Jordan Bardella : "Nous ferons un référendum sur l'immigration pour imposer la priorité nationale"
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France Inter. Jérôme Cadet. Le 7-9. Jordan Bardella est ce matin l'invité du grand entretien. Bonjour. Vous êtes le président du Rassemblement National, également député européen, conseiller régional d'Île-de-France. Les auditeurs de France Inter peuvent vous poser leurs questions au 01 45 24 7000 ou via les réseaux sociaux et l'appli France Inter. Jordan Bardella, vous avez suivi hier la conférence de presse du président de la République consacrée à l'Europe. La France va prendre début janvier la présidence du Conseil de l'Union Européenne. On va venir aux propositions et au fond à ce qu'a dit hier le président de la République.
D'abord, est-ce que c'est une bonne chose que la France assure cette présidence à quelques semaines, à quelques mois maintenant de l'élection présidentielle ?
Oui, je crois que c'est une bonne chose parce que le président de la République partage en tout cas une volonté de voir se mettre en place une Union Européenne fédérale avec laquelle nous sommes en total désaccord. Vous savez qu'on a eu ce débat avec lui dans le cadre de la campagne des élections européennes que nous avions remporté en 2019. Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a beaucoup joué sur le thème de lui l'Européen pendant la dernière campagne présidentielle.
Et donc à ce titre, il sera aussi comptable, je crois, du bilan de l'Union Européenne qui a eu des conséquences encore une fois sur ce quinquennat dramatique pour notre agriculture avec la multiplication des accords de libre-échange et qui s'est révélé totalement incapable de protéger les peuples européens de cette nouvelle crise migratoire que nous avons connue depuis cinq ans.
Donc vous ne voyez pas de contradiction avec le fait qu'il soit président de la République jusqu'au terme de son mandat et qu'il soit peut-être candidat dans les mois qui viennent et qu'il assume la présidence du Conseil de l'Européenne ?
Entre nous, j'ai beaucoup de critiques à lui faire, mais ça me paraît compliqué de faire démissionner le président de la République deux mois avant les élections pour lui permettre de faire campagne. Moi, j'ai entendu, si vous voulez, un discours hier extrêmement long, incompréhensible. Parce que pour beaucoup de Français qui ont regardé cette conférence de presse, les Français se disent, mais à quel moment...
Vous disiez il y a une minute qu'il avait le mérite de la clarté, qu'il était fédéraliste.
Il assume en tout cas un choix européen qui n'est pas le nôtre. Mais quand on l'entend pendant une heure, plus une heure de questions-réponses, nous parler de l'Europe humaine, l'Europe qui doit se réformer, l'Europe qui doit réformer son espace Schengen, ça fait 30 ans qu'on explique cela aux Français et 30 ans qu'on leur explique que demain, l'Europe va changer. Donc moi, je me mets à la place des Français, je me mets à la place de nos concitoyens qui l'ont écouté hier et qui se sont dit, mais à quel moment avons-nous une place dans ce discours ? À aucun moment, ils ne parlent de pouvoir d'achat.
À aucun moment, ils n'évoquent les accords de libre-échange qui mettent en concurrence notre économie avec des économies du monde entier, qui font peser à la baisse sur les salaires, qui font peser à la baisse sur les filières, notamment agricoles françaises, et à aucun moment, ils ne parlent de contrôler aujourd'hui une politique migratoire qui est devenue insupportable, ils parlent de relever le défi migratoire. Or, je pense que les Français ne veulent pas relever le défi migratoire, ils veulent arrêter la submersion migratoire, et l'Europe est bien impuissante.
Réformer l'espace Schengen, voilà ce qu'a proposé Emmanuel Macron hier, avec un contrôle politique plus fort. Il faut, a dit le chef de l'État, que l'Europe sache mieux protéger ses frontières pour éviter les drames. Est-ce que vous êtes d'accord ?
Alors, Emmanuel Macron, le 4 mars 2019, Macron propose de remettre à plat l'espace Schengen. Emmanuel Macron, dans le Figaro, en avril 2019, Macron plaide pour une refonte de Schengen.
Pas en tant que président. L'Obs, en novembre 2020.
Emmanuel Macron retente une réforme de l'espace Schengen, et il y a quelques mois, sur Europe 1, en décembre 2021, Emmanuel Macron veut réformer Schengen. Donc, on voit que ça fait à peu près 5 ans que tous les deux mois, le président de la République annonce vouloir réformer Schengen. Schengen est aujourd'hui une véritable passoire. On l'a vu dans l'exemple de la Pologne, où la Pologne a été laissée seule face à cet afflux de migrants avec sa frontière, avec la Biélorussie. La vérité, c'est que l'Union Européenne partage cette volonté de voir une immigration toujours plus massive arriver sur notre territoire.
Il aurait fallu aider la Pologne ?
Il aurait fallu aider la Pologne. D'abord, aider la Pologne à protéger sa frontière. Aujourd'hui, la police de garde-côte européenne, qui s'appelle Frontex, est une hôtesse d'accueil pour migrants. A chaque fois que Frontex tente de refouler des migrants, vous savez que nous sommes confrontés à un principe de non-refoulement, qui fait qu'à partir du moment où un clandestin pose le pied sur la frontière européenne, à l'intérieur des frontières européennes, il ne peut plus être expulsé. Cela pose un véritable problème. Nous proposons de supprimer ce principe-là. Et puis Frontex est totalement démuni.
Je vous rappelle qu'à chaque fois que Frontex tente de refouler un migrant, la Commission Européenne ouvre une enquête. Ça a été le cas il y a quelques mois en maire égé pour mettre en garde Frontex et lui demander de se comporter, non pas comme une police de garde-frontière, mais comme une hôtesse d'accueil. Que faut-il faire des accords de Schengen,
Jordan Bardella, si Marine Le Pen est élue président de la République ? Nous souhaitons nous suspendre...
Il faut sortir de Schengen. Je pense que de la même manière qu'on n'imagine pas une maison ou un appartement sans porte ni fenêtre, on n'imagine pas un pays sans frontières. Et nous souhaitons, nous, en l'occurrence sur l'espace Schengen, que la libre circulation soit limitée uniquement aux ressortissants de l'Union Européenne. Comment on fait ?
On remet des contrôles aux frontières ?
Totalement, on fait ce qu'on a toujours fait depuis des décennies, c'est-à-dire mettre en place des contrôles aux frontières. Parce que quand vous n'avez pas de contrôle aux frontières, vous ne savez pas qui rentre sur votre territoire. Sur les marchandises ? Parfaitement. Aujourd'hui, la France est devenue un hall de gare. Tout le monde rentre avec ses bagages, ses coutumes, ses us, ses cultures, sa langue, ses mœurs. Parfois, des gens ne relèvent pas du droit d'asile et ils sont quand même, je dirais, accueillis sur le territoire national. Je vous rappelle qu'il y a eu l'an dernier 120 000 demandes d'asile. On sait que deux tiers de ces demandes d'asile sont déboutées.
Or, ces gens-là ne sont pas expulsés. Donc, il faut expulser les clandestins, remettre des moyens pour contrôler nos frontières et couper l'ensemble des pompes aspirantes qui font que notre pays est devenu un guichet social aujourd'hui pour la terre entière. Je pense que c'est un principe de bon sens et c'est ce qu'attendent aujourd'hui nos concitoyens dont beaucoup se sentent complètement submergés, il faut bien le dire.
Pour revenir à la situation à la frontière polonaise, est-ce qu'il faut être plus ferme avec la Russie qui soutient le régime de Loukachenko en Biélorussie, qui a cheminé ses migrants à la frontière avec la Pologne ?
Je pense que la meilleure sanction à prendre contre le régime de Loukachenko, contre la Biélorussie, était de maintenir et est de maintenir la frontière fermée. Parce qu'on voit bien que les migrants, aujourd'hui, sont utilisés dans des conditions parfaitement inhumaines comme une arme, comme un chantage diplomatique. Ça a été le cas également avec la Turquie d'Erdogan en Grèce.
Donc, vous refusez de condamner l'attitude de la Biélorussie et de la Russie ?
Je condamne l'attitude de la Biélorussie. En l'occurrence, on n'a pas de frontière directe avec la Russie. Vous m'arrêtez si je me trompe ? Et les relations entre Loukachenko et Vladimir Poutine ne sont pas les meilleures du monde, me semble-t-il. Donc, ce qu'il faut faire, c'est évidemment maintenir la frontière fermée. Mais c'est vrai que nous sommes là, en Pologne, devant une agression de nos frontières. La frontière de la Pologne, c'est aussi, du coup, dans le cas de l'espace Schengen, la frontière française. Si la Pologne souhaite construire un mur et se protéger, je pense qu'il faut la soutenir dans cette démarche.
Parce que je pense que nous ne sommes qu'au commencement d'une submersion migratoire qui vient, qui va se poursuivre. Je vous rappelle que la population africaine doublera d'ici 2050 et que l'un de vos confrères du monde, M. Stéphane Smith, a écrit un bouquin qui s'appelle La Rue vers l'Europe, dans lequel il montre que nous ne sommes qu'au début du commencement de cette submersion migratoire. Soit nous l'acceptons, c'est le choix que font la gauche, c'est le choix que fait Emmanuel Macron, soit nous décidons de protéger nos peuples, de l'enrayer et de nous protéger.
Jordan Bardella, le nouveau chancelier allemand. Olaf Scholz est à Paris aujourd'hui. Il est à la tête d'une coalition inédite, sociodémocrate, vert, libéraux, coalition très pro-européenne qui se fixe comme objectif l'évolution de l'Union Européenne vers un État fédéral européen. Comment est-ce que vous pourriez travailler avec un tel partenaire ?
Ça serait extrêmement compliqué, je vous l'accorde. Mais nous avons évidemment des divergences. C'est un point d'accord que le nouveau chancelier a avec Emmanuel Macron. Et je m'étonne qu'hier, l'organisation institutionnelle de l'Union Européenne ait eu très peu de place finalement dans le discours du Président de la République. Je pense qu'une majorité de Français souhaitent une Europe des nations, une Europe des coopérations entre États, chose que nous avions défendu lors des élections européennes.
Vous avez vu le sondage publié par Le Figaro hier sur l'adhésion des Français à une Europe fédérale. Avancer vers une Europe fédérale est une bonne idée pour 58% des personnes interrogées.
Oui, vous avez les mêmes sondages de d'autres instituts qui vous dit qu'une majorité de Français souhaitent une Europe des nations, une Europe des coopérations entre États. Et je pense que c'est la raison pour laquelle ils nous ont mis en tête à deux reprises. Qu'est-ce qui vous permet de dire qu'aujourd'hui les Français... Parce qu'ils nous ont mis en tête des dernières élections européennes, par exemple, il y a deux ans, qu'ils nous ont mis en tête des élections européennes en 2014. Mais c'est le jeu de la démocratie. Et qu'en tout cas, si vous me parlez d'une majorité de Français, qu'ils ont voté non au référendum de 2005, on a cherché à leur imposer une constitution européenne.
Et qu'à l'époque, l'UMP et le PS étaient passés en force deux ans après avec le traité de Lisbonne. On voit bien que plus l'Union européenne s'est approfondie dans ses compétences, plus les nations se sont affaiblies. Et qu'aujourd'hui, on est totalement démunis pour protéger les peuples d'Europe. D'abord de la mondialisation sauvage, mais aussi de cette immersion migratoire. C'est intéressant parce que moi j'entendais le nouveau chancelier allemand expliquer qu'il souhaitait accueillir dans les prochains mois 400 000 migrants en Allemagne. Or, évidemment que n'ayant pas de frontières physiques aujourd'hui avec l'Allemagne, puisqu'il n'y a pas de contrôle dans le cadre de l'espace Schengen.
400 000 immigrés qui rentrent en Allemagne, c'est 400 000 immigrés qui rentrent en France. Et donc en vérité, dans cette campagne présidentielle qui se joue aujourd'hui, dans cette élection qui se jouera au mois d'avril, en vérité, ce n'est pas seulement le sort de la France que les Français sont amenés à trancher, mais aussi le sort de l'Europe.
Jordan Bardella, la campagne présidentielle s'est accélérée avec l'entrée en campagne notamment d'Éric Zemmour, qui a tenu dimanche dernier un premier meeting. Il débattait hier soir avec le ministre de l'économie Bruno Le Maire. Est-ce qu'Éric Zemmour a réussi, selon vous, sa transformation de journaliste en candidat ?
Moi, je pense qu'Éric Zemmour est un polémiste. Voilà, je pense qu'Éric Zemmour est un polémiste qui nourrit les Français de constats. Des constats qu'on peut partager, des constats qu'il fait aujourd'hui sur la situation migratoire en France, parce qu'il fait les constats que fait le Rassemblement national depuis 30 ou 40 ans. Maintenant, je pense qu'Éric Zemmour n'est pas capable de rassembler une majorité de Français au second tour pour remporter l'élection présidentielle, parce qu'il a des propos qui peuvent parfois paraître extrêmement brutaux.
En l'occurrence, Marine Le Pen est aujourd'hui donnée, encore une fois avec les sondages, malgré toute la réserve qu'on en a, un peu plus de 47% d'intention de vote au second tour face à Emmanuel Macron, c'est-à-dire dans la marge d'erreur, à égalité avec Emmanuel Macron. Or, on voit que de tous les candidats à l'élection présidentielle aujourd'hui, celui qui en cas de second tour ferait le plus bas score, à égalité avec M. Mélenchon et Mme Hidalgo, c'est Éric Zemmour qui est entre 37 et 38. Votre argument, c'est une sorte de vote utile ? C'est-à-dire que moi, je m'interroge aujourd'hui sur la plus-value de la candidature d'Éric Zemmour.
Je pense qu'elle ne sert, elle ne renforce qu'Emmanuel Macron, qui est ravi de voir le camp national se diviser. Et donc, moi, je vois aujourd'hui que Marine Le Pen est la seule qui a un projet crédible, sérieux, que ce soit sur la question de l'immigration, que ce soit sur les questions économiques, sur les questions de pouvoir d'achat, dont ne parle quasiment pas Éric Zemmour. Et puis, il n'attaque jamais Emmanuel Macron. Moi, ça me pose un problème, parce que notre adversaire dans cette élection, c'est Emmanuel Macron. Oui, depuis 30 secondes, depuis 3 mois, donc je trouve ça extrêmement léger.
Donc, je m'interroge sur sa candidature aujourd'hui, et je me demande si elle n'est pas là pour affaiblir et diviser le camp national, alors que nous avons des idées qui sont majoritaires aujourd'hui dans le pays, je le crois.
Quand il dit que ce n'est pas le Conseil constitutionnel qui dirigera le pays, si je suis président, est-ce que vous partagez son analyse ? Est-ce que vous trouvez, Jordan Bardella, que le Conseil constitutionnel et son rôle posent problème aujourd'hui en France ?
Je pense qu'il y a un certain nombre de textes sur lesquels, qui sont parfois repris par les juges, où les juges ne font plus du droit, mais de la politique. Lorsqu'on voit, par exemple, que ce soit les obligations de quitter le territoire français, c'est-à-dire lorsqu'un clandestin est présent sur le territoire national, qu'on lui donne une OQTF, c'est-à-dire qu'on lui demande de rentrer chez lui, de rentrer dans son pays, c'est une procédure qui se met en place, et bien souvent, les juges viennent casser ces obligations de quitter le territoire français pour des motifs qui sont parfois complètement délirants, c'est-à-dire le simple motif climatique.
Oui, mais parce qu'en vérité, c'est une pyramide, c'est-à-dire que tout dépend, tout descend aujourd'hui du plus haut sommet de l'échelle juridique, et donc il y a des textes qui devront être nécessaires d'être tranchés par référendum, et si nous sommes élus, nous ferons un grand référendum sur la question de l'immigration, pour pouvoir donner aux Français l'ensemble des leviers politiques, juridiques, administratifs, pour couper les pompes aspirantes de l'immigration, et pour instaurer notamment dans le droit, j'en termine, la priorité nationale, c'est-à-dire une priorité qui sera donnée aux Français dans l'accès à l'emploi, au logement, à compétence égale, par rapport à des citoyens étrangers.
Les Français sont chez eux, c'est normal qu'ils soient prioritaires.
Jordan Bardella, vous nous dites, au fond, Marine Le Pen a plus de chances de battre Emmanuel Macron dans un second tour, qu'Éric Zemmour, c'est l'argument du vote utile, à ce compte-là, vos électeurs seraient peut-être tentés par un vote Valérie Pécresse, qui vient d'être désignée par LR comme leur candidate à la présidentielle. Vous citiez les sondages, dans ces sondages, Valérie Pécresse est mieux placée au second tour face à Emmanuel Macron.
Oui, mais la question, c'est les idées qu'on porte et les idées qu'on défend. Moi, je pense que les idées que défend Valérie Pécresse sont des idées qui sont extrêmement proches de celles qui sont défendues par Emmanuel Macron. D'ailleurs, je m'étonne qu'on parle assez peu de la manière dont Valérie Pécresse a remporté cette... Oui, elle a surtout fait une campagne, elle a surtout fait rentrer beaucoup de cartes dans les fédérations des Républicains.
Et moi, j'ai vu l'article qu'on fait vos confrères de Mediapart dans lequel ils expliquent que Valérie Pécresse aurait bourré les urnes en faisant voter des étrangers, en faisant adhérer des étrangers dans les derniers jours avant la primaire pour pouvoir avoir des cartes. Donc, je m'interroge sur ces révélations et sur l'opacité dans laquelle s'est déroulée cette primaire. Donc, en vérité, c'était un concours de cartes. Je pense que sur le fond, si vous voulez, on a l'impression à chaque fois que Valérie Pécresse est un petit peu nouvelle dans cette élection.
Je vous rappelle qu'elle a été ministre du budget de Nicolas Sarkozy, qu'elle a supprimé 12 500 postes de policiers et de gendarmes, qu'elle a appelé à voter pour Emmanuel Macron en 2017 et qu'elle est en tout point similaire dans sa politique à celle d'Emmanuel Macron. Or, je pense qu'il faut aujourd'hui quelqu'un qui a le courage, la volonté de s'attaquer à la violence dans notre société, de faire baisser l'insécurité, de prendre des mesures extrêmement courageuses sur le plan de la justice, sur le plan de l'immigration, que Marine Le Pen est aujourd'hui en capacité de le faire.
En tout cas, aucun Français, je crois, qui nous écoute, même s'il est en désaccord avec elle, ne peut douter de son courage et de sa volonté à le faire. Juste pour vous répondre, je pense qu'Éric Zemmour est tellement caricatural en réalité, malgré des points d'accord que je peux avoir avec lui, que je pense qu'il offre la réélection d'Emmanuel Macron sur un cadeau. C'est l'assurance de voir Emmanuel Macron réélu.
Pour poursuivre avec Valérie Pécresse, qui s'est affichée notamment avec Éric Ciotti, qui est le finaliste malheureux de cette primaire LR, comment attirer les électeurs d'Éric Ciotti, puisque c'est l'un de vos défis, Jordan Bardella, est-ce que c'est en proposant d'abaisser l'âge de départ à la retraite à 60 ans, ce qui n'était pas du tout dans le programme d'Éric Ciotti ? Non, je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs de droite
aujourd'hui qui ont le sentiment qu'on va leur voler une deuxième fois cette élection présidentielle, que la dernière élection présidentielle s'est soldée par l'élection d'Emmanuel Macron, et qu'en vérité, ils voient bien que l'élection de Valérie Pécresse n'amènerait strictement rien, aucune rupture avec la politique qui est menée par Emmanuel Macron, tout simplement parce que ce sont les mains et qu'il y a donc deux candidats Macronis dans cette élection.
Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs de droite qui se sentent proches aujourd'hui de ce que dit le Rassemblement National, de ce que propose Marine Le Pen, sur la sécurité, sur l'immigration, sur le rétablissement de l'ordre dans le pays, sur la volonté de faire un gouvernement d'union nationale, de se mettre au service de la France et des Français. Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs de droite qui se sentent proches de nous et moi je leur dis venez travailler avec nous. Il y a beaucoup de cas des Républicains qui ces dernières années ont fait le choix de nous rejoindre.
Je pense à Thierry Mariani qui a été ministre de Nicolas Sarkozy, à Jean-Paul Garraud qui est un magistrat qui vient des Républicains, qui a été le rapporteur de la loi sur le voile intégral, à beaucoup de cadres des Républicains qui font le constat que LR a trahi toute la philosophie initiale qui était celle du RPR et que la seule qui peut aujourd'hui assurer l'ordre et rétablir l'autorité de l'État, mais bien sûr, de la même manière qu'il y a pu y avoir des LR qui se sont tournés vers Emmanuel Macron.
Donc, je veux dire, on voit bien aujourd'hui qu'il y a une recomposition du paysage politique français et que le clivage aujourd'hui est entre ceux qui croient en la France, entre ceux qui croient dans la nation, dans ses frontières, dans ses protections et dans ceux qui n'y croient plus et qui veulent aller dans cette fuite en avant mondialiste et vers la disparition de notre pays. Je pense qu'au terme de cette élection présidentielle, la France sera française ou ne sera plus. Donc l'enjeu de cette campagne c'est de sauver la France et tous ceux qui veulent le faire sont les bienvenus à nos côtés.
La France ne sera plus ? La France ne sera plus ? La France va disparaître si un autre candidat que Marine Le Pen est élu.
Je pense que si on a un candidat comme Emmanuel Macron qui continue pendant 5 ans de faire rentrer 400 000 personnes chaque année dans notre pays et d'être aussi impuissant qu'il l'a été à l'égard de l'islam et de l'islam politique dans notre pays.
Il y en a aussi qui quittent le pays. Il faut faire le solde migratoire Jordan Bardella.
Oui, qui quittent le pays. Beaucoup de jeunes notamment qui quittent la France parce qu'ils ne trouvent plus en France la possibilité économique de pouvoir vivre et travailler au pays. Et merci de me permettre de rappeler que si Marine Le Pen est élue présidente au mois d'avril tous les jeunes de moins de 30 ans sont exonérés d'impôts sur le revenu. C'est un dispositif extrêmement efficace pour faire rester les jeunes et notamment les jeunes créateurs d'entreprises que nous exonérons également jusqu'à 30 ans d'impôts sur les sociétés.
Un appel de Catherine de Seine-et-Marne au 01 45 24 7000. Bonjour Catherine. Bonjour M. Bardella. Bonjour Madame. Premièrement, je suis honorée de pouvoir parler à un homme engagé tel que vous. Deuxièmement, je me présente dont je suis une maman de 61 ans qui s'inquiète pour l'avenir de ses enfants, ses petits-enfants en France. Donc vous avez répondu évidemment partiellement à la question que je vais vous poser maintenant, à savoir, que proposez-vous pour les jeunes générations dont certains reprendront les règnes du pays d'ici quelques décennies bien évidemment sur le plan éducatif, sociétal, social et professionnel.
Je parle des 0 à 25 ans et pourquoi peuvent-ils espérer un avenir meilleur avec à la tête de la France Madame Marine Le Pen. Question sur la jeunesse de Catherine.
La question est complexe et je pourrais vous en parler pendant plusieurs minutes mais si vous voulez, la philosophie générale qui nous anime aujourd'hui est de faire en sorte qu'un jeune qui, une fois terminé ses études à 20-25 ans, ne soit pas tenté, comme c'est le cas pour près de 160 000 jeunes chaque année, de partir à l'étranger parce qu'en fait la France n'offre plus la possibilité je dirais effectivement économique, administrative de conserver ses talents. Donc on a présenté effectivement un certain nombre de mesures.
Je l'ai un peu esquissé mais l'idée est d'exonérer d'impôts sur le revenu l'ensemble des jeunes jusqu'à 30 ans, d'exonérer les jeunes d'impôts sur les sociétés et de évidemment revaloriser de manière considérable les formations manuelles et les filières professionnelles qui ont été totalement aujourd'hui abandonnées. Moi le drame
de notre pays...
On a raison de considérer si vous voulez les filières professionnelles et les filières manuelles comme des voies de garage donc il faut évidemment considérablement revaloriser l'apprentissage. Nous on souhaite notamment mettre fin au collège unique parce qu'on pense qu'à 15-16 ans et bien un jeune, un adolescent sait s'il est plutôt tenté par des filières qui sont plutôt généralistes ou plutôt vers des métiers manuels et je pense que nous avons besoin de ces métiers... À 15-16 ans
on a déjà quitté le collège.
De ces métiers manuels il faut mettre fin au collège unique c'est-à-dire qu'à partir de la troisième vous devez être en capacité soit de vous orienter plutôt vers des filières qui sont plutôt généralistes soit plutôt vers des filières manuelles, professionnelles la plomberie, l'électricité alors je pense qu'on a besoin de ces talents-là on a besoin de l'industrie et moi je ne me résous pas à ce que tous les bacs plus 5 ou les bacs plus 10 de notre pays soient contraints de partir à l'étranger et puis il faut surtout assurer la sécurité des jeunes aujourd'hui dans notre pays et ça c'est un combat qui nous anime depuis plusieurs années.
Cécilia a appelé le standard de France Inter bonjour Cécilia vous nous appelez de Nantes je crois
oui bonjour bonjour à tous bonjour monsieur
Bonjour madame
je me permets d'appeler pour parler d'un sujet qui vous tient à coeur l'immigration vous avez un discours qui veut renvoyer les personnes d'origine étrangère qui arrivent en France du territoire pas d'origine étrangère l'immigration oui les migrants
sont présents de manière clandestine tout à fait
voilà exactement en sachant que ces migrants lorsqu'ils sont régularisés puisque ça arrive quand même ils occupent souvent des postes qui sont peu qualifiés des postes dont personne ne veut donc je voulais savoir qui occuperait ces emplois que tout le monde sait que peu de personnes ne veulent les occuper je pense par exemple aux éléments de sécurité où on a aujourd'hui un manque de main d'oeuvre flagrant et où c'est majoritairement des personnes d'origine étrangère qui occupent ces postes des personnes qui ont des titres de séjour qui peuvent travailler mais qui ne sont pas de nationalité française donc comment vous feriez si en fait vous refusez cette immigration pour que ces emplois soient pourvus en France
merci Cécilia Jordan Bardella vous répond
d'abord j'aimerais dire qu'on ne veut pas expulser les personnes d'origine étrangère c'est à dire qu'il y a des personnes qui sont en France qui travaillent qui paient des impôts et ces gens là seront toujours les bienvenus lorsqu'ils viennent pour aimer notre pays et pour travailler en France les gens qui sont présents de manière illégale de manière clandestine doivent évidemment être renvoyés chez elles maintenant sur la question spécifique des filières économiques et des filières de travail la vérité c'est que statistiquement ce mythe des étrangers qui viendraient faire le boulot en France que les français ne voudraient pas faire d'abord il est faux il est faux parce que le taux de chômage des étrangers selon l'INSEE est deux fois supérieur que le taux de chômage des français donc un étranger qui vient en France a deux fois plus de chances d'être au chômage qu'un travailleur français maintenant vous avez raison qu'il y a un certain nombre de filières très spécifiques et il faut venir très tôt dans les entreprises pour s'en rendre compte qui sont occupées par des personnes qui sont parfois étrangères et bien souvent c'est vrai de nationalités étrangères et parfois présentes de manière clandestine moi ça me pose un problème ça me pose un problème qu'on fasse venir des gens pour leur faire faire le sale boulot et je vais vous dire l'immigration est utilisée en réalité pour faire peser à la baisse sur les salaires et c'est parce que nous utilisons l'immigration dans ces filières qui peuvent être considérées comme des filières un peu moins valorisantes que et bien évidemment on fait peser à la baisse sur les salaires non mais je donne un exemple regardez en Grande-Bretagne en Grande-Bretagne on a arrêté l'immigration clandestine on a fait monter les salaires de plus de 8% donc si ces emplois là étaient payés à des salaires convenables à des salaires qui permettent très aux gens de vivre dignement et bien croyez moi on n'aurait pas besoin de faire appel à l'immigration pour occuper un certain nombre de filières
Merci à vous Jordan Bardella invité de France Inter Merci beaucoup ce matin président
du Rassemblement National
Jordan Bardella