SMART IMPACT - Le débat du vendredi 23 avril 2021
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] et donc nous allons discuter d'autres solutions pour tenter de sortir de la précarité alimentaire avec toujours pour en parler frédéric dents et qui est avec nous et boris tavernier directeur de vrac nationale en visio depuis lyon bonjour bri bonjour bonjour tout le monde et merci nous rejoindre pour parler de cet ouvrage dont vous avez eu l'idée je rappelle le titre un ensemble pour se nourrir enquête sur les projets solidaires et durables pour sortir de la précarité alimentaire alors comment vous est venue cette idée boris tavernier j'ai la chance à travers mes activités de rencontrer beaucoup de projets à c'est inspirant et j'avais envie qu'ils soient visibles à la fois parce que c'est des beaux projets mais surtout avec un double objectif de donner envie aussi aux personnes quelles que soient leurs moyens quels que soient leurs revenus de se rassembler de s'auto-organiser pour pour se réapproprier sa consommation et puis aussi avec cette volonté en tout cas de peser un petit peu dans le débat politique et si ce livre si ces projets qu'on rend visibles peuvent aider à changer les politiques publiques ce serait gagné quoi et est donc on va parler du vrac nationale dans un instant mais c'est un focus français sur un défi qui est planétaire oui on en voit déjà essayé d'agir à notre niveau parce qu'on a déjà beaucoup beaucoup à faire en france mais effectivement l'accès à l'alimentation il est mondial et même dans ce qu'on essaye de faire en france on dépend aussi ne serait-ce que de la politique agricole commune européenne donc effectivement c'est vraiment un défi mondial alors parlez nous justement de vrac nationale qui connaît un succès incroyable avec un vrai business modèle unique au business model c'est peut-être un mot un peu un peu port en tout cas nous on a construit vrac il ya maintenant huit ans avec cet objectif de lutter contre les inégalités en matière de consommation et et on a tout de suite orienté le projet en direction des quartiers populaires en direction des banlieues parce que c'est un peu dans ces endroits là où c'est la double peine souvent on n'a pas même si on a envie de bien consommé on a pas d'offre alimentaire sur le territoire hormis des discounters et des grossistes ou des marchés où on trouve pas de producteur et même si on a envie de bien consommé on n'en a pas les moyens donc nous pour lutter contre ça on développe des groupements d'achats dans ces quartiers pour rendre accessibles les produits bio les produits locaux aux habitants en achetant auprès de producteurs de paysans au juste prix et en revendant à prix coûtant donc sans aucune marge pour vraiment rendre accessibles ces produits donc c'est pour ça que quand vous dites business model ça vous fait rire c'est ce qu'affirme vraiment vous comprendrez que qu'en vendant des produits à prix coûtant on génère pas beaucoup d'argent mais c'est une vraie question parce que pendant des années des associations pouvaient répondre à un besoin sociétal et être financé avoir des subventions et ça ne posait pas de problème aujourd'hui on est un petit peu à l'ère de la start up nation et les associations doivent continuer de répondre à ses besoins tout en générant de l'argent par elle même donc nous c'est un peu difficile et pour moi l'axé l'alimentation c'est un véritable choix politiques vous connaissez vous restez un vernis depuis quelques années quel regard portez-vous sur son action moi je suis moi je suis un passeur comme vous je me contente de parler des gens et je suis impressionné et admiratif par des gens comme boris parce que c'est eux qui font et bourhis a réussi l'impensable c'est à dire respecter la dignité du producteur en lui achetant à son prix puisque c'est le producteur qui décide de son prix et tout en respectant la dignité du client la personne assez démunis qui fréquentent vrac en lui permettant de vendre à d'acheter pardon à prix coûtant là il a réussi une martingale et son modèle économique entre guillemets bas il est fondé et boris a raison d'insister là dessus sur la subvention ou de l'appel de fonds ce qu'il réussit donc c'est possible de faire ça mais c'est possible de faire ça dès lors qu'on considère que ce n'est pas un coup comme les hôpitaux on a vu ce que ça a donné de fermer les lignes et les lits d'hôpitaux sous prétexte que c'était un coup non les hôpitaux c'est un investissement pour l'avenir c'est l'intérêt général de la même façon que que l'aide alimentaire c'est une forme de délégation de service public de l'état vers des structures privées comme vrac bah voilà boris italie jusqu'au bout'' aller chercher l'argent là où il est dans les collectivités les bailleurs sociaux des fondations d'entreprise et le résultat c'est que maintenant ça y sème dans toute la france alors justement boris tavernier on va peut être ouvrir le chapitre sur le rôle des entreprises pour lutter contre cette précarité alimentaire vous qui sont vos partenaires par exemple chez vrac nationale alors nous on travaille beaucoup avec les bailleurs sociaux parce qu'on a vraiment construit le projet avec eux tout simplement parce que pour vivre il faut il faut un toit il faut se nourrir donc il ya un vrai lien fort dans l'eau dans les quartiers populaires avec cet objectif aussi de développer un peu le pouvoir d'achat des habitants et ensuite en termes de fondation on travaille beaucoup avec la fondation carrasso qui est une fondation qui finance énormément l'alimentation durable en france par contre au niveau des entreprises banon évidemment pour être un petit peu cohérent on refuse tous les financements de l'industrie agroalimentaire et des grandes surfaces donc par contre on peut travailler avec des mutuelles avec des banques qui ont qui ont aussi envie d'avoir plus d'impact sur la société et ça vient beaucoup de l'intérieur aussi d'ailleurs ça veut dire quoi vient de l'intérieur ça veut dire qu'aujourd'hui il ya plus en plus de salariés qui pour qui avoir un bon poste un bon salaire ne suffit plus et ça c'est hyper intéressant ça bouge vraiment depuis quelques années et ils ont vraiment envie que leur entreprise est un rôle social sur leur territoire et ils poussent leurs dirigeants à aller dans ce sens là donc ça c'est la cité bénéfique pour des associations comme la nôtre oui frédéric dents mais vous avez des exemples comme ça d'entreprises dont les collaborateurs on poussait des initiatives par exemple dans la précarité alimentaire dans sur l'afrique à laquelle il monte rejet pas d'exemple mais sur l'environnement qui est mon domaine louis ses fins et général en fait c'est le bon côté du greenwashing les entreprises ont fait du greenwashing milon blick la peinture verte qu'il mettait la diffuser vous savez les perturbateurs endocriniens ça a diffusé dans toute l'entreprise aujourd'hui vous avez salariés d'iss bah oui mais la fronde des comptes maintenant c'était du pipeau banon c'est ponctuel du pipeau et ça n'est plus du pipeau et enfin celle que je connais le mieux c'est le groupe lvmh et louis sont allées très très loin dans l'intégration des contingences environnementale jusqu'à établir une comptabilité financière qui donne une valeur à la nature je ferme la parenthèse enfin oui il y en a de plus en plus il ya pas une entreprise aujourd'hui digne de ce nom qui peut qui peut dire qu'il n'ya pas de problèmes d'environnement non non je serai plus dedans oui alors ce qu'on voit quand même dedans dans le cadre de ce débat sur la précarité alimentaire il ya la situation des étudiants et et c'est vrai que là on a quand même vu frédéric dans et des entreprises se mobilisent l on peut considérer que c'est de l'opportunisme de la part par exemple de la grande distribution mais qui fait des paniers repas avec un coût le plus faible possible même il communique pour à celui qui met son panier-repas le guen je vous vois faire la moue mais voilà ça m'intéresse de savoir ce que vous en pensez de ces initiatives la grande distribution je ne pense pas grand chose ou détenant c'est des gens qui rackettent le monde agricole et c'est des gens qui ont besoin des pauvres pour pour optimiser leurs surplus voilà c'est de la dotation plus est nous qui finançons autant 60% roya des enseignes qui se sont sans doute meilleurs que les autres comme système u et intermarché mais d'autres il faut une troisième marque pour que le csa ne disent pas non leclerc en général qui est bah voilà qui est pas bien aimée du monde paysan donc tout ça c'est de l'opportunisme évidemment que ça aide mais si on en est à nourrir les étudiants face et quand même dramatique qu'en france des étudiants bouffe pas ses fins et c'est pas possible et c'est quand même dramatique que ce soit la grande distrib certaines anciennes la grande distribution qui les nourrissent avec de la merde parce que c'est de la merde c'est tout c'est des produits bas de gamme c'est des produits transformés ces des produits sans équilibre alimentaire c'est honteux c'est honteux mais bruce pourrez vous en parler beau reste à vernet mais moi j'avais une question c'est sur le profil des gens que vous voyez c'est ce que vous voyez évolué et voir de plus en plus de jeunes notamment on avait créé par l'université il ya deux ans parce qu'effectivement il ya eu un drame à lyon un étudiant s'est immolé par le feu devant le crous en 2019 ça nous a vraiment choqué et on a créé dans la foulée d'ailleurs avec une entreprise c'est avec la bnp on pourrait se dire qu'ils sont très très éloignées de ces questions et le fn est aussi ce constat de la précarité alimentaire et la précarité dans le logement des étudiants et ils m'ont demandé qu'est-ce que qu'est-ce qu'on peut faire qu'est ce que tu peux faire que j'ai donc j'ai dit j'ai fait un petit pas de côté j'étais ge modéliser vrac et on l'a transformée pour qu'ils soient qu'ils soient accessibles dans l'est sur les campus universitaires et tous les jours on a plus de demandes donc nous on fait même fonctionnement ils deviennent adhérents ils choisissent les produits les paye à prix coûtant mais c'est c'est à la fois une précarité économique mais aussi une grande solitude ils viennent aussi beaucoup sur les groupements pour pouvoir rencontrer des gens quoi je voudrais revenir sur l'aspect durable de la démarche c'est aussi dans le titre de votre livre frédéric dans et boris tavernier c'est un défi ça comment je veux dire ça ça complique le défi d'aller chercher des produits qui sont de bonne qualité qui sont bio est qui et qui font la promotion de l'agriculture durable non non parce que ça aurait pas fonctionner si c'étaient d'autres produits en fait tout simplement je vois le mal et les gens qu'on rencontre aujourd'hui dans les locaux des habitants des quartiers populaires qu'ils peuvent qui sont adhérents de vrac ils sont juste considérer ils sont des consommateurs comme tout le monde ils ont enfin le choix de leur consommation et surtout ils peuvent agir sur ces questions environnementales ils ont le sentiment qu'en consommant des produits issus de l'agriculture biologique qu'en consommant des produits en vrac il s'agissait non seulement pour le bien d'un paysan pour le bien de l'environnement et puis et puis pour leur santé et celle de leurs enfants oui moi j'avais une question sur les producteurs quelles sont les relations que vous avez avec eux du coup alors c'est des relations très très proche parce qu'il ya un vrai enjeu de reconnecter le consommateur à qui le nourrit donc on organise beaucoup de visites à la ferme de visites de nos producteurs où on va passer une journée avec nos adhérents chez le producteur de fromage de chèvre chez le ch et le moulin chez le meunier pardon parce qu'on sait plus aujourd'hui comment les choses sont fabriqués on est complètement déconnecté de ça et on a besoin de retrouver la confiance au delà du bio du local durable s'est retrouvé vraiment la confiance en qui on qui nous nourrit et ça c'est toujours des moments qui sont qui sont vraiment très très très fort et les paysans eux-mêmes ont cette volonté de nourrir des personnes qui n'ont pas les moyens de s'acheter leurs produits ça c'est aussi intéressant aujourd'hui j'ai pas mal de personnes de fournisseurs de grossistes qui vont m'appeler nous aussi on veut que nos produits soient accessibles au public et pas uniquement dans des magasins bio spécialisés pour des personnes qui ont les moyens et avec effectivement des prix qui sont trop élevés merci beaucoup merci eric dans et merci morice taverny j'avais le titre de votre livre frédéric ensemble pour mieux se nourrir enquête sur les projets solidaires et durables pour sortir de la précarité alimentaire publié chez actes sud à bientôt et merci le tout de suite ses smart as lease
Boris Tavernier