. D'abord, est-ce que vous avez apprécié le geste et la méthode ? Et deuxièmement, le contenu de la lettre. Est-ce qu'il vous convient ?
J'avoue quand même que depuis quelques mois, il y a quelques années, les collectivités locales n'ont pas été ni écoutées ni entendues. Je vais commencer avec le choix qui a été fait de supprimer la taxe d'habitation. Donc une perte, ça a été rappelé tout à l'heure par Jérôme Durin, d'autonomie fiscale et financière des collectivités, qui était une erreur grave et qui n'a pas suscité de débat. Parce qu'il n'y a pas eu vraiment de débat, ni avec les élus, ni avec les collectivités.
J'ai trouvé qu'au Sénat, d'ailleurs à ce titre, le Sénat n'a pas joué assez son rôle pour essayer de peser sur cette question qui, aujourd'hui, tous les élus vous le diront, et c'était dit tout de suite par Jérôme Durin, cette perte d'autonomie financière fait qu'on a des compétences et des responsabilités qui sont de plus en plus importantes et on a de moins en moins de moyens. Et on est lié directement à une politique nationale qui, lorsqu'elle fait des erreurs, se retrouve dans la difficulté qu'on connaît et a comme premier réflexe de baisser largement les dotations aux collectivités ou ce qui avait été promis en compensation de la perte de la taxe d'habitation.
Tout ça, c'est un vrai sujet pour moi.
Il faut la rétablir, la taxe d'habitation ?
Alors si on veut aller dans les propositions, je pense que sur la question de l'autonomie fiscale, financière des collectivités, il y a quelque chose à reposer. La suppression totale de la taxe d'habitation, alors pour le bloc communal, les communes ont une compensation avec la taxe foncière. Sur la question des métropoles qui sont des lieux d'investissement, c'est la TVA qui a pu monter, qui aujourd'hui est dans la situation qu'on connaît et qui en plus est plafonnée dans la compensation. Donc il faut retrouver un espace avec un impôt local qui puisse être au départ une manière de redonner un tout petit peu d'autonomie financière aux collectivités.
C'est ce qui avait d'ailleurs été plus ou moins évoqué par Mme Vautrin un jour, qui a été remisé, je ne sais pas dans quel carton, mais sans augmenter les pressions fiscales, il faut retrouver de l'autonomie financière. Deuxième point, les péréquations aujourd'hui doivent être totalement revues. Il faut qu'on ait une discussion technique, on ne va pas rentrer dans les détails ce matin, mais pour revoir l'ensemble des péréquations, comment se le font, à qui elles s'adressent, en fonction de quels critères. Je pense que là, il y a un vrai retour à une discussion avec l'État.
Et puis, je terminerai sur, il faut qu'on trouve dans cet objectif-là, le fait que les dynamiques démographiques, économiques des collectivités soient reconnues pour leur permettre justement d'accompagner les mouvements d'investissement qui sont absolument nécessaires.
– Stéphane Lefeuille, il y a la question évidemment cruciale des finances locales, mais sur d'autres sujets, qu'est-ce que vous avez envie de dire à Sébastien Lecranu ? Qu'est-ce qu'il faut mettre dans cet acte de décentralisation ?
– Eh bien alors, je vais continuer. Donc là, l'autonomie fiscale et financière. Ensuite, il a posé dans un courrier qu'il a renvoyé d'ailleurs aux sénateurs et à tous les parlementaires un certain nombre de questions sur des compétences. La première des compétences aujourd'hui, c'est que les collectivités locales, régions et le grand bloc communal sont les premiers investisseurs dans le domaine de la transition énergétique. Il faut qu'on pense maintenant, comme ça a été fait avec les mobilités, à donner une responsabilité très claire sur les objectifs de transition écologique et énergétique.
La décarbonation de nos économies, la décarbonation de la mobilité, la baisse des consommations énergétiques avec l'isolation des logements et tout ce qui concourt à la décarbonation de notre société, les collectivités ont une part spécifique à prendre et je pense qu'elles doivent devenir, il faut une compétence spécifique, autorité organisatrice de la transition énergétique et écologique.
– À quel niveau de collectivité ? À quel niveau de collectivité ? Au niveau des régions ?
– Il y a deux collectivités qui me paraissent être indiquées, c'est la région et les intercommunalités et les métropoles. Dans ce domaine, elles doivent avoir une responsabilité particulière puisque c'est elles qui investissent aujourd'hui. Deuxième élément majeur, la santé, et d'ailleurs, le Président ministre l'évoque, on exerce aujourd'hui des compétences dans le domaine de la santé sans qu'elles ne soient reconnues par personne, ni par l'État, ni souvent, malgré tout, par les ARS au niveau local et au niveau régional et donc on a besoin d'avoir une clarification sur le rôle et la place des élus et des collectivités dans le domaine de la santé. L'État a failli.
Aujourd'hui, on a des déserts médicaux, la SAC en est un exemple, d'autres départements aussi. Donc il faut que dans ce domaine-là, on clarifie les compétences en même temps qu'on ait des moyens pour pouvoir assurer ce qui est fait aujourd'hui dans beaucoup de collectivités. Et le troisième point majeur pour moi, c'est la question de l'éducation. Dans les domaines de l'éducation, le bloc communal, le département et la région agissent à chacun à leur niveau.
Il faut qu'on puisse donner, non pas uniquement comme mission à nos collectivités d'avoir à gérer les infrastructures, l'immobilier, mais d'être en capacité d'être dans la continuité du temps scolaire avec ce qu'on appelle le périscolaire et toutes les activités qu'il y a autour, en particulier les activités culturelles, les activités sportives, les activités de découverte. Il faut que tout ça soit réorganisé.
Et il faut permettre à ce titre-là d'avoir une discussion beaucoup plus décentralisée avec les directeurs et directrices d'écoles pour ce qui concerne le bloc communal, les directeurs et les directrices des collèges pour ce qui concerne les départements, les directeurs et les directrices de lycées pour ce qui concerne la région. Il faut que le temps scolaire, qui est un temps extrêmement restreint dans la vie d'un enfant, soit augmenté par le temps périscolaire et toutes les activités autour. Et dans ce domaine, c'est les collectivités qui assument des responsabilités. Il faut qu'elles soient reconnues, structurées, coordonnées.
Et ça, c'est un enjeu très important pour lutter contre l'échec scolaire. Donc trois grandes propositions.
Un autre sujet, vous êtes ancien ministre de l'Agriculture. Fabrice avait une question sur ce sujet. Oui, vous êtes aussi dans un département rural où l'agriculture est extrêmement présente et forte. Les agriculteurs appellent à une grande journée de mobilisation vendredi. Est-ce que vous les soutiendrez ?
D'abord, les agriculteurs, c'est la FNSEA et avec la coordination rurale. La Confédération paysanne. Cette manifestation, c'est la FNSEA. J'ai entendu le président Rousseau il n'y a pas longtemps sur la question du Mercosur, je l'avais dit il y a longtemps. C'est un accord qui doit être, s'il doit être négocié, avec les précautions absolument nécessaires dans le domaine de la production animale avec deux cibles spécifiques qu'il faut protéger, la viande bovine de manière générale et la volaille. Mais quand j'entends aussi M. Rousseau dire des choses qui sont fausses, comme ça avait été le cas d'ailleurs avec le CETA, parce que personne ne dit qu'aujourd'hui, sauf au Sénat, M.
Rotaillot à l'époque, remettant en totalité en cause le CETA pour des raisons qui ne sont pas réelles ni vraies, je pense en particulier à l'idée qui avait été évoquée pendant un moment d'exportation de viande bovine hormonée, ce qui n'est pas vrai parce que l'Europe ne l'accepte pas, je n'ai pas regardé toutes les clauses de sauvegarde, mais il faut les regarder de manière précise et que les slogans qui consistent à dire et à faire peur sont des slogans qui aujourd'hui, je trouve, dans le contexte international dans lequel on est, sont plus que pour l'ancien ministre que je suis, difficiles à accepter.
Donc la FDSEA qui a pris le leadership dans ce domaine doit bien réfléchir aux grands objectifs de l'agriculture française. Nous avons une agriculture qui est à la fois forte, qui est à la fois de qualité, qui est aussi exportatrice et qui doit en même temps permettre à toutes ces filières de se développer avec un objectif qui doit être la compatibilité entre l'environnement et la production. C'est pourquoi j'ai toujours défendu le grand concept d'agroécologie.
C'est très clair, Stéphane, une dernière question un peu plus personnelle. Est-ce que vous serez de nouveaux candidats au municipal en mars ?
Ah, je vais prendre ma décision à la fin de l'année donc je ne vais pas anticiper mais je suis prêt à revenir cette fois-ci. Non, je vous ai dit que je prendrais ma décision à la fin de l'année donc je ne vais pas l'anticiper. je reviendrai volontiers sur Public Sénat pour vous l'indiquer.
Merci beaucoup. Merci Stéphane Le Folle, Mère socialiste du Mans, président de la Métropole du Mans, Mère ministre de l'Agriculture, d'avoir été avec nous depuis votre ville. Fabrice, on regarde la une du progrès de Saint-Étienne. C'est le procès Perdriot. Ah oui, une semaine judiciaire chargée à Lyon en l'occurrence puisque ça se juge à Lyon dans cette affaire un scandale politico autour d'une sextape à suivre dans les colonnes
de la tribune du progrès.
Et c'est Perdriot, je suis une victime collatérale, la une du journal. Et on va voir justement ce qu'il y a au cœur de l'actualité de nos régions. Tout de suite. De nos régions, on commence par notre reportage. C'est l'une des infractions routières les plus répandues avec 500 000 amendes dressées chaque année. L'usage de votre téléphone au volant peut vous coûter 135 euros, un retrait de 3 points sur le permis de conduire insuffisant. Malgré tout, pour le préfet Deslandes qui souhaite une suspension de permis, une phase d'expérimentation sera lancée début octobre avant peut-être une généralisation partout en France. On regarde les explications d'Océan Archambault pour nos partenaires de TV7.
Sur la route, la moindre distraction peut être fatale. Pourtant, l'usage du téléphone portable fait parfois partie des habitudes.
Oui, ça arrive régulièrement malheureusement.
80% des automobilistes reconnaissent utiliser leur portable sur la route. Et pourtant, téléphoner au volant multiplie par 3 le risque d'accident. Lire un SMS multiplie le risque par 23. Avec plus de 3000 verbalisations pour ce type d'infraction depuis début 2025, le préfet Deslandes veut durcir la sanction.
Début novembre, au vu des résultats, et si les comportements n'évoluent pas, le préfet pourra alors prononcer la suspension administrative du permis de conduire.
Une première phase pédagogique va débuter au mois d'octobre pour avertir les contrevenants et les inviter à changer de comportement. Une bonne initiative selon les automobilistes croisés ce matin.
On voit les gens vraiment avec le téléphone, donc il faudrait même être très sévère, je pense, pour ces personnes-là.
Avec tous les accidents qu'il y a avec le téléphone, oui. Pour moi, ce serait une bonne chose, comme ça, ça ferait peut-être un petit peu moins d'accidents.
De son côté, le vice-président de l'automobile club du Sud-Ouest est plus nuancé.
Cela aura des conséquences pour des personnes qui peut-être se verront supprimer leur permis et continueront à conduire parce qu'ils ont un boulot, parce qu'ils n'ont pas le choix. Mais malheureusement, ce pourra, évidemment, si jamais il y avait un accident, être dramatique parce qu'ils ne seront plus assurés.
Chaque année, en France, 400 personnes perdent la vie dans des accidents causés par la distraction. liées aux écrans.
On poursuit le tour de l'actualité dans nos régions avec nos partenaires de la presse quotidienne régionale. On va à Niort, on retrouve Baptiste Bise. Bonjour Baptiste. Merci beaucoup d'être avec nous, directeur départemental de la Nouvelle République dans les deux sèvres. Baptiste, vous allez nous parler de la nuit du bien commun. Ça fait polémique à La Rochelle et à Niort. Oui, cette première nuit du bien commun de La Rochelle et Niort aura lieu ce soir à l'abbaye de la Grasse-Dieu de Benon dans la campagne de l'ONIS. On est à mi-chemin entre les préfectures de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres.
Et comme vous le disiez, cette soirée de lever de don organisée au profit d'associations de la région ne plaît pas à tout le monde. Une vingtaine d'organisations locales de gauche et d'extrême-gauche ont même lancé un appel à manifester aujourd'hui devant l'église de Benon. Pourquoi ? Eh bien parce que la nuit du bien commun a été cofondée par Pierre-Édouard Sterrin en 2017. Et Pierre-Édouard Sterrin, vous savez, c'est le créateur des coffrets cadeaux Smartbox, c'est ce milliardaire exilé fiscal en Belgique qui est à l'origine du projet Périclès dont l'objectif est de permettre l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir.
Alors dans ses éditions papiers des Deux-Sèvres et de la Vienne ce matin, la Nouvelle-République raconte l'embarras des organisations et personnalités associées à l'événement. D'abord la section handisport du stade Rochelet-Basket
par exemple qui devait faire partie des associations soutenues financièrement lors de la soirée. Elle a choisi de se retirer après la publication d'un communiqué de quatre parlementaires de Charente-Maritime qui dénonçait je cite « l'instrumentalisation de nos associations et clubs sportifs par l'extrême-droite ». Même chose pour l'association Simon de Sirène qui œuvre au soutien des personnes en situation de handicap. Ses représentants expliquent ne pas vouloir je cite encore « risquer d'accepter un mauvais argent ». On peut aussi sentir du côté des mécènes de cette nuit du bien commun La Roche-Alignore.
Tout à fait et parmi eux on retrouve trois entrepreneurs
des Deux-Sèvres Vincent Bureau chef de l'entreprise Vinet-Domousse et Pierre Sylvestre gérant de l'entreprise de services numériques Altapix. Ils n'ont malheureusement pas souhaité répondre aux questions de ma consoeur Émilie Chénet qui signe l'article qui est dans les éditions de La Nouvelle République ce matin. Laurent Collat le patron du fabricant de plan de chat Hainaut lui a accepté de nous parler et il assure qu'il n'était pas du tout au courant quand on lui a proposé d'apporter son soutien à des associations et de participer à cette soirée. Il ajoute « n'avoir aucun engagement politique et dit ne pas vouloir être associé à cela ».
Preuve de cette gêne les rubriques consacrées au comité de soutien et aux mécènes de l'événement ont disparu du site internet de La Nuit du Bien Commun depuis lundi soir. Dans un communiqué le Parti socialiste des Deux-Sèvres dénonce la démarche de Pierre-Edouard Sterrin je cite là encore « sous couvert de levées de fonds lors des événements caritatifs annuels sa stratégie est de tisser des réseaux locaux de petites et grandes bourgeoisies soutien pour les municipales à venir » écrit la Fédération locale du PS en considérant que les fonds collectés alimentent d'autres initiatives de la galaxie Sterrin et renforcent son influence.
L'agence de communication de La Nuit du Bien Commun assure que les entrepreneurs locaux et les milieux associatifs sélectionnés n'ont rien à voir avec la politique. Elle fait valoir là je cite encore « que l'on ne peut pas continuer à critiquer alors que l'événement a été cofondé par Pierre-Edouard Sterrin il y a bientôt 10 ans ». Alors si on veut être précis c'était en 2017 donc il y a 8 ans pas 10 et puis surtout le milliardaire qui roule pour l'extrême droite ne fait plus partie du conseil d'administration de La Nuit du Bien Commun depuis le mois de mai dernier seulement.
Merci beaucoup merci Baptiste d'avoir été avec nous directeur départemental de La Nouvelle République dans les deux sèvres et on regarde votre une Baptiste ce sont les législatives les frais de campagne épluchés à la une de La Nouvelle République. Merci Baptiste à très vite et on va voir les autres unes de la presse régionale avec vous Steve et à la une Sébastien Lecornu face à la taxe Zuckman.
Oui le Premier ministre qui poursuit aujourd'hui ses consultations avec les syndicats sera-t-il question de la fameuse taxe Zuckman il s'agit en tout cas d'une revendication très forte à gauche ça fait la une de la dépêche du midi aujourd'hui le journal fait un point sur cette taxe dont on parle beaucoup en ce moment il s'agit de taxer les gros patrimoines à 2% ça concernerait 1800 foyers en France et pourrait rapporter selon l'économiste 20 milliards d'euros dans les caisses de l'État Autre une le questionnement sur l'accessibilité des services publics en ligne C'est à la une de Telegram aujourd'hui qui présente la facture du tout numérique alors que 82% des démarches administratives sont aujourd'hui réalisées en ligne de nombreuses personnes éprouvent des difficultés à suivre la cadence selon un sondage 44% des français presque un français sur deux quand même rencontrent des difficultés dans leur démarche la sénatrice du Finistère Nadej Avey parle dans les pages du Télégramme d'une nécessité de revenir à plus d'humains
On parle police municipale aussi
Oui autour de la ville de Mérignac d'Armès police municipale c'est à la une de Sud-Ouest après Bordeaux dirigé par l'écologiste Pierre Urmic le maire PS de la ville a décidé d'équiper ses agents il l'annonce dans les pages du journal 58% des polices municipales de France sont équipées j'ai la conviction que toutes que toutes que toutes les mairies le seront un jour déclaration de Thierry Trijoulet à quelques mois des élections municipales auxquelles il devrait être candidat On termine par quelque chose qui a dû vous faire plaisir Steve Retour sur un Normand Nord Dans les pages de Paris-Normandie on se penche sur le sacre d'Ousmane Dembélé le joueur du PSG qui a décroché lundi soir le ballon d'or un Normand meilleur joueur de football au monde se réjouit le journal Paris-Normandie Dembélé est né dans la commune de Vernon il a fait ses premiers pas footballistiques à Évreux Paris-Normandie revient sur son parcours dans la région oriane Merci Steve C'est la commune de Sébastien Lecornu Exactement Il a été maire Tout de suite de Sébastien Lecornu Merci beaucoup place au débat des éditorialistes avant de parler de la méthode Lecornu Dans six mois auront lieu les municipales et parmi les sujets de préoccupation des Français le dérèglement climatique 28% d'entre eux seraient même prêts à changer de commune pour limiter les effets de ce dérèglement sur leur quotidien On va ça avec Clémentine Louise
3 Français sur 10 sont prêts à tout quitter pour échapper aux phénomènes climatiques de plus en plus récurrents Ce sont d'abord les jeunes les moins de 35 ans qui plieraient bagage et la première région à voir ses habitants partir serait la Bretagne Ce qui peut paraître étonnant puisque ce sont avant tout les canicules qui inquiètent les Français suivis de près par la sécheresse Thermomètre très manque d'eau préoccupent en premier lieu les habitants du sud de la France A l'ouest ce sont davantage les tempêtes et les orages qu'on redoute sur la côte atlantique Les Français sont donc loin d'être climato-sceptiques 9 sur 10 déclarent même subir le dérèglement climatique mais un tiers d'entre eux pensent qu'il est déjà trop tard pour agir La population fait d'abord confiance aux associations de défense de l'environnement et aux actions citoyennes pour la protéger de ces risques mais 37% comptent tout de même sur leur municipalité
Et on va en parler avec vous Elisabeth Martichoux Bonjour Elisabeth Bonjour Marie Merci d'être là éditorialiste politique et Erwan Lestrouan puisque c'est votre baromètre directeur conseil à l'institut de sondage Odoxa Erwan on l'a vu dans ces chiffres les Français ils ne sont pas climato-sceptiques mais quand même ils sont très pessimistes sur les effets du réchauffement climatique Oui c'est ça le fatalisme progresse quand on demande aux Français ce qui leur vient à l'esprit dès lors qu'on parle du dérèglement climatique ils sont 35% à nous dire il est déjà trop tard le dérèglement climatique est en marché ce sentiment qu'il est déjà trop tard ça progresse de 5 points par rapport à ce qu'on mesurait il y a 3 ans on voit bien que le fatalisme des Français à l'égard du climat il est très important et c'est un fatalisme avec lequel il va falloir traiter désormais parce que le fatalisme ça peut créer de la démobilisation donc ce qu'il faut c'est compter encore sur les 52% de Français plutôt optimistes qui disent le dérèglement climatique est en marche mais nous pouvons encore éviter un dérèglement climatique de grande ampleur il va falloir tabler sur cette mobilisation des optimistes en tout cas il y a 9 Français sur 10 qui pensent qu'effectivement le dérèglement climatique est en route et c'est intéressant de voir d'ailleurs que les climato-sceptiques sont très peu on les entend beaucoup sur les réseaux sociaux qui leur offrent une caisse de résonance significative ce qu'on voit c'est qu'ils représentent surtout 1 personne sur 10 en France que la préoccupation à l'égard du climat est massive de la population Juste Erwan quand vous dites démobilisation ça veut dire des gens qui disent c'est trop tard ça sert plus à rien de faire quelque chose C'est ça Donc un cercle vicieux qui aggraverait en plus Oui il y a des enquêtes qui sont menées régulièrement on a des témoignages par exemple dans les jeunes générations de personnes qui disent que tout le monde continue à le prendre et fait comme si de rien n'était pourquoi je me priverais de voyages à l'étranger Il y a une certaine fatalité qui peut créer de la démobilisation alors même que on doit renforcer de plus en plus nos gestes pour protéger la planète Elisabeth c'est vrai que ce réchauffement climatique ce dérèglement climatique c'est présent dans le débat public mais est-ce que pour autant c'est suffisamment pris en compte par les politiques ?
Alors par les politiques non et on peut comprendre quand même les Français qui ressentent une forme de fatigue alors ce n'est pas la fatigue informationnelle mais c'est une fatigue par rapport à la mobilisation nécessaire face au changement climatique c'est-à-dire que les Français individuellement ont adopté des attitudes écolo c'est-à-dire le vélo le tri le compost etc mais il y a un sentiment de solitude je pense que traduisent vos chiffres c'est-à-dire moi je fais mais finalement la puissance publique fait peu et donc on me demande beaucoup à moi et eux font peu alors eux c'est évidemment le sentiment que mais ce n'est pas un sentiment on l'a vu au Parlement au printemps dernier les politiques publiques en rabattent sous la pression de ceux qui veulent simplifier la vie des Français et puis dans l'environnement international c'est évident quand on voit évidemment Donald Trump encore cette nuit devant les Nations Unies taper comme un sourd sur le changement climatique tout ça crée un en disant c'est une arnaque c'est la plus grande arnaque voilà comment être insensible à cette espèce de démobilisation et de bourrage de crâne des climato-sceptiques parce qu'ils sont peut-être effectivement les Français ne sont pas gagnés par le climato-scepticisme mais la planète l'est entièrement donc je dirais qu'il y a un sentiment de solitude et peut-être même d'injustice de ceux qui se battent depuis des années qui ne prennent pas l'avion et qui se disent à quoi ça sert puisque ceux qui ont les leviers ceux qui ont les manettes en font très peu et puis pardon il y a un problème d'argent on ne peut pas constater que le pouvoir d'achat et le problème reste le problème numéro un des Français et puis ne pas prendre en compte le fait que ben oui le bio ça coûte plus cher il y a un clivage quand même économique par rapport aux efforts qu'il faut fournir il faut du temps et il faut de l'argent pour être un écolo responsable qui fait beaucoup d'efforts donc moi je pense que dans le contexte c'est pas c'est assez compréhensible de voir cette fatigue que vous avez donc mesurée puis enfin les écolos tricolores les verts on les entend infiniment plus parler de leur partie que de l'écologie je suis un peu caricaturale mais je pense que c'est comme ça que c'est perçu et ça a des conséquences régionales aussi ça vous l'avez étudié dans ce baromètre on va voir des cartes Erwan les inquiétudes elles ne sont pas les mêmes selon la région dans laquelle on habite Oui tout à fait c'est vrai qu'on a interrogé les français dans cette grande consultation il y a plus de 13 000 personnes qui ont répondu donc qui nous permettent d'avoir une granularité par région très importante et c'est vrai que les risques climatiques qu'on considère comme des menaces pour la qualité de vie des habitants ne sont pas les mêmes selon les territoires où on réside ce qui arrive en premier c'est les canicules et les sécheresses et pénuries d'eau mais les canicules les craintes qu'elles représentent ça n'est pas du tout le même niveau selon qu'on se situe dans le nord de la France ou dans le sud de la France à ceci près que la Loire qui a longtemps été considérée comme une frontière climatique ne semble plus l'être parce qu'on a des craintes très élevées à l'égard des canicules dans les pays de la Loire en centre-val de Loire ce qui est assez nouveau et après on a des spécificités territoriales très fortes aussi on a la façade ouest on a énormément de craintes sur les tempêtes et les orages des craintes très élevées d'incendies mais qui sont deux fois la moyenne nationale en PACA en Occitanie on a des craintes aussi sur les côtes d'érosion du littoral il y a une multitude de risques climatiques qui sont perçus comme des menaces pour la qualité de vie des habitants qui pèsent sur le quotidien des Français aujourd'hui avec peut-être comme conséquence que ça peut entraîner des déplacements de population et des migrations d'une région à l'autre oui tout à fait c'est vrai qu'on leur a demandé est-ce que vous seriez prêt à déménager dans les prochaines années pour habiter dans une commune moins exposée aux risques climatiques et c'est vrai que cette question des déplacements de population elle est importante parce qu'il y a trois Français sur dix qui nous disent je pourrais déménager face aux risques climatiques c'est très élevé ça montre aussi toutes les conséquences d'un été horribilis sur le plan de la météo qui a été le troisième plus chaud jamais enregistré en France ça a des conséquences sur l'opinion et ça diffuse l'idée qu'on ne pourra plus vivre comme avant dans les sondages d'opinion qu'on peut être amené à réaliser il y a une majorité de Français qui savent que réduire son empreinte carbone c'est pas seulement adapter son quotidien à la marge c'est changer de mode de vie alors après il faut y être prêt on parlait des efforts individuels tout à l'heure on sait que les efforts individuels c'est grosso modo un quart de ce qui peut faire baisser notre empreinte carbone le reste les trois quarts viendront d'efforts imposés par le collectif et donc par les collectivités locales par les associations par les entreprises donc il y a vraiment nécessité que la société se prenne en main et individuellement et collectivement sur ces sujets mais c'est vrai que c'est c'est fou de voir que trois Français sur dix disent qu'ils peuvent déménager parce qu'ils sont préoccupés par le climat 12% pourraient même changer de région alors c'est encore plus important en région parisienne et en PACA ils se dirigeraient en priorité tous ces réfugiés climatiques si je peux employer le terme vers la Bretagne une région un peu plus tempérée relativement à l'écart des canicules mais en tout cas oui c'est assez impressionnant d'observer ce souhait de déménager pour se protéger du risque climatique sachant que on voit ici aussi l'ampleur des canicules parce qu'on sait que toutes les régions ne sont pas exposées aux mêmes risques climatiques mais par contre plus on est exposé aux canicules plus on a le souhait de déménager pour se protéger du dérèglement climatique c'est très fort ce souhait de déménager en PACA en Occitanie en Ile-de-France dans les milieux où la densité urbaine et la densité des constructions est élevée parce qu'on sait que c'est les amplificateurs de canicules et on voit bien que ces canicules sont un accélérateur du souhait de se protéger et c'est vraiment un marqueur très fort du dérèglement climatique la canicule il y en a eu beaucoup cet été ça a remonté le niveau d'inquiétude voire même le niveau de fatalité et le corollaire ce sont les inondations parce qu'on ne peut pas voir à un intervalle régulier au JT de 20h les conséquences terribles des inondations c'était en Espagne il y a un an c'est en France régulièrement et c'est là où effectivement c'est intéressant c'est que c'est dans les zones urbanisées qui ne sont absolument pas protégées face à ce risque d'inondations extrêmement soudaines meurtrières combien de il y a une forme de litanie et de répétition du français de la française exposée à la destruction de son bien immobilier l'inondation qui détruit tout un passé toute une vie en fait on le voit régulièrement et effectivement dans ces zones urbanisées il y a la conscience que le déménagement c'est très impressionnant c'est très intéressant dans votre étude parce qu'on est quand même attaché à son territoire en France et le fait que 12% veulent changer de région davantage 1 sur 4 simplement déménager à l'intérieur même de la région je trouve que c'est très significatif de la prise de conscience de l'impact sur nos vies quotidiennes du changement climatique mais la prise en compte par les poétiques publiques de ces changements climatiques est presque inversement proportionnelle à la conscience à la lucidité qu'on a tous maintenant collectivement face au risque et on est maintenant à 6 mois des municipales et les français c'est les maires qui sont les élus à qui ils font le plus confiance pour lutter contre ce changement climatique oui c'est vrai quand on leur demande à quels acteurs ils font le plus confiance pour les protéger contre les conséquences du dérèglement climatique et protéger les habitants de leur ville ils citent en premier lieu les associations de défense de l'environnement et les citoyens mais les mairies arrivent très nettement devant le département la région ou l'état c'est vraiment la collectivité de confiance mais pour autant les maires actuellement ne sont pas à la hauteur de cette confiance des français 77% des français qui ont répondu à notre grande consultation nationale disent que leur maire ne met pas assez d'action en place pour lutter contre le dérèglement climatique et ils sont seulement 33% sur ces 77% à nous dire c'est parce qu'il n'en a pas les moyens il y en a 44% qui disent parce que ça n'est pas une priorité de son action et c'est encore plus fort ce sentiment dans les zones rurales donc il y a des attentes fortes à l'égard des maires mais quelque part ils ont les cartes en main aussi dans le local parce que ce sont des acteurs légitimes et naturels de référence pour le quotidien quand on voit les priorités des maires selon les français c'est très clair et c'est des leviers de protection contre les canicules c'est limiter la bétonisation et les constructions c'est développer la végétalisation de l'espace urbain et les espaces verts mais c'est aussi éduquer les habitants à de bonnes pratiques écologiques il y a ce besoin d'accompagnement qui est significatif c'est intéressant que la nécessité d'éduquer les habitants ça arrive en troisième position nettement devant augmenter les points d'eau préparer au risque d'incendie rénover énergétiquement les bâtiments parce que on le voit par exemple des forêts urbaines aussi oui tout à fait on voit bien à l'étranger qu'il y a des grands-mères dans des grandes villes qui ont pris le taureau par les cornes il y a une dizaine quinzaine d'années et c'est vrai que ça donne des zones d'humidité de baisse de la température l'été qui est très impressionnante les forêts urbaines sont très attendues aussi par l'équipe et ça donne le sentiment qu'on lutte et on met en place des actions c'est très visible c'est très visible à l'œil c'est visible et directement efficace parce que c'est vrai que ça fait baisser la température mais tout ça ne peut pas s'articuler sans le pouvoir d'achat c'est ce que vous disiez tout à l'heure quand on dit qu'il faut acheter des vêtements respectueux de l'environnement ou des produits bio il y a tout de suite une fracture sociale qui se crée parce que c'est plus facile de le faire quand on en a les moyens en revanche c'est vrai qu'on a vu des mères avancer avec des thématiques qui protègent l'environnement des propositions qui protègent l'environnement et qui permettent de protéger aussi son portefeuille il y a les transports publics gratuits il y a les parkings gratuits quand on s'engage à prendre les transports en commun il y a des choses qui permettent quand même de protéger la planète et la fin du mois c'est tout l'enjeu pour les mères c'est de réussir à habiter cet espace sur lequel ils sont attendus et sur lequel pour l'instant ils déçoivent les français Rien n'est jamais gratuit C'est un autre débat Est-ce qu'on n'est pas dans une forme de paradoxe pour les politiques où effectivement les français disent on attend plus de nos élus mais en même temps quand il y a des mesures sur la taxe carbone sur les zones à faible émission sur limiter l'usage de la voiture ça attise finalement la colère et ça donne des mouvements type gilet jaune Oui bien sûr ça c'est le problème de la verticalité d'abord de la mesure c'est pour ça que les mers c'est aussi la bonne dimension pour appliquer des politiques liées au réchauffement climatique la verticalité en matière d'écologie dans le fond c'est pas la bonne méthode on l'a vu à chaque fois il y a des incompréhensions compliqué d'expliquer parce que les politiques écologiques elles sont forcément liées aussi à une contrainte un changement d'habitude à une contrainte et éventuellement à une augmentation aussi du prix donc la verticalité ça ne fonctionne pas le local c'est la bonne échelle après je pense qu'en France quand même on a réussi à pardon à inoculer quand même largement l'idée que le réchauffement climatique est une difficulté et surtout un péril énorme maintenant c'est compliqué aujourd'hui on le voit bien dans tous les pays Oui et de sortir de cette forme d'écologie punitive Oui bien sûr on a un exemple avec l'agriculture avec des contradictions énormes et puis des politiques européennes très contradictoires Erwan est-ce que au moment de mettre un bulletin dans les urnes en mars prochain la question de l'écologie du dérèglement climatique ça va être un critère pour les français Alors pas nécessairement l'écologie en tant que telle et puis c'est vrai que chat et chaudé craint l'eau froide entre les sorties un peu parfois extravagantes des écologistes français les mesures qui ont été jugées répressives Vous voulez dire le barbecue les choses comme ça ?
Oui par exemple mais il y en a eu d'autres les sapins le tour de France toutes ces choses-là ça a pu donner l'impression de quelque chose de punitif de pas marrant de coercitif pour le quotidien mais par contre la protection de l'environnement peut infuser dans l'ensemble des thématiques municipales nous ce qu'on voit dans les études d'opinion aujourd'hui à l'approche des municipales c'est que le thème majeur de la campagne ça va être la tranquillité publique et dans la tranquillité publique il y a beaucoup de choses il y a la sécurité il y a aussi la lutte contre les nuisances sonores il y a la lutte contre les nuisances environnementales il y a la gestion des déchets c'est pas d'abord la sécurité et avant tout la sécurité à 70% oui mais quand on creuse les études d'opinion sur la sécurité c'est pas la protection des habitants contre les vols et les cambriolages c'est la protection des habitants contre les nuisances sonores dans un quartier contre le déclassement de leur ville parce qu'il y a des encombrants partout c'est toutes ces petites choses de sécurité du quotidien la qualité de la vie c'est la qualité de la vie c'est du cadre de vie parce qu'on est aussi dans la première élection post-Covid ça c'est un point qui n'est pas anodin c'est que les français maintenant avec le télétravail la première municipale post-Covid pardon vous pouvez m'excuser la première municipale post-Covid qui finalement va être une nouvelle élection sur le cadre de vie parce que les français aujourd'hui avec le télétravail passent de plus en plus de temps dans leur ville ils sont beaucoup plus critiques à l'égard de leur ville qu'ils ne l'étaient il y a 6 ans parce qu'aujourd'hui ils habitent leur ville quand ils vont chez le médecin ils vont chez le médecin dans leur ville quand ils vont faire les courses ils vont faire les courses dans leur ville pour leurs vêtements par exemple ce qu'ils ne faisaient pas il y a 6 ans ils sont beaucoup plus exigeants avec l'égard de leur cadre de vie qu'ils ne l'étaient en 2020 on le voit par exemple quand on fait des bilans de mi-mandat pour des mères des habitants qui sont insatisfaits du niveau de propreté ou de la présence d'espaces verts dans leur ville alors que rien n'a peu ou prou changé dans l'espace urbain beaucoup plus forte parce que j'en passe plus de temps dans leur ville désormais et par ailleurs toutes les avancées écologiques des municipalités qui ont été très actives depuis presque 6 ans ne seront pas remises en cause quelle que soit l'étiquette de l'adversaire on est à peu près sûr que quel que soit le niveau de contestation par rapport à des politiques de circulation notamment dans les grandes villes ce ne sera pas remis en cause par une opposition qui viendrait au pouvoir au mois de mars prochain donc ce qui est acquis quand même à mon avis ce qui a été fait ne sera pas remis en cause Avant les municipales on va parler de Sébastien Lecornu puisque avant tout ça il doit former un gouvernement essayer de trouver un accord de non-censure il poursuit ses consultations avec les partis politiques et on va écouter ce qu'en pense le président du groupe socialiste ici au Sénat Patrick Cannaire qui dénonce un peu le flou dans lequel pour le moment est plongé Sébastien Lecornu il était hier au micro de Mathilde Notaril Il a été ministre des armées pendant trois ans vous savez comment on appelle l'armée française la grande muette donc il est assez muet voilà il prend son temps il prend son temps mais il faut que ce temps soit utile donc nous avons été rencontrés la semaine dernière par monsieur Lecornu nous sommes restés sur notre faim selon la formule consacrée il n'a lâché rien ou quasiment rien de ses intentions à l'égard de nos propositions que nous avons clairement émises lors de nos universités d'été à Blois donc c'est une situation qui est particulière mais il va y avoir un butoir le butoir c'est pas le budget le premier butoir c'est la déclaration de politique générale qui aura lieu début octobre
on n'aura pas encore la date exacte et sur laquelle il y aura à coup sûr déjà une motion de censure portée par la France insoumise
Elisabeth à quoi il joue Sébastien Lecornu il ne s'exprime pas alors il a donné une grande interview à la presse régionale mais il ne dit rien de ses intentions est-ce que politiquement c'est la bonne méthode ou c'est risqué ? Il y a une hypothèse quand on est face à quelqu'un qui ne dit rien c'est qu'il n'a rien à dire c'est une hypothèse sait-il comment se sortir de cette complexité folle face à laquelle il est aujourd'hui on voit bien que ce qui était approuvé comme une méthode de sagesse qui contrastait avec la logorée verbale de François Bayrou etc.
le silence est d'or devient un petit peu lourd on sent l'exaspération de Patrick Cannaire ça va bien comme ça on a bien voulu respecter et en plus ils respectent tous la règle qui a été imposée la règle d'airain voulue par Sébastien Lecornu vous ne dites rien de ce que je vous dis et c'est vrai que c'est une méthode différente mais cette méthode commence à lasser parce que cette méthode effectivement elle inocule le doute sur la capacité de Sébastien Lecornu à se sortir encore une fois de cette situation honnêtement on ne voit pas bien quelle est la solution on voit bien la radicalisation du parti socialiste qui a émis un programme et fier de ce programme qu'on va appeler le programme de Blois avec un certain nombre de points et d'exigences économiques estime être un parti de gouvernement et estime devoir être respecté sur tous ces points autrement dit le parti socialiste ne se vendra pas à Sébastien Lecornu sur une concession quand bien même Sébastien Lecornu aurait tordu le bras de façon significative à Emmanuel Macron sur la fiscalité des plus riches le parti socialiste dira le compte n'y est pas LR vous avez aussi perçu la radicalisation de la position LR qui a peur d'être le dindon de la farce et le RN pour l'instant est dans une posture de dissolution dissolution donc de censure a priori donc c'est compliqué la méthode Lecornu aujourd'hui on verra si elle a un résultat parce que l'intersyndicale est reçu aujourd'hui est-ce que Sébastien Lecornu va en dire davantage à des organisations syndicales telles que la CFDT dont on sait que si elle top avec Sébastien Lecornu le parti socialiste suivra est-ce que là il y aura un indice qui sera donné ce qui est sûr encore une fois c'est que on sent bien d'ailleurs c'est très présent dans la presse ce matin les français à mon avis n'en ont cure parce qu'eux ils ont compris que la situation de toute façon on était dans une impasse c'est pour ça qu'on a 63% selon l'IFOP de français qui veulent la dissolution c'est qu'il semble de toute façon qu'on n'y coupera pas mais la presse commence à noter une forme d'exaspération générale des partis et se demande si Sébastien Lecornu ne va pas perdre son pari Comment il a jugé les français à la méthode Lecornu les débuts de Sébastien Lecornu ?
C'est assez intéressant de les interroger dessus on leur avait demandé il y a deux semaines au moment de la domination de Sébastien Lecornu si selon eux sa méthode d'écouter les principaux responsables politiques avant de constituer un gouvernement donc une fois que des compromis auraient été trouvés sur le budget et la bonne méthode ils sont les trois quarts 73% à nous dire oui c'est la bonne méthode mais quand on leur demande est-ce que selon vous ça va fonctionner ils sont plus que 38% à y croire parce que et on avait déjà une évaluation un peu de la méthode comme ça avec Michel Barnier c'est-à-dire le fait de pouvoir trouver d'arrondir les angles de trouver des chemins de communs de convergence c'était apprécié mais les français se préoccupent moins de la forme que du fond et quand on leur demande selon vous quelle politique mènera Sébastien Lecornu c'est l'homme du président dans l'esprit des français ils sont 74% à nous dire il mènera une politique conforme à ce que souhaite Emmanuel Macron pas du tout ils sont 74% à nous dire il mènera une politique conforme à ce que souhaite Emmanuel Macron uniquement 24% à considérer qu'il mènera une politique de rupture 33% à considérer qu'il mènera une politique d'union nationale par contre 51% à considérer qu'il mènera une politique de droite et à peu près autant à considérer qu'il mènera une politique du centre donc il y a vraiment cette question du fond qui est importante à l'égard quand on considère les attentes à l'égard de Sébastien Lecornu il a néanmoins deux atouts dans la période actuelle c'est que alors au niveau des dirigeants politiques c'est peut-être plus compliqué au niveau des sympathisants il a aujourd'hui à peu près 50% de bonnes opinions auprès des sympathisants PS alors qu'ils sont peut-être ravis d'imaginer la perspective de revenir au gouvernement en tout cas il élargit un tout petit peu sa base de soutien dans l'opinion par rapport à ce qu'on mesurait pour François Bayrou ou pour Michel Barnier et autre point qui fait partie des atouts c'est que la colère sociale est encore un peu limitée on avait mesuré le niveau de soutien à la mobilisation du 18 septembre il était de 52% c'est très en deçà des 70% environ qu'on mesurait pour les gilets jaunes ou pour les manifestations contre la réforme des retraites au premier semestre 2023 la question c'est de savoir est-ce que ça va être suffisant et combien de temps ça va durer Elisabeth vous parliez du rassemblement national on va écouter le rassemblement national Jean-Philippe Tanguy et son allié Eric Ciotti c'était ce matin il perd beaucoup de temps les français sont très inquiets de la situation budgétaire des urgences du pays la situation économique du pays est extrêmement grave et monsieur Lecornu fait des accords d'appareil et les hommes et les femmes politiques se regardent le nombril au lieu de parler de la France et des français donc franchement moi je ne comprends pas comment des gens
qui connaissent la situation du pays peuvent être aussi déconnectés des réalités et perdre un temps précieux On ne peut pas rester je le crois dans cette situation de chaos on voit bien que tout se dégrade monsieur Lecornu est nommé depuis presque trois semaines il ne se passe rien on ne parle pas d'un futur gouvernement on devrait commencer on devrait commencer à discuter du budget la semaine prochaine rien ne se passe on est dans un pays qui est à l'arrêt
On est dans un pays à l'arrêt c'est l'immobilisme Sébastien Lecornu Elisabeth ?
C'est-à-dire que le Rassemblement National il répète sur tous les tons matin, midi et soir dissolution, dissolution dissolution donc effectivement il n'a pas intérêt à lancer des fleurs à Sébastien Lecornu on verra le temps utile on a du mal un peu à suivre le Rassemblement National je vous donne un exemple sur la taxe Zuckmann où il y a eu un point d'atterrissage là très récemment mais on a eu du mal à comprendre quand même ce qu'ils en pensaient donc le Rassemblement National n'est pas dans une situation si confortable que cela pour diverses raisons sur lesquelles on va parvenir mais ce qui est sûr c'est qu'ils ont changé de stratégie entre avant l'été et cette rentrée où dans le fond ils veulent précipiter leur accession au pouvoir ils veulent tirer avantage de l'exaspération des Français qui n'est pas une explosion de colère une explosion sociale en effet mais qui a un degré d'exaspération quand même extrêmement élevé ils pensent immanquablement pouvoir en tirer les profits dans les urnes on va voir on va voir comment ça évolue pour l'instant le discours c'est Sébastien Lecornu va perdre son pari de toute façon il faut rebattre les cartes et nous on veut on veut gouverner à la place des Français à la place pardon de l'actuel gouvernement pour les Français oui c'est vrai que les Français ont le sentiment que de toute façon on met des pilotes au volant de voitures qui vont irrémédiablement dans le mur ils sont aujourd'hui plus de 7 sur 10 à considérer qu'Emmanuel Macron devra nommer un nouveau Premier ministre dans les 12 prochains mois donc cette majorité introuvable et ce pays ingouvernable ça commence à peser sur la confiance des Français à l'égard de l'ensemble du personnel politique et de la politique en général et effectivement c'est assez préoccupant et on verra évidemment les suites de tout cela Sébastien Lecornu qui poursuit donc cette semaine ses consultations le Parlement qui devrait reprendre ses travaux la semaine prochaine on termine par l'histoire du jour elle nous emmène à Deauville à la rencontre d'Annie Annie elle se présente comme la dame pipi des Sarkozy elle habite une jolie maison juste à côté de la livrairie où Nicolas Sarkozy fait des séances de dédicaces et l'ancien président de la République est tombé sous le charme de cette maison dont Annie s'est bien empressée de lui préciser qu'elle n'était pas à vendre mais elle lui a tout de même dit que les commodités étaient situées au fond du jardin Nicolas Sarkozy en aurait donc profité et quelques années plus tard c'est son fils Louis qui est venu se changer dans le jardin d'Annie qui dit donc avoir l'impression de faire presque partie de la famille voilà attendez alors Nicolas Sarkozy est allé au fond du jardin pour faire pipi exactement parce que le jardin est juste à côté de la librairie
dans laquelle Yann n'avait pas de séance de dédicaces visiblement pas quelle histoire c'est voilà c'est exactement
Erwan d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on s'est une très bonne journée on se retrouve demain pour une émission spéciale avec le président du Sénat Gérard Larcher qui sera notre invité face à la presse régionale très bonne journée à demain Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Stéphane Le Foll